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Original subtitles

Tr�s bien, monsieur.

Salut !

Votre voiture, M. Hermil.

Je regrette vraiment, mais...

il est tard.

- Je dois m'en aller. - � demain.

Vous disiez ?

Que la froideur de l'homme anglais est pure invention...

Et il a tout de suite dit non.

La Sperati ne chante pas ?

Non. Mardi.

Dommage, je ne serai pas l�. Elle est extraordinaire.

La chanteuse ou la femme ?

Le chant, je n'y connais rien.

La princesse s'imagine qu'on vient ici pour la musique.

Elle sait...

C'est la p�nitence qu'elle nous inflige.

Vous venez faire votre cour � la comtesse Raffo ?

P�nitence : 1 Mozart, 2 Schubert.

Dommage que vous arriviez si tard.

C'est enti�rement ma faute, princesse.

J'en suis persuad�e.

Tu as rat� Mozart et Liszt.

Je tenais � vous remercier.

- Je suis oblig�e de partir. - Vous nous quittez d�j� ?

Quel dommage.

C'est une pianiste extraordinaire.

Certes.

Au revoir.

- O� vas-tu ? - Je m'en vais.

J'ignorais que tu viendrais.

Amusez-vous.

Je t'en prie !

Tu m'emm�nes ?

Je ne peux pas !

Ou tu pars avec moi, tout de suite, ou tu ne me reverras jamais plus.

Mon cher Tullio,

tu ne vas pas laisser s'�chapper notre plus ravissante invit�e.

Cela ne d�pend pas de moi, prince.

Ma soir�e ne s'ach�ve pas ici.

Veuillez dire au comte Egano que je l'attends.

Non, le voil�.

Tr�s cher Stefano.

Qu'attendons-nous ?

Rentrons avant le prochain morceau.

Elle se vexe si je ne suis pas l�.

Un rien leur fait plaisir.

Je repasse te prendre plus tard.

Ou plut�t, je te renvoie la voiture. Je ne me sens pas bien.

- Je t'accompagne. - Non, ne compliquons pas.

Tu vois que je te connais.

J'�tais s�re que tu viendrais.

J'ai pr�f�r� t'attendre avant de ressortir,

plut�t que de te trouver ici � mon retour, cette nuit.

Rends-moi mes cl�s.

Je ne pouvais pas partir avec toi.

Elle a voulu que je l'accompagne � ce maudit concert.

Tu ne m'as pas dit que tu viendrais.

J'y suis all�e parce que je savais que tu y serais.

Il �tait temps d'affronter cette situation.

Pendant des mois, avec une dext�rit� de prestidigitateur,

tu as su �viter que je me rende compte o� en �taient les choses.

Alors j'ai pris l'initiative.

Pour te rendre compte que j'�tais mari� ?

Tu l'as toujours su.

Certes.

Mais, � t'entendre, vos rapports

seraient purement... formels.

En effet.

Faux ! Il suffit de vous voir ensemble pour le comprendre.

Tu es comme tous les maris bourgeois qui jurent � leur ma�tresse

de ne plus avoir de rapports avec leur femme

et � leur femme de ne pas avoir de ma�tresse. Tr�ve de mesquineries !

Je suis une femme libre.

Et je ne me paye pas de mots. Comme toi.

Tu es jalouse ?

Je ne partage pas un homme avec une autre.

F�t-elle sa femme.

Tu ne partages rien avec personne.

Je ne pense qu'� toi,

sans cesse.

Tu es une pr�sence obs�dante, acharn�e,

hostile.

Je dois sortir avec Egano.

Rentre chez ta femme. Laisse-moi.

Je ne veux pas te quitter.

Reste avec moi !

Encore debout ?

Tu m'avais dit que tu ne te sentais pas bien.

Suis-je sotte !

J'�tais angoiss�e.

Je n'arr�tais pas de guetter � la fen�tre.

Sais-tu ce que je faisais ? Je t'�crivais.

Mais puisque tu es l�...

Je vais � Florence. J'ignore pour combien de temps.

Cette fois, c'est s�rieux.

Pour toujours ?

Toujours...

C'est un grand mot !

Vois-tu, Giuliana...

Je ne t'en ai jamais parl�,

mais il n'a pas d� manquer...

d'�mes charitables...

pour t'informer de mes "infid�lit�s".

Je ne t'ai rien dit,

car c'�tait sans importance

et car il y a un pacte

auquel tu as souscris en m'�pousant.

L'amour dure ce qui dure,

puis il fait place � la tendresse, � l'estime,

aux int�r�ts communs.

Certes, dans la mesure du possible.

Ce qui me para�t �tre notre cas,

car tu as accept� la situation

qui s'est �tablie entre nous.

"C'�tait sans importance", comme tu dis.

Aussi ai-je tenu � les ignorer.

Le mariage...

Oui, "notre" mariage devait �tre pr�serv� � tout prix,

m�me de nos ressentiments. C'est cela ?

Tu as eu raison. Tu as �t� extraordinaire.

Si mon amour pour toi s'est...

an�mi�,

ce qui est normal,

la tendresse, l'estime sont plus fortes.

Et je te ch�ris comme...

une s�ur

dont j'ai fortement besoin.

Tu aurais le droit,

mais si tu m'abandonnais, je souffrirais infiniment.

Veux-tu rester avec moi ? M'aider ?

De quelle fa�on ?

En me supportant.

En assumant une situation qui, selon les crit�res de la soci�t�,

serait certainement ind�fendable.

Celle que j'aime...

Elle est veuve. Libre.

Qu'est-ce qui te retient ?

Je t'ai dit que je l'aimais. Pas que je voulais vivre avec elle.

C'est une femme sensuelle. Belle.

Je la d�sire.

Aucune femme n'a jamais occup� ma pens�e

autant qu'elle.

Alors quoi ? J'arrive et ils partent !

Hol�, quelqu'un !

Que se passe-t-il ? Je viens en permission et vous partez ?

Non, rien que moi. Heureusement que tu es l�.

O� vas-tu ?

Tu restes combien de jours ?

Trois.

�coute, je suis...

Je suis en plein marasme. Ou en plein bonheur.

Je pars. Giuliana reste seule.

Je ne veux pas profiter de toi,

mais te savoir aupr�s d'elle, �a me rassure.

