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Qu'est-ce que tu lis?
Rien, rien.
- Excuse-moi. - �a va.
- Ce sera tout? - Oui.
Cette machine! J'enregistrerai apr�s.
1,25 et 3,75, �a fait...
5.
5, c'est �a.
T'as pas de monnaie?
- Non, vraiment pas. - Je crois que j'y arrive.
Quel con! La monnaie du taxi!
Je l'ai d�valis�, le pauvre, il venait de commencer.
10, 20, 30, 40, 50...
- T'en as besoin? - Oui.
T'as un billet de 100?
Voil�.
Oui.
Ciao, merci.
On mettra tout �a l�.
Quel con! J'ai de la monnaie, j'ai d�valis� le taxi!
- Il me l'a fait! - Quoi?
� l'instant! Il m'a fait le m�me coup!
Il a un truc! Pour te voler de l'argent!
Qu'est-ce que t'as vol�?
Il m'a vol� l'argent!
Salaud! Betina, appelle la police!
- Pas la peine. - D'o� tu sors, toi?
T'as cru que j'oublierais?
C'est �a?
Tu me prends pour un de ces margoulins que t'arnaques, hein?
Fils de pute!
- R�siste pas, bordel! - D'accord.
Arr�te, putain...!
Bordel! Tu sais � qui tu parles?
Excuse-moi.
C'est �a que t'as vol�?
Ce bl�?
Le commissariat vous appellera
pour la plainte, et pour vous rendre �a.
Allez, avance!
Ne bougez pas d'ici.
Viens.
Tu fumes?
Des blondes?
Dommage, je fume plus.
"Crenchi".
Fabriqu� en Gr�ce.
Notre pays est foutu.
T'en veux?
Qu'est-ce que je suis con!
Putain de merde!
N'exag�re pas.
Je vois m�me pas si on me m�ne en bateau...
Faut voir qui c'est.
Avec �a, j'ai flipp�.
Le p�tard?
C'est tout ce que j'ai trouv�.
T'es en col�re, b�b�?
"Il a un truc!"
Pourquoi tu m'as aid�?
C'est dommage d'aller en taule pour 45 balles.
Comment t'as calcul�?
Je l'ai fait, bien avant toi.
Jamais 2 fois au m�me endroit.
Tu entres, tu le fais, tu sors.
� moins que t'aies envie d'�tre tabass� et d'aller en taule.
- T'es fileur? - M�canicien dentaire.
Le "pro" a eu piti� du petit con.
Du d�butant.
J'aimerais vous �galer, maestro.
Merci quand m�me. Salut!
Attends, attends!
Qu'est-ce que tu veux?
T'as une fa�on bizarre de remercier.
Qu'est-ce que tu veux?
Et toi?
- Ce que je veux? - Survivre, je suppose.
Je peux te passer quelques filons.
Pourquoi?
Si tu continues comme �a,
tu finiras mal.
J'ai pas trop � me plaindre.
J'ai vu �a!
Je suis ni plus malin, ni plus rapide.
Mais je sais que personne fait de cadeaux.
Tu veux quoi?
- Je te l'ai dit. - Baratine pas.
Je bosse avec un autre mec.
Mon associ�, le Turco.
�a fait une semaine, il s'est �vapor�, comme �a.
J'ai besoin d'un coup de main.
Je sais pas travailler seul.
En te voyant dans la station-service,
j'ai pens� que...
Pourquoi moi?
Pourquoi pas?
�coute, non.
Je bosse seul. En plus, qui tu es?
Marcos. Et toi?
Juan.
Mais tu r�ves de t'appeler...?
- Sebastian. - �vident.
Les Juan veulent toujours un nom plus...
- D'accord, Sebastian? - Juan.
Juan.
Juste pour aujourd'hui.
Tu d�cideras apr�s.
C'est non, merci.
Je me mettrai pas � genoux. Si tu veux jouer en 4e division...
Tiens, petit...! Tu perds ton bl�!
Marcos!
Juste aujourd'hui!
Qui est-ce?
- Tata? - Non, qui est-ce?
Pardon.
- Qui est-ce? - Tata?
- Quelle tata? - Excusez-moi.
- All�? - Tata?
- C'est une erreur! - Pardon!
- Qui est-ce? - Tata?
Qui est-ce?
Attends!
Une seconde!
T'as des m�mes?
Et �a?
C'est pour moi.
J'en avais une plus grande, quand j'�tais petit.
Elle �tait � mon vieux.
S'il y avait un match � la t�l�,
papa restait � la maison,
alors je montais une piste en bois,
et je jouais avec l'auto.
Maman mettait toujours Rita Pavone.
- Rita Pavone? - Oui!
Une vraie fan! Elle la trouvait pas d�mod�e!
Rita Pavone a �gay� toutes nos r�unions de familles.
Il Ballo del Mattone. Tu connais?
- Qui est-ce? - Tata?
- C'est une erreur. - Pardon.
C'est la chanson d'un film. C'est maman qui me l'a dit.
�a faisait...
Non...
- Qui est-ce? - Je vois. Tata?
Oui, mais qui est-ce?
Ton neveu pr�f�r�, voyons!
- Fabian? - Oui, tata.
Depuis le temps! Quel miracle!
Tu es enrhum�? Je reconnais pas ta voix.
- Tu es venu me voir? - Tu vas me tuer, mais non.
Je suis avec un ami, on venait voir quelqu'un par ici,
et l'auto est tomb�e en panne.
L'auto?
Tu as une auto?
Il faudrait que tu la voies!
Devine la couleur!
Eh bien... ne me dis rien!
Turquoise?
Il y avait pas. Elle est bleue.
En tout cas,
la grue va l'emporter au garage,
je viens de voir que mon porte-monnaie est vide,
et juste pr�s de chez toi!
Tu devrais v�rifier, avant de sortir de chez toi!
Ne me gronde pas.
Tu me pr�terais...
50 ou 60 pesos?
Je te les rends apr�s le garage.
Tu me les rendras plus tard!
Mais tu pourrais monter me voir!
C'est promis. Je viendrai te voir.
Je peux pas laisser l'auto seule.
Donne l'argent � mon ami.
Je descends, ne t'inqui�te pas.
Ton ami est de confiance, non?
Elle m'a donn� 100 pesos.
- Divine, la vieille. - Elle passe le bonjour � ta m�re.
Je vais � Chacarita voir mon p�re, qui � c�t�...
Elle m'a dit qu'elle lui rend �a.
Tu l'as pas gard�e?
Je suis pas un voleur.
- Qu'est-ce que t'as? - Rien.
- C'est la bague? - Non.
- Quoi, alors? - La vieille.
Alors, les stations-service oui,
mais pas les petites vieilles!
Je lui rappelle son petit-fils.
OK. On lui rend le fric et on ouvre une r�tisserie!
