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CETTE HISTOIRE NE MENTIONNE AUCUNE PERSONNE ET AUCUN FAIT AYANT EXISTÉ
Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.
Voici leurs histoires.
- Oh, allez. - Non, je ne veux pas de bière.
Allez, c'est sympa de boire. Tout le monde le fait.
Non, ça me rend malade.
- S'il te plaît, non. - Je veillerai sur toi.
- C'est vrai ? - Oui, bien sûr. Encore une.
- Laisse-moi... - Allez, approche.
- Ça veut dire que je te plais ? - Bien sûr que oui.
- O.K. Euh... - Encore un peu ?
Voilà.
Ella ! Au secours. Aidez-la.
Tout va bien. Restez assis.
- Arturo, que s'est-il passé ? - Ce n'est pas moi. Je n'ai rien fait.
M. Cordova, appelez l'infirmière et Monseigneur.
Oui, ma sœur.
Ella ?
Ella.
Benson, Amaro,
voici Monseigneur Kiaga du...
- Du collège Blessed Savior. - Nick.
On t'a enfin nommé inspecteur ?
- Oui. Tout va bien, mon Père ? - Pas si sûr.
Une élève de 13 ans est enceinte.
- Elle a un petit ami ? - Non.
Comprenez que nous allons nous intéresser à tous ses contacts.
D'où ma venue. Plus rien ne m'étonne de nos jours.
- "Age quod agis." - Amen, mon père.
C'est du latin pour catholiques. "Ne merde pas", en gros.
Où est la fille ?
Vu les circonstances, je l'ai envoyée au planning familial.
D'accord, j'y vais.
Amaro, pourquoi ne pas l'accompagner ?
Cragen, elle n'a que 13 ans.
Pas besoin de deux inspecteurs. Elle serait intimidée.
Son espagnol est un poil meilleur que le tien
et cette fille vit chez sa grand-mère portoricaine.
PLANNING FAMILIAL
Le médecin dit que la fille ne présente aucun signe de viol.
Son hymen est intact, pas de marques sur le corps.
- Elle ne donne pas l'identité du père. - Elle doit être morte de peur.
Et voici Ella. Elle ne lâche pas sa grand-mère.
Ce qui explique peut-être son silence.
Vous me laissez une minute ?
Au-delà de parler espagnol, les abuelitas m'adorent.
Ton nouveau coéquipier ?
Non. Je lui enseigne les bases.
- C'est mieux qu'aller aux urgences. - Dieu merci.
- Je ne me serais jamais pardonné un viol. - Mme Mendez.
Vous êtes seules, toutes les deux ?
Oui. Sa mère est morte quand elle n'avait que cinq ans.
- La pauvre. - Désolé.
Pas facile pour vous.
Ma fille était une sauvage, ne faisait que s'attirer des ennuis.
Enceinte à 15 ans.
J'ai dit à Ella : "Ne deviens pas comme ta mère."
Elle sait qu'elle doit attendre le bon partenaire.
Son prince.
- Je n'ai pas eu de rapports. - Tu n'as rien à craindre
mais nous devons savoir qui a fait ça.
- Personne n'a rien fait. - Quelqu'un t'a mise enceinte.
- On t'a ordonné de ne rien dire ? - Non, ce n'est pas ça.
Et si tu m'expliquais ?
Ella, quoi qu'il se soit passé, ce n'était pas ta faute.
Ma grand-mère m'a expliqué comment on faisait les bébés.
Et je sais comment celui-là est apparu.
Alors, dis-le-moi.
Vous ne me croirez pas.
Peu importe qui t'a fait du mal, je peux te promettre...
que jamais plus il ne recommencera.
Dis-moi qui c'était.
C'est Dieu. Je n'ai pas eu de rapports. Ce bébé est un miracle.
NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE
L'échographie le confirme.
Ella est enceinte de huit semaines.
Mais son hymen est intact ? C'est...
Ce n'est pas si rare.
- Elle refuse de dire qui est le père ? - Elle le protège ou elle a peur
mais elle le connaît forcément.
Ce collège a fait l'objet de plaintes ?
Des tas il y a quelques années.
Monsigneur Kiaga a fait le tri.
- C'est un type bien. - Bon.
Pardon, mais je vais demander à Munch de s'en assurer.
Pourquoi toujours les prêtres ?
Quels hommes fréquente-t-elle ?
Sa grand-mère est célibataire
et jure qu'aucun homme n'a accès à leur logement.
