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[musique suspense]
[sirènes de police]
[vrombissement de drone]
[ronflements]
[vrombissement de drone]
[ronflements]
[clics d'appareil photo]
[alarme]
Qu'est-ce que c'est ?
- Levez-vous, M. Pellegrini. - Qu'y a-t-il ?
- Le périmètre est compromis. - Quoi ?
Suivez-nous à la panic room, s'il vous plaît.
[d'un ton agacé] Oui, oui.
[homme] Attrape-le !
C'est quoi, ça ?
Attention !
Je l'ai !
Par là !
Attention, à gauche ! Vite, la porte !
- On a neutralisé l'intrus. - C'est qui ?
[M. Pellegrini] C'est quoi ?
[homme] Appareil détruit. Tout est sous contrôle.
C'est bon.
[homme] C'est bon. Le périmètre est clean. J'ai tout vérifié.
[musique douce]
[Assane] Comment ça va, Dumont ?
Tu me reconnais pas, sans mes lunettes ?
Assane ?
C'est ça.
Souris, Dumont.
Je t'ai apporté un cadeau. Ton Circé.
Tu l'as bien cassé ?
- Qu'est-ce que tu veux ? - Tout savoir sur ton ami.
- Mon ami ? - Pellegrini.
Tu voulais lui dire quoi, l'autre jour ?
Où est ta femme ?
- Au travail. - Non. Elle n'y est pas.
- Tu lâches ma femme. - Elle devrait être au travail.
- Elle a rien à voir là-dedans ! - Balance sur Pellegrini.
Si je te donne un nom…
- Tu me jures que t'arrêtes ? - Je te jure.
- Tu me donnes ta parole ? - T'as ma parole.
- T'es un homme de parole, toi ? - Non.
T'as le choix ?
Tu veux faire tomber Pellegrini…
Il y a une femme, Fabienne Bériot, qui peut t'aider.
C'est une journaliste.
Il y a quelques années, elle a failli le couler.
Je t'ai rien dit, hein ?
[Assane] À bientôt.
[tonalité]
- [Hélène] Allô ? - Où est-ce que tu es ?
- Au bureau, pourquoi ? Un problème ? - Non, rien.
- Ça va pas ? - Tout va bien.
- On dirait pas. - Je voulais t'embrasser.
D'accord, chéri. Je t'embrasse aussi.
- Passe une bonne journée. - À ce soir.
[il souffle]
[sirènes de police]
J'accuse ?
J'accuse !
Allez.
La prochaine fois, tu monteras les courses.
[chute d'objet]
Alors…
Qu'est-ce que tu racontes, Fabienne Bériot ?
[Fabienne] Allez.
N'ayez pas peur.
De quoi ?
J'ai pas peur, hein.
J'ai plus l'âge ni la force.
Si tu veux piquer un truc, tu vas être déçu.
Ce que j'ai de plus cher,
- c'est un mauvais vin. - J'ai une tête de voyou ?
T'as la tête de quelqu'un qui s'est introduit chez moi.
Je suis pas un voleur. Je suis un fan.
[Assane] Vous me le dédicacez ?
- C'est quoi, ça ? - C'est votre livre.
- Je crois pas, non. - Arrêtez.
- Vous êtes Fabienne Bériot. - Elle habitait ici mais plus maintenant.
Fabienne. J'ai besoin de vous.
Fabienne, elle existe plus.
Réduite au silence par le grand capital. Hein, J'accuse ?
- C'est vrai, ce que vous racontez. - C'était vrai, mais bon…
J'ai dû affronter une armée d'avocats,
j'avais pas les moyens et je me suis fait écraser.
Alors on a un ennemi en commun.
- Pellegrini. - [aboiement]
Écoute, je suis très occupée, je te retiens pas.
Vous aussi, vous voulez vous venger de Pellegrini.
[aboiement]
- Pellegrini. - [aboiement]
OK, je lui ai appris à aboyer quand il entendait ce nom-là.
- Mais c'est vieux, ça. J'ai arrêté. - C'est pas possible.
Vous étiez un vrai sniper.
