Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
D�gagez de Forcella, toutes les deux !
Demandez de l'aide � San Gennaro !
Tu commences � me faire chier !
Viens l�, toi !
Ma s�ur a raison.
Ah ouais ?
C'est notre territoire, ici !
Salvato !
Caroli !
- Bonsoir. - Ma�tre, ils sont tous au fond.
Bonsoir � tous.
Pourvu qu'on trouve le visage pour Goliath.
� la lumi�re, Michele.
Bonsoir.
Non.
- Tu es d'o� ? - De Salerne.
Lui, non.
Tu es d'o� ?
De Rome.
Quel quartier ?
Campo Marzio !
Michele !
Vous �tes qui ?
On l'emm�ne !
Ranuccio !
Du calme.
C'�tait le fr�re de Ranuccio.
J'ai compris.
Mon visage d�figur� est la t�te qu'il faut.
J'ai compris.
J'ai compris � quoi ressemble le visage de Goliath.
Courage, Michele.
Ma m�re est chez le pape
pour lui faire promettre de t'accorder la gr�ce.
Je vous ai fait venir en secret
pour que vous enqu�tiez sur des tableaux bafouant
les repr�sentations sacr�es dans nos �glises.
Connaissez-vous cette �uvre ?
La Madone au serpent.
Votre Saintet�,
je n'entends rien � l'art.
Elle �tait dans l'�glise Sant'Anna.
Je me suis souvent recueilli en pri�re
devant cette Madone c�leste.
H�las, j'ai appris par le sacristain de l'�glise
que la femme qui a servi de mod�le
est une catin des faubourgs, une certaine Lena Antognetti.
C'est vrai, saint oncle.
Mais c'est un joyau du Caravage, excellent peintre.
Il y a quatre ans,
il a commis un crime, il a tu� un homme.
Condamn� � mort, il a fui Rome.
� pr�sent, il prosp�re � Naples,
accueilli par la marquise Costanza Colonna.
Elle et d'autres familles nobles
demandent sa gr�ce
et une autorisation pour son retour � Rome.
Afin que je puisse prendre cette d�cision embarrassante,
je vous demande de vous renseigner, au nom du Christ,
et de recueillir
les informations qui vous seront r�v�l�es
pour ou contre ce peintre.
Nous avons d�cid�
de vous confier le destin du Caravage,
� vous qui servez secr�tement ma volont�.
Ex�cution !
Par la croix...
et par l'�p�e.
Cher oncle, j'ai une requ�te.
Je peux retirer l'�uvre qui vous tourmente
et la conserver dans ma galerie de peinture ?
Je peux ?
En secret.
Michelangelo Merisi.
Scipion Borgh�se.
Et Costanza Colonna.
"Surpris au petit jour
"en possession d'une �p�e,
"sans aucune permission, et compl�tement ivre,
"il pr�tendit
"�tre sous la protection du cardinal Del Monte,
"de la marquise Sforza Colonna
"et du cardinal Borgh�se."
"Au jeu de paume,
"une dispute eut lieu entre Ranuccio Tomassoni
"et Michelangelo Merisi,
"dit 'le Caravage', peintre c�l�bre,
"condamn� � mort par d�capitation.
"Il est stipul� que quiconque verra le fugitif
"sera autoris� � ex�cuter lui-m�me la peine."
Qui est le fr�re de Ranuccio ?
Moi.
Toi aussi, tu es de sa famille ?
Je suis son cousin.
Je vous ai fait venir
pour vous dire que votre tentative rat�e
de tuer le Caravage
aurait pu d�clencher une affaire d'�tat avec Naples.
Je vous avertis,
ce n'est pas � vous de faire la loi.
Alors, c'est vrai,
la justice n'existe pas.
Seuls les idiots pensent le contraire.
Mon fr�re est mort !
Et que fait Merisi ?
Il circule librement !
Faites-nous confiance.
Et gardez le silence.
Vierge M�re,
fille de ton Fils,
humble et �lev�e plus que toute autre cr�ature,
destin�e par un d�cret �ternel...
Selon ces documents,
il semblerait qu'apr�s avoir tu� Ranuccio Tomassoni,
Michelangelo Merisi ait accouru ici, chez vous,
au palais Colonna,
s�r d'y trouver protection.
Est-ce vrai ?
J'�tais convaincue de son innocence.
Le proc�s-verbal dit le contraire.
Il a �t� embusqu�.
Il a tu�, certes, mais pour �chapper aux fr�res Tomassoni.
On le d�crit comme un bagarreur
fr�quentant prostitu�es et tavernes.
Comment l'avez-vous connu ?
Ses parents travaillaient sur nos terres, � Caravaggio, pr�s de Milan.
Il y a grandi avec mes enfants.
C'�tait un enfant appliqu�.
Il venait au cat�chisme dans mon �cole.
Les �vangiles l'�mouvaient particuli�rement.
Comme il �tait dou� pour la peinture, avec sa m�re,
nous l'avons envoy� se former dans un atelier � Milan.
Puis il y a eu la peste et tout a chang�.
Mon mari est mort.
Et j'ai d�cid� de revenir � Rome.
Selon nos informations,
vous avez fui Milan pour Rome,
car le clerg�, apr�s votre veuvage,
vous conseillait le couvent
� cause de vos m�urs lascives.
Des m�disances.
Le Caravage serait venu � Rome quand vous �tiez d�j� ici.
Vous a-t-il demand� l'hospitalit� ?
Non, jamais.
Il a toujours v�cu comme un chien errant.
Vous vous �tes vus quelquefois ?
Je vous l'ai dit, rarement.
Il �uvrait dans des ateliers,
peignant des fleurs pour une mis�re.
Chez le Cavalier d'Arpin, par exemple, mais il d�testait �a.
Il aimait peindre le r�el.
C'est quoi, le r�el, pour lui ?
Les putains, les bandits ?
La douleur de l'humanit�.
Les mis�rables.
Les pauvres h�res qui peuplent la nuit.
Quelle puanteur, mon Dieu !
Fais voir cette entaille.
Ce n'est pas grave.
Voil�.
De l'eau-de-vie.
Tu es arm� ? Je ne veux pas d'�p�es ici.
Si j'avais �t� arm�, un autre serait � ma place, maintenant.
Arr�te de dire des �neries, mon fils !
Et toi, Battista, �a va ?
J'ai faim.
Annuccia,
calme-toi. Calme-toi, ma douce.
Que lui est-il arriv� ?
Les gardes l'ont fouett�e.
� Tor di Nona.
Cette folle
se faisait trousser par un gitan
� la vue de tous.
Dis ton chapelet
et demain matin,
tu prendras un m�dicament.
"Vois-tu cette femme ?
"Je suis entr� chez toi
"et tu ne m'as pas vers� d'eau sur les pieds.
"Elle, elle m'a lav� les pieds
"avec ses larmes
"et les a essuy�s avec ses cheveux.
"Je peux te dire
"que ses p�ch�s lui seront pardonn�s,
"car elle a montr� beaucoup d'amour."
Quelles belles paroles.
Elles ne sont pas de moi,
mais de J�sus, selon saint Luc.
Et toi, qui es-tu ?
