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...
-Accaparée par les ondes, information continue.
Aucune accalmie, pas une seule seconde.
-MON COEUR, MON COEUR.
-Et ton battement s'accélère, je vais finir par te perdre.
Cracher tes poumons, fais tomber la fièvre.
-(Ca va ?)
-MON COEUR, MON COEUR.
*-Dépêche, t'es à la bourre.
-Pas une fois, elle t'a quitté, cette foutue envie de te battre.
Fais sauter le moniteur et les électrocardiogrammes.
*-MON COEUR, MON COEUR.
-Un, deux, trois, je te crois quand tu portes à bout de bras ta force
et ta foi, alors que tout autour de toi
s'écroule et se crashe ce pour quoi l'on vivait.
...
-Merde, qu'est-ce qui se passe ?!
...
Putain !
*-Prends l'autre malle.
-MON COEUR, MON COEUR. -Un, deux, trois, je te crois
quand tu portes à bout de bras ta force et ta foi,
alors que tout autour de toi s'écroule et se crashe
ce pour quoi l'on vivait.
*-Il faut l'envoyer !
*Dépêche-toi !
-...alors que tout autour de toi s'écroule...
-(Allez !)
-Ces jeunes déjà fatigués par les coups qui te détraquent.
Pas une fois, elle t'a quitté,
cette foutue envie de te battre. Fais sauter le moniteur.
Mon coeur... Un, deux, trois,
je te crois quand tu portes à bout de bras ta force et ta foi,
alors que tout autour de toi
s'écroule... *-Bien joué !
-...ce pour quoi l'on vivait.
Mon coeur...
...
Cris d'effroi.
...
-Je suis désolé. Ca durera pas plus de deux-trois jours.
-Tu es toujours le bienvenu.
-Merci.
J'ai mal... au dos.
-Ca va ? -Ouais.
-T'as amené ta maison.
-J'étais obligé. C'est pas une petite fuite,
c'est une inondation. -Fais voir.
-Regarde les photos. Tu vois l'humidité ?
Et alors, ça...
Mon arthrite va revenir avec mon problème de genou. Et en plus,
j'ai peur des mycoses aux pieds. -Tu n'en fais pas trop, là ?
...
-C'EST LE MONDE NOUVEAU, OH OH OH OH.
ROYAL PALACE, C'EST UN PEU LAS VEGAS EN PLEINE ALSACE.
-Boss, vous avez vu ça ? C'est dingue. On est où, là ?
-"Ici, l'Alsace, c'est un peu Las Vegas." Tout est dit.
-Le Royal Palace de Kirrwiller est un haut lieu de music-hall.
-Music-hall,
c'est genre des danseuses nues ? -Non.
-Non, avec des costumes en plumes. -Les plumes, c'est hyper allergène.
-Excusez-moi, Lucien Altmann, directeur de l'établissement.
-César Wagner, police judiciaire.
Toutes mes condoléances pour votre employée.
-Pauvre Victoire.
-Pardon de vous embêter,
mais vous avez une représentation l'après-midi et une le soir ?
-Oui, deux par jour.
J'imagine qu'on va annuler celle de ce soir.
-Oui, je suis désolé.
-A part durant le covid,
c'est la première fois qu'on ferme le Royal depuis sa création.
-Navré.
-Les spectateurs ont été évacués, et Sam est avec le personnel,
jusqu'à ce qu'on les libère.
-Tout ça a commencé dans une auberge ?
-Oui, celle de mes parents. J'en ai hérité dans les années 80.
Après, j'ai...
j'ai lancé le... le cabaret.
-Hé, monsieur Altmann...
Doucement... Qu'est-ce qui vous arrive ?
Ca va ?
Allez chercher quelque chose. -Ca va... C'est un coup de fatigue.
-Allez chercher quelque chose pour moi, je me sens pas bien.
-Je vais prendre de l'eau.
-Arthur, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je prends des cours de magie, ici. -Je savais pas.
-Tu sais peu de choses sur ma vie.
-Et je veux pas en savoir plus. -Sérieusement,
j'ignore si la médecine du travail a un avenir.
-La médecine ou le travail ? -Les deux.
-Tu veux devenir magicien ? -J'y pense.
Tu verras au gala. -Au gala ?
-Le gala de la police. -J'étais pas au courant.
-Sexy, la barbe.
-Tu crois ? J'ai peur des bactéries.
-Non, tout va bien.
La magie, franchement. Les gens ont besoin de rêver.
Tu vas me choisir une carte au hasard.
-OK.
-Oh là là ! J'aurais adoré travailler ici.
Les costumes, les plumes... -C'est pas le propos, là.
-Oui, pardon. La victime s'appelait Victoire Tinet, 22 ans.
Elle avait un numéro de quick change.
-De ? -Quick change.
-C'est un numéro où on change de costume toutes les deux secondes.
-Elle avait ou allait faire son numéro ?
-Elle a pas joué, elle était malade à cause de sushis pas frais.
-Je mange jamais de sushis à cause de l'anisakidose.
Vous savez ce que c'est ? C'est un parasite qui...
Je vous parle, là.
Vous pouvez nous laisser, merci.
Bonjour. Capitaine Wagner, police judiciaire. Vous êtes ?
-Theo, le régisseur.
-Vous connaissiez la victime ?
-Ce qui est arrivé est horrible. Elle m'a fait connaître le Royal.
-Ca fait longtemps que vous travaillez ici ?
-Quelques mois. Je crois que c'est de ma faute.
-Pourquoi ce serait de votre faute ?
-J'ai fait monter la malle. -Elle devait pas aller sur scène ?
-Pas celle-là. La bonne était en mauvais état.
J'avais déjà prévenu la direction.
-OK. Merci, vous pouvez...
-Hé...
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Ben... On peut décompresser, non ?
-Non, c'est pas... -Pardon.
-Alors ?
-Elise, enfin, la légiste, est arrivée.
-D'accord. Faites une vérification sur le régisseur.
-Oui, chef. -Merci.
-911, listening. Emergency ?
-Que faites-vous avec ça ? Allez vérifier l'échange de la malle.
-J'y vais tout de suite. -C'est pas possible, ça.
-Oui, Benoît, on se lève et on y va.
C'est bien.
Benoît, on reste focus, on arrête de regarder les filles.
-Non, docteur, c'est pas...
-Elise, vous êtes là. Je vous cherchais partout.
Elise, est-ce que... Regardez-moi.
Benoît fait la levée de corps ? -Il faut bien qu'il apprenne.
Benoît, lâchez ça, prenez la température.
On se croirait tellement à... -A Las Vegas ?
-Cet endroit m'électrise de la tête aux pieds, mais d'une joie...
-Elise,
y a quand même... -Une victime morte brutalement,
mais si on oublie ça, cet endroit est incroyable.
-C'est vrai.
Elise... Elise.
-C'est ici qu'il faut le faire, le gala de la police.
-Vous faites le gala de la police ? -Ben... César,
je suis le gala : c'est moi qui l'organise.
Vous saviez pas ?
-Non. -Koehler nous lâche,
d'ailleurs, il me manque un numéro.
Vous faites du piano, vous ? -J'en ai fait, il y a un moment,
mais là, j'ai une tendinite.
-C'est super, on en reparle.
Benoît...
-Theo dit que personne n'est allé au sous-sol pendant le spectacle.
-Donc personne d'autre n'a touché à la malle.
Il vous a paru sincère ? -Oui, plutôt.
Il avait l'air vraiment touché, mais un peu à côté de ses pompes.
-Ouais, à moi aussi. Il était ami avec la victime.
Il travaille ici grâce à elle, c'est ça ?
-Ouais, merci.
Avant ça, Theo sortait de prison : 1 an pour vol en bande organisée.
-Mais cambriolage et meurtre, c'est pas la même chose,
surtout si elle l'a aidé. -Il faut aller lui demander.
