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Au revoir.
Il s'agit de bien plus qu'une idée.
C'est une passion, c'est une conviction, un gré d'eau.
C'est l'essence même de ma vie.
Mais ce que vous m'avez exposé est trop ésotérique, trop vague.
Il est tout à fait inconcevable de publier cela.
Quant à vous verser une avance, je suis désolé.
C'est un sujet qui n'a d'intérêt que pour vous.
Êtes-vous fou ?
Pendant la guerre de Crimée.
Votre père et moi, nous passions de longues heures à converser sur le tel
sujet.
Croyez bien que je respecte vos relations amicales avec père, mais j'ai
bien peur d'avoir les mains liées.
Mais monsieur, je vous en conjure.
Vous devez vous rendre compte qu'un refus aussi hâtif porterait atteinte à
l'avenir de ma famille entière.
Puis-je vous présenter ma fille, Gabrielle.
Et mon fils, Léo.
Quel plaisir de faire votre connaissance.
Mais monsieur, je crois que c'est déjà fait.
Ne cherchez pas.
C'était il y a un moment sur la route où votre fiacre allait si vite.
Il fallait que je sois aveugle.
Alors, après la classe, j'ai frotté les tables et j'ai voulu balayer le
plancher, mais je ne trouvais pas le balai. Et j'avais oublié que le placard
à balais était l'endroit favori de Madame la Directrice pour prendre le
thé.
Aussi, imaginez ma surprise quand je l'ai découverte dans une folle étreinte
passionnée avec le député.
Tout ce que j'ai dit, c'est... Oh, voilà une fascinante façon de prendre le thé.
Alors, dites-moi, est-ce que ça mérite des coups de fouet ?
Il ne faut pas raconter de telles histoires. Au contraire.
Je les trouve tout à fait charmantes.
Il faut que je rentre.
Et tard.
Non, les routes sont dangereuses la nuit.
Vous avez manqué le dernier train.
Cette soirée en valait bien la peine.
Et je suppose...
Que je trouverai une auberge. Je ne veux même pas en entendre parler. Vous allez
rester, vous allez dormir ici.
Gabriel, tu dormiras dans le grenier. Et tu laisseras ta chambre à notre hôte.
Je ne voudrais pas être important.
J'irai dormir dans le grenier.
Laissez sa propre fille dormir dans ce misérable grenier.
Comment votre père a-t-il pu même y songer ? Je n'aurais pas demandé mieux.
Vous auriez donc préféré cela ? Oui, bien sûr.
Pardon.
Mais ma mère ne veut pas.
Elle sait que je bavarderai tard dans la nuit avec Jacques et les autres.
Et elle craint que je m'endorme le lendemain à l'école.
Il serait vraiment fâcheux de contrarier la directrice.
Mon Dieu.
C'est d'un tel ennui, l'école.
Ce que nous étudions maintenant, je l'ai lu il y a des années dans la
bibliothèque de papa.
Qui est Jacques ?
Voilà Jacques.
Alors, voilà Jacques.
Oui.
Nous sommes des amis très proches, lui et moi. Il me confie ses pensées les
plus intimes.
Toute ma vie, on m'a considéré comme un assez méprisable individu qui n'a
d'autre but que de se divertir lui-même et ses amis.
J'ai beaucoup d'amis.
Jacques ! Oh, je suis désolée. Non.
Mais il m'arrive de me sentir un peu seul.
Et parfois très vide.
Bonne nuit, mademoiselle. Bonne nuit, mademoiselle.
Allons, allons, rentrez.
À la maison, allez.
Ah, Gabriel.
As-tu écrit dans ton journal aujourd'hui ? Non.
Eh bien, viens, écris près de moi.
Quelles aventures a vécu ta petite Claudine aujourd'hui ? C'est un secret,
papa. Un secret ?
Aujourd
'hui...
Claudine a rencontré l'homme qui a réveillé ses désirs les plus interdits.
Un beau parisien qui saura révéler à Claudine les mystères de la passion.
