All language subtitles for Horror.AKA.The.Blancheville.Monster.1963.1080p.BluRay.FLAC.1.0.x264-ZAL

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Original subtitles

ANGLETERRE

Alice...

Je rentre enfin � la maison, mon exil est termin�.

Un exil ? Je crois que cet exil a �t� bien agr�able, non ?

Si ton fr�re ne t'avait pas envoy� faire des �tudes,

quels amis aurais-je eu pendant trois ans ?

J'embrasserai d'ailleurs Roderick pour avoir eu cette id�e g�niale.

Tu parles du fr�re d'Emily comme si tu le connaissais.

Je connais bien Roderick,

par ses lettres que nous lisions ensemble avec Emily.

C'est un homme remarquable. J'en suis presque amoureuse.

Lisiez-vous aussi les lettres que j'�crivais � Alice ?

Bien s�r. Elle te connaissait d�j� avant de te rencontrer.

C'est vrai.

Bienvenue, Mlle Emily.

Merci.

Merci.

Mais... qui �tes-vous ?

Aleister, le nouveau majordome.

Et le vieux Joseph ?

Je ne sais pas, Mlle Emily.

Par ici, je vous prie.

Votre fr�re est accueillant avec les visiteurs ?

- Oui, ne vous en faites pas. - Esp�rons-le.

Le temps, lui, nous re�oit plut�t mal.

Merci.

Qu'y a-t-il ?

Lorsque j'ai quitt� le ch�teau,

mon p�re vivait encore.

Puis...

- Vous n'�tiez pas l� lorsqu'il est... - Non.

C'�tait il y a un an. Son fr�re lui a annonc� le d�c�s.

Roderick !

Ma ch�rie.

Que je suis heureuse de te revoir.

Tu m'as tant manqu� tout ce temps.

Toi aussi.

- Tu �tais une enfant, en partant. - Je suis une femme.

Merci pour tout, Roderick.

Tu as tant fait pour moi. Me voil� majeure,

et j'affronterai la vie toute seule.

Tu ne seras majeure que dans une semaine.

En attendant, c'est moi qui prends soin de ta vie.

Excuse-moi.

- Mon fr�re Roderick. - Milord.

- Alice et John Taylor. - Tr�s heureux, milord.

Alice est ma meilleure amie de coll�ge.

Je sais. Elle me parlait de vous dans toutes ses lettres.

Mon fr�re est venu me chercher � Londres pour me ramener chez nous � Dublin.

Emily nous a d�tourn� de l'Irlande pour l'�cosse.

Elle a tellement insist�...

Je voulais qu'Alice m'aide � souffler les 21 bougies du g�teau.

� ce propos, il me faut dire � Dorothy...

La vieille gouvernante �tait fatigu�e de servir.

Elle est repartie � Glasgow.

Elle non plus n'est plus l�...

Nous avons d'autres serviteurs, ma ch�rie. Aleister !

Le d�ner va bient�t �tre servi.

Si nos invit�s veulent se pr�parer...

Milord ?

Accompagnez M. et Mlle Taylor � leurs chambres.

� tout � l'heure.

Roderick !

Excuse-moi !

Excuse-moi, mais ce retour � la maison, apr�s...

Apr�s que notre pauvre p�re...

Tu n'as pas � t'excuser, Emily.

Je te comprends, ma ch�rie.

Roderick ! Qui est-ce, ?

Bienvenue, Mlle Emily.

- Merci, Mlle... - Eleonor.

Mlle Eleonor est notre nouvelle gouvernante.

Tout semble nouveau, dans notre maison.

Mlle Eleonor m�rite notre gratitude pour toute son aide ici.

Merci, Milord.

J'esp�re gagner aussi au plus vite l'amiti� et la confiance de Mlle Emily.

Va et fais-toi belle.

Et n'oublie pas qu'aujourd'hui tu deviens la ch�telaine.

Accompagnez ma s�ur dans ses appartements

- L'�cosse vous pla�t ? - Oui, beaucoup.

Mais vous ne connaissez pas mon Irlande natale.

- Il conna�t Dublin, j'imagine ? - Oui.

Et que pensez-vous de mon pays, Milord ?

J'aime beaucoup l'Irlande.

Mais c'est une r�gion un peu arri�r�e,

peu �duqu�e.

Selon vous, nous devrions tous aller

dans un coll�ge anglais.

Oh non, pour moi �a suffit !

Vous avez entendu ?

Oui, le tonnerre... Ici, en �cosse,

les orages sont violents.

Ce n'�tait pas le tonnerre. C'�tait un cri.