-Il a dû repartir. Je l'ai autorisé à rentrer.
-Ben, faites-le revenir. -Ah oui.
-Maintenant.
-Je le rappelle. -Ben oui !
Elise, vous avez vos premières conclusions ?
-Celles de Benoît.
En plus d'avoir une écriture illisible,
Benoît est très lent. -C'est pas faux.
-Mais le corps a commencé à parler. Eternuement.
-C'est les plumes, ça. Il y en a partout, je suis allergique.
-Ah, mince.
Malgré la position pliée dans la malle,
on a, enfin, Benoît a relevé des contusions.
-Il y a eu lutte ?
Elle éternue.
Vous voyez. -C'est moi qui éternue, pas vous.
-Eh ouais...
-Non, pas de lutte.
-Donc, l'agresseur la frappe, elle s'évanouit
et il s'acharne sur elle ? -On verra ça avec la radio.
Mais elle n'a pas été tuée dans la malle. Quelqu'un l'a cachée dedans.
-L'heure de la mort ?
-Quelques heures avant le show. J'en saurai plus à l'IML,
en croisant rigidité et température corporelle.
... Désolée, j'éternue grossièrement.
-Eternuez par là-bas, pas sur moi. -Je suis désolée.
Petit détail, elle était déguisée. -Peut-être son costume de scène.
-Elle travaillait pas. Vérifiez son téléphone et ses factures.
-Oui,
je mets Greg sur le coup. Avec la perruque, on dirait Dalida.
-Oui. Dommage, j'aime bien Dalida. Téléphone.
Excusez-moi.
Oui, allô ? Oui.
Exactement, Wagner. C'est ça.
Pour le dégât des eaux.
Pas mercredi, c'est les chutes du Niagara, chez moi.
-Quelque chose a changé,
chez votre patron.
Ah...
Sexy. -Mm mm.
-Je vous rappelle.
(Mon Dieu !)
-Pardon. -Je vous en prie.
Brouhaha.
...
Oh, pardon !
Désolé, je voulais pas... Excusez-moi. Je reste pas.
Pardon... Je voulais pas vous regarder.
Désolé.
-Ce bordel va durer longtemps ?! -Demandez-le-moi.
César Wagner, police. Vous êtes ? -Gerald Frau, l'associé de Lucien.
Je viens d'apprendre la nouvelle. Vos gyrophares,
ça va effrayer nos clients. -Il n'y en aura pas, ce soir.
-Et ceux qui ont réservé ? -Dites-leur, pour le meurtre.
-Bien sûr. Et je le publie sur les réseaux sociaux ?
Ca va durer longtemps ? -Le temps qu'il faudra.
-Gerald, s'il te plaît, calme-toi. -Me calmer ?
Je vais plutôt appeler Yves, le préfet.
-Alors expliquez-lui avoir été mis en garde à vue pour obstruction
dans une enquête de police. -Non... Je m'en occupe.
Laetitia Altmann-Frau, la nièce de Lucien, la femme de Gerald,
et la directrice artistique du Royal.
Ca vous dérange si on discute au calme ?
-Non. Merci pour votre intervention.
-Désolée pour mon mari. Il aboie, mais il ne mord pas.
Mais il faudrait qu'on rouvre vite. -Vous êtes directe, vous aussi.
Puisque vous êtes directe, je vais vous poser quelques questions.
Victoire semblait être déguisée en Dalida. C'était dans son numéro ?
-Non. Peut-être qu'elle essayait des nouvelles tenues.
Elle modifiait souvent son numéro.
-Elle devait pas être absente ?
-Si, elle était en arrêt maladie. Mais elle a pu venir quand même
par culpabilité envers les autres ou par peur de perdre sa place.
-Il y avait un risque ?
-Il faut tout le temps faire ses preuves, mais Victoire était douée.
Téléphone.
-Pardon.
Excusez-moi.
...
Oui, Léa.
Très bien, j'arrive.
-Tu t'appelles...
Mirza.
Mais t'es trop mignonne, toi. Viens me voir.
J'adore. -C'est quoi,
ce chien ? Faites attention, il a peut-être des maladies.
-Elle est mignonne, avec ses beaux yeux bleus.
La loge est en bordel.
-C'est peut-être le chien qui a... -Oui, avec ses petites papattes.
-Non... Mais en effet, ça a été fouillé.
-Mirza. Bonjour.
-Elle est à vous ? -Non, à Victoire.
-Et vous êtes ?
-Une amie de Victoire. Et sa coloc aussi.
-Bien. Laissez-nous travailler. On vous entendra plus tard.
-OK, mais c'est aussi ma loge. -J'entends,
mais on doit fouiller. -Léa...
-Votre prénom ?
-Jasmine. -On peut discuter deux minutes ?
-Non, mais...
-Quoi ? J'aide.
-Je gère.
Patron. Je vais m'en occuper. -Vous êtes sûre ?
-Oui. -OK.
-On peut s'asseoir ? -Oui.
-Qu'est-ce qu'il fait, ce chien ? C'est pas possible.
Arrête de me suivre.
C'est pas vrai.
-Désolée
d'avoir été sèche. J'imagine que c'est difficile, pour vous.
Pouvez-vous me parler des liens qu'entretenait Victoire avec Theo,
de la régie ? -Victoire et les mecs...
Elle était tellement géniale. Tout le monde l'aimait.
-D'accord, mais Theo travaille au Royal grâce à Victoire.
-Oui.
-Elle savait qu'il avait fait de la prison ?
-Moi, je savais pas.
-Il y avait quelque chose entre eux ?
-Ils traînaient souvent ensemble, mais...
Un soir, j'ai interrompu quelque chose dans les cuisines.
-Quelque chose de... -Non, enfin...
C'est pas ce que vous pensez. Je sais pas.
Un truc dont Victoire n'a pas voulu me parler.
-Très bien. Merci, Jasmine, à plus tard.
-Je vous en prie.
-J'ai eu Theo, il était resté pour finir un truc.
Votre boulot vous plaît ?
-Il y a pire.
-C'est toujours mieux que la prison.
-J'ai fait des conneries, mais j'ai payé assez cher pour ça.
-Employés et patrons sont au courant de votre passé ?
-Non. Je sais pas si j'aurais eu le boulot, sinon.
Vous allez le leur dire ? -Ca dépend de vous.
Il y a des choses intéressantes, ici, des costumes, du matériel.
-J'ai rien volé, je veux pas retourner en prison.
-Rien ? Même pas un portable ? -Voilà ce qu'on pense :
Victoire vous a vu voler, et là,
vous avez fait une grosse bêtise. -Non, c'est une idée de Victoire.
-Quelle idée ?
-De récupérer la bouffe inutilisée. -Pour la revendre ?
-Pour la donner à des assos. Un peu d'aide ne fait pas de mal.
-Bien sûr,
toi, t'es Mère Teresa.
-OK. On a pris quelques cartons de champagne pour faire la fête.
C'est tout, je vous jure.
-Il est mignon ? -Je t'ai pas dit ? Oh...
-Hé ! Salut vous, ça va ?
-Ah ouais ! C'est une idée magnifique, le chien.
Pour pécho, c'est génial.
-J'ai loupé une info. César veut pécho ?
-Non. -Bonne idée,
le chien, c'est efficace avec les femmes et les hommes.
-Faites-vous soigner, vous deux. -Oui, à nous de nous faire soigner.
-C'est pas mon chien, il me suit. -Bah, il vous a choisi.
Et il est orphelin.
Donc son avenir, c'est "couic". -Couic couic ?
-Bah oui, couic.
-Non, pas couic couic, quand même. Bah, prenez-le, Elise.
-Cette semaine, c'est pas possible, celle d'après non plus,
celle d'après d'après, non. -Et celle d'après ?