L'archange Michel.
Ensuite, Michele, quand il pouvait,
allait � la Vallicella
o� ce saint pr�tre, Philippe Neri,
sustentait tant de gens.
Encore un peu de patience, on va bient�t manger.
De quoi te nourris-tu ? D'air ?
Montre-moi ce que tu fais.
C'est qui ?
Qui es-tu ?
Je travaille pour des peintres,
dont le Cavalier d'Arpin.
Il est riche comme Cr�sus et se vante d'�tre un m�c�ne.
Peut-�tre,
mais il ne me fait peindre que fleurs et fruits.
Ses sous, il les garde.
Dans ce cas, va travailler � la nouvelle �glise
de Saint-Pierre en tant que tailleur de pierre ou ma�on.
J'ai des mains de ma�on ?
Ouvre-moi ton c�ur, mon fils.
Tu viens souvent ici.
Pourquoi les pauvres te fascinent-ils autant ?
Je voudrais graver leur image dans mon cerveau.
Les peindre un jour, peut-�tre.
Raconter des histoires gr�ce � eux.
- Lesquelles ? - Celles montr�es dans les �glises.
Les histoires de J�sus.
Des ap�tres, des Madones,
des mis�reux, des damn�s.
Et tu cherches �a ici ?
Ici, tout est �vangile.
Tu es un peu f�l�.
Mais tu as tout compris.
- Alors, Merisi ? - Je l'ai fini.
Non, �a ne va pas !
�a manque de mati�re, de couleur, c'est sombre.
Vas-y, arrange-moi �a.
Allez, me fais pas perdre mon temps !
Qu'est-ce qu'il y a ?
�a suffit.
Je m'en vais.
J'en ai assez.
Merci. Excusez-moi.
- Que fais-tu ? - Je pars !
Laisse les toiles !
Je les ai peintes, je les prends !
Tu prends rien !
Tout ce qui est ici est � moi. Laisse �a !
Tenez, prenez-les.
- Les toiles ! - � quoi tu joues ?
Va au diable !
- Va chier ! - Voleur !
P�d�raste de merde !
Je te ferai arr�ter !
Arr�te �a !
Je te ferai arr�ter !
Va te faire foutre !
Les toiles !
Pour la premi�re fois, je le sortais de prison, � Rome.
Je l'ai fait � maintes reprises.
Cette nuit-l�,
il n'avait nulle part o� aller, je l'ai h�berg�.
Dans ce palais ?
Ici.
Cette fois-l�, les gens ont jas� ?
Comme toujours.
Je ne m'attendais pas � cet interrogatoire.
C'est mon m�tier.
Est-ce un p�ch� de secourir une �me qui crie � l'aide ?
Cette nuit-l�, il a dormi ici.
Le lendemain matin, il avait disparu.
La chambre �tait vide.
Il avait quitt� le palais avant l'aube.
Onorio Martino Longhi, n� � Viggi�.
Il est �crit ici : "Architecte et po�te,
"soup�onn� d'avoir particip� au meurtre de Tomassoni."
Je vous jure !
Je vous jure, je l'ai perdu de vue !
C'est votre deuxi�me mensonge.
Au troisi�me, vous mourrez noy�.
Il y a deux mois, vous avez vu Merisi � Naples.
- C'est vrai. - Qui �tait avec vous ?
Le peintre...
Orazio Gentileschi.
- Qui d'autre ? - Le marchand d'art
Costantino Spada.
- Pourquoi �tre all�s � Naples ? - Pour voir Merisi.
On l'avait pas vu depuis des ann�es, il �tait parti longtemps.
C'�taient des gens que vous retrouviez
� la Vallicella, � Rome.
N'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
Oui, on y allait de temps en temps.
Pour lire des passages des �vangiles.
Quels sont ses p�ch�s ?
Aimait-il les femmes ?
Avec ardeur.
Et les hommes ?
Et les hommes ?
Pas les hommes.
Pas les hommes !
Les jeunes hommes.
C'est bien.
Racontez-moi, je suis tout ou�e.
Ce mouchoir ne me quitte jamais.
Tu veux dire ce mouchoir ?
Par V�nus que nous admirions ensemble dans le ciel !
Plus aucun souffle
ne sortira de ce corps blanc !
Arr�te, Maure ! Piti� !
Arr�te !
Messieurs !
Mesdames !
Votre Ranuccio est arriv�,
bien dot�, gr�ce � Dieu !
Les catins sont l� !
Ranuccio !
Tu les emm�nes o�, tes jolies poulettes ?
Chez les nantis !
Laisses-en une � Orazio Gentileschi.
Et � moi !
Ni pour toi, ni pour le Lombard. Il m'a pas pay� la derni�re.
J'ai jamais pay� une fille de ma vie.
La prochaine fois, je t'apporterai la note personnellement !
Aide-moi � descendre.
Fillide,
Annuccia, on va br�ler la vieille � Trastevere !
Attends !
On se conna�t ?
Tout le monde me conna�t. Je dois y aller !
Tu vas o� ?
� Trastevere, br�ler la vieille.
Viens, Ranuccio va �tre en col�re.
Attends, viens avec moi.
Laisse tomber Ranuccio.
Elle est bien dure !
C'est beau, tous ces tableaux.
T'as vu �a ?
J'ai mal.
Qu'est-ce qu'il y a ?
On m'a bless�e.
Qui t'a fait �a ?
On m'a fouett�e.
Attends.
Avec �a,
tu vas vite gu�rir.
�a me chatouille.
Attends.
Qu'est-ce qu'on t'a fait ?
On va pas baiser ?
Si, mais apr�s.
Maintenant, ne bouge pas.
Retourne-toi. Parfait.
Ne bouge pas.
Maintenant, je comprends.
T'es peintre.
Moi, je suis qui ?
La Madeleine des �vangiles.
Madeleine ?
- Je dois faire quoi ? - Ne bouge pas.
Tu t'appelles comment ?
Baisse la t�te.
Annuccia.
Annuccia Bianchini.
Ne bouge pas.
Regarde par terre. Voil�.
La Vallicella.
L'archange Michel.
Que fais-tu ?
Tu dors ?
Dors, petite.
C'est bien.
Le cardinal Del Monte vous attend.
Voici les tableaux du Caravage que vous souhaitiez...
voir.
Merci.
Les Tricheurs.
Les Musiciens.
Bacchus.
� l'adolescence.
�mouvant.
Cardinal, vous l'avez toujours d�fendu.
M�me apr�s le meurtre, n'est-ce pas ?
Mon pr�f�r�.
M�duse.
Puis-je ajouter quelque chose ?
Ce serait un autoportrait du Caravage
refl�t� dans un miroir convexe.
Ces yeux
�carquill�s,
hagards,
qui semblent sortir de leurs orbites.
L'horreur
dans ces cheveux faits de serpents.
Seul un homme tourment� comme Michele
pouvait cr�er ce...
chef-d'�uvre.
Le marchand d'art
Costantino Spada m'a emmen� dans un atelier
rue de la Truie voir un tableau de Merisi
et j'ai demand� � le rencontrer.
Les filles, que faites-vous ici ?
On travaille.
C'est la chasse aux aristos !
