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Le 19 février 2019,
les agents du gouvernement sont venus
pour nous annoncer la destruction de nos maisons.
Le 22 février 2019,
j'ai été arrêté pour la première fois,
car je résistais à une opération de déguerpissement.
Le 30 mars 2020...
Le 30 mars 2019,
je suis entré au parti...
UFDG.
Le 23 octobre 2020,
j'ai été envoyé en prison comme opposant politique.
Souleymane !
Khalil !
Je t'appelle et tu m'ignores ?
Je livre, là.
Tu veux un biscuit ?
- Prends-en un autre ! - Non, merci.
- Où tu vas ? - Je vais livrer.
Tu m'emmènes ?
- Où ça ? - Faire des livraisons.
T'es fou !
Allez, je viens.
Tu vas monter derrière moi ?
Je vais m'asseoir ici.
Et toi, tu pédales vite.
- T'as trouvé un vélo ? - Pas encore.
Je cherche, c'est pas facile.
Comment tu vas livrer sans vélo ?
Je cherche. Si je trouve, tu m'aideras ?
Trouve d'abord un vélo.
Quand t'en auras un, je t'aiderai.
- Ok. À ce soir ? - À ce soir.
Allô, Emmanuel.
Il faut faire le selfie, j'arrive tout de suite.
Souley de Paris, ça va ?
Souley, tu veux quoi ?
De l'atiéké ?
Aide ton frère.
La Guinée, vous êtes nuls.
Ces 10 dernières années, la Guinée a battu quelle équipe ?
En 1977, on a gagné.
Ces 10 dernières années !
Le problème, c'est que j'ai pas le temps de discuter.
Dis-leur, après tu peux y aller.
La Guinée a battu la Côte d'Ivoire plein de fois.
C'est nous, les éléphants !
Tu parles !
Sur le maillot guinéen, on devrait mettre un écureuil !
J'ai pas le temps, là,
mais tu parles beaucoup de la Guinée.
Les Ivoiriens, vous faites que parler.
On vous appelle les "blablateurs" !
Ça va ?
Grâce à Dieu.
Quand tu iras demander l'asile à l'OFPRA,
ils vont te demander pourquoi tu es partie.
Faudra expliquer aux Blancs ce qui t'est arrivé.
Comme ça, ils te donneront des papiers.
Alors, dis-moi : pourquoi as-tu quitté la Guinée ?
Je sais que c'est difficile pour les femmes
de parler de tout ça, surtout de mariage forcé,
de rentrer dans les détails.
Mais tu devras dire ce qui s'est réellement passé.
La première nuit,
il m'a rejoint dans la chambre.
Il m'a demandé de coucher avec lui.
Je voulais pas, je le connaissais pas.
Je l'aimais pas.
Mais il a dit que j'étais sa femme,
qu'il fallait qu'il ait son dû.
Je me suis débattue.
Il m'a giflée, j'ai résisté.
Mais il était plus fort que moi, je suis tombée.
Il a sorti sa ceinture,
il m'a tapée, m'a donné des coups de pied.
Je faisais pas le poids contre lui.
Alors, je l'ai laissé faire.
Il a fait son affaire,
et il m'a abandonnée sur le sol, en pleurs.
Qu'as-tu fait, quand le jour s'est levé ?
Quand le jour s'est levé...
j'avais envie de mourir.
En repensant à ce qui s'était passé,
qu'un inconnu m'avait fait une chose pareille,
j'ai voulu demander à mon père
si je méritais un sort pareil.
Il ne m'a même pas laissée parler : "Tu es mariée, rentre chez ton mari."
Il a pris un bâton et il m'a chassée.
Ton entretien est dans deux jours et tu maîtrises pas ton histoire.
J'apprends.
Ce qui est écrit et ce que tu vas dire...
Compris ?
Explique que les gendarmes vous ont encerclés.
Ils ont sorti les matraques, le gaz lacrymogène.
Ils ont tiré.
Les gens tombaient dans les caniveaux.
Les gendarmes donnaient des coups de pied,
des coups de matraque.
Tu racontes des faits réels.
- Barry, attends... - Tu comprends ?
Tu dois donner des détails.
- Ces détails-là, c'est difficile. - Comment ça ?
Je ne peux pas inventer tous ces détails.
