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...
Souffle du vent
Respiration haletante
Propos indistincts
- La France a été une terre d'asile après votre détention.
Vous travaillez à la Commission européenne.
Que dites-vous à ceux qui taxent l'Europe d'hypocrisie ?
- Je dis qu'ils ont raison.
Mais qui sont-ils, ceux qui nous font ce reproche ?
Où sont-ils ?
Avec qui parlent-ils ? Avec qui négocient-ils ?
Seuls les gens que l'on accueille ne sont pas hypocrites.
- Une dernière question.
Comment voyez-vous l'avenir pour la Syrie ?
- J'essaie de travailler pour qu'il soit moins sombre.
- Merci.
- On est en retard. - Je sais.
- Je vous ai mailé votre carte d'embarquement.
- Merci.
- Rex est à l'aéroport.
- Rex monte dans l'avion.
- Bien. Rex est dans l'avion.
Bruxelles-Istanbul, combien de temps ?
- 3 heures 30.
- Bon, fin d'après-midi.
Rex est en route.
- Quand doit-elle rencontrer Shahanah ?
- Demain ou après-demain. Il ne vient que quelques heures.
- Vous allez me dire qui je vais rencontrer ?
- C'était pour éviter les fuites.
On ne peut pas négocier la libération de Paul sans secret.
- Shahanah ?
- Il est en contact avec l'Etat islamique.
Il leur achète des oeuvres d'art.
C'est le plus gros trafiquant du moment.
- Il était conservateur du musée de Damas.
- Faut croire qu'il gagnait pas assez.
- On se connait du temps où j'enseignais à Damas.
- C'est pour ça qu'on vous a contactée.
Shahanah est méfiant. Vous, il vous recevra peut-être.
- Pourquoi il nous aiderait à libérer Paul?
- Pour l'argent.
Pour une protection quand la défaite de l'Etat islamique arrivera.
BiP
- Afin d'éviter la crise entre nos deux pays,
nous vous avions communiqué le nom de l'agent
qui nous a proposé ses services.
Paul Lefebvre.
Certains chez nous s'interrogent sur ce qui va se passer.
Une fois qu'il sera libéré.
Et on espère tous qu'il le sera.
Sachant alors qu'il sera très difficile
de le soustraire à la presse.
Qu'allez-vous en faire ?
Comment allez-vous le sanctionner en privé ?
- Nous comptons faire comme vous.
Nous agissons d'abord. Nous réfléchissons ensuite.
- D'après nos statistiques, un otage occidental
a 25 % de chances de s'en sortir vivant.
- Si c'est un agent?
- O%.
Si Paul Lefebvre revenait en France,
cela tiendrait donc du miracle.
La question est: croyons-nous aux miracles ?
- C'est la première fois qu'on me suggère d'abandonner un agent.
- C'est logique. Ce n'est pas leur agent.
Malotru exécuté par Daech, une aubaine pour les Américains.
Ils évitent le scandale.
Leur problème est réglé.
Le nôtre aussi.
Une fois Malotru libéré, on fait quoi ?
- On sabre le champagne. - Et après ?
- On réfléchit.
- Si on ne sort pas vite Debailly, les Américains vont l'enterrer.
*- Allô ?
- Qu'est-ce que vous faites ?
*- Je rentre à Bruxelles.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Moi aussi, j'ai un prix.
*- Pour aider Paul?
- Je prends des risques en rencontrant un trafiquant.
- D'accord, nous en parlerons ce soir.
- Non.
Vous m'annoncez tout au dernier moment. C'est fini, tout ça.
- Qu'est-ce qui est fini ?
*- Vous voulez que je le rencontre ?
Procurez-moi ce que je vous demande C'est simple.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
*- Quand ce sera fait, on reprendra.
Thank you.
BiP
- Elle veut ce poste.
- Adjoint au commissaire à l'aide humanitaire.
- Pourquoi ?
- Le commissaire, Amir Mamoun.
Il est bien placé pour diriger le gouvernement de transition.
- Elle veut être près de lui.
Ambitieuse.
- Très.
- Qu'est-ce qui lui garantit le poste si l'actuel adjoint saute ?
- C'est une femme.
La politique des quotas lui est favorable.
Elle est syrienne.
- Pourquoi veut-on à tout prix récupérer Malotru ?
- Il est des nôtres.
- C'est une taupe.
- On va laisser Daech le juger ?
- Certains y pensent.
- Moule à Gaufres ?
- En particulier.
- Et vous ?
- Je pensais qu'il allait jouer au kamikaze là-bas.
Soit il voulait mourir et ça a raté...
Soit il voulait se donner une chance.
- Il n'aurait pas utilisé d'explosif aussi directionnel.
- Donc il a voulu se donner une chance.
Une chance de quoi?
De vivre un enfer ?
Gémissements
Deux coups lui répondent.
Il frappe le bois.
Quatre coups lui répondent.
- Chi c'è?
Des voix approchent.
Deux hommes parlent en arabe.
