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Original subtitles

- Allahu akbar.

BiP

*- Henri Duflot, allez-y.

- Bonjour, c'est Marie-Jeanne à l'appareil.

Je crois qu'il y a un souci.

Au revoir.

- C'est pas une bonne journée ? - Non.

Je cherche à joindre Henri Duflot. J'y arrive pas.

Tu sais où il est?

Tu dois le voir aujourd'hui, non ?

Dis-lui que je veux lui parler.

T'as décidé de m'énerver ?

- Oui.

- Ca marche.

- La mort de Shahanah nous oblige à abandonner le canal

pour contacter Cochise. On va se servir de son message,

laissé sur le schéma, pour organiser une rencontre.

Les coordonnées GPS données indiquent Jarabulus.

Au nord de la Syrie.

Cochise nous a aussi communiqué une date, le 31 octobre.

A part ça, pas d'autre indications.

C'est à nous de trouver le moyen de le contacter,

sachant qu'il sera à Jarabulus à cette date.

- Pourquoi Jarabulus ?

- Les forces de la coalition

sont à Beyadi, à 6 km de là, prêtes à reprendre la ville.

Jarabulus est défendu par un contingent irakien de l'EI.

Il est irakien. Ils soutiennent le moral des troupes.

- Il y a un lieu pour notre rendez-vous ?

- Ici, le point A,

où sont basées les forces de la coalition.

Kurdes, Américains,

sunnites, Syriens et quelques gars à nous.

C'est notre camp de base. C'est d'ici que tu partiras.

Ici, tu as le point B.

C'est jusque-là que tu seras escorté par nos gars.

Là, ils te laisseront partir tout seul,

vers le point C,

une ancienne exploitation agricole.

Cochise, lui, partira de Jarabulus.

Il sera probablement escorté,

et probablement, comme toi,

il laissera son escorte quelque part,

afin que personne ne le voie te rencontrer.

Que racontera-t-il à ses hommes ? A nous

de proposer un scénario.

- On vous livre quelque chose cet après-midi.

- Tu retrouveras donc Cochise ici.

C'est une zone neutre où personne ne s'aventure.

Ni les Kurdes, de peur de prendre des pruneaux,

ni Daech de peur de rencontrer une femme.

Personne ne doit vous voir ensemble.

Personne ne doit savoir que vous vous parlez.

Les gens qui t'escorteront seront à moitié dans la confidence.

Je dis bien "à moitié".

Ils t'amènent au point B, ici.

Ils te laissent partir seul vers le point C.

Et ils attendent que tu reviennes.

- A partir du point B, je suis seul.

Et je rencontre seul un officier de l'EI.

Mon escorte sera à 500 m, c'est ça ?

- Affirmatif.

Ton gaillard sera seul aussi, en train de trahir sec.

Il prend autant de risques que toi.

- J'ai bien compris.

- Avoir une source de ce niveau, c'est inestimable.

Je crois qu'on a eu raison de travailler avec Hussein.

- Quand on l'aidait à construire des centrales ?

- Oui.

Tu vas partir à la retraite sur une opération mémorable.

- Avec un de mes agents prisonnier de l'EI.

- Henri, je te le dis une fois, parce que je sais que ça suffira.

J'en parlerai plus ensuite, ce serait désobligeant.

Mais je dois le faire.

- Vas-y.

- Cette opération n'a rien à voir avec Malotru.

Tu rencontres Cochise pour le recruter, pas pour l'otage.

Ne mélange pas. Ne parasite pas cette opération.

Elle peut être majeure.

Elle peut être un tournant dans la guerre. Tu vois ?

Un tournant dans la guerre.

A côté de ça, Malotru, c'est rien.

Rien.

On est d'accord ?

- Je vous dérange ?

- Pas du tout. Installez-vous.

Je vais réchauffer mon plat.

- Je suis contente de vous voir.

- Comment ça va, Marie-Jeanne ?

- Pas très bien.

Shahanah est mort. - Je sais.

Pourquoi vous souriez ?

- Pourquoi? C'est drôle, non ?

Je vais rester seule avec le dossier Malotru sur les bras.

Il va profiter de la mort de Shahanah

pour interdire toute initiative.

Si vous étiez encore en charge,

vous sauriez lui tenir tête. Moi, je sais pas.

- Faites comme vous faites avec moi.

- Je vous tiens pas tête.

- Ah bon ?

- Shahanah a été tué ce matin.

- C'est une planche pourrie.

C'est une erreur de choisir un type aussi sulfureux.

- Les intermédiaires des terroristes sont sulfureux.

- Je n'en discuterai pas ici avec vous.

- D'accord.

Où?

- Laissez-nous un moment.

On n'est pas en train de gérer une affaire d'otage.