Voici une amie.
Fillide, enchant�e.
Ce peintre cherche aussi des clients.
Viens, on se tiendra compagnie.
Fillide...
Michele !
Ranuccio,
regarde qui est l�.
- Attends. - Laisse-moi !
Le cardinal est l�.
Savez-vous pourquoi je me suis passionn� pour votre toile ?
� cause de cette larme.
Ce sont les d�tails qui font la perfection.
Votre Madeleine
a les cheveux roux.
Comme la Madeleine du Titien.
Vous vous �tes inspir� de lui ?
Pas du tout, �minence.
De qui vous �tes-vous inspir� ?
De la rue.
La rue ?
D'inconnus rencontr�s pendant mes nuits d'insomnie.
Et lors d'une de ces nuits d'insomnie,
vous avez rencontr�...
Annuccia, une jeune putain.
Ce n'est pas l'id�al pour incarner une sainte.
Au contraire, �minence, c'est l'id�al absolu.
Ces femmes connaissent la douleur de l'existence.
Et celle de l'�me.
Je ne pardonne
votre insolence...
qu'au nom
de la lumi�re
qui �claire votre tableau...
Que faites-vous ?
Dommage que vous ne fr�quentiez pas les artistes
de l'Acad�mie de Saint-Luc.
Par exemple,
Baglione.
Baglione ?
Baglione est un peintre ?
Ces bons � rien de l'Acad�mie ne m'int�ressent pas.
Ils pactisent, se r�compensent.
Vous gagneriez � les fr�quenter.
Vous apprendriez qu'on ne peut pas peindre
des courtisanes.
D�truisez le tableau s'il d�range le Saint-Office.
Je ne suis pas fou.
Je ne d�truis pas ce qui fascine.
Je le conserverai dans ma collection priv�e.
Michele, je...
Je vous propose un atelier.
Votre atelier, ici, au palais Madama.
Rien que pour vous.
M�me une chambre, si vous souhaitez...
Mais offrez-moi votre talent.
Je le veux pour moi.
Je veux aussi une �p�e.
Une �p�e ?
Une �p�e que j'aurai toujours sur moi.
D'accord.
Qu'est-ce qui vous avait s�duit chez lui, cardinal ?
Vous savez,
je suis un homme d'�glise,
mais je vis pour l'art.
Michelangelo,
je l'ai vu � l'�uvre.
C'�tait comme voir la main de Dieu.
Il avait
des ailes de g�ant.
Il ne lui restait qu'� les d�ployer.
Ce qu'il a fait,
peignant saint Matthieu
lors de sa vocation
et de son martyre.
Puis il a peint la crucifixion
de saint Pierre.
Pas comme �a !
La t�te en bas.
De l'autre c�t�.
Doucement !
Il a cess� d'�tre Michelangelo Merisi
pour devenir le Caravage, un ma�tre.
Avec de nombreux admirateurs
et des ennemis encore plus nombreux.
Arr�tez-vous !
Illustres coll�gues de l'Acad�mie, amis.
Je me demande
ce qu'est cette repr�sentation de saint Matthieu.
Une vision de f�rocit�,
de vie violente.
Rien d'autre.
Une sc�ne o� je ne vois
que du noir, du gris.
Des personnages sans aucune nuance,
sans... gr�ce.
Puis je le vois, lui.
Spectateur irr�v�rencieux du martyre.
L�, derri�re.
Une horreur sans nom.
Son autoportrait nous accuse.
Il veut dire
que nous, encore aujourd'hui,
vivons dans la m�me pers�cution violente et f�roce
qu'autrefois.
Et il se fait m�me le t�moin de cela.
Cher Baglione,
en effet, il me ressemble.
Ferme-la !
Toi et vous autres de l'Acad�mie
n'avez pas l'�il pour appr�cier mon �uvre.
Ce n'est pas votre faute, mais celle de votre �cole
qui vous emp�che de rechercher le r�el.
Vous applaudissez l'�vidence
en �change d'une commission.
Je ne vous d�fie pas, je ne vous vois pas !
- Vous �tes d�j� morts. - Non, je respire.
Sale paysan de Lombardie !
De quel droit tu insultes d'illustres artistes ?
Tu dois rester � ta place.
La place qui m'est destin�e,
tu ne peux m�me pas en r�ver,
tr�s illustre
maquereau !
Du calme.
R�p�te.
Maquereau.
Si on n'�tait pas dans une �glise, je te ferais regretter tes mots.
Les animaux comme toi sont bannis, ici.
Je te tordrais le cou.
Je te botterais le cul.
�minence, ce Caravage est diablement culott� !
Lui et Ranuccio Tomassoni ne se d�testaient pas vraiment,
mais le destin �tait contre eux.
- Vas-y ! - Oui !
Un point !
Tu l'as pas vue, celle-l� !
- Retourne l�-bas. - Tiens-toi pr�t.
C'est pour nous !
- Elle est sortie. - N'importe quoi !
Ils se disputaient souvent,
ils en venaient aux mains
et parfois � l'�p�e.
Vas-y, le Lombard !
Arr�tez ce vacarme !
Je relance.
- 20 �cus. - Laisse tomber.
40.
Va pour 40 !
Donne-moi 10 !
Donne-moi 10 !
Oui !
10.
Tu vas o�, Michele ?
Tu paies pour ce que tu viens de perdre
et pour les filles prises sans mon accord.
Je te paierai,
j'ai des mains en or.
Je te paierai.
Arr�te-toi !
Tu me paies maintenant.
Soit, je te paie tout de suite.
- � quoi tu joues, mon joli ? - � toi de me dire.
Gare � toi.
- Elle aussi est � toi ? - L�che-la !
Arr�tez ! Baissez vos �p�es !
On nous demande d'arr�ter.
- Comme t'es mignon. - Toi aussi !
On rengaine.
Viens, Michele, les gendarmes !
Les gendarmes arrivent !
Avance !
Dieu n'est rien sans l'homme.
Et le monde n'est rien
sans Dieu.
Si l'univers venait � dispara�tre,
Dieu aussi dispara�trait.
C'est pour �a que le P�re �ternel
cr�e continuellement
des cieux infinis,
des soleils infinis,
des plan�tes infinies et des univers infinis.
Moins fort ! J'arrive pas � dormir.
Pourquoi tu me traites comme �a, mon fr�re ?
Demain, je ne serai plus de ce monde.
Prie, alors, au lieu de m'emmerder.
Dieu se moque des pri�res.
Je ne suis qu'un moine.
Je m'appelle Giordano.
Et toi, ton nom ?
Michelangelo.
- Tu es le Giordano qui... ? - C'est moi !
Tout � fait.
Giordano Bruno.
En chair et en os.
Quoi ?
Tu n'en reviens pas d'�tre devant le pire des p�cheurs ?
C'est ce que tu es ?
Non, mon fr�re.
Mon c�ur est pur.
Mon �me aussi.
Et toi ?
Avec cette flamme dans les yeux, qui te torture.
Qui es-tu ?
Je suis peintre.
Que peins-tu ?
Ce que je vois, le r�el.
Le r�el ?
La v�rit� ?
Je l'ai toujours poursuivie
et voil� o� �a m'a men�.