-Non. -OK. Arthur, prends-le.
-Houlà, non ! Pourquoi ?
Parce que les chiens sont interdits dans ma copro'.
-Ah ouais...
Mais qui, alors ? -Vous.
Ce chien vous a choisi.
-Ah non ! C'est plein de bactéries et ma mère va jamais vouloir.
-Pardon ? Tu vis chez ta mère ?
-Je savais que ça finirait comme ça.
-C'est momentané, j'ai un dégât des eaux dans mon appartement.
-Ecoutez-moi,
ça va vous faire un bien fou de vivre avec un animal.
J'ai une autopsie, tu viens ? -Oui.
Super idée, le chien.
-Ouais, vous m'avez bien eu. Mirza aboie.
Mirza, t'es gentille avec moi ?
Tu viens ?
Non, pas bouger.
Ressors, viens ici ! Non, Mirza, tu vas tout salir.
C'est pas vrai ! Je t'ai dit d'attendre. Pas bouger.
Voilà, là, tu peux y aller.
Mirza, viens là.
Voilà... Attention !
Voilà, bouge plus.
Pas bouger !
Mirza, c'est pas ta place, là-haut.
Allez, redescends, c'est dangereux. Tu vas attraper un rhume.
Qu'est-ce que je vais faire de toi ?
Oh, et tu baves.
Quelqu'un entre.
(Arrête de baver.
(C'est bien.
(Tiens-toi bien.)
-Ah oui, c'est vrai, c'est pas un petit chien.
-Bah oui, ben...
-Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ?
Un chien ?
-Pas un chien, une chienne. Elle s'appelle Mirza.
Elle est gentille.
-Gentille ou pas, ça mordille
les pieds des fauteuils, ça salit les canapés,
des pièces uniques.
-C'est juste le temps de l'enquête. On la mettra dans le couloir.
Elle sera sage. Hein ?
-Bon, si ça te fait plaisir.
-Bah... -D'ailleurs,
enfant, c'est ce que te préconisaient les psys.
-Un chien ?
-Oui. -Et à la place,
tu m'as envoyé au bagne,
en Ecosse. -Un bagne ?
Ah ! Une académie militaire prestigieuse.
-Ouais...
-Peu importe, à tes yeux, j'ai tout faux, mais j'ai fait de mon mieux.
-Tu sais, j'aimerais essayer de comprendre pour peut-être changer.
-Tu sais quoi, César ? Ne change rien.
Tu es parfait.
Aïe aïe aïe...
Il tape sur un clavier. -("Royal... Palace.")
...
Mirza, qu'est-ce que tu fais là ? On avait dit dans le couloir.
Sur ton panier.
Pas bouger.
... "Maladie...
"de chien".
Oh là là... "Teigne",
"ascaris", "leptospirose".
Mirza...
Ta maîtresse te manque ?
Qu'est-ce qu'on a dit ?
Allez, à ta place. Va à ta place.
C'est bien, Mirza. Pas bouger.
"Giardiose"...
"Toxocarose", "rage".
...
-César, je n'ai pas encore fait l'autopsie.
-Vous aviez dit que ce serait prêt. -Oui, mais vous savez bien
qu'il faut pas toujours m'écouter. -C'est pas faux.
-Mais ce sera fait. Je peux déjà vous parler de l'heure de la mort.
-Ca m'arrangerait.
-Tiens, dépiautez-moi ça.
-Ca ? Pour quoi faire ? -Parce que je vais vous expliquer.
Quand la rigidité cadavérique arrive,
c'est impossible de plier un corps.
Merci beaucoup.
Regardez.
Mais ça se plie beaucoup mieux quand c'est chaud.
Vous voyez l'idée ? -Oui.
Donc Victoire a été mise dans la malle rapidement.
Grâce à cette expérience incroyable, vous pouvez me dire
l'heure de la mort ?
-A peu près. Elle est morte entre 30mn et 3h avant le début du show.
-30mn et 3h. Donc, il y avait une quarantaine de personnes sur place.
-Vous en voulez un bout ?
-Non, merci. -Jamais fondu de guimauves au feu ?
-Pas de sucre.
-Pas de jeunesse.
-2-3h avant le début du show,
c'est possible de venir sans croiser trop de monde.
-Et le téléphone ? -Oui...
Je raccroche d'avec Greg. Merci, Greg. Il y travaille.
-Et la combine avec le régisseur ? -Des assos le confirment :
Theo et Victoire leur apportaient de la nourriture.
C'est limite légal, mais bon.
En tout cas, ça ne constitue pas... un mobile.
-Un mobile.
Léa et Samia rient.
-N'écartons pas Theo trop vite.
-C'est vrai qu'il connaît les coulisses. Autre chose ?
-Avec Victoire, ça tournait mal. -Genre ?
-A une soirée, elle l'a humilié devant toute l'équipe.
Téléphone.
Du coup, Theo a saboté le numéro de Victoire.
Et il y a 15 jours, elle lui a balancé son assiette à la figure.
-On verra ça avec Theo.
Et pour la perquisition, j'ai la commission rogatoire.
-Pour fouiller chez la victime ?
-Chez Victoire, c'est aussi chez Jasmine.
Il m'a fait peur !
-Bizarre.
C'est pas fermé. -Jasmine est restée à Kirrwiller.
Personne n'est revenu, normalement. -Allez voir avec les voisins.
On y va.
-Il y a quelqu'un ?
-Pourquoi c'est ouvert ?
-Ca a été fouillé, on dirait. -Ouais.
Pouet pouet.
Y a personne.
Attention.
-Y a eu une teuf. -Ouais. D'après le voisin,
jeudi dernier. -Vous savez pour quoi ?
-Non, mais il y en a eu souvent. -Il faut tout fouiller.
-Vu la chambre là-haut, les colocs avaient pas le même style.
C'est de la belle lingerie, ça ! -Ca te plairait, des comme ça ?
-Je vous dérange pas ?
-En tout cas, c'est de la lingerie qui coûte cher. Enfin, je crois.
Je sais pas, en fait.
Regardez ce que j'ai trouvé, caché derrière.
-Ca, ça coûte très cher.
-Il y a un petit mot. "Tu l'as bien mérité." C'est pas signé.
-Les dessous, le sac de luxe, le petit mot. On pense la même chose ?
-Victoire avait un admirateur.
-Je dirais même un "sugar daddy". -Un quoi ?
-C'est une sorte de mécène. -Oui, voilà.
-D'accord, je ne connaissais pas.
-Je vérifie les comptes en banque. -Et trouvez d'où vient ce sac.
Je ne reste pas là, parce qu'il y a des plumes.
-Vas-y, fais-moi rêver. -Prête ?
Souffle doucement sur ce paquet.
Et petit à petit, ta carte va apparaître.
-Waouh, c'est bluffant !
C'est pas ma carte, mais ça reste bluffant.
-Mais non. -Mais c'est mieux que tes poules.
-C'est des pigeons. -Ca reste dégueulasse.
-C'est quoi, ces mouettes ? -Des pigeons !
-C'est pareil, ça a des maladies. -Oui, la grippe aviaire.
Venez, les canards. -Pigeons !
-Merci, c'est gentil.
Bon, parle-moi plutôt du cabaret. -Alors, le Royal Palace,
c'est une boîte familiale. Lucien est assez paternaliste.
Il héberge ses artistes, les aide. -Mais il n'est pas seul.
Il y a des tensions avec les deux autres du triumvirat, non ?
-Frau joue les méchants, mais ne l'est pas. Il est là pour sa femme.
Aboiements. -Mirza !
Tu arrêtes. J'ai du mal avec la chienne.
La troupe, les techniciens, il y a des rivalités ?
-Un peu. Rien de grave.
-Tu connaissais Victoire ? -Oui.