Les labos pharmaceutiques, la Françafrique…
Vous les avez tous fait tomber. Et lui, alors ?
Vous voulez plus vous battre ? Vous y croyez plus ?
Qui me dit que tu bosses pas pour Pellegrini ?
[aboiement]
Il t'a envoyé vérifier si j'étais toujours au fond du trou ?
T'as vu ? J'y suis.
Allez, bonne journée !
Il y a 25 ans, il a piégé mon père.
Il l'a fait passer pour un voleur et l'a envoyé en prison.
Mon père s'est pendu de honte.
[Assane] J'avais 14 ans.
Ma vie aussi, il l'a détruite.
Vous êtes la seule à lui avoir tenu tête.
J'ai besoin de vous.
Il est fort, ce bouquin. Courageux.
Où est celle qui l'a écrit ?
Je veux l'aider à finir le travail.
Non, je suis désolée.
Ce type a des appuis partout. Il est intouchable.
Dégage. Va-t'en.
Rentre chez toi.
[musique mélancolique]
[Dumont] Je veux être sûr de comprendre…
Le type qui m'a enlevé serait celui qui a volé le collier ?
Parce que ?
Il y a 25 ans, vous avez enquêté sur le vol du collier.
- Et ? - [Belkacem] Le mode opératoire, aussi.
Que ce soit le vol du Louvre ou votre enlèvement.
- Il y a un côté… - [Laugier] Grand spectacle.
[Belkacem] Exact. Et ça rapproche les deux affaires.
[Guédira] Si je peux me permettre…
J'ouvre une parenthèse. Je sais qu'il n'y a que moi…
Je suis le seul à penser ça, mais il y a une inspiration commune.
- Arrête. - Je dis ce que je pense.
Une inspiration commune ?
Tiens donc ! Et de qui ?
Arsène Lupin, commissaire.
Gentleman-cambrioleur, écrit par Maurice Leblanc.
Le Collier de la reine a été publié en 1923 dans Le Journal.
Un grand classique de Lupin.
Et les pseudos utilisés, Paul Sernine ou Luis Perenna.
Ce sont des anagrammes d'Arsène Lupin.
Puis la méthode, le panache, le style, le talent…
Je pense vraiment que le suspect se prend pour Arsène Lupin.
J'ai une liste des similitudes, je peux vous l'envoyer.
- Je la veux tout de suite, cette liste. - Voilà.
Parce que maintenant que vous en parlez, ça me revient.
Le type qui m'a enlevé portait un haut-de-forme et un monocle.
On a les images des caméras
et on va faire un portrait-robot.
On va vite avoir la tête de votre agresseur.
Parfait. Allez-y, je vous retiens pas.
[notification sonore]
[cliquetis du clavier]
[aboiement]
- Comment vous m'avez retrouvé ? - Je ne révèle jamais mes sources.
Vous avez réfléchi ?
Pellegrini m'a volé un bien précieux : ma carrière.
Il a fait savoir à tout Paris qu'il fallait pas m'embaucher.
Il m'a fait passer pour une folle qui vit avec ses chats.
- Alors que c'est pas vrai. - Ben non…
C'est les chiens, votre truc.
Quand t'es une femme, que t'as mon âge et mon allure,
ton cas est vite réglé : poubelle.
Mais il a été un peu trop loin.
J'ai plus rien.
Donc j'ai plus rien à perdre.
Quand t'es venu chez moi l'autre jour
et que t'as sorti mon bouquin… Crois-moi si tu veux…
Personne ne m'avait parlé depuis des jours.
Et tu m'as dit des trucs gentils, en plus.
Alors bon, j'ai réfléchi…
- Je vais t'aider. - Vous êtes sûre ?
Un peu d'adrénaline, ça peut pas me faire de mal.
J'ai pas envie de le laisser gagner.
- Je dois pouvoir vous faire confiance. - T'es venu me voir.
Moi aussi, je dois te faire confiance. Tu me dis ton nom ?
Guillaume Berlat.
C'est ça, oui… C'est bien tenté.
OK… Je m'appelle Jean Daspry.
