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Pr�c�demment...
Si je reviens apr�s avoir disparu trois semaines,
je l'accepterai ?
Vous devez r�aliser un massacre.
22 morts.
Personne ne veut entendre �a de la part de Dieu.
Vous devez aider quelqu'un.
Je m'implique jamais.
Que dois-je faire ?
Donnez � votre vie la peine d'�tre v�cue.
C'est ce que vous vouliez. �tre aim�e.
Je pensais � un homme, quand j'ai fait ce souhait.
Le moment o� on passe de la stupeur � la douleur.
C'est la marque.
Cette dame a disparu.
Son mari en a parl� � la t�l�.
Elle est introuvable.
On est all�s chez elle.
Pour s'assurer de sa disparition.
- On a sonn�. - Le p�re a ouvert.
Il est rest� plant� l�.
On a dit qu'on �tait d�sol�s et qu'on voulait l'aider.
Il a laiss� la porte ouverte, alors on est entr�s.
Y avait une petite fille.
Elle allait mal.
Une attard�e.
- Sois sympa. - Elle est bizarre, c'est tout.
On a fait des affiches.
Si des gens la retrouvent gr�ce � �a...
�a compte ?
�a devrait.
Il faut que ce soit le plus public possible.
Dans la rue.
Je suis oblig�, �a fait beaucoup de gens � tuer.
- Vingt-deux. - Exactement.
Et puis, il me faut des t�moins.
Quand serez-vous pr�t ?
Tout �a, �a va marcher ?
Normalement.
- J'esp�re qu'ils souffriront. - C'est possible.
Je peux pr�ciser mon souhait ?
On recommence ? Nouveau souhait, nouvelle mission.
Non, j'ai d�j� commenc�.
Tant qu'ils disparaissent.
Parfait, alors.
Si je meurs...
- Si je meurs... - Avant de les avoir tu�s.
Apr�s.
Si j'ouvre le feu dans la rue...
- Bien s�r. - �a peut arriver.
�videmment.
- Quelqu'un pourrait... - Oui, c'est vrai.
Mais si vous tuez,
ou blessez mortellement 22 personnes...
� la seconde o� la 22e meurt,
votre souhait se r�alisera.
Je dois vraiment tout planifier.
Comme il faut.
Bouger vite.
Tirer rapidement.
Vous �tes tr�s enthousiaste.
Si vous pouviez sauver votre pays...
Si vous pouviez sauver le monde...
En d�barrassant la plan�te de ces gens...
Vous m'avez fait un cadeau.
J'�tais morte.
J'�tais l�.
Dans ma peau...
Je me souviens...
d'avoir �t� dans ce cercueil.
Et autour,
de la terre.
Vous l'avez imagin�.
Mourir.
Pourrir. Fusionner avec la terre.
Former...
Grimper...
Quoi, Melody ?
Le soleil.
De quoi parlez-vous ?
Des fleurs.
Un �clat de vie,
s'�levant vers la lumi�re.
C'est s�rieux.
Je suis all�e � des fun�railles.
Le cercueil �tait ouvert au fun�rarium.
J'ai rep�r� un gar�on.
Un adolescent.
Le fils de la d�funte.
Elle avait l'air serein dans son cercueil.
Les soucis ne l'atteignaient plus.
Mais son fils allait mal. Il �tait an�anti.
Il �tait en col�re.
Il se tenait � c�t� du cercueil.
On pouvait aller voir le corps.
Il restait plant� l�.
Tendu et immobile. Il la fixait du regard.
- Un d�fi pour vous. - En effet.
Vous m'avez dit de ne pas choisir quelqu'un qui pleure d�j�.
Mais rien ne m'emp�che d'aller pr�senter mes condol�ances.
Alors, j'y suis all�e.
Je suis devant le fils.
Il me fusille du regard.
Comme s'il savait ce que je faisais.
Et il me dit :
"Vous la connaissez pas !
"Vous l'avez jamais connue !"
Il ressentait les choses gr�ce � son chagrin.
Alors, j'ai dit :
"Non, je ne la connais pas.
"Mais quand j'ai vu ces fun�railles, j'ai d�cid� d'entrer.
"Mon p�re vient de mourir.
"Ma s�ur est en train de se d�truire.
"Et ma m�re est en deuil."
Il est rest� immobile.
Sans arr�ter de me regarder.
Et il a commenc� � pleurer.
Je ne sais pas pourquoi il n'a pu pleurer qu'avec moi.
Il a pleur� sur mon �paule pendant un long moment.
�a en fait donc un.
Vous avez commenc� ?
Oui, en effet.
Et quel client aidez-vous ?
Cheryl.
- C'est laquelle ? - Celle avec l'enfant malade.
Elle a quitt� sa famille pour trois semaines.
�a a l'air facile, compar� aux autres.
Elle le pensait aussi.
Elle souffre ?
Elle vient de commencer.
- Et alors ? - Elle est au plus bas.
Vous l'avez vue ?
Elle occupe un immeuble abandonn�.
Une d�rang�e garde l'endroit telle une gargouille.