Grincement des freins
Une portière claque.
Il crie.
Vrombissement du moteur
Il crie.
Il sanglote.
Il gémit.
Ordres en arabe
(En anglais)
On frappe.
- Qu'est-ce que tu fais ? Ils sont là.
- C'est bizarre.
Y a un des Russes qui n'est pas dans notre liste.
- Ils sont en bas.
- Tu crois que c'est un nouveau ? Ou un stagiaire ?
C'est pas normal, on n'a rien.
- Qui te dit qu'il est russe ? Ou qu'il travaille à l'institut?
- Oui, t'as raison.
Ici ?
(En russe)
Ils continuent de parler en russe.
- Excuse-moi.
Elle souffle.
On frappe.
- Marina, t'es là ?
Marina !
Cava?
- Le 3e mec, c'est leur chaperon du FSB.
- Tu crois pas qu'ils se baladent sans surveillance.
Tu nous as dit que l'institut
travaillait parfois avec le FSB.
- OK.
OK.
Discussion en russe
- Tu sais qu'en Syrie, la guerre crée des tempêtes de sable ?
L'exode des populations agricoles du nord,
l'assèchement de l'Euphrate par la Turquie,
le piétinement continu du sol, les mouvements de troupes...
Des tempêtes de sable gigantesques.
On veut profiter de la prochaine pour mener une opération.
- On sait où est Guillaume ?
- Avec un pourcentage favorable.
C'est risqué, mais c'est maintenant ou jamais.
Il est là.
Dans une zone où l'Etat islamique perd du terrain.
- Une opération avec les Américains ?
- Non.
Avec les Kurdes.
- Et voilà.
Bienvenue à Beyadi.
Les Peshmergas l'ont reprise il y a 10 jours.
- J'ai été briefé.
- C'est ici qu'on attend la tempête.
C'est le village sécurisé le plus proche de l'otage. 100 bornes.
Avec les gars, on te le sort et on le ramène.
Ca te va ? - Très bien.
- Alors sécurisé, les barbus laissent des surprises
quand ils perdent une ville.
Mines artisanales, explosifs, cadavres piégés...
T'as faim ?
- Ouais. - T'as de la chance, Esrin cuisine.
C'était son tour.
On tourne, on n'est pas machos.
Dis rien sur son cul, elle parle français.
- Je parle français.
- Qu'est-ce que c'est?
Vous filmez les combats ?
- C'est à l'Etat islamique.
Je regarde pour comprendre comment ils se battent.
- Vous l'avez trouvée où ?
- Ils ont voulu tout brûler.
Mais dessous, ça brûle pas.
- On peut y aller ?
- Il y a un passage. Touchez pas.
Demandez d'abord.
- Tout est là ?
- Non.
Je reviens. Ne bougez pas.
- OK.
BiP
Vibreur
- T'es où ?
*- Une sorte de quartier d'état-major
laissé par Daech avant d'être chassés.
Des tonnes d'archives.
- Oh la chance !
*- T'es à la cantine ? - Non, j'ai pas le temps.
*- Je t'envoie d'autres trucs bientôt.
Je te laisse bosser. - Non, reste.
*- T'es seule dans le bureau ?
- Non.
*- Merde. Je ne peux pas te chauffer.
Je peux pas te dire comme j'ai envie...
- Arrête !
*- Je te laisse. - OK.
Elle soupire.
- Tu bouges et ça saute.
Ne bouge pas.
Respire lentement.
J'étais partie chercher ça.
J'avais dit de pas bouger.
Pourquoi tu as bougé ?
- Désolé.
- C'est pas Disneyland, ici.
Ici, partout,
c'est un cimetière !
Je suis pas baby-sitter. - OK.
Tu peux couper, s'il te plaît?
- C'est nous
qui libérons la ville.
Si on veut plus de toi,
si tu es dangereux, ou bête, on te renvoie.
Et personne ne dira non.
OK?
- OK.
Merci.
- Je comprends pas ceux qui chient aux toilettes.
Ils ont pas de toilettes chez eux ? On chie pas au travail.
Pourquoi ils prennent pas leur bain ?
A chaque fois, y a personne et ça pue.
Quand je sors, quelqu'un entre et pense que je chie.
Pourquoi? Parce que je suis gros.
Sans ça, la question se poserait pas.
Les gros, ça chie.
C'est connu, les gros, ça passe sa journée à chier.
- Viens voir.
- Raymond ?
- Je vais demander à y aller. C'est énorme.
- C'est quoi, ce truc ?
- J'en sais rien.
On dirait un schéma électrique.
- C'est pas en arabe.
On dirait un schéma d'aiguillage. - Ah bon ?
- Français.
Tu me l'envoies ?
- Il est mort?
- Pas du tout.
Au contraire, on sait qu'il est en bonne santé.
Et on sait où il se trouve.
- D'accord.
- Le président a autorisé une opération pour le libérer,
en parallèle à notre volonté de négocier.
C'est pour ça que nous t'avons fait venir.