Dernier essai, sinon tu te débrouilles sans moi.
Diop.
Je m'appelle Assane Diop.
Enchantée.
- Fabienne Bériot. - Enchanté.
[petit rire choqué]
C'est encore plus le foutoir que chez moi.
J'ai pénétré chez lui pour regarder sa paperasse,
chercher des informations, mais…
Tu veux quoi ?
Le faire tomber.
Trouver des choses compromettantes.
Il a piégé mon père pour toucher l'assurance, j'en suis sûr.
- Quelle année ? - 1995.
Ça colle.
C'est pile l'année où son groupe était au bord du gouffre.
Il piège ton père, il touche l'argent de l'assurance,
il sauve son empire.
[Assane] Voilà. Il a escroqué tout le monde autour de lui.
Mais je peux pas encore le prouver.
Les gens doivent savoir que c'est un pourri.
J'ai essayé avant toi. Ça m'a pas réussi.
À l'époque, il pouvait étouffer l'affaire. Mais là ?
- Tu veux dire quoi ? - Il nous faut un gros truc, Fabienne.
Quelque chose qui l'enfonce.
Un truc qu'il peut pas éteindre.
Quelque chose qui fait du bruit. Et il est mort.
J'ai peut-être quelque chose.
[policier] C'est plus proche.
[Laugier] Les yeux, c'est pas ça.
[policier] Ces yeux-là ?
[Laugier] C'est pas mal. Fais voir celui d'après.
- Sinon, j'ai ça. - Ça ressemble à un truc.
- C'est mieux ? - Celui-là est pas mal.
Sinon on en a encore quelques-uns.
[Laugier] Mouais… C'est ton seul choix ?
[Guédira] Ça peut pas être aussi compliqué.
[Fabienne] L'Objecteur.
Le canard où j'ai travaillé toute ma vie.
De mon premier stage au jour où Pellegrini m'a fait virer.
[aboiement]
Au troisième étage, au fond du couloir, c'est les archives.
Dedans, il y a une caisse marquée "Sports années 1980".
Et là, il y a une VHS verte.
C'est ça que tu dois récupérer.
- Il y a quoi, dedans ? - T'inquiète.
Ben non.
Je prends les risques, je décide si ça vaut le coup.
Ça vaut le coup parce que je te dis que ça vaut le coup !
[elle souffle]
C'est une réunion…
à laquelle Pellegrini a assisté en 1996.
Ça peut lui faire très mal.
Et vous récupérez cette cassette que maintenant ?
J'ai déjà essayé cent fois, mais ils connaissent ma tête.
Je peux plus entrer.
Alors que je viens de rencontrer un gars qui adore forcer les portes.
- Vous vous servez de ces dossiers ? - Non, prends-les.
[Fabienne] OK.
Vous connaissez le coup du trouillard ?
Non.
[téléphone]
Accueil, j'écoute ?
[Fabienne] Nathalie Lacombe, journaliste au service investigation.
- OK. - Un informateur va me déposer un dossier.
C'est un type bizarre, mais son info vaut de l'or.
Le problème, c'est qu'il a la trouille.
Donc s'il se pointe,
ne le laissez pas partir, envoyez-le directement à mon bureau.
Il ressemble à quoi ?
Un grand black, genre premier de la classe.
Je le vois, il est juste devant moi.
- Il a des dossiers à la main ? - Oui.
Ne le laissez pas partir, envoyez-le au troisième.
[agent de sécurité] D'accord, madame Lacombe.
- Il est en train de se barrer ! - Faut le rattraper, ducon !
Oui ! Euh, monsieur ?
- Monsieur ! - [Assane] Moi ?
Suivez-moi. Venez.
J'ai eu la journaliste.
[rire]
Par là. Vous prenez à gauche, et ensuite à droite.
- Merci, monsieur. - D'accord ? Allez-y.
[musique suspense]
[dialogues inaudibles]
[Laugier] La bouche.
Ouais, quatrième…
- Tu vois le type ? - Ouais.
C'est un informateur top niveau. Je l'ai envoyé chez Mme Lacombe.
