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Zulu
...
- Je suis très inquiète.
J'ai peur qu'elle fasse un déni et qu'elle explose en plein vol.
- Un déni ?
Elle n'adresse plus du tout la parole à Tetsuo.
- Il lui a menti. - Pour la protéger.
- Oui. N'empêche. Bonjour, Astrid. - Salut.
- Bonjour, commandant Coste. Bonjour, capitaine Perran.
Pour venir, j'ai pris le bus 27,
puis le bus 133, et enfin j'ai pu prendre le bus 342.
Les bus sont arrivés à l'heure, c'était très satisfaisant.
- Norah, on pouvait pas
te rejoindre à l'intérieur ?
- Impossible. C'est un des plus gros data centers de France.
Il a moins d'un an.
Niveau sécurité, Fort Knox est loin derrière.
J'avais jamais vu ça.
Je vous montre ?
Ils stockent les données dématérialisées
de milliers de sites.
- Elles ne sont pas dématérialisées, Lt Mansour,
puisqu'elles nécessitent un entrepôt.
- C'est une expression. - Qui est inappropriée.
- Si j'étais vous,
je remettrais ça, Astrid. Vous pouvez ouvrir ? Merci.
Vacarme de la climatisation. - Ah oui...
...
- Hum hum. Il est cousu.
- Maxime Brière,
42 ans. C'était le responsable de ce site, Asmodeus Analytics.
- Fournier ? - C'est difficile à dire.
Asphyxie ou empoisonnement.
Les traces sont peu visibles, il semble avoir été toiletté.
- L'absence d'inflammation implique que les sutures sont post mortem.
- Ca, on est d'accord. En tout cas, c'est pas ça qui l'a tué.
- Pourquoi utiliser une technique aussi moyenâgeuse ?
- C'est peut-être un passionné de couture.
Je suis dans le "comment", moi. Le "pourquoi",
c'est votre métier. Chacun son domaine, quoi.
- Avec toutes les caméras
qu'on a autour, on va vite savoir "qui".
- Où est l'allée
avec le corps ? - Elle devrait être là.
- La caméra a été truquée ? - Non, impossible.
Le système n'est pas connecté à l'extérieur.
- Où sont mes collègues, alors ?
- C'est quoi, ce bordel ? - Le flux de la caméra de l'allée
où a eu lieu le crime a dû être relié
à celui de l'allée voisine.
Comme elles se ressemblent toutes, vous n'avez rien vu.
- Ah !
Lieutenant Mansour ?
Ah, elle ne m'entend pas. Lieutenant Mansour ?
Lieutenant Mansour ? - Oui, Astrid.
Perdon, je ne vous entendais pas. - Il y a un problème. Là.
Tous les câbles sont connectés sauf celui-là.
Il faut ouvrir la porte.
- C'est peut-être un oubli ? - Non, c'est pas normal.
- Le câble jaune. - OK.
Attends, bouge pas.
- Il n'est connecté que d'un côté.
- C'est celui-là ? - Oui.
- Voyons ça.
Merde. Tous les logs du serveur ont été effacés.
- Tu veux dire qu'on ne peut pas récupérer l'historique ?
- L'historique d'activité, non.
La machine a enregistré un pic de température
à l'heure approximative du crime. Il y a eu de l'activité.
- Super.
C'est peut-être le mobile.
Si ces trucs hébergent Internet,
il y a forcément des secrets inavouables dedans.
La bouche et les yeux cousus signifient peut-être
que la victime a vu quelque chose qu'elle ne devait pas voir
et ne surtout pas révéler. - Et c'était archi-préparé,
un meurtre réalisé dans une espèce de chambre close numérique.
La caméra dérivée crée un angle mort, d'accord,
mais on ne voit ni l'arrivée ni le départ du coupable.
Et pas plus la victime. - Comment c'est possible ?
- Le nouveau commissaire a convoqué tout le monde
et il aime pas attendre.
- C'est bon ? - Il ne faut pas être en retard.
- On va faire connaissance.
J'aimerais vous faire un point
sur ce que je compte mettre en place.
Je veux qu'on rajoute de l'ordre dans nos process.
- Je l'imaginais pas du tout comme ça.
- C'est-à-dire ?
- Je sais pas. Je trouve qu'il a l'air sympa.
- Ca va,
je vous dérange pas ? Un café ? - Non merci.
- Je me suis trompée. - Bien.
Je reprends pour les retardataires.
Mon objectif est de faire
de notre brigade
le fleuron des services de la police judiciaire.
J'ai travaillé avec le FBI,
on va s'inspirer de leurs méthodes,
mettre en place des process
qui ont fait leurs preuves là-bas.
Ce que faisait mon prédécesseur,
j'en ai rien à foutre.
- Il a dit "j'en ai rien à foutre". - J'ai entendu.
- On va appliquer ma méthode,
à savoir :
collecte d'indices, hypothèse,
analyse,
coordination,
audition et...
légalisation.