C'est quoi,
ta notion du r�el ?
Cette prison,
cette lumi�re,
l'obscurit�,
tes yeux.
Bient�t s'accomplira
ce que le pape d�sire depuis longtemps.
Les flammes
feront de ce corps
une poign�e de cendres !
Sur la place Campo de' Fiori.
Au milieu de la foule.
C'est ce que veut le pape,
que les gens voient.
Tu ne sembles pas craindre la mort.
Moi, je discute avec la mort.
Je joue aux d�s avec elle.
Et quand je gagne,
la peur se transforme en courage.
Donne-moi tes mains.
Personne ne veut serrer les mains de l'h�r�tique dominicain
poss�d� par Satan !
Je ne le crois pas.
Michele,
donne-moi ta main.
J'ai peur.
Regardez, les voil� !
Comme ils sont beaux, les pr�tres,
les j�suites, le pape,
les moines, les saints,
le tr�s r�v�rend cardinal Bellarmin,
qui m'a emp�ch� de parler !
Moi qui ai parl� devant la reine Elisabeth.
J'ai enseign� la philosophie
partout en France.
Vous voulez mon corps ?
Venez le prendre.
Viens !
Prends mon corps.
En revanche, ma pens�e, vous ne l'aurez jamais !
Ma pens�e vivra !
Je dis toujours la v�rit�.
Vous avez peur de me tuer, moi, je n'ai pas peur de mourir !
Je dis que le Christ �tait un homme
et que la Vierge �tait une femme,
comme ma m�re.
Et je dis que le pape
est un homme comme les autres !
Des cieux infinis,
des soleils infinis.
Des univers infinis.
"Giovan Baglione ou Giovan le Couillon
"Tes tableaux sont des cro�tons
"Tu n'es qu'un foutu cocu
"Avec tes portraits et tes nus
"Andrea le charcutier de la rue de la Truie
"Ramone le cul de ta femme et lui bourre le fruit
"Sans avoir � lui montrer le collier d'or
"Qu'au cou indignement tu arbores"
Franchement,
faire un proc�s au Caravage pour ces vers moqueurs ?
Votre Excellence, il m'a offens�.
Merisi est le diable incarn�.
Comme je l'ai repr�sent� dans mon tableau L'Amour divin.
En r�ponse � sa...
toile obsc�ne cach�e dans une maison prestigieuse de la ville.
Qu'a-t-elle d'obsc�ne, cette toile de Merisi dont vous parlez ?
Vous devriez la voir, Excellence,
alors vous comprendriez.
Cependant, je ne comprends pas pourquoi je suis ici.
Ne vous inqui�tez pas,
vous allez rentrer chez vous.
Michele Merisi
a-t-il re�u un collier de l'Acad�mie comme celui-ci ?
Non, Excellence.
Parce que c'est un peintre
d'un rang inf�rieur au v�tre ?
Le Caravage est un peintre merveilleux.
Merveilleux.
C'est sa vie qui est abjecte.
Je ne comprends toujours pas...
Il n'y a rien � comprendre.
Ici, beaucoup ne comprennent pas, mais finissent par parler.
Que voulez-vous savoir ?
Votre Amour divin,
o� se trouve-t-il ?
Au palais Giustiniani,
qui abrite aussi son "Amour charnel".
Pourquoi l'appelez-vous ainsi ?
Ces documents
indiquent un autre titre :
"Amor vincit omnia".
L'amour
triomphe
de tout.
Le vrai sens
se trouve dans le tableau, Excellence.
Excellence, le marquis Giustiniani �tant � Venise pour affaires,
je serai votre guide dans sa galerie.
Selon les actes, le proc�s intent� contre lui
s'est conclu en votre faveur.
Pourquoi peu de temps apr�s �tait-il d�j� sorti de prison ?
C'est gr�ce � ses amis puissants.
Les meilleures familles de Rome se disputaient ses �uvres.
Ceci...
est mon tableau.
Votre Amour divin.
Ce d�mon serait donc Michelangelo Merisi ?
Alors ?
Sa toile obsc�ne,
"L'Amour charnel", o� est-elle ?
Dans un lieu secret.
O� �a ?
- Je ne puis le r�v�ler. - O� ?
Suivez-moi.
Comme le marquis sait que c'est un tableau lascif,
il le garde, comme vous voyez...
couvert.
Je comprends tout.
Vous avez men� Merisi devant le juge
non � cause de ses vers moqueurs,
mais pour l'accuser de sodomie.
Vous vouliez vous d�barrasser de lui.
- Mais non... - Taisez-vous !
Pourquoi rit-il ?
Pour mieux vendre
l'amour
qu'il promet.
C'est d�go�tant et effrayant.
De quoi l'amour triomphe-t-il ? �clairez-moi.
De ce qu'on voit l� :
les armes, les guerres
et les arts, toutes les angoisses de l'homme.
Le talent alli� � la perversion.
La gr�ce de Dieu.
Que Sa gr�ce soit avec toi.
Michelangelo,
cette plante pousse
au pied du V�suve.
Il faut la cueillir avant le chant du coq.
C'est une plante sainte
qui gu�rit la chair
et fait dormir
comme un b�b�.
Ceci est l'acte du dernier proc�s.
Tous les documents sont ici.
Y compris les autres proc�dures contre Merisi.
Merci encore de votre aide.
Selon vous, quelles familles prot�geaient le peintre ?
Il y en a surtout deux,
les plus importantes, dont les Colonna.
Mon enqu�te m'a conduit � la marquise Costanza
et � son fils Fabrizio.
Enqu�te men�e dans le secret de la Sainte Inquisition.
Je suis content que vous passiez me voir.
Voici mon antre.
�a vous pla�t ?
Je t'h�bergerais, mais �a jase.
C'est impossible.
Un de mes assistants
qui me sert de mod�le.
J'en ai entendu parler.
C'est Cecco,
Cecco du Caravage.
Oui.
On entend beaucoup de rumeurs sur tes vices, Michele.
Non.
Quels vices ? C'est la vie.
Tu vois pourquoi t'avoir chez moi est impossible ?
Ceux qui se complaisent � penser � mal...
Ils ont raison.
Pourquoi m'avoir fait venir ?
Mon carrosse m'attend.
C'est quoi ?
Un cheval ?
Oui. Regardez.
La Conversion de saint Paul !
Le corps de Paul
g�t en extase,
les yeux entrouverts,
sous l'animal.
Les jambes �cart�es
et les bras tendus vers la lumi�re de Dieu.
Je veux rapprocher
le divin de l'homme.
Mais on l'a trouv� blasph�matoire.
Maintenant, je ne sais plus,
je suis confus.
Je ne sais que faire.
J'h�site entre le terminer et le d�truire.
C'est un chef-d'�uvre.
Il n'y a rien � retoucher.
Rien � d�truire.
Il est parfait, Michele.
Crois-moi.
Costanza, je vous dois tout.
Tout.
M�me cette Conversion.
C'est le fruit des moments pass�s ensemble,
quand vous me faisiez le cat�chisme, � l'�poque.
Vous vous souvenez ?
Vous �tes ma lumi�re.