Eh ben, voilà…
[agent 2] Attends, qui ça ?
Nathalie Lacombe, service investigation au 3e.
Elle est en arrêt maladie.
- T'es sûr ? - Oui.
[agent 1] Monsieur !
Monsieur !
Vas-y, pars de l'autre côté !
Merde !
Démarre.
Mais c'est une blague.
Il est flingué, ton logiciel !
- C'est pas sa faute. - Quatre types différents !
C'est vrai. C'est un peu comme s'il pouvait changer d'apparence.
Quoi, c'est vrai ! Enfin, je…
J'insiste pas, parce que visiblement…
[Assane] "Championnat de France d'échecs 1983."
Me dites pas que j'ai failli me faire gauler pour ça.
C'était pour que personne la regarde.
Attentats de Kuala Lumpur en 1996.
Ça te dit quelque chose ?
- Attaque terroriste ? - Onze morts dont huit Français.
La vérité ? C'est une vengeance.
Un intermédiaire a arnaqué des trafiquants d'armes malaisiens.
Du coup, ils ont fait sauter l'ambassade de France.
Et l'intermédiaire pourri, c'était…
Pellegrini.
Lance.
La situation a évolué de mon côté.
Ça ne me plaît pas, mais c'est comme ça.
[il grogne et aboie]
Si vous voulez mes armes, faudra payer le double.
[homme] Le double ?
[l'homme ricane]
C'est quoi, ce chantage ?
Attention, mon client va pas être content.
[Pellegrini] J'ai plein d'autres clients potentiels.
[homme] Mais vous étiez engagé avec lui.
Je me moque de qui achète les armes et où elles atterrissent.
Si vous refusez de vous aligner, je vous préviens, on arrête tout.
Vous pouvez oublier ce deal.
[homme] On n'a pas le choix.
Ce sont les armes de Pellegrini qui ont attaqué l'ambassade ?
Il les a peut-être achetées avec l'argent de l'assurance du collier.
On balance l'info.
Je me moque de qui achète les armes et où elles atterrissent.
[Assane] C'est lui, le responsable de l'attentat.
[Fabienne] On le tient.
Il est mort.
On crée un compte Twitter et dans 24 h, tout le monde saura.
C'est du lourd, Fabienne. C'est fort.
Où avez-vous trouvé ça ?
Une bonne journaliste ne révèle jamais ses sources.
[Juliette] On leur fait un cours d'économie, là.
C'est un repas de charité !
[Pellegrini] Si tu veux des donateurs,
il faut que ce soit fiscalement intéressant pour eux.
- C'est ainsi. - [Juliette] C'est n'importe quoi.
[bips sonores]
Mettons une couleur de fond plus gaie.
[bips sonores]
Qu'est-ce qui se passe, vous vous ennuyez ?
[Pellegrini] Qu'y a-t-il ?
On vous dérange ?
[Juliette] Vous pouvez nous laisser ?
[Pellegrini] Qu'y a-t-il ?
Merci.
- Tu m'expliques ? - Non, toi, explique-moi.
Ça vient de tomber sur Twitter.
C'est quoi, cet ultimatum ?
C'est simple, faut supprimer ça.
C'est qui, ce "Salvator813" ?
C'est un faux compte.
- Tu sais pas de quoi il parle ? - Absolument pas.
Alors pourquoi tu veux le supprimer, ce tweet ?
J'ai pas envie que les gens croient qu'on a quelque chose à se reprocher.
- Alors que c'est pas le cas ? - Ce n'est pas le cas, exactement.
Papa, cette fondation compte énormément pour moi.
Je m'y investis beaucoup,
alors si quelque chose peut la compromettre,
dis-le-moi maintenant.
Il n'y a rien.
Tu me le jures ?
Est-ce que je mentirais à ma fille ?
[Juliette] Ça a été retweeté 2 000 fois.
[sonnette]
Entre.
- Tu sors ? - Oui, j'ai un apéro avec des copines.
Enfin, si elles m'ont attendue.
Raoul est dans sa chambre, à plus tard.
À plus tard.