Vous voulez dire que vous n'êtes jamais allé à Paris ? Non, alors vous allez
devoir tout me raconter.
Je vais savoir ce que vous y faites et vous ne devez omettre aucun détail.
Eh bien, ma profession est de publier des livres.
Et il m'arrive d'en écrire moi-même. Que c'est excitant.
Dites-moi ce que vous avez écrit.
Si nous rentrions maintenant, il fait froid.
Un bon feu mettrait votre beauté en valeur.
Bien mieux que ce paysage désolé.
L'hiver est une saison bien laide. C'est en hiver, quand tous les arbres sont
dénudés, que la nature révèle sa vraie beauté.
Sa beauté intérieure.
L'hiver, c'est ce qui annonce le renouveau.
Paris !
Je vais prendre le temps.
Je n'ai pas peur.
Seulement, je préfère me déshabiller toute seule.
Bien.
Alors... Bon.
Comme un arbre en hiver.
Monsieur, il est de mon devoir de vous informer que vous êtes dans une
situation financière catastrophique et que ça ne date pas d'hier.
Je ne dirais pas catastrophique.
Je pense que vous plaisantez, monsieur.
Mais quoi qu'il en soit, je vous signale qu'il vous faudra trouver le moyen de
payer vos écrasantes dettes.
Mon père est un homme très riche. Il refuse de payer plus longtemps vos
dettes.
Je crois le moment venu d'assumer vos responsabilités vous-même.
Faute de quoi vous vous retrouverez en prison.
En prison.
Est-ce que ça peut être financièrement avantageux pour moi ?
Madame Villard Monsieur,
s'il vous plaît
Mais comment aurions-nous pu être au concert hier soir ? C'est de la magie.
Bonjour.
Je m'appelle Gabrielle. Mademoiselle Colette, de la campagne.
Comment le savez-vous ? Mais tout Paris sait qui vous êtes.
Grande nouvelle.
La coqueluche.
du monde de l'édition parisienne, a épousé la ravissante et très jeune
mademoiselle Colette dans l'intimité la plus stricte à Chatillon Coligny.
Vous verrez celle qui a su dompter le plus célèbre célibataire de Paris,
monsieur Willy, au Moulin Rouge, dans une semaine.
Comment un jour peux-tu bien savoir où j'irai alors que je ne le sais pas moi
-même ? C'est un jeu dont votre époux est très friand.
Un jeu ? Je ne comprends pas.
Ça viendra.
Et puis-je savoir le jeu que vous pratiquez, monsieur ? Jean.
Chapeau.
Je ne sais toujours rien de votre occupation, si ce n'est qu'elle fait des
mains noircies d'encre.
Excusez-moi.
Tenez. Ça ne fait rien.
J'écris, je peins, je philosophe.
Je suis un homme de la Renaissance.
Je ne veux pas que vous mettiez les pieds au bureau.
Vous ne vivez plus à la campagne. On est à Paris.
Et ne touchez jamais plus à mes affaires personnelles.
Vous m'entendez ? Jamais !
Je n'aurais pas dû me mettre en colère.
Moi, je pensais te faire plaisir.
Je croyais que tu serais content.
C'est ma faute.
J'ai été célibataire bien trop longtemps.
La célèbre polaire.
Ma femme, Gabrielle.
C'est un plaisir de faire votre connaissance. C'est un plaisir pour moi.
J'étais bien certaine que votre exceptionnelle épouse se dénicherait une
femme qui nous surprendrait et nous ravirait tout.
Eh bien, au nom de mon époux, je vous remercie, mais ne me ferez-vous pas d'un
compliment qui ne flatterait que ma modeste personne ? Vous n'en avez pas
besoin. Il faut vous résigner à être ici, unique en votre genre.
Montez, ma chérie.
Nous allons faire une petite fête.
Entre nous.
Je n'en peux plus, je commence à ne plus rien voir.
Ma tête, j'ai l'impression qu'elle va éclater. Ça ne m'étonnera pas, chérie.
On doit déguster lentement le champagne pour vous le lamper. Il est bien temps
de me le dire.