- La famille ? - Le père n'est pas proche.
- Il fait le minimum. - Il n'empêche.
Fin, Rollins, allez parler au père d'Ella.
Benson, Amaro, direction le collège Blessed Savior.
Si Ella a un secret, peut-être l'a-t-elle confié à des amis.
MARDI 13 SEPTEMBRE
J'envoie le chèque chaque mois.
Si sa grand-mère dit que non, elle ment.
Ce n'est pas le sujet.
La fille a des ennuis ?
Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?
Il y a cinq mois ? Dur à dire.
M. Marais, savez-vous si Ella a un copain ?
Aucune idée.
- Qu'a-t-elle fait ? - Votre fille est enceinte.
Quel rapport avec moi ?
Waouh, tout père qui apprend ça panique sur-le-champ.
Je la connais à peine, O.K. ?
Sa grand-mère ne m'a jamais pardonné d'avoir mis sa fille enceinte.
- Vous vous fichez de votre fille ? - Vous l'avez regardée ?
Je ne sais même pas si c'est la mienne.
Les ados de 13 ans, de nos jours ?
Nous tentons de préserver leur innocence
mais elles se tournent vers les Kardashian et Lady Gaga.
- Ella m'a l'air épargnée. - Oui, elle faisait partie des gentilles.
- C'est encore plus choquant. - Elle est toujours gentille.
Nous sommes tous inquiets.
S'il s'est passé quoi que ce soit, ce n'est pas quelqu'un de chez nous.
- Vous en êtes sûre ? - Nous sommes très vigilants.
Assez pour savoir qui l'a mise enceinte ?
Ma sœur, auriez-vous remarqué un changement au sujet d'Ella récemment ?
Elle semblait plus heureuse.
Il y a quelques semaines, elle chantait seule dans l'escalier.
Ella ? Elle n'a d'yeux que pour le Prince William.
Elle parlait sans cesse du mariage princier.
Elle plaisait à des garçons ?
À Arturo. Il la suit comme un chien.
- Arturo. - Il est arrivé l'an dernier.
Il s'assoit toujours à côté d'elle. Après son malaise, il a paniqué.
Donc, elle lui plaît mais ce n'est pas réciproque.
C'est ça. Arturo passe son temps à pomper sur son inhalateur.
Il n'attire pas les filles.
Et où se trouve-t-il ?
Arturo ? Il n'est pas là.
Leurs places restent vides depuis le malaise.
Merci, petit.
On m'a donné un nom mais je n'y crois pas vraiment.
Arturo ?
DOMICILE DES RIVERA 13 DÉCEMBRE
Ce n'est pas un truand. Il n'a pas dormi de la nuit. Son asthme.
Désolée.
Nous aurions quelques questions au sujet d'Ella Mendez.
- Ella va bien ? - Vous êtes amis, Arturo ?
Ella a des ennuis ?
Excusez-moi. Pardon.
Puis-je avoir un verre d'eau ?
- Bien sûr. - Merci.
Ella est malade ? Elle n'était pas en cours aujourd'hui.
Toi non plus.
Tu as envoyé un SMS à un ami pour prendre de ses nouvelles ?
Vous allez le dire à ma mère ? Elle déteste les SMS.
Non.
Inutile de le dire à ta mère
mais parlons d'homme à homme, Arturo. J'ai besoin de savoir.
- Ella est ta copine ? - Je suis son meilleur ami.
- Elle traîne avec d'autres garçons ? - Que moi.
Elle ne te parle jamais... d'un prof ou peut-être du père d'une amie ?
Non. Rien de tout ça.
Si tel était le cas, tu pourrais me le dire.
D'accord mais je ne sais rien.
- Je le jure. - O.K.
Il me faut mon inhalateur.
Tiens. Le voilà.
Ce gosse en sait peut-être plus.
Sa crise a démarré quand j'ai commencé à le cuisiner.
Ce qui est sûr, c'est que ces gosses ont peur du coupable.
Tiens, Munch a flairé une piste sur l'un des enseignants.
Luis Cordova, professeur de science au collège depuis cinq ans.
- Il a fait l'objet d'une plainte ? - Pas exactement.
- Qu'a fait ce type ? - Il a ressuscité.
Viens, petit et prends-en de la graine.
Mes condoléances, M. Cordova.
D'après l'état civil, vous êtes mort depuis 15 ans.