Minute ! J'ai trois jours � passer � Rome,

mais pas avec ma belle-s�ur.

Elle est exquise, adorable...

Tu feras ce que bon te semble. Il me suffit que tu sois l�.

Le soir, avant de sortir, tu passes la voir

dans son appartement et tu la mets au courant

de tes projets. Elle sera contente.

Elle traverse un moment tr�s difficile.

Il y a des locataires ? �a avait l'air

si grand.

Explique-lui. Je lui avais promis de lui montrer

une des plus belles maisons de Rome.

Je n'ai pas dit qu'elle n'�tait pas belle, elle est magnifique.

La villa a �t� construite pour ma m�re

qui souhaitait des arbres, de la verdure, en pleine ville.

Mon p�re fit tout pour la contenter.

Mais, une fois veuve, elle retourna vivre � la campagne,

o� ce ne sont pas les arbres qui manquent.

Mon fr�re s'est mari�.

Sa femme et lui se sont install�s ici.

J'ai gard� ces 3 pi�ces pour avoir mes aises.

Alors ce n'est pas la vraie maison !

Si, elle est tout aussi vraie, je vous assure.

Que se passe-t-il ?

Qu'as-tu ? Voyons, Giuliana !

Aide-moi.

Faites appeler la gouvernante.

Elle n'est pas �vanouie. Elle a d� prendre quelque chose.

Il n'y a personne � la maison ?

Ils sont all�s se coucher.

Excuse-moi.

J'ai pris quelque chose pour dormir.

Et au lieu de me calmer...

une angoisse,

la terreur...

de rester seule.

Je suis l�. Comment te sens-tu ?

Ce n'est rien. Une chose tellement stupide.

Oui, �a va mieux.

Je t'ai d�rang�.

Reste encore allong�e.

Mon ami,

Filippo D'Arborio, l'�crivain. Tu m'accorderas

que j'ai des amis illustres !

Ulderico Guinigi.

Mlle Elviretta.

Giuliana, ma belle-s�ur.

Excusez-moi.

Retournez � table.

Restez ici.

Viens !

Quand tu veux t'en aller, dis-le.

Ou bien, endors-toi ici, berc�e par nos voix.

Au coll�ge, avec lui...

Vous avez �t� au coll�ge ensemble ?

J'�tais pauvre.

Mes parents n'avaient pas les moyens de m'envoyer au coll�ge.

On m'y a pris au pair pour donner des cours aux petits,

entre autres : Federico.

Lequel s'endormait r�guli�rement.

Exact.

D�s que je commen�ais � parler,

le ton de ma voix lui faisait cet effet.

J'aimerais que vous arriviez � vous endormir.

Le petit-d�jeuner est servi.

Quel bon parfum !

Tub�reuses ?

En cette saison ?

O� les as-tu d�nich�es ?

Tu es gentil !

"J'attends ici.

"Stefano Egano."

Comment se permet-il ?

Ouvrir mon courrier, �a ne se fait pas !

Gribouille !

Si j'ai des torts, c'est envers lui, pas envers toi.

Je lui avais promis d'aller voir courir ses chevaux aux "Cascine".

Et je suis ici, avec toi !

Et tu te plains ?

Vous n'�tiez pas aux "Cascine".

Mes chevaux se sont fait honneur.

Trop de cohue.

Demain, il y a la course de haies.

Je peux vous procurer des places de tribune au pesage.

�a me sera difficile.

Si vous changez d'id�e...

Elle ne changera pas d'id�e.

C'est � elle de me le dire.

Il suffit.

Si vous changez...

Je suis � votre disposition !

D'accord.

Les amis d'Egano

assurent qu'il est rentr� � Rome. Et elle aussi.

Elle aurait rompu avec Tullio. Tu as bien fait de venir.

Laisse-les jaser.

Ne tol�re pas qu'on te plaigne.

Refuse ton personnage d'�pouse bafou�e et abandonn�e.

Inverse les r�les.

J'esp�rais arriver � temps pour te dire de ne pas venir,

car elle sera l�.

Mais mon train a eu du retard.

Pendant mon duel,

elle quittait Florence, sans pr�avis.

Je dois la revoir, co�te que co�te.

Elle est menteuse, sournoise.

Au moment o� tu la sens tienne, elle se d�robe.

� tes c�t�s, elle pourchasse d'autres chim�res, d'autres d�sirs.

Je dois en finir, ne plus la revoir. Et toi, tu dois m'aider.

Que puis-je faire ?

Je ne sais pas.

Me rappeler mes r�solutions. Me convaincre.

Personne ne peut te convaincre.

Et moi moins que quiconque.

Ce n'est pas vrai. Vois-tu,

le plus dangereux pour moi,

c'est cet �tat d'exasp�ration, qui me torture,

mais, en m�me temps, me vivifie.

Je n'ai jamais connu cela.

C'est donner son �me en �change de la jeunesse

et se retrouver sans d�fense devant l'amour.

On dirait que je n'ai jamais exist�.

Tu as raison. Je suis injuste.

Pardon. Tu dois �tre patiente avec moi

comme avec un malade.

Qui se d�lecte de sa maladie.

C'�tait toi qui chantais ?

- Tu sors ? - Oui.

O� vas-tu ?

� l'h�tel des ventes.

Je n'arrive pas � enfoncer cette �pingle.

Un nouveau parfum. Qu'est-ce que c'est ?

Crab-apple. Un parfum anglais.

"La Flamme."

"� Giuliana Hermil, Turris Eburnea, cet indigne hommage.

"Filippo D'Arborio"

Comment �a ?

Ton fr�re l'a invit� un soir, ici.

- Tu as lu le livre ? - Oui, je l'ai vaguement feuillet�,

� mon Cercle.

Un �crivain m�diocre. Tu ne trouves pas ?

Redondant, emphatique.

Assez insupportable.

Comment peux-tu dire cela ?

Il a un style extraordinaire. Envo�tant comme une musique.

Tu ne pr�tends pas juger un artiste

que tu as "vaguement feuillet�" !

Comme tu t'enflammes.

C'est peut-�tre un grand �crivain,

mais c'est s�rement un malappris. Tu me l'accorderas.

