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(En arabe)
Bêlements
- C'est pas bon ?
- Tu veux goûter ?
Ah non...
C'est interdit, ça.
C'est préparé avec amour.
- C'est dégueu.
C'est quoi ?
- J'ai pas percé le mystère.
- C'est pour ça que tu manges plus ?
- Certaines personnes font des jeûnes.
Je purifie mon corps.
Ca, c'est...
mon...
mon coin bureau.
Avec mon calendrier.
Les jours de captivité.
- 59 jours.
Moi aussi, je tiens les comptes.
On te torture ?
- Des fois, ils me bousculent un peu.
Mais ça va. Ca va.
La porte s'ouvre.
- Tu manges pas 7
Tu crois qu'on en a quelque chose à foutre ?
Tu peux crever, on s'en fout !
- Il est où, le Russe ?
Il est mort?
- T'es content?
T'inquiète pas, il est fort.
La porte claque.
Soupir
On frappe.
- M. Mamoun.
- Ca vient d'arriver par Fedex.
Il y a un mot avec.
Et le reste de votre courrier est dans le parapheur.
Qu'est-ce que c'est?
- Une statue sumérienne en albâtre.
Elle a 5000 ans.
- Elle vient d'où ?
Je la laisse sur votre bureau ? C'est beau.
- Non.
Dans le placard, là.
Vibreur
- On venait de sortir de l'appartement.
On avait évité les gouttes.
Et on a pris une saucée en allant à l'aéroport.
- On peut?
On peut te parler ?
- Vas-y.
- Tu le connais ?
Samuel Gendron.
C'est l'assistant de Nadia El-Mansour.
Il travaille avec Amir Mamoun à la commission.
On a besoin de le surveiller, Mag n'y voit pas d'obstacles.
Il nous a dit de t'en parler, alors on t'en parle.
- On peut mettre une équipe sur lui ?
- Une équipe ? - Complète.
- 8, 10 nounous.
Plus du son.
Tu fais quelque chose avec Nadia El-Mansour ?
- Oui.
- Ca nous concerne ?
- Le bureau Iran ?
Non.
- Possible que si.
- Vous me donnez le tournis. Mettez-vous en face de moi.
- Excuse-moi.
- Vous êtes sûrs que vous me laissez pas manger ?
On se reparle, je viens vous voir ?
- Bien sûr.
Bon, je...
- Y a rien entre nous.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Ben, je sais pas...
- C'est la meilleure.
- Continue à être froide avec moi, ça marche.
- Ca marche ?
- Oui, ça m'émoustille à mort.
- Je ne suis pas froide avec toi.
- Ah bon ?
Eh beh...
- Quel est le rapport entre lui et l'Iran ?
- Un rapport sexuel pour le moment.
Il couche avec un type de l'ambassade d'Iran.
On veut savoir qui parle à qui.
S'il espionne Nadia pour l'Iran, ça nous intéresse.
S'il espionne l'Iran pour Nadia, ça nous intéresse aussi.
Ca complique tes affaires ?
- Oui.
Ca peut même les compromettre.
Mais... Ca m'intéresse
d'en savoir plus aussi.
Mais si vous êtes grillés, c'est grave.
- Noté.
- La prochaine fois que tu veux me parler, me prends pas en sandwich.
- Tu me fais peur.
- Je comprends.
- Le 3, je ne peux pas.
J'ai le déjeuner chez Courtieu.
Oui.
C'est trop short.
Ou alors, tu proposes le 5. Ou même le mercredi 7.
Je suis libre à partir de 16h, 16h30.
C'est quand ils veulent. - Mme Loiseau, bonjour.
Constance Greter, enchantée.
- Bonjour.
- Avec votre CV, vous avez l'embarras du choix.
Nous travaillons avec les plus grandes entreprises,
celles qui ont un véritable rayonnement international.
Elles nous font toutes confiance.
C'était comment, l'Iran ?
- Très bien. Très intéressant.