C'est un agent à nous.

Personne ne le sait, personne ne doit le savoir.

C'est aussi une taupe et même chez nous, on ne le sait pas.

Passer par Shahanah, c'était de la folie.

Maintenant qu'on en est là, on arrête les frais.

C'est compris ? On arrête les frais.

- On ferme la salle de crise ?

- J'ai pas dit ça.

Si les négociations sont interrompues, on en reste là.

Voilà ce que je dis.

- Et si elles reprennent?

- Sans Shahanah ? - Evidemment, il est mort.

- Tenez-moi au courant.

Ils parlent dans une langue étrangère.

- Madame Anselem.

Bonjour.

Certains de mes interlocuteurs fument malgré l'interdiction.

J'avoue que je n'insiste pas.

- Je peux en griller une, alors ?

- Au point où on en est.

Les Kurdes se battent pour libérer ces territoires des mains de Daech.

S'ils y parviennent, ils réaliseront un rêve.

Créer une province autonome kurde,

pensée sur le modèle du Kurdistan irakien.

Mais la majorité des sunnites qui vit ici,

n'acceptera pas l'emprise kurde

et les Turcs non plus.

Les Kurdes meurent pour ces villes, mais ils ne pourront pas y rester.

Il faudra leur proposer des compensations.

C'est ce qu'on essaie d'imaginer ici, loin des combats.

- Vous y arrivez ?

- Si j'y arrivais, je pourrais prétendre au prix Nobel de la Paix.

C'est pour ça qu'on m'a choisie, c'est impossible à faire.

Il faut pouvoir dire que l'on a essayé.

On en vient au fait?

- Ne vous en faites pas, je ne vous reproche pas de l'avoir jeté.

Mais le micro qu'on a placé dedans ne sert plus à rien.

- Comment ça ? - Shahanah est mort.

- Quoi ?

- Il a été assassiné ce matin.

- Assassiné par qui?

- On ne sait pas.

Le mode opératoire ne désigne personne.

- C'est affreux.

- Oui.

C'était notre seul contact.

Vous pensez qu'on peut retrouver la femme à qui vous avez parlé ?

- Je vois pas comment. Shahanah me communiquait les rendez-vous.

- Je sais.

Mais il n'y a pas un détail sur cette femme

qui vous dirait comment la contacter ?

- Il n'y a pas de détail que je ne vous aurais pas donné.

Vous m'avez débriefée à chaque fois.

- S'il vous vient une idée, je suis preneuse.

Gémissements

Il gémit.

Déclic d'une arme

- Comment ça va ?

- Ca va. Je boite presque plus.

- Viens.

- On va être beaucoup ?

- On attend juste une collègue.

- Je me mets où ?

- Où tu veux.

Là.

Tu repars quand ? - Dans deux jours.

- Je voudrais que tu sois agent de liaison sur une opération.

Mon patron va venir à Beyadi. - Oui.

- Occupe-toi de lui avec 2 hommes de confiance.

- Mes deux cousins, ça ira ?

- Très bien.

- Toi, tu viens aussi?

Si tu veux que ça réussisse, il ne faut pas que tu viennes.

Blague?

Tu es très sérieux. Tu as des soucis ?

- Non, ça fait bizarre de te voir là, dans cette tenue.

- Tu aimes bien ?

- Oui.

- Pas de blague ?

La porte s'ouvre.

- Je te présente Claudine.

Elle va t'expliquer la mission. - Bonjour.

- Bonjour. - Tu lui as expliqué ?

- Non, j'ai survolé.

- On va commencer au début.

- Oui, c'est mieux.

- Je vous laisse.

- Tu ne m'as pas répondu.

Tu viens aussi avec ton patron ?

Ou peut-être toi ? Tu viens ?

- Non, pas moi. Mais lui, oui. Je crois.

- Oui.

- Vous en êtes où pour ma demande ?

- Vous voulez le résultat? - Oui.

- Pour l'instant, on n'a rien.

Cette femme en niqab

que Nadia El Mansour a rencontré deux fois,

personne ne la connaît.

On attend encore des réponses, mais nos sources

à Damas, à Manbij, qui vient d'être libéré,

à Rakka, en Irak... - Résultat, rien.

Rien sur une femme nommée Lely, mariée à un combattant de l'EI,

enceinte de 6 mois, susceptible de jouer les intermédiaires.

- Non.

- Vous voulez que je vous dise ?

- Je veux bien.

- Je pense que vous êtes responsable de la mort de Shahanah.

- Et donc, de la situation de Debailly.

- Exactement.

Vous avez suggéré que le canal

de négociation serve à faire passer un message.

La police de l'Etat islamique a appris qu'il y avait un traître,

que nous communiquions avec lui

et que nous utilisions le canal ouvert par Shahanah.