Elle m'a branché sur les cours. -Donc, tu la connais bien.
-Non. J'étais à une fête chez les filles.
J'ai parlé magie à Victoire, pris des cours, et l'incroyable Arthur
est né.
-Garcimore !
-Je vais faire disparaître ton bar. -Fais donc apparaître des clients.
-Et Theo Sainte-Rose,
tu le connais ? -Oui, un bon gars, un peu ours.
Tu as dû entendre parler de leur rivalité.
-"Rivalité" ?
Une assiette dans la tête, c'est plus que de la rivalité, non ?
-Il aimait beaucoup Victoire. Comme tout le monde. Même à moi,
elle faisait de l'effet.
-Il s'est passé quelque chose entre eux ?
-Au début, je pense qu'ils étaient potes.
Victoire aimait séduire. Elle a dû le faire tourner en bourrique.
Mirza aboie.
-Oh... Faut que j'aille la promener, viens.
-Ah, OK, c'est celle-là. -Non, même pas.
-Oh... -Tu vois, je suis là.
-C'était quoi, ta carte ? -Le 8 de coeur.
-Mirza, arrête de tirer.
-Quelle idée t'as eue de garder ce chien.
-T'es marrant, toi. -Passe.
Bonjour.
C'est un aspirateur à mecs ! Tu me la prêteras ?
-Ca va pas ? T'es zinzin !
Mirza, tu écoutes ! Ca suffit. -Génial !
-Et Jasmine, la colocataire de Victoire, tu la connais ?
-Non, mais elles préparaient un truc ensemble.
-Un numéro ? -Ouais.
Téléphone. -Arrête.
C'est Sam.
Oui, Sam ?
De quoi ?
OK, d'accord.
Theo a acheté les sushis qui ont rendu Victoire malade.
-Ah, merde.
Vas-y, je garde le chien. -Quoi ?
Non, je sais pourquoi tu la veux. -T'es jaloux.
-Non. -Si, t'es jaloux.
-J'ai rien fait à Victoire. Je sais qu'elle voulait pas de moi.
Et on s'était réconciliés.
-Quelqu'un peut le confirmer ? -Les sushis, c'était pour le dîner.
-Vous auriez pu les empoisonner. -Non. J'en ai mangé, j'ai rien eu.
-Ah...
-OK, admettons.
Qui a eu l'idée de la réconciliation ?
-Victoire. Elle voulait qu'on arrête. Elle avait besoin de moi.
-C'est-à-dire ? -Techniquement,
pour sa nouvelle création.
Evidemment, je pouvais pas lui refuser.
Vous pouvez vérifier nos messages.
-Oui, on va vérifier.
Merci. -Viens, Mirza.
On va chercher la voiture.
Voilà. C'est bien. Bon chien !
Merci.
-J'ai vérifié : ils étaient brouillés et se sont réconciliés.
-Le spectacle change tous les ans. -Elle devait se préparer à ça.
-Ca implique que tous les ans, de nouveaux artistes arrivent.
-Nul n'est assuré de rester.
-Ca constituerait un mobile ? On aurait tué une concurrente.
-Qui en profiterait ? -Quelqu'un le sait.
-La directrice artistique.
-On va aller la voir. Et les comptes bancaires, le sac à main ?
-Aucun paiement anormal. Mais elle a pu payer en cash.
J'attends les retours des boutiques de luxe. J'ai relancé deux fois.
-2 fois ? Tu l'entends,
la musique qui dit qu'il est temps d'aller casser 2-3 genoux ?
-Samia. -Calme-toi, Calamity Jane.
-Tu me casses toujours mes délires.
Il est où, Greg ? -Il est en mission spéciale.
-Mirza, tu lâches ! Doucement, avec papa.
Qu'est-ce qui lui arrive ? -Je crois qu'elle a envie de...
-Justement, j'ai une idée.
Tenez. -Mais c'est...
-Hein ? -C'est le sac de...
-De... Pour...
Ben oui. Merci, Greg.
-Allez, viens, Mirza.
...
-Monsieur. Madame Frau fait passer des auditions. Vous patientez ?
-Oui, bien sûr.
*...
-Bonjour.
*...
...
-César.
Vous jouez avec le feu ?
-Non, c'était pour me...
C'était pour me... me mettre dans l'ambiance du spectacle.
-Consciencieux ! Vous voulez vous mettre dans une malle, aussi ?
-Non, je suis claustrophobe.
D'ailleurs, le tueur a dû mettre le corps ici pour vite le cacher.
-Donc ça élimine la préméditation. -Exactement.
Vous avez les résultats d'autopsie ?
-Oui, mais une courte explication vaut mieux qu'un long rapport.
-Vous confirmez les hématomes ? -Oui : tête,
buste, une entorse au genou et une épaule luxée.
Ca ressemble plus à une lourde chute qu'à un passage à tabac.
-La chute a causé la mort ? -Non, elle était encore vivante.
Elle a dû essayer de se rattraper à quelque chose.
-Donc on l'a poussée dans les escaliers puis tuée ?
-Voilà. Un coup sur le crâne. Benoît ne l'a pas vu tout de suite
à cause de la perruque. -C'est pas dû à la chute ?
-Non, ça ne colle pas avec l'angle de choc,
ni avec la blessure. On appelle ça une lésion de forme.
-La forme de quoi ?
-Comme le ferait une boule de pétanque sur un mur en plâtre.
Il y a aussi une fracture de la voûte crânienne sous-jacente,
une embarrure, vous voyez ? -Non, excusez-moi...
-En gros, on lui a défoncé le crâne.
On l'a frappée avec un objet cylindrique et dense.
Je vous montre les photos ? -Non, merci.
Dire que l'arme du crime est peut-être encore là.
-Je doute qu'on la trouve ici. -Vous avez raison. On y va ?
Parce qu'il y a des dinosaures... -Ah oui.
-Elise, j'ai une boule au ventre quand je vois les plumes,
c'est de l'allergie ? -Déjà, ne les regardez pas.
-C'est vrai. -Et le noeud au ventre,
c'est la peur de l'allergie, car... Elle éternue.
vous n'êtes pas allergique. -Vous, si.
-Pour le gala, le piano, c'est OK ? -Que je joue ?
Non, j'ai une tendinite. -Le costume, ça va être simple :
un slip à paillettes. -Quoi ?!
-Ah, ça vous intéresse. -Non.
-Si, car vous savez que vous allez désacraliser
les codes de la musique classique. Et le slip sera vendu aux enchères.
Ca explosera le score de la tombola. Formidable, non ?
-Non. -Si.
-Et ça ? -Non, nul à chier.
-Donc, ça... -Ca, non. C'était nul.
-Aucun ? -Aucun.
-OK.
-Je ne vous dérange pas ? -Non, capitaine, vous nous sauvez.
-Je vous sauve de quoi ? -Les candidats étaient affligeants.
-Ah mince, je suis désolé.
Vous préparez la nouvelle saison ? -Oui.
-Victoire y avait sa place assurée ?
-Non. Enfin, on n'avait encore rien décidé.
-Ca doit être dur de trouver des artistes tous les ans.
Ca met la pression.
-En effet, mais il faut faire des choix et ils le savent tous.
-Ce spectacle marche depuis 40 ans, car on vise toujours l'excellence.
Le mot d'ordre,
c'est se réinventer. Certains y arrivent, et d'autres pas.
-Bien sûr. Des artistes restent-ils d'une saison à l'autre ?
-Bien sûr, les meilleurs. -La seule star, c'est le spectacle.
On m'attend. -Je vous en prie.
-J'y vais aussi. -Je vous suis.
Hâte de voir le spectacle.
Ma mère m'en a dit du bien. -De sa part, quel beau compliment !
C'est beaucoup de travail, des voyages
pour trouver les artistes. -C'est frustrant
de travailler ici plutôt qu'à Paris ?