[Assane] T'as fini le bouquin ?
[Raoul] Il était trop bien. J'ai commencé les autres.
[Assane] C'est cool, ça.
Je voulais t'offrir l'intégrale pour ton anniversaire,
je trouverai autre chose.
Je vais vous épater, ta mère et toi.
Ça m'étonnerait. Avec tous ses rencards…
Quels rencards ?
Le gars de ce soir, c'est pas la première fois.
Mais c'est soirée copines, ce soir ?
Papa…
Ah ouais ?
Tant mieux pour elle, c'est cool.
- C'est qui, le gars ? - Un médecin, je crois.
Il est beau gosse, en plus.
Il a du pognon.
- Ça aide. - Et il a une caisse de malade.
D'où tu sais tout ça, toi ?
- Tu l'as rencontré, déjà ? - Il a dormi à la maison.
- Quoi ? Quand ? - Je rigole.
Mais maman, elle parle.
J'imagine qu'elle est contente.
C'est bien pour elle.
Arrête de faire genre tu t'en fous, ça me saoule.
Boum, en pleine tête ! T'es trop nul.
[journaliste] 24 h après le mystérieux tweet de Salvator,
nous sommes devant la résidence d'Hubert Pellegrini,
où une conférence de presse va débuter.
[journalistes] M. Pellegrini !
S'il vous plaît !
[Pellegrini] La France…
est un pays dont on peut être fier.
Notre économie et notre culture sont enviées,
notre influence sur le monde reste forte.
Et pourtant…
depuis quelques temps, certains cherchent à nuire
à l'image de notre pays
et à ceux qui, comme moi,
l'aiment et le défendent.
J'ai bâti mon entreprise sur le travail et l'effort,
je paye mes impôts en France.
J'agis en philanthrope.
Et malgré tout cela…
hier, quelqu'un a lancé une rumeur nauséabonde
et anonyme.
Elle met en cause mon intégrité et celle de mon entreprise.
Normalement,
celui qui se fait appeler Salvator813
ne mériterait ni mon attention ni mon énergie.
Si je me tiens aujourd'hui devant vous,
c'est parce que ma propre fille
et la fondation qu'elle lancera
bientôt afin d'aider la jeunesse, sont menacées par cette odieuse rumeur.
Et ça, je ne peux pas l'accepter.
Alors, si ce Salvator
veut faire éclater un scandale,
s'il est convaincu que ce qu'il dit
est la vérité et que le monde doit le savoir,
alors je n'ai qu'une seule question :
pourquoi rester dans l'ombre ?
Oubliez votre clavier, montrez-vous.
Moi, je n'ai rien à cacher.
Si c'est aussi votre cas,
prouvez-le.
- Merci. - [journalistes] M. Pellegrini !
M. Pellegrini ?
Est-ce que vous avez le sang
des victimes de Kuala Lumpur sur les mains ?
[Assane] C'est quoi ?
Elle va se faire griller.
J'ai dit tout ce que j'avais à dire. Je vous remercie.
[brouhaha des journalistes]
[Benjamin] Ouah…
Sacrée bonne femme.
[musique suspense]
[buzz de la porte]
- Bravo. - Oh, écoute ! Fallait pas.
- Franchement… - Vous avez été top.
- Qu'est-ce que c'était bon ! - [Assane rit]
Dix ans que je me planque,
et je me retrouve au cœur de l'action.
Ce tocard de Brizac…
Tu vois celui qu'on voit sur tous les plateaux télé ?
Il a essayé de poser une question.
Non mais ça va pas, monsieur ?
C'est Fabienne Bériot qui pose la bonne question !
Et avant tout le monde, comme à l'époque !
Il y a un des gars de Pellegrini qui a essayé de me suivre.
- Quoi ? - T'en fais pas, je l'ai semé.
- Vous êtes sûre ? - Écoute, j'ai de l'expérience.
Je sais comment semer une filature.
- Bon. Allez, la suite ! - On le balance au grand jour.
On poste toute la vidéo sur Internet.
J'ai mieux que ça. J'ai contacté L'Autre Édition.