Hormis la marquise Colonna, qui le prot�geait
parmi les pontes eccl�siastiques ?
Cela est confidentiel.
Serait-ce le cardinal Del Monte ?
Je ne puis r�pondre.
Peut-�tre parce que le cardinal aspire � la papaut�.
Son �me est loin d'�tre pure.
De gr�ce, n'insistez pas.
Je peux seulement dire que Del Monte
a grandement aid� la carri�re de Merisi,
surtout apr�s l'apoth�ose de Santa Maria del Popolo.
Que voulez-vous dire par "apoth�ose" ?
Les succ�s du Martyre de Pierre et de La Conversion de Paul.
Devant L'Assomption de Carracci,
tout le monde se signait
et r�citait un salve regina.
Mais quand les yeux se posaient sur les �uvres de Merisi,
tous restaient bouche b�e, muets.
Rien, m�me pas un souffle.
Qui es-tu ?
Je suis l'homme sur la croix.
Lui, l�-haut.
Vous me reconnaissez ?
� vrai dire, j'�tais un peu plus jeune.
Je devais �tre seul.
Battista dort quelquefois dans l'�glise.
Je n'avais pas remarqu� sa pr�sence. Pardon, Excellence.
Le ma�tre faisait souvent appel � Battista
pour le peindre sur ses toiles.
� l'�poque, je gagnais un peu d'argent, aujourd'hui, plus rien !
Ne t'approche pas.
Excellence, donnez-moi une petite pi�ce, je meurs de faim.
Tu serais saint Pierre ?
Oui, celui qui est l�.
Tu empestes le vin !
O� l'as-tu connu ?
� la Vallicella.
� la Vallicella ?
Vas-y.
Je peux me pendre ?
Je faisais semblant de boiter !
Ne bouge pas.
C'est �a.
- Qui c'est ? - Lena.
Avec sa m�re et le pauvre Paolino.
Pourquoi "pauvre" ?
Son p�re a �t� arr�t� par le cardinal Peretti.
L'amant de Lena et de sa s�ur Amabilia.
Du beau monde.
M�fie-toi de cette femme !
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Une seconde, je dois vous parler. - On m'attend.
C'est moi qui vous attendais.
Maman, prends le petit.
C'est vous ?
Je vous connais.
Vous �tes le Caravage, le grand peintre !
- En personne. - Mon Dieu !
On en dit de belles sur vous.
- Par exemple ? - Vous auriez eu cent femmes.
Et vous ?
Combien d'hommes vous ont chevauch�e ?
Plus de cent.
Mais j'ai chang� de vie.
�a alors ! Pourquoi ?
Je vais me marier.
Avec qui ?
Un notaire.
Un notaire ?
Un notaire !
Il me sort du trottoir.
Vous �tes amoureuse ?
Pas besoin de l'aimer.
�coutez-moi.
Combien pour un apr�s-midi ? Je paie le double.
Quelles choses bizarres tu veux faire ?
Il y a ma m�re.
Des choses que tu n'as jamais faites.
Comment t'appelles-tu ?
Tout le monde m'appelle Lena.
�a suffit !
Dehors !
Vous me faites mal.
Qui �tait Michelangelo Merisi pour toi ?
Ton amant ?
- Ton protecteur ? - Ni l'un ni l'autre.
J'�tais son mod�le.
Il ne te baisait pas ?
Il ne le faisait pas
parce qu'il pr�f�rait son assistant, Cecco Boneri.
Pendant un temps, il m'aimait bien.
Il m'a m�me aim�e.
Comment peut parler d'amour
une fille qui vend son corps ?
Pourtant c'est vrai.
Tu veux du poulet ?
N'importe quoi !
Il doit t�ter.
C'est bon ?
Ilaria est l�.
T'es un h�r�tique, il para�t.
Un h�r�tique ?
H�r�tique.
On m'a arr�t�e quand je suis sortie en douce
du palais du cardinal.
De chez Peretti, d�guis�e en homme.
Alors ?
- Blasph�mateur ? - Exactement.
Au contraire, je suis croyant.
- C'est vrai ? - Oui, tr�s.
Il aimait me poss�der d�guis�e en homme.
On dit que t'es sodomite.
C'est vrai ?
Je le crois pas.
Et le notaire ?
- Quoi, le notaire ? - Tu sais bien.
Tu devais l'�pouser.
� 14 ans, ma m�re et ma grand-m�re m'ont amen�e � Rome
pour tenir compagnie aux cardinaux, aux �v�ques...
�a rapportait bien.
Tu pleures ?
Je pleure pas.
Arr�te !
Je pleure pas.
Connard !
Ma grand-m�re me manque.
Merde !
On sait quels peintres travailleront � Saint-Pierre.
- On m'a exclu. - Normal !
Tu as perdu le proc�s contre ce porc de Baglione.
Ils ont engag� les barbouilleurs.
Attention � ce que tu dis.
� Rome, tout se sait.
Ils peuvent t'�craser.
Pourquoi ? J'ai tort ?
J'ai tort ?
Putain !
Sale putain !
Tout le monde sait que tu vas chez lui.
T'as dormi chez lui quand j'�tais � Orvieto !
L�ve-toi.
Tra�n�e !
B�tarde !
Chienne pestif�r�e !
Ma pauvre petite.
Ma pauvre petite !
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Ne me regarde pas.
Qu'est-ce qu'on t'a fait ?
Piti�, ne me regarde pas.
Qui t'a fait �a ?
Lena, qui t'a fait �a ?
Le notaire.
Bonsoir, notaire.
Salaud !
Regarde-moi !
Regarde-moi.
Si tu la touches encore une fois, je te tue.
Apr�s avoir frapp� le notaire,
il a fui � G�nes, o� il a �t� accueilli chez les Doria.
De grands amis de la marquise Colonna.
Qui fr�quentait Michele ?
Donne-moi des noms.
Je veux les noms.
Les noms !
Scipion Borgh�se.
Le cardinal, neveu du pape.
Il cache � la Villa Borgh�se
le tableau La Madone au serpent.
La Madone a mon visage.
J'ai eu le pape � mes pieds.
Il a pri� � genoux, � Saint-Pierre.
Blasph�matrice !
Tu restes malgr� tout une putain, encore aujourd'hui.
Je suis peut-�tre une putain,
mais gr�ce au talent du Caravage,
je suis devenue la m�re de Dieu.
Dans La Madone au serpent et celle des p�lerins, c'est moi.
Moi, Lena Antognetti.
La putain, pour les si�cles des si�cles.
Tiens.
Bois, tu verras...
�a chassera tes id�es noires.
Tu crois que Sa Saintet� m'accordera sa gr�ce...
en �change de ma t�te, l� ?
Regarde o� ils ont chi�.
Bonjour, Maria.
Au nom du Saint-Office, cet atelier est mis sous s�questre.
Qui a peint ce tableau ?
Alors ?
Moi.
Cet atelier t'appartient ?
- Oui. - Au ch�teau Saint-Ange !
Vite !
Excellence...
Que dit sa m�re
de sa fille qui peint des nus ?
Artemisia a perdu sa m�re quand elle �tait enfant.
Vous ne l'avez pas envoy�e au couvent ?