- Je rêve d'y aller. 15 jours, en touriste.
Ca a l'air tellement beau. - Oui.
- J'imagine que la mobilité est un de vos critères ?
- Non, je préférerais me poser un peu.
Un peu de stabilité.
- Très bien.
La balle est dans votre camp.
- Merci, à bientôt.
- Dans la grande salle, on sera à l'aise. Pardon.
- Pas de souci.
- A chaque fois, c'est long. On règle ça dans la matinée.
Et on est tranquilles.
On va y revenir.
Oui, oui.
Je te rappelle, je suis dans un ascenseur. Ca capte mal.
Bonjour. Excusez-moi.
- Bonjour.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Allez-y, peut-être que ça marchera.
Qu'est-ce qu'on fait?
- On appuie sur le bouton.
*- Oui ? - Bonjour, on est coincés.
*- La référence de l'ascenseur ?
- XZ 45-56.
*- 43 rue de la coutellerie ? - Oui.
*- Vous êtes combien ? - Deux.
*- Des enfants, des femmes enceintes ?
(- Oui, oui.) - Non.
*- Je préviens notre service de dépannage.
Ils seront là dans 15 à 60 minutes.
- OK, faites au plus vite.
- Je vais rater un rendez-vous.
- Désolée, je capte pas.
- C'est la première fois que ça m'arrive.
- Moi aussi.
- Vous cherchez du travail?
- Oui.
Et vous ?
- Non, non.
Philippe Sieca.
Je suis consultant en recrutement pour Lincoln.
Je leur ramène des profils en fonction de leurs besoins.
- Un intermédiaire d'intermédiaires.
- On peut dire ça comme ça, oui.
Et vous ?
- Je suis sismologue. Marina Loiseau.
- Vous cherchez du travail? - Oui.
Je viens de rentrer de l'étranger. - Ah.
Vous étiez où ?
- En Iran. - C'est beau, non ?
Quoi, c'est pas beau ? - Si, très beau.
Très à la mode, aussi.
- Sûrement très intéressant pour la sismologie.
En tout cas, une sismologue qui connaît l'Iran,
ça m'intéresse.
- C'est-à-dire ?
- Facile à placer sur le marché du travail.
Cava?
- C'est à force de pas pouvoir sortir, j'étouffe un peu.
*- Oui?
- Oui, ça fait 45 minutes qu'on attend.
Je suis claustrophobe, je fais une crise d'angoisse.
Et je commence à saigner du nez.
Donc ça va vraiment pas.
*- Calmez-vous, le dépanneur ne devrait pas tarder.
Monsieur! Monsieur!
- Oui, ça va pas. Vraiment pas.
*- Le dépanneur ne devrait vraiment pas tarder.
- D'accord, merci.
Sonnerie de téléphone
- Allô 7
*- Un appel du secrétaire général de la fondation El-Mansour.
J'ai pas compris son nom.
- Oui.
Allô ?
- Tu te souviens quand tu ne finissais pas ton assiette ?
- Oui.
- Tu allais sur le palier la terminer. Sur le paillasson.
Ca pouvait durer longtemps.
- Je me souviens.
- On avait une voisine.
Une couturière.
- Mme Lefebvre, au 4e.
- Ca la choquait de te voir assis sur ton paillasson,
avec ton assiette, comme un chien.
Le pauvre petit.
- Elle terminait souvent mon assiette.
- C'est vrai ?
- On avait un petit système.
Elle passait,
elle mangeait, elle m'embrassait,
elle repartait.
Moi j'attendais et je rentrais.
- C'est vrai que tu ressemblais à un chien.
- J'étais mieux dehors qu'à la maison.
- Tu avais des manières de chien aussi.
Comme là !
Tu n'as pas de dignité ?
Tu geins, tu te traînes par terre.
Mange !
Mange, espèce de chien !
Mange ! Mange !
Espèce de chien ! Mange !
- Tu t'inquiètes pour moi?
- Je vais t'ouvrir le ventre.