Je crois avoir aussi entendu un cri.

En v�rit�...

C'�tait plus qu'un cri, un hurlement.

C'est bien �a. �a devait �tre un chien.

Les paysans du coin en ont beaucoup.

Soyez tranquille.

Demain, vous serez habitu�e aux grandes for�ts et aux vieux ch�teaux.

Je suis bien b�te...

Ma s�ur est tr�s impressionnable.

Bonsoir, Dr Eggwell.

Bonsoir.

Ces messieurs ont fini de d�ner.

Le voyage a �t� fatigant, j'imagine.

Il est tard. Il faudrait aller te reposer.

Je ne suis pas fatigu�e.

Au lyc�e, tu dormais s�rement � cette heure-ci.

Bonsoir.

Veuillez m'excuser.

- J'aurais voulu venir plus t�t, mais... - Vos patients vous ont gard�s.

Les montres ne semblent servir aux docteurs qu'� compter les pulsations.

Si vous croyez que c'est ma s�ur, vous faites erreur.

Oui, je sais. Vous en parliez beaucoup.

J'ai vite reconnu l'original du portrait que vous m'aviez montr�.

Heureux de vous conna�tre, Mlle Emily.

Le docteur Eggwell.

En peu de mois, il a gagn� ma confiance et mon estime.

Mlle Alice Taylor, et M. John Taylor.

Et le docteur Brenton ?

Le vieux docteur a soign� trois g�n�rations de Blackford,

mais n'a pas pu s'occuper de la quatri�me.

Vous y allez ?

Je serais d�sol� que la beaut� de notre invit�e

ait � souffrir de la fatigue.

Vous allez me faire rougir, Milord.

Mon pr�nom est Roderick.

Je vous accompagne l�-haut.

Attendez-moi ici.

Vous me devez une revanche aux �checs.

Mlle Eleonor...

Oui ?

Vous d�plairait-il,

en attendant Lord Roderick, de tenir compagnie

� un pauvre m�decin ?

Eh bien ?

Il n'y a rien.

Ton attitude me d�pla�t.

Surtout maintenant que la s�ur et les autres sont ici.

C'est � toi de trouver un moyen de t'en d�barrasser.

- Si tu peux... - Tais-toi !

L�che-moi. S'il entrait � ce moment, tout serait perdu pour nous deux.

Alors, tu les as ?

John !

John...

Que se passe t-il ?

Vous avez besoin de quelque chose ?

Non...

�coutez, j'ai entendu un cri,

et j'ai vu... un homme.

Expliquez-vous. Qui �tait-ce ?

C'est terrible ! L�-haut, dans la tour, il y a un monstre

aux mains pleines de sang !

- Je vous jure que je l'ai vu ! - Il n'y a personne dans la tour.

Vous allez bien ?

Vous avez certainement fait un cauchemar.

Non !

Non, je n'ai pas r�v�. Je l'ai vraiment vu !

- Et aussi cette femme, Mlle Eleonor ! - Que dites-vous !

Mlle Eleonor...

Montons voir tous les deux.

Vous avez peur ?

Non.

Allons-y.

Personne... Vous �tes convaincue ?

Il �tait pourtant bien l�, dans cette pi�ce.

Une chambre dans une tour abandonn�e...

Il est courant de voir cela dans un cauchemar.

Retournez dormir, Alice, et tranquillisez-vous.

Pardonnez-moi.

Mais tout paraissait si r�el, si horrible.

L'horloge...

Elle marquait minuit.

Maintenant, il est minuit.

Allons-y.

Courons !

Un terrible incendie a enti�rement d�truit la vieille abbaye.

C'est l� qu'est mort le p�re d'Emily ?

Oui.

Quel homme �tait-il ?

Sur le portrait, il para�t tr�s autoritaire.

Je l'ignore, je ne l'ai pas connu.

Je n'imaginais pas la tristesse de ces lieux, sinon...

Votre fr�re, lui, semble appr�cier ses vacances au ch�teau.

Oui, la pr�sence d'Emily l'enthousiasme.

C'est naturel, Mlle Emily est fascinante.

Tr�s fascinante.

Mais c'est une Blackford.

Que voulez-vous dire ?

Oh, rien.

Sa famille est une des plus nobles et anciennes d'�cosse.

S'amouracher d'elle signifie beaucoup de complications.

Une Blackford ne peut donc pas s'unir

� celui qu'elle choisit ?

Aucune loi terrestre ne lui interdit, mais il y a ici certains pr�jug�s.

venus de la tradition et qui sont plus forts que la loi.