Oh, ma tête ! Tenez, venez ici.
Asseyez-vous là, asseyez-vous. Voilà.
C'est ça.
Je vais faire disparaître la douleur.
Je n'ai qu'à effleurer.
Ça va déjà mieux.
Laissez-moi défaire un peu vos cheveux.
Je suis sûre que ça vous soulagera très vite.
Merci à tous.
... ... ...
...
Ne me l'avez-vous pas dit vous-même ? Laissons à la beauté de la nature le
droit de se révéler, aussi surprenante qu'elle puisse être.
Revenez.
Revenez avec nous.
Mon amour.
Revenez.
Tout s'est arrangé ? Oui, bien sûr.
Elle va revenir tout de suite.
Encore un peu de champagne ? Avec plaisir.
Monsieur, monsieur avec le chapeau, venez nous voir, monsieur.
Regardez comme elle est belle, les filles.
Allez, mais ne partez pas, monsieur.
Monsieur.
Allez,
viens. C'est une occasion exceptionnelle, je suis en forme ce
soir.
Va bien, mon chéri.
Moi, je ne dis pas non.
Mais alors, tu promets que tu ne verras aucun autre client ? Ça dépend.
Et de quoi ? Du plaisir que tu me donneras.
Alors, laisse-moi tiens mes preuves.
C'est bon.
Qu'est-ce qui vous prend, monsieur ? Vous êtes fou ? Laissez votre femme
sortir seule la nuit dans les rues. Nous avons eu une petite querelle hier soir.
Eh bien, laissez-moi vous conseiller d'apprendre à contrôler votre femme,
monsieur.
Nous sommes jeunes mariés.
Présente de plus pour l'adresser tout de suite.
Oui.
Claudine essayait de reprendre un souffle qui lui avait échappé, libéré d
'une violence qui continuait à lui coller à la peau.
L'odeur âcre de son agresseur lui donnait envie de hurler à nouveau.
Mais c'est un hurlement qu'elle doit maintenant ravaler en silence.
Elle commençait à sentir que la grande aventure de la vie était l'amour, mais
qui pouvait imaginer qu'il devenait si vite souffrance.
Claudine en était à la fois horrifiée et intriguée.
Où il est ? Prends-le-moi.
Prends-le-moi, s'il te plaît, il est à moi.
Je sais, je sais.
Qui est Claudine ? Hein ?
C'est moi.
Vous ne pourriez pas échauffer un peu ces enfantillages ? Vos souvenirs d
'écolière campagnarde.
Quoi ? Oui.
Par exemple, une tendre, une trop tendre amitié qui pourrait naître entre
Claudine et une de ses camarades. Et puis du patois, beaucoup de mots patois.
Plus de gaminerie.
Vous voyez ce que je veux dire ? Oui.
Peut-être, mais... Non, non, pas du tout.
Cela pourrait faire un livre, ma chère.
Le premier qui parlerait franchement d'une jeune femme et de ses désirs.
Mais c'est à moi et les filles ne sont pas censées écrire ce genre de choses.
C'est vrai.
Je suppose que votre attitude signifie que vous avez trouvé de quoi régler vos
dettes.
Plus ou moins.
Oui, il y voilà bien longtemps que vos petits jeux ne m'amusent plus.
Un peu de patience.
Écoutez, faites-moi une petite avance en espèces et
je triplerai la totalité de votre investissement.
Oh, il est adorable !
À qui est-il ? Il est à vous.
Comme toute cette maison.
Mais oui.
Tu veux moi ?
Gabriel ! Vous
écrirez ici.
Mon bureau est par là.
Alors, regardez ça.
Ça vous plaît ?
Et la chambre ? Ça, on peut attendre.
Claudine avait enfin trouvé la clé qui lui ouvrait le cœur de Willy.
L'écriture.
Elle avait aussi trouvé le parfait compagnon à quatre pattes, Toby.
Willy, c'est très humiliant.
Je détestais cette...