Je peux changer l'histoire ?
On peut pas changer, sinon ils te traiteront de menteur.
Je connais rien à la politique !
Donne ton téléphone, je te fais un mémo.
- Barry... - Oumar, attends.
On a bientôt fini.
Je finis avec lui et je m'occupe de toi.
Barry, attends !
Je ne peux pas te consacrer ma journée.
Ces histoires de politique...
Souleymane, c'est bon !
Oumar...
Souleymane, maintenant ça suffit !
Mais attends, j'ai même pas eu mes documents.
Tu m'as rien donné.
Je te les donnerai après.
- Barry, au revoir. - Merci beaucoup.
À demain matin.
À demain, si Dieu le veut.
À demain matin.
Souleymane, mon argent ?
Je te paie demain. J'ai dû acheter un vélo.
Ton problème de vélo, c'est pas mon problème.
- Je veux mon argent. - Je vais te payer.
Mme Fatoumata ?
- J'y vais, ok ? - Merci.
- À demain. - Si Dieu le veut.
Sans l'argent demain, je te donnerai pas les documents.
- Tu n'iras pas à l'OFPRA. - Oui, je sais.
Pas d'argent, pas de documents.
Je le jure, je te paie demain.
- C'est sûr ? - Sûr.
Oumar !
Dis, Oumar.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - S'il te plaît.
Aide-moi à comprendre le programme.
- Quel programme ? - De l'UFDG.
M'embête pas. Je peux pas t'aider.
Va voir Barry, c'est lui qui peut t'aider.
Me parle pas de Barry. Il s'intéresse qu'à l'argent.
J'ai demandé les documents, il me les a pas donnés.
Moi, je peux rien faire. Laisse-moi, mon bus arrive !
C'est quand, ton entretien à l'OFPRA ?
Tu passes quand ?
Souleymane, tu me fatigues !
Barry t'a promis une carte du parti, une attestation de l'UFDG ?
Laisse-moi, je vais rater le bus.
S'il te plaît.
Je peux pas te dire !
Attends.
Tu connais en détail le fonctionnement du parti UFDG ?
Je peux rien te dire.
Vois avec Barry, il t'en parlera.
Mais je passe mon entretien après-demain.
Courage ! Révise chez toi. Moi aussi, je dois réviser.
- Je peux t'appeler demain ? - Non, c'est pas la peine.
Mon entretien, c'est après-demain.
S'il te plaît, Oumar ! Je t'en supplie, aide-moi.
Oui, Souleymane.
Lansana, bonjour. Est-ce que ma mère est chez elle ?
Je ne sais pas, j'étais sorti.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Va chez elle, voir si elle est là.
S'il te plaît.
Je vais voir, mais pense à m'envoyer du crédit.
Oui, j'oublie pas ton crédit.
Il se passe quoi avec ma mère ? Elle va pas bien ?
Est-ce qu'elle prend son traitement ? Dis la vérité !
T'inquiète pas, mon gars. Tout va bien, y a pas de problème.
Comment ça, "t'inquiète pas" ?
Je reçois des messages disant que ma mère est malade,
et tu me dis : "Y a pas de problème."
Je vais voir si elle est là.
T'inquiète pas, je m'occupe de ta mère.
S'il y a un problème, je t'appellerai.
Surtout, pense à m'envoyer des unités.
On va pas parler de ça maintenant !
Vas-y, passe-lui le téléphone, que j'entende sa voix.
Je suis là, j'attends.
Je te passe ta maman.
Oui, je veux bien.
Oui, c'est Souleymane. Ça va, maman ?
Souleymane, je pensais à toi.
Ça va ?
Ça va un peu.
Tu te portes bien ?
Je suis fatiguée aujourd'hui.
Ton appel me fait plaisir.
J'appelle souvent,
mais je trouve personne pour te passer le téléphone.
Tout le monde me fuit. Personne veut m'approcher.
Des gens me parlent.
Je ne sais pas qui c'est. Ça crie beaucoup dans ma tête.
Est-ce que tu prends tes médicaments ?
Souleymane,
pourquoi tu ne viens pas ?
La commande va arriver. Dans deux minutes, peut-être.
Ça va ?
Vieux père !
Ça va, beau gosse ?
Le boss d'Abidjan ! Toujours en forme !
