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- J'y vais.
- OK.
- Est-ce que quelqu'un peut identifier Chevalier
à partir de ça ?
- Non, je crois pas.
- Faudrait être sûre.
Si son nom sort dans les journaux, notre opération est foutue.
- Franchement, y a rien de nouveau.
Elle soupire.
- C'est elle, la cible, maintenant ?
- Oui.
- C'est pas lui ?
- Plus maintenant.
Il siffle.
- C'est elle qui m'a appelé.
Son frère Yacim est réticent,
avec elle, on a une chance.
Il faut la tenter.
- Comment ça marche ?
- On sait pas encore.
J'attends de la rencontrer pour voir.
- Oui. Le but, c'est
d'attirer Chevalier dans une souricière.
- Oui. - Et donc ?
Le fromage, c'est elle ?
- Peut-être.
- OK.
Alors, deux choses.
Il faut qu'elle le fasse sortir des territoires de Daech.
Si c'est à Racca ou à Mossoul, on ne pourra rien faire.
L'idéal, c'est la frontière turque.
Avec une fille, ça peut marcher.
Il faut qu'il vienne pour la protéger.
Elle y va,
elle lui demande de la retrouver pour l'escorter.
Encore faut-il qu'il aime bien sa soeur.
Deuxièmement,
assurez-vous qu'elle ne joue pas double jeu.
Y a des filles qui ont une double vie.
De face, elles sont gentilles...
"Je suis infirmière, institutrice..."
Et derrière, elles préparent des bombes et cachent des armes
sur ordre de leur mari ou de leur frère.
Joli nom de code.
Donc, surveillance sur tout le monde autour d'elle.
Même le chien de sa voisine doit avoir un micro.
Musique intrigante
- Elle est dans le 137, ça va.
*- Ici Mémé. Elle descend où ?
- 4 chemins, normalement.
*- OK, j'y vais.
- C'est bien qu'ils puissent plus enlever les batteries.
- Elle pourrait l'enlever, ça changerait rien.
Le GPS a une batterie interne. - Et pour le micro ?
Comment tu ferais ?
- Je pomperais sur la batterie du GPS.
- OK.
- Le problème, c'est quand elle prend pas son téléphone.
Musique intrigante
*- Oui ?
*- Bonjour, c'est l'infirmière pour le vaccin.
*- 3e étage.
*- Ca en est où ?
- Chut, ça commence.
* Sonnette
*- Bonjour.
C'est le DT Polio, c'est ça ? *- Oui.
Je vais chercher le vaccin.
Grincement
- C'est quoi, ce bruit ?
- Dites-moi...
J'ai déjà peut-être fait le rappel, en fait.
Mais j'en suis pas sûre.
- Vous n'avez pas de carnet de santé ?
- Je l'ai perdu.
- Elle a déjà fait le vaccin.
Elle a la trouille de le faire une 2nde fois.
*- C'est pas grave, vous risquez rien.
- Ouf.
*- Faut que je vous dise.
Je déteste les piqûres. - Je vais faire doucement.
Voilà, c'est fait. - C'est vrai ?
J'ai rien senti. - Je vous donne de l'antalgique
si vous avez mal ou un peu de fièvre.
- J'ai mal, déjà.
Comme une courbature.
- Vous avez des antidouleurs, ici ? - Oui.
Dans la salle de bains.
- Vous voulez que j'y aille ? - C'est gentil.
Je fais tout au ralenti avec ça.
C'est au fond du couloir, dans l'armoire à pharmacie.
- Vous avez une carte vitale ?
- Oui, dans mon sac. J'y vais.
Musique palpitante
- Comment ont fait les autres ?
Comment ont fait Philby ? Ames ?
Penkovski ?
Ces agents doubles.
Est-ce qu'ils y pensaient toujours ?
Chaque jour quand ils arrivaient au travail,
qu'est-ce qu'ils pensaient d'eux-mêmes ?
