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J'ai de grandes difficultés à me rappeler
les premiers moments de mon existence.
Les événements de cette période me semblent confus
et indistincts.
Une étrange multitude de sensations m'agitait.
Je voyais, j'entendais, je sentais, je touchais,
ceci tout à la fois,
mais il me fallut un long moment
avant d'apprendre à distinguer mes différents sens.
Je me rappelle qu'une violente lumière m'agressa
et que je fus donc obligé de fermer les yeux.
L'obscurité s'abattit sur moi
et j'en fus troublé,
mais à peine avais-je ressenti ceci
qu'en ouvrant les yeux, je suppose,
la lumière m'engloba de nouveau.
C'est bon, attends.
Si beau...
Tu es un miracle.
Tu es si beau...
Tout va bien.
N'aie pas peur.
Je crois qu'il ne voit rien,
sauf si c'est proche, comme un nouveau-né.
- Il est vivant. - Il est conscient.
Il est conscient.
Ce sont des spasmes musculaires ?
Regarde comme il m'observe, Victor.
Regarde. Regarde comme il m'observe.
Il a besoin d'eau.
Je vais t'apporter un verre d'eau.
Ouvre...
Quel traumatisme !
Il est vivant !
Il est vivant !
Il est vivant !
Tout va bien.
Laisse-moi essayer.
Tiens, vas-y.
Attention, attention...
Crois-moi, il a les réflexes d'un nouveau-né.
Regardez ça.
Il est très fort.
Il est très fort !
- On ne va pas te faire de mal. - Allez...
C'est incroyable.
Il ne me laisse pas faire.
Voilà, comme ça.
Dans tes bras, comme une maman.
Comme une maman...
Allez, mon bébé, on y va.
C'est bien ! C'est bien !
Mon Dieu...
Oui, je connais le principe.
Ça n'explique pas comment vous avez fait.
Je ne sais pas, Dr Marcus.
Pour être honnête,
je suis bouleversé par l'immensité de la chose.
Victor, ne soyez pas modeste.
Je ne le suis pas !
Quelle a été l'avancée ?
Ça a dû être quelque chose d'incroyable.
C'est trop important pour ne pas en faire part à l'équipe.
J'ai vu que certaines applications étaient hors contrôle.
Je me disais...
Et alors ? Il guérira plus vite.
Non, la division cellulaire non contrôlée...
J'ai considéré votre analyse.
Il sera en meilleure forme, plus fort,
et bien plus résistant.
Administrez le sédatif !
Regarde-toi.
Allez...
Tout va bien.
Voilà.
Bien.
C'est bien.
Très bien.
Allez, on y va.
Ouvre la bouche.
Comme ça.
Prêt ?
Bien ! C'est ça !
Ça te plaît ?
Tiens, prends-le.
Maman...
Maman...
Coucou !
Bien !
Génial...
- Joli ! - Bien rattrapé !
Bordel !
Ça va ?
Ce n'est rien, tu ne m'as pas fait mal.
Ce n'est rien.
C'est bon, tu peux me lâcher.
Tu peux me lâcher.
Lâche-moi.
C'est bien, c'est bien.
Oui, je l'ai vu aussi.
On va devoir faire une biopsie.
Prêt ?
- On y va. - Oui.
On est là, on va faire vite.
C'est bon.
Voilà, fini !
N'en parlons pas maintenant.
Je suis désolée.
Ce n'était pas prévu.
Il t'entend.
- Il ne comprend pas. - Si.
Maman...
Regarde.
Papa...
Ce ne sont que des sons.
Des sons primitifs.
Les bébés font pareil et on leur attribue un sens.
- Arrête de te mentir. - Papa...
Ne te justifie pas.
C'est une entité consciente.
On ne peut pas l'euthanasier.
Si on accepte le fait qu'il soit conscient,
prolonger son agonie est inacceptable.
Je sais.
On ne peut pas faire ça.
Je ne peux pas, désolée.
Ce serait un meurtre.
Un meurtre ?
Meurtre...
Il n'est jamais né.
Il n'existe pas.
Regarde-le, Victor.
Meurtre...
Tu crois qu'il souffre, Victor ?
Je ne sais pas.