- Je peux vous expliquer. - On vous écoute.
Luis Cordova est mon oncle.
Quel est votre vrai nom ?
- Diego Ramirez. - Diego.
Expliquez-nous.
Vous avez évité une condamnation ? Vous êtes recherché ?
Non. J'ai besoin d'un avocat ?
Pas si vous n'avez rien fait de mal.
Vous n'êtes pas illégal ?
J'en déduis que Diego ne peut enseigner parce qu'il a un casier.
Je ne devrais pas. Je vous le jure.
Mais... je suis listé en tant que prédateur sexuel.
De mieux en mieux. Pour nous, M. Ramirez, pas pour vous.
Comment c'est arrivé ?
J'avais 19 ans, j'ai couché avec ma cavalière au bal de fin d'année.
Deux jours avant ses 17 ans.
Son père connaissait quelqu'un. Il a porté plainte.
"Abus sexuel."
On m'a tellement tabassé en prison que j'ai perdu l'équilibre.
Je ne peux même plus conduire.
Il y a cinq ans, j'ai payé pour changer de nom.
J'ai dépensé toutes mes économies, impossible de trouver un boulot.
Eh bien... vous venez d'en perdre un autre.
Arturo ou Ella auraient peur de ce type ?
C'est le grand truc des pédophiles, gagner la confiance des gens.
Je ne le sens pas.
Cette liste ratisse large.
C'est un prédateur sexuel condamné qui a usurpé une identité
pour enseigner auprès de mineurs, dont Ella.
Allez lui parler. Il peut bien attendre.
Parle-moi de ton prof.
M. Cordova aime parler de choses dégoûtantes.
- De bousiers, de vers, de limaces. - Ah oui ? D'autres choses limite ?
Je ne sais pas. Peut-être.
Tu as déjà été seule avec lui ?
Oui.
Tu veux m'en parler ?
C'est lui. Il a couché avec moi.
Je n'ai rien dit car j'avais peur.
D'accord. Quand ?
Euh, il y a deux mois de ça. Chez lui.
Comment t'es-tu rendue là-bas ?
- Dans sa voiture ? - Oui
Après les cours. Il me trouvait jolie et tenait à me voir seule.
Tu sais, M. Cordova n'a pas de voiture.
Il ne peut pas conduire.
- Mais... - Ce n'est pas lui, pas vrai ?
Tu peux me dire qui c'est ?
- Il te les a envoyées ? - Je me les suis achetées.
"Pour Ella, je rêve toujours de toi." Pas de nom.
Qui t'a envoyé ce bouquet ?
C'est un élève du collège ?
Arturo, peut-être ?
Quoi ? Non.
L'homme que j'épouserai est riche et beau.
Je serai sa princesse.
Merci beaucoup.
Ella a reçu des roses d'un fleuriste sur Madison Avenue : À Fleur de Toi.
Un type des beaux quartiers qui envoie des roses
à une gamine de 13 ans de Washington Heights ?
À FLEUR DE TOI MARDI 13 SEPTEMBRE
Cette livraison ne figure nulle part.
Vérifiez encore. On attend.
Notre boutique envoie des dizaines de bouquets chaque jour.
Sur la 187 e ?
Même si j'en avais la trace, je ne pourrais rien dire.
Mon chef me tuerait.
Le secret professionnel ne s'applique pas aux fleuristes.
Ces fleurs ont été envoyées à une gosse de 13 ans.
Ah. Il ne vous faut pas un mandat dans ce cas ?
Comme vous voudrez.
Mais nous contacterons aussi le fisc
pour éplucher les dépenses de votre patron sur plusieurs mois.
Attends. Écoute, chère collègue.
On doit faire notre boulot. Vous protégez le vôtre, je comprends.
Ne donnez même pas de nom.
On se contente de l'apercevoir sur votre écran
et on ne vous mêlera plus jamais à tout ça.
- Merci. - Bien joué.
Pas étonnant qu'il n'ai rien voulu dire.
- Rendons visite au prince charmant. - Du calme.
On ferait bien d'en parler à Cragen d'abord
L'ambassadeur Andrew Raines a envoyé des roses à Ella Mendez.
Il y a 8 semaines, pile quand elle tombe enceinte.
Le fleuriste ne voulait rien dire.
- Encore un coup de la haute new-yorkaise. - Arrête.
Il s'apprête à se présenter pour remplacer son père au Sénat.