De la honte ?
De l'excitation ?
De la tristesse ?
Donnez-moi un monde meilleur pour lequel je puisse me battre.
Donnez-moi une dictature pour que j'entre en résistance.
Donnez-moi une addiction pour que je l'assouvisse.
A quoi pensaient-ils quand ils s'installaient à leur bureau
et commençaient leur journée de destruction ?
- C'est ma grand-mère qui les fait.
Elle est bretonne.
- On est foutus, alors !
- Oui... - Merci.
Musique palpitante
- Caramel...
Elle est sortie.
Musique intrigante
- C'est une femme
musulmane pratiquante. Une femme la mettra plus en confiance.
Elle parlera de choses qu'elle ne dira pas à un homme.
- C'est pas crédible.
Tous les avocats des djihadistes sont des hommes. Pourquoi ?
Car les combattants sont des hommes.
- Voici les femmes qui ont une responsabilité dans ce domaine.
Elles s'occupent des mères, des épouses.
C'est évident que pour recruter Sabrina, il faut une femme.
- Cette femme va l'accompagner sur des territoires en guerre.
- Oui.
- Cette femme, ce serait vous ? - Oui.
- Céline.
Si vous n'êtes pas capable de mentir à un politique,
vous ne pourrez pas mentir à un terroriste.
Continuez à nous aider sur cette affaire.
Mais je ne vous enverrai pas sur une opération si dangereuse.
Le terrain, pour vous, ce sont vos sources syriennes.
C'est déjà pas mal.
- Je peux ?
- Bien sûr.
- Vous avez fait Sciences Po, vous savez mentir aux politiques.
C'est la voie royale pour mentir aux terroristes.
- Si vous voulez savoir mentir à n'importe qui,
que ce soit votre mère, votre chef,
un tortionnaire ou le président de la République,
il faut une chose, une seule.
Savoir se mentir à soi-même.
Comment vous avez su pour Sciences Po ?
- L'information circule. Elle est pas classifiée.
Sciences Po option Moyen Orient à Menton.
- Vous vous êtes renseignée sur moi ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- Je voulais connaître votre background.
- Pourquoi ?
- Par curiosité.
- Vous êtes allée jusqu'où ?
- Est-ce un crime ?
- Non.
Vous n'avez pas autre chose à foutre que vous renseigner sur moi ?
- Me renseigner ?
Se demander les études de quelqu'un, c'est pas ça.
- C'est quoi ?
- Ca vous intéresse pas de savoir ?
- Non.
- OK... Je vous ai dérangé, pardon.
- Vous êtes en mission, non ?
On vous a mis dans mes pattes pour l'enquête ?
- Pas du tout. - Neutre.
Neutre.
Je dois pas savoir si ça va ou pas.
Asseyez-vous.
Regardez-moi sans bouger.
Posez-moi un masque qui ne dit rien.
Rien du tout, ni chaud ni froid.
Souriez légèrement.
C'est trop.
Je ne dois pas être sûr que vous souriez.
Trouvez une réponse aussi neutre que votre visage.
On vous a demandé de m'interroger ?
- Et si c'était le cas ?
- Vous me le diriez ?
- Non.
- Très bien.
- Merci.
- Nadia El Mansour, ça vous parle ?
- C'est une universitaire.
Elle a disparu il y a 6 mois.
On pense qu'elle est au Liban ou en Syrie.
- Je pense qu'elle est en Syrie, en prison.
J'aimerais en savoir plus.
- Vous me donnez une raison ? - Non.
- Je peux me renseigner.
- Merci.
Vous avez fait hypokhâgne, khâgne.
Vous avez raté 2 fois Normal Sup,
vous avez terminé à l'INALCO.
Musique palpitante
Merci, Ahmad.
Prends les dossiers.
Bonjour, Zyad.
Comment ça va, Basem?
La salle est prête?
Non, on vous attendait.
Parfait.
On y va.