Est-ce que tu souffres ?
Tout va bien.
Tu vas retourner d'où tu viens.
Je ne trouve pas la veine.
La douleur va disparaître.
- Allez, Dr Marcus... - Attendez.
Voilà, je vais essayer ici.
Laissez...
Tu t'en sors bien.
Très bien.
Tout va bien, tout va bien.
C'est bon ?
Eh bien, je...
Allez, Dr Marcus !
C'est bon.
Tu es fort, tu es fort.
C'est un bon médicament.
Bon... Bon...
Bon...
Ferme les yeux et dors.
Allez-y.
Ferme les yeux.
C'est un bon médicament.
Voilà le premier.
Détends-toi et dors.
Et de un...
Endors-toi.
Très bien.
Et... allez-y.
Tu es prête ?
Allez-y.
1, 2, 3...
Mon Dieu...
J'envoie le reste.
D'accord.
Pitié !
Pitié, arrêtez ça !
Arrêtez ! Faites quelque chose !
J'essaie...
Voilà.
Il a reçu de quoi tuer dix éléphants.
Voilà.
Encore une.
- Vous avez vérifié son pouls ? - Oui, c'est bon.
Vous voyez ?
Victor a merdé.
Un peu, oui.
On voyait des problèmes de reproduction cellulaire,
ainsi que des soucis de circuits.
La prochaine fois, il écoutera.
Je voudrais que vous participiez plus, sérieusement.
J'aimerais être là.
On y va, allez.
Un instant.
C'est bon ?
Passez-moi un scalpel, il y a un truc génial.
Ces yeux, regardez ça.
Chaque œil a nécessité 6 mois d'impression.
Des milliards de microcouches.
Je veux les garder.
Passez-moi le scalpel.
Attendez, attendez.
Laissez-moi sectionner le crâne.
Vous aurez plus facilement accès aux yeux.
Bonne idée.
Lâche-le !
Va te faire !
Attends...
Non, c'est dangereux.
C'est pas grave.
Pose ça, pose ça...
Ne fais pas ça !
Je suis médecin ! Je peux t'aider, crois-moi !
À l'aide !
Toi...
tu es magnifique.
Tu as la force de 10 hommes.
Tu es l'avenir, mon enfant.
Tu es l'avenir...
Dr Marcus, vous êtes demandé au QG sécurité.
Maman...
Hé, toi, arrête !
C'est quoi, ce bordel ?
Hé, je t'ai dit de t'arrêter !
Arrête-toi ! À terre !
À terre !
Terre...
À... terre...
Nom de Dieu !
Là, je me reposai, me remettant de ma fatigue,
jusqu'à ce que je fusse tourmenté par la faim et la soif.
Ceci me sortit de mon état de torpeur.
J'étanchai ma soif au ruisseau, puis...
je m'étendis et je trouvai le sommeil.
Il faisait sombre à mon réveil.
J'avais froid et je me sentais à moitié effrayé,
comme si, instinctivement,
j'avais conscience de ma désolation.
Je n'étais qu'un pauvre être sans secours et misérable.
Je commençai à différencier mes sensations les unes des autres.
Graduellement, je vis le ruisseau où j'allais boire
et les arbres sous lesquels je m'abritais.
Je commençai aussi à observer
bien plus nettement les formes qui m'entouraient
et à percevoir les limites du rayonnant toit de lumière
qui me surplombait.
Un jour, alors que je souffrais du froid,
je dénichai un feu laissé là par quelqu'un.
Je fus enchanté par la découverte de cette chaleur.
Dans ma joie,
je plongeai la main dans les braises ardentes,
mais je la retirai vite en criant de douleur.
Comme il est curieux, me dis-je,
que la même cause produise ces effets opposés !
Tom, tu as vu ça ?
Reviens !
Le chien, viens là !
Couché, mon beau.
C'est votre chien, monsieur ?
Je peux le caresser ?
Comment il s'appelle ?
Vous êtes blessé ?
Allez voir le docteur.
Vous jouez aux bâtons avec moi ?
Venez.
Il est trop mignon.
Vous savez jouer ?
Lancez le bâton quand j'ai compté jusqu'à 3.
1, 2, 3 !