T'es pas bien, mon vieux?
Bosse pas dans la rue, si t'as ces probl�mes!
- C'est mes probl�mes. - Les n�tres,
pour aujourd'hui.
Arr�te, tant qu'on y est...
Entre et demande un caf�.
Paie avec �a,
et sors.
On se conna�t pas.
J'ai besoin de fric.
Original.
Tout de suite.
Beaucoup.
- Je suis l� pour �a. - T'es devenu ambitieux?
C'est pour mon vieux.
Combien?
- Beaucoup. - Combien?
70000.
Qu'est-ce qu'il a?
Des probl�mes.
Tu t'occupes de ses probl�mes?
On s'entend bien.
Il m'a appris les trucs pour bosser,
quand j'�tais gosse, en jouant
� Mosqueta, au Tocomocho.
La base.
Apr�s, je sais pas ce qui est arriv�,
Il a dit que c'�tait pas bien tout �a,
que je fasse pas comme lui,
que je me bousille pas la vie.
Que je fasse autre chose. N'importe quoi.
- J'ai fait n'importe quoi. - Et �a a foir�.
J'ai tout rat�.
Qu'est-ce que tu voulais �tre?
Ailier gauche.
Et moi, complice.
On connaissait ce mot, chez nous.
Tu fais quoi, avec une vocation
comme celle-l�?
Ministre?
Mon p�re a besoin de fric. Ma seule fa�on d'en trouver...
c'est de faire comme lui.
Je r�p�te chaque phrase, ses mouvements de mains,
je vends mon appartement
pour entrer dans une affaire qui foire,
et rien.
Les 70000 sont l� et moi aussi, comme un con.
Les 50000 que j'ai, ils servent � rien.
Tu disais?
- Ma monnaie, je m'en vais! - Quelle monnaie, monsieur?
Des 100 pesos que je t'ai donn�s.
Vous ne m'avez rien donn�.
Allez, �a va.
Vous n'avez pas pay�.
T'es d�bord� ou quoi? Patron!
Vous ne m'avez pas donn� 100 pesos.
- Ne criez pas. - Si je veux.
- Qu'y a-t-il? - Monsieur dit avoir pay�.
- Je suis un menteur, alors? - Il y a confusion.
J'ai pris un caf�, j'ai donn� un billet de 100.
J'en avais deux, il m'en reste un.
V�rifiez bien.
Encore la confusion? Il y a aucune confusion.
J'avais deux billets, j'en ai un.
Regardez!
Il manque le coin
au billet que j'ai donn�.
Regardez dans la caisse,
s'il manque un coin � un billet.
Vite, je suis press�.
- Suivez-moi. - Non.
C'est vous, qui m'apportez ma monnaie.
Faudrait que j'y aille, aussi?
Quoi?
Ta part. �a t'a plu?
- Je connaissais. - Tu le fais?
- Non. - Pourquoi?
Trop de monde, de scandale. C'est pas pour moi.
Justement, idiot!
C'est eux, qui aiment pas le scandale.
Alors, tu te vexes.
Plus tu te vexes, moins t'es louche.
Si �a tourne mal, tu les accuses.
C'est pas mon truc.
- Quoi? - Montrer ma tronche.
Risquer le bide. Que si �a foire, je flippe.
Tu t'es tromp� de boulot.
J'ai pas choisi.
T'as des pi�ces?
Faut que je t�l�phone.
C'est personnel, tu sais?
Occupe-toi de tout.
� qui tu parlais?
� mon avocat. J'ai quelques affaires en cours.
- Qui c'�tait? - Un ami.
Bon, et maintenant?
Je sais pas.
Je me demande
si tout �a vaut la peine.
En fait,
tu devrais continuer comme avant.
Si le Turco revient, il aimera pas avoir �t� �vinc�.
Il est tr�s jaloux.
Arr�te, qu'est-ce que t'as?
Rien.
�a t'int�resse pas, t'aimes pas �a.
- Tu peux merder, et alors l�... - Attends!
Tu me prends pour un bleu?
Non, mais tu penses trop.
- C'est un d�faut? - Oui.
- Pourquoi? - C'est un d�faut.
Plus tu penses, moins tu fais.
�coute, j'ai besoin du fric...
� 50 % avec toi, je fais plus qu'� 100 % tout seul.
Alors, finis ces trucs d�biles pour n'importe quel chimpanz�.
Pour bien bosser, faut autre chose.
Du talent.
Et tu en as.
Sinon, je serais mort.
Tu r�ussis tout ce que tu tentes?
Tout.
Un sac � main en 2 minutes?
- Qu'elle me donne son sac? - En 2 minutes.
Non, pas �a.
Moi, oui.
C'est pas vrai.
Je te parie la bague.
- Bonjour. - Bonjour.
- Allez-y. - Merci.
- Quel �tage? - 4e.
- Et toi? - Penthouse.
Que se passe-t-il?
Je sais pas, l�...
Ces vieux ascenseurs, �a tombe, �a s'�croule...
- Ne dites pas �a! - �a arrive souvent.
Putain de merde!
- C'est pour qu'ils viennent. - Bien s�r.
Non, on va faire autrement.
- On sortira par l'escalier. - Par l�?
Je vais vous aider.
Passez-moi votre sac.
Je vous le tiens?
Je la connaissais pas, celle-l�.
Moi non plus.
- T'as improvis�? - Oui.
- S�r? - Oui.
T'es rapide!
Toi, t'as une chose
qui va te simplifier la vie et qui s'ach�te pas.
Quoi?
Une bonne bouille.
Encore ce journal merdique!
C'est pas �a, que je lis! Et faut que je vienne le chercher!
- Votre adresse, d�j�? - Viamonte 1152, 2e E.
Radin! Tu peux pas l'acheter?
T'as dit radin?
Quoi? T'es vex�?
Je fais ce que les autres voudraient, mais osent pas faire.
- Ils pensent tous comme toi? - Comme moi?
Presque tous. Mais ils ont pas de couilles.
Enfin, presque tous.
Y a aussi les gens honn�tes et toi.
Toi, t'es un genre... Quoi?
Salut!
Tu l'aurais pas sorti, non?
- Quoi? - Le sac � main, tu l'aurais gard�?
Pour qui tu me prends?
Je suis pas un voleur, non?
Je braque pas, moi. N'importe quel con peut le faire.
Tu veux voir des voleurs? Viens.
Ces deux-l�.
Ils visent une serviette c�t� rue.
Celui-l�,
il donne les rep�res d'une passante.
Ils sont l� et tu les vois pas.
C'est �a, le truc.
Fais gaffe � la serviette,
� la valise, � la porte, � la fen�tre, � la voiture,
surveille tes �conomies, ton cul.
Ils sont partout, toujours.
Les voleurs.
C'est pas des louffes.