La porte s'ouvre.
- Escogriffe est affiliée à l'YPG,
le bras armé du PYD,
la branche syrienne du PKK.
Excusez-moi pour ces acronymes imbitables,
mais c'est la réalité du mouvement kurde.
Blessée, elle nous intéresse plus.
Elle pourra devenir un agent de liaison
car elle ne retournera pas trop vite au combat.
Elle fréquentera les Kurdes de Syrie,
d'Irak, de Turquie, d'Iran même.
Le PKK et les différentes factions politiques.
- Quels sont vos rapports ?
- Ben... Un sniper nous a mariés, on pourrait dire.
- Mais encore ?
- Je lui ai sauvé la vie là-bas.
J'ai sauvé sa jambe en la ramenant en France pour les soins.
Elle est en dette.
- Ca suffit pas pour trahir.
- Les résistants français qui travaillaient avec les Alliés
pendant l'occupation ne trahissaient pas.
- C'est pas de la trahison. Elle aide la cause kurde en nous aidant.
- Elle est mariée ? - Non.
- Le père de son fils est mort au combat en 2014.
- Ah, une veuve.
- Vous la voyez quand ?
- Elle a été admise au Val de Grâce ce matin.
Je la verrai après son opération.
- Très bien.
- Excusez-moi.
Ce n'est pas mieux que le référent d'Escogriffe soit une femme ?
Je veux dire, c'est pas une clandé comme les autres.
C'est pas une professionnelle. Une femme serait mieux.
- Ce qu'on va demander est délicat.
Ca va probablement la perturber.
Il ne faut pas qu'elle croie être abandonnée par Raymond.
Il faut conserver un environnement qui la mette en confiance.
- Un sniper vous a mariés.
- C'est ce que j'aurais dit si t'avais pas été là.
Pourquoi je changerais ? - Moi, je le vois.
- Arrête, on attend ça de moi.
- Tu vas la baiser, aussi ?
- Ben oui.
Tu ferais la même chose à ma place.
Vraiment, tu crois que je baise avec mes clandés ?
- Tu n'as traité que des hommes. - T'en sais quoi?
- Je savais pas, je te testais.
- Ah bon ? Tu croyais que je tomberais dans le piège ?
- On sait jamais, dans l'excitation.
- C'est mal me connaître.
Je peux être excité et rester professionnel.
- Si tu dois la baiser, on en parle avant?
- J'ai pas été tout à fait honnête avec vous.
- Ah bon ?
- En disant que je voulais vous proposer un travail.
J'ai quelque chose à vous proposer.
Mais je préfère jouer cartes sur table.
- Comment ça ?
- Je travaille pour la DGSE.
- La Direction Générale de la Sécurité Extérieure.
Les Renseignements.
- C'est une blague ? - Non.
On m'a envoyé pour établir un contact
et vous proposer de collaborer.
- Avec la DGSE ? - Oui.
Elle bafouille.
- Pourquoi? Pourquoi moi?
- La sismologie est un poste stratégique.
Vous avez accès à des données qui nous intéressent.
Vous pourriez nous aider.
- Vous êtes un espion ?
- Pas vraiment. On ne dit pas espion, on dit agent.
Je suis un agent du Renseignement.
- Et moi ? - Vous seriez une collaboratrice.
- Je peux réfléchir ?
- Evidemment, oui.
*- Direction Générale de la Sécurité Extérieure ?
- C'est un test?
- Non.
- Je ne travaille plus pour vous, donc...
S'il vous plaît, dites-le-moi. C'est un test ?
- Non, ce n'est pas un test. Il n'est pas de chez nous.
- Qui peut faire un truc pareil?
- Pas les Américains
ni les Iraniens qui savent que vous travaillez pour nous.
- Que je travaillais pour vous.
- Oui.
- A part eux...
Tout le monde peut essayer de vous recruter.
Ca fait beaucoup.
Une sismologue qui revient d'Iran,
ça n'arrive pas tous les jours.