Sa d�dicace est non seulement emphatique,

mais elle est d�plac�e,

car destin�e � une dame qu'il n'a vue qu'une fois.

J'ai eu l'occasion de le revoir, apr�s cette soir�e.

Tu prends la voiture ?

Non, je pr�f�re marcher.

� plus tard.

2 200, 2 400, 2 600, 2 800 !

2 800 ! 3 000 !

3 500 !

4 000 !

4 500 !

La salle se r�chauffe. Bonsoir, monsieur Hermil.

Monsieur Tullio ?

Il est sorti, madame.

Pr�venez � la cuisine que j'ai d�n�. Bonsoir.

J'ai pass� des nuits enti�res

sous tes fen�tres.

Je sais.

Une fois, je t'ai vu.

Et tu ne m'as pas appel� ?

Tu es cruelle.

Tu es de ces hommes

qui font souffrir.

�go�ste.

Orgueilleux.

Despotique.

Amant et ma�tre.

Le mal que j'ai eu � r�sister

� l'envie de t'appeler !

Mais j'y suis parvenue.

C'est toi qui es venu me relancer aujourd'hui.

Je ne suis pas venu te relancer.

Je me trouvais l�, par hasard.

Ce n'est pas vrai.

Je te le jure.

Voil� des jours et des jours que je ne sors pas.

Ma femme �tait all�e � cette vente et je...

Ta femme ?

Elle n'y �tait pas, je t'assure.

Je n'avais rien � faire et je suis arriv�e 30 min plus t�t.

Moi, qui arrive en retard partout.

J'ai vu entrer les gens un � un.

Ciel, je suis perdue !

Alors elle ne te dit pas la v�rit�. Elle te berne !

Elle a peut-�tre un amant.

Je plaisante.

Je n'ai vu que les personnes qui �taient d�j� l�.

Pas celles qui sont arriv�es ensuite.

Toi non plus, je ne t'avais pas vu.

Ma femme est l� ?

Elle est rentr�e. Puis elle est repartie.

Elle s'est fait conduire en voiture au train de 20 h 30.

Elle allait chez la m�re de Monsieur, � la Badiola.

Elle a laiss� un mot sur le bureau.

Monsieur Hermil, je suis � vous.

Vous �tes le seul romain ponctuel.

Je vous pr�sente

Filippo D'Arborio.

Tullio Hermil.

Pr�ts pour un assaut acad�mique ?

Messieurs, en garde !

� vous !

J'ai bien fait ?

Qui veux-tu � c�t� de toi � table ?

� ta droite, la princesse de Fondi. Qui veux-tu � ta gauche ?

� ton id�e.

Tu aimes ?

Moi, beaucoup.

Comme celui qui l'a �crit, d'ailleurs.

Je l'avais invit�, mais il est absent.

D'Arborio ?

Il viendra, d�s son retour.

J'organiserai une soir�e. J'aimerais te le pr�senter.

Je le connais.

Mais qu'est-ce que tu as ? Tu es de mauvaise humeur ?

J'ai ton approbation pour les places � table ?

N'oublie pas

que nous devons donner notre r�ponse aux Dampierre.

Qu'est-ce qu'on fait ? On va � Paris ou non ?

C'est toi qui es invit�e.

J'y vais si tu viens aussi.

Tu veux en faire, des choses ! D�ners, voyages...

Tu es redevenu c�libataire,

alors... j'en profite.

Moi, je suis l�.

L'ambassadeur, � ma droite.

Dampierre, � ma gauche.

Tu approuves ?

Mais oui, bien-s�r.

Dampierre est pr�s de moi,

comme �a je pourrai lui dire que nous allons � Paris.

D'accord.

Merci.

Tullio ! Tullio, mon petit !

Maman !

Vous �tes tous pareils. Vous arrivez sans crier gare.

Et Giuliana ?

Elle aussi, elle esp�rait te voir ici.

- O� est Mme Giuliana ? - Au jardin.

Allez la pr�venir que M. Tullio est arriv�.

� quoi s'occupe-t-elle ?

Heureusement, elle a ses amis.

Des amis ?

De Rome. En vill�giature ici.

Tr�s sympathiques, para�t-il.

�a lui fait passer le temps.

Tu sais, moi, je ne sors pas.

Je lui ai dit de les inviter ici.

Mais elle pr�f�re les voir � l'ext�rieur.

Elle va avoir une belle surprise en te voyant.

La voil�.

- Tu as bonne mine. - On ne t'attendait pas.

Je ne m'y attendais pas, moi non plus.

J'�tais � la gare, avec mon billet pour Paris.

Mais il y avait un train pour ici et j'ai chang� d'itin�raire.

Tullio a toujours �t� un peu fou, mais � ce point !

Attendez.

Pouvons-nous occuper une chambre en plus ?

Tullio lit tard, la nuit,

et moi, je me l�ve de bonne heure.

Alors nous pr�f�rons des chambres s�par�es.

Ce ne sont pas les chambres qui manquent.

Par l�, voulez-vous ?

Tu en prends ?

Tu as �t� revoir Villa Lilla ?

La Villa ? Je n'y suis pas all�e.

Comment �a ?

Je n'y suis pas all�e.

J'allais vous en parler.

Il y a un Anglais, un ex-diplomate,

qui voudrait l'acheter.

Il para�t

que ce serait une affaire, mais je ne tiens pas � vendre.

La louer, plut�t.

Quand je pense

� ce qu'on a d�pens� pour la remettre en �tat,

quand vous projetiez de vous y installer.

Je n'y ai jamais cru, du reste.

En la louant, nous rentrerions dans nos frais.

Ce serait d�j� �a.

Les maisons inhabit�es

souffrent, d�p�rissent.

Pensez-y. Je ne parle pas par int�r�t.

En fin de compte, c'est votre maison.

Elle a raison.

Nous devrions aller la voir.

Demain, si tu n'as rien d'autre � faire.

Bonjour, Callisto.

Donne � boire au cheval.

�a fait 15 jours que j'a�re pour votre arriv�e,

vous sachant � la Badiola.

C'est moi qui ai tard�.

J'attendais que la saison soit... au point.

Tu devrais �couter ta m�re :

louer.

Certes, ce serait raisonnable.

Un diplomate serait id�al.

Mais �a m'ennuie.