Si on ne les comprend pas, mieux vaut partir d�finitivement.

Selon vous, mon fr�re et moi devrions partir d'ici ?

Mais non !

Je me suis mal exprim�.

J'appr�cie votre pr�sence.

En revanche, je crois que Roderick...

Si Roderick n'appr�ciait pas notre pr�sence ici,

il ne se comporterait pas de cette mani�re.

Il m'a dit le contraire cette nuit.

Cette nuit ?

Oui, cette nuit.

John...

Je vous aime, Emily.

Vraiment, John ?

Allons, John, ne faites pas cette t�te !

La promenade m'a donn� grand faim.

Ne dites pas �a devant mon fr�re !

Nous autres Anglais n'avons jamais faim.

De temps � autre, nous admettons avoir un peu d'app�tit.

Vraiment ? Alors nous, Irlandais, sommes des Anglais qui ont faim.

Docteur, s'il vous pla�t, j'ai � vous parler.

Veuillez m'excuser.

Si ces messieurs veulent se pr�parer, le th� sera bient�t servi.

J'ai d�cid� de tout dire. On ne peut plus feindre, maintenant.

Pourquoi avez-vous fait revenir votre s�ur ?

- C'�tait pr�visible. - Je ne pouvais pas l'emp�cher.

C'est sa maison.

S'il lui arrivait quelque chose, vous en auriez la responsabilit�.

Moi ?

Je n'ai fait que vous donner des conseils purement professionnels,

Je n'ai pas oubli�.

Et vous ne les avez pas suivis.

- Si vous m'aviez laiss� m'en charger... - Qu'auriez-vous fait ?

Me reprocheriez-vous de ne pas l'avoir tu� ?

Je souhaite seulement

que votre piti� ne nous entra�ne pas dans une situation irr�parable.

Il faut y aller. Vos invit�s nous attendent.

Alice.

- Je vais avoir besoin de ton aide. - Pourquoi ?

C'est difficile � dire, mais John et moi, nous...

Allez, continue.

J'ignore si tu sais que... John et moi...

Toi et John ressemblez � deux tourtereaux.

- Tu le savais ? - Je ne suis pas la seule, ma ch�re.

Alors mon fr�re le suspecte aussi ?

Il faudrait qu'il soit aveugle !

Mlle Alice...

Roderick ! Qu'y a-t-il ?

Je ne sais comment me jugerez.

J'esp�re votre pardon

pour l'ignoble com�die que j'ai jou�e cette nuit.

Emily,

il est temps de te r�v�ler une r�alit� bien douloureuse.

Laquelle ?

Quand je t'ai �crit que notre p�re �tait mort dans l'incendie de l'abbaye,

j'ai menti.

Tu as menti ?

Oui.

Il n'est pas mort.

Il n'est pas mort ?

Roderick !

Mais alors, pourquoi me l'avoir �crit ?

Si tu voyais, d�figur�, d�ment, un horrible monstre !

Il me fallait te le cacher.

Pour toi, pour lui,

pour ne pas fl�trir le nom des Blackford, il le fallait !

Mais alors...

C'est l'homme de la tour ?

Oui.

Essayez de me comprendre.

Peut-�tre ne devais-je pas agir ainsi.

Jusqu'� cette nuit, j'esp�rais pouvoir cacher la v�rit�.

Maintenant...

Tu savais ?

Non, je ne savais pas.

C'�tait si �trange...

Ce cri m'a tellement effray�e...

Je cherchais la chambre de John, et par inadvertance,

je me suis retrouv�e dans cette cellule.

Et cette femme �tait l� !

Elle faisait une piq�re au malheureux !

Je l'ai vue, elle le torturait !

- C'est faux. Il voulait s'�chapper... - Oui.

En v�rit�, il s'est �chapp�.

�a ne serait pas arriv� si vous n'�tiez pas entr�e.

Je lui faisais la piq�re s�dative prescrite par le docteur.

C'est exact.

Il a fui dans la for�t.

J'ai d�j� envoy� deux hommes pour une battue.

Esp�rons qu'on le retrouve.

Il est tr�s dangereux.

Dangereux ?

Que peut-il faire ?

J'irai le rechercher moi-m�me. Il ne me fera pas de mal.

- Je viens avec toi. - Reste ici !

O� vas-tu donc ?

C'est justement toi qu'il veut tuer !

Que dis-tu ?

C'est mon p�re !

Je vous en prie, asseyez-vous.

Lord Roderick a des r�v�lations � vous faire.

Parlez.