Monsieur le juge Munjid Badran.
Musique inquiétante
Quand avez-vous appris que Paul Lefebvre travaillait pour la DGSE?
Tard, très tard.
A Paris.
Juste avant d'être rapatriée ici.
Tout ce temps, vous étiez sa maîtresse
et vous ne saviez pas?
La fumée vous gêne?
Je vois bien que ça vous gêne.
Ça ne me fera pas de mal de ne pas la terminer.
Depuis quand était-il votre amant?
Depuis que nous nous sommes revus à Paris.
Pas avant, à Damas?
Non.
- OK.
Musique intrigante
Vous savez ce que dirait ma femme, en voyant ça?
'Ça pue l'amour.'
Il va falloir être honnête avec moi, madame El Mansour.
Excusez-moi.
On reprend depuis le début.
Musique intrigante
- Regarde.
- Non, t'es sûre ?
- Ben quoi ?
Ils se croient au zoo, mais c'est eux les animaux.
- Arrête, ils nous ont vues.
- Et alors ? Moi aussi, je les ai vus.
T'as peur des Pasdaran ? - J'ai pas l'habitude.
- Il vient pas.
Il est chiant, c'est toujours ça.
Il me dit de venir et ça dure des plombes.
- Il est en réunion, c'est ça ?
- Avec son père.
- Il travaille avec lui ?
- Viens, on va se baigner. J'ai chaud.
- Elle était bonne ? - Très.
Merci.
- Tu t'intéresses à moi.
- Quoi ?
- Je t'intéresse.
Tu ne comprends pas ce que je dis ? - Si.
- Est-ce que je t'intéresse ?
- Je suis pas sûre de comprendre, ça peut vouloir dire plusieurs choses.
- Arrête ton blabla.
Daria vient de me dire
que tu as posé des questions sur ce que je fais.
- Il fallait pas ?
- Pourquoi tu veux savoir ?
- Je sais pas.
En France, on se dit ce qu'on fait dans la vie.
C'est souvent la 1re chose qu'on se dit.
- Je ne veux pas te dire ce que je fais pour mon père.
- D'accord, pas de souci.
- Je vais te montrer.
Tu as quelque chose de prévu demain à 15 h ?
- Je peux me libérer.
- Rejoins-moi là.
Tu vas comprendre ce que je fais.
Et arrête d'avoir peur de moi, c'est fatigant.
Musique palpitante
Alors?
Rien de spécial.
Elle est trop maigre.
J'aime bien, moi.
Excusez-moi,
je cherche cette salle.
C'est la cour des experts,
par ici.
Ça a commencé, dépêchez-vous.
Bonjour.
Excusez-moi, je suis un peu en retard.
Musique rap
Cette musique que nous avons entendue
est une insulte à la musique traditionnelle et aux valeurs de l'islam.
M. Zamani, en tant que producteur et distributeur de cette musique,
doit être sévèrement condamné afin que cela serve de leçon aux autres.
Elle chuchote.
Vous êtes la génération héroïque de la Révolution islamique.
A ma génération incombe la responsabilité
de recevoir et de transmettre votre glorieux héritage.
Notre objectif est le même.
Protéger notre identité
contre les attaques de l'Occident et des forces contre-révolutionnaires.
Dans ce juste combat,
laisserons-nous à l'ennemi le privilège de la modernité?
Ma réponse est non.
'La route pour reformer un pays
'passe par la culture.'
Vous ne nous convaincrez pas avec des formules creuses.
Ces paroles ne sont pas les miennes,
mais celles de l'ayatollah Khomeiny,
fondateur de la République islamique d'Iran.
Ils n'ont pas osé me condamner.
Regarde-moi.
Je te fais peur?
J'ai une barbe?
Un turban?
Des yeux effrayants?
Non.
Le rap iranien, je m'en fous.
Mais le vendre aux mollahs, c'est vraiment un kif.
La vidéo va circuler sur Internet et donner des idées.