Ca intéresse. C'est normal.
- Je fais quoi 7
- Comment ça ?
Vous attendez des instructions ?
- Non. Non, je sais pas.
- Vous ne travaillez plus pour nous.
- Je sais.
- S'ils vous ont contacté, c'est que votre légende a tenu.
Pour eux, vous n'êtes qu'une sismologue.
- Donc tout va bien ?
- Tout va bien.
- Légende en béton armé.
Philippe Sieca, 100 % français.
Sciences-Po, Master en RH à Paris 1.
Un passage chez l'Oréal. Puis conseiller technique chez l'EOA
avant d'ouvrir son cabinet de "sourcing" stratégique.
- C'est quoi, le "sourcing" ?
- En français, identification.
C'est un terme utilisé en gestion des RH
pour expliquer un processus ayant pour objectif
d'identifier des candidats correspondant au profil.
- On n'a rien.
- Ah si.
Ce monsieur effectue tous les 2 mois un voyage à Bucarest.
Officiellement pour le casino.
- A Bucarest ?
- La petite Las Vegas.
C'est là que vont les agents du Mossad pour voir leurs officiers.
- Les agents du Mossad ?
- Monsieur Sieca, en tout cas.
Il soupire.
- Le Mossad.
- Ils ont des règles particulières au blackjack.
On peut splitter jusqu'à 4 mains. - Merci, Jonas.
- Tu n'aimes pas la cuisine française ?
Je plaisante, la nourriture des hôpitaux, c'est horrible.
- Mieux que ta cuisine.
- Tu adores ma cuisine.
- Non, je te mens.
- Ca va mieux, je vois.
Tu vas bientôt sortir.
' J'espère.
Mon fils s'inquiète.
- Et si on le faisait venir ?
- Pourquoi ?
- Pour toi, pour lui.
- Non, c'est trop.
Retourne au travail.
- C'est ça, mon travail.
- Faire venir mon fils ?
- Il pourrait rester à Paris, aller à l'école.
Peut-être faire des études ici.
- Tu fais le bien, maintenant?
- J'en profite tant que tu as besoin de moi.
- Dis-moi.
- Tu vas repartir.
Tu n'iras pas au front, t'as été blessée.
On va travailler ensemble pour trouver le meilleur poste.
Pour toi, pour nous, pour les Kurdes.
- Pour les Kurdes ?
- On veut que les Kurdes soient autonomes.
C'est dans l'intérêt de la région.
Pour ça, on a besoin de gens comme toi.
- C'est toi qui vas t'occuper de ça ?
- Oui. Ca, par contre...
Tu devras me voir.
On frappe.
- On a sonorisé le téléphone de Samuel Gendron.
Ils sont dans le bureau de Nadia El-Mansour.
- Ils?
Voix d'homme en farsi
*- Il est hors de question de laisse Rakka aux sunnites.
Nous libérerons la ville avec le Hezbollah.
(Nadia)
*- Que se passe-t-il si les forces syriennes entrent avant?
Voix d'homme en farsi
- Deux leçons.
Un, Samuel Gendron parle couramment farsi.
Deux, Nadia El-Mansour fait défiler dans son bureau
les protagonistes du conflit syrien.
Elle fait un tour de table avant d'organiser
des rencontres informelles.
Elle prépare l'après-Bachar avec des gens qui s'entretuent.
Elle met en place une sorte du hub.
Si l'Iran,
le Hezbollah, les Alaouites, bref, l'axe chiite
vient à la table d'El-Mansour,
alors El-Mansour nous intéresse.
- Elle est intouchable pour l'instant.
Mon opération est prioritaire.
Donc vous ne faites rien.
- Prioritaire pour qui?
- Pour Moule à gaufres.
- T'es sûre ?
- Oui, le directeur adjoint du renseignement, pour Marie-Jeanne.
- J'aime quand on travaille ensemble.
- Arrête ton char.
Pas touche
à Nadia El-Mansour.