Je vous en prie.

Sur la porte d'entr�e de notre caveau familial

est grav�e une proph�tie que seule

une pauvre �me d�mente pourrait croire.

Elle dit que notre lign�e s'�teindra � la dixi�me g�n�ration

si l'ultime descendante f�minine d�passe les 21 ans.

21 ans ?

Et votre anniversaire est le 23 octobre.

Il ne reste donc plus que cinq jours.

Le signe du scorpion sur l'horloge...

Exactement.

Et notre pauvre p�re, dans sa folie, croit en cette proph�tie.

C'est pourquoi il fera tout pour te tuer !

Mais sois tranquille.

Comme je l'ai toujours fait,

je veillerai sur toi jour et nuit.

- Alors, rien ? - Non.

Nous avons battu la for�t mais n'avons rien trouv�.

Et toi, Stephen, tu as pu trouver des traces ?

Non, Milord. Le bois est grand,

nous sommes trop peu. Il nous faudrait deux semaines.

Nous ferons d'autres battues. Soyez tranquille, on le trouvera.

On y va !

Venez !

�coute, Emily.

Continue � dormir, mais �coute.

Tu dois m'ob�ir.

Abandonne toute volont�.

Le destin doit s'accomplir.

Tu dois me suivre, Emily.

Tu dois mourir.

Mourir.

Mourir.

C'est ta tombe, Emily.

Entre.

Ne r�siste pas.

Abandonne-toi au sommeil �ternel.

Laisse ton tourment derri�re toi et trouve la paix dans la tombe.

- Que faites-vous ici ? - C'est moi qui devrait le demander.

J'ai vu Mlle Emily sortir du ch�teau et...

Oui.

Elle est venue ici. Aidez-moi � la porter dans sa demeure.

- Ces demoiselles sont descendues ? - Elles sont au salon.

Du nouveau ?

Tout est tranquille, Docteur.

Vous ne buvez pas votre th� ?

John ! On ne l'a pas trouv� ?

Pas encore, malheureusement.

Mais...

- O� est Emily ? - Encore dans sa chambre.

Ne t'inqui�te pas, elle a toujours du mal � se lever.

Les autres matins, elle �tait debout.

Voyons, ne sois pas si impatient.

Assieds-toi et d�jeune tranquillement.

- Je vais aller la chercher. - Oui, merci.

Que fais-tu, Emily ? Tu ne viens pas ?

John te r�clame.

Emily...

Emily !

R�ponds-moi, ch�re Emily.

Que se passe t-il ?

Tu es souffrante ?

Non... Je n'en sais rien.

- Tu n'as pas dormi, cette nuit ? - Si.

Profond�ment.

Tu as fait un mauvais r�ve ?

Je n'en sais rien.

Il s'est pass� quelque chose

dont je ne garde qu'un vague souvenir.

Cette nuit, je...

Emily, je t'en prie, continue ! Cette nuit ?

Je...

Je...

Je t'en prie, continue. Qu'as-tu fait cette nuit ?

Cette nuit, je...

Je ne sais pas.

Je ne me souviens de rien.

Emily !

Regarde ta chemise...

Tes chaussons sont pleins de boue.

Tu es sortie cette nuit.

Non, Alice.

Mais enfin, il a plu cette nuit, et tes chaussons sont plein de boue !

Non. C'est impossible.

Je n'ai pas quitt� ma chambre.

- J'en suis s�re. - Mais penses-y bien.

Tu dois pouvoir te rappeler.

Je ne peux pas, je ne veux pas me rappeler quoi que ce soit.

Je ne dois me rappeler de rien !

Va-t'en !

Excuse-moi.

Tu vois, je...

Je ne me sens pas tr�s bien aujourd'hui.

Je t'en prie, laisse-moi seule un moment.

Je vous rejoindrai en bas bient�t.

HYPNOTISME ET MAGN�TISME Francis Anton Mesmer

Je te rappelle que tu dois choisir.

Moi ou lui ?

Tout d�pend de toi.

Si j'avais voulu te trahir, �a serait d�j� fait.

Comment va-t-elle ?

Elle n'a rien de grave.

Ne soyez pas inquiet.

C'est facile � dire.

Vous ne savez pas ce qu'Emily repr�sente pour moi.

Je l'imagine.

C'est pour �a que je vous r�p�te de ne pas vous tourmenter.

Deux ou trois jours de repos,

et votre s�ur sera � nouveau joyeuse comme � son arriv�e.

Vous ne me cachez pas quelque chose ?

Vous avez ma parole que non.