Pensez-vous vraiment qu'il coucherait avec une gamine de Washington Heights ?
Ça n'a pas à être lui.
Peut-être un frère, un cousin, un neveu...
Ça suffit. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué,
la police et le procureur sont dans une mauvaise passe.
Cette famille est très haut placée et dispose d'un budget exponentiel.
Alors, faites votre boulot, mais discrètement.
DOMICILE D'ANDREW ET KATHLEE RAINES
Police. Inspecteur Olivia Benson.
Si c'est au sujet de Tripp, il est en cours.
Nous venons voir l'ambassadeur.
M. l'Ambassadeur ? Excusez-moi.
- M. L'Ambassadeur. - Oui.
Bonjour.
Inspecteur Amaro. Voici l'Inspecteur Benson.
Pardon, j'ai voulu...
Non, ne vous en faites pas.
- Que se passe-t-il, chéri ? - Nous devons parler à votre mari.
- Que diriez-vous de le faire en privé ? - Nous ne nous cachons rien.
Dans ce cas, pourquoi votre mari a-t-il envoyé des roses à Ella Mendez ?
Je rêve. Un scandale au sujet de fleurs le jour de l'annonce de sa candidature ?
Ella Mendez est une fillette de 13 ans. Elle est enceinte.
Connaissez-vous cette fille ?
Elle a dit qu'elle me connaît ? Je croise énormément de monde.
Pour ces fleurs, des dizaines d'employés ont accès à ce compte client.
On peut les avoir livrées pour un tas de raisons.
La bonne a votre carte ?
Nous vous appellerons si nous avons du nouveau.
Très concluant.
La gouvernante a pensé que nous venions au sujet de Tripp, leur fils.
Peut-être bien que oui.
COLLÈGE DOWNLAND MERCREDI 14 NOVEMBRE
Des gosses qui conduisent à New York ?
Ils ne conduisent pas, ils ont un chauffeur.
Dire que vous avez loupé ça. C'était de la bombe.
- Le voilà. - Ça va ?
On s'appelle.
Tripp Raines. On aurait à te parler.
Allez à la voiture, j'arrive. Je vous écoute ?
Nous aurions quelques questions au sujet de ta chuchita : Ella Mendez.
- Tu te souviens d'elle, non ? - Elle ne m'oubliera jamais.
Ah oui ? L'avoir dépucelée te donne des ailes ?
- J'ai fait une bonne action, O.K. ? - Excusez-moi.
- Je dois déposer M. Raines. - Je me souviens de toi.
Tu bossais à la Criminelle. Briggs, c'est ça ?
- Vous l'arrêtez ? - Non.
Alors, au revoir.
- Ce crétin se croit intouchable ? - Je me demande pourquoi.
On est à l'appartement. Entendu, je te rappelle.
- Tripp est son prince. - Il a le même âge qu'Ella.
On oublie les poursuites.
C'est un "fils de" prétentieux et elle, une gamine enceinte.
- Une voiture officielle ? - Où elles vont ?
Elle n'a pas l'air ravie.
Monte, Ella. Je t'en prie. Allez.
- Ella. Hé. - Non.
Lâchez-la. Est-ce que ça va ? Quel est le problème ?
- Dis-moi. - Je ne veux pas y aller.
- Aller où ? - Je veux garder mon bébé.
Oh, bon sang.
Ella, qui a eu l'idée de te faire avorter ?
Il m'a dit que si j'avortais, je deviendrais sa copine.
Tripp est le seul garçon avec qui tu as eu des rapports ?
- Oui. Une fois. - Quand ?
Le quatre juillet.
Je suis allée à une fête chez lui. Arturo était invité.
Il m'a dit de venir.
- Arturo ? Comment connaît-il Tripp ? - Sa mère était leur domestique.
Donc, tu es allée à cette fête. Que s'est-il passé ensuite ?
Je n'avais jamais été dans une maison aussi grande.
Tripp est venu nous dire bonjour, à Arturo et moi.
- Il était trop sympa. - Sympa, comment ?
Tout le monde buvait de l'alcool. Je lui ai dit que moi, non.
Il m'a apporté de la limonade.
Il m'a montré la chambre de ses parents.
Avec deux salles de bain.
On aurait dit un palace.
Puis, il m'a montré sa chambre.
- Vous n'étiez que tous les deux ? - Oui.
Il avait un lit immense. Il m'a encore donné de la limonade.