On ne m'enfermera jamais au couvent. De quel droit ?
Il est inconvenable qu'une femme s'adonne � la peinture.
L'art n'est ni masculin ni f�minin. Moi, je veux �tre libre.
Vous, vous pouvez partir.
Que repr�sente ce tableau ?
Alors ?
Suzanne
et les vieillards.
Suzanne et les vieillards.
La Sainte Bible, Artemisia.
Vous fr�quentez l'�glise de la Vallicella ?
Depuis que Michele est parti, je n'y vais plus.
- Je n'y allais que pour lui. - Pourquoi ?
Vous �tiez amoureuse ?
On �tait tous fascin�s par le Caravage,
les hommes, les femmes.
On aimait son art.
Vous l'avez quand m�me bien connu.
Il venait souvent � l'atelier de mon p�re.
De quoi parlait-on,
jadis,
aux r�unions de la Vallicella ?
Des Saintes �critures.
Et que disait Michele ?
Il parlait des �vangiles, il les conna�t bien, les interpr�te.
L'�glise est la seule interpr�te !
Il parlait de Luther ?
Il croyait en la virginit� de la Vierge ?
Oui, comme nous tous. Qui n'y croit pas ?
Disait-il des choses inconvenantes sur J�sus-Christ ?
Non, jamais.
Et sur les ap�tres, le pape ?
Pourquoi toutes ces questions ?
Vous m'embrouillez.
Il aimait l'�glise des pauvres.
Je parle de celle de Rome !
La reniait-il ?
Pas du tout.
Il l'a expliqu� aux �v�ques
qui l'avaient convoqu� au Saint-Office.
Le d�cret sur la v�n�ration et les reliques des saints
et sur les images sacr�es.
Vous connaissez la volont� du pape sur l'art sacr� et profane ?
Oui, je la connais.
Alors pourquoi ne tenez-vous pas compte des r�gles
qu'il a sugg�r�es avec bienveillance ?
Selon moi, un peintre
doit �tre libre pour pouvoir peindre.
Moi, je recherche la v�rit�.
P�ch� d'orgueil !
Vous ne devez pas rechercher votre propre v�rit�.
La seule v�rit� est celle des Saintes �critures.
Les peintres ont une responsabilit� envers le peuple.
- Avec mon art... - Votre art ?
Vous ne devez pas utiliser votre imagination
pour impressionner et corrompre ceux qui regardent,
surtout les illettr�s : les gens du peuple !
Dor�navant, pour la reproduction d'images sacr�es,
il vous sera interdit
d'utiliser des hommes et des femmes qui existent vraiment.
Surtout s'il s'agit
de malfaiteurs, de courtisanes connues,
voire pire,
pour en faire des images de Vierges
ou de saints !
Vous m'avez compris ?
En avez-vous pris note ?
Je ne vous ai pas entendu, Merisi.
En avez-vous pris note ?
J'en ai pris note.
Vous pouvez partir.
Il a quitt� le Saint-Office an�anti, en col�re, humili�.
Apr�s �a, il n'a plus re�u aucune commande.
Ses ennemis foisonnaient.
Son �toile d�clinait, il passait ses nuits
� boire, � se quereller, � se battre.
Surtout avec Ranuccio et ses fr�res.
Ran� !
On le tient !
T'es o� ?
Attends, Franc�.
Grouille-toi !
- Je pisse. - Vite !
J'arrive.
J'arrive.
Je me l'�gouttais.
Quel beau manche !
Que ferais-tu � une femme, toi ?
�coute, mon fr�re.
Quelqu'un s'est foutu en rage.
Me demande pas qui.
Il dit que si tu continues � nuire au Christ,
tu finiras sur le b�cher avec tes tableaux.
Laisse tomber l'art !
Suis mon conseil.
On y va !
Tous l'ont abandonn�.
Puis il a re�u la visite
du cardinal Scipion Borgh�se.
Fr�re Girolamo !
Fr�re Andrea !
Nous voici.
Fr�re Girolamo m'a parl� d'un ancien contrat
que tu as sign� pour une Assomption destin�e � l'�glise della Scala.
C'est vrai.
Tu t'en souviens, Michele ?
Oui, je m'en souviens.
C'est un signe divin, la brebis �gar�e rentre au bercail.
Tout � fait.
Nous t'avons apport� le bon pain de notre four.
Et des pommes.
Les pommes de notre verger que tu aimais tant.
Et des noix.
Des noix.
C'est un acompte pour le tableau ?
Il me fait mal !
Ce petit bandit.
Anna !
Laisse-moi.
Pauvres b�tes !
Qu'est-ce que tu fais ?
Touche pas � ma marchandise !
Attends.
Laisse-la, la mort de son marmot l'a rendue folle.
Il me donne des coups de pied.
J'en peux plus.
Attends.
T'es qui ? Qu'est-ce que tu veux ?
Je suis Michele, ton ange.
Viens,
je te raccompagne.
Viens.
Laisse-moi !
Arr�te avec tes coups.
J'en peux plus.
Sois sage.
C'est bon, mais �a manque de sel.
Cr�nom, �a pue !
C'est peut-�tre du chat.
C'est une soupe sicilienne.
T'es d'o�, toi ?
De V�rone.
Mange !
Levez tous les bras au ciel,
regardez la Vierge.
En adoration.
Plus haut, la Vierge !
La corde est solide ?
Oui, t'inqui�te pas.
C'est mon invention, alors tu penses !
Bordel,
j'ai failli me casser les jambes !
Allez, les bras au ciel.
Non, baissez les bras.
Faites-la descendre, �a suffit. La Vierge ne vole pas.
C'est beau, la Vierge qui vole.
Oui, mais ce n'est pas dans les �vangiles.
�a n'y est pas.
La Vierge ne vole pas.
Elle ne vole pas.
Anna !
Anna Bianchini s'est jet�e dans le Tibre.
On l'emm�ne o�, la pauvre ?
Dans mon atelier. D�p�chez-vous !
- Dans ton atelier ? - Oui.
Qu'est-ce qui te passe par la t�te ?
Qu'est-ce qu'il fait ?
Il veut la laver enti�rement.
Pauvre petite.
Oui, j'y �tais, moi aussi.
Les Colonna �taient invit�s � l'�glise pour l'arriv�e du pape.
Le pape est venu
avec son neveu, Scipion Borgh�se.
Ce dernier vouait une v�ritable d�votion � Michele.
Michele n'�tait pas l�.
Pourquoi ?
Il devait redouter l'avis de l'�glise.
Ces chevilles nues !
Et cette robe rouge bon march� !
O� sont les anges ?
Il n'y en a pas.
Ce moment est comme �a.
C'est �a, la mort !
Un lit d�fait, des pieds nus,
pas d'anges, ni de ciel.
Un �tre cher s'en va et ceux qui restent n'ont pas de paix.
Aucun ange ne l'emporte au ciel.
D'ailleurs, je ne vois m�me pas le ciel.
Ce n'est qu'une malheureuse,
une putain sur son grabat.
Le ventre gonfl� d'eau, suicid�e
ou assassin�e, peut-�tre.
C'est le cadavre le plus vivant
qui ait jamais �t� peint.