-Parfois. Mais ici, c'est ma maison, c'est authentique.
-Avec votre mari, je peine à croire à l'authentique.
-Bien vu. Il ne s'est jamais intéressé au spectacle.
Lui aime collectionner les voitures, les danseuses.
Le Royal, c'est un investissement.
Je dois vous laisser. -Je vous en prie.
*...
-Le Dr Beaumont est là.
*...
-Merci, les choux. 5 minutes de pause. Joubert, échauffement !
Benoît, que faites-vous là ? Il y a du travail, en bas.
-Je pourrais... -Non, allez.
-Je crois qu'il voulait participer. -Ca a de la gueule, hein ?
A part Joubert.
Et ce sont des CRS, ils ont préféré apprendre à se battre qu'à danser.
-Voulez-vous vraiment mon avis ? -Pas du tout.
-C'est vexant, j'en avais un.
Vous avez les résultats de la toxico ?
-Il y a un truc dans les urines : l'aldicarbe.
-Aldicarbe ? C'est un médicament ? -Pour les suicidaires, peut-être.
-Quoi ? -C'est un pesticide
interdit en Europe. Très dangereux pour l'homme.
Joubert,
vous voulez un whisky, aussi ? Allez, dix minutes d'entrechats.
-Pourquoi moi ? -Il demande pourquoi lui. Allez !
Virilité et grâce, vous verrez, c'est possible.
-L'aldicarbe,
ça ressemble à quoi ? -A des grains noirs.
-Pardon. -On dirait du poivre.
A forte dose, c'est mortel, sinon ça provoque une gastro carabinée.
-Donc ce faux poivre
l'aurait empoisonnée. -Victoire était donc déjà ciblée.
Excusez-moi, je dois vous laisser, j'ai du boulot.
Téléphone. -Allez-y, bon courage.
Oui, Léa ?
Vous m'appelez pour me dire qui a acheté le sac ? Donc ?
Vous êtes sûre ?
C'est pas trop dur,
sans Victoire ?
-J'ai encore l'impression
qu'elle va débarquer avec des potes et une bouteille.
-Excusez-moi, vous auriez une poivrière ?
-Euh...
Oui.
Je l'utilise jamais, j'aime pas ça, mais normalement, on en a une.
C'est un truc rouge avec un petit moteur.
C'est bizarre, elle est plus là. -Ah... C'est pas grave.
-Désolée. -C'est pas grave.
-Tenez. -Merci.
Jolie !
C'est du café ? -Oui.
-Ca gagne bien, une danseuse ?
-Vous vous inquiétez de mes finances ?
-Oui, surtout quand on achète des produits de luxe,
comme un sac à main.
-Oui, j'ai offert un sac à Victoire.
J'avais envie de la remercier et de lui faire un beau cadeau.
-La remercier de quoi ?
-Le numéro qu'on préparait avec Victoire
allait être au programme du Royal Palace, la saison prochaine,
grâce à elle.
-Vous êtes sûre ? -Oui.
Enfin, Victoire l'était.
-J'ai un truc bizarre. En croisant la liste des employés du cabaret
et le fichier des antécédents judiciaires...
-Qu'avez-vous trouvé ? -L'Envoûtante Jennifer,
une hypnotiseuse.
-Dr Beaumont, j'aimerais beaucoup participer au gala.
-Vous savez jouer du piano en slip ?
-Euh... Non.
-Oh, quel dommage !
On s'y met ?
Ce chauffeur de bus est encore chaud.
-Alors... Température du corps.
*Bips.
Euh...
45 degrés.
-Non, concentrez-vous. Plus près.
*Bips.
Ben... toujours 45 degrés.
*Bips.
-35,8. On est bien au plateau thermique. C'est ?
Benoît ! -Oui.
La période de 2-3 heures après la mort
où la température ne baisse presque pas.
-Voilà. Donnez-moi ça.
"45..."
Vous avez utilisé ça au cabaret ? -Oui.
-Ca veut dire que la température de Victoire n'était pas de 36 degrés,
mais de 26 degrés.
10 degrés, Benoît !
Vous n'avez rien senti ? -Mais...
-Chut !
César, il faut reprendre à zéro.
On a un problème. Victoire était morte depuis au moins 6 heures.
Oui, voilà.
Pourquoi je vous garde ?
-Euh... -Chut !
-Si les relevés de température
sont faussés, l'heure du crime a changé.
-Il va falloir revérifier les alibis de tout le monde.
-T'inquiète, Greg va nous aider.
-On commence par l'Envoûtante Jennifer.
Viens.
Mirza. Pourquoi elle va là-bas ?
Alors, Mirza, tu étais où ? Tu t'es perdue ?
Viens. -C'est quoi, cet endroit ?
-C'est incroyable. -Oui.
-Jennifer, vous êtes bien dans les fichiers du Royal,
mais administrativement, vous n'existez pas. Expliquez-nous.
-Je m'appelle Alma.
-C'est tout ? Mais encore ?
Un nom de famille, peut-être ?
-Quelles étaient vos relations avec Victoire ?
-Bonnes. En tout cas, pas mauvaises.
Vous vouliez me voir pour la mort de Victoire ?
-Ben oui. Ca n'a pas l'air de vous inquiéter.
-J'ai cru que vous vouliez m'expulser.
Plutôt mourir que de retourner au Kosovo.
-Vous avez tué quelqu'un,
là-bas ? -Je n'ai tué personne.
Mais là-bas, la vendetta est une réalité
et je ne suis pas née dans la bonne famille. Je suis bien intégrée.
Et j'ai des papiers.
-Oui. Tant que vous avez du travail.
-Victoire morte, ça vous faisait une concurrente en moins.
-En attirant la police pour qu'on m'expulse ?
Et elle avait déjà gagné.
-Elle avait déjà gagné la reconduction de son numéro ?
-Elle disait être sûre d'avoir sa place,
même en lisant de la poésie en suédois
sur scène.
-Mirza, qu'est-ce que tu fais ? Désolé.
-Non. J'ai une connexion avec les émotions des animaux ou des gens.
Et Mirza doit le ressentir. -Et là, elle est contente ?
-Elle remue la queue, c'est pas dur à voir.
-Il y a aussi autre chose.
Mirza
paraît angoissée. Peut-être qu'elle a vu la mort de sa maîtresse ?
-Si seulement elle pouvait parler. -C'est clair !
-Mais dans votre spectacle,
vous hypnotisez aussi les animaux ? -Non, juste les humains.
-Si vous pouviez tout obtenir des humains, vous seriez riche.
-Je ne contrôle pas les gens, je les ressens.
Vous, par exemple,
sous ce sarcasme, il y a une femme inquiète
de ne pas être à la hauteur.
-(Pas spécialement.) -L'hypnose, ça marche.
Ma mère a arrêté de ronfler grâce à ça. Mais moi,
je n'y suis pas sensible. -Vous en êtes sûr ?
Mirza aboie.
*...
Vous êtes bien, vous êtes loin.
Plus rien ne pèse, vous êtes léger.
Vous m'écoutez.
Cette musique est en vous,
c'est elle qui vous guide.
Quand elle va s'arrêter, vous répondrez à mes questions.
*La musique s'arrête.
Comment s'appelait votre doudou ?
-(Le doudou, carrément.)
-Totor.
-Comment vous sentez-vous ?
-Je me sens bien.
Je suis détendu.
-Et votre genou ? -(Chut, Sam !)
-Quel genou ?
-J'avoue, c'est un truc de fou.
-Plongez votre regard à l'intérieur de vous-même...
et cherchez.
Il y a un mur qui vous oppresse.
Franchissez-le.
-Je...
Je vois quelqu'un.
Quelqu'un dans le noir.
Il est immobile.
-Vous savez ce qu'il vous veut ?