Pas toi ?

Tu as le m�me air effarouch� que la premi�re fois

o� nous sommes venus ici.

Et ce sont les m�mes fleurs,

le m�me parfum.

C'est la m�me saison.

Nous pourrions �tre deux inconnus,

qui se rencontrent ici pour la premi�re fois.

Il ne tient qu'� nous d'essayer.

Si nous �chouons,

nous retournerons � notre d�senchantement, � nos mis�res.

Non, c'est impossible. Ne me tourmente pas.

Pourquoi ?

Tu as �t� ma femme, ma s�ur. Tu n'as jamais �t�

ma ma�tresse.

C'est autre chose.

Tout autre chose.

Sans retenue,

sans pudeur,

sans rien se refuser.

L'amour, c'est aussi �a, surtout �a.

Et je ne te l'ai jamais appris.

C'est ma faute. J'ai eu tort.

Dis-moi que tu veux faire l'amour avec moi. Dis-le-moi

que tu veux, toi aussi.

Demande-le-moi, mon amour.

Demande-le-moi.

J'�tais inqui�te. J'allais envoyer quelqu'un.

Comment allez-vous ?

Je t'accompagne ?

Non, merci.

Elle ne se sentait pas bien. Je voulais rester dormir � Villalilla,

- mais elle n'a pas voulu. - Qu'a-t-elle eu ?

Oh, un l�ger malaise.

Elle aura pris froid.

Tu as raison, c'est un p�ch� de laisser Villalilla inhabit�e.

Mais pas de diplomate anglais ! Nous nous y installerons,

quelques mois de l'ann�e.

Tu n'en crois rien, mais tu verras.

C'�tait une splendeur ! Le parfum des lilas...

�a explique sans doute

les maux de t�te de Giuliana.

Elle va rester au lit

et nous ferons venir le docteur. �a fait une semaine que je le dis,

mais elle refuse.

Giuseppe n'a peut-�tre pas encore d�tel�.

Dis-lui de ramener le docteur. Ce soir m�me.

Doucement ! N'exag�rons rien !

Giuliana va mieux, il n'y a pas lieu de s'inqui�ter ainsi.

Elle m'a d�fendu de t'en parler, avant d'en �tre s�re.

Mais maintenant, il n'y a plus de doute. Alors, je t'en parle.

Ne serait-ce que pour t'emp�cher

de la voiturer sur cette route caboss�e.

Elle est enceinte.

Enceinte ?

Elle te l'a dit ?

J'ai compris toute seule. Des malaises,

elle en a d�j� eu plusieurs. Naus�es, vertiges, etc.

Alors je le lui ai demand� et elle m'a dit qu'elle l'esp�rait.

Mais elle voulait �tre tout � fait s�re.

Pour ne pas te donner de faux espoirs.

C'est pour �a que j'insiste pour le docteur. Quand je lui parle

des pr�cautions � prendre, elle ne m'�coute pas !

Elle doit �tre � son 3e mois. Ne me trahis pas, hein ?

Attends qu'elle t'en parle. Elle a tant insist�.

Je suis tellement contente.

Vous me l'avez assez fait miroiter,

ce moment !

Et plus d'imprudences.

Les premiers mois sont les plus dangereux.

Elle est si d�licate.

La ch�re enfant...

Bonne nuit. Je monte. Comme �a...

si elle se r�veille, je l'entendrai.

Et le docteur ?

Giuseppe ne l'aura pas trouv�.

Tu n'as besoin de rien ?

Non. Merci.

Ne t'en va pas.

J'ai peur quand je suis seule.

Qu'as-tu pris ? Quelque chose pour dormir ?

Tu as dormi ici ?

Que s'est-il pass� ?

Tu m'as demand� de ne pas te laisser seule.

Moi ? Quand �a ?

Tu ne te rappelles pas ?

J'ai pris un somnif�re.

J'ai peut-�tre forc� la dose.

Un somnif�re ? Le docteur le sait ?

Montre-le-moi un peu.

Je ne sais plus o� je l'ai mis.

Attends.

Je crois que je l'ai fini.

J'ai jet� le flacon.

Ma m�re m'a dit...

que tu �tais enceinte.

C'est vrai.

J'ai essay� de te le dire,

hier encore.

C'est pour �a que tu as quitt� Rome ?

Je ne savais pas encore.

Et il t'a suivie ?

Qui ?

Tout �tait d�j� fini.

Mais je ne savais pas que...

je l'�tais.

J'avais d�j� su surmonter ce moment d'�garement.

J'�tais tr�s seule. Tr�s triste.

Je ne cherche pas � me justifier, ni � t'accuser.

Je suis d�sesp�r�e.

D�sesp�r�e.

Mais je ne compte pas... Toi, oui.

Ce qui est valable pour moi, l'est pour toi.

Nous �tions deux amis.

Deux personnes libres.

Toi aussi, tu pouvais...

Je n'ai pas revendiqu� un droit. Je n'ai pas pr�tendu l'avoir.

J'avais jur� devant Dieu

d'�tre ta femme.

Pour toi, c'�tait diff�rent.

Mais moi...

Je veux savoir une chose,

la seule qui importe.

La fa�on dont nous avons v�cu ne m'int�resse plus.

Mais ces jours-ci, tout a chang�. J'ai chang�. Et hier,

� Villalilla... Non, laisse-moi parler.

Je t'ai retrouv�e.

Et j'ai cru que, pour toi aussi,

tout allait commencer.

Pendant un moment,

tout ce que j'avais souffert...

m'a paru se dissiper comme un cauchemar.

Nous �tions l�, toi et moi,

comme de nouveaux �poux.

Tu es sinc�re ?

Personne ne doit se douter.

Pourquoi ?

Tu veux me garder ?

Oui.

Vous �tes r�veill�s ?

Je te trouve enfin !

Je me suis inscrit au championnat.

J'ai besoin de tes le�ons. Notre honneur exige que je sois,

au moins, qualifi�.

Je te rejoins.

Touch� !

C'est toi qui devrais aller au championnat, plut�t !

On remet �a.

Touch� !

Doucement ! Vous allez vous faire mal !

Cessez !

Tu es fou ?

Nous sommes hors des limites. Je veux ma revanche.