Ce tableau ne pourra pas rester ici.
Le pape ne le permettra jamais.
Je l'ai peint pour vous.
Pour vous et pour le peuple qui vient prier ici.
Pas pour un roi ou une cour !
La Madone est la m�re de tout le monde.
Cette toile �voque une chose qui nous concerne tous.
Notre mort corporelle.
Mais Michelangelo Merisi
repr�sente le corps d'une Marie
terrestre
et pas la Sainte Vierge.
Ce n'est pas conforme � nos r�gles.
L'�glise n'est pas pr�te
pour cela.
- Faites dispara�tre ce tableau. - Mais, mon oncle...
Qu'on le br�le !
Le tableau devait dispara�tre, mais le peuple se pressait
pour admirer le joyau de son peintre,
l'artiste le plus convoit� au monde.
M�me ses pires ennemis ont compris
qu'ils �taient devant quelque chose...
d'�ternel.
Heureusement,
le jeune Rubens en est tomb� amoureux
et a achet� le tableau aux moines
pour les Gonzague de Mantoue.
Pourquoi "heureusement" ?
Autrement, La Mort de la Vierge aurait disparu � jamais.
� Rome, le Saint-Office l'aurait br�l�e.
Mon joli !
C'est vrai, ce que dit le peuple de Rome ?
Que tu as profan� le cadavre de la pauvre Annuccia.
Que tu l'as emmen�e chez toi
et que tu t'es enferm� avec elle pendant des heures.
Et que tu l'as bais�e.
C'est vrai qu'apr�s,
tu l'as peinte comme si c'�tait la Sainte Vierge ?
Approche, froussard.
Tu me d�go�tes � un point.
Ta voix est m�prisable, tes paroles aussi.
Ce sont tes tableaux qui le sont.
Je sais que, de toute fa�on, ton art touche � sa fin.
Tes paroles ne valent rien, Ranuccio,
car tu ne vaux rien !
Je suis triste, pas de querelle.
Tu n'es plus aim� dans cette ville.
Retourne � ton brouillard et � ta pluie.
Rome est ma ville, je n'y suis pas n�,
mais elle est plus � moi qu'� toi,
car tu la souilles avec ton �me.
Si toutefois tu en as une.
Je vais t'envoyer en enfer !
Il faut partir, vite !
Je vais mourir.
Je vais mourir, mon fr�re.
Tandis que La Mort de la Vierge
partait sur une charrette pour Mantoue,
Michele quittait Rome.
Avec l'aide de votre fils ?
En le cachant, vous avez d�fi� le pape.
J'�tais s�re de son innocence.
Ou de sa culpabilit� ?
Comment se d�fendre quand l'Inquisition veut votre mort ?
L'Inquisition n'y est pour rien.
Le Saint-Office ne l'accuse de rien.
Les sp�cialistes en pers�cution savent effacer les traces.
Je ne vous apprends rien.
Selon mes informations, fuyant Rome
et la peine de mort, juste apr�s Naples,
Merisi est all� � Malte, avec votre aide.
Vous surestimez mon pouvoir.
Le capitaine de Wignacourt, dirigeant de Malte,
ob�it au pape, ce n'est pas moi qu'il �coute.
Pourtant il l'a fait.
Comment Merisi pouvait-il aspirer au titre de chevalier
sans votre aide ?
Fort de ce titre,
il a failli obtenir cette gr�ce du pape qu'il voulait tant.
"� l'attention de l'ambassadeur � Rome, Giacomo Bosio..."
En effet, sous la pression de votre famille,
M. de Wignacourt
a inform� son repr�sentant � Rome
de son souhait de faire chevalier le Caravage.
"L'excellent et honorable peintre Michelangelo Merisi..."
La requ�te fut accept�e.
L'autorisation du pape de faire chevalier le Caravage
est arriv�e dans l'�le en un mois.
De Wignacourt voulait en �change
une faveur sp�ciale du Caravage.
Le nouvel oratoire de la cath�drale �tait achev�,
mais il n'avait pas encore de retable.
Si Michele pouvait en peindre un,
on lui en serait reconnaissant.
Ce titre, "fr�re Michelangelo",
devait lui permettre de rentrer � Rome
non pas comme un criminel, mais comme soldat du Christ.
Le 14 juillet,
un an apr�s son arriv�e � Malte,
il a �t� nomm� "chevalier d'ob�dience".
Puis les choses ont pris une autre tournure.
Son �me luxurieuse l'a conduit � nouveau
vers le p�ch� et le ch�timent.
Comment le savez-vous ?
J'ai mes sources.
Comme vous l'imaginez, les transgressions sexuelles,
tant qu'elles demeurent discr�tes, sont tol�r�es,
mais une vie dissolue est indigne d'un chevalier.
Je ne veux plus vous �couter.
Vous saviez que l'envoyer � Malte repr�sentait un risque.
Qu'esp�riez-vous ?
Que la stricte discipline de l'Ordre l'e�t frein� ?
Attendez, ne ratez pas le plus beau.
Sa faute, sa grande faute est �crite sur ces feuillets,
que j'ai r�cup�r�s dans la forteresse.
Certaines parties ont �t� couvertes d'encre
tant le d�lit �tait grave.
Il a d� s�duire la ma�tresse ou l'amant de M. de Wignacourt.
Michele n'a pas pu faire �a.
Les gens qui le fr�quentent s'�prennent de lui.
�a vous est arriv� ?
Vous me croiriez si je le niais ?
J'en doute.
Donc, je ne vous dirai rien.
Son proc�s et sa spoliation
ont eu lieu dans l'oratoire.
Pour fuir ce lieu horrible,
il avait besoin d'aide.
Homme infect et pourri !
C'est s�rement votre fils Fabrizio
qui l'a aid� � s'�vader.
Et vous, vous avez continu� � le prot�ger.
O� l'aviez-vous cach� apr�s lui avoir fait quitter Rome ?
Ici, � Paliano.
Dans cette pi�ce o� vous vous trouvez,
il a pass� des journ�es affreuses.
Des journ�es de grande angoisse.
C'est un poids �norme
que d'avoir mis fin � la vie d'un homme.
En ce moment,
il est chez moi, � Naples, dans mon palais.
Il esp�re la gr�ce du pape.
Le Saint-P�re la lui accordera.
- Pardon ? - C'est une question d'heures.
Vous �tes la premi�re � le savoir.
Je suis venu vous l'apprendre.
En esp�rant que l'�glise pourra toujours compter
sur la loyaut� de votre famille.
Michele, tu pourrais peut-�tre peindre mon portrait.
Tu sais que je ne peins pas les dames.
C'est ce que je suis pour toi ?
Une dame ?
Entrez, marquis.
Asseyez-vous.
J'ai accept� de venir par respect.
Pourquoi, dans votre lettre,
me demandez-vous de n'en rien dire � ma m�re ?
Je vous suis tr�s redevable.
L'institution dont vous d�pendez
m'a beaucoup aid� quand d'autres voulaient ruiner ma vie.
� vrai dire, c'est vous-m�me
qui d�truisiez votre vie, mon fils.
Avec votre comportement que je n'h�site pas � qualifier
d'ignoble.