Le prochain défi: leur vendre un défilé en bikini.
Voilà comment j'aide mon père.
Je prépare l'Iran à ce dont il a besoin pour l'avenir.
Dis donc, Shapur,
pourquoi amener une jolie étrangère
plutôt que ma nièce?
Que dois-je en conclure?
Daria est au courant
et Marina parle très bien farsi.
Je me débrouille.
Je plaisantais, mademoiselle.
Vous avez apprécié son plaidoyer?
Il était brillant.
Brillant et provocateur.
On dirait que Shapur a fait sien un de nos proverbes persans.
'Mieux vaut une mauvaise réputation que de demeurer dans l'obscurité.'
Mais n'oublie pas
que dans la lumière, on devient plus facilement une cible.
Que Dieu vous garde.
- Ca va, votre jambe ?
- C'est rien, merci. J'ai l'habitude.
- Ca tétanise, il faut prendre du magnésium.
- Comment vous savez ça ? - Je suis infirmière.
Vous attendez pour...
- Je viens voir Mathieu. - Mathieu ?
- Coujard.
- D'accord. - L'avocat.
Vous venez le voir aussi ? - Oui.
- Vous revenez, vous aussi ?
- D'où ?
- Pardon.
J'ai cru que c'était comme moi.
- Non, je viens pour mon frère.
- Y a pas mieux que lui, en tout cas.
Je lui donnerais ma jambe.
- Sabrina ?
Désolé pour le retard. - Au revoir.
- Je te vois juste après, ça va ?
Je sais pas si Rachid t'a expliqué ce que je fais.
Il a dit à Yacim que vous pouviez aider mon frère.
- Ton frère ? - Toufik.
- C'est ça. Parle-moi de lui.
- C'est mon grand frère.
Il est parti il y a 2 ans, mais on avait des nouvelles, parfois.
Il est d'abord allé au Yémen, puis...
En Palestine, maintenant, la Syrie. - OK.
Tu sais où ? - Non.
- Tu sais avec qui ? - L'Etat islamique.
- Assieds-toi.
Toi, qu'est-ce que tu voudrais ?
- Moi, je voudrais qu'il rentre.
- Pourquoi ?
- Pourquoi ?
Parce que j'ai peur qu'il lui arrive quelque chose.
Il est parti sans savoir où il allait. J'en suis sûre.
Maintenant, il a peur d'être arrêté pour terrorisme.
Mon frère, c'est pas un terroriste.
- Nourredine non plus.
- Celui qui est dans la salle d'attente ?
- Il a pas fait de prison. On peut l'éviter.
Il faut un bon avocat.
Mais... Il t'a dit qu'il voulait rentrer ?
- Non, on se parle pas.
- Il appelle pas ?
- Plus depuis des mois.
Ma mère, ça la rend folle. Elle prend des médicaments.
- Pourquoi tu penses qu'il veut rentrer ?
- Je sais pas s'il veut.
Mais s'il veut rentrer, je veux l'aider.
- Oui...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- S'il veut rentrer, il le dira jamais par téléphone.
Personne dit rien par téléphone.
Il faut aller le voir.
Vous êtes proches ? - Ouais.
- Proches comment ?
- Ben... Je suis sa petite soeur.
Il s'est occupé de moi, plus que ma mère.
C'est lui qui m'a dit de faire infirmière.
- Il t'a dit qu'il allait partir ? - Non.
Non, ça, c'est interdit par les recruteurs.
Il est parti un matin très tôt.
Genre, vers 4 h.
Et euh... Cette nuit-là, il...
Il voulait dormir avec moi.
Et quand je me suis réveillée, je me suis rendu compte...
Que son oreiller était trempé.
Moi, j'avais dormi, mais...
Mais lui, il avait pleuré toute la nuit.
Alors j'ai compris qu'il était pas sûr.
- Il t'a laissé quelque chose ?
- Ouais, ça.