- Non, je suis fatigu�. - �a suffit maintenant.

Le docteur est l�.

Tu devrais monter lui parler. Tout va bien.

Giuliana gardera le lit quelques jours.

C'est plus prudent. D'ailleurs, il t'expliquera.

Non, je suis en nage. Je dois me changer.

Qu'il parte. Excuse-moi aupr�s de lui.

Inutile que je fasse semblant. Maman s'est empress�e de tout me dire.

Je suis content.

Elle ne me harc�lera plus pour que je me marie.

La succession est assur�e ! F�licitations !

Je peux aller les faire � Giuliana ?

Pas maintenant.

Maman aurait mieux fait de se taire,

la grossesse pourrait �tre interrompue.

Pas selon le docteur.

Lors de sa premi�re grossesse d�j�,

au d�but de notre mariage,

le docteur �tait optimiste.

Et puis, �a a mal fini.

Si tu partais tout de suite, ma m�re en ferait une trag�die.

Tu resteras encore quelques jours.

Moi, j'irai � Rome, consulter le Professeur Magli.

Il me faut quelques pr�cisions. � quel mois en es-tu ?

Je viens de finir le deuxi�me.

� ce stade, il ne devrait pas y avoir de danger,

moyennant les pr�cautions d'usage.

Je ne comprends pas.

Tu ne vas pas mener � terme cette grossesse ?

Ta premi�re fausse couche

�tait due � des causes naturelles. Cela justifiera celle-ci.

Je parle au nom de ma m�re et de notre entourage.

Quant � Magli, je sais quoi lui dire.

Je ne peux pas.

Quoi ?

Je ne peux pas.

Pourquoi ?

Parce que tu as peur ou que tu ne veux pas ?

C'est un crime.

Un crime ?

Comment peux-tu penser que je...

Mais assigner tranquillement mon nom

et l'affectation de ma famille � un �tranger,

�a, ce n'est pas un crime ?

Pourquoi ne me r�ponds-tu pas ?

Je cherche � t'aider.

Je t'aime.

Et je n'ai aucune ranc�ur.

Je t'en suis reconnaissante, vraiment. Mais...

Mais quoi ?

� t'entendre, c'est une histoire

enterr�e, oubli�e.

Ce n'est donc pas vrai ?

Sinon comment pourrais-tu penser que toi et moi...

C'est impossible, en effet.

Je dois te quitter. C'est fini.

Non, Giuliana.

Le vrai crime, c'est toi qui veux le commettre.

Tu commences

par �tre prise de remords.

Et puis, tu t'absous, mais pour mieux te tourmenter

pour les cons�quences. Et tu t'infliges

un ch�timent pour toute la vie,

et pas seulement la tienne.

C'est un comportement absurde.

Je suis ath�e.

Et les probl�mes moraux,

je me les pose, avant tout ce qu'ils impliquent.

Je ne d�l�gue pas � des divinit�s le pouvoir de juger.

J'assume sciemment mes responsabilit�s.

Mes fautes,

si j'en ai,

ne se rach�tent pas par le repentir

ou les punitions.

Je suis libre.

La terre est ma patrie.

Mon histoire commence et finit ici.

Je n'ai pas � craindre l'enfer,

ni � esp�rer le ciel.

Nous ne pouvons compter que sur nous-m�mes.

Je ne te propose pas une solution de facilit�,

mais d'affronter

la v�rit� de l'existence.

Et de ne pas chercher refuge dans la foi,

dans un Dieu forg� par notre imagination

et qui r�partit r�compenses et ch�timents.

Si je pouvais penser comme toi...

avoir ton assurance.

Tu vivrais

librement ta vie.

Sans peur.

R�fl�chis.

� toi seule de d�cider.

Je vais � Rome pour tout organiser.

Tu m'y rejoindras.

Rends-moi un service.

Mets-moi en rapport avec ton ami D'Arborio.

Pas besoin que j'aille � Rome pour �a.

Envoie-lui un petit mot.

De ma part.

Il accourra, dans l'espoir de revoir Giuliana.

Il l'a rencontr�e chez moi et il a eu le coup de foudre.

Ce que j'ai pu le charrier !

Je ne d�sire pas l'inviter, mais...

le rencontrer incidemment.

Tu l'invites, et je passe chez toi, par hasard.

C'est une question un peu d�licate.

C'est un peu ma faute. On se disait

que par cette chaleur, M. et Mme ne rentreraient pas.

On avait le grand nettoyage � faire, les tapis � d�tacher...

Alors, j'ai pens�...

D�p�chez-vous de tout remettre en ordre.

Madame arrive la semaine prochaine.

Qui est � la maison ?

La cuisini�re, Virginia, Alfredo.

Monsieur a des ordres ?

Quoi donc ? Ah, oui.

J'ai besoin qu'on d�pose une lettre pour moi.

Je fais pr�venir le cocher.

Je peux y aller moi-m�me, au besoin.

Je vous rappellerai.

Alors ?

Je t'aurais rejointe, comme je te l'ai t�l�graphi�.

Je ne pensais pas que tu serais rentr�e.

Tu te contredis.

Tu l'as pens�,

puisque tu as d�p�ch� ton valet de chambre chez moi.

Je voulais de tes nouvelles avant de repartir.

Tu veux me faire croire

que tu me rejoignais � Paris ?

Tu vois, j'ai bien fait de venir ici.

Contrairement � ce qu'on pr�tend,

ce n'est pas en t�te-�-t�te qu'on dit des v�rit�s.

Trop de facteurs interviennent dans l'intimit�, si bien que...

le plus souvent, on finit par ne plus comprendre.

Que �a t'a pass�, mon c�ur.

Et vite.

Tr�s vite, m�me.

C'est d�sagr�able pour une femme

d'�tre abandonn�e.

Ou bien on s'empresse de la plaindre.

Et je n'aime pas �a.

Ou bien on remet son charme en question.

Et j'aime encore moins �a.

Tu m'envoies un message quand je suis d�j� dans le train :

"Probl�mes de famille..."

Allons donc !

M�me un employ� du cadastre r�pugnerait � de tels exp�dients.

J'ai cru � une catastrophe !

Je tenais tant � aller m'amuser � Paris.

Et, arriv�e l�-bas, je n'ai m�me pas d�fait les valises.