Vous avez vu ? J'ai gagné ! Encore !
Allez, lancez-le.
Prenez votre bâton et lancez-le.
Au secours !
Sautez à l'eau et sauvez-la !
Sortez de l'eau ! Tout de suite !
M. l'agent, on l'a vu la jeter à l'eau !
Il a voulu la noyer !
Monsieur, posez la petite fille.
Posez-la !
Restez où vous êtes ! Posez-la !
Je le répéterai pas.
Posez-la et mettez les mains en l'air !
C'est votre chien ?
Attendez, attendez !
Si c'est votre chien, maîtrisez-le.
Monsieur !
Maîtrisez votre chien !
Maîtrisez votre chien !
C'est bon.
On l'embarque.
Monsieur, tournez-vous et mettez les mains dans le dos.
Tout doucement, tout va bien.
Voilà, on reste calme, c'est parti.
C'est bien...
Arrête ! Lâche-le !
Arrêtez ! Vous lui faites mal !
Seigneur... Seigneur, pourquoi ?
Maman !
À l'aide !
Maman...
Maman...
Maman !
Putain de monstre !
Tu es un putain de monstre !
Qui êtes-vous ?
Je...
Tu as forcément un nom.
Nom...
Ton nom. Quel est ton nom ?
Nom...
Il a les capacités mentales d'un enfant d'un an.
Nom...
Quel est ton nom ?
Monstre.
Monstre ?
Papa et maman t'appellent "monstre" ?
Qui est ta maman ?
On a trouvé ça sur toi.
C'est ta maman ?
- Maman ! - Doucement !
Maman !
Maman !
Qu'est-ce qu'il a ?
Maman !
On comptait sur vous pour nous le dire.
Je ne suis pas médecin, mais chercheuse.
Vous ne l'avez jamais vu ?
Il aurait été difficile de l'oublier.
Sérieusement, ferme ta gueule !
C'est vraiment trop con.
Oui, Bob venait d'acheter une maison à Calabasas.
Sans déconner ?
Ça se passe comment avec le prêt dans ce cas ?
Il y a une assurance décès, non ?
Que dalle, mec !
Ils font genre qu'ils se soucient de nous,
mais ils s'en foutent.
Tu entends ?
Putain d'animal !
Ça fait mal ?
Espèce de merde !
Putain d'animal !
- Doucement, mec... - Ta gueule !
Le visage de Bob, c'était de la purée.
Il restait rien et sa femme a dû l'identifier.
C'est quoi, son problème ?
Putain de taré !
C'est un mongolien, un peu comme Elephant Man.
Il pige pas ce qui se passe.
Enfoiré !
Bon sang, détends-toi !
Ça va, ça va.
Respire à fond.
C'est bon, mec. Tout va bien se passer.
Je sais.
Qu'on en finisse...
Il est lourd, ce con.
Mets-le à genoux.
Pourquoi ?
Je veux qu'il voie ça.
Allez, debout.
Debout !
Je t'emmerde, saloperie de raclure !
Va te faire foutre !
Tu mérites de mourir !
Mourir...
Tu as dit quoi ?
Tu veux mourir ?
Mourir...
Tu veux mourir, bordel ?
Ferme ta gueule.
Viens là, allez !
Maman...
Maman ? C'est ce que tu dis ?
Maman...
Tu veux ta maman ?
C'est elle, ta maman ?
C'est ta maman que tu veux ?
Tiens, voilà ta maman. Voilà ta maman...
Crève, enculé !
Putain, ça craint...
Tout
Tout
Tout ira bien
Ce matin
Quand j'étais petit
À l'âge de 5 ans
Ma maman m'a dit
Que je serais le plus grand
La lettre M
Et le A, mon enfant
Et le N
Ça fait MAN, ça veut dire HOMME
Pas de B
Mon enfant
Je suis un homme
J'ai une âme
Nom de Dieu !
Qui est là ?
Qui est là ?
Quel est ton nom ?
Bienvenue, mon ami.
Je m'appelle Eddie.
Eddie...
Eddie Child.
Monstre...
Eh bien, enchanté, Monstre.
Tu viens en ami ?
C'est quoi, ça ?
Oh, je vois.