-Non, je sais pas.
Il me regarde. Je sais pas ce qu'il veut.
J'ai peur, je me sens pas bien. Je sais pas ce qu'il veut.
César halète.
-Doucement.
Sortez de cette zone
et cherchez votre force intérieure.
Vous y êtes.
-Ca va, patron ?
-Oui, ça va.
On va trouver cet assassin. J'ai confiance en vous.
-Oui.
-Sam, Léa, je vous aime.
-Ca va un peu loin, là.
Que se passe-t-il ? -Allons voir.
-J'aime pas ça. -Ca arrive, des plombs qui sautent.
La panne a l'air générale.
-Oui. J'ai pas envie de retrouver encore quelqu'un dans une malle.
Non, Léa. (On se sépare jamais dans le noir.)
-Venez. Mirza aboie.
-Ah ! C'est Mirza.
-C'est sûr qu'il y a pas de danger ?
-Arrêtez, Sam, et avancez. -Pourquoi il fait tout noir ?
-Sam, dépêchez-vous.
-Ah ! -Que se passe-t-il ?
-Police. Tout va bien. -Sam, arrêtez.
-Vous allez bien, patron ?
-Mais oui. Ca suffit. Pourquoi vous avez peur ?
-J'ai pas peur. Mais d'habitude, c'est vous qui avez peur.
-Ah, cool, t'es là.
Ca va ? -Ouais, ça va.
-Viens.
-OK... -Cool !
-Allez.
Un chien gémit. -C'est Mirza ? Que s'est-il passé ?
-Black-out total. Ca va, ici ?
-Oui, ça va. -Le compteur général a disjoncté ?
-C'est fréquent ? -Non.
Quelque chose a dû provoquer une surtension.
-Ou quelqu'un a coupé le courant. -Pour quoi faire ?
-Arrêtez avec vos questions, je veux des réponses. Réfléchissez.
Réfléchissez ! -Oui... Pour...
Pour faire diversion. -Oui, pour effacer des traces
ou sortir l'arme du crime. -Autant le faire la nuit.
-La nuit, c'est impossible : il y a l'alarme, et t'oublies les vigiles.
-Je rêve ou il m'a tutoyée ? -La chance !
-T'entends ?
Ton arme.
-Vous êtes sûr ? -Dépêche-toi.
-OK.
-Il est chelou, le patron.
Un chien gémit.
...
-Oh, Mirza, t'étais là toute seule.
Oh, ben oui...
-C'est dingue ! -Qu'est-ce qui lui arrive ?
-Viens ! On te sort de là. C'est un bon chien-chien à son papa.
Elle voulait des papouilles.
Elle était toute seule, Mirza.
-J'ai pas pu le réveiller.
César.
-Oui ? C'est quoi ?
Oh, mon Dieu !
Pourquoi elle est dans mes bras ?
J'ai des poils partout. Que s'est-il passé ?
-Vous vous souvenez de la panne ?
-La panne ? -D'électricité.
-Non. -Je peux ?
-Pourquoi j'ai le pistolet ? Allez-y.
Faut que je me lave !
Oh, j'ai des miasmes. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Oh, mon Dieu !
-Comment vous avez fait ? C'est quoi, l'appli ? C'est pour mon ex.
Musique d'ambiance et brouhaha.
...
-On devait vraiment venir à trois ?
-C'est une soirée en hommage à Victoire. Ses proches sont là.
Pas un mot sur notre découverte sur l'heure du crime.
Le tueur, se sentant protégé, peut faire une erreur.
OK ? -Bien sûr.
-Allez-y.
*...
-J'imagine que dans votre métier, vous avez encore des surprises.
C'est vrai que dans le mien, c'est toujours un peu la même chose
qu'on trouve dans un homme.
A force de pratiquer quelque chose, on a peur de se lasser un peu,
mais depuis quelques années, je me dis :
"Elise, ouvre-toi, tu peux encore être surprise."
Et la dernière fois,
j'ai incisé un testicule, et j'y ai trouvé son cerveau.
Je ne m'y attendais pas.
Un cerveau !
-J'aurais dû faire médecine.
-Ca m'a cueillie. Oh !
-Elle ne peut pas s'en empêcher.
Propos inaudibles.
Vous fumez ? -Non. Je viens de reprendre.
-Dommage. J'ai lu qu'il y avait 80 substances chimiques cancérigènes
dans une cigarette.
Vous êtes triste, c'est ça ?
-Je pensais à la première fois où j'ai rencontré Victoire.
Elle était très jeune, à peine majeure.
Tellement culottée. -C'est elle qui vous a contactée ?
-Elle m'avait envoyé cette vidéo géniale où elle...
s'amusait avec des costumes, déjà.
Dès ce moment-là, je me suis dit qu'elle irait très loin.
Pardon.
-Ca va aller.
-Le trio Laetitia, le tonton, le mari, ça doit pas beaucoup rigoler.
-Non. Si je pouvais voter pour quelqu'un, je voterais M. Lucien.
Frau,
il est... -Entreprenant ?
-Non. Pas avec moi.
Enfin, pas plus que la moyenne de tous ces mecs en costume
qui se croient tout permis. -Ca existe encore ?
-Ah oui.
Frau, c'est juste qu'il est pas loyal.
-Pas loyal envers qui ?
-Bah, le Royal.
Il avait recruté Victoire pour un dîner avec des clients,
rien de salace.
Et c'était bien payé.
Ce soir-là, Frau a critiqué le Royal. Victoire a pensé
qu'il voulait le vendre.
-Altmann n'a pas la majorité des parts ?
-Si, mais Frau est capable d'embrouiller n'importe qui.
-Merci.
Vous avez parlé à plein de monde. Qu'en tirez-vous ?
-Que tous pensent que Victoire
avait fait pression pour avoir son nouveau numéro.
-Qui décide : Lucien Altmann, Gerald ou Laetitia Frau ?
-Je dirais les Frau. J'en ai entendu des salées.
Ils règnent sur le cabaret.
-Et ils rognent sur plein de trucs. -Ouais, ça craque de partout.
Un projecteur est tombé des cintres, les barres, sur la scène.
Ca a failli être grave. Peut-être que Victoire
voulait dénoncer cette situation.
-Et Frau qui veut céder le cabaret, ça fait beaucoup.
On va aller le secouer.
Sirène de police.
...
-C'est quoi, ce bordel ? -On se calme, là !
Vous vous croyez où, là ? -N'importe quoi !
Vous faites quoi, là ? -Bonjour. Comme vous répondez pas
à nos convocations, on est venus. -Mais j'ai des sociétés
à gérer, des salariés à faire vivre.
-Intéressant, car si vous vendez le Royal Palace à une multinationale
qui arrive avec ses artistes et ses employés,
combien perdront leur emploi ? -Pardon ?
-On sait,
pour le projet de vente. Et la brigade financière vous connaît.
-Y a rien d'illégal. -Pas cette fois.
Votre associé est au courant ? -C'est du business, pas un crime.
-Et il va s'en remettre ? -Lucien la légende ?
Il commande déjà plus rien. Je gère les finances et Laetitia,
l'artistique.
Quand Lucien verra ce que valent ses 70%,
il prendra son chèque et fera le tour du monde des cabarets.
-Si Victoire parlait, vous perdiez tout.
-Elle aurait pu,
mais avec quelques billets, on perd la mémoire.
Pas besoin de la coller dans une malle. Bon, j'ai un call.
-Laissez-le partir.
-Voilà. Merci.
-Je déteste quand un con a raison. -Mais on sait comment Victoire
a payé ses dessous chics.
-A qui profite le crime ? C'est toujours ça, la clé d'une enquête.
On a dû passer à côté de quelque chose, mais je sais pas quoi.
T'écoutais papa, bah oui ! T'es une gentille chienne.