C'est la méthode CHACAL.
C'est clair pour tout le monde ?
Mémorisez-la, c'est votre bible.
Vous passerez me voir un par un dans mon bureau
pour les affaires en cours.
Coste, Perran et Nielsen, c'est qui ?
- Nielsen, c'est moi. Astrid Nielsen.
Lt Nielsen.
- C'est nous.
- Je vous écoute. Profil de la victime ?
- Maxime Brière. Cadre chez Asmodeus Analytics.
C'est une grosse boîte dans le domaine de la technologie.
- Sa villa a été perquisitionnée.
Quatre étages avec piscine, dans Paris.
Sur les murs, des toiles de maîtres, et beaucoup de cocaïne.
- Argent, drogue, c'est original. Et au niveau de l'environnement ?
- Quasi personne.
Ses voisins ne voient passer que des livreurs ou des filles.
- De la famille ? - Le père de Brière est mort
l'année dernière, il est pas allé à l'enterrement.
- Mais il a une soeur,
Claudia Brière. On la cherche,
mais elle n'est pas chez elle et elle répond pas au téléphone.
- Brière avait sans doute peu d'amis,
mais il semblait vouer un culte à son boss.
Dans son téléphone, Samuel Chamaco est inscrit
sous le nom "porteur de lumière".
- Un gros fayot. Un fayot genre taille XXL.
- Pour le mobile, on a une piste ? - Absolument pas.
- Bon. Il va falloir que ça change.
- C'est le lieutenant Mansour. Elle est sur la scène de crime.
Est-ce qu'on se passe de son appel en rapport avec l'enquête ou...
- Répondez.
- Oui, Norah ?
*- J'ai compris pour les données volées.
En fait, rien n'a disparu. C'est un fichier qui a été ajouté.
- Un fichier de quoi ?
- Je sais pas. Je dirais plutôt une ligne de code :
*V.R.S.N.S.M.V.S.M.Q.L.I.V.B.
- OK. Ca correspond à quoi ?
- Aucune idée. Je cherche dans les protocoles informatiques.
- Merci, Norah. *- Je te tiens au courant.
- Bien. Ne me regardez pas comme ça.
Au boulot.
Le bruit ambiant s'arrête. Signal sonore.
- Bonjour. Capitaine Perran.
- Bonjour. - Merci d'être venu si vite.
- Qu'aurais-je pu faire d'autre ?
Maxime, assassiné... Chez nous.
- Vous le connaissiez personnellement ?
- Asmodeus est plus qu'une boîte. C'est une famille.
Maxime n'était pas un simple collaborateur, c'était...
C'était un ami.
- Vous savez qu'il vous appelait le "porteur de lumière" ?
- C'était un truc entre nous.
Avant d'arriver chez Asmodeus, Maxime n'avait pas la même vie.
Il était assez reconnaissant.
*- Avez-vous une idée de qui aurait pu s'en prendre à lui ?
- Les obscurantistes, capitaine Perran.
Le progrès a toujours fait peur.
Certains font tout pour empêcher l'humanité d'avancer.
- Vous avez reçu des menaces ?
- Oui, beaucoup.
Mais, plus précisément, il y a un an,
quand le centre a ouvert.
Nos réseaux sociaux ont été saturés par le même message,
mais qui provenait d'adresses IP différentes.
C'était...
"Les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres."
Ca nous avait presque amusés, Maxime et moi.
Si on avait su qu'ils allaient vraiment le réduire au silence...
Tenez,
c'est mon numéro.
Vous pouvez m'appeler à toute heure.
Je ne dormirai pas
tant que le meurtrier ne sera pas sous les verrous.
- J'ai envoyé au labo un des fils qui a servi à le mutiler.
- Et les causes de la mort ? - Notre ami a été empoisonné
avec du thallium, un métal lourd.
Ca provoque une mort à la fois lente
et très douloureuse, il paraît. C'est une belle saloperie.
- L'assassin voulait qu'il souffre. C'est une sorte de torture ?
- On peut dire ça. Et il y a autre chose.
- Oh ! Il a été fouetté ?
- C'est plus compliqué que ça.
D'après l'angle des lacérations, la victime s'est autoflagellée.
Ne me demandez pas pourquoi.
...
- Durant l'audition, M. Chamaco a dit :
"Les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres."
J'avais déjà lu cette phrase quelque part.
Elle vient de la Bible, du Livre de Samuel, chapitre 2, verset 9.
Là.
- Vous avez retrouvé cette phrase dans un dossier ?
- Oui.
Là.
"Les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres."
J'ai trouvé une occurrence dans les affaires très anciennes,
des dossiers du début du 20e siècle dans lesquels toutes les victimes
ont eu la bouche et les yeux cousus. Là.
Là. - Comme notre victime.
- Oui.
- Sur quoi portent ces dossiers ?
- Tous sont liés à la pratique de la magie noire.