L'Orient compliqué ?
- Madame Anselem, vous buvez quelque chose ?
- Je vous remercie, ça ira.
- Merci, Samuel.
- Pas de nouvelles de notre ami Shahanah ?
- Non.
- C'est très étrange.
Nous avons fait libérer le prédicateur.
Ils le savent. Et ils n'envoient aucun signe ?
Vous avez une explication ?
Qu'est-ce que c'est?
- Non, la bonne question est: "D'où ça vient?"
- Et alors ?
- Des pillages de Tell Asmar.
Votre ami Shahanah va m'en envoyer plusieurs.
Probablement plus importantes.
Il me demande d'utiliser ma fondation pour les lui garder
le temps qu'il trouve des acheteurs.
Autrement dit...
Il me demande d'être son receleur.
C'est son prix pour servir d'intermédiaire.
- Vous avez refusé et on n'a pas de nouvelles.
- C'est moi qui devrais payer l'intermédiaire ?
Pas vous ?
Pas votre gouvernement !
Moi !
Remplacez-moi ou trouvez un autre intermédiaire.
- Pour l'instant, c'est lui qu'on a.
Et il exige votre présence. On n'a pas le choix.
- Donc quoi ?
Je dois accepter ?
Je dois me compromettre avec lui ?
- On peut essayer de le contourner.
Mais ça va prendre du temps.
Mais si je reçois un signe des ravisseurs, il faut répondre.
- Je suis désolée.
Je ne peux pas.
- Vous avez des choses importantes à accomplir.
Je comprends que ce soit compliqué.
On peut désamorcer les capacités de nuisance de Shahanah.
Mais fréquenter les gens comme lui, c'est risqué.
C'est toujours salissant.
Je comprends votre dilemme.
Y a que vous qui sachiez quoi faire.
- Je sais.
- Au revoir, Nadia.
- Allez, une cuillère pour papa.
Une cuillère pour maman ?
Allez, une cuillère pour moi.
Une cuillère pour Prune.
Tu vas mourir, papa.
Tu fais chier.
- Le Mossad ?
- Flatteur, non ?
Vous êtes ingénieure, brillante, expérimentée
et avec des contacts en Iran.
Et vous n'avez rien à voir avec Israël.
Sauf une amourette, étudiante.
Ca réduit les risques que tout remonte à eux.
- Et si je me fais arrêter ?
Je crois travailler pour la DGSE.
- Deux solutions.
Soit vous ne rappelez pas.
On laisse passer.
Ca s'endort tranquillement.
- Soit j'y vais.
- Vous replongez.
- Je reviens travailler pour la DGSE
en faisant semblant de travailler pour le Mossad qui se dit DGSE.
Que veut faire le Mossad ?
- La dernière fois que le Mossad a recruté à Paris, par un Français,
c'était pour détruire une centrale en Irak.
- Vous l'avez su ?
- Après.
Trop tard.
- Et si vous l'aviez su ?
- On l'aurait empêché.
Ou collaboré, ou dénoncé.
Ou négocié.
Dans tous les cas... - Ca aurait été bien.
- Donc.
Vous replongez et vous nous permettez de savoir.
Ou vous ne replongez pas.
- Qu'en pensez-vous ?
- C'est pas important.
La question, c'est qu'est-ce que vous voulez ?
- Si je vous demande un conseil?
- Revenez à la maison.
VOUS nous manquez.
Et je suis presque certain que nous vous manquons aussi.
- Parce que ?
- Vous êtes ici, dans cette planque. Vous savez pourquoi ?
- Non. - Vous voulez savoir aussi.
Vous pourriez vous en tamponner. Ca ne vous intéresse plus.
Mais non. Vous voulez savoir. Vous voulez que ce soit utile.
Vous voulez faire du renseignement.
On ne change pas, Marina.
On met juste les costumes d'autres sur soi.
- Vous citez Céline Dion, Henri.
- On ne grandit pas.