Je ne vous permets pas de me parler ainsi.
Dans ces documents,
j'ai les preuves
de votre vie dissip�e.
J'ai besoin de vous.
Je veux rencontrer en personne Michele Merisi.
Pour lui parler.
Mais je ne peux agir en dehors des �tats pontificaux.
Amenez-le-moi.
C'est impossible.
Mon ami se ferait d�capiter.
Vous et votre m�re
avez cach� et prot�g� un assassin !
Je pourrais vous arr�ter, vous et votre m�re.
Vous pr�f�rez �a ?
Acc�derez-vous � ma demande ?
Entendu.
Pour le convaincre,
allez � Naples et montrez-lui cette lettre.
Vous le voyez, elle porte le sceau papal.
C'est le document qui lui accorde la gr�ce.
Votre Saintet�, le rapport de mon enqu�te.
Nous le lirons calmement.
Donnez-moi votre avis.
Michelangelo Merisi,
dit le Caravage,
a un immense talent.
Cependant ?
Cependant...
Cependant ?
Attention � mon Saint Jean allong�, il m'a pris longtemps.
Bien s�r.
Fabrizio.
Tiens.
Ce sont le sauf-conduit et la gr�ce papale.
Tu iras par la mer, c'est moins risqu�.
Tu ne viens pas ?
Non, je m'embarque pour G�nes.
Je pars demain.
On se verra � Rome dans deux mois.
Prends soin de toi, mon ami.
Merci, Fabrizio.
Je t'en saurai gr� toute ma vie.
Du moins, ce qu'il m'en reste.
Tu auras une longue vie.
Tu continueras � nous r�jouir avec ton art.
Avant de m'embarquer, je veux aller � San Domenico.
Je vais Te quitter.
Je Te laisse seul sur cet autel.
Ne Le flagellez pas.
Ne Le livrez pas � Pilate.
Il a �t� crucifi�.
Ne m'abandonne pas.
Reste pr�s de moi durant ce voyage.
Emm�ne-moi avec toi, Michele.
"Heureuses encore une fois les oreilles qui �coutent,
"non la voix qui retentit au dehors, mais la v�rit�
"qui enseigne au dedans.
"Heureux les yeux
"qui, ferm�s aux choses ext�rieures,
"ne contemplent que les int�rieures.
"Heureux ceux qui savent p�n�trer
"ce qui est int�rieur
"et qui t�chent de se pr�parer de plus en plus,
"par des efforts quotidiens,
"� comprendre
"les secrets du ciel."
Je vous rencontre enfin,
Michelangelo Merisi.
Ces derniers temps, j'ai �tudi� votre vie
et vos �uvres.
Une vie de gibier de potence,
arr�t� et jug� je ne sais combien de fois.
Mais des �uvres sublimes.
Sortez � la lumi�re.
Je ne vous vois pas.
Qui �tes-vous ?
L'Ombre !
Mes hommes m'appellent l'Ombre.
Vos hommes ?
Vous �tes soldat ?
Je suis un serviteur de l'�tat.
Le pape souhaite que j'�value votre demande de gr�ce.
Ma gr�ce ? Elle m'a d�j� �t� accord�e.
Regardez.
Ce document est un faux.
Il n'a aucune valeur.
Nous l'avons cr��.
Mais j'ai un sauf-conduit.
Il n'y a aucun sauf-conduit.
J'ai interrog� vos amis
et vos ennemis.
Je connais tous les p�ch�s de votre vie, Michelangelo Merisi.
Pour ces p�ch�s, j'ai demand� le pardon.
Et pour les p�ch�s de votre art ?
Mon art n'a pas besoin d'�tre pardonn�.
En �tes-vous s�r ?
Dans le monde chr�tien,
il y a une collision totale
entre ordre
et d�sordre.
Dieu et le chaos.
Vous faites partie du chaos.
Je sais de quoi je parle.
Je me suis immerg� dans vos �uvres,
dans vos merveilles.
Je n'avais jamais rien vu d'aussi beau.
Mais vous semez le doute chez celui qui regarde
et l'�glise ne veut pas qu'on doute, mais qu'on croie.
- Je peins ce que je vois. - Je le sais.
Vous transformez gueux et voleurs en saints.
Les prostitu�es deviennent des Madones.
Vos jeunes amants deviennent des personnages bibliques,
mais demeurent des �tres moralement abjects.
Monsieur,
vous avez regard� mon art sans le voir.
Votre foi aveugle vous a band� les yeux.
Ces �tres abjects, comme vous dites, sont mon Dieu.
Vous �tes sacril�ge !
Sacril�ge !
Vous m�prisez le sacr�.
Les corps que je peins sont sacr�s.
Je le conteste !
Vous peignez le mal, la maladie, la mort,
la violence, la d�composition.
Je recherche de nouvelles formes, couleurs, pens�es.
Blasph�mes !
Vous niez l'existence de l'�glise,
mais elle existe !
Les nobles qui vous passent commande sont riches gr�ce � nous.
C'est nous qui payons vos toiles.
Les �glises qui les abritent sont � nous.
Les histoires que vous racontez sont � nous.
Tout nous appartient.
Nous d�cidons de tout !
Qu'attendez-vous de moi ?
Dites-le-moi.
Que vous renonciez � votre art.
Que vous arr�tiez de peindre.
Nous ne tol�rerons plus vos toiles dans nos �glises.
Vous ne peindrez plus.
La peinture, c'est ma vie.
Me l'enlever, c'est m'�ter la vie.
On le fait pour vous sauver.
J'ai compris.
J'ai compris, maintenant.
Vous avez peur de moi.
L'�glise de Rome a peur d'un peintre !
J'en suis navr�, vous avez compris mon art
et vous avez eu peur.
Mais une fois � Rome...
� Rome,
le bourreau vous attend, on peut l'�viter.
Vous �tes trop aim�,
on ne veut pas de martyrs.
Je souhaite vous sauver.
Je ne veux pas �tre sauv� par vous !
Je ne veux pas �tre sauv� par vous.
Je veux parler au cardinal Scipion Borgh�se.
Il n'est pas au courant de ma proposition.
Ils vous ont tous abandonn�.
La marquise Costanza, le cardinal Del Monte, tous !
Acceptez ma proposition.
Je ne reconnais pas votre autorit�.
Vous n'�tes rien.
Je retourne � Rome.
Je livrerai trois toiles au cardinal.
Quand je serai � Rome, je...
Tu ne me reconnais pas ?
Je suis le d�mon,
le chien enrag� que mon fr�re t'avait promis.
Toute ma vie, je me suis pr�par� � la mort.
Je d�fiais la mort.
Je jouais avec elle.
J'ai aim� chaque chose de ma vie,
violente,
pleine de fureur, de couleurs, d'amour.
� pr�sent,
il n'y a plus rien.
J'aper�ois une nouvelle lumi�re,
des mondes infinis,
des cieux infinis,
des univers infinis...
une divinit� infinie qui vit en tout
et un calme tr�s profond m'envahit.
On m'a ordonn� de me repentir.
Mais je ne sais de quoi me repentir.
Et je ne veux pas me repentir.
Sous-titres : Pascal Strippoli & Nelson Calderon
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.