Alors que se passe-t-il ?

L'�motion suscit�e par ce qu'elle a appris,

ou bien peut-�tre est-elle amoureuse.

Oui.

- C'est possible. - De cet Irlandais !

C'est ridicule.

Heureusement, il partira apr�s l'anniversaire d'Emily.

Et tout sera fini.

Et Mlle Alice ?

Elle restera ?

Pourquoi devrait-elle rester ?

En v�rit�,

il est normal qu'un m�decin s'int�resse � l'hypnose.

Oui, bien s�r. Mais...

Quand on voit l'�tat d'Emily, c'est une �trange co�ncidence.

Pourquoi ne pas l'avoir dit plus t�t ?

Parce que je ne pouvais pas me d�cider.

Et comment aurais-je pu ?

Tu es parti toute la journ�e, en me laissant seule avec Roderick.

Roderick te pla�t, n'est-ce pas ?

Oui, il me pla�t.

Pour tout dire, il ne me pla�t pas du tout, � moi.

Personne ne me pla�t ici.

Du ma�tre jusqu'au dernier des domestiques !

Bonne nuit, Milord.

Ils vont se coucher.

Tu devrais aller te reposer aussi.

Il est bient�t minuit.

Tu verras, Emily sera vite remise si nous l'aidons.

Dans ce ch�teau lugubre ? Jamais.

Emily a besoin de sentir sa jeunesse.

C'est l� qu'est son mal.

Alors qu'ici, tout est vieux : les meubles, les murs,

les gens qui y vivent...

M�me l'air qu'on respire

est comme un pr�sage de mort.

John ! Je t'en prie.

Tu as raison.

Excuse-moi.

Je m'inqui�te pour Emily.

J'aimerais l'emmener loin d'ici.

Bonne nuit.

John...

Tu verras, tout s'arrangera.

Bonne nuit.

Emily !

- Emily ! - Non !

Calmez-vous !

C'est lui ! Je ne veux pas ! Laissez-moi !

- Emily ! - C'est trop horrible !

L�chez-moi ! Je ne veux pas !

Non !

Je ne veux pas !

Qu'est-t-il arriv� ?

Que faites-vous ici ?

J'�tais dans le couloir.

Elle est arriv�e, avec des yeux d�ments.

Et, quand j'ai essay� de la tirer de sa torpeur,

elle a cri� comme si je la r�veillais d'un cauchemar.

L�chez-moi.

- Laissez-moi. - L�chez-la.

Faites venir le docteur.

- Je veux qu'il l'examine. - Non !

Elle n'a pas besoin de m�decin.

Encore moins d'un m�decin comme Eggwell.

- Qu'avez-vous contre le docteur Eggwell ? - John !

Rien de pr�cis.

J'ai des d�tails � �claircir avant de formuler mes accusations.

Si vous voulez l'accuser, je vous prie de le faire maintenant.

Le docteur Eggwell est un gentleman,

et jusque l� il b�n�ficie de toute ma confiance.

Je suis m�decin, Milord, et je ne crois pas que mon int�r�t

pour les �tudes sur l'hypnose et le magn�tisme

doive �tre justifi�.

Cependant,

il est compr�hensible que le livre de Mesmer ait pu exciter la curiosit�

et l'imagination de Mlle Alice.

Beaucoup de savants approuvent ses th�ories.

Ils affirment que l'hypnose n'est pas du seul apanage

des magiciens et des sorciers.

Il est �galement utilisable en m�decine.

C'est pourquoi ils ont parfois �t� mis au ban de la soci�t�.

J'esp�re que ma s�ur n'a pas servi de cobaye pour vos exp�riences.

- Parce que dans ce cas, je... - Ne doutez pas de moi !

Je n'ai pas suffisamment de pouvoirs hypnotiques.

Mais je dois admettre que la prostration de Mlle Emily

pr�sente de fortes ressemblances avec de la suggestion hypnotique.

Que voulez-vous dire ?

Expliquez-vous !

Il est difficile de parler en �tant soup�onn�.

En tout cas, je vous dirais que la maladie

de Mlle Emily n'est pas

une simple affection passag�re.

Il s'agit d'un mal bien plus s�rieux et ind�finissable,

qui mine tout � la fois son corps et son esprit !

- Tout cela est bien vague. - Bien s�r !

Mais vous ne nous avez toujours pas expliqu� pourquoi Emily,

pleine de sant� et de joie,

s'est transform�e

en quelques heures � peine en un �tre faible et d�s�quilibr�,

- priv� de la volont� de vivre ! - Vous l'avez dit.