Quoi de neuf, Souley ?
Ça fait sept minutes que je suis là.
C'est quoi, ce resto ?
Il est où ?
Bonsoir, chef !
Le vieux connard...
On peut pas perdre notre temps ici !
- Il t'a dit quoi ? - C'est pas encore prêt.
C'est toujours comme ça. On va annuler la commande.
Non, annule pas !
Si, on va arrêter de venir ici.
Si tu annules, ils vont te demander un selfie.
Le compte, il est à ton nom ?
Comment ça ?
Non...
Tu l'as loué, ou quoi ?
Si tu annules plusieurs fois, ils demandent la photo.
Tu perdras encore plus de temps.
Donc je dois perdre vingt minutes ?
Sinon, ils risquent de fermer ton compte.
Mieux vaut attendre.
C'est la cinquième fois que je viens.
À chaque fois, c'est comme ça. Il déconne.
Souley de Paris !
T'es encore là ? Je t'ai dit d'annuler.
J'ai une autre commande.
T'énerve pas, ça va t'attirer des problèmes.
Ça va ? Tu m'as pas vu ?
J'ai trouvé un vélo ! La femme de l'asso m'a aidé.
Khalil, pas aujourd'hui. Je suis fatigué.
Aide-moi à avoir un compte !
Kadiatou, ça va ?
Souleymane, tu m'entends ?
Je te dérange ?
Hier, on est allés au mariage d'Amadou.
De qui tu parles ?
Ah, Amadou ! Il s'est marié avec Bintou ?
Non, avec Fanta. Tu ne la connais pas.
Ah, les hommes d'aujourd'hui !
À ce propos, je voudrais te dire quelque chose...
Je disais qu'à ce propos, je voudrais te parler.
J'espère que c'est une bonne nouvelle.
... un homme est venu demander ma main.
C'est un ingénieur.
Son nom est Adama.
Oui, vas-y, parle. Je t'entends.
Oui, je t'entends.
Hier, un homme a demandé ma main. Son nom est Adama.
Il m'a dit qu'il voulait m'épouser.
Donc je voudrais avoir ton avis.
Kadiatou, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Cet homme dit qu'il veut t'épouser.
Et toi, tu veux bien te marier avec lui, non ?
Si tu prends le temps de lui parler...
Je t'attends au pays et tu me dis ça ?
Ce que tu veux entendre de ma bouche, tu ne l'entendras pas.
Dépêche-toi, t'es pas tout seul !
T'as fait quoi ? T'es con ou quoi !
Écoutez ça !
Ce soir, il a livré une fille à poil.
Elle lui a proposé et il a eu peur.
Souley, t'aurais fait quoi ?
- Rien. - Pourquoi rien ?
Passe ta poudre !
Tout ça pour profiter de ma lessive.
- On est en famille ! - Tu profites de moi.
On partage !
Ils nous laissent jamais le temps de finir.
- Son excellence ! - Repos.
Voilà que je le salue !
Je me mets au garde-à-vous devant un Guinéen.
C'est mon petit !
Tu sais, pour mon entretien,
je sais pas ce que je vais dire, là-bas,
après-demain.
- Barry t'a rien dit ? - Oublie Barry !
Il devait me donner tous les documents, mais je n'ai rien eu.
Je voudrais que tu me racontes au moins un peu
ce que tu sais.
Je ne m'intéresse plus à ces histoires d'asile.
Thierno a eu ses papiers, pas moi.
On avait demandé en même temps.
- Vous aviez la même histoire ? - Oui, identique.
Mais lui, il a eu l'asile et moi, ils m'ont rejeté.
Quand j'ai reçu l'enveloppe avec la réponse,
pendant trois jours,
je suis resté couché.
Je parlais pas.
Si on me parlait, je répondais pas.
Si on m'appelait, je décrochais pas.
Je comprends.
Je suis désolé.
Je sais pas pourquoi je suis venu en France.
Ils m'ont interrogé sur la prison.
Quelle prison ?
La prison centrale ?
Ils t'ont demandé quoi ?
Ils m'ont demandé comment c'était à l'intérieur,
ce qui est écrit sur les murs.
- T'as répondu quoi ? - J'en savais rien.
Je suis jamais allé là-bas.
- Bonne chance. - Merci, Mamadou.
À demain.