- Commissaire, on a peut-être affaire à des fanatiques,
du genre secte ou... - On avait rendez-vous ?
- Absolument pas.
- Perdon ? Un rendez-vous pour quoi ?
Je devais vous tenir au courant pour l'affaire Brière, non ?
- On s'est pas bien compris, Cdt Coste.
J'attends votre PV ce soir, on débriefera demain matin.
- Demain matin, il sera trop tard. - Peut-être mais c'est la procédure.
Elle doit être respectée.
- Ah ? D'accord.
Un rendez-vous, comme chez le dentiste ?
- Exactement.
- Il me gonfle, "boucles d'or".
Il va nous manquer Bachert.
- Oui ?
- Vous n'avez pas de boules, commissaire Vassieux.
Le commissaire Bachert
avait de belles boules sur son bureau. Une, deux, trois.
Vous avez mis des bonbons, à sucer.
Je ferme la porte ?
- S'il vous plaît. - D'accord.
Le commissaire Vassieux est respectueux des procédures.
C'est très rassurant.
- Norah, des nouvelles de Claudia Brière ?
- Non, toujours rien. Son téléphone semble éteint, on cherche du côté
de sa famille.
- Nico, t'en es où de la chambre close ?
- Les caméras à l'intérieur n'ont rien donné.
On le voit pas se déplacer dans le data center
mais il est forcément entré par un endroit. Venez voir.
C'est une des rues qui longent le data center.
C'est Brière. Je sais pas comment
il est arrivé là où on l'a retrouvé.
- Le silence. - Quoi ?
- C'est le point faible
des data centers. - Pourtant,
c'est extrêmement bruyant. - Non, le refroidissement.
Il faut d'énormes tuyaux pour refroidir les serveurs.
Hier, au data center, il y a eu un long silence.
Le système de refroidissement s'est arrêté.
- Brière serait passé par le système de refroidissement pour entrer ?
- Il a dû trouver un moyen de couper l'aération
pour avoir le temps de passer.
- Ca a coupé quand t'étais là-bas.
- Et il était quelle heure ? - 18h30.
- D'accord, le suspect est sorti par là.
Donc,
il était encore là quand on y était.
Nico, tu envoies cette image partout.
C'est un bon début de signalement.
- On a beau avoir
les plans techniques, ça prendra des heures
avant de comprendre par où Brière et le coupable sont passés.
- Je peux ? - Bien sûr.
- Ici, on voit un accès aux galeries techniques en sous-sol.
Il est situé au niveau de la rue que le Cne Perran nous a montrée.
Cette galerie débouche sur une gaine d'aération
qui conduit là, puis là,
qui donne sur une gaine secondaire avec laquelle elle communique.
Elle arrive à cet angle droit, et enfin là,
à la scène de crime.
Ce plan est un labyrinthe.
J'aime les labyrinthes.
- Votre collègue a vu juste,
il y a une gaine d'aération. Quelqu'un a installé une échelle.
Cette médaille était accrochée au dernier barreau.
- Ca va aller ? - Nickel.
La voici. - Merci.
C'est du latin. Ca dit :
"Puissions-nous être fortifiés par sa présence
"à l'heure de notre mort." - T'arrives à lire tout ça ?
- Oui.
- Je peux voir la médaille ?
Là, derrière, regarde.
- "V.R..." - "S.M.S.V.S.M.Q.L.I.V.B."
C'est le nom du fichier qui a été chargé sur les serveurs.
- Bonjour.
- Hello. La médaille accrochée à l'échelle,
c'est la médaille de saint Benoît,
le saint patron de l'Europe, des ingénieurs, des scouts,
des écoliers, des fermiers... - Ca fait du monde.
- Et il est surtout saint patron des exorcistes.
- On a trouvé Claudia Brière.
Elle était chez sa mère dans l'Est. On l'a convoquée.
- D'accord.
Des exorcistes ?
- Des exorcistes.
- Maxime est parti, alors ? - Il est mort.
- Je suis désolée, Mme Brière.
Vous étiez sa demi-soeur, c'est ça ?
- On avait le même père.
Il était veuf quand il a rencontré ma mère.
- Il était solitaire ?
- Maxime ? - Oui.
- C'était différent avant. La cassure, ça a été le procès.
- Quel procès ? - Près de Saint-Michel-en-Darnois,
où on a grandi, une usine de produits chimiques
a pollué la nappe phréatique
durant des années. Ca a provoqué des cancers.
- Saint-Michel-en-Darnois.
Il y a un dossier aux archives.
- Mon frère s'est battu pour ce procès.
Il a monté un collectif de victimes,
il s'est investi jour et nuit pendant des mois. Pour rien.
Le tribunal a estimé qu'il n'y avait aucun lien,
le préjudice n'a pas été reconnu
et personne n'a été indemnisé.
Ca, ça a brisé mon frère.
Après le verdict, il a quitté le village
et il n'est jamais revenu.