-On a trouvé un truc sur les comptes de Victoire.
-Ca n'avait pas été décortiqué ? -Ca vous va bien.
-De quoi ? -Vous vous détendez, avec Mirza.
-C'est bien ! Elle donne la papatte. C'est une grande fille !
Que vouliez-vous dire ?
-Elle a fait un paiement à une société basée à Amsterdam
qui fait des tests ADN.
On envoie un cheveu et on découvre être descendant de Napoléon.
-Oui, c'est pour trouver une filiation.
-J'ai juste pu savoir
qu'elle a voulu comparer un ADN masculin et un ADN féminin.
-Elle a pas eu d'enfant, c'est donc une recherche en paternité.
-Oui.
-Bon, allez, viens avec moi !
Viens !
-Je sais pas quoi dire. Victoire ne m'a jamais parlé de ce test.
-Ca expliquerait peut-être sa relation avec ses parents.
-C'était compliqué, mais ça restait ses parents.
Téléphone.
Désolée, faut que j'y aille. -Oui, bien sûr.
-Waouh ! -Ca va ?
-Ouais, c'est juste mon épaule. -Ca me le fait aussi.
J'ai des douleurs dans l'épaule, ça me remonte dans le cou.
Je me fais des cataplasmes. Mais je vous ai coupée.
-Non, je disais juste m'être blessée sur scène, au Palace.
-Je vais prendre vos bagages. -Je veux bien. Merci.
Ca va aller ? -Oui, c'est bon.
-Vous êtes un peu mon bodyguard.
-Votre bodyguard ? -Ouais, comme dans le film.
Kevin Costner, Whitney Houston. -Ah, oui, bah... Pas vraiment.
-Gamine, je me faisais des aprèms cinéma/manneles au chocolat.
-Manneles au chocolat ? -Oui.
-Vous avez passé votre enfance en Alsace ?
-Oui. C'est pas un crime, j'espère. -Non.
C'est que vous n'avez pas d'accent. -Vous non plus.
-C'est vrai. Un point pour vous.
Et vous avez grandi à Strasbourg ? -Non, pas loin, à la campagne,
à côté de Kirrwiller. Ma mère a travaillé au Royal,
et après, on a bougé.
-Mais vous êtes revenues. -Non. Maman est tombée malade,
une leucémie. Et ses dernières semaines, à l'hôpital,
elle m'a beaucoup parlé de ses années au cabaret.
Et après, elle est morte et j'ai postulé au Royal.
-Je suis désolé pour votre maman. -Pas autant que moi.
Je l'adorais. Elle était incroyable.
Il faut profiter de sa mère tant qu'elle est là.
...
-Merci d'avoir accompagné Jasmine.
-Vous semblez beaucoup l'apprécier.
-On est une vraie famille, ici, vraiment.
-Depuis quand savez-vous que le Royal
va peut-être devenir un parc d'attractions ?
-Ma nièce et son mari me font rire, enfin, ils me fatiguent, plutôt.
J'ai toujours lutté contre ce type d'expansion,
mais ils pensent m'avoir à l'usure. -C'est Victoire qui vous l'a dit ?
-Non, le bruit des géomètres et les plans de masse m'ont suffi.
-Je suis désolé. -Merci.
-Je vous en prie.
Léa, c'est moi. Hier, vous m'avez dit qu'un projecteur était tombé.
Qui vous en a parlé ?
Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour. -Bonjour.
-Le projecteur qui est tombé, c'est celui-là.
Il y a une marque, là.
-Ah oui.
Et Jasmine a failli se le prendre ? -Oui. Elle l'a évité de justesse.
-Combien ça pèse, ça ?
-Dans les 30 kilos.
-Elle aurait été tuée sur le coup.
-Ca et son lisseur, c'est la loi des séries !
-Son lisseur, c'est-à-dire ?
-L'électricité a sauté à cause du lisseur de Jasmine.
Elle l'a fait tomber dans son bac à douche.
Heureusement, elle n'y était plus. -Elle ne m'en a pas parlé.
-On était dans le noir, elle voulait pas se faire engueuler.
-Merci. Je dois passer un appel.
Joubert, c'est César.
Ben, Wagner, oui. Vous pouvez m'envoyer l'équipe ?
Non, Joubert, au Royal.
Un projecteur, une électrocution,
sans parler du poison, ça fait beaucoup trop.
-Un lisseur qui reste branché, ça arrive à tout le monde
et il est tombé dans la douche. -Non, ça fait trop de hasards.
-Mais qui voudrait me tuer ?
-Je ne sais pas encore.
En tout cas, ça vous va bien. -Merci.
Je rends hommage à Victoire. -Et pourquoi Dalida ?
-Le numéro qu'on travaillait avec Victoire
mélangeait quick change et chansons.
On changeait de costumes
pour interpréter des chanteuses. Et Dalida, c'était le final du numéro.
-Vous allez monter sur scène, là ? -Oui, je vais chanter.
-Non, vous pouvez pas monter sur scène, je peux pas vous protéger.
Trouvez un autre endroit.
-Non, je peux le faire qu'ici. C'est ici que Victoire est morte.
Et Victoire, c'était mon amie.
Elle seule comprenait ce que le Royal Palace représentait pour moi.
Et c'est là que ma mère a dansé pour la dernière fois.
Donc, je vais le faire ici.
-Votre père travaille ici ?
-Je ne connais rien de mon père. Mais j'ai trouvé ma famille, ici.
-Je comprends.
Bon...
...
Applaudissements.
...
-Merci. -Elle a failli se prendre un projo
et s'électrocuter la même semaine. Ca fait beaucoup.
-Le spectacle a commencé, que peut-on faire ?
-Faut tout sécuriser.
-On n'est pas assez nombreux. -Sam, vous pouvez gérer ?
Allez surveiller les spectateurs.
Vous avez la liste des anciens employés ?
-Oui, depuis la création du cabaret. Je vous l'envoie par mail.
...
Applaudissements.
-Qu'est-ce que tu fais ? -Je sais pas. Et toi ?
-Je répète mon numéro. Avec Elise, on répète le gala.
-Je crois que je suis plus allergique aux plumes.
-Peut-être grâce à l'hypnose. -Non, j'y suis pas sensible.
-César, il y a un problème ?
-J'ai un mauvais pressentiment pour Jasmine.
-Elle est en danger ? -Ben ouais...
Sur scène, je peux pas la protéger.
-Que peut-on faire ? -Je ne sais pas. Une solution ?
-A part la magie d'Arthur, non. -Ca, c'est pas une idée.
-Eh non.
-Je suis là, je vous entends. -Ouais.
...
Applaudissements.
Je peux pas laisser faire ça. -Tu vas pas arrêter le spectacle.
-Non, je peux pas.
...
-Pour ne pas vivre seul,
on vit avec un chien,
on vit avec des roses
ou avec une croix.
Pour ne pas vivre seul,
on s'fait du cinéma,
on aime un souvenir,
une ombre, n'importe quoi.
Pour ne pas vivre seul, on vit pour le printemps...
-J'ai une idée.
Pouvez-vous vous déshabiller ?
Déshabillez-vous. -Faites ce qu'il vous dit.
-Déshabillez-vous.
-Je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion
de ne pas vivre seule.
Ovation. De ne pas vivre seule.
-Alors, que fais-tu ?
-J'essaie de lui sauver la vie sans perdre la mienne.
-...des filles aiment les filles.
Et l'on voit des garçons épouser des garçons.
Pour ne pas vivre seuls, d'autres font des enfants,
des enfants qui sont seuls, comme tous les enfants.
Pour ne pas vivre seul,
on fait des cathédrales où tous ceux qui sont seuls
s'accrochent à une étoile.
Pour ne pas vivre seul...
-C'est pas normal, ça.
Là-haut. -Non, c'est pas normal.