- Comment l'aidez-vous ? - Je lui ai apport� � manger.
Vraiment ?
Elle vous parle,
quand vous venez ?
Parler... Eh bien...
Elle tient le coup.
Elle est tr�s inqui�te. Surtout pour eux.
Et pour elle.
Vous lui avez parl� ?
Oui, j'ai essay�.
Pour la calmer.
�a a march� ?
Qui sait quel effet peuvent avoir les mots ?
On a rencontr� une femme.
Une sans-abri triste.
- Elle habite un b�timent abandonn�. - Int�ressant.
Elle �tait assise l�.
Le regard dans le vide.
On passait par l�.
Avec Bobby, on collait des affiches.
On lui a parl�.
Mais elle n'a pas r�pondu.
Elle fixait le sol des yeux.
- Bobby l'a trait�e de folle. - L'�tait-elle ?
�a m'a fait r�fl�chir.
Est-ce qu'elle avait des enfants ? Enfin, vous voyez.
Je vois.
Mon p�re me manque.
Pourquoi ?
C'est mon p�re.
Comment �tait votre p�re ?
On est pas l� pour parler de moi.
Il vous aimait ?
� sa fa�on.
C'est bien.
J'irai revoir la dame.
- Celle du b�timent ? - Oui.
Pourquoi ?
Elle avait l'air seule.
Avec Bobby ?
Je pense pas.
Merci pour le soda.
Un gars m'aide pour mon jardin.
Il travaille au magasin o� j'ai achet� mes graines.
Il sait plein de choses. Il lit beaucoup.
Il est triste.
Le savoir ne fait pas tout.
Il est gentil.
Vous maintenez votre souhait ?
J'arr�te pas de penser � elle. � cette fille.
Et vous, alors ?
- Pourquoi �tes-vous l� ? - J'en sais rien.
Vous voulez rien me dire.
Je vois d�j� comment �a va se passer.
Le massacre ?
Non, apr�s �a.
La disparition de ces gens.
De leur foi.
Racontez-moi.
Le monde entier va s'embraser.
Quand j'aurai termin�.
Je ne sais pas comment ni pourquoi,
mais c'est clair dans ma t�te.
�a commencera quand je ferai feu.
Puis partout ailleurs, il y aura d'autres fusillades.
Des petites, pour commencer. Personne n'y fera attention.
�a arrive tous les jours.
Puis �a deviendra autre chose.
On aura jamais rien vu de tel.
Vraiment ?
Vous savez de quoi je parle.
En effet.
Ce sera notre petit secret.
Vous �tes le messager de Dieu.
Et vous me donnez ma chance.
Je ne vois que �a.
Vous �tes l� pour m'aider � sauver le monde.
Pr�venez-moi quand vous pourrez vous d�voiler.
Plus qu'un !
Avant l'amour.
J'ai un dilemme, avec mon neveu.
J'aimerais vraiment tout arr�ter.
Mais il est tellement empli d'amour...
Tout ce que j'ai d� faire valait vraiment le coup,
gr�ce � lui.
Mais je veux arr�ter.
Alors, arr�tez.
J'ai presque termin�.
C'est bien connu, fournir un ultime effort,
alors que la fin est proche, c'est le plus difficile.
Je n'aime pas faire �a.
Je n'aime pas ce que �a me fait ressentir.
Mais j'aime ce que j'y gagne.
J'en ai assez de faire des concessions.
Et ce serait quoi, le contraire ?
La certitude.
Je suis sorti me balader.
� la recherche de Dieu.
Si vous me le demandez, c'est que c'est faisable.
C'est juste.
Mais j'ignore ce que vous entendez par "Dieu", "Lui" ou autres.
Ce que je dois servir.
Cette puissance sup�rieure.
Je suis donc sorti.
Jusqu'� un parc.
Il y a des boutiques et des restaurants.
Je suis sur un banc.
Il fait beau. Il y a des arbres, des enfants.
J'observe.
Des parents, des p�res, des fils, des m�res...
Ils se prom�nent devant moi.
Et un mec s'assoit � c�t� de moi.
Il observe les gens, lui aussi, sauf qu'il est diff�rent.
Son regard est intense et ac�r�.
Compar� � quoi ?
Au mien.
La torpeur.
La confusion dans laquelle je nage depuis bient�t 15 ans.
Ce type arbore un grand sourire.
Et il me regarde,
comme si on pr�parait un coup ensemble.
"Je cherche Dieu."
Je lui ai balanc� �a.
Et il me dit que j'y suis presque.
Qu'il est tout proche.
Que je dois simplement l'accepter.
Je lui dis que j'y crois pas.
Il me demande si je suis pr�t � y croire et � l�cher prise.
Je r�ponds que non. Il me dit que c'est le probl�me.
Et il continue � me regarder.
Il m'observe de haut en bas.
Comme s'il voulait d�terminer mon camp.
Quel camp ?
J'en sais rien.
On se serait cru dans un film d'espionnage.
Comme si j'�tais un agent double envoy� pour le descendre.
Et je r�alise que ce mec y croit.
Il y croit vraiment.