- Et c'est quand ?
- Je ne peux pas te répondre précisément, mais bientôt.
- En heures ? En jours ? En semaines ?
- En jours.
- OK.
Je peux en parler à ma mère ? - Oui.
Mais à personne d'autre.
- Oui, je connais la maison.
(En arabe)
Aboiements
Coup
Coups
Applaudissements
(En anglais)
- Je déteste ce genre de trucs. Je serai au bar.
Sonnerie
Allô ? *- Qu'y a-t-il, ma belle ?
- En rentrant d'Iran, mon billet d'avion était nickel?
*- Bien sûr.
- Quelle compagnie ?
- Lufthansa.
*- Et ma notification de fin de contrat?
- Nickel.
- Et ma... *- Tout est en ordre.
- Si jamais quelqu'un vérifie ?
*- On a tout checké dix fois. - D'accord.
* Merci.
- J'ai reçu un drôle d'appel de Marina Loiseau.
- Que se passe-t-il ? - Justement, rien.
Elle a utilisé une procédure d'urgence.
Je me suis dit qu'il y avait un truc. Et non.
Elle voulait vérifier quelque chose.
Elle a flippé.
- Merci.
- Je viens prendre du matériel.
- Goûte.
- Pas mal.
Qu'est-ce que tu as à la jambe ?
- J'ai trop marché.
Silicone.
- Une mine ?
- Un sabre.
- On part dans 20 minutes.
- Je serai prête. - Pas une heure.
Non, c'est bon. Bouge pas.
- C'est ce soir ?
- Oui.
Garde-moi une assiette.
- OK.
- Et une pour ton ami.
A tout à l'heure.
- C'est un truc de vieux, mais ça m'aide.
- Qu'est-ce qu'ils foutent?
- Des soldats du Cham ?
- On passe pas sur les côtés. Il faut les dégager.
Attention.
On est presque arrivés. Aucun bruit.
Le berger est peut-être là, il peut avertir l'ennemi.
Bêlement
* Poussez-les gentiment sur le côté.
- Allez, allez, petits.
Allez, bougez.
* Ca mène à tout, ce métier.
- On y est presque.
- Je viens t'aider.
Les moutons bêlent.
*- Mine.
Tu reviens doucement.
Et tu regardes où tu marches.
Respiration haletante
Le bruit a dû alerter les combattants.
Il faut revenir un peu plus vite.
Explosion
Un mouton.
Continue.
- Qu'est-ce que vous allez en faire ?
- Trop long à développer.
- L'irrésistible ascension.
- Pourquoi pas ?
- Et si entre-temps, Paul avait été exécuté ?
- C'est une question qu'il s'est posée quand j'étais captive ?
(En arabe)
- Dites-moi.
On a retrouvé ça
dans le village de Beyadi, déserté par l'Etat islamique.
- C'est quoi ?
- Un schéma d'aiguillage de la SNCF.
- Il y a une gare à Beyadi ? - Non.
- OK.
- Ca...
C'est une technique de code
qu'utilisaient les résistants français pour communiquer.
Ils se servaient des schémas d'aiguillage.
En 1980, la DGSE avait une taupe dans les services de Saddam Hussein.
Elle communiquait avec cette taupe avec ces schémas.
Son pseudonyme était Cochise. Voilà son dossier.
- Continuez.
- Et si ce Cochise
était un officier de haut-rang de l'EI ?
Qu'il avait réactivé le code pour nous contacter ?
Beaucoup de leurs cadres viennent du parti Baas d'Hussein.
- Il aurait laissé ce plan pour nous ?
- Une manière d'éveiller notre intérêt sans risque.
Sinon, je ne vois pas ce que ce schéma faisait là.
- Faudrait qu'on lui réponde.
- Il nous faudrait un canal pour ça.
- On en a justement un.
- Marina, je vais vous poser une question.
Une seule fois.
Après, on n'en parle plus.
Vous deviez rester dans un bureau après l'Iran.
Vous m'avez proposé cette mission de repérage à l'institut Boulgakov.
Vous pensiez qu'ils travaillaient
sur les câbles de communication sous-marins.
Vous m'avez convaincu.
Je vous ai autorisée à partir avec Claudia.
Est-ce que j'ai eu tort?
- Non.
- Vous pouvez le dire.
Il est encore temps.
Vous pouvez me dire que vous avez peur.
Que vous n'êtes pas remise de votre dernière mission.
Vous devez le dire.
Parce que cette fois-ci, vous n'êtes pas seule.
- Je vous promets que ça va et que vous n'avez pas eu tort.
- OK.
Vous pouvez partir à Moscou avec Claudia.
- Bien, votre bagage, s'il vous plaît?
- Je vais aux toilettes.
- T'as ta carte d'embarquement?
- Eteignez votre portable.
Elle sanglote.
Le chien grogne.
Le chien aboie.
Coups de marteau
Respiration haletante
Le chien gémit.
Il crie.
Sous-titrage TITRAFILM
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