Ils t'ont mis un joli costume dans la ferme aux clowns !
À l'aide... Maman... Seigneur...
Non, pas de ça, d'accord ?
Tu sais, j'aurais mérité ce costume une ou deux fois dans ma vie !
Enfin libre !
Enfin libre...
Tu es nouveau en ville ?
Tu es nouveau en ville ?
Tu peux pas parler.
Je comprends, c'est ça.
Tu peux... pas parler.
Eh bien, moi, je peux pas voir.
Ça n'a pas d'importance.
J'ai l'impression que tu as besoin d'un ami.
Ami...
Ami.
Je suis ton ami, mon frère.
Je menai une vie misérable dans cet endroit étrange,
tentant de guérir la blessure que j'avais reçue.
La balle avait pénétré dans ma tête
et j'ignorais si elle y était restée ou si elle avait traversé,
mais je n'avais aucun moyen de l'extraire.
Monstre !
C'est rouge, ça ?
Rouge...
C'est à toi.
Essaie-le.
Voilà.
Attention, attention.
Enfile-le.
Tu feras pas fuir les clients !
Un manteau.
Manteau.
Chaussures.
Chaussures.
La musique, c'est bon, Monstre.
J'adore la vie
J'adore me lever
Et sentir ce que je vois pas
Je vois rien
Vous trouvez ça bien ?
Je sens un parfum, c'est sûrement le tien
Dis-moi quand une jolie fille ou un touriste passe.
Oh, mon téléphone sonne
C'est pas une blague
Attention aux voyous.
Les voyous.
Voyous...
Attends, je sens quelque chose.
Je fis rapidement des progrès dans le langage,
si bien qu'en peu de temps,
je compris la plupart des mots utilisés par mon protecteur.
Cherche, cherche. Je sens une benne à ordures.
Je sens une benne ! De la nourriture !
Je la sens, je la sens.
Parfois, les restaurants jettent les restes à la poubelle.
- Benne... - Benne ! Benne !
Tu trouves quelque chose ?
Quoi que ce soit ?
Cherche une boîte contenant de la nourriture.
Alors, tu as trouvé quoi ?
C'est quoi, ça ?
C'est quoi, bordel ? Non !
Non, ça, c'est pas bon !
C'est mauvais !
Carrément mauvais !
Il en reste une, ça va être bon.
Ça, c'est bon.
C'est bon.
Bon...
Tu es vraiment dingue !
Carrément mauvais !
Tu fumes ?
Fumes...
C'est un briquet, c'est du feu.
Attention, attention.
Feu...
Quand je voyais
J'étais
J'étais
J'étais affectueux
Puis, j'ai perdu mes yeux
Dors.
Dors.
Tu as un problème, enculé ?
Tu veux te battre, salope ?
Il les a défoncés !
Oh, mon ami... Mon ami...
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Quelqu'un les a fait voltiger, et c'était pas des enfants de chœur.
Allons-y.
L'étrange système de la société humaine
me fut expliqué.
Je vis la division de la propriété,
l'immense richesse et l'extrême pauvreté,
la lignée, la descendance et le sang noble.
Monstre !
Un homme était respecté avec un seul de ces avantages.
Garde un œil sur les dames.
Mais sans cela,
il était considéré comme un vagabond ou un esclave,
condamné à gâcher ses forces au profit de quelques élus.
Et moi, qu'étais-je ?
De ma création et mon créateur,
j'ignorais absolument tout.
Mais je savais que je ne possédais
ni fortune, ni amis, ni aucun bien.
J'avais une apparence hideuse, difforme et repoussante.
Salut, Eddie !
Salut, Wanda !
Étais-je donc...
un monstre ?
Une erreur sur terre ?
Hé, Monstre !
Dis-moi la vérité.
Wanda est-elle
aussi belle que sa voix, ou bien est-elle
moche comme un cul ?
Il te fait marcher, on est de vieux amis.
Oui, mais j'ai jamais posé la question à quelqu'un.
Monstre,
dis la vérité. Elle est belle ?
Belle.
Ton ami a bon goût !
Elle est plus belle que la fille qui traverse ?
Comment tu as su ça, Eddie ?
J'entends ses talons qui claquent, claquent, claquent !