- Même pas à l'enterrement de votre père ?
- Non. Leur relation était très compliquée.
Mon père était un homme très dur.
Il nous a élevés dans une éducation catho,
à l'ancienne, hyper sévère.
Toujours dans la peur du péché, du diable.
- Du diable.
- Et...
On a remarqué des virements réguliers
de son compte vers le vôtre. - Oui, c'est vrai.
Il m'a soutenue financièrement depuis le début de mon traitement.
- Quel traitement ?
- Vous n'avez pas de cheveux.
- C'est pour ça que je suis partie quelques jours chez ma mère.
C'est très dur après les chimios.
Mon traitement est pris en charge mais j'ai perdu mon job.
J'ai besoin d'aménagements très lourds.
Sans Maxime, je sais pas comment nous aurions fait.
- C'est qui, "nous" ? - J'ai une fille de dix ans.
Elle sera bientôt orpheline.
Tout ça à cause de criminels qui ne pensent qu'à l'argent,
pas à la vie des gens, et qui ne seront jamais punis pour ça.
- C'est long !
C'est long, Norah. - Oui. Comparer les empreintes
de la base de données avec celles de la médaille, ça prend du temps.
- Bon. Brière se flagellait jusqu'au sang.
Il se sentait peut-être coupable d'avoir échoué au procès.
Astrid, il y a un dossier à la doc ?
- Oui. - C'est le labo.
Le fil utilisé pour coudre les yeux
et la bouche serait composé d'un lin très ancien.
Plusieurs siècles.
Il y a des substances plus récentes dessus.
De l'oliban, du benjoin de Siam, du galbanum.
- C'est la composition
du saint chrême d'exorcisme.
Ces produits figurent dans les dossiers de magie noire.
Cette préparation n'est fabriquée que dans un seul monastère,
en Ile-de-France.
A Saint-Benoît-du-Bon-Secours.
- Saint Benoît, comme sur la médaille.
- Ah, ça y est. - Alors ?
- Les empreintes sur la médaille
appartiennent à Hervé Fuzac. Il vit au monastère
Saint-Benoît-du-Bon-Secours.
- J'aime autant vous prévenir. Le père Fuzac
a un profil très particulier.
Sa vision et sa pratique très personnelles de la démonologie
l'ont poussé à des rituels éloignés des canons de l'Eglise.
- Les rituels dont vous parlez sont liés à l'exorcisme ?
- C'est cela.
Des enquêtes ont été menées et les autorités ecclésiastiques
ont préféré le mettre à l'écart de ses ouailles
en lui offrant le gîte ici.
- Père Fuzac ?
- Je vous attendais.
Vous êtes de la police et vous venez pour Maxime.
Je l'ai connu tout petit.
Son père était un saint homme,
sévère, comme le réclame Notre Seigneur,
pour remettre dans le droit chemin nos brebis égarées.
- Père Fuzac, quand avez-vous vu Maxime pour la dernière fois ?
- Le jour de son départ pour le royaume éternel.
Il voulait que je recueille son ultime confession.
Hélas, quand je suis arrivé dans ce lieu maudit,
il avait déjà été rappelé par Notre Seigneur.
- Il était mort ?
- Oui.
Mais rassurez-vous,
par le fil et l'aiguille consacrés, j'ai pu sauver son âme.
- Les yeux et la bouche cousus, c'était vous ?
- Absolument. Je l'ai fait pour Maxime.
Il savait qu'il allait mourir.
Il voulait mon aide, vous comprenez ?
- Comprendre quoi ?
- Je l'ai fait pour le tromper.
- Tromper qui ? - Lui.
Le porteur de lumière. - Qui est le porteur de lumière ?
- Lucifer.
- Commissaire ? - Entrez.
- Il faut convoquer Samuel Chamaco.
- Pour quelle raison, capitaine ? - La victime l'avait surnommé
le "porteur de lumière". Dans la Bible, c'est Lucifer.
Si vous prenez... - Je suis un peu déçu, Perran.
Je pensais que vous étiez le rationnel du groupe, le fiable.
Je me suis trompé ? - Commissaire,
si Brière est entré en secret dans le data center,
c'était pas pour y déposer des fleurs.
S'il a voulu nuire à la boîte, si Chamaco l'a vu,
ça lui donne un mobile. - Ca fait beaucoup de "si".
Samuel Chamaco est l'un des chefs d'entreprise
les plus influents.
Il a des soutiens place Beauvau, voire plus haut.
Ne me foutez pas la merde dès ma première semaine
parce que vous avez des intuitions, capitaine. C'est clair ?
- C'est clair. - Bien.
- Je vais trouver un truc solide.
- Oui, faites ça.
- Père Fuzac, racontez-moi ce qui s'est passé ce jour-là.
- Maxime m'a contacté depuis son domicile
par le biais d'une messagerie cryptée.
Il était très au fait des moyens de communication modernes.