Je suis rentr�e. J'ai pens� que si tu avais des ennuis,

�a t'aurait r�confort� de me savoir pr�s de toi.

Mes amis riront bien...

quand je leur conterai l'histoire

de ma d�faite.

Alors ? On d�ne toujours ensemble ?

� ta guise. Sans fa�ons.

Je t'en prie...

Tu es la seule � qui, un jour, je pourrai tout raconter.

Il n'y aura pas d'autre jour pour nous.

Bonsoir. Excusez-moi.

Mon fr�re, Federico. La comtesse Raffo.

Je te cherchais.

Je suis totalement boulevers�.

Enfin, assez.

J'ai fait ce que tu voulais, mais je n'ai pas trouv� mon ami.

Je ne l'avais plus revu.

Il �tait parti en Afrique.

Y faire quoi, d'ailleurs ? Il est, � pr�sent, � l'h�pital,

pavillon des contagieux.

Ce serait tr�s grave. Une maladie attrap�e l�-bas.

Vous devez conna�tre, comtesse, mon ami, Filippo D'Arborio.

Oui. Je suis une de ses admiratrices.

Il est entre la vie et la mort.

Ils ne comprennent rien, ici, aux maladies tropicales.

Au danger s'ajoute leur incapacit�.

- Trop de tristes nouvelles, ce soir. - Je regrette pour celle-ci.

Vraiment.

Passe chez moi.

Je rentrerai tard, cette nuit.

Peu importe, je t'attends.

D'accord. Bonsoir.

Tu sais...

je souffre moins que je n'aurais cru.

Un jour peut-�tre, j'�couterai ce que tu as � me dire.

Que se passe-t-il ?

Rien.

Comment, "rien" ? J'ai trouv� la porte ouverte.

Tu m'attendais.

Oui, je voulais...

savoir o� est hospitalis� D'Arborio.

� la Polyclinique. Aux contagieux. Les visites sont interdites.

Que lui veux-tu ?

J'ai pens� que tu soup�onnais

quelque chose entre lui et Teresa Raffo.

Puisque toutes les dames de Rome en sont amoureuses

et que ta belle Teresa Raffo, sans te vexer,

est du genre � se passer un caprice.

Or, pas du tout.

Ils se connaissent � peine.

Elle ne savait m�me pas qu'il �tait malade.

Que signifient donc ces myst�res ?

Je ne peux rien te dire.

Cela concerne...

une personne amie.

Moi, je vais dormir. Il fait d�j� jour.

Peux-tu me dire quand...

- il est parti pour l'Afrique ? - Je me renseignerai.

Et que ta "personne amie" le laisse en paix.

Il est malade. Tr�s malade.

Il m�rite le respect.

C'est un grand �crivain. Et c'est un ange.

Devant lui,

j'�prouve un sentiment de honte. Ou presque.

Pourquoi ?

Si tu y penses, tu comprendras.

Nous sommes si intelligents, avons �tudi�.

Voyag�.

Nous savons si bien nous amuser. Nous sommes riches.

Que racontes-tu ?

Je ne le sais pas. Bonne nuit.

� quelle heure au Cercle, pour la revanche ?

Je ne sais pas...

ce que je ferai demain.

�a d�pend.

Madame a besoin de choses plus l�g�res.

Il fait chaud � la Badiola.

Elle ne vous a pas dit qu'elle rentrait � Rome ?

Non, Monsieur.

Excusez, j'allais oublier.

C'est de Madame.

J'ai aussi des commissions pour la m�re de Monsieur.

Je repartirai ce soir.

Si Monsieur veut me charger de...

Non, j'arriverai avant vous.

Je ne peux pas.

Je pr�f�re dispara�tre de ta vie.

Je ne commettrai pas un crime.

- J'en ai parl�... - � qui ?

� mon confesseur.

Et il t'a conseill� de t'en aller ?

J'ai d�cid� toute seule.

Ma famille m'aidera � donner un nom � l'enfant.

Pourquoi pas son p�re ?

Il ne sait rien et ne doit pas savoir.

Ce sont des mots !

Sais-tu ce qui arrivera si tu me quittes ?

Le scandale, peu m'importe.

Mais tu seras une femme seule,

avec un enfant que tu auras cru sauver en le privant d'un p�re.

Si ta d�cision t'�tait dict�e

uniquement par ta religion, ta morale...

Et si je te sentais seulement mienne...

je supporterais tout le reste.

Les enfants sont � ceux qui les �l�vent.

FILIPPO D'ARBORIO EST MORT

Mme a appel� ?

Non, Monsieur.

Je dois la r�veiller � 9 h avec le petit d�jeuner.

Un moment.

Vous pouvez y aller.

Je peux ?

Bonjour, Madame. Il est 9 h.

Je suis r�veill�e depuis un moment.

Bonjour. Quel temps fait-il ?

Beau, Madame.

Tu as vu ?

J'avais appris qu'il �tait au plus mal.

Je te l'avais dit, non ?

Curieux...

Je l'aurais jur�.

Une maladie contract�e en Afrique.

Tu ne me regardes pas ?

� qui penses-tu ?

Pourquoi te tourmentes-tu ?

Le docteur.

J'y vais.

Bonsoir. La sage-femme est d�j� l� ?

Venez.

Le docteur ! Il est arriv� ?

Vite !

Je tiens � vous dire une chose...

en pr�sence de ma m�re.

Lors de votre visite,

vous me disiez que l'on aurait peut-�tre un choix � faire.

Qu'il soit bien entendu, et j'en assume la responsabilit�,

que si cette circonstance devait se v�rifier,

il faut sauver la m�re.

J'esp�re que ce choix

nous sera �pargn�.

Mais je vous remercie de me d�charger

de toute responsabilit�. La religion catholique...

Je sais ! C'est un pr�cepte d�lictueux.

Il ne me concerne pas.

Allons-y.

Monsieur Tullio !

Le voil� ! Il a d�j� ouvert les yeux.

Sains et saufs, tous les deux.

Compliments. Un enfant superbe.

Rejoignez votre femme.

Mais ne laissez entrer personne d'autre.

Elle est tr�s affaiblie.

Ce n'est rien. Ne vous inqui�tez pas.

Voil�, elle a une curieuse r�action psychique.