T'as les pickpockets, les braqueurs,
les pigeons, les cambrioleurs,
les d�trousseurs, les guetteurs,
les receleurs,
les balances,
les fileurs.
J'ai faim. On va � mon bureau?
Qu'est-ce que t'as?
Assieds-toi et attends-moi l�.
Anibal, tu me d�gages le bureau?
Ta s�ur t'a appel�.
Ma s�ur?
C'est ce qu'elle a dit. Valeria.
- T'as une s�ur? - J'en ai une.
- Quand elle a appel�? - Il y a environ une heure.
Elle voulait quoi?
Si tu louais un bureau et t'arr�tais de me gonfler?
Tu me fais � manger?
Allez...
La prochaine fois, je choisis la bouffe.
Quel emmerdeur!
- Quand? - Ce matin.
T'as dit quoi?
Que t'�tais � l'hosto.
T'as �t� � l'hosto?
Non,
mais mon cr�dit touche � sa fin.
Je suis pas tr�s net, avec le bl�. J'ai du mal...
Pas net?
Ta s�ur.
All�?
Sans blague!
Avec toi, c'est rien ou 2 appels par jour!
Pas maintenant.
Qu'est-ce que j'ai � y voir?
Oublie-moi, avec Papy et Mamy!
Arr�te un peu!
Bon, j'arrive. Oui!
Des probl�mes?
Peut-�tre.
J'y vais.
Et moi?
Viens. Avec ma s�ur, on sait jamais.
Tu seras t�moin.
Paie, je te rembourse.
C'est l� que bosse ta s�ur?
- Et elle...? - Quoi? Non.
C'est une fille s�rieuse.
Miracle, tu es venu!
Bien, merci. Et toi, �a va?
On va tous bien. Merci.
Tu vas pas m'engueuler, j'essaie d'�tre aimable...
Avec moi, c'est pas la peine.
Prends plut�t tes responsabilit�s.
Comme disait ta m�re.
Fils de pute!
Quelle vulgarit�!
Si tes chefs t'entendaient!
T'en as combien? 10, 20?
Incroyable, ce qu'elle a comme chefs.
Qui c'est, celui-l�?
Juan, un ami.
- Je l'ai pas appel�. - Et alors?
Viens.
Combien de fois je t'ai dit: Pas � l'h�tel?
- Fais tes trucs ailleurs. - Trop de fois.
Il �tait l� aujourd'hui, le vieux, ton associ�...
- Sandler? - Oui.
- Il est pas mort? - D�conne pas.
Je le vois plus depuis 6 ou 7 ans.
Et c'est pas mon associ�.
Il �tait l� aujourd'hui, nerveux, il voulait voir un client.
J'ai cru que c'�tait pour toi.
Tu t'es tromp�e.
Je t'ai appel�, mais tu y �tais pas.
Alors, je l'ai fait jeter.
- T'es balance, maintenant? - �coute...
C'est mon boulot et je me casse le cul pour le garder.
Pas litt�ralement, j'esp�re.
Le vieux a fait une crise... de lipothymie, je crois.
Le m�decin l'a vu.
Ils vont appeler l'ambulance.
En quoi �a me regarde?
Le vieux m'a reconnue,
il m'a suppli�e de t'appeler. Il voulait te parler, urgent.
Ma vie est d�j� assez bord�lique,
je le veux plus ici. Ni lui,
- ni toi. - M'appelle plus, alors.
C'est lui qui t'a appel�.
Fais tes affaires et file.
J'aime pas te voir ici.
Toujours aussi affectueuse!
T'es amoureuse? Ou mari�e?
Fianc�e, depuis un an demain.
F�licitations.
- Je le connais? - Non... Il est honn�te.
Un bon coup, non?
Tu es venu...
Tu m'as appel�.
Oui, mais je croyais... enfin...
Et lui?
Si tu veux, je le fais sortir.
Juan?
T'es Juan, le fils de Ramiro?
J'ai boss� avec ton vieux.
Pour des papiers timbr�s...
qu'il d�marchait.
Sandler est un artiste.
Oui, un artiste.
- Tu gagnais bien, avec moi. - Autre �poque.
Tu te souviens pas de moi?
Tu �tais tr�s m�me, � l'�poque.
T'avais quoi? 10, 12 ans?
Bonne m�moire.
Il �tait malin, le morveux.
Tr�s touchant tout �a, Sandler,
mais pourquoi tu m'as appel�?
Passe-moi la serviette.
Il y a un client � l'h�tel,
Esteban Vidal Gandolfo.
Ah oui?
"Poss�de une holding...
"D�part pr�cipit� du pays...
"Investigation parlementaire, d�portation au Venezuela..."
500 millions de dollars?
En tout cas, trop pour toi.
Il a un hobby. Il vaut 500 millions.
Et il a un hobby.
Lequel?
Les timbres-poste.
- T'avais pas, toi, un...? - Beau-fr�re philat�liste,
important, mari de ma s�ur Berta.
- Qui vit au Cavanah? - Ma s�ur riche.
� sa mort, il lui a laiss� sa collection,
avec les Neuf Reines.
Neuf Reines?
C'est une planche de timbres de la R�publique de Weimar,
d�fectueux, bizarres, mais...
- de grande valeur. - Combien?
J'ai pas encore pu les �valuer.
Tu veux les vendre � Vidal Gandolfo?
Ceux de ma s�ur?
Non, pas ceux-l�,
ma s�ur vend pas.
�a lui rappelle son mari. C'est une t�te de mule.
Alors...
Mais j'ai pu les voir,
les observer, les photographier.
Tu les as copi�s?
Mon meilleur travail.
Papier original, ann�e 1920.
Chaque perforation coup�e � la main.
C'est une des photos que t'as prises?
C'est une course contre la montre.
�a se verrait au labo,
mais le mec prend l'avion demain matin.
Il pourra pas les v�rifier � fond.
Faut vendre aujourd'hui.
Il faut le chauffer,
qu'il croie que c'est maintenant ou jamais.
Accompagne-moi un peu aux toilettes.
�a va aller.
Tu le connais, l'Espagnol?
D'apr�s ce que j'ai lu.
Il existe, alors?
Bien s�r!
Si j'ai bien compris,
t'es venu � l'h�tel voir le type,
et t'as craqu� quand on t'a jet�, pensant que le coup foirait.
C'est �a?
T'as p�t� les plombs.
Alors, tu veux un vendeur pour �couler la marchandise,
aujourd'hui.
Pourquoi moi?
Quand je suis tomb�, j'ai vu ta s�ur,
et j'ai pens�: "Pourquoi pas?"
�a fait longtemps,
tu t'y attendais pas, hein?
Voil�, je te refais confiance.
T'es d�sesp�r�, plut�t.
T'as pas pu faire autrement.
Il y a 20 % pour toi.
Non, �coute-moi.