Résultat, on punit Shahanah.

Et cette femme en niqab

a probablement été exécutée aussi.

- C'est juste.

Mais j'ai entendu dire que c'était les services iraniens

qui avaient tué Shahanah.

- Vous avez entendu ça où ?

- Au bureau Iran. - Clément Migaud ?

- Caroline Koch.

- Fiabilité du renseignement?

- Venant du bureau Iran, je dirais aucune,

mais on m'accuserait d'être mauvaise langue.

Donc 75 %. - Merci, Jonas.

- Y a pas de quoi.

Et ne vous inquiétez pas...

Je ne me formalise pas quand on m'accuse pour rien.

On frappe.

- On peut se parler ?

Il paraît que vous savez qui a tué Shahanah ?

- Les services iraniens.

- Pourquoi je le sais pas ?

- Je sais pas. Pourquoi tu le saurais ?

- Shahanah est important pour moi.

- Je savais pas.

Quand on se voit, tu parles pas boulot.

- OK!

Pourquoi ils auraient fait ça ?

- Il faisait du trafic avec l'Etat islamique.

On dit qu'ils ont dévalisé un musée d'art perse.

Il a tout revendu.

Je pense que les Iraniens ont voulu dire : "pas touche."

- Viens avec moi, s'il te plaît.

Dans tes écoutes de Samuel Gendron, l'assistant de Nadia El Mansour,

le nom de Shahanah a été évoqué ?

- Je ne sais pas. Je peux vérifier.

- Oui. J'aimerais savoir s'il en a parlé à son amant iranien.

- Pourquoi il aurait fait ça ?

- Vérifie, s'il te plaît.

- OK.

Il y aurait un rapport entre Nadia El Mansour et Shahanah ?

Elle soupire.

Sa mort signifie quelque chose ?

- Marie-Jeanne, un appel pour vous.

- Marie-Jeanne Duthilleul. *- Quelqu'un pour Mme Anselem.

- OK, je prends.

Allô ? *- Bonjour, c'est Nadia El Mansour.

- Oui?

*- Vous m'avez demandé comment contacter cette femme.

- Oui. *- Elle vient de m'appeler.

- Oui ? *- Elle veut me voir.

- Les statistiques sont claires.

Dans 85 % des cas, les négociations ont été relancées par l'EI,

de leur propre initiative...

Dans 85 % de ces cas,

il s'est avéré qu'ils n'avaient plus la main sur l'otage.

Dans 70 % des cas, l'otage était mort.

Je passe sur les pourcentages relatifs aux causes de la mort.

Maladie, exécution, bavure.

Dans 15 % de ces cas, l'otage avait juste disparu.

Soit enlevé par un autre groupe, soit il s'était évadé.

Je ne vous donne pas la statistique sur les chances de succès

d'une évasion dans le territoire de l'EI.

- Si, éclairez-nous.

- On ne connaît qu'un cas.

Un homme qui n'était pas détenu, juste assigné à résidence.

- 0 %, quoi.

- C'est ça.

- Combien de cas d'évasions ? Qui n'ont pas marché.

-9%.

- OK. Donc, si je résume...

L'Etat islamique relance les négociations.

Ca signifie qu'il y a 70 % de chances que Guillaume soit mort

et 9 % de chances qu'il leur ait échappé.

Avec 0 % de chances qu'il s'en sorte.

- Oui. - Seul.

Qu'il s'en sorte seul.

Mais si on l'aide ?

Il se retrouve dans quelle statistique ? Evadé ou libéré ?

Merci, Vincent.

- On va pas au rendez-vous ?

- Il y a 15 % de chances qu'ils aient Guillaume.

- Ca vaut le coup.

- Personne peut dire ce qu'ils comptent faire.

Relancer les négociations ou juste se venger.

C'est trop dangereux d'y aller.

- Je suis volontaire.

- C'est bien.

Je le dirai à Guillaume, quand il aura fait mentir les statistiques.

On ouvre grand nos oreilles.

Mobilisez vos sources.

Mobilisons tous ceux qui sont sur le terrain.

Qu'ils essaient de savoir s'il n'y a pas un otage dans la nature.

Jonas...

Je m'excuse pour tout à l'heure.

Si jamais t'es dehors...

Je te ramène.

BiP

- Hé!

Assalamu alaykoum.

- Wa alaykum assalam.

Gémissements

- Allez, allez !

Oh...

Il soupire.

- M. Duflot ? Vous avez une visite.

- Une visite ? - Votre femme.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien.

- On dirait un vieillard.

- Merci.

- C'est quoi ?

- Je me suis cogné.

- J'ai pris rendez-vous avec le directeur, pour parler.

Il me reçoit dans 30 minutes.