Oui, Barry, c'est Souleymane.
Je ne peux pas venir ce matin,
j'ai pas encore récupéré ton argent.
Je vois mon titulaire à 13h.
Je viendrai après. Je t'appelle quand j'arrive.
Bonjour, mon frère.
Je voudrais livrer. Je viens d'arriver en France.
Vous êtes ensemble ?
J'ai pas le temps.
- Tu viens de quel pays ? - De la Guinée-Conakry.
Nous sommes ivoiriens. Tu parles dioula ?
Oui, mais là, je peux pas vous renseigner.
Je compatis, mais là je peux pas.
On peut t'appeler plus tard ?
Demandez à un autre livreur, parce que, là...
Oui, Barry.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je croyais que tu voulais tes documents aujourd'hui.
Oui, c'est ça.
Je t'ai envoyé un message vocal.
Quel message ? J'ai rien reçu.
Je disais que je pouvais pas venir tout de suite
parce que je suis allé chercher ton argent.
T'es où, là ?
Je suis dans le train. J'arrive tout de suite.
Dès que j'arrive à Paris...
Dès que j'arrive à Paris, je te fais signe.
Tu devais arriver tôt. À 20h, je serai parti !
T'as entendu ?
J'ai entendu.
Oui, excuse-moi, mes écouteurs sont déchargés.
Je suis dans le train. Dès que j'arrive, je te fais signe.
J'attendrai pas. À 20 heures, je rentre. Entendu ?
Excuse-moi, c'est pour ton argent que je suis en retard.
Sinon, je serais déjà là.
S'il te plaît.
Tu comprends ?
Oui, Barry.
Tu m'as demandé de t'attendre à Nation.
Je suis arrivé.
S'il te plaît, excuse-moi.
Tu sais que je veux te voir aujourd'hui.
Je t'en supplie.
À tout de suite, si Dieu veut.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? - C'est rien.
- Des problèmes avec la police ? - Non.
Alors, mon argent ?
Pardonne-moi...
Donne-moi mon argent.
Tiens.
C'est quoi ça ?
Barry, pardon.
C'est pas ce qu'on avait convenu.
- Il manque de l'argent. - S'il te plaît.
- Sans argent, pas de documents. - Par pitié.
Impossible.
Qu'est-ce qu'on avait dit ?
Je devais...
On avait convenu que tu me donnes mon argent.
Je te le donnerai.
S'il te plaît.
Je te donne pas les documents.
Tu me crois fou ?
Vous êtes tous pareils ! Tous les mêmes.
Je t'en supplie. Sans ces documents...
Tu sais que mon entretien est demain.
Si j'ai pas ces documents...
Par pitié, aide-moi !
S'il te plaît.
Voilà, je te les donne.
Le certificat, l'attestation
et ta carte de membre.
Tout est là.
Tout est dedans.
Tiens.
J'espère que tu as mémorisé tes dates.
Les dates ? Oui.
D'ailleurs, Barry, j'ai encore beaucoup de questions.
Les agents de l'OFPRA, est-ce qu'ils connaissent la Guinée ?
Est-ce qu'ils connaissent les quartiers de Conakry ?
Ils connaissent tout.
Ils connaissent toutes les rues ! Par où est passée votre manifestation ?
Quel trajet vous avez pris ?
Nous sommes partis de Bambéto, en direction de Cimenterie.
Puis les policiers m'ont attrapé à la T7.
Et ils t'ont emmené où ?
À la gendarmerie numéro 16
de Samatran.
C'est là qu'ils m'ont emmené.
Mais, Barry ?
En tant que "secrétaire à la sécurité",
je faisais quoi ?
C'est simple !
Le secrétaire à la sécurité encadre les événements.
Chargé de la communication, ça aurait été difficile,
mais on a dit la sécurité.
Tu sécurisais les événements. C'est tout.
Et il paraît qu'ils peuvent demander
comment se passent les réunions.
Je descends au prochain arrêt.
Le prochain.
C'était chez votre président, Abdoulaye Barry.
Je t'ai donné les noms du comité de base ?
Donne-moi ton téléphone.
Je descends ici. Tiens !
Paraît qu'ils demandent à quoi ressemble la prison.
T'as rien vu, y avait pas d'électricité.
Et s'ils demandent ce qu'il y a sur les murs ?