Il m'a dit qu'il avait été empoisonné
et qu'il arrivait au terme de son existence terrestre.
- Il a dit qui l'avait empoisonné ? - Sa préoccupation
était le salut de son âme.
Il m'a supplié de le rejoindre sur son lieu de travail
pour recueillir son ultime confession.
Il voulait se purifier.
- Vous connaissiez l'accès secret au site ?
- Maxime m'avait déjà demandé de purifier cet endroit.
C'est un lieu maléfique où se concentrent tous les péchés,
une extension de l'enfer sur la Terre.
Maxime était persuadé
que Samuel Chamaco était le malin en personne
et qu'en travaillant pour lui, il lui avait vendu son âme.
C'est pour ça que j'ai pratiqué le rituel des sutures.
Après avoir cousu
les yeux et la bouche de Maxime
pour empêcher les démons de le pénétrer,
je suis resté 24 heures sous la terre
pour l'accompagner de mes prières ferventes jusqu'au royaume éternel.
- Mon père,
vous avez laissé cette médaille ?
- Sans saint Benoît, rien n'aurait été possible.
Oui.
- Quelle est la signification de ces lettres ?
- C'est la prière de saint Benoît,
la prière de l'exorcisme ! Vade retro satanas.
Numquam suade mihi vana !
Sunt mala quae libas !
Ipse venena bibas !
Arrière, Satan !
Ne me conseille pas tes vanités ! Le breuvage que tu verses,
c'est le mal. Bois toi-même tes poisons !
Repentez-vous !
L'apocalypse est proche !
- C'est ça, l'affaire de Saint-Michel-en-Darnois ?
- Oui.
Une mise en examen a justifié le début d'une enquête.
Mais la procédure a échoué, les poursuites ont été abandonnées.
Cependant, une copie du dossier de la partie civile
est aux archives criminelles. J'ai trouvé le dossier.
- J'ai l'intuition qu'il y a un lien entre cette affaire et le meurtre.
Est-ce que ça va, Astrid ?
- Je ne comprends pas votre question.
- Je parle de l'aveu de Tetsuo.
- Ah.
Tetsuo Tanaka n'existe pas.
- Je sais, mais...
C'est toujours compliqué quand une histoire d'amour s'arrête,
même quand on l'a décidé.
- Tetsuo Tanaka sentait bon.
Avec Tetsuo Tanaka, je pouvais jouer au go.
Le contact de sa peau ne m'était pas insupportable.
Je pouvais regarder Tetsuo Tanaka dans les yeux.
Je me souviens avec précision
des 543 baisers que nous avons échangés.
J'aimais écouter Tetsuo Tanaka me parler du nombre d'or.
Je crois que Tetsuo Tanaka
me manque.
Seulement, Tetsuo Tanaka n'existe pas,
et Tetsuo Hoshida est un étranger.
- J'avais prévu de jouer ça le jour de notre mariage.
Ca fait des mois que je m'entraîne, mais,
comme il n'a pas eu lieu... Voilà.
Astrid ? - Monsieur Hoshida,
vous n'êtes pas habilité.
Vous n'avez rien à faire ici.
- Astrid, laisse-moi une chance. - Vous devriez partir.
Maintenant.
...
- Je dois rejoindre Astrid à la doc, mais je dois te montrer ça avant.
Les nombreux messages malveillants envoyés à Asmodeus Analytics,
ils proviennent
de la victime elle-même. C'est parti de plusieurs comptes
mais c'est la même empreinte numérique et elle provient
de l'ordinateur de Maxime Brière.
- Brière les aurait envoyés ? - Il semblait haïr sa boîte.
- Ou contre son boss.
- Salut, Astrid. - Bonjour, lieutenant Mansour.
Raphaëlle pense que vous pourriez m'aider pour le dossier du procès.
- Mes contacts dans les assurances devraient nous aider.
- Seulement, il y a un problème.
Le dossier se trouve dans la salle du papier.
- Ah...
Votre "safe place"...
- Je ne sais pas ce qu'est une "safe place".
- On trouvera une astuce, ne vous en faites pas.
Vous me montrez ? - D'accord.
N'entrez pas dans la salle du papier.
- Promis.
Astrid, est-ce que vous auriez le dossier des avocats de l'usine ?
- Hum hum. Ce dossier ne figure pas dans les archives.
*- Vous en êtes certaine ? - Absolument certaine, Lt Mansour.
Je connais le dossier. - Evidemment.
Je vais appeler une relation du parquet financier.
C'est quelqu'un qui m'est redevable.
Je vous rappelle, Astrid.
- D'accord.
Elle a raccroché.
- C'est vrai, je ne m'appelle pas Tetsuo Tanaka.
Mais je ne m'appelle pas non plus Tetsuo Hoshida.
C'est un nom auquel j'ai renoncé.
J'ai l'impression qu'Astrid m'a effacé de sa mémoire.
- C'est plus compliqué que ça.