Je suis plus belle, cette grognasse est moche !
Plus... belle.
Plus belle.
Je lui apprends à parler.
Il parle pas beaucoup, mais il apprend.
Vraiment ?
Comment tu t'appelles ?
Monstre.
Monstre ?
Pourquoi tu te caches sous cette capuche ?
J'ai vu plein de mecs flippants, tu peux pas être pire !
Allez !
Oh que si...
Il est pire.
Mon pauvre...
Tu es malade ?
Il est contagieux ?
Non, ça se transmet pas. Je traîne avec lui depuis longtemps.
Tu es né comme ça ?
Né ?
Oui. Quand tu étais bébé.
Bébé...
Tu sais... Gaga, maman...
Maman !
Tu sais d'où viennent les bébés ?
Il sait quoi que ce soit ?
Oui, oui.
Monstre...
tu as déjà vu ça ?
Ça, c'est "baiser".
On fait les bébés comme ça.
Mon passé n'était qu'un néant,
un vide aveugle dans lequel je ne distinguais rien.
Aussi loin que je me rappelle,
j'avais toujours été ainsi,
en taille comme en proportions.
Je crois qu'il a jamais connu de femme.
Je vais pas baiser avec lui par bonté de cœur.
Il est sympa...
Qu'est-ce cela signifiait ?
Qui étais-je ?
Qu'étais-je ?
T'as pas le fric.
D'où venais-je ?
Quelle était ma destination ?
C'est de la merde que tu as sur toi ?
De quand date ton dernier bain ?
Wanda, prends une chambre
et lave-le...
Une chambre ? Tu as l'argent pour ça ?
Tu sais quoi ?
J'ai 100 $, pour la chambre et tout le reste.
Voilà.
Tiens.
T'inquiète pas.
Wanda va tout t'apprendre.
En long, en large et en travers.
Viens.
Mène-le par la main jusqu'à l'eau.
Mène-le jusqu'à l'eau !
Quelle est la couleur de sa robe, Monstre ?
Rouge.
Monstre... amuse-toi bien.
C'est quoi ?
Belle...
Oui, elle l'est.
Moche...
Tu l'es, oui.
Quoi ?
Baiser.
Chéri, on va baiser.
Tu veux la baiser, elle ?
Eh bien...
elle est pas là, mais moi, si.
Elle écarte pas les jambes, mais moi, si.
Tu en dis quoi ?
Tu ressens de l'amour pour elle ?
Amour ?
Tu penses à elle tout le temps ?
Tu rêves d'elle ?
Rêves ?
Des images dans ta tête.
Comme ça.
Regarde.
Des images,
dans ta tête, quand tu dors.
Rêves.
Rêves...
Amour...
Tu es trop mignon, Monstre !
Tu veux que je la cherche sur Google ?
C'est elle ?
Tu la connais ?
Tu es mignon et tout,
mais tu dois vraiment te doucher avant qu'on fasse quoi que ce soit.
Allez !
Ça alors...
Eddie est pas au courant, hein ?
Il peut pas voir à quel point c'est grave.
Grave.
Désolée, mon chou...
mais je peux pas.
Tu es un clodo, mais pas un homme.
Tu es même pas humain.
Amour...
Je paierai la chambre et je rendrai l'argent, d'accord ?
Amour...
Ne m'approche pas !
Arrête ! Arrête !
Lâche-moi !
Lâche-moi !
Qu'est-ce qui se passe là-dedans ?
Ouvrez !
Wanda, ça va ?
Nom de Dieu !
Monstre !
Monstre !
Ouvre !
Monstre, ouvre cette porte !
Ouvre cette putain de porte !
Bon sang !
Wanda !
Que se passe-t-il ?
Wanda ?
Monstre, pourquoi tu as pas ouvert la porte ?
Je t'entends.
Je t'entends.
Wanda ?
Eddie ! Eddie !
Qu'est-ce que tu as fait ?
Pousse-toi !
Tu es taré ?
Tu étais pas censé lui faire ça !
Tu étais pas censé lui faire de mal !
Tu étais censé être gentil !
Tu es un homme ou un animal ?
Putain d'animal !
Eddie...
Amour...
Eddie, amour...
Amour...