C'est un croyant.
Un vrai croyant.
Alors, j'ai d�cid� de me pi�ger.
Vous pi�ger ?
�a marcherait, non ?
Si je trouve Dieu et que je d�cide de le suivre.
Qu'il existe ou non.
Mais si j'y crois vraiment...
Si j'agis en cons�quence, �a marchera ?
Vous avez dit : "D'une fa�on ou d'une autre."
En effet.
Une femme est venue au magasin acheter des graines.
Elle ne savait pas quoi prendre.
Elle voulait juste des fleurs.
Les gens ne pigent rien aux fleurs.
Ils les trouvent jolies.
- Elles ne sont pas que jolies. - Non.
Les fleurs se nourrissent de la mort. La pourriture est leur engrais.
Elles fleurissent pour plaire.
Pour r�pandre du pollen.
Pour donner la vie.
Pour que la mort puisse revenir.
Je crois que je l'ai marqu�e.
Comment �a ?
Je sais pas.
C'est un truc invisible.
Invisible...
Comme si, avec ces fleurs, je lui avais fait un pr�cieux cadeau.
Des fleurs, hein ?
Vous me dites pas tout.
Je lui ai parl� de mon p�re.
Je lui ai parl� de ce que j'avais ressenti.
Du fun�rarium et de ma m�re.
Je sais m�me pas comment c'est arriv�.
C'est comme si...
elle m'encourageait � me confier.
Juste en �tant patiente.
Je lui ai racont� des choses importantes.
Et je l'ai marqu�e.
Elle m'a marqu�.
Je vois �a.
Et c'est r�ciproque.
Je suis all� voir la dame.
Je suis rest� longtemps avec elle.
Pour qu'elle soit moins seule.
Elle n'est pas folle ?
Je sais pas.
Et �a n'att�nue peut-�tre pas la solitude.
C'est vrai.
J'ai regard� la fen�tre de l'�tage.
J'ai vu quelque chose.
Un mouvement.
Alors, je me suis recul�.
Et j'ai vu un visage qui s'est vite cach�.
Je suis entr� et je suis mont�.
C'�tait vide.
Certains murs �taient d�truits. C'�tait poussi�reux.
Je marchais doucement.
J'entendais rien, mais j'ai continu�.
J'ai trouv� une femme effray�e qui cherchait � se cacher.
C'�tait la dame.
Celle des affiches.
- Tu l'as trouv�e. - Elle m'a fait signe.
Je lui ai r�pondu.
On s'est observ�s pendant un moment.
Elle a dit :
"Ne dis � personne que je suis l�."
J'ai demand� :
"Pourquoi abandonner votre petite fille ?"
Elle a r�pondu :
"Je cherche un moyen de l'accepter telle qu'elle est."
Je me suis assis sur un seau qui �tait dans la pi�ce.
Et j'ai dit :
"Je ne dirai rien, tant que vous ne serez pas pr�te.
"Mais en �change, je veux �tre celui qui vous ram�ne."
Et tu es parti ?
Non, on a discut� longtemps.
On a parl� de mon p�re.
Selon elle, ils ne font pas expr�s d'�tre de mauvais parents.
Ils font de leur mieux.
Mais parfois,
leur mieux, c'est d'�tre affreux.
On a encore parl�.
Et je suis parti.
Je l'ai laiss�e l�.
Tu n'as dit � personne o� elle se trouvait ?
Il te suffisait de le faire pour retrouver ton p�re.
Elle m'a dit d'attendre.
Alors, j'attendrai.
Elle pourrait ne pas tenir sa promesse.
Elle veut devenir une bonne m�re.
Je peux pas emp�cher �a.
Je voulais vous parler.
Oui, quoi ?
Ma m�re...
Je sais comment la rendre heureuse.
Vous avez fait pleurer quatre autres personnes ?
J'ai essay�.
Je lui ai racont� des histoires.
Vraiment ?
Je lui ai racont� l'histoire d'un homme
qui reste assis au fond d'un restaurant.
Et qui peut r�aliser tous mes souhaits.
On dirait une histoire effrayante.
Pas comme je l'ai racont�e.
C'est-�-dire ?
Je lui ai racont� que j'�tais all�e au zoo,
pour faire pleurer un enfant.
Mais qu'il m'avait frapp�e.
Que j'ai pinc� un b�b� pour qu'il pleure,
mais qu'il m'a souri.
Que j'ai voulu briser le c�ur d'un homme qui m'aimait,
en lui disant que je ne voulais plus le voir.
Mais qu'il m'a largu�e avant.
Je lui ai racont� une dizaine d'histoires.
Sur ma tentative de sauver le monde en faisant pleurer des gens,
et que j'avais �chou�.
Et ma m�re a ri.
Beaucoup.
Elle a pris ma main, elle �tait heureuse.
Elle pense que vous �tes le diable.
Elle a peut-�tre raison.
J'ai eu ce que je voulais.
J'esp�re que vous y arriverez aussi.
Pourquoi croyez-vous que je veux quelque chose ?
C'est notre raison d'�tre.
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