Cet uniforme, quand j'en allais à l'école, je le déteste encore plus
maintenant. Elle a raison, monsieur.
Elle n'a pas besoin de cet uniforme pour ressembler à une écolière.
Tu vois ?
Et maintenant ? Attendez. Mais je veux ! Mon Dieu ! Mon
Dieu, mais je veux ! C'est parfait.
Attendez, voilà.
Non, laisse-moi tranquille.
Chérie !
Oh, merci.
Bienvenue.
Ce soir, mes chers amis, c'est moi qui offre le champagne.
Et nous n'en manquerons pas.
Sous-titrage ST'
501
... ... ...
...
Qu'est-ce que vous faites ? Je suis désolée.
Qui vous a permis de fouiller dans mes vêtements ? Je vous en prie, Polaire, ne
soyez pas en colère.
Et vous vous êtes servie de mes fards aussi ? Excusez-moi, je sais que je n
'aurais pas dû, mais je me suis dit que comme ça, je pourrais peut-être avoir un
petit, un minuscule espoir d'être presque aussi belle que vous.
Gabriel, vous êtes infiniment plus belle que moi.
Seulement, vous ne le savez pas.
Allez, venez.
Je viens d'avoir une idée.
Non ! Nous devons rechercher avant tout ces moments-là qui dépassent le
simple divertissement.
Nous sommes les phares de notre propre génération, de notre propre temps.
Tout le monde s'en fiche, n'est-ce pas ? Vous ne savez même pas de quoi vous
parlez. C'est satané cabaret.
C'est ça que les gens veulent.
Ils se moquent bien de la nouvelle musique, de votre art expérimental. Moi,
je pense qu'ils ont tort.
Excusez-moi, mais si vraiment c'est ce qu'ils veulent, pourquoi ne pas le leur
offrir ? Mais faites-le à votre patron, comme vous l'entendez.
Mesdames et chers amis, je porte un toast à notre belle hôtesse, Polaire.
Et à ma femme,
Gabriel. Sa transformation ce soir est un événement prévu pour vous.
Un petit avant-goût de ce que vous trouverez dans un livre que je vais
publier intitulé Claudie.
Gabriel ? Paulette ? Je
viens pour vous rendre votre robe.
Mais non, gardez-la.
J'insiste.
Je ne peux pas faire ça.
Pourquoi ? Parce que j'ai mis Willy extrêmement en colère.
Allons donc.
Non, vraiment, Paulette, merci, mais je ne peux pas.
Écoutez-moi, Gabriel.
Willy est peut-être très en colère pour l'instant, mais si vous vous montrez
très gentil, ça lui passera.
Que vous faites ? Je me prépare, vous voyez.
Vous savez, vous pouvez être très gentille et avoir vos propres aventures
secrètes.
Des aventures.
Des aventures d'une espèce rare.
Des aventures coquines et enivrantes.
Qu'on ne vit qu'entre intimes.
Puis-je... Puis-je essayer
Merci.
Merci.
Claudine se rappelait comme sa peau nue avait frémi sous la première caresse et
comme elle avait accueilli facilement son extase interdite.
Il doit probablement réclamer que justice soit faite.
Justice ? Willy l'a renvoyé.
Pourquoi ? Il s'agit d'un essai qu'il devait remettre il y a deux semaines. Il
n'a jamais fini.
Jean ! Ne croyez-vous pas qu'il est temps de rentrer chez vous ? Non, j'ai
plus de logement.
J'ai pas d'argent, plus de travail.
Chapeau, je parlerai à Willy.
Je le ferai revenir sur sa décision.
Mais il faut écrire cet essai.
Je ne veux pas d'intervention.
Je refuse d'être traité en putain.
Et je réclame le droit de faire entendre ma voix.
Eh bien, faites-le.
Vous êtes votre propre maître maintenant. Vous avez tous les droits.
Non, personne n'est son propre maître.
Dans une ville comme celle-ci.
On a besoin...
d'un mécène.
Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Vous savez...
Vous
auriez dû rester à la campagne, de noyé.