Avant, j'espérais à tort rencontrer des êtres qui,
me pardonnant mon apparence,
m'aimeraient pour les qualités de mon cœur.
Je ne peux pas être la même créature
ayant eu ces visions de beauté et d'amour.
Itinéraire pour 26800, Mulholland Highway.
Tournez à droite sur...
Dans 100 mètres, tournez à gauche sur South Broadway.
Serrez à gauche
et prenez la CA 110 North.
Hé, les piétons sont interdits ici ! Arrêtez !
Arrêtez ! Ne bougez plus !
Serrez à gauche et prenez la CA 110 North.
Arrêtez ! Les piétons sont interdits ici !
Restez où vous êtes !
Monsieur, je vous ai dit de vous arrêter !
Arrêtez !
Nom de Dieu...
Putain de bordel de merde...
Connard ! Je t'emmerde, l'animal !
Va te faire foutre !
Tire ! T'as pas les couilles de tirer !
Tire !
L'ange déchu devient le démon malveillant.
Même l'ennemi de Dieu et des hommes
a trouvé des amis dans sa désolation.
Continuez sur votre route.
Moi, je suis seul.
Dans 15 km, serrez à droite
pour rejoindre l'US 101 North en direction de Ventura.
Je vengerai mes injustices.
Si je ne peux inspirer l'amour...
je causerai la peur.
Dans 30 km,
prenez la sortie 32 sur Las Virgenes Road.
Vous avez atteint votre destination.
Je ne sais pas ce qui cloche...
Installe-toi sur le lit.
Je t'aime.
Que s'est-il passé ?
Ne lui fais pas de mal.
Lâche-le !
Lâche-le !
Pourquoi ?
Tu as dit...
que tu me connais pas.
Moi moche ?
Arrête !
Laisse-la !
Tout va bien.
Tout va bien, Adam.
Je suis désolée.
Adam ?
Oui.
Tu t'appelles...
Adam.
Tu vois, c'est comme ça qu'on t'a créé.
- Et on te recréera. - Non !
Et cette fois...
tu seras beau.
Beau...
Vous...
m'avez fait...
moche.
Pourquoi ?
Je ne sais pas, c'était une erreur.
Les cellules ne se sont pas reproduites correctement.
Dieu sait pourquoi tu es une bête...
Il est...
pas moi.
Pas moi.
Il... est...
un autre.
Il est exactement comme toi.
Non.
Je... suis...
moi.
Et tu seras de nouveau toi.
Mon garçon...
je comprends ton malheur.
Je comprends ta douleur.
Et je peux t'en débarrasser.
Tu vas fermer les yeux et tu vas dormir.
Quand tu te réveilleras,
tout ira bien.
Il est...
mort.
Ce n'est que de la matière.
Mais nous pouvons lui insuffler la vie.
Tu vois, c'est ça, le secret dont Dieu est jaloux.
La formule de la vie.
Et moi...
le docteur Frankenstein...
je l'ai découverte.
Et je recommencerai.
Je... suis !
Je suis !
Je suis !
Je...
suis.
Vous...
vous m'avez créé.
Vous...
me détestez.
Je suis...
seul.
Je suis...
seul.
Je vais le décapiter et incinérer sa tête.
- Pousse-toi. - Non.
Ne sois pas ridicule !
Mon Dieu...
J'installerai mon bûcher funéraire
et je réduirai en cendres ce misérable corps.
Mes restes n'éveilleront jamais la curiosité d'un pauvre malheureux
qui voudrait créer un être comme moi.
Elle est morte, celle qui m'a appelé à la vie,
et quand je n'existerai plus,
notre souvenir à tous deux
s'évanouira rapidement.
Je ne regarderai plus ni le soleil ni les étoiles,
je ne sentirai plus le vent sur mes joues.
Je monterai sur mon bûcher triomphalement.
J'exulterai dans l'agonie de la torture des flammes.
L'éclat de cet embrasement s'estompera.
Mes cendres seront balayées jusqu'à la mer par les vents.
Mon esprit dormira en paix.
Ou, s'il peut penser,
il ne pensera sûrement plus à cela.
Adieu.
Je...
suis...
Adam !
Adaptation : Edouard SONET
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