Je leur ai dit que Salvator voulait passer à la télé.
L'Autre Édition ?
C'est pas du journalisme, ça.
Deux millions de personnes chaque soir.
Deux millions de personnes qui sauront tout.
- Qu'on ne pourra pas faire taire. - OK.
- Je suis prête. - Je sais.
Mais non.
Demain, Salvator, c'est moi.
Attends, tu rigoles ? Je viens avec toi !
C'est moi qui vous ai mêlée à ça.
Vous avez déjà fait beaucoup.
C'est à moi de prendre les risques.
Je dois ça à mon père.
Il était comment, ton père ?
Fier.
Intègre.
Il avait la tête dure, aussi.
Ça me rappelle quelqu'un.
Je vois pas du tout.
Allez, au boulot.
On va faire sortir ce cher Salvator de l'ombre.
Ils avaient picolé, vos témoins ?
Pardon ?
Aucun ne ressemble au ravisseur et on dirait quatre gars différents.
Et lui ?
Je suis allé voir Vincent Morville.
Le complice de Sernine au Louvre. Il a été très précis dans sa description.
C'est pas lui non plus.
Alors pour la dernière fois,
arrêtez d'essayer de lier les deux affaires.
Ça ne mène nulle part.
- C'est lui. - Non, c'est pas lui.
[Laugier] Ce qu'il essaie de dire avec maladresse,
c'est que le suspect sait changer son apparence.
[Dumont] Et vous, vous savez vous foutre de moi.
Le vol a eu lieu il y a trois semaines et vous n'avez pas avancé d'un pouce.
- Je vous retire l'enquête. - Non, on peut la sortir.
Vous deux. Vous avez une semaine, pas plus.
- Nous deux ? - Vous m'avez compris !
Hé, vous avez vu sa tête devant le dernier portrait-robot ?
Vous en pensez quoi ?
- Il y a un truc super chelou. - On est d'accord.
Mais on peut pas enquêter sur Dumont.
Comment ça ? Il est là, notre suspect !
- C'est lui, il est là ! - Guédira, tu laisses tomber, OK ?
T'as entendu Dumont ? T'es plus sur l'affaire.
OK ?
[musique tension]
Éponge latex.
Merci.
- Quelqu'un t'a appris à te maquiller ? - Non.
Je me suis débrouillé seul, comme souvent.
Pinceau 12.
- Tu vis ici depuis longtemps ? - [Assane rit]
[Assane] C'est un interrogatoire ?
Non, désolée. Déformation professionnelle.
Pinceau ombreur.
[Assane] Hop là, merci.
Non, Fabienne…
C'est pas un ombreur. C'est un estompeur.
- Ah oui ? T'es sérieux ? - Oui, je suis sérieux.
Je rigole jamais avec le maquillage. Voilà.
Oui, c'est ça.
Au fait…
C'est pour vous.
- Pour vous remercier. - J'ai pas besoin de récompense.
Je savais que vous diriez ça.
Mais ça me fait plaisir.
Pour vous redonner l'envie d'écrire.
[Fabienne] La première fois que tu es venu chez moi,
quand je t'ai dit que je n'étais pas Fabienne Bériot, je ne mentais pas.
Je n'étais plus cette femme depuis des années.
Tu as fait revenir Fabienne Bériot, Assane.
C'est ça, mon cadeau.
Merci.
[journaliste] Ce soir, dans L'Autre Édition, interview exclusive.
Hubert Pellegrini, l'un des hommes les plus riches de France
et l'un des plus généreux.
Son empire va de l'import-export
à l'énergie en passant par les médias.
Rien ne lui résiste.
Mais ce soir, nous recevons un homme
qui remet son intégrité en cause.
Avec nous ce soir, Salvator. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous apparaissez pour la première fois à visage découvert.
Soit vous êtes très courageux, soit complètement fou.
Vos téléspectateurs en décideront.
C'est vrai. Votre apparence interroge, elle peut surprendre.
On ne s'attendait pas à… À ça.
C'est-à-dire ?
- Vous êtes… - Vieux ?
Âgé.