Voil� comment �a marche:
C'est moi qui fixe les pourcentages.
Parce que si je partais,
t'aurais plus qu'un lavement � l'hosto.
�coute,
� 73 ans, j'aurai plus beaucoup d'occasions.
Et celle-l�, c'est la mienne.
D�conne pas, Marcos, je pourrais en appeler un autre.
Pourquoi tu l'as pas appel�, alors?
Combien tu veux?
90 %.
- T'es fou? - Non,
mais je te tiens � la gorge.
On fait 50- 50.
Je n�gocie pas.
Je te fais l'unique offre que t'auras.
10 % pour toi,
ou rien, z�ro.
Je suis pas venu te chercher.
C'est tout le contraire.
J'apprendrai jamais, hein?
- Je suis con. - Pas con, naze.
La planche est chez la s�ur.
Sandler dit qu'elle me la donnera.
Faudra pas dire qu'il est � l'h�pital.
Tu t'y connais en timbres?
Des petits carr�s de papier collant?
- Tu vas le faire? - Bien s�r!
Quoi?
- Quoi? - C'est pas tr�s clair.
- Quelle partie? - Tout.
Pas clair? �coute, petit,
j'ai vendu, cash, 200 kilos de graines de fil barbel�.
Alors, quelques timbres!
Qu'est-ce que je perds?
Si je risque pas, j'ai rien. Si je vends, je garde tout.
Et si c'est un coup des flics?
Non, petit.
C'est le coup de ta vie.
T'as une chance sur 1 million.
Le vieux dessine tr�s bien.
C'est le meilleur.
Je peux vendre ces timbres
et en tirer 30000 au moins.
30000?
Quoi? Plus?
Viens.
Quoi?
Qu'est-ce que tu veux?
- Je veux entrer. - O� �a?
J'ai besoin de fric. Je veux une partie.
T'es devenu fou?
Rien qu'un pourcentage, on est ensemble aujourd'hui, non?
En quel honneur?
J'ai eu �a par ma s�ur!
Tu te prends pour qui?
- T'as eu du bol d'�couter. - J'�tais l�, et...
Tu connais m�me pas Sandler!
Bon, reste m'aider. T'as 1000 de fixe.
3000.
- 1500. - 2500.
- Bon, 2000. - 2500.
- OK, 2000. - 2500.
Si �a se fait. Sinon, rien.
- Il s'appelait comment, le type... - T'occupe!
Vidal Garofalo?
- Gandolfo. - Tu lui plais.
Je voulais te parler de...
- Il t'int�resse? - Non.
- Oublie ce type... - Je reviens.
Tu conna�trais, de Rita Pavone, "Il Ballo del Mattone"?
On y va. On te fera plus suer.
Dis-moi, et les grands-parents?
Encore? Va voir ton avocat!
C'est le tien qui fait tra�ner.
Les avocats aiment �a.
- Fais-le pour Federico. - Le gosse a rien � voir.
Tu l'emmerdes, il a la 3e part.
Tu m'as attaqu� en justice.
Tu veux mon sang, aussi?
Pauvre victime! Salaud!
M'insulte pas et m�le pas le m�me � �a.
Il s'en m�le seul. Dis-le-lui.
- Salut! �a va? - Bien!
Tu vas bien?
Tu disais qu'il venait jamais!
- Tu vas bien? - Bien. Toi?
Ta s�ur a r�ussi � te faire bosser avec elle!
Fallait du fric pour la maison.
Lui dis rien.
N'aie pas honte.
Parle-lui de l'h�ritage.
- �a va, Valeria! - Oui, �a va.
Tu es na�f, Federico.
Me mets pas dans ce bordel.
Il m'a d�j� expliqu� l'h�ritage.
- Et tu le crois? - C'est mon fr�re.
Attaque-le, �a m'est �gal. Mais ne me gonfle pas.
Je retourne bosser!
� bient�t.
Allons-y.
- Bonjour. - Que voulez-vous?
Une enveloppe. De la part de votre mari.
Une grande enveloppe jaune,
sur le meuble du s�jour, sous le vase.
- Mon mari est absent. - Oui, je sais.
Il a dit qu'on prenne l'enveloppe quand m�me.
Il est absent. Revenez � un autre moment.
C'est impossible, madame.
Monsieur Sandler, a dit...
Mon mari n'est pas l�!
Qui �tes-vous? Que voulez-vous?
Rien, madame. Seulement...
Partez ou j'appelle le gardien!
S'il vous pla�t...
Dehors!
Je vous connais, hein!
De Sion sortira la Thorah, Rabbin Elias Meckler
Entre R�os, 1984
Je ne vous ouvrirai pas.
Allons, la dame a raison.
Maman comprendra, ce n'est pas grave.
Si on arrive � la revoir,
elle verra les photos.
Au revoir. Excusez-nous, madame.
Mon fr�re est nerveux de revoir maman.
Elle avait envie de voir ces photos.
Enfin, on trouvera une solution.
�coute!
Pas toi!
Reste l�-bas! Toi! Viens!
Ces photos sont dans l'enveloppe?
Des photos de ma famille de Pologne.
Votre mari avait dit
qu'il ferait des copies pour maman,
puisque qu'on allait la voir.
O� vit-elle?
Maman? � Entre R�os.
Une seconde, s'il vous pla�t.
- 20 %. - 50- 50.
- 25 %. - Sinon, elle te laisse dehors.
Je suis pas Sandler. Et t'as besoin du bl�.
30 %, moins les frais.
Vous connaissez Entre R�os?
Maman est toujours l�-bas.
Pour elle, "un Meckler vit sur la terre qui l'a vu na�tre".
Elle est de la famille du Rabbin? De Basavilbaso?
C'est sa cousine. Et moi, son neveu.
Vidal Gandolfo est � l'h�tel cet apr�s-midi.
Ils ont demand� � boire pour 15 h 30.
Comment tu l'aborderas?
Je sais pas.
- Faut que je pense. - Vite, hein?
T'as pas beaucoup de temps!
"On" en a pas.
Tu pourrais apporter 30 % d'une id�e.
Comment allez-vous, cher Marcos?
Pardon, Washington, on est occup�s.
Vous n'allez pas rater mes affaires!
D'accord.
Faites voir?
Ce que vous voulez.
Loterie Nationale, C�rdoba, Buenos Aires...
Des tiers?
Et des billets vierges.
�a va, Washington.
Et pour faire un cadeau
� votre fianc�e?
Ah oui, une Rolex du Paraguay!
Et vous?
Autre chose?
Parfums, v�tements de marque, espadrilles?
Logiciels,
tableaux sign�s, �lectronique,
moto japonaise avec d�g�ts mineurs.
- Quels d�g�ts? - R�servoir perc�.
Un impact
- de petit calibre. - C'est �a!
Vous auriez un revolver 357?