On pousse un peu tout juste.
- Bon, alors imaginons que je dise oui.
Je fais comment pour vous parler ? On a des rendez-vous ?
- Il y a des protocoles de communication.
C'est pas important. L'important, c'est vous.
C'est savoir si ça vous intéresse.
- J'ai besoin de savoir ce que c'est pour savoir.
- C'est faire votre travail. Ce que vous avez l'habitude de faire.
Pas de cascades.
Juste, vous le faites avec une motivation en plus.
'Oui?
- Oui, vous le faites pour la France.
- Si je dois faire un truc précis.
Je sais pas, moi. Retenir un code.
Je suis pas sûre d'y arriver.
En temps normal, j'y arriverais. Mais je risque de paniquer.
- Vous avez travaillé en Iran,
vous vous en sortirez avec les protocoles.
Les aspects techniques, je me fais aucun souci.
- Je dois rapporter quoi comme infos ?
Moi, à part les courbes sismiques...
- On vous demande de donner des rapports. Raconter ce qui se passe.
Jamais rien de dangereux. Hein ?
Voler des documents, prendre des photos,
espionner derrière les portes, c'est dans les films.
- Ca consiste en quoi, alors ?
- Tenez, il y a bientôt un congrès de sismologie en Azerbaïdjan.
Plusieurs délégations y seront. Vous pourriez y aller.
- C'est tout ?
- Oui, on vous prend pour ce que vous êtes.
Une sismologue avec l'expérience du terrain iranien.
Vous connaissez nos valeurs ? - Non.
- Loyauté, exigence,
discrétion,
adaptabilité.
- Tu repars quand ?
- Bientôt.
On la laisse rentrer faire son trou.
Et j'arrive.
- Ca te plaît, hein ?
- Ben non. J'ai pas vraiment le choix.
- Tu fais ça pour la France ?
Pour que le monde soit moins dégueulasse ?
- Ben... Oui.
- Et tu crois vraiment ça ?
Mon pauvre.
- Pourquoi je fais ça, alors ?
- Parce que t'adores ça, Raymond.
T'adores séduire les femmes et les baiser.
Ca te rassure.
T'adores te dire que tu fais ça pour la France.
Tu te planques derrière le drapeau.
"J'ai pas le choix." Assume, merde.
- Assume quoi? - Que t'es un queutard.
- Pas du tout.
- Je peux très bien encaisser. Mais me prends pas pour une conne.
L'année dernière, avant de partir avec Mère Teresa.
Tu te souviens ce que t'as dit?
"Je l'aime bien, cette fille."
A chaque fois que je vois ta prothèse, que je la sens,
je me dis que si t'avais pas voulu la baiser, t'aurais vu.
Elle te menait en enfer par la queue. Tu serais entier.
- Je suis pas le seul à pas l'avoir vu.
- Je sais.
- Pense à ta famille.
Tu peux t'en sortir.
La porte s'ouvre.
- Ca fait longtemps que tu l'as pas vu.
Le soleil.
Tu vas mettre ton habit de lumière.
C'est le grand jour.
T'es prêt?
Ari, donne-lui le truc.
Plus bas. Sous ta poitrine.
Comme ça, c'est bon.
- T'as compris ? Clair, fort. T'articules.
Pense à tes parents.
Tes enfants.
Ils vont la voir, cette vidéo.
Allez, on y va.
Top.
- Je suis Paul Lefebvre.
Nous sommes aujourd'hui
le 17 Muharram 1438.
Le 18 octobre 2016 pour les mécréants et les hypocrites.
Hier, les idolâtres du PSG ont battu
ceux de Rennes 3 buts à 1
dans une fête de perversion.
J'atteste qu'Allah est le plus grand,
l'unique... - Stop, stop !
C'est quoi, cette merde ?
On se concentre.
On y va ! Top.
- Je suis Paul Lefebvre.
Nous sommes aujourd'hui le 17 Muharram 1438.
Il continue à lire.
(En anglais)
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