Priv� de la volont� de vivre.

Elle semble �tre victime d'un empoisonnement lent et progressif.

Un empoisonnement ?

Oui.

Mais ce n'est pas son corps qui est intoxiqu�,

mais son esprit.

Et vous pensez pouvoir la gu�rir ?

Ce sera pire si elle reste alit�e.

C'est pour cette raison

que j'ai insist� pour qu'elle se l�ve et qu'elle sorte dans le jardin.

Je n'ai pas

d'autres conseil � donner pour la gu�rir.

Je suis d'accord avec vous.

D'accord. Mais...

Emily s'est lev�e. Elle va descendre.

Je pense que je suis absous.

Non, je vous en prie.

J'aurais pu satisfaire personnellement votre curiosit�

si vous m'aviez pos� des questions sur mon livre.

- Mais je... - Le docteur nous a tout expliqu�.

Une seule chose peut gu�rir Emily.

La lib�rer du cauchemar qu'est ce vieux d�ment

qui r�de autour de ce ch�teau.

Attention, la voil�.

- Comment vas-tu, ma ch�rie ? - Mieux.

Vous sentez-vous assez forte pour sortir dans le jardin ?

Oui.

- Mais ne vous �loignez pas. - Vous ne venez pas ?

Non, j'ai un peu n�glig� mes affaires ces temps-ci,

et j'aimerais profiter de ce moment.

Avec votre permission, puis-je offrir de vous accompagner ?

- J'accepte avec plaisir. - Le plaisir sera pour moi.

L�-haut !

Emily !

- Emily ! - Regardez !

L�-haut, sur la tour !

Il m'a sembl� voir quelqu'un.

�a ne peut �tre que lui. Lord Blackford.

�a ne peut pas �tre mon p�re. C'est absurde !

S'il y a un homme l�-haut, Roderick le trouvera.

Je ne crois pas.

Ce n'est qu'une co�ncidence.

Une pierre d�tach�e de la muraille.

Une pierre ne se d�tache que si quelque chose,

- ou quelqu'un... - Le ch�teau est tr�s vieux.

Et pourtant,

il m'a sembl� voir une silhouette.

O� est donc Aleister, le majordome ?

Je l'ai envoy� au village.

Vous avez besoin de lui ?

Non, merci.

Rien.

Je n'ai rien vu.

Je suis all� en haut de la tour, je n'ai vu personne.

Je le pensais bien.

Nous pouvons continuer.

Tout danger est �cart�.

Oui, je le crois aussi.

Continue-t-on la promenade ou pr�f�res-tu rentrer ?

Non.

Je me sens en s�curit� avec John.

Comme tu voudras.

Mlle Eleonor,

voulez-vous venir avec moi, s'il vous pla�t ?

J'aimerais vous emmener en Irlande d�s que vous irez mieux.

Cela serait merveilleux.

Ce sera merveilleux.

Roderick ne consentira jamais � me laisser partir.

Demain vous serez majeure.

Nous n'aurons plus besoin de sa permission.

Si vous m'aimez vraiment...

John...

Pourquoi en douter ?

Si nous nous �tions rencontr�s dans d'autres circonstances,

nos rapports auraient sans doute �t� bien diff�rents.

- Qu'est-ce qui vous le fait dire ? - Votre caract�re...

Vous �tes trop facilement influenc�e par les apparences.

- Vous me trouvez superficielle ? - Ce n'est pas �a.

En fait, votre d�faut se situe exactement � l'oppos�.

C'est un exc�s de sensibilit�.

Par exemple, Lord Roderick vous est bien plus sympathique que moi, non ?

Je n'aime pas qu'on me force � graduer mes sympathies.

J'avoue cependant que Roderick est un gentleman comme il y en a peu.

Sans aucun doute.

Mon seul regret est que vous ne me voyiez pas ainsi.

Croyez-le ou pas, mais votre opinion m'importe beaucoup.

- Je n'ai rien dit qui soit... - Je vous en prie.

Ne vous justifiez pas.

C'est la vie !

Je vous aime, vous l'aimez,

et lui en aime une autre.

Une autre ?

Oh, non...

Je disais �a comme �a, afin de clore le triangle.

Il n'y en a pas d'autre.

J'ai ex�cut� vos ordres, Mlle Eleonor.

Ouvrez !

Ouvrez, vite !

Ce n'est qu'un �vanouissement. Vite, portons-la dans sa chambre.

- Aleister... - Oui, Mademoiselle ?

Vous avez besoin de quelque chose ?