Je ne suis pas un d�linquant.
Bonne journ�e.
Pardon!
Et des portables?
De quelle marque?
Une id�e?
Du calme, il va y aller.
C'est moi.
Salut! Non, je suis press�,
j'ai envie de pisser.
Non, � l'h�tel.
On m'a mis sur le coup. Je crois pas que �a marchera.
Je vais � Montevideo samedi,
voir si je les place l�-bas.
Le moment compte pas.
Combien? Hein?
T'es bourr�?
Pour les Neuf Reines?
�coute-moi, avec ce bl�,
va � la poste t'acheter des timbres.
Non, t'en es loin. Oublie.
L�, tu t'approches un peu plus.
- Qu'est-ce que tu fous l�? - Je t�l�phone!
Fais pas le con avec moi!
�a fait 2 fois que je te vois ici avec ce morveux!
- Qu'est-ce que tu veux? - Je pose les questions.
Qu'est-ce que tu fais ici?
Je vends, c'est tout! Tout est l�gal, sans histoires!
Dans les toilettes?
Tu veux que je m'�nerve vraiment?
Et nous voil�, tous r�unis!
Non mais, d'o� tu l'as sorti?
Les clients de l'h�tel sont inquiets.
Sortons, vous vous expliquerez.
Ce sera pas utile,
identifiez-vous, s'il vous pla�t.
Baisse l'arme.
Qui vous �tes?
Un client de l'h�tel
et ces messieurs sont avec moi.
Ils sont avec vous?
Rangez votre arme.
Que vous soyez un client ou le roi d'Espagne,
moi je...
Viens ici! Et vous, attendez-moi!
Esp�ce de salaud!
�a t'a plu, hein?
T'avais besoin de cogner?
Je devrais aller � Hollywood!
Il a tout aval�.
Je devrais faire que �a.
On y va. Paie-toi avec ce qu'il te donnera.
Et ta part? Tu me dois 200!
- Je te donne 100, le reste apr�s. - 200.
Enchant�.
J'ai � vous parler. Suivez-moi.
Mes partenaires m'attendent.
- �a va? - Oui.
O� il a eu sa carte, ton pote?
Ils leur donnent avec le flingue, au boulot.
Essayons
de ne pas perdre de temps.
Tu as quelque chose � vendre?
Une affaire l�gale, d'apr�s ce que tu disais.
Tu disais aussi au t�l�phone,
que cela m'int�resserait.
Qui vous �tes?
Si tu offres ce que je crois...
Qui vous �tes?
La personne que tu es venu chercher.
Je vends rien et demande aucune faveur.
On est ici par politesse.
Vous nous avez aid�s dans les toilettes,
mais je vous connais pas.
- Et toi, que dis-tu? - Il parle pour moi.
Quels professionnels!
Savez-vous, idiots, comment on fait?
Si tu voulais m'offrir quelque chose,
tu frapperais s�rement � ma porte comme un vendeur d'encyclop�dies.
Mais si tu �tais un "porte�o" rus�,
tu tenterais de m'app�ter,
pour que je te cherche. Pas le contraire.
Tu parlerais par t�l�phone
avec un vendeur suppos�,
en t'assurant que je t'entends.
Mais ce doit �tre subtil.
Ne pas dire, par exemple:
"Quoi? Les Neuf Reines?"
"T'es fou?"
Et apr�s, au policier:
"T'avais besoin de cogner?"
"Je vends, tout l�gal!"
Vous comprenez?
C'�tait ridicule!
De quoi vous parlez?
Allons, terminons-en.
C'est vrai que si vous �tiez venus me voir,
je ne vous aurais pas re�us.
Mais peu importe la mani�re,
si ce que vous avez m'int�resse.
Vraiment, je comprends pas.
Ne sois pas lourd, le show est fini.
Je t'�coute.
Parle ou va te faire voir.
J'ai peu de temps et beaucoup � faire.
Ils sont � toi?
Tu les as?
Mon grand-p�re me les a laiss�s en mourant, il y a quelques mois.
Un Allemand les lui avait donn�s.
- Il les a pay�s 7 pesos. - 7 pesos?
J'en ai parl� � mon cousin,
qui a pens� � les vendre.
�a vous int�resse?
- Ne me presse pas. - Votre temps est pr�cieux!
Je pourrais les acheter.
Une chance pour tous!
Revenez dans une heure.
Je veux les voir et parler argent.
- Aujourd'hui? - Oui.
J'ai peu de temps.
Je quitte votre ville demain matin.
- Tu ne le savais pas? - Non.
C'est ainsi.
Croyez-moi, je regretterai ce pays
si ouvert aux affaires!
Dans ma chambre, � 4 heures.
L�che donc ce t�l�phone!
Tu viens mettre le bordel!
- T'inqui�te pas. - T'en m�le pas, toi.
C'est vrai, c'est rien.
Tu sais o� finissent les associ�s de mon fr�re?
Et ton argent, aussi?
- Ne viens plus. - On reviendra.
- J'appelle la police. - Vas-y!
Pardon,
vous connaissez, de Rita Pavone,
"Il Ballo del Mattone"?
Allez,
viens!
Pourquoi elle a dit �a, ta s�ur?
Quoi?
- Sur tes associ�s. - J'en sais rien.
- Tu bossais plus avec Sandler? - T'occupe.
Je suis ton associ� aujourd'hui, alors je m'en occupe.
J'ai fait un partage unilat�ral du bl�.
Tu l'as entub�.
- T'as entub� ton associ�. - Entub�...
Sandler a toujours �t� con. Et il m'a quand m�me rappel�.
- Je t'entuberai pas, toi. - Pourquoi?
Je me fais vieux.
Je suis pas convaincu.
J'en ai m�me pas besoin.
Non et non!
Je ne maintiendrai pas une position consolid�e du volume.
� combien?
C'est mieux.
Offre 19000 et laisse aller.
Sinon, on perdra...
Voyons un peu...
2,5 millions ou 3 millions.
Beaucoup mieux.
Je t'appelle en arrivant.
En arrivant � Caracas.
D'accord.
Donne-moi, donne!
� toi de jouer.
Je tiens � le redire: Les conditions sont peu id�ales.
Il faudrait faire un test de l'encre en laboratoire et...
Je n'ai pas le temps!
Tu es le meilleur et je te paie
en tant que tel. Alors dis-moi
s'ils sont vrais ou pas.
Je dois en payer le prix?
Ou on veut me flouer?
Faites ce que vous jugerez utile.
Les timbres sont bons.
Pardon, vous connaissez une chanson...?
Comment va le match?
Timbres de la r�publique de Weimar.
Erreur dans le dentel�.
Vous aviez raison,
plus besoin de preuves.
Ce sont les Neuf Reines.
Toi... paie-le.
Parlons argent.
J'avais pens�...
Toi, tu �coutes seulement.