C'est un mécanisme de défense.
Astrid n'a pas su comment intégrer cette information autrement.
- C'est tellement dur.
C'est comme si je disparaissais une seconde fois.
- Elle réorganise les pièces du puzzle.
Ca peut prendre un peu de temps. - Ca veut dire
qu'elle finira par me laisser une chance ?
- Elle seule le sait.
- Asseyez-vous. - Capitaine Perran.
Ravi de vous revoir.
Je ferai mon maximum pour vous aider.
- Comme dirait ma collègue,
un faisceau d'indices concordants me laisse perplexe, M. Chamaco.
- Voyons si je peux vous éclairer. - "Porteur de lumière",
ce n'était pas un truc entre vous, n'est-ce pas ?
- Je comprends pas. - Dans la Bible,
le porteur de lumière désigne Lucifer.
- Attendez.
Est-ce que vous me dites que je suis le diable, Cne Perran ?
- Votre employé assassiné
pensait vous avoir vendu son âme.
- Où voulez-vous en venir ?
- Nous avons enquêté sur les menaces reçues par Asmodeus.
Elles ont été envoyées par Maxime Brière.
Et vous savez qu'il s'était ménagé
un passage pour entrer incognito dans votre data center.
Indiscutablement, il cherchait à vous nuire.
- Et vous voyez où ça l'a mené.
Nul ne peut servir deux maîtres.
Maxime a cherché à jouer sur tous les tableaux,
il en a payé le prix fort.
Mais...
Je trouve votre ton inquisiteur. Est-ce que vous cherchez
à me rendre responsable de la situation ?
Vous avez dit que j'étais une victime,
mais vous me parlez comme à un coupable.
- Si vous étiez au courant des projets de Maxime Brière,
vous avez un mobile, c'est un fait. - Ne soyez pas ridicule.
Maxime a été empoisonné au thallium en dehors du site.
Ca peut être n'importe qui.
- Ah.
Comment vous savez pour le thallium ?
M. Chamaco,
où étiez-vous avant la mort de Maxime Brière ?
- Chez moi, seul.
- Vous pouvez le prouver ? - Je vis dans une maison
sans caméra. Je sais trop bien ce qu'on peut faire de ces données.
- Pas de preuve, alors ? - Non.
- M. Chamaco,
il est 11h03 et votre garde à vue débute.
- Je dois vous donner les coordonnées de mon avocat ?
- Oui.
- Nico, qu'est-ce qu'il y a ?
T'as l'air bizarre. Ca va ?
- J'ai mis Chamaco en garde à vue. - Chamaco est là ? Sans déconner ?
Pourquoi t'as fait ça ? - Je sais pas.
Juste, il a pas d'alibi.
Il a un truc maléfique.
Tu l'as pas vu, mais il a un truc dans le regard.
Genre, pendant l'audition, il me fait comme ça :
"On peut pas servir deux maîtres." Je suis sûr qu'il l'a fait exprès.
- Exprès de quoi ? C'est quoi, cette phrase ?
- C'est de saint Matthieu. On peut pas servir deux maîtres.
On peut pas servir Dieu et le diable.
Je vais me faire un café.
- (Putain...)
- Le dossier n'est pas tout à fait complet,
mais il montre la stratégie des pollueurs.
- C'est le dossier des avocats de l'usine ?
- Oui. Une grande partie.
- Je n'avais jamais utilisé ce couloir.
- Il est vachement grand.
- Ce n'est pas très discret, mais c'est une bonne idée.
Il faut appeler Raphaëlle.
- Perran, vous avez mis Chamaco en garde à vue ?
- Commissaire, je l'ai pas fait à la légère.
Il a un mobile et pas d'alibi. - Pas d'alibi ?
Vous vous foutez de ma gueule ? La grande tige derrière moi,
c'est son avocat. Il m'a apporté la preuve que son client, le soir
du meurtre, était à Francfort pour un colloque
sur l'impact écologique des data centers.
- C'est pas possible. - Il y a même tenu
une intervention diffusée en live devant des milliers de personnes.
- L'enfoiré... - J'ai mis fin à sa garde à vue.
Estimez-vous heureux qu'il ne porte pas plainte.
- Il savait pour le thallium. - Et alors ? L'info a fuité partout.
- C'est lui qui l'a fait fuiter.
- Vous devenez ridicule.
- Je suis navré de cette méprise, capitaine.
- Non, non. C'est toute la brigade qui est désolée, M. Chamaco.
- Je vous assure, c'est rien.
Votre équipe fait tout son possible pour résoudre cette affaire,
et le capitaine Perran...
a cru bien faire. - Absolument. Je vous remercie.
- Il faut vous rendre à l'évidence, on joue pas dans la même catégorie.
J'aurai toujours un temps d'avance sur vous.
Ne cherchez pas à me nuire.
Je pourrais vous faire vivre un véritable enfer.
- Regardez. Là.