J'avais la tête qui tourne. Il m'a dit de m'allonger.
Et ensuite ?
C'est assez confus.
Il m'embrassait.
Il a mis sa main sous mon haut.
Et qu'as-tu fait ?
Je lui ai dit qu'on ne devrait pas, que ma grand-mère serait furax.
- Et qu'a-t-il dit ? - De ne pas lui en parler.
Il m'a dit que j'étais sexy, que je lui plaisais.
D'accord, Ella. Et ensuite ?
Il m'a plaquée sur le lit.
Il a descendu ma jupe.
Et il est entré en moi.
- Tu voulais qu'il le fasse ? - Non. Ça faisait mal.
- Tu lui as dit "non" ? - Oui.
Je me souviens que je pleurais et il a perdu son calme.
Il a dit que c'était ma faute et qu'il ne pouvait plus s'arrêter.
Il m'a demandé si je voulais lui plaire.
Tu te souviens de la suite ?
Quand il a terminé, il m'a dit que je devrais me laver.
J'ai voulu retrouver Arturo mais il était parti.
Je suis rentrée en bus.
Et le lendemain,Tripp t'envoie ces roses.
Il ne ferait pas ça pour n'importe qui, pas vrai ?
Très bien. Ça ne fait plus vraiment de mystère.
Je ne sais pas.
Comment ça ? Elle décrit un viol.
Pas aux yeux d'un jury.
Un simple petit abus, si on a du pot. Et vu ses avocats... ce sera consensuel.
Tu plaisantes ? Elle a 13 ans.
Lui aussi. Concrètement, il...
Il l'a soûlée. Ce n'était pas de la limonade.
Elle était vierge. Elle a dit qu'elle avait mal.
Elle pleurait. Elle a dit non.
Il n'y a pas eu de drame après. Il a envoyé des fleurs.
Même Ella t'a dit qu'ils allaient se marier.
C'est son truc.
Il sait manipuler ces filles.
Tu as de quoi le prouver ?
Ella a changé trois fois de version.
S'agit-il seulement du père ?
Vous voulez que je demande un test ADN ?
Non, gagner sa confiance a pris du temps.
Je n'en doute pas.
Tu entends quoi par là ?
Alors ? Tu entends quoi par là ?
Je vais m'occuper de la paperasse pour le planning familial.
Je reviens.
Olivia, je sais que ce n'est pas facile pour toi.
Ne t'avise pas de jouer les condescendantes.
Tu te plantes.
Tu l'as poussée à avouer par colère.
Je me plante ? Tu sais ce que je vois ?
Une procureur qui a trop peur d'admettre les faits
car sa famille est trop influente. Toi et ton bureau n'avez pas de cran.
Allez.
Salut.
Qu'est-ce qui ne va pas chez eux ? Comment ne pas le voir ?
- Elle ne le poursuivra pas. - Attends. Écoute.
Rendons visite aux Raines avant qu'ils ne l'apprennent.
Tentons d'obtenir la version de Tripp.
Si elle dit qu'il l'a forcée, elle ment.
Ces filles s'offrent à mon fils en permanence.
Et quand elles tombent enceintes, vous payez l'avortement ?
Un mensonge de plus.
- Elle fabule. - Possible
mais si Tripp ne dit rien, nous n'aurons que sa version.
Je vous ai dit de parler à mon avocat.
Monsieur l'Ambassadeur, avez-vous confiance en votre fils ?
Laissez-nous lui parler avant l'enquête.
- Il est temps de partir. - Kathleen. Je t'en prie.
Vous avez cinq minutes en notre présence.
- O.K. - Un échange confidentiel.
Marché conclu.
Tripp ?
Mon mari est un homme politique. Il veut que tout le monde l'aime.
Pas moi.
Si vous imaginez pouvoir vous servir de tels bobards pour nuire à mon fils...
vous le regretterez.
Tripp est sorti. Il révise avec des copains.
Il devrait être dans sa chambre.
J'appellerai le bureau du procureur dans la matinée.
Bonne soirée à vous.
- Elle avait l'air inquiète. - Tout comme lui.
Il le couvre. Ce gosse ne révise pas avec des copains.
Il a pris la fuite.
Aucun signe de Tripp Raines.
Un véhicule banalisé est resté posté devant toute la nuit,
il n'est pas rentré.
Mais la famille ne signale pas sa disparition.
Et leurs autres propriétés ?