J'ignore comment vous subsistez.
S�rement pas en vendant des timbres.
Cette planche vous est tomb�e du ciel.
Ce que vous en tirerez, c'est du bonus.
Je me trompe?
Non.
C'est vrai.
Les timbres, on conna�t pas trop.
On pr�f�re les vendre.
Tout de suite, sans paperasses.
Mais si je trouvais l'argent,
je les vendrais aux ench�res aux USA.
Dans les catalogues...
J'emmerde les catalogues!
Que se passe-t-il?
Tu es devenu expert?
Je vais acheter ces timbres.
Le reste, c'est du vent.
Je fixe le prix et tu acceptes.
Pas un centime de plus que
300000.
Pas question.
On me volera pas, tu sais?
C'�taient les timbres de grand-p�re,
je les bazarde pas, Europ�en millionnaire ou pas.
- �coute. - �coute-moi, toi.
On est en affaires, mais je d�cide.
D�finitif, je les bazarde pas.
D'accord.
Ton papy serait heureux pour combien?
450000.
- Ce type va acheter les timbres. - Oui.
� 10 heures, et il nous donnera 450000 dollars.
10 % pour Sandler, 30 % du solde pour moi.
Moins les frais.
O� est le pi�ge?
Hein?
T'es en train de m'entuber.
- Tu me m�nes en bateau. - Quoi, je t'entube?
Je sais pas, mais je le sens.
Et �a me rend dingue.
C'est pas vrai.
C'est pas vrai?
Donne �a.
T'as jamais rien eu d'aussi vrai. 450000!
Plus vrai que toi et moi.
Mais qu'est-ce que t'as?
T'as un complexe?
Tu peux pas jouir de la vie? T'as besoin d'�tre rassur�?
�coute, je te tue si je perds �a � cause de toi.
�a te parait louche?
D'accord. T'es plus dedans.
Va-t'en. Laisse-moi. Ciao!
Allez, va!
Ciao, bonne chance!
Tu crois que j'ai besoin de toi?
Je devrais t'envoyer pa�tre.
- Tu m'aimes d�j�? - Oui.
Vous disiez?
Comment �a s'est pass�?
De quoi tu parles?
Il les a achet�s?
- De quoi il parle? - Aucune id�e.
- Qu'est-ce que tu veux? - Ma part.
Bordel, de quoi tu parles?
�coutez.
Ces timbres ne valent rien.
Enfin, les vrais, oui.
Mais ceux que vous vendez
sont assez bien faits, en fait.
Ta part. Tu la veux?
Combien?
15 %.
- Un service. - J'ai rien demand�.
Je monte lui dire qu'ils sont faux.
Tu lui dis?
Je te sors le foie par le cul!
Tu sais � qui tu parles?
- 10 %. - 2 %.
7,5 %.
5 %, d'accord?
Donne ton adresse et t�l�phone.
Je t'appellerai.
- C'est vrai? - Tu veux une traite?
Nous, les malfrats, on fait confiance.
J'en suis pas un.
Pardon, allez, va!
L�, j'y suis le matin.
- � quelle heure? - De 8 � 11, sauf mercredi.
Bon, je t'appelle.
C'est pas possible, �a?
On est emmerd�s de partout.
Tu donnes beaucoup d'actions, non?
10 % par-ci, 5 % par-l�.
C'�tait pas mal, non?
�a aura dur�
4 heures.
Les r�ves durent moins.
- C'�tait pas un r�ve. - Maintenant, oui.
Tous les jours tu perds une fortune?
Non, mais
il y a plus rien � faire.
Ces timbres sont nazes. Les autres...
- Qu'est-ce que t'as? - Les originaux!
Chez la s�ur de Sandler!
Il a dit que sa s�ur...
C'est un con.
On lui offre une part,
on lui dit qu'ils sont vendus.
- Si elle refuse? - Non.
Elle voudra.
Tu la s�duiras! S�ducteur de vieilles!
Alors,
les Neuf Reines?
Effectivement.
Que vous a dit mon fr�re?
Que vous �tiez tr�s attach�e � la collection.
Elle vous rappelle le souvenir...
De mon mari? Ah oui!
Les timbres me rappellent mon mari:
Carr�, collant...
On a d�cid� de venir,
parce qu'on a pens�,
vu la possibilit� d'une vente imm�diate...
Ainsi, mon fr�re pense que je ne vendrais pas ces timbres?
Je ne les lui donnerais pas!
Mais je les vendrais,
si j'avais besoin d'argent.
Cela fait un moment que je voulais les rendre utiles.
J'ai des frais...
Et votre commission?
15 %. La vente se ferait aujourd'hui.
Id�al!
La vente est � combien?
50000 au comptant.
Pour qui tu me prends?
Excusez-moi, franchement...
Arr�te de jouer la com�die.
Tu crois que j'ignore la valeur des timbres?
Tu gagnes ta vie en arnaquant les retrait�es?
La valeur exacte ne m'int�resse pas.
�coute-moi bien,
je donne mon prix id�al.
Celui qui le pose sur la table,
emporte les timbres.
C'est tout. Ni pourcentages, ni consignations, ni acomptes.
Tu veux, tu paies, tu emportes.
Le prix id�al, c'est quoi?
Il parle!
- Belle qualit�! - Combien?
500000 dollars.
Assieds-toi.
Dites-moi,
c'est de la folie.
- �a les vaut pas. - Non?
�coutez.
On peut arriver � 75000.
Pas question.
- 450. - 100000.
400.
- 150. - On devrait partir.
350000.
- 200000? - Partons.
250000 dollars.
Dernier carat.
Si on apporte l'argent aujourd'hui,
les timbres sont disponibles?
Bien s�r.
Ils sont ici?
Ne t'inqui�te pas d'o� ils sont.
Tu paies, tu les emportes aujourd'hui...
- �a va pas? - On est foutus, c'est r�p�.
Faut continuer.
- Co�te que co�te. - Comment?
On les ach�te � Berta.
- T'es devenu dingue? - Non.
Elle veut 250000, pour ses timbres. On a une offre de 450000.
Un jour de boulot, 200000 de b�nef.
D'o� tu sors les 250000?
J'ai du bl�
que je peux utiliser.
250000?
Non, moins.
Le fric de ta s�ur? La fameuse histoire...
J'ai profit� de l'occasion,
- j'ai �t� rapide. - C'�tait toi ou elle...
J'allais le dire.
Je pensais attendre un an,
que �a se calme et que le proc�s soit fini.
On est sauv�s, alors.
On ach�te, on vend,
c'est 200000 de b�nef, comme tu dis.
J'ai 30 %, sans rien mettre.
- J'ai pas tout le bl�. - Ah non?
J'ai un reste de l'h�ritage.
Je pourrais rafler un peu � l'avocat,
plus ce que j'ai par l�,
j'arrive � 200000...
Et le reste?
T'avais 50000 pour ton vieux...
Avant que t'en parles!
- Arr�te! - Salaud!
Tu d�connes? Tu crois que je te filerais 50000?
Tout ce que j'ai pour mon vieux?
Non mais t'es dingue?
Tu me vois t'arnaquer?
Je te montre qui je suis, comment je bosse,
je serais une ordure!
Ordure intelligente.
T'es en cheville avec la vieille? Elle a 30 %?
Et Sandler, tu lui donnes 15, 20 %?
Tu vois pas l'occase que t'as devant toi!
T'as 200000, Marcos. J'ai 50000.
Et elle nous demande 250000. Va te faire voir!
Justement, connard, �coute-moi.
�a s'invente pas, un coup comme �a.
�a peut se pr�senter, mon vieux.
Une occase sur un million, une fois dans ta vie.
Et �a nous arrive, maintenant.
Une fois sur un million.
- Va te faire foutre! - T'as 50 %.
T'es pas oblig� de mettre.
Merci pour les cigares, c'est bien la marque.
Comment tu vas?
Bien,
mais je serais mieux chez nous.
C'est bourr� de voleurs, ici.
Et l'argent?
�a va mal.
J'ai plus que 2 ou 3 mois.
- Pourquoi? - Biscardi.
Il se retire. Il est hors juridiction.
Le prochain est tir� au sort. Pas s�r qu'il accepte la combine.
Si j'ai pas le bl� dans 10 jours,
je rate le coche.
10 jours seulement?
10 jours ou 3 mois, quelle diff�rence?
D'o� je sortirais 70000 pesos?
Tu peux pas rester ici, papa.
- Je pourrais... - Surtout pas!
J'ai perdu la main.
- Pourquoi? - Pourquoi, quoi?
Pourquoi je peux pas t'aider?
Pas comme tu veux le faire.
- �coute. - Non, �coute-moi.
Je te l'ai dit 1000 fois,
j'ai fait des erreurs, ne les r�p�te pas.
Tu sais, on joue pas l�-dedans.
Les mecs sont pas des enfants de ch�ur.
Ils m'ont entub� 1000 fois,
et j'ai v�cu plus que toi.
Crois-moi.
Fais pas l'idiot.
Tu pourrais finir enferm� ici.
Tu y resterais.
Comment je dois te le dire?
Tais-toi et je finirai plus vite.
�a suffit! J'appelle la police!
Ne viens plus dans mon h�tel.
Ah oui? Ton h�tel?
Et tu vas appeler la police?
Tu m'as emmerd� assez longtemps � remplacer maman.
Tu vas pas me bousiller �a!
Je te le dirai une seule fois:
Je d�conne pas dans ton h�tel.
Il se trouve que le type est descendu ici, pr�cis�ment.
Si tu t'en m�les ou qu'� cause de toi,
�a foire, je te tue. Je te jure.
- Tu vas tuer personne. - Tu me connais pas.
- Qu'est-ce que tu fais? - Mes amis,
vous �tes d�j� l�!
Bien accompagn�s! Le meilleur de l'h�tel!
Vous vous connaissez?
Depuis tr�s longtemps.
Mademoiselle est ma s�ur.
Vraiment?
Voil� qui est int�ressant.
Ton fr�re et moi allons faire une affaire fantastique.
Vous allez �tre riches.
Lui, s�rement. Pas moi.
Il y a de l'orage dans l'air?
Si on montait dans votre chambre,
- pour en finir? - Oui.
Finissons-en, oui.
- Il t'a fait mal? - Non, �a va.
Je viens de modifier notre accord.
- Un ajout. - Dans le prix?
Non, au paquet.
Je l'ai ajout�e.
- Valeria? - Oui, Valeria.
Je bande plus, depuis qu'elle est ta s�ur.
Une seule nuit, ce soir.
Depuis mon arriv�e, je veux la baiser.
Et elle a refus�.
Tu veux l'argent?
- Persuade-la. - Si elle refuse?
- L'affaire est class�e. - Les timbres pour un "coup"?
Ton besoin de fric d�passe mon envie de timbres.
Que Valeria me les monte.
Je ne recevrai personne d'autre.
Qu'est-ce qu'il y a?
J'aurais 50 arguments pour convaincre une autre fille.
Et que des bons.
Mais avec la petite, rien...
Elle, c'est autre chose.
Valeria marchera pas.
Qu'est-ce que t'en sais?
D'apr�s ce que j'ai vu...
T'es mordu!
J'ai vu ton regard,
tu la prends pour une sainte.
Tu l'as vue remuer des hanches?
�a n'existe pas, les saints.
Tout est question de tarif.
T'aimes les mecs, toi?
Tu baiserais un mec?
S'il te propose 10000 dollars?
10000, c'est du bl�!
Et pour 20000?
Du pognon, du vrai!
50000 dollars?
500000!
Tu vois?
Les p�d�s, �a manque pas. Mais les financiers...
T'as pas vu Valeria?
Oui, l�-bas.
- J'ai pas le temps. - Une minute.
Laisse-moi.
C'est pour l'h�ritage...
Appelle Federico, qu'il vienne une seconde.
Pas la peine du m�me...
Je partage tout avec lui. Il a le droit de savoir.
Savoir quoi?
Ce que tu vas me proposer.
Je te vois venir, Marcos.
Qu'est-ce que tu veux de moi?
Je suis sur un coup avec Vidal.
Qu'est-ce qu'il y a?
- Encore toi? - Salut.
C'est toi qui parles, ou moi?
Il veut que je couche avec un type, parce que �a l'arrange,
contre de l'argent qu'il nous a vol�.
- C'est pas �a... - Ah non?
Tu vas dire la v�rit�, pour une fois?
Tu m'as appel� pour �a?
- Je veux que tu entendes ton fr�re. - Il a rien � voir.
Exactement. Ciao.
Dis-lui la v�rit�.
Je gagnerai le proc�s, je veux pas d'argent.
Je veux qu'il sache la v�rit�. Il d�cidera apr�s.
Je lui dis la v�rit�,
et tu vas avec Vidal?
Et comment je saurai?
Donne ta parole d'honneur,
c'est ton point faible.
Ma parole d'honneur.
Federico, viens.
Quoi, encore?
Tu es bien s�re, hein?
La v�rit� pourrait blesser.
C'est une man�uvre compliqu�e.
Sur notre h�ritage.
Mon avocat a bloqu� la succession en Italie.
Il m'a pr�sent� comme seul h�ritier.
On a arros� quelques types, on a touch� le bl�,
et on a partag�.
Tu d�connes?
Dis-moi, c'est pas vrai?
C'est vrai.
L'interm�diaire qui avait vol�
et les imp�ts italiens, tout...?
Je voulais pas que tu saches...
Que mon fr�re m'a vol� et menti?
C'�tait beaucoup de bl�.
Et ce truc de coucher avec un type?
Ta s�ur sait ce qu'elle fait.
Quoi, Fede?
Tais-toi!
Bon, �a va.
Va chez Vidal. Rappelle-toi...
Dis-moi,
v�rifie bien l'argent.
Compte-le.
Faudrait pas qu'ils nous arnaquent.
Apr�s, tu le mets l�-dedans. Hein?
Viens, on descend. Qu'est-ce qu'on fait ici?
Elle est sortie?
- T'as dormi? - Non.
On a pas tous la conscience tranquille.
La quoi?
- Attention! - Vidal, pardon!
Cher ami! C'est gentil, de venir me dire au revoir!
Et la... le...?
La petite a tout, comme pr�vu!
J'ignore combien elle aura, mais ce ne sera jamais assez.
Quelle femme!
Monsieur Vidal!
Partez pas! Elle est pas descendue!
Quoi?
Je ne peux pas partir!
Parce qu'elle n'est pas descendue?
Un ch�que?
Un ch�que?
T'es conne ou il l'avait grande?
- T'as accept� un ch�que? - Il est au porteur.
Au porteur et certifi�.
- C'est comme du liquide. - Je connais les ch�ques certifi�s.
Il a pas pu le faire. On a fix� le chiffre hier.
Il avait plusieurs ch�ques.
Il a d� faire le tien d'apr�s ses autres frais.
Il avait un ch�que de 600
et un autre, de 650.
Tu es le moins cher.
Comment tu sais?
L'h�tel a un business center.
On s'est occup� des d�marches.
Comme du liquide.
La banque ouvre dans 45 minutes, prends quelque chose.
Je vais t�l�phoner, hein?
C'est fini.
Non, �a terminera jamais.
- Non, je parlais de tout �a. - Moi aussi.
Et Federico, �a va?
Oui.
Il ira mieux, maintenant.
C'est la Banque Sudam�ricaine de Cr�dit.
J'ai un ami l�-bas.
Un type � qui j'ai rendu service.
Je l'ai mis sur un coup.
- Je voulais te dire... - Quoi?
Que tu m'excuses.
- Pourquoi? - J'ai dout� de toi.
� un moment, j'ai cru que tu m'entubais.
Je voulais
te remercier.
En fin de compte...
De rien.
Attends-moi, j'ai oubli� mes clopes.
- Pardon. - Excusez-moi.
On y va?
Elle �tait pas � c�t�, la banque?
Faut pas exag�rer.
Turco de merde! Il a disparu!
Sa t�te, quand il va savoir!
Toi et moi, quel duo!
Oui, mais non.
On fait nos comptes et c'est marre.
- Sans blague. - Oui, monsieur!
On se partage le bl� et basta.
T'es vex� parce que t'es riche!
- On est diff�rents, Marcos. - Ah oui?
Et tu sais pourquoi?
Moi, j'assume ce que je fais.
T'as peur d'�tre montr� du doigt.
Tu te crois mieux que moi?
T'es un trouillard.
Tu veux du bl� et garder les mains propres.
Pour �tre salaud, faut des couilles.
Pour �tre un vrai fils de...
Non! Je vais t'expliquer! D�conne pas!
Va l�-bas. Toi, ici.
Allez, mets-toi l�!
J'allais payer, je te jure! Ma m�re est tomb�e malade!
- Elle est morte! - Justement!
La ferme!
Tu me m�nes en bateau depuis 1 an!
Mon fric ou je t'esquinte!
Je t'en supplie!
Le fric, maintenant!
Ou je t'abats comme un chien!
Petit...
T'es en train de me baiser, toi.
Risquer ta vie pour un ch�que?
Mais o� t'as mis le bl�?
Je l'ai cach�.
Faudrait pas qu'on nous le vole.
Donne-le-moi.
Non. Si tu me tues, pas de bl�!
Alors je le tue.
Vas-y.
- Arr�te, Juan. - Je le tue, hein?
- C'est la vie. - Juan!
Pourquoi?
- Parce qu'il a dit "ch�que". - Quoi?
T'as dit "ch�que" au lieu de "fric".
- J'ai pas dit "ch�que". - Oui!
- Non. - Salopard! Tu l'as dit!
Tu as dit "ch�que".
Si t'avais appel� avant, j'aurais pu r�p�ter!
Quel connard! Taille-toi! T'es vraiment naze!
Et mes 50? Pour payer...
- Quoi? - Le p�tard.
Mets-toi-le dans cul!
Connard!
T'as vu pourquoi j'ai besoin de toi?
Quoi? On dirait une vierge viol�e!
Tu esp�rais quoi, de moi?
Un miracle.
Bon, la banque est d�j� ouverte!
- Donne le ch�que. - Non.
C'est mon coup.
Donne-moi le ch�que.
Cardenas!
- C'est quoi, tout �a? - Toi, ici?
Je vais te massacrer!
Je te rembourserai, c'est quoi, tout �a?
Ils nous ont laiss�s � sec!
On l'a su en arrivant ce matin.
Ils ont rien pu faire pour sauver la banque.
Ils ont emport� la caisse!
- Qui? - Le directoire.
Ils ont emport� 135 millions.
La Banque Centrale le savait
et ne l'a dit qu'aujourd'hui.
- Faut que j'y aille. - �coute! C'est un vrai?
Dans quoi tu t'es fourr�?
C'est un vrai ou pas?
�a change plus rien, de toute fa�on.
C'est pour toi, �a?
C'est � encaisser?
Tu vas pouvoir te torcher avec!
Combien?
- Deux. - Aucune.
C'est mes fiches!
Non, elles sont au vieux.
La ferme.
T'es fatigu� ou de mauvais poil?
Tu picoles autant au th��tre?
Tu sais quoi?
Je fais plus espagnol, un peu rond.
Le type qui t'a averti de la faillite...
Cardenas?
Il a appel�, il y a du grabuge. Il viendra encaisser apr�s.
Et le Turco?
Il demande s'il peut rester une semaine de plus avec ta cousine.
Quoi?
T'as eu peur, morveux, hein?
Jamais.
Vous connaissez un air de Rita Pavone,
dans un film,
il y a longtemps...?
Allez, Berta.
J'ai ador� ton baiser � l'h�tel.
J'ai pas pu m'en emp�cher.
Heureux anniversaire n� 1!
- C'est pas trop? - C'est � toi.
Et � toi.
Moins les frais.
Quoi?
Rien, rien.
Et �a?
C'�tait � ma m�re.
Grand-m�re la lui avait donn�e.
Elle est dans la famille
depuis au moins 100 ans.
�a y est, je me rappelle!
Je me rappelle comment c'�tait!
Adaptation: Lise Ferran
Sous-titrage vid�o: C.M.C.
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