-Merci à tous d'être là.
Comme je l'ai déjà dit à vos collègues,
un élément du décor a blessé Jasmine.
Elle est hospitalisée dans un état grave.
Mais juste avant de s'évanouir, elle m'a dit quelques mots
à propos d'une lettre de sa mère.
J'en sais pas plus.
Ca semblait important pour elle, donc si quelqu'un a des infos...
-La lettre serait ici ? -C'est ce qu'on pense.
Elle est pas chez elle. -Que dit cette lettre ?
-Peut-être quelque chose de grave qui pousserait à tuer.
-Donc si quelqu'un a des détails, vous ou le reste de l'équipe,
faites-le-nous savoir. -On fera tout
pour la trouver. On a une commission rogatoire
de perquisition. Dès demain, on fera une fouille complète.
Voilà, merci.
...
-Oh ! -Vous cherchez quelque chose ?
Une lettre, peut-être ?
-Euh... non. Enfin, si. J'arrivais pas à dormir.
Alors j'ai pensé que je pouvais la chercher pour vous aider.
-Elle est drôle. Vous êtes drôle.
-Il n'y a pas de lettre ? -Non, il n'y a pas de lettre.
Laetitia Frau, vous êtes en garde à vue à partir de maintenant.
-Non, vous vous trompez.
Je veux parler à mon avocate.
-Vous la verrez au commissariat.
-Vous avez vu son regard ? -Oui.
-Qu'est-ce que je lui ai fait ?
-Ca va aller.
C'est fini.
Je vous laisse. -Merci.
...
-Monsieur Altmann.
-C'est beau, mais c'est un drôle d'endroit pour un interrogatoire.
-Vous n'êtes pas suspect. Et ça me fait du bien d'être ici.
Je respire un peu.
-Pour ma nièce, c'est sérieux ?
-Elle devra s'expliquer pour cette nuit et pour quelques détails.
-Elle aurait tué Victoire ? Pourquoi elle aurait fait ça ?
-C'est ce qu'on va essayer de comprendre ensemble.
Pardon de demander ça,
mais avez-vous déjà eu une aventure avec une employée ?
Cécile Karch, une ancienne danseuse. Vous vous souvenez ?
-Cécile, oui. J'ai eu une brève liaison avec elle.
C'était intense, j'ai failli tout envoyer valser pour elle.
-Mais vous ne l'avez pas fait à cause de votre femme.
-J'assumais pas. Et ma femme était malade, j'ai été un peu lâche.
Mais c'est vieux, tout ça, quel est le rapport ?
-Effectivement, ça fait 23 ans.
C'est l'âge de Jasmine.
Cécile Karch était sa mère. -J'ai follement aimé Cécile,
mais j'ai rien su de tout ça. Elle a disparu, je vous assure.
-Je pense qu'elle voulait vous éviter de choisir entre elle
et votre femme malade.
-Tu sais, je... -Attends, je comprends pas.
Pourquoi Victoire a fait ce test ADN, et pourquoi avec Lucien ?
-Elle a compris en regardant une photo. Au Royal Palace,
il y a une photo de Lucien qui regarde une femme tendrement,
avec le même médaillon que vous. C'est votre maman, c'est Cécile.
-Mais ça me concernait. A quoi lui servait ce test ?
-A faire chanter Laetitia pour garder sa place au cabaret.
-Victoire aurait pas fait ça que pour sa gueule.
-Je pense qu'elle l'a aussi fait pour vous,
et peut-être pour sauver le Royal. On saura jamais.
-Victoire était une peste, ambitieuse, arriviste.
Je l'aimais beaucoup.
Pour m'attribuer sa mort, il faudra plus que vos fantasmes.
-C'est à vous, ça ?
-Vous n'êtes pas obligée de répondre.
-Non, c'est inutile.
On l'a trouvée dans votre bureau
lors de votre escapade nocturne. Il y a vos empreintes dessus.
Et du sang.
Et on a beau frotter,
le sang, il en reste toujours un peu, et c'est celui de Victoire.
-Se balader avec l'arme du crime sur soi, c'est assez fort.
-On nage en plein délire.
-Oui, mais le vôtre.
Comme quand vous avez tenté d'empoisonner Victoire et Jasmine.
Tout ça pour un chantage au test ADN.
Votre délire aussi quand vous l'avez achevée avec ça,
après l'avoir poussée dans les escaliers.
-Vous avez vite caché son corps dans une malle,
mais la malle s'est retrouvée sur scène.
-Ca aurait pu en rester là, mais il restait ce test ADN.
-Vous l'avez cherché chez Victoire et Jasmine.
-Vous allez m'accuser de quoi, encore ? D'être la reine du crime ?
-Vous l'avez sûrement pensé
en voulant tuer Jasmine
pour qu'elle n'apprenne rien et ne demande pas son héritage.
-Je n'étais pas au Royal à l'heure de sa mort.
Vous étiez déjà là quand je suis arrivée.
Vous avez dit que j'étais pas là.
-Ca, ça aurait pu être vrai, mais la Dr Beaumont, la légiste,
a corrigé l'heure de la mort de Victoire. On l'a pas prévenue ?
-Non, mais la légiste en est certaine :
Victoire est morte plus de 5 heures avant le début du spectacle.
-Vous étiez sur place, des témoins en attestent.
Vous allez être déférée devant le juge pour meurtre.
César soupire.
Laisse tomber.
...
C'est un bon cadeau, ça. Tu vas bien faire dodo.
Mirza, j'y vais. Bonne nuit.
Applaudissements.
Rire du public.
-Bonsoir, le Royal ! -Bonsoir,
la police ! -Sam, t'es sûre pour les costumes ?
-C'est bien.
-Elles sont drôles. -On a déjà fait pire.
-Habillées en sushis ! -Elles sont pas bien, nos tenues ?
Aucun son ne sort.
-Putain, je sais pas siffler !
César soupire fortement.
-Respire un peu. -Je respire.
-Souffle.
Inspire par le nez, souffle par la bouche lentement et profondément.
Et détends-toi. -J'y arrive pas.
-Hé, ton passage peut pas être pire que le mien.
-C'est vrai. -Ca va !
-1, 2, 3,
musique ! -Hou !
...
-Arthur, je le fais pas, je m'en vais.
-Non. -Je suis pas bien.
-Ca va aller.
-Non, je suis pas bien.
Qu'y a-t-il ?
Arthur...
-Merci à toutes celles et ceux
qui se sont dépassés, ce soir, pour vous enchanter.
Respiration saccadée.
-Besoin d'aide ?
-Elle va lui faire son truc.
-Comment ça, son truc ? -Tu vas voir.
-Vous savez, César,
vous devriez vous faire aider.
-Pour jouer du piano ?
-Osez chercher en vous
ce qui vous oppresse et vous empêche de vivre.
-Mesdames,
préparez-vous à frissonner sous ses doigts agiles. Et messieurs,
ne soyez pas jaloux et régalez-vous.
On accueille chaleureusement le capitaine Wagner !
Applaudissements.
-Oh, mon Dieu !
...
Les applaudissements redoublent.
...
Il joue un thème empreint de mélancolie.
...
Accord suspendu.
...
Musique swing.
...
-Hou ! -Oh là là !
...
-Ouais, patron !
...
Je savais qu'il était gaulé comme un dieu !
-Je suis à deux doigts de le pécho. -Moi aussi !
...
-Oh, purée !
...
Ils ont même prévu une panthère à lunettes pour le spectacle.
-Sam,
c'est la nouvelle commissaire. J'espère qu'elle t'a pas entendue.
...
-Un jour, il me remerciera de l'avoir poussé à faire ça.
Enfin, s'il s'en souvient ? -Bravo pour l'hypnose.
C'est efficace. -Non, j'y suis pour rien.
Il n'a pas voulu.
...
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