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Original subtitles

On reprend du début. Au sixième temps, d'accord ?

Un, deux, trois, quatre. Un, deux...

Être sur le fil, c'est vivre. Le reste n'est qu'attente.

- C'est très théâtral, Joe. - Oui, je sais.

- C'est de toi ? - J'aimerais bien.

- Ça te plaît ? - C'est pas mal.

Que le spectacle commence !

On dit que les néons illuminent Broadway

On dit qu'il y a de la magie dans l'air

Mais quand on descend Broadway

Le ventre vide

les flots de lumière s'évanouissent et on n'est plus nulle part

On dit que je ne ferai pas long feu à Broadway

Que je prendrai le car pour rentrer au pays Tout le monde le dit

mais on se trompe, moi je le sais !

Je sais faire chanter ma guitare

et je m'accrocherai pour devenir une star

à Broadway

On dit que je ne ferai pas long feu à Broadway...

Automne ?

- C'est ton vrai nom ? - Oui.

- Tu ne veux pas le changer ? - Si vous m'engagez, je le changerai.

Victoria Porter. C'est ton numéro personnel ?

- Tu étais dans The Wiz ? - Je n'ai jamais joué dans un spectacle.

J'ai besoin de travailler, alors j'ai menti.

Moi aussi, je mens sans arrêt.

Ce connard me prend jamais.

Ce connard m'a sautée, et il me prend pas non plus.

- Tu étais dans Traffic Jam ? - Oui.

- Qui a mis en scène Traffic Jam ? - Vous, M. Gideon.

- Comment étais-je ? - Génial.

- Et qui a fait la chorégraphie ? - Vous, M. Gideon.

- Comment étais-je ? - Fantastique.

Voilà comment obtenir le boulot.

Il la prendra pas, j'espère. Elle est laide comme une planche à pain.

C'est "plate" comme une planche à pain.

- T'y connais quoi, toi, en nichons ? - Silence, vous deux.

Je vous remercie. C'était une superbe audition. Restez alignés.

Voilà ce que j'appelle un nez de poivrot.

Et tu t'y connais car tu en es un, n'est-ce pas ?

- Oui. - Et tu te gaves d'amphés ?

- Oui. - Et tu couches avec un tas de femmes.

- C'est repoussant, hein ? - Au contraire.

Je choisirai les hommes plus tard. Pour les filles, je veux

Candy, Casey, Rima, Jennifer et Victoria Porter.

- Celle en collant rose vif ? - Vois s'ils acceptent d'être doublures.

- Elle chante faux. - T'as vu ses jambes ?

Joey, j'aimerais qu'on revoie ton planning.

- On garde le même. - Joey, peut-on discuter une minute ?

- Joey... - Qu'y a-t-il ?

- Tu m'as encore laissé sans soprano. - Paul, laisse-moi régler ça.

- Et Diane ? - Quoi, Diane ?

Je l'ai eue trois fois. Elle est super.

Elle sait chanter. Tu n'as pas pris de soprano. Il me faut un soprano !

Messieurs, M. Gideon...

Le danseur avec les yeux fardés. Crois-moi, il te poussera le contre-ut.

Les cinq à qui Murray parle sont celles que j'ai choisies. Ça vous va ?

La grande, Victoria : je l'aime bien, papa.

Elle est pas mal.

J'ai foutu mon mariage en l'air.

Parce que j'étais infidèle. Je la trompais à la moindre occasion.

Ça te va, Audrey ?

Bien sûr. Et pour ce week-end, avec Michelle ?

Oh, mon Dieu. J'ai oublié. Faut que je travaille, ce week-end.

Joe, tu lui avais promis.

Je sais, mais que veux-tu que j'y fasse ?

C'est pas grave.

- Désolé, Michelle. - Ça fait rien.

Je vais en salle de montage.

Il m'avait promis.

- Un père lamentable. - La famille ?

- Un fiasco. - Le travail ?

Il n'y a que ça.

Si j'étais Dieu... Et parfois je crois que je le suis...

Ça dépend de ce que j'ai fumé...

Si j'étais Dieu, on vivrait tous éternellement.

Fini, la mort. Plus personne ne casse sa pipe.

Sauf mon agent, qui me fait jouer dans ce taudis...

Pourquoi avale-t-il les mots ?

Car j'ai été assez crétin pour le laisser faire ça.

- Essaye. - La mort et la chaude-pisse.