- Les gens comme ton frère, les islamistes ont pris leur âme.
C'est comme une secte.
Il faut lui rappeler sa vie d'avant.
Les gens, les objets d'avant.
Il faut y aller, le voir.
- Mais ça coûte de l'argent d'aller là-bas.
- Ca peut être pris en charge par l'association.
- OK...
Vous prenez combien ? - Ce que vous pouvez mettre.
J'ai d'autres dossiers pour l'argent.
Tu réfléchis et tu m'appelles si tu veux.
- OK. - OK.
- Bonsoir. - Au revoir.
*- Fermeture des portes.
- Je peux vous embêter ? - Pendant 5 étages.
- Je commence par une liste réduite des suspects.
- Réduite comment ?
- J'ai cherché les liens avec les USA,
tous types, s'ils ont vécu là-bas, s'ils y ont étudié,
s'ils aiment les films américains, les burgers...
N'importe quoi.
La 1re personne sur la liste,
c'est le docteur Balmès.
- Elle ne travaille plus ici.
- Oui, elle est partie juste après l'affaire Cyclone.
Son mari est mort le 11 septembre 2001, dans un avion.
- D'accord, et donc ?
- Je vais essayer de la faire sortir du bois.
- Attention, Henri.
Soyez discret.
- Je sais.
- On peut aimer les burgers sans être emmerdés pour ça.
On vous gaule, vous sautez. - Je sais.
- A vendredi. - Au revoir.
- Bonjour, docteur. - Bonjour.
Je vous en prie.
Asseyez-vous.
Ca me fait plaisir de vous voir.
- Moi aussi, vous allez bien ?
- Très bien, très bien.
Je suis un peu troublée, je ne pensais pas qu'on se verrait ici.
Je pense que ce n'est pas une bonne idée.
- Pour Malotru, c'était une bonne idée.
- Vous l'appelez encore Malotru ?
Quand il me l'a demandé, je me suis demandé si c'était bien.
D'ailleurs, je vous l'ai demandé aussi.
- Je me souviens, oui.
- Je continue de croire que c'est une bonne idée.
Il me parle de son passé plus librement.
- Du présent, aussi ?
- J'écarte l'hypothèse que vous soyez venu consulter,
vous êtes ici pour quoi ?
- Vous allez refuser, mais je dois vous poser des questions sur lui.
Des choses que vous savez peut-être.
Rien d'intime, rassurez-vous.
Des faits, uniquement des faits.
- Pourquoi je ferais un truc contraire à la déontologie ?
- Vous continuez de servir votre pays.
- Je travaille plus pour la DGSE.
- Vous avez donné votre démission, je sais.
Pourquoi, exactement ?
- Trop ambiguités dans mes ordres de mission.
Vous le savez parfaitement.
- Il n'y avait aucune ambiguité.
- Je traitais déjà Debailly au lieu de m'occuper des clandestins.
Vos demandes sont toujours tordues.
- J'imagine que je dois prendre ça comme un compliment.
Bip
Musique inquiétante
Un petit tour dehors?
Ça fait du bien?
Oui.
Parlons un peu en marchant.
Quand vous avez fréquenté cet agent français à Paris,
que lui avez-vous dit des négociations auxquelles vous participiez?
Rien.
Vous me prenez pour un idiot.
Je n'ai trahi aucun secret.
C'est moi qu'ils espionnaient.
J'ai été victime d'une machination.
Bien sûr,
vous n'êtes responsable de rien.
Ce n'était pas vous.
Je veux bien le croire. Une machination.
A ce titre, vous avez répondu à des questions anodines, sournoises.
Bref, vous avez été piégée.
Peut-être,
mais je n'ai rien trahi.
Je n'ai rien dit.
Même pas dans le feu de l'action?
C'est-à dire? - Ou après?
Je ne comprends pas.
Des 'confidences sur l'oreiller'.