Il y a des similitudes entre le dossier des plaignants
et celui de la défense.
Là, et là.
Regardez. Ici, ici, et ici.
Les deux dossiers ne devraient pas se ressembler.
- A ce point-là, c'est du copier-coller.
Ca veut dire
que l'usine a eu accès au dossier des victimes ?
- Absolument. - Ainsi, ils ont pu semer le doute
chez les juges et obtenir un non-lieu facilement.
Maxime Brière était très investi dans cette procédure.
Il a pu en vouloir à celui qui les a trahis.
Il faut trouver le traître.
- C'est l'objectif du Lt Mansour.
- Ah oui ? - Oui.
- Et comment va-t-elle s'y prendre ?
Astrid ?
- En se présentant au cabinet des avocats de l'usine polluante.
- Sans commission rogatoire ?
- Sans commission rogatoire.
J'ai désapprouvé cette démarche, mais le Lt Mansour m'a dit
que c'est ce que vous auriez fait.
J'ai désapprouvé la démarche, mais pas ses propos.
- Norah, tu t'es pointée comme ça dans un cabinet d'avocats ?
*- Tu vas me faire la leçon ? - Ah non, je suis fière de toi.
Alors ? *- Quand j'ai montré
*ce qu'on avait et le "shitstorm" possible,
*ils se sont confiés. - Tu sais d'où vient la fuite ?
*- C'est chaud. Elle est venue de Maxime Brière.
*Il leur a livré le dossier entier. - Putain...
- Maxime Brière.
- Le voilà, son pacte avec le diable.
Brière a trahi son père,
sa soeur, pour l'argent.
Mais je comprends pas le lien entre les pollueurs et Asmodeus.
Brière s'est fait engager juste après le verdict du tribunal,
ça peut pas
être une coïncidence. - Attends. Au vu de ce qu'on sait,
tous les membres du collectif pouvaient en vouloir à Brière,
notamment une personne.
- Claudia Brière est en salle d'audition.
- Et voilà.
- On va voir ?
- Je vous l'ai dit, j'étais dans l'Est.
- On a vérifié.
Votre billet n'a pas été scanné.
Vous n'avez pas pris ce train.
Vous savez ce que je pense ?
Vous êtes partie voir votre mère le lendemain.
- J'ai pas été contrôlée à bord. Demandez à ma mère.
- Il y a des portillons à l'accès au quai.
Mais si vous voulez, on peut aller interroger votre mère.
- Laissez-la tranquille.
De toute façon,
je ne serai plus là d'ici quelques mois.
Je voulais juste avoir un peu plus de temps avec ma fille.
- Claudia,
qu'est-ce que vous avez fait ?
- Maxime a mérité ce qu'il a eu.
Il voulait se racheter,
*mais rien au monde aurait réparé ce qu'il a fait.
Mon frère était un monstre.
Il ne devait pas me survivre.
Vous savez quel âge a ma fille ?
Elle a 10 ans.
Elle va rester toute seule.
Cette indemnisation aurait pu la protéger.
- Votre fille hérite de votre frère. - Oui,
et alors ?!
Cet argent lui revient de droit !
J'ai eu aucun remords.
Ca a été facile de trouver ce truc sur Internet.
Quand je l'ai mélangé à son café, ma main n'a pas tremblé.
*Je l'ai regardé boire, sans joie.
J'avais juste l'impression de rétablir un peu l'équilibre.
- Comment avez-vous appris sa trahison ?
- Un homme est venu me voir à la sortie de l'hôpital.
Il m'a dit qu'il était avocat, qu'il avait défendu l'usine.
Il m'a dit aussi qu'il savait des choses
qu'il ne pouvait plus garder pour lui.
- Et ensuite ?
- On s'est revus plusieurs fois.
C'était dans des bars paumés, il était très prudent.
Il m'a fait jurer de ne jamais parler de nos rencontres,
ça pouvait lui coûter sa carrière.
- Je comprends pas. Vous l'avez cru, comme ça ?
Il aurait pu mentir sur votre frère.
- Il m'a montré des preuves.
*Des mails, des photos.
Je sais pas, il m'inspirait confiance.
- Vous connaissez cet homme ? - Oui, c'est lui.
Vous le connaissez ?
- Merci.
- Je tenais à vous féliciter, commandant.
Il faut reconnaître
quand on a tort, et vous êtes sacrément efficace.
Votre efficacité vous honore.
Le procureur est ravi que l'affaire soit classée.
- Commissaire, elle ne l'est pas.
Chamaco a manipulé Claudia Brière.
- Il avait compris
que Brière complotait contre lui
et il s'est servi de sa soeur. - Mais vous n'avez aucune preuve.
On a vérifié leurs lieux de rencontre.
Aucune caméra, aucun témoin.
C'est parole contre parole.
- Je n'ai qu'un seul mot à dire.
C'est "merci".
Grâce à vos équipes, nous avons un coupable.