Quand on a un compte Twitter et qu'on combat l'injustice…
on doit être jeune.
Mais vous oubliez une chose.
La plupart des gens dans ce pays sont plus vieux que vous.
[journaliste] OK, votre message est passé.
Vous êtes venu ce soir avec un document, une cassette,
censée être compromettante.
Hubert Pellegrini est même sorti de sa légendaire réserve
pour dire que cette vidéo ne l'inquiétait pas.
- C'est exact. - Vous pouvez nous en dire plus ?
Il y a quoi, dans cet enregistrement ? Même moi, je ne le sais pas.
Ce sont les images d'une rencontre qui a eu lieu en 1996.
En Malaisie.
On y voit Hubert Pellegrini y vendre illégalement des armes
aux terroristes qui ont attaqué l'ambassade de France à la même époque.
Carrément.
Regardons ensemble cette vidéo.
La situation a évolué de mon côté.
Ça ne me plaît pas, mais c'est comme ça.
Si vous voulez que l'affaire se fasse, il faut tenir parole.
[homme] Impossible.
[Pellegrini rit] Je vous préviens, on arrête tout.
Vous pouvez oublier ce deal.
Tout ça pour ça ?
Je ne comprends pas.
Il n'y a rien de compromettant.
Je comprends pas ces accusations.
Je crois que Salvator a perdu sa langue, visiblement.
On revient après la pub, restez avec nous.
Enfoirés !
Combien il t'a payé ?
- Ça va, votre numéro de complotiste… - Sombre merde.
[musique action]
[Pellegrini] Je m'en fous !
Retournez tout l'immeuble. Il me le faut !
Je rappellerai.
- Ma chérie. - Allô, papa ?
Je te l'avais dit, hein ? Un tissu de mensonges.
J'ai vu. Je suis désolée.
Je dois te dire quelque chose.
Ce Salvator… Je crois savoir qui c'est.
Comment ça ?
Je suis pas sûre, mais…
Je pense que c'est Assane. Assane Diop.
Tu sais, le fils de Babakar ?
C'était déjà lui, au Luxembourg.
C'est lui qui nous a volé le collier.
Pourquoi tu n'as rien dit ?
Je sais pas. Oui, j'aurais dû, mais…
Je comprends plus rien.
- Qu'est-ce qu'il nous veut ? - Il veut nous détruire.
Je le laisserai pas faire.
Depuis petit, il me croit responsable de la mort de son père.
Il faut que ça cesse.
OK.
La France d'en haut nous a encore enfumés, J'accuse.
On va pas se faire avoir deux fois.
[on frappe]
[on frappe]
On va lui faire un petit café, histoire de lui remonter le moral.
Et après ça, on repart à l'attaque.
[Fabienne pousse un cri]
Bonsoir, Fabienne.
M. Pellegrini aimerait connaître l'adresse d'Assane Diop.
- Qui ça ? - Salvator.
- Je ne vois pas. - Ne me fais pas perdre mon temps.
On pensait que t'avais compris, à l'époque.
Je vais être clair.
[J'accuse aboie]
Il habite où ?
Tu me le dis ou je m'occupe de toi.
Dernière chance ! L'adresse d'Assane Diop !
[en criant] Il est où ?
Une bonne journaliste…
ne révèle jamais ses sources.
Je te comprends pas, Fabienne.
[musique suspense]
[aboiements]
[J'accuse couine]
Qu'est-ce qui se passe ?
[essoufflé] Fabienne ?
[J'accuse couine]
[musique douce]
[Fabienne] "Mon cher Assane.
"Ce soir, on a peut-être perdu une bataille,
"mais je te connais, tu lâcheras pas.
"Tu sais faire la différence entre le bien et le mal
"et tu ne renonces jamais.
"Malgré le danger et les forces qui tentent de t'arrêter.
"Et c'est pour ça que je t'admire.
"Alors on va se battre.
"Pour ton père. Pour ta famille. Pour nous.
"On va se battre, Assane.
"Ensemble.
"Ton amie Fabienne."
C'est toi…
["Meaning", Cascadeur]
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