La photo du président, Alpha Condé.
C'est sa photo qui est affichée.
- C'est tout ? - Oui.
Dis pas qu'un compatriote t'a aidé. Compris ?
Dis que ton assistante sociale t'a aidé à écrire.
Pardon, je dois prendre mon bus.
À bientôt.
Souleymane, mon argent !
Kadiatou, ça va ?
Ça va, et toi ?
J'espère que tu dors pas.
Je dors pas.
Et toi ?
Excuse-moi, tu peux mettre ta caméra ?
Alors, ça va ?
Oui, ça va.
Dis-moi, tu as pris ta décision ?
- Qu'est-ce que tu as à l'œil ? - Non, c'est rien.
Ton œil est enflé ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- C'est rien. - Tu es blessé ?
Non, rien de grave.
On peut parler.
C'est rien du tout.
Alors, dis-moi,
tu as pris ta décision ?
Je croyais que ça ne t'intéressait pas.
Comment ça ?
Tu sais bien que si.
Hier, y avait trop de monde.
Ce que tu m'as dit, hier...
Comme si on ne se connaissait pas.
Tu m'as carrément oubliée !
Non... Oubliée ?
Depuis que t'es en France, t'as oublié notre histoire.
Ne dis pas ça.
Comment je pourrais oublier notre histoire ?
Je sais pas.
Mais, dis-moi, tu veux pas te marier, ou quoi ?
Tu sais ce que je veux.
Je veux partir...
par la mer
ou le désert, pour te rejoindre.
- Ici ? - Je veux te rejoindre en Europe.
- Attends. - Ça ne me fait pas peur.
Kadiatou, tu m'écoutes ?
T'imagines pas ce que ça veut dire, voyager par la mer.
Tu sais pas ce qui t'attend.
Si tu savais ce que les femmes subissent,
tu dirais pas ça.
Tu me plais. Sincèrement, tu me plais.
Si j'avais pu,
je me serais marié avec toi.
Mais Allah n'a pas lié nos destins.
Donc ce que je veux te dire,
c'est que tu peux te marier avec l'ingénieur.
Excuse-moi, Kadiatou,
ton ingénieur, là,
est-ce qu'il te plaît ?
Est-ce qu'il est beau ?
C'est toi qui me plais.
Envoie-moi sa photo, que je le voie.
Je te parle de lui et tu secoues la tête.
Je sais même pas s'il est grand ou petit.
Il est beau, ce n'est pas un petit homme.
Envoie-moi sa photo.
Attends.
Tu as honte ?
Non.
Allez, envoie !
T'as vu ?
Ah, mon Dieu !
C'est ça que tu compares à Souleymane ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Un petit homme comme ça... Mon Dieu !
Il n'est pas petit. Il est plus grand que toi.
Te quitter me brûle de douleur.
Regarde tout ce temps que nous avons passé ensemble.
... c'est ton bonheur.
Ton bonheur, Kadiatou.
Donc avec l'ingénieur,
je vous souhaite une vie heureuse.
Allah m'est témoin.
Je ne t'oublierai jamais.
C'est comme ça que tout se termine ?
Enlève ta main.
Qu'Allah te facilite l'obtention de tes papiers.
Qu'Allah t'entende.
Qu'Allah t'accorde la chance.
Amen.
Qu'Allah te dirige vers ton bonheur.
Amen.
Qu'Allah accepte ta prière.
Qu'Allah t'accorde la paix.
- T'as la chemise ? - Comme tu me l'as demandé.
C'est quoi, ici ?
Tu viens souvent ?
Qui t'a fait ça ?
- T'as mal ? - S'il te plaît, attends.
- T'as dormi où ? - Dehors.
Je t'ai attendu longtemps hier.
Viens, je t'aide à la mettre.
Tu l'as mise à l'envers.
Je sais pas ce que j'ai.
Attends.
Tu es devenu pasteur ?
Je te donne des conseils !
Si tu m'écoutes, tu t'en sortiras.
Me touche pas.
Arrête de faire l'enfant.
Ne stresse pas...
Fais comme d'habitude.
Mais arrête de parler !
Prends ton sac et on y va.
C'est toi qui y vas ou c'est moi ?
C'est toi, mais...
Tiens.
Je t'accompagne.
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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