J'ai rassuré les actionnaires
à propos de cette affaire. L'action Asmodeus Analytics remonte
en flèche. - Vous les avez rassurés trop vite,
M. Chamaco.
Une procédure sera engagée et un procès éclairera
cette enquête. - Vous êtes aussi avocat, alors ?
- J'ai un peu de mal à vous suivre.
- Rappelez-vous, Claudia Brière, à la sortie de l'hôpital...
- Non. Non, je ne vois pas de quoi vous parlez.
Qui est Claudia Brière ?
La femme de Maxime ? - Hum hum.
- Il était marié ?
- On va se revoir, M. Chamaco.
- Ce sera toujours un plaisir.
- Commissaire,
il nous provoque, l'enfoiré ! - Je sais.
Pour l'instant, on ne peut rien faire de plus.
- Si.
- Perdon ? "Pour l'instant,
"on ne peut rien faire de plus." Vous vous trompez.
On peut continuer de chercher le lien.
A condition de savoir où chercher.
- Et tu sais où chercher, Astrid ? - Oui.
- C'est super que tu aies accepté qu'on cherche ensemble, Astrid.
- Nous ne cherchons pas ensemble. J'effectue cette recherche.
- C'est vrai. Merci.
T'as vu ? C'est un joueur. Il a pris le risque
de venir à la brigade.
Ca l'excite. Il cherche à se faire peur.
- Je ne pourrai pas poursuivre cette recherche
si vous continuez à bouger et à parler.
- Perdon. Je me calme.
Promis.
- Promis ? - Hm.
- D'accord.
Ah. Le pacte des actionnaires est confidentiel.
Sans mandat, il est inaccessible.
- (Merde.)
- Le commissaire refusera d'appeler le procureur
pour le demander.
- Oui.
- Cependant, je connais la documentaliste
des greffes du tribunal compétent.
Je lui envoie un mail. - Bien.
- Alors ? T'en es où ?
Ca avance ?
- J'essaie d'ouvrir le programme
que Brière a installé dans Asmodeus.
- Tu galères pas un peu ?
- Il cache forcément un élément clé. - T'as qu'à prier
saint Benoît.
- Saint Benoît ? C'était sûrement quelqu'un de bien,
mais nul en informatique.
- Ah, j'ai reçu la liste confidentielle
des actionnaires de cette usine polluante.
- Astrid, t'es un génie.
- J'ai juste demandé à une personne assermentée un document
qui prouve que M. Chamaco est l'un des principaux actionnaires
de l'usine. - Je le répète :
t'es un génie.
- Putain, c'est quoi ?
- Je sais pas. J'ai activé un compte à rebours.
- Quoi ? Y a un truc qui va exploser ?
- On risque de perdre le dossier. J'ai pas la main.
- Si l'usine avait été condamnée, Chamaco aurait perdu une fortune.
Pour éviter ça, il a corrompu Maxime Brière.
- C'est le lien. - Mais quand il a appris
que sa soeur avait été touchée, le remords l'a bouffé.
Ca explique l'autoflagellation. J'appelle l'équipe.
Cette fois, il nous échappera pas.
Bravo, Astrid.
- Raph,
toutes les données du data center deviennent publiques.
V.R.S.N.S.M.V.S.M.Q.L.I.V.B., c'est un virus.
- Il a compris qu'on l'avait empoisonné, il a rejoint le site,
mais il est mort avant de lancer son programme.
Je crois que là,
tu le fais à sa place.
- Regarde ça.
Trafic d'armes, corruption de député,
messages de cartels...
On va entendre parler d'Asmodeus. - J'aimerais pas être Chamaco.
Il se fait pas que des copains, là.
- Merde. Merde !
Raph, il a trouvé
comment nous échapper.
- Voilà.
- Raphaëlle s'inquiète pour toi.
- Raphaëlle n'a pas à s'inquiéter, je suis en parfaite santé.
- Tetsuo te manque ?
- Oui, Tetsuo Tanaka me manque. Pas Tetsuo Hoshida.
Tetsuo Hoshida est un inconnu. - Moi aussi, j'étais devenue
une inconnue.
- Je ne comprends pas. - J'étais ta mère, auparavant.
- A l'état civil,
vous êtes toujours ma mère. - Tu aurais voulu que je sois
Mathilde Nielsen ?
- Oui. J'aime beaucoup Mathilde Nielsen,
l'adversaire pugnace de tangram rencontrée il y a 5 ans.
Il faut repartir de zéro.
J'aime ce banc.
Il est bien positionné par rapport aux rayons du soleil.
Il est à bonne distance de la rue, assez loin du bruit des voitures.
Son assise est légèrement usée,
permettant un meilleur soutien du bassin.
C'est mon banc préféré.
- C'est le mien aussi.
- Je m'appelle Astrid Nielsen.
- Bonjour, mademoiselle.
Je m'appelle Tetsuo Hoshida.
- Enchantée,
M. Hoshida.
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