La police surveille celles d'Aspen,
de Martha's Vineyard, d'East Hampton. Personne.
J'ai reçu un appel de l'avocat des Raines.
Il craint que je ne poursuive Tripp.
- Ce qui te contrarie ? - Oui.
Minute. Attendez.
Ça veut dire qu'ils savent où Tripp se trouve ?
- Comment ça ? - Ce gosse a disparu depuis hier.
L'avocat n'a pas évoqué sa disparition.
Sa famille veut gagner du temps.
Chers collègues, on demande à vous voir.
Merci de votre venue, Mme Raines.
Il est arrivé quelque chose à mon fils. J'ignore où il se trouve.
Pas plus que notre garde rapprochée.
- Votre mari pourrait le savoir ? - Non.
Andrew et moi nous disons tout.
Cette situation vis-à-vis de cette fille est...
Je sais que vous pensez Tripp coupable.
C'est très compliqué pour lui de grandir en étant surexposé
mais ce n'est pas un méchant garçon.
À quand remontent les dernières nouvelles ?
Après les cours.
Briggs l'a déposé à quatre heures pour son cours d'escrime
et Tripp lui a dit qu'il rentrerait à pied.
Il n'a que 13 ans.
Il est seul dehors.
Nous allons retrouver votre fils, Mme Raines.
Bon, regarde. Tous les appels de Tripp hier. Là.
15h45 : un appel passé à Washington Heights.
Inez Rivera.
La mère d'Arturo.
Liv a dit qu'elle bossait pour les Raines.
Si Tripp se planque, Heights serait l'endroit idéal.
- J'appelle Liv. - Je l'appelle.
Je suis brigadier.
- Où est-il ? - Je vous l'ai dit, je n'en sais rien.
Et la dernière fois où tu as parlé à Tripp ?
- Il y a une semaine. - Je dirais hier, 15 minutes.
On a ses relevés téléphoniques.
Pourquoi Tripp t'a appelé ?
Écoute. On pense qu'il était dans la panade vis-à-vis d'Ella.
Il t'a demandé de l'aide ?
Il voulait seulement passer. Je l'ai attendu mais il n'est jamais venu.
On rembobine. Comment l'as-tu rencontré ?
Ta mère t'emmenait quand elle allait travailler ?
Non, j'ai passé ma vie dans cette maison. Et voilà où je me retrouve.
Ah... Je comprends maintenant.
- Quoi ? - La raison de son appel.
Pourquoi tu le couvres.
Tu as emmené Ella à une soirée chez lui.
- Mais tu ne nous l'as pas dit. - Non.
- Tu continues à mentir pour lui ? - Non.
Pour que vous restiez amis ?
- Non, rien à voir. - Explique-moi.
Je ne l'aide plus. C'est un crétin. Tant mieux s'il est parti. Quel bouffon.
- Kathleen doit se faire un sang d'encre. - Vous avez l'air proches.
Ils vous ont employée longtemps ?
Quinze ans.
Une femme incroyable.
Elle nous a donné des vêtements, le vieil ordinateur de Tripp.
- Les garçons sont proches ? - Oui, très.
Ils ont un mois d'écart et ont grandi ensemble.
J'aimerais tant vous aider mais j'ignore où il peut se trouver.
Y a t-il un endroit où il pourrait aller s'il était contrarié ou avait peur ?
Ils jouaient aux cow-boys et aux Indiens dans le parc.
Ils ne rentraient jamais à l'heure pour le bain.
Petits, petits problèmes, grands...
- Benson. - Tripp a utilisé sa carte
dans trois boutiques sur Bleecker.
Au cours de la dernière heure, chez Pistols and Petticoats
- sur Christopher Street. On y va. - Christopher Street ?
Allons jouer les trouble-fêtes.
Nous recherchons Tripp Raines.
Le joli cœur en gris ? Il a payé sa tournée.
Deux de ses amis viennent de se marier.
C'est enfin légal. Pas trop tôt.
Tripp Raines.
- Tripp Raines. - Yo, Tripp ?
- Quoi ? - Suis-nous.
Je rêve. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Généralement, les gens se retournent quand on les appelle.
- Allons-y. - O.K.
- Tu connais ce gosse ? - Je ne l'ai jamais vu de ma vie.
Peut-être son corps.
Je le jure sur ce regard noisette.
- J'ai trouvé ça à Central Park. - Où exactement ?
La zone gay, sous un pont.
Que faisais-tu là-bas ?