Parce que là-bas, il n'y a peut-être pas de question sans réponse.
L'amour n'a plus aucun sens pour toi.
J'espère que tu ne vas pas devenir une femme ennuyeuse, Boller.
Tu sais, Gabriel est si gentil,
si jeune, si douce.
Je t'ai arraché à la misère.
J'ai vanté tes mérites dans la presse.
Et voilà que...
Tu as le front de juger mes actes.
Tu ne comprends rien.
Je suis désolée.
Mais au moins, habille-la convenablement.
Tu ne dois pas dire ça. C'est tout ton charme.
Tu dois apprendre, Gabrielle, à laisser parler ton charme.
J'ai bien peur que Willy ne soit pas du tout de ton avis.
Mais je croyais que tu voulais devenir une aventurière. Je le peux.
Eh bien, alors laisse ton charme parler pour toi.
Volère, pourquoi est-il différent pour toi ? Différent ? Mais comment différent
?
Toi, tu ne dépends de personne.
Mais ça, ma chère, c'est parce que je suis actrice.
Je crois que j'aimerais bien être actrice.
Regarde celui-là.
Je m'étends ridicule. Non, tu es ravissante.
Je sais que ça fait mal, mais c'est éblouissant dans ce quartier.
Pourquoi ne ferions-nous pas à Wyn un joli cadeau ?
Bonne nuit.
Bonne nuit, mes belles.
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Can't you coax me?
I'll be your to-be If you coax me
Tu étais là. Oh, pardon, chérie, on me réclame.
Polaire, s'il vous plaît.
Willie ?
Bonsoir.
Bonsoir.
Chapeau.
Vous étiez dans la salle ? Non, mais c'est moi.
Et fait la lune.
Ne tombe pas, amoureuse telle.
Est-ce que c'est l'hypocrite ? Tu ne vas pas te retourner contre moi ?
C'est toi qui l'as voulu ?
Qu'est-ce que c'est ? C
'est l'adresse du théâtre où je travaille.
Vous devriez venir.
Ne nous abandonnez pas.
Vous gardez vos amis, Gabriel.
Mais, dis-moi, Mlle Sergent, je me verrai forcée dans ce cas de prendre
avec moi la clé de votre chambre. Après tout, je suis responsable de vous. Je n
'avais pas pensé à ce détail.
Dire que de corps, je serai enfermée. Tout ce qui ressemble à un
emprisonnement me rend enragée. Je me sens humiliée. Malade.
D'humiliation.
Malade.
Malade de... d'humiliation.
Et de rage. De rage, c'est bon. De rage.
Mais je ne le montrerai pas aux autres.
Je ne quémanderai pas mon pardon.
Je ne quémanderai pas mon pardon.
Vous portez un nom merveilleux, Madame Gabrielle Villard.
Mais c'est moi que malheureusement les gens connaissent.
Très bien.
Alors mets nos deux noms sur la couverture. Je ne peux pas. Pourquoi ?
Il y est ouvertement question de sexe. Où vois-tu du sexe ? J'ai mis du
romanès. Rappelez ça comme vous le voulez. Dans notre société, il est
inacceptable qu'une femme se permette de parler de ce genre de choses. Et vous le
savez.
Mais tu disais pourtant que c'est à Paris qu'on fait l'expérience des choses
interdites.
En privé, ma chère. En privé.
Ça ne semble pas juste.
Comment saura-t-on que c'est moi l'auteur de ce livre, alors ? Savez-vous
à quoi j'ai pensé ? Si jamais le livre était un succès, si.
J'aimerais envoyer à votre père une partie des bénéfices.
Papa ne voudra pas accepter la charité. La charité.
Ce sera plutôt une avance sur son ouvrage.
Oh, bien sûr.
Je peux interrompre les presses et faire mettre votre nom.
Mais vous n'y gagnerez pas un sou.
Non.
Tu as raison.
Oublions ça.
Bonne lecture.
... ... ... ...
Merci à tous.
Je te prends.
Père ? Vous avez besoin d'argent ? Oui.