- Tu vas lui dire quoi?

- Que je veux pas que tu partes. - C'est pas malin.

- C'est malin de partir si près de la retraite ?

- T'as pris rendez-vous avec le DG ?

- Non. Non, mais je vais le faire.

Crois-moi qu'il va me recevoir.

Quand je lui dirai que tu peux plus enjamber la baignoire...

On verra s'il veut toujours t'envoyer en mission.

C'est où, cette mission ?

C'est dangereux ?

- Non.

- Qu'est-ce que tu veux prouver ?

C'est absurde.

- Cette mission, c'est pas absurde, mais nécessaire.

- Nécessaire de t'envoyer toi ?

- Oui.

- Je veux pas le croire.

- Je te remercie.

Pourquoi tu t'inquiètes tant?

L'année dernière, je suis parti.

- Et tu t'entraînais au combat?

- J'ai eu envie de refaire du sport.

- Dis donc, si tu mens comme ça, comment t'as fait carrière ?

- Il faut que je retourne en réunion.

- Arrête.

- Des boules Quies ?

- Non.

Des chaussettes tricotées maison ?

- Non.

- Tu sais que t'es très forte ? - Pourquoi ?

- On connaît que ton pseudo, la mule.

J'ai fouillé dans le registre du BDL pour savoir ton prénom.

Rien.

J'ai soudoyé le DRH, rien.

Personne sait comment tu t'appelles.

Chapeau.

- Moi, je connais ton pseudo.

- Vas-y. - Le con.

- J'abrège, je suis pas faite pour les longs discours.

- Mais non !

- De toute façon, j'ai tout dit. Je ne sais même pas

s'il reste une qualité dans la liste.

Gentillesse,

intelligence,

rigueur morale, humour.

Enfin, humour...

Volonté d'humour.

Rires

Intelligence, j'ai dit.

Simplicité.

Sévérité.

Et merci pour ça, on a besoin dé sévérité.

Sévère, mais juste. Un vrai père.

Voilà, finalement, on peut le dire.

Vous avez été notre père.

On donnerait tout pour vous. Pour vous plaire.

- Donnez-moi votre jeunesse.

- Vous l'avez déjà prise.

Je vous ai donné mes plus belles années.

- C'est vrai.

- Je continue.

Vous avez su nous aimer.

Vous avez su nous encourager, nous rendre meilleurs.

Bref,

vous avez su nous protéger.

Alors je vous dis : "merci, papa."

- MERCI, PAPA !

MERCI, PAPA !

- Merci, les enfants.

Merci pour ce magnifique cadeau.

Avec ça, je sais quoi faire de ma retraite.

Apprendre le golf. Parce que vous vous êtes trompés.

Moi, je pêche.

- La pêche aux sources.

- Merci, merci, merci.

- Bravo !

Applaudissements

- Maintenant, hop... - Au lit !

- Au travail !

- M. Duflot ?

J'ai quelque chose pour vous.

Ouvrez.

- Je ne fume pas.

- Si.

La veille d'une opération.

- Comment vous le savez ?

- Je travaille dans le renseignement.

- Comment vous savez que je pars ?

- Je le savais pas.

- Vous m'avez eu.

- Faut croire.

- Merci, la mule.

- Vous savez faire mieux.

- Merci, Daisy.

- Merci à vous, Henri.

BiP

- Vous avez ce que j'ai demandé ?

- J'ai.

Vous savez que ça se fait plus ? C'est illégal.

Le laboratoire de l'armée a arrêté la production en 1991.

- Ah.

- J'ai réussi à me démerder.

- Comment vous avez fait ? - Vous devinerez pas.

Sur le darkweb. Réseau thor. Payé en bitcoins.

- Non.

- Je vous dis que je blague ?

J'hésite. - Donnez-moi ça.

- C'est pas du cyanure.

Ca, on le fait plus depuis les années 1960.

C'est un cocktail neurotoxique.

Efficace en quelques secondes.

- Ca marche comment? Je l'avale ?

- Il faut casser l'ampoule avec les dents.

Le contact de la substance avec la peau aura le même effet.

- Merci.

- De rien.

On dira que c'était ma contribution.

- Ca va, faites pas cette tête.

J'avais un grand-oncle qui était résistant.

On lui en a donné une dans le maquis.

J'ai grandi avec cette histoire. Superstition familiale.

Ca me rassure de l'avoir quand je pars en mission.

- Yalla.

- On y va.

- Alors ?

- On appelle la boîte, ils ont raison.

Un otage s'est barré.

A tous les coups, c'est notre gars.

- On reprend ?

* Appel à la prière

Il prie en arabe.

Le moteur vrombit.

Coups de feu

Vrombissement

Sous-titrage TITRAFILM

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