Elle ne veut pas voir l'enfant. Elle pleure.

C'est le plus beau b�b� du monde ! Et quels yeux !

Ne pleure pas devant ton oncle.

Il est si sage !

Il mange et il dort. Et quelles mains !

Il sera grand. Comment le trouves-tu ?

Comme tous les nouveaux-n�s.

Les poulains, �a, je m'y connais. Si tu voyais celui de Zara.

Gris-argent. Une splendeur ! Mais les b�b�s...

Tu peux en parler, des b�b�s !

B�b�, tu �tais affreux, rouge, tout rid�.

Tu n'�tais pas comme lui. Il est superbe.

Dis-le-lui au lieu de faire de l'esprit :

"Tullio, ton fils est beau comme le soleil."

Je dois le lui dire ?

Nourrice, fermez les fen�tres.

Il ne fait pas beau, aujourd'hui.

Tu as peur que je dise que le poulain est plus beau ?

Bon. Alors...

Je n'ai jamais vu une pareille merveille !

Et je suis fier d'�tre son parrain.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu ris, toi.

Mais moi, je suis d�sesp�r�e.

D�sesp�r�e.

Mais pourquoi ?

Tu ne peux pas savoir...

Je n'en veux pas � Giuliana.

Le docteur l'a dit,

c'est une r�action � un �tat de tension.

Mais ton fr�re !

Il est si �trange.

Avant, il �tait pr�occup� pour elle, ce qui est normal.

Mais maintenant que tout s'est bien pass�,

il ne voit jamais le b�b�.

Comme s'il n'existait pas.

Il n'en parle pas.

Tout ce que j'ai r�ussi � savoir,

c'est que, si nous voulons le baptiser, c'est pour notre compte.

Pas de r�ception. Rien.

C'est tout ! Tu m'as fait peur.

Tu sais bien que Tullio n'est pas religieux !

On fera la r�ception une autre fois. Et �a te tracasse ?

Oui, beaucoup.

Et puis, tout le reste...

Toujours enferm�s, l�. Dans leur coin.

Hostiles.

Non. Ce sont de bien bonnes nouvelles !

On coupe � la corv�e de la r�ception.

Eux deux filent le parfait amour,

en oubliant qu'ils ont un fils.

Garde ta bonne humeur, tu verras.

Tullio ira � l'�glise, comme pour son mariage.

Et c'est d�cid� ? Il s'appellera Raimondo ?

Il veut pousser maman au d�sespoir.

Mieux valait ne pas venir

au lieu de faire le diable de b�nitier !

J'ai dit � maman et � la nourrice de venir boire du champagne.

Du champagne. Pas de l'eau b�nite !

Entrez.

Bravo ! Venez.

Non, partez.

Giuliana ne doit pas se fatiguer.

Allons, Federico.

Tu n'aimes pas qu'on soit pr�s de toi ?

Viens en bas.

Le docteur t'a dit de bouger un peu.

�a te ferait du bien. Viens, fais un effort.

- D�p�chons ! - Pour moi.

Nous nous verrons plus tard.

T�chons de pr�parer un beau No�l, pour maman.

Si tu as des id�es...

Ne compte pas sur moi, je m'en vais.

Comment ? Tu ne restes pas pour les f�tes ? Maman croyait...

Navr� de la d�cevoir, mais j'ai chang� d'id�e.

Je n'en peux plus.

L'atmosph�re, ici, est oppressante.

Je vous aime bien, mais j'ai aussi des probl�mes.

J'ai besoin de passer sereinement ma permission.

D'un peu de gaiet�.

Il a mang� ?

Je le croyais r�veill�.

Il est assez couvert ? Ses mains sont toutes froides.

- Si on lui mettait ses moufles ? - Non, soyez tranquille.

Il a bien chaud.

Non. Il ne se r�veillera pas.

Les enfants, �a leur fait plaisir de sentir

qu'ils ne sont pas seuls.

Allez donc dormir, nourrice. Bonne nuit.

Bonne nuit.

�a fait des nuits que je te vois le cajoler !

Hurle donc l'amour que tu lui portes !

Aie, au moins, ce courage !

Il m'avait sembl� l'entendre appeler.

Plus d'une fois.

Comme s'il �tait arriv� quelque chose.

Non ! Tu te l�ves aussi en cachette, dans le noir,

sans faire de bruit.

Et alors ? Toi aussi, tu y vas,

la nuit.

Je le sais.

C'est vrai. Mais ce n'est pas la m�me chose.

En le regardant, je cherche � d�couvrir ton secret.

Je cherche � me dominer, � oublier.

Je n'y parviens pas.

Je me maudis d'avoir accept� ce supplice.

Tu n'es plus la m�me. Tu es heureuse.

C'est pourquoi je ne me lasse pas de le regarder.

Tu te moques bien de ma souffrance.

Tu l'aimes.

Et, � travers lui, c'est son p�re que tu aimes.

Tu sais bien que c'est faux.

J'ai m�me d�sir� sa mort, quand il est n�.

C'est horrible. Mais c'est ainsi.

Sa pr�sence m'angoisse.

Je le d�teste

pour la souffrance qu'il te cause.

Pourquoi ne me crois-tu pas ?

Je le d�teste.

Tu penses cela ?

Parce qu'il s'est mis entre nous.

Et je voudrais que toi et moi...

Emm�ne-moi. Nous serons heureux, loin d'ici.

Nous partirons apr�s No�l, je te le promets.

Nous allons � la messe.

Votre manteau, Madame.

Non, laissez.

Tu ne mets pas mon cadeau ?

C'est trop luxueux.

Quelle b�tise ! Les paysans sont ravis

de voir leurs ma�tres bien habill�s.

La cloche a d�j� sonn� deux fois, Madame.

Bien.

Allez donc � la messe, si vous voulez.

Merci.

D'ailleurs, il s'est endormi.

Bonne nuit et joyeux No�l.

Bonne nuit.

- Faites servir tout de suite. - Tr�s bien, Madame.

Et encore un No�l...

de pass�.

Et nous nous en irons.

Tu me l'as promis.

Apr�s No�l. Quand partons-nous ?

Quand tu voudras.

M�me demain.

Madame ! Madame !

Le petit ne respire plus !