Vous vous rendez compte que c'est ma maison d'édition que vous êtes en train
de couvrir de dettes ? Vous êtes parvenu, sans l'aide de quiconque,
à dépenser beaucoup plus d'argent que la plupart des gens en France, y compris
votre propre mère.
C'est vous qui m'avez enseigné qu'il faut dépenser beaucoup pour gagner
beaucoup. Foutez-vous ! Vous n'avez jamais eu d'autre souci que de
satisfaire votre verge.
Mais cette fois, ce n'est pas pour moi.
Le capitaine Colette est malade.
Colette ? Malade ? C'est grave ?
Apparemment.
Sa femme m'a écrit qu'ils ont besoin d'argent d'urgence.
Vous êtes le seul qui puisse les aider, père.
Willy, c'est la dernière fois.
Ne comptez plus que sur vous.
Gabriel ? Quoi, c'est toi ?
J'ai eu du mal à te reconnaître.
Il y a si longtemps que nous ne nous sommes pas vus.
Le sarcasme ne vous fait pas du tout.
Je suppose que c'est pour cette raison que tu ne rentres pas plus souvent.
Où étais-tu ? Je vaquais à nos affaires.
Les tiennes ou les miennes ? C'est tout
? Qu'avez-vous fait toute la journée ? Dis-moi.
Pour qui me prends-tu exactement ? Ma femme.
Si tu veux que je me conduise comme ta femme, alors conduis-toi comme mon mari,
pas mon employeur.
Je ne suis pas une de tes putains.
Ne laisse plus jamais la main sur moi.
Fourrure pour mademoiselle ceci, appartement pour mademoiselle cela,
diamant pour une autre, le meilleur champagne offert à tout le monde chez
Maxime et une automobile.
Maintenant, ça suffit.
Je vous mets en demeure de payer vos dettes ou je vous préviens que je porte
plainte immédiatement.
Gabriel ! Oh, ça fait si longtemps ! Comme tu m'as manqué !
C'est insupportable de ne plus jamais te voir.
Oh chéri, tu es une mine abominable.
C'est parce que tu m'as manqué aussi.
Jean ! Bienvenue.
Que se passe-t-il ? Ce n'est rien.
J'ai appris vos succès et je m'en réjouis pour vous.
C'est à cause de lui, la coqueluche de l'édition parisienne.
Bonne nuit. Bonne nuit. Merci.
Entrez ! Entrez, chapeau !
Ça fait bien trop longtemps.
Bonsoir, Willy.
Si je fais une adaptation pour la scène, alors je peux jouer Claudine ? Je n'ai
pas très envie de vous voir devenir actrice.
Mais si c'est vraiment ce que vous voulez... Oui.
Tu verras, tu seras fière de moi.
Aurez-vous assez de temps ? J'ai déjà annoncé la sortie du prochain livre.
Ne t'inquiète pas.
Je peux tout faire.
Oui.
C'est vrai.
Il a fait quoi ? Il m'a offert de jouer le rôle de Claudine.
Je sais, je n'en revenais pas moi-même.
Mais Willy était si différent.
Il était si humble.
J'aurais été cruelle de refuser.
Il a dit que vous aviez des ennuis financiers, que si je ne le faisais pas
pour lui, je devais le faire pour toi.
Gabriel, qui es-tu ? Ça
suffit maintenant !
et de tes fausses promesses.
Je m'en vais, Willy.
C'est fini.
Gabriel !
Alors pourquoi me fais-tu tant de mal ? J'ai peur.
Peur de quoi ? J'ai peur que vous ayez du succès.
J'ai peur que vous n'ayez plus besoin de moi.
Et que vous me quittiez.
Vous êtes la seule personne que j'ai jamais aimée.
Je ne veux pas te quitter.
Mais les choses doivent changer.
Tout ce que vous voulez.
Alors promets-moi.
Promets-moi que tes mensonges cesseront.
Et qu'à partir de maintenant, j'aurai le droit de signer les livres que j'écris.
Je vous jure.
Je vous aime.