Nadia...
regardez-moi dans les yeux
et dites-moi que vous vous souvenez de tout ce que vous avez dit à Paul Lefebvre
quand vous étiez encore tremblante dans ses bras.
Rentrons.
Musique intrigante
Obstruez les fenêtres.
Qu'il fasse noir. Enlevez l'ampoule.
Et ne l'emmenez pas aux toilettes pendant 48h.
A vos ordres, monsieur.
- Bonjour. - Bonjour.
- Ca va ?
- Entre. - Merci beaucoup.
Attention...
- T'es la seule qui pique sans me faire mal.
- Merci. C'est bon.
- Je vais aller me rallonger.
- Ouais.
- Merci.
- Je peux aller aux toilettes ? - Bien sûr.
Musique intrigante
Vibreur - Allô ?
*- T'es encore en retard.
J'ai déjà essayé 2 fois. Ca va ? - Oui.
Et toi ?
*- Moi, ça va.
- Les bombardements, t'es pas... *- Non.
T'inquiète, c'est pas où je suis.
On reste calmes, ici. C'est un pays normal.
Faut pas écouter ce qu'on dit.
*- Ils disent que beaucoup de combattants étrangers sont morts.
*- A la télé, ils exagèrent.
La presse est aux ordres.
*- Ca a l'air dangereux. Faut revenir.
Ta place est ici avec nous.
*- Ma place est avec mes frères.
Ils ont besoin de moi. *- Moi et maman, on a besoin de toi.
*- Dis-lui que je suis bien ici.
Ici, je suis moi-même.
*- Comment tu peux être bien ? On est malheureux à cause de toi.
*- Je suis parti pour vous.
Je vous prépare une place, un royaume.
J'intercède pour vous auprès d'Allah.
*- Il faut que je te dise un truc.
Maman est malade.
*- La dépression, toujours ?
- Non, pire.
Le cancer, peut-être.
- Elle invente. Non...
Elle va très bien. Enfin...
A part la dépression.
*- Depuis combien de temps ?
*- Ca fait 2 semaines qu'elle fait des analyses.
*- Je dis des dou'as pour elle.
Qu'Allah la protège.
Lui seul peut la guérir.
Toi, faut que tu sois forte, ma soeur.
T'es la plus forte. Je te rappellerai.
- C'est pas une crypto-djihadiste, c'est déjà ça.
- Elle veut qu'il revienne.
- Elle est mûre.
- Comment vous savez ?
- Elle n'a pas parlé de vous.
Musique douce
- Voilà.
On l'utilisait beaucoup, j'avais 6 ans, lui 10.
Il est mort, depuis, mais... On l'a élevé ensemble.
C'est une pièce qu'il a eue aux échecs, il était fier.
- C'est bien, c'est exactement ça.
Des objets qui parlent de votre relation.
- Par contre, j'ai honte...
Je vous ai menti.
- Ah bon ?
- J'ai des nouvelles.
On s'appelle, avec mon frère.
- C'est vrai ? - Oui.
On a un système compliqué, au cas où.
Pour pas que j'aie des problèmes.
- D'accord.
C'est bien de me le dire.
- Vous aviez raison, ça marchera pas au téléphone.
Je veux voir ses yeux.
Ses yeux me mentiront pas à moi.
- Si jamais t'y vas, t'as beaucoup de chances de le ramener.
Je t'aiderai.
- Marina ?
Regardez.
Qu'est-ce que vous voyez là ?
- Rien. - Dans 10 ans,
c'est peut-être ici que sera la capitale du pays.
Avec des immeubles conçus pour résister aux séismes.
J'ai besoin d'un bilan sismique
détaillé. Vous partez la semaine prochaine sur place.
Je vous ai signé un ordre de mission.
Faudra toujours l'avoir sur vous.
Vous êtes en Iran, ne l'oubliez pas. On peut tomber
sur des policiers tatillons.
On réglera les détails pratiques plus tard.
- OK, merci.