Quand �tes-vous revenu ?

- Revenu d'o�, Mlle Alice ? - De vos courses au village.

Ah, oui.

Je suis all� acheter des m�dicaments pour Mlle Eleonor.

Mlle Eleonor ?

Pour Mlle Emily, sur ordre de Mlle Eleonor.

Interrogez le docteur.

Je crois que c'est lui qui a prescrit ces m�dicaments.

Mais...

Oui, c'est possible.

Le docteur peut vous donner des explications,

m�me � propos de ce r�deur qui surgit la nuit et hante le ch�teau.

Vous permettez, je dois alerter Lord Roderick.

Elle s'affaiblit.

Son pouls est � peine perceptible.

Emily...

Ma pauvre ch�rie.

C'est moi, Roderick.

Emily !

Elle revient � elle...

- Il ne fallait pas la sortir. - Son �tat serait le m�me.

Mieux vaut la laisser.

Alice, restez un peu avec elle, vous serez ainsi plus apais�e.

Emily...

Ma ch�rie.

Tu ne veux rien me dire ?

J'ai peur.

J'ai tellement peur !

Non.

Ce n'est pas cette sortie qui lui a fait du mal.

- Son �tat a empir� pour d'autres motifs. - C'est la peur !

Emily vit dans l'angoisse d'�tre assassin�e.

Puisque vous ne trouvez pas ce fou dangereux,

je vais le chercher.

M�me si c'est la derni�re chose que je ferai !

John !

John !

John !

John !

John !

Emily !

- Emily ! - John !

John ! John !

Emily !

Buvez �a.

Buvez �a !

Non !

- Mais que faites-vous ? - Donnez-moi �a !

Non, c'est le m�dicament. Vous �tes folle !

- Donnez-moi �a ! - Non !

Que se passe-t-il ?

Emily a cri� ! Elle l'empoisonnait !

Mais que dites-vous ?

Qu'y a t-il dans ce verre ?

Pourquoi ne r�pondez-vous pas ?

Si vous n'avez pas confiance, donnez-lui vous-m�me son m�dicament.

Dix gouttes.

Buvez cela, Emily.

Emily...

Entre dans ta tombe.

Tu y trouveras la paix �ternelle.

Tu es morte.

Emily !

Tu es morte.

Emily !

Emily, vous m'entendez ?

Emily, r�pondez.

- Pourquoi pleurez-vous ? - Rien, c'est juste que...

Quand je pense que Mlle Emily a 21 ans aujourd'hui...

- Je l'ai vue na�tre, vous savez ? - Oui, je comprends.

C'est le g�teau qu'elle a toujours pr�f�r�.

C'est pourquoi Lord Roderick a voulu que vous soyez avec nous aujourd'hui.

Merci.

Milord.

Milord...

Qu'y a-t-il ?

On a retrouv� M. Taylor, il est bless�.

John !

John, mon ch�ri !

John...

Mon �me

ne trouve la paix qu'en pr�sence de Dieu.

Lui seul est mon ch�teau et mon salut.

Mon seul refuge.

Seigneur, vous �tes mis�ricordieux et juste.

Mon �me ne peut s'apaiser

qu'avec Dieu,

car de Lui seul

vient mon esp�rance.

- En Dieu seul mon salut... - Je ne suis pas morte, Roderick !

Je ne suis pas morte. Il faut que tu m'entendes.

Pourquoi ne puis-je ouvrir mes yeux ?

Remue les mains, Emily, remue-les.

Qu'ils voient que je suis vivante !

Je dois ouvrir la bouche, il me faut crier :

Je suis vivante !

...et le pouvoir n'appartient

qu'� Dieu.

O� m'a-t-on amen�e ?

Roderick, ne me laisse pas, ne m'abandonne pas !

O� suis-je ?

Je ne veux pas rester seule ici.

Sauve-moi, Roderick !

Je suis vivante !

Je suis vivante !

Qui est l�, pr�s de moi ?

Emmenez-moi.

Je veux sortir !

Je veux crier, il faut m'entendre !

Je suis vivante !

Je ne veux pas rester ici ! Je veux vivre !

Je veux vivre, j'ai le droit de vivre !

Je vous en supplie, ne me laissez pas seule !

J'ai peur...

J'ai peur...

J'ai peur !

�coutez-moi, Alice.

Je ne puis plus tol�rer vos soup�ons � mon �gard.

Attendez.

Comme vous, je souhaiterais venger la mort d'Emily.

- La venger ? - Oui.

Emily a �t� assassin�e,

par la m�me personne qui a voulu tuer votre fr�re.