Où vas-tu ? Qu'est-ce que tu caches ? Excusez-moi, je n'ai pas le droit de le
dire.
Laisse-moi.
Gabriel.
Pourquoi as-tu tardé si longtemps ? Je t'ai pourtant supplié de venir.
Maman, je n'ai jamais reçu tes lettres.
Tu les as reçues, Gabriel.
Willy a signé chaque fois qu'elles arrivaient. Mais maman, il ne me les a
jamais remises.
Qu'est-ce que tu veux dire ? Maman, il faut que tu me croises. Non, non, non.
Va vite voir ton père.
Il a besoin de toi.
Papa, tu m'entends ?
Tu es très fâché contre moi.
Je ne sais pas si tu m'entends, papa, mais... ça n'a pas été facile pour moi.
Maintenant, les choses vont changer.
Je veux que tout le monde te connaisse.
Qu'on parle de tes ouvrages, papa.
Je veux qu'on connaisse tes rêves, tes idées.
Tout ira bien, tu verras.
Gabriel, as-tu écrit dans ton journal aujourd'hui ? Non.
Bien, écris-le moi.
Ah, quelles aventures a vécu cette petite Claudine aujourd'hui ? Un secret.
À ma femme, Cido.
Que vous ne veniez pas.
Je n'étais pas sûre de venir.
Je tiens à vous remercier tous d'être venus aujourd'hui. J'en suis honoré.
La profession d'écrivain, ai-je besoin
de le dire ?
aux membres les plus éminents du monde littéraire et journalistique qui sont
rassemblés ici, et parfois bien ardus.
Nombreux sont les moments où j'ai craint de ne jamais voir le livre terminé.
Nous en avons vécu des choses ensemble, Claudine et moi.
Elle m'a fait passer bien des nuits sans sommeil.
Je l'ai confrontée à des situations assez terrifiantes pour nous deux.
Je souhaite sincèrement qu'elle veuille bien un jour m'accorder son pardon.
Bien sûr, je suis tombé amoureux d'elle il y a bien longtemps.
Nous sommes beaucoup fait souffrir.
Elle a supporté mes humeurs.
Elle m'a aidé à traverser les épreuves.
Et je lui dois plus que je ne pourrai jamais le dire.
Et maintenant, sans plus de discours,
je vous présente mon dernier livre sur Claudine.
Quel est le sujet de votre livre, M.
Villard ? Eh bien, si je vous le dis aujourd'hui, qui voudra acheter mon
livre demain ? Mais soyez assurés que vous y trouverez des passages d
'une inspiration scandaleuse à souhait.
Quel est le titre du livre, Willy ?
Oui, dites-nous quel est son titre.
Oui.
Quel est son titre, Willie ?
Vous
n'êtes pas obligé de vous référer au livre pour nous dire quel en est le
titre.
Ce que nous voulons savoir.
Salut.
Le titre.
Le titre.
Comme un arbre en hiver.
Monsieur Villard, qu'est-ce que cela signifie ?
Messieurs,
messieurs, s'il vous plaît, j'aimerais vous présenter à tous le vrai auteur des
livres sur Claudine.
Excusez-moi.
Gabriel Collette.
Est-ce vrai ? Oui.
Et quel est le titre de votre livre ?
Claudine s'en va.
Bye.
Aux personnes.
Qu'est-ce que tu fais ici ? Vous êtes très belle.
Pourquoi es-tu ici ?
Willy ? Oui ? Tu sais, j
'ai souvent pensé à ce qu'aurait pu être ma vie si je ne t'avais pas connue.
Avant que tu apparaisses, toute mon existence n'avait été qu'un bouquet de
roses.
Le défi était rude pour une campagnarde.
Mais qu'aurait-ce fait d'une vie qui n'était qu'un bouquet de roses ?
Alors, vous êtes ma débitrice ? Oui.
J'aurais pu ne jamais devenir ce que je suis maintenant.
Ce n'est plus possible, oui.
L'amour et la haine s'en sont allés.
Et me voilà enfin libre de toi.
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