Je ne veux pas. N'y va pas.

Pourquoi ?

Reste avec moi. J'ai peur.

Si peur !

Viens.

Viens.

Monsieur Hermil !

Non ! Ce n'est pas vrai !

Ce n'est pas vrai !

Mort ?

Va-t'en ! Ne me touche pas.

Je ne suis pas ta complice.

Tais-toi, je t'en prie.

C'est toi !

Tais-toi ! Tu �tais au courant.

C'est ta faute. Ta faute ! Je te hais.

Non ! C'est lui, disais-tu, que tu ha�ssais.

Non. J'ai voulu le sauver.

De toutes mes forces. Le d�fendre contre toi.

Mais que dis-tu ?

Tout ce que j'ai fait avec toi,

c'�tait pour le sauver.

Et maintenant, je devrai vivre

avec cette tache sur mon �me.

Oh, mon Dieu, aidez-moi !

Que mon malheur retombe sur toi, Tullio !

Tu te mens � toi-m�me.

Tu as toujours d�sir� qu'il meure.

Pas un instant je n'ai voulu me d�barrasser de lui.

Je l'aimais, mon pauvre petit enfant,

mille fois reni� en paroles.

Sache-le bien.

Tout est fini,

vraiment fini.

J'ai aim� son p�re et je l'aimerai toujours.

Jusqu'� la fin de mes jours,

je n'aurai pour toi que haine

et m�pris.

�tonnant, chez les femmes.,

cette facult� de rev�tir la r�alit�

des oripeaux de la pire litt�rature.

Son aventure avec D'Arborio aura dur�...

"l'espace d'un matin".

Ni plus ni moins que pour tes nombreuses amies,

amourach�es de notre �crivailleur � la mode,

qu'une horrible maladie

a r�exp�di� au Cr�ateur.

Voil� tout.

Je regrette seulement, d'avoir contribu�

� �toffer

ce m�chant feuilleton.

Tu ne penses pas vraiment

avoir caus� la mort de cet innocent ?

C'est d�concertant, mais les nouveaux-n�s

ont une grande r�sistance. Ce n'est pas le froid

qui l'a tu�.

Donc, pas de remords.

Il est mort parce qu'il avait...

C'est sans importance. En ce qui me concerne,

seules les intentions comptent.

Et sur les miennes, aucun doute possible.

J'ai agi avec une parfaite lucidit�.

Je n'ai pas de remords et je ne cherche pas � me justifier.

La justice des hommes ne m'atteint pas.

Aucun tribunal ne saurait me juger.

Je t'ennuie ?

Excuse-moi.

Il est encore t�t.

Restons encore ensemble. Tu me ferais un immense plaisir.

J'aime bien ta maison.

Que de fois j'ai cherch� � l'imaginer !

Sans y parvenir.

C'est dr�le.

Elle te ressemble.

Vraiment.

- En ce qu'il y a de beau et... - Et de laid.

Qu'y a-t-il de laid ? Voyons...

Doucement. Ne sois pas si press�.

Je dois bien regarder.

Et r�fl�chir.

Tu m'offres � boire ?

Alors ? Tu as trouv� ?

Qu'y a-t-il de laid en moi ?

Je vais te le dire.

Laisse-moi boire.

Je ne devrais pas. J'ai d�j� assez bu au d�ner.

Mais tu m'as plong�e...

dans la m�lancolie.

Proc�dons par ordre.

Tu m'as demand� ce que je pensais

de ton histoire.

Je vais te le dire.

Je pense que tu es plus que jamais amoureux de ta femme.

Amoureux d'une fa�on path�tique.

Tu te trompes.

J'admets avoir eu avec elle, ces derniers mois,

une exp�rience enivrante, troublante.

Si l'on veut, morbide.

Seuls les "purs" sont capables de certains exc�s.

Pense aux cilices des asc�tes.

Tu es amoureux d'elle.

Et pour la premi�re fois, tu es vaincu.

Tu as des rivaux imbattables.

Deux morts !

Pauvre Tullio !

Sottises !

Le vaincu, dans cette lugubre histoire,

c'est ma femme.

Elle qui choisit de vivre

parmi les fant�mes des cimeti�res

et non, librement, sa vie.

Se refusant obstin�ment � croire

que nos probl�mes se r�solvent tous sur terre,

et non dans un hypoth�tique au-del�.

Moi, je suis ici avec moi-m�me,

sans illusions, sans regrets.

Le jour o� je n'aurai plus de go�t pour la vie,

plus de curiosit�,

j'en finirai.

On dit �a.

Puis vient le jour o� l'on cesse de vivre

et o� l'on commence seulement � exister.

Mais nous ne nous en rendons pas compte.

Si, par malheur, nous nous en rendons compte,

on se met � esp�rer en la vie �ternelle.

Ce n'est pas mon cas.

Qu'en sais-tu ?

Tu es toujours si s�r de toi.

Alors que nous ne savons rien de l'avenir.

Pas m�me toi.

Il n'y a pas un an,

tu passais les nuits sous mes fen�tres,

fou de d�sir et de jalousie.

Et moi, j'accumulais les b�tises

pour �touffer mon amour pour toi.

Pourquoi les hommes doivent-ils, d'une main,

nous soulever jusqu'aux �toiles,

et de l'autre, nous entra�ner vers le bas ?

Vous ne pouvez pas nous laisser marcher � c�t� de vous ?

C�te � c�te.

Femme et homme.

Ni plus ni moins.

Certes.

Et si je d�cidais de vivre avec toi.

Avec moi ?

Mais je ne t'aime plus, mon c�ur.

Tu es un monstre.

Pas � cause de ce que tu m'as racont�.

�a, ce n'est...

que la naturelle conclusion de tout.

Tu es l'homme le plus attirant que j'aie tenu dans mes bras.

Mais si un jour, je me persuadais

d'�tre l'arbitre de ma vie,

je ne voudrais pas m'en sentir indigne.

Laisse-moi.

Qu'est-ce qui arrivera si je m'endors ici ?

Tu as sommeil ?

J'ai un peu trop bu.

Ne t'endors pas, je t'en prie.

C'est impossible.

J'ai sommeil.

Ne dors pas.

Tu vas voir que je sais conclure.

Sous-titrage : T�l�tota

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