Une gâterie à un quadra vêtu d'un tee-shirt Grateful Dead.
Donc, personne ne peut le confirmer.
Il n'a pas payé par chèque, chérie.
"Chérie" ? Attention.
Pardon. Je m'emballe quand je stresse.
Tu as une raison de stresser ?
Il n'y a pas mort d'homme. Quel est le problème ?
Ces cartes sont assurées.
Tu vas nous montrer où se trouve ce pont. Debout.
Il a largement de quoi gagner de l'argent sans dépouiller un gosse.
S'il avait connu le solde, il n'aurait pas payé une tournée.
Disons que c'est un opportuniste.
Quelqu'un peut s'en être pris à Tripp avant.
C'est un vrai labyrinthe.
Il faudrait tout un régiment.
C'est d'accord.
Ordonne à la brigade de Central Park de se mobiliser d'urgence.
Je veux un hélico, des chiens, des plongeurs dans le lac.
Inspecteurs. Par ici.
Nouvelle tragédie pour la famille Raines
suite à la découverte du corps de Tripp Raines...
Pour l'heure, personne n'est suspecté du meurtre.
Son corps était dans le secteur gay du parc.
- Les Raines sont... - M. Raines ?
M. Raines, par ici.
M. Raines.
- Votre fils était gay ? - Reculez.
- Une déclaration ? - M. Raines...
Ces journalistes...
parlaient de rencontres gays. Mon fils n'est pas homo.
Nous pensons que ce n'était pas le motif.
On l'a braqué. Son portefeuille a été volé.
M. Raines, il a reçu de nombreux coups sur le crâne.
Quelqu'un aurait-il pu en vouloir à votre fils ?
Une connaissance de Tripp aurait fait ça ? Impossible.
Parlez-nous d'Arturo Rivera.
Arturo ? Le fils de notre gouvernante ?
C'est un gentil garçon. Pourquoi ?
Pour l'heure, c'est la dernière personne à avoir parlé à Tripp.
La mère d'Arturo travaillait pour vous jusqu'à récemment.
- Vous l'avez virée ? - Non, rien de tel.
- Pourquoi est-elle partie ? - De vous à moi ?
Un problème de papiers.
Vu ma campagne, je dois être impeccable. On a tout arrangé, j'ai payé mon dû.
Elle a eu droit à un sacré dédommagement.
Serait-il... possible que son fils l'ait mal vécu ?
C'est effectivement possible.
Mais jamais Arturo n'aurait pu faire ça.
Vous avez l'air convaincu.
Il est petit pour son âge. Il est mou. Il n'a pas le physique requis.
Tripp était un athlète.
Dans tout ce qu'il entreprenait, il avait tout d'une star.
Tripp avait beau être un grand athlète,
Arturo est le suspect idéal.
- Toute cette rage, tout... - Pour une fille ? Je n'y crois pas.
- Autre chose l'a fait disjoncter. - Et cette histoire de licenciement ?
- Tu trouves ça crédible ? - Non.
On s'est rapprochés des services d'immigration. Inez Rivera ?
Elle a obtenu la nationalité il y a 15 ans.
- Raines a menti. - Pas pour le dédommagement.
Il y a six mois, il a versé 250 000 $ sur son compte épargne.
- Pas mal, comme indemnité. - Ce n'est pas tout.
Son appart a été acheté en liquide, à son nom, en mars dernier.
L'argent venait d'un autre compte des Raines.
Ces gens-là en viennent à oublier la présence d'une bonne.
Inez a pu découvrir quelque chose de compromettant.
Pas le genre à faire chanter. Elle avait vraiment l'air de s'en faire.
Mais c'est une mère célibataire. Son fils compte davantage.
Elle n'a pas toujours été célibataire.
Le certificat de naissance du gosse indique son mari Ricardo comme père.
- Où est-il passé ? - Voyons voir.
Ils ont divorcé il y a cinq ans.
Sur les papiers du divorce, ils déclarent ne pas avoir d'enfant.
C'est le père d'Arturo à sa naissance
mais huit ans plus tard, ils s'accordent à dire l'inverse.
C'est un bon motif pour divorcer.
Et expliquer la colère d'Arturo.
Leur arrangement. Ce n'était pas une indemnité mais une pension.
On cherche simplement à savoir ce qui est arrivé à Tripp.
- Je jure que je n'en sais rien. - Je ne dis pas que tu le sais.