John a d� suivre Emily dans le jardin pour emp�cher le drame.

Mais Emily est pourtant morte dans sa chambre, dans son lit.

Non.

Emily venait chaque nuit dans cette chapelle.

Que dites-vous ?

Mais alors, si vous saviez, pourquoi n'avoir rien dit ?

Vous avez raison.

Peut-�tre est-ce enti�rement ma faute.

Mais j'ai fait l'impossible pour �viter ce meurtre.

Croyez-moi.

Je ne suis venu au ch�teau que pour cela.

Tenter de percer le myst�re des Blackford.

La premi�re victime a �t� le m�decin de famille

qui m'a pr�c�d�.

Un ami de toujours.

Il soignait le vieux lord Blackford

d�figur� par le feu qui avait ravag� l'abbaye.

Il m'a �crit avant de mourir.

Jusqu'ici, je n'ai rien r�v�l� de cette lettre.

Que vous a-t-il �crit ?

Il me disait

qu'il avait d�couvert que le vieux lord n'�tait pas vraiment fou,

qu'il avait tent� d'emp�cher Roderick de faire passer son p�re pour mort.

Vous pensez que...

Le docteur mourut aussit�t,

d'une syncope,

exactement comme Emily.

Alors je me suis d�cid� � venir.

Mais je ne r�ussis � voir le vieux lord qu'� de rares occasions.

Et jamais seul.

Puis j'ai convaincu Roderick de prendre une infirmi�re.

Une personne en qui j'avais pleine confiance.

Mlle Eleonor ?

Oui.

Je n'avais pas imagin� que Roderick avait

tant de pouvoir de s�duction sur les femmes.

Jamais je ne croirai que Roderick...

L� ! Regardez !

Ne bougez pas.

Lord Blackford !

J'aurais d� m'en douter.

Assassin�...

Il para�t mort depuis deux ou trois jours.

Mais alors, Emily...

- Et John... - Restez calme, Alice.

Je vous en prie !

Il faut que je retourne au ch�teau.

Non !

Au secours !

Laissez-moi sortir, je vous en prie !

Au secours !

Alors ?

Qu'est-ce que tu attends ?

D�p�chons-nous avant que sa s�ur n'arrive.

Non.

Je ne pourrais pas le faire, c'est inutile.

Pourquoi veux-tu le tuer ? Personne ne sait qui tu es.

Il ne t'a pas reconnu.

Je l'�pargnerais s'il n'avait pas vu cet idiot d'Aleister tuer le vieux lord.

S'ils d�couvrent le corps et comprennent qu'il est mort avant Aleister...

Et lui m'a vu hier soir dans le cimeti�re.

- Donne-moi le poignard ! - Non !

Je ne te laisserai pas faire. Assez de crimes ! Assez !

Je n'aurais pas d� te faire confiance !

Meurs ! Je n'ai plus besoin de toi !

Il aurait mieux valu que tu ne te r�veilles pas.

La mort t'aurait frapp� sans que tu aies su ce qui t'arrivait.

Vous !

Alors...

Oui, moi... Maintenant tu sais.

Mais cela ne te servira � rien. Tu vas mourir, tout comme Emily.

Emily est morte ?

Et vous...

Son propre fr�re ! Vous l'avez assassin�e !

Il le fallait.

La proph�tie...

La proph�tie le voulait ainsi.

Je ne voulais pas le faire.

Mais apr�s tout,

la mort de quelques �tres inutiles ne compte pas

en regard de la survie et du futur de la lign�e des Blackford !

Vous �tes un fou !

Vous pouvez me tuer, mais vous n'�chapperez pas au ch�timent !

Arr�tez !

Assez, Roderick !

Jetez ce poignard !

Tout est fini pour vous.

Vous ne pourrez plus cacher vos crimes en les attribuant � votre p�re.

Roderick !

Aide-moi !

Aide-moi, Roderick, je t'en supplie !

Attends !

Ne t'en va pas.

Je suis �puis�e, aide-moi.

- Emily... - Aide-moi.

- C'est impossible, tu es morte ! - Arr�te-toi, Roderick.

- Attends. - Va-t'en !

Roderick, � l'aide !

� l'aide !

Va-t'en !

Va-t'en !

� quand la noce ?

C'est � Emily d'en d�cider.

Je ferai tout ce qu'elle voudra.

Pour pouvoir tout oublier.

Si on est heureuse, il est facile d'oublier.

Mais moi, je serai seule.

Je pourrais peut-�tre vous aider � oublier, si vous voulez.

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