- Ah oui ! Ce sont les Zamani qui commandent l'étude.
Et Shapur va être du voyage.
Il m'a suggéré votre nom, en fait.
- C'est gentil de sa part. - Gentil...
C'est pas gentil, c'est intéressé.
- Alors ?
- Je lui ai dit que je voulais savoir des choses sur Debailly.
Ca n'a pas mordu, elle n'a posé aucune question.
Elle place la déontologie avant la curiosité.
Soit ce n'est pas elle,
soit elle est très forte.
- J'ai avancé.
Sur Nadia El Mansour.
Vous le connaissez ?
- Non.
- C'est le juge Munjid Badran,
qui s'occupe de Nadia El Mansour. - Et ?
- C'est un des pires de Bachar el Assad.
Quand il y a eu la purge, il a été nommé pour faire des exemples.
Depuis, quand il s'occupe de quelqu'un, c'est un signal.
Que ça va mal se terminer.
- Merci. Très bien.
- Ouais, vous êtes très fort. - Pour ?
- Cacher vos émotions.
Vous saviez que je consulterais le dossier de recrutement.
Vous pensiez que je devinerais pas que c'était vous, malgré le feutre ?
- Il faut apprendre à encaisser les coups.
Ils viennent de l'intérieur.
Vos émotions sont votre pire ennemi.
Musique mélancolique
Cachez-les, enfouissez-les.
Ce sont elles qui vous trahiront.
Vous feront tomber.
Ne montrez jamais à quel point vous êtes effrayé.
Quand vous apprenez une pareille nouvelle,
une nouvelle qui vous laisse sans force,
et quand vous savez
que ce qui pourrait vous donner de l'espoir
est juste en train de s'effondrer.
- Je peux vous parler ? - Oui.
- Le Bureau Iran a reçu ce télégramme du poste à Téhéran.
Un de leurs informateurs les a avertis que la photo d'une française
était punaisée dans un bureau des Pasdaran.
Une certaine Marina Loiseau.
- Et ?
- Et sur les photos, elle est avec Shapur Zamani, qui visiblement,
est dans leur collimateur.
Une opération imminente serait envisagée contre Shapur et sa bande.
Je pensais que ça vous intéresserait.
- Merci.
Clément ?
Ce que vous venez de comprendre,
l'identité de Phénomène,
ne sort pas de cette pièce.
Musique mélancolique
Duflot à l'appareil. J'ai un message pour Téhéran. Procédure urgente.
Le code est 65 tiret,
14 tiret, 8, Golf Tango.
C'est ça. J'attends votre confirmation.
Musique intrigante
- Vérifiez que les étudiants font de la cartographie
complète des formations. - OK.
- N'hésitez pas à m'appeler en cas de difficultés.
- OK, merci.
Elle a de beaux yeux, ta Française.
Tu te la fais?
Ça va pas, non?
C'est pas mon genre.
OK.
Elle est sismologue.
Et très honnête.
Oui, allô?
Non, elle n'est pas là. Je peux prendre un message?
Malheureusement, elle vient de partir en mission
pour une semaine.
Sa grand-mère?
Oh mon Dieu.
Je peux venir avec vous? L'autre van est plein.
On va organiser une rave dans le désert, c'est ça?
Pourquoi pas?
Avec mon côté foufou,
on ne sait jamais quand je suis sérieux ou pas.
Si je prépare une rave, un concert de rap
ou une étude pour Westinghouse ou Toshiba.
Cette étude est commandée par une firme étrangère?
Non, elle est commandée par mon père
à la demande d'une firme étrangère.
Ce que mon père ne peut pas faire au grand jour, je le fais dans l'ombre.
Quoi de mieux qu'une bonne grosse fête!
Putain!
Qu'est-ce que tu fous, enfoiré?
Qu'est-ce que t'as?
Viens voir, enfoiré!
Vous faites quoi? Qu'est-ce qui se passe?
Qu'est-ce que vous faites?
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