Mais tu es le dernier à lui avoir parlé.
Je vous l'ai dit.
- Il voulait me rejoindre... - Je sais ce que tu m'as dit.
Mais j'imagine mal quelqu'un comme Tripp
demander à venir à Washington Heights, tu vois ?
Il s'attendrait à ce que tu le retrouves ?
Arturo, tu avais ton téléphone hier ? Toute la journée ?
On a celui de Tripp,
ce qui veut dire qu'on peut savoir où vous vous trouviez.
On pourra voir que tu l'as rejoint au parc, pas vrai ?
- Oui. - Oui.
Que voulait Tripp, Arturo ?
Il m'a dit qu'il devait parler à Ella... mais qu'il ne pouvait pas l'appeler.
Il m'a demandé de l'emmener.
- Qu'en pensait Ella ? - Elle était ravie.
Elle a préparé un sac. Elle pensait qu'ils fuiraient ensemble.
- Ce n'était pas ce que voulait Tripp. - Non.
Il était très méchant avec elle. Il s'est mis à crier.
Pourquoi elle n'avait pas avorté ? Pour qui elle se prenait ?
Ella s'est mise à pleurer. Son maquillage a dégouliné.
- Tripp l'a traitée de pute. - Surveille ton langage, mijo.
Ella... est ton amie.
Je... Je ne laisserais personne traiter mon amie de la sorte.
Je lui ai dit de la laisser tranquille.
Mais Tripp a l'habitude de n'en faire qu'à sa tête, pas vrai ?
Il a dit que tout était ma faute,
que je n'aurais jamais dû emmener cette fille à sa soirée.
Il m'a dit que c'était à moi de régler ça.
Il a sorti son portefeuille.
- Il t'a donné de l'argent ? - Je n'en ai pas voulu.
Alors, Tripp m'a fait tomber et m'a écrasé la tête par terre.
Il m'a dit qu'il se fichait du prix
mais que j'avais intérêt à ce qu'elle se débarrasse du bébé.
Il a jeté l'argent par terre avant de s'éloigner.
Alors que tu étais venu l'aider.
On ne paie pas les gens pour nier leur existence.
Comme l'a fait le père de Tripp pour que ta mère et toi partiez ?
Arturo.
- Qu'est-ce que tu as fait ? - Pardon, Maman.
Arturo, dis-nous ce qu'il s'est passé.
J'ai pris une pierre et je l'ai jetée.
Elle a touché sa tête et il est tombé.
J'ai ramassé la pierre et... je l'ai encore frappé.
Mijo...
Arturo, Ella t'a vu le faire ?
Je lui ai dit de partir.
Je lui ai fait promettre de ne rien dire.
Ella était mon amie.
C'était chez moi.
Ella disait qu'il pouvait faire d'elle une princesse.
- J'aurais pu en faire ma princesse. - C'est vrai.
Tu étais un Raines, toi aussi.
Je suis un Raines, tout comme Tripp.
- Qu'est-ce que tu racontes? - Je sais tout.
Quand l'as-tu découvert ?
Le soir du Nouvel An, je...
Il m'a semblé les entendre dans...
Je les ai entendus dans son lit.
J'ai acheté l'un de ces tests... à la pharmacie.
- Un test de paternité. - J'avais vu ça à la télé.
J'ai utilisé sa brosse à dents. Je l'ai envoyée. J'ai reçu le résultat.
C'est mon père.
Tu lui as montré, Arturo ?
Une seule fois. Il était furieux, et on a dû partir de la maison.
Tu le savais, Maman ? Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
Je ne voulais pas te faire de peine.
Arturo.
- As-tu dit pourquoi vous deviez partir ? - Non.
Il m'a dit que sinon, on perdrait le nouvel appartement.
De plus, je m'en fichais.
C'était le seul à qui je voulais en parler.
Dis-lui maintenant.
Comme s'il était là... derrière ce miroir.
Je voulais seulement que tu m'appelles ton fils.
Je voulais seulement que tu me dises que tu m'aimes.
C'était trop te demander ?
Je suis aussi ton fils.
Qu'est-ce que tu as fait ?
Ce n'était rien de sérieux.
- Notre fils est mort. - Kathleen.
Non, ne me touche pas.
- Je ne pouvais pas le dire. - Ne t'approche plus de moi.
Je ne voulais pas te faire de mal.
Kathleen, je suis désolé.
CECI EST UNE FICTION
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