Jusqu'à présent, j'en ai évité une.

La mort est à la mode, vous savez.

Mais chacun la voit différemment.

Pour les catholiques, la mort est une promotion.

Excuse-moi, Stacy.

Les femmes ?

L'espoir ?

On parle toujours de "mourir dignement".

C'est quoi, mourir dignement ? Ne pas baver.

Changement d'atmosphère. Spécial dédicace, Vic O'Dante.

La beauté ?

Quel dragueur tu fais.

La mort est branchée

Écoutez les cloches sonner

J'adore, j'adore, j'adore !

Livres, magazines, télé, Ken et Barbie signant un pacte suicidaire...

Combien de fois doit-on se taper ce truc ?

Jusqu'à ce qu'il soit satisfait.

Une dame à Chicago a écrit un bouquin. Le Dr Kübler-Ross, avec un tiret.

Cette nana, sans être elle-même passée par la mort,

affirme qu'elle se décompose en cinq étapes :

Colère, refus, marchandage, dépression, acceptation. Ça fait pool d'avocats juifs.

"Bonjour. Colère, Refus, Marchandage, Dépression, Acceptation."

Colère.

Mon Dieu ! Putain de bordel de merde, bande de connards !

Oh, peuh !

Marchandage. Non. Colère, refus, marchandage, dépression, acceptation.

Très bien. On en arrive au refus...

"C'est pas mon tour. C'est à quelqu'un d'autre, mais pas à moi."

"Non, il y a erreur... Pourquoi pas ma mère ?"

"Elle est vieille. Je suis sevré. Salut, maman. T'as été super. Je t'aime."

- Mais pas moi ! - Ta mère ?

Plutôt ronde. Et gaie.

Et sexy.

Marchandage. Vous vous en souvenez ?

"Peut-on s'asseoir et en discuter en hommes d'affaires ?"

"On négocie. Fini, les drogues dures. Un peu d'herbe, c'est tout. D'accord ?"

"Je jouerai plus les exhibitionnistes dans le métro."

Il est dur en affaire. Dépression...

- Salut, Katie. - "Je meurs !"

"Oh, mon Dieu. Je meurs !"

On dîne ensemble avant mon spectacle ?

- Je peux pas. - "Mon médecin ne meurt pas, lui."

- Je passe chez toi, après ? - D'accord.

- Père ? - Menteur, coureur. Il t'aurait plu.

Attends. Je ne sais pas. On risque de bosser tard.

- Ça fait rien. - On en reparle plus tard.

"À ce prix-là, qui peut se permettre de vivre ?"

Ensuite... Acceptation.

- "J'accepte !" - Arrêtez.

- Arrête. - Tu veux le revoir ?

Non, je ne veux pas le revoir. Nous avons terminé.

- Des suggestions ? - J'ai trouvé ça vraiment drôle.

On t'a sonnée, Stacy ?

C'est trop long... Je sais pas. Ça passera peut-être.

Vous croyez que Kubrick déprime parfois ?

- Tu viens travailler, ce soir ? - Non, je dois bosser sur le spectacle.

Toi, tu n'es vraiment pas comme les autres.

Tant mieux...

Tant mieux !

Je voudrais tellement devenir une star de cinéma.

Depuis toute petite,

je voulais voir mon visage sur un écran de 12 mètres de large.

Ah oui ?

"J'ai toujours eu foi dans la bonté des inconnus."

Tu regardes mon nez, hein ? Il est de travers.

Il part vers la gauche. Tu vois ?

Je pourrais faire réparer ça. Comme ça.

Tu crois que je pourrais en être une ?

Tu sais, une star de cinéma. Sur le grand écran.

Eh bien, c'est...

Personne ne peut répondre à cette question.

C'est un milieu très spécial, tu sais.

Je suis au courant de tout ça, mais je veux savoir ce que tu en penses.

Tu crois que je pourrais devenir une star ?

Non.

Même avec une opération ?

Au moins, c'est franc.

Tu l'as dit, c'est un milieu spécial. Mais tu pourrais te tromper, non ?

Oui.

Et je danse pas si bien que ça, hein ?

Ça viendra. Je te le promets.

Tu veux aller te coucher ?

Oui.

Je suis désolée. Je suis vraiment désolée.

- Katie ! - J'aurais dû appeler avant.

Oh, merde.

- Est-ce que j'ai fait foirer un truc ? - Non, c'est moi.

Je voulais l'appeler.

Ça, c'est un beau morceau.

Je suis la mère de Joey.

Il en pince pour vous depuis qu'il est haut comme ça.

Moi aussi, j'ai toujours bien aimé Joe.

C'était le plus facile de mes enfants.

Il travaillait dans des boîtes de strip-tease.

Toujours entouré de filles entièrement nues.

Est-ce que ça le gênait ? Non.

Il ne faisait jamais attention. Il ne les regardait même pas.

Amatis, tu aimes. Amant, ils aiment.

C'est quoi, comme langue ?

Ce n'est pas une langue. C'est quelques gags sur lesquels je bosse.

"Pu... Pu..."

Puella. Fille.

"Latin, première année" ?

C'est à mon petit frère.

- Quel âge as-tu ? - Dix-neuf ans.

Mais oui. En quelle année es-tu né ?

1930...

- Essaye 1934. - Oui. 1934.

1935 ?

1935, oui.

Maintenant, essaye 1492.

À plus tard, petit.

On pourrait peut-être prendre un verre ensemble ?

D'accord.

Nos serveuses sont petites. C'est pour que les verres aient l'air plus grands.

Ma préférée. J'aime les superbes pourliches.

Comme j'ai des problèmes, je suis allé chez le psy.

Je lui ai dit "Je veux me suicider". Il a répondu "Alors, vous payez d'avance."

J'ai pas besoin de faire ça pour vivre. J'ai quatre chinchillas en chaleur.

De l'argent, j'en fais. Le problème, c'est de l'écouler.

C'est de l'écouler. Il est branché ?

Latin première année !

Il est trois heures du matin. Tu devrais pas être au lit ?

Inutile de rire. Je me contenterais d'acquiescements. De clins d'œil.

Arrête de mentir, ou ton nez va s'allonger !

Quelque chose s'allonge !

Le batteur est marié depuis 14 ans.

14 ans, pas d'enfants. La belle-mère est stricte.

Maintenant, mesdames et messieurs, voici le roi des claquettes,

- je vous présente M. Joe Gideon ! - C'est à toi.

Joey ne m'a jamais déçue.

Que le spectacle commence.

- Tu crois en l'amour ? - Je crois au fait de dire "Je t'aime".

Ça aide à se concentrer.

Joe, ils m'ont demandé de partir en tournée.

Combien de temps ?

Six mois. Qu'en penses-tu ?

- Et tu le dis tout le temps. - Je le dis beaucoup.

- Quand ? - Quand ça marche.

Je t'aime, Katie, mais ta carrière passe avant tout.

- Qu'entends-tu par là ? - Parfois, ça ne marche pas.

Dans ton intérêt, je crois que tu devrais partir.

Allô, Michael ? C'est Katie.

T'étais sérieux pour l'invitation à dîner ?

Chez Wally, à onze heures ?

Tu es surpris ? Moi aussi.

Merci. D'accord, Michael. Au revoir.

Moi aussi, je suis surpris. C'est formidable, on est tous surpris.

- Qui était-ce ? - Michael Graham.

- Qui est-ce ? - Il est dans mon cours de danse.

Homo ou hétéro ?

Comment ça ?

Il veut s'envoyer en l'air ou il cherche l'homme de sa vie ?

Il est hétéro.

Et grand.

Michael Graham est très grand.

Bon sang !

Tu oses utiliser mon téléphone pour appeler un mec hétéro ?

Toi, tu peux sortir avec un tas de filles...

Oui. Avec un tas de filles.

Mais c'est avec toi que je suis.

Joe, c'est injuste... J'ai renversé le café...

C'est mal. C'est n'importe quoi.

Tu lui imposais de drôles de règles.

Oui, je sais.

Mais tant que ça marchait...

Oui.

Je ne veux pas de Michael Graham. Je ne veux ni rendez-vous, ni baratin.

Je ne veux ni couchailler, ni jouer, ni me bagarrer.

Je veux tout simplement pouvoir t'aimer.

Katie...

Je te donne tout ce que je peux.

Oui, tu donnes. Des cadeaux, des habits...

Je voudrais seulement

que tu sois moins généreux avec ta queue.

C'est bon, ça.

Il va falloir que je le replace.

Katie. À propos de la tournée... Je ne crois pas que tu devrais y aller.

Le ton n'y est pas.

Doucement, et avec le cœur.

N'y va pas.

S'il te plaît ?

- Pourquoi a-t-elle supporté ça ? - Il y a des tas de raisons

- de vouloir être avec toi. - Ne baratine pas un baratineur.

Décollez avec nous ! Décollez avec nous !

Les moteurs tournent ! Décollez avec nous...

New York Los Angeles

C'est le pied

C'est chouette C'est planant

C'est le septième ciel

C'est très bien !

On pourrait proposer ça à une compagnie aérienne.

- Tu crois ? Génial. - Audrey ?

Eh bien, demande à...

Oui, c'est pas mal.

Je vais voir ce que je peux en faire.

C'est le numéro qu'il nous faut. Ça swingue, ça balance.

- Oui, ça swingue. - Tu nous le refais ?

- Ça me plairait beaucoup. - Oh ! Arnie...

Tournez. Putain de musique.

- Tournez. - Cambrez-vous. Tendez la jambe droite.

Faites redescendre votre partenaire. Glissez.

Glissez !

As-tu déjà couché avec une autre femme ?

J'ai déjà vécu avec deux filles à la fois.

- On vivait ensemble. - On riait ensemble.

- On buvait ensemble. - On fumait ensemble.

On couchait ensemble.

Un matin, l'une d'elles était partie.

Elle avait laissé un mot sur le bureau.

Je suis désolée. Je ne veux plus te partager.

Je veux tout ou rien.

S'il te plaît, essaye de comprendre.

Non seulement je comprenais, mais j'étais flatté.

J'étais flatté qu'elle tienne autant à moi.

Tu es sûr que le mot était pour toi ?

C'est pas mon tour.

C'est pas à moi.

- C'est quoi, Eddie ? - Demandez-lui.

Joey, il faut qu'on discute de tes heures sup.

Ça fait 3 semaines en triple salaire. La direction va m'arracher les yeux.

Le tournage a duré 82 jours au lieu de 65.

Et le montage dure depuis sept mois.

On a dépassé le budget de 2,2 millions.

Dieu a créé le monde en six jours sans être obligé de faire des heures sup.

T'es pas foutu de monter un film d'1 h 30 en sept mois ?

Je n'aime pas faire ça. D'habitude, je suis calme,

mais cette histoire me rend complètement dingue.

Je dois mettre le holà. Joey, il faut arrêter ça.

Il faut absolument que ça s'arrête !

Il faut que ça cesse, un point c'est tout !

Josh, j'ai fait quelques changements. Tu vas aimer. Je file en répétition.

À ce prix-là, qui peut se permettre de vivre ?

- Ravi de t'avoir parlé, Josh. - J'accepte !

C'est pas vrai. C'est mieux.

- Mon Dieu. - Attendez. Un vrai cadavre.

C'est mieux.

C'est pas mal. Ça me plaît. On reprend, à genoux, alignés.

Allez. En place, Victoria.

- Et chantez. C'est parti. - Cinq, six, sept...

Et tous les fauteuils sont en première classe

Deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit. Et ça me plaît pas.

Double le tempo.

- C'est quel bouton ? - Le blanc, en bas.

C'est nul. Jouons à autre chose. Sois gentille, enlève tes chaussures.

- C'est quoi ? - Un bonbon à la menthe.

- Je peux en avoir un ? - Tu n'aimerais pas ça.

J'ai une idée.

Tiens-toi là, puis saute sur mon épaule.

Dis donc, tu deviens lourde.

Très bien. Arabesque. Voilà.

- Comment ça va, à la maison ? - Pas mal.

Bien, cambre le dos.

- Tu veux me dire un truc ? - J'ai promis de pas en parler.

Tu en parleras de toute façon.

Assise. Tu peux tout me dire.

Tends tes poignets. Prête ? Saute.

- C'est juste que je me demande... - Plie les genoux.

Qu'est-ce que tu te demandes ?

Pourquoi tu ne te remaries pas ?

Fais tourner ta tête.

Je ne me remarie pas car je ne déteste personne assez

pour lui infliger cette torture.

Pourquoi n'épouses-tu pas Katie ? Elle est super.

Fais tourner ta tête.

Tends la jambe. Oui, c'est vrai.

Elle est super. C'est pour ça que je ne l'épouserai pas.

Va dans le coin. Saute et je te rattraperai.

Et Victoria ? Elle ne t'emballe pas.

Cours et saute. Laisse tomber. Allez.

- Et la blonde ? - Quelle blonde ?

Celle de Philadelphie qui est à la télé. Celle dont maman parle sans arrêt.

Ah, cette blonde-là.

Saute et mets tes jambes autour de moi.

Autour, c'est ça.

Pourquoi veux-tu que je... Suis ma main.

Pourquoi veux-tu que je me remarie ?

Pour que tu sautes plus tout ce qui bouge.

Hé ! En voilà un vocabulaire !

- Merde. T'as vu l'heure ? - On peut pas rester un peu plus ?

- Non, ta mère me tuerait. - Mais on s'amuse tellement.

C'est hors de question. Arrête de serrer les jambes.

- S'il te plaît ? - Non, non, et non.

Si tu te remariais, tu pourrais me donner un petit frère.

Je te louerai un frère chez Hertz.

- Très drôle. - Voilà que toi aussi tu critiques.

Que le spectacle commence.

Que le spectacle commence.

Cinq, six, sept, huit.

Arrête de sourire. Cambre.

Arrêtez. Candy, Casey, très bien.

Tu vas le refaire, Victoria. Gary, Danny, allons-y.

Arrête de sourire. C'est pas une pièce de fin d'année.

Cinq, six, sept, huit.

Arrêtez.

Le poids sur la jambe droite.

Tends ton pied gauche.

Baisse l'épaule. C'est pas si dur que ça, non ?

On reprend.

Cinq, six, sept, huit.

Cambre, Victoria.

Cambre !

Arrêtez.

- Excuse-moi. - Non, c'est vrai. Je suis nulle.

Je le sais. Quand je me vois dans la glace, j'ai honte.

Je devrais peut-être abandonner. Je suis incapable de réussir quoi que ce soit.

J'ignore si je peux faire de toi une grande danseuse.

Ou même une bonne danseuse.

Mais si tu essayes et si tu ne baisses pas les bras,

je peux faire de toi une meilleure danseuse.

Et ça me plairait beaucoup.

Tu restes ?

Tu continueras à me crier dessus ?

Probablement.

Cinq, six, sept, huit. Un et deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.

C'est mieux.

Inspirez profondément. Encore une fois.

Retenez votre souffle.

Vous pouvez vous retourner.

Inspirez profondément.

Encore une fois.

Très bien, vous pouvez vous rhabiller.

Eh bien, docteur ? Il a réussi ?

Je vaux un million de dollars.

Si tu meurs avant le 1er février.

Goldie, toi et ton calendrier.

Peut-on vous inviter à déjeuner ?

Et tous les fauteuils sont en première classe

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.

Non, ce n'est pas bien. Essayons ça.

- Mesure 412. - Je fais la même chose ?

Oui, mais je suis derrière toi.

Essayez tous. Choisissez un partenaire.

On y va. Prêts ?

- Encore une fois. - On reprend.

Prêts ?

OK.

- Allez. Encore une fois. - Je dois sortir d'ici. Je reviens.

- Qu'en penses-tu, Paul ? - J'adore.

Non. Ça fait mielleux.

Oh, merde.

Je ne peux pas retourner là-bas, pas devant ces danseurs.

Je suis bloqué. Ils me regardent, et rien ne sort.

- Ce numéro est nul. - Ma chanson est nulle ?

Non, pas la chanson. Moi. Ma mise en scène.

- On devrait peut-être la sucrer. - La sucrer ? Je vais prendre l'air.

Paul, reste ici. Reprends à la mesure 17.

Et...

Tu as entendu ? Rien ne sort.

Ne t'en fais pas, Paul. Il dit la même chose à chaque spectacle.

Comment peux-tu savoir ce que je dis ?

- Je ferais mieux de vous laisser. - Continue, Paul.

Je fais ce foutu spectacle parce que tu veux jouer cette idiote de 24 ans.

Je savais que tu dirais ça tôt ou tard. Tu me trouves trop vieille pour le rôle.

Eh bien, tu as tort.

Je peux jouer des filles de 24 ans et je le prouverai.

Tu veux abandonner ? Abandonne.

Je ne t'oblige à rien.

Mais ne te leurres pas : tu fais ce spectacle parce que tu te sens coupable.

Coupable ? Coupable de quoi ?

De ne m'avoir jamais été fidèle.

Ah, coupable de ça.

La fidélité. Tu n'as que ce mot à la bouche.

Pourquoi es-tu si mesquine ?

Qui me dit que toi tu étais fidèle ?

- Tu sais que je l'étais. - Oui, c'est vrai.

- Tu l'as fait exprès. - Oui.

Tu me faisais constamment travailler. Je n'avais pas l'occasion de te tromper.

Pourquoi cette obsession de la fidélité ?

Qu'est-ce qui en fait la plus grande vertu au monde ?

Excuse-moi.

C'est largement mieux

que les histoires sans intérêt que tu accumules.

Ces Stacy, ces Victoria...

Même Michelle n'est pas dupe de Victoria.

- Tends cette jambe. - Elle ne pourrait être plus tendue.

Les Bonnie, les Wendy, les Debbie, les Donna...

Je ne me souviens plus de tous leurs noms. Aide-moi.

Continue, Paul.

Toi aussi, tu as oublié. Comment s'appelait celle de Philadelphie ?

La blonde qui bossait à la télé ?

La blonde de Philadelphie qui bossait à la télé ?

Je me rappelle son nom car cette fille comptait pour moi.

La blonde qui bossait à la télé s'appelait Chérie.

- Adorée ? - Non.

Poupée ?

J'ai oublié son nom.

Dorothy.

- Dorothy. - Et alors ?

J'ai oublié son nom.

Ton numéro a de la gueule.

Continue à travailler.

- Il va sucrer mon morceau ? - Ça m'étonnerait, Paul.

Il va le sucrer.

Mon Dieu, cet homme va me rendre dingue.

Que le spectacle commence.

Ce n'est pas encore prêt.

Paul, ce n'est pas vraiment ce qui était prévu.

- C'est un peu différent. - Tu ne peux pas faire ça ailleurs ?

Je vous le montrerai dans cinq minutes.

Je vais prendre un verre d'eau.

Décollez avec nous

Décollez avec nous

Les moteurs tournent

Décollez avec nous

New York Los Angeles

Rencontrez nos hôtesses

Montez à bord

Laissez-vous porter avec grâce

Nous vous présentons notre équipage

À vos petits soins depuis le décollage

Découvrez sur notre compagnie

Un choix de siège à l'infini

Et tous les fauteuils sont en première classe.

Là-haut, où les nuages sont moelleux

Vous approcherez des cieux

Dans le calme et la volupté

Voici de quoi vous restaurer

Oubliez votre poids

Essayez tous nos plats

Essayez-les tous

Essayez-les tous

La musique va commencer

Laissez-vous bercer

Laissez-vous entraîner

C'est le pied

C'est chouette

C'est planant

C'est le septième ciel

Dans le calme et la volupté

Merci, mais ce n'est pas terminé. Murray ?

Fumée, fumée...

Les lumières s'éteignent et un spot s'allume.

Bienvenue à bord d'Air-Rotica.

Décollez avec nous

Vous irez non seulement d'Est en Ouest,

mais partout où vos désirs et vos fantasmes

vous emmènent.

Faisons tous connaissance.

- Nous pouvons vous emmener... - Ils enlèvent leurs vêtements.

Tendez-vous la main et faites les présentations.

- Je m'appelle Sandahl. - Je m'appelle Automne.

- Je m'appelle Jennifer. - Je m'appelle Rima.

- Gary. - John.

C'est foutu pour le grand public.

- Je suis Candace. - Je suis Jennifer.

- Je suis Rima. - Je suis Danny.

- Je suis Automne. - Je suis Sandahl.

- Je suis John. - Je suis Gary.

Venez avec nous. C'est fou, fou, partouze.

Jamais Sinatra ne l'enregistrera.

Puis un comédien vient des coulisses et dit...

- "Pas une fois, au cours de nos vols..." - Au revoir.

- À plus tard. - J'espère qu'on se reverra.

"...de la vraie communication."

- Eh bien... - Au revoir.

"Notre devise : nous vous emmenons partout, mais ça ne mène nulle part."

Je ne veux pas le blesser, mais on ne peut pas montrer ça sur scène.

Faites une pause.

Alors ?

Eh bien, c'est...

intéressant.

Oui, très intéressant.

Ça vous a plu ?

- C'est original. - Très original.

Je ne crois pas que ça leur ait plu.

Qu'en penses-tu ?

J'ignore comment réagira le public, mais c'est ce que tu as fait de mieux.

Espèce de salaud.

Mon Dieu. Le sexe, le sexe, le sexe. Il lui arrive de penser à autre chose ?

C'est une maladie.

Ce que je fais n'est jamais assez bien.

Ce n'est pas assez beau, pas assez drôle, pas assez profond...

Ça manque toujours de quelque chose.

Quand je vois une rose, je me dis qu'elle est parfaite.

C'est parfait. Je veux demander à Dieu "Comment fais-tu des trucs pareils ?"

- "Pourquoi je n'y arrive pas, moi ?" - Une vraie réplique de baratineur.

N'empêche que j'étais sincère.

Si j'étais Dieu...

Et parfois je crois que je le suis...

Ça dépend de ce que j'ai fumé...

Si j'étais Dieu, on vivrait tous éternellement.

Fini, la mort. Plus personne ne casse sa pipe.

La mort est à la mode, vous savez.

La mort est branchée.

Livres, magazines, télé, Ken et Barbie signant un pacte suicidaire...

Je les ai enterrés dans une boîte.

Un type en a acheté une paire. La nécrophilie pour poupées le branchait.

Chacun son trip...

- Très bien, petite. - C'est super.

Une dame à Chicago a écrit un bouquin. Le Dr Kübler-Ross, avec un tiret.

Cette nana, sans être elle-même passée par la mort,

affirme qu'elle se décompose en cinq étapes.

Colère, refus, marchandage, dépression, acceptation.

- C'est ça. - Ça fait pool d'avocats juifs

- On a le temps de changer des trucs ? - Pas si on le projette ce soir.

- On ne peut pas projeter ça. - Je suis d'accord.

- Ça fera un bide. - Tu le penses vraiment ?

Explique-leur que le montage n'est pas terminé...

- Invente n'importe quoi. - Pourquoi ne le dis-tu pas, toi ?

- Je n'y serai pas. - Tu ne viens pas ? Où vas-tu ?

Je vais me cacher pour boire ou vomir. Ou les deux.

On reprend le montage lundi matin.

Ils ont cru à l'histoire d'amour ?

Oh, désolé. Je ne répondais pas au téléphone.

Je crois que ça leur a plu.

J'avais pas envie de répondre... Ne baratine pas un baratineur.

Moi non plus, je ne te crois pas.

Ne t'en fais pas, je la ramène à 10 h 30.

Oh, merde.

Allô. Stacy ? Écoute, désolé, je suis en réunion.

Ne panique pas dans l'escalier.

Au moins trois personnes ont aimé la projection.

Mon producteur, mon avocat et la mère de Michelle.

Ils ont tous adoré. On te l'a dit hier, mais tu n'as rien voulu savoir.

C'est le premier film pour adultes que je vois, et j'ai adoré.

- Tu l'as compris ? - J'ai tout compris.

Sauf quand les deux filles s'embrassent dans le lit.

Ça veut dire quoi ?

- Ça vient, ce dîner ? - Non.

- Ça veut dire quoi ? - Eh bien, Michelle,

il y a certaines femmes qui...

- Qui... ? - Merci beaucoup.

Certaines femmes ne sont pas attirées par les hommes, alors elles...

Les scènes avec les lesbiennes, c'est pas joli-joli.

J'aurais dû les couper.

- Que se passe-t-il, ici ? - Tu verras bien.

- Je peux faire quelque chose ? - Éteins quand on te le dira.

- Et mets le disque en marche. - Bien, madame.

Oh, non, ne fais...

- D'où sortent ces chapeaux ? - Secret.

Nous, on le sait, et toi, non.

- Les lumières. - Joe, éteins, s'il te plaît.

Maintenant, allume les machins-trucs.

Bien, madame.

Patatras !

Mesdames et messieurs, en honneur de la projection très arrosée

du nouveau film de Joe Gideon, "Le roi du gag",

nous vous présentons deux stars de la danse : Jagger et Gideon !

Gideon et Jagger.

Mets la musique, Joe. Dans un hommage improvisé.

- Assieds-toi, Joe. - Assieds-toi, papa.

Et... c'est parti.

- Je suis nerveuse. - Moi aussi.

Demi-tour, demi-tour, demi-tour...

- En avant. - Je sais.

Ça te rappelle quelque chose, Joe ?

Va l'attraper !

Félicitations.

Tends la jambe.

- On peut le refaire ? - Pouce !

Que le spectacle commence.

Ces deux colonnes pivotent entre New York et Los Angeles.

De l'autre côté, on a la même chose.

Il y a deux escaliers ici et deux autres qui descendent dans l'orchestre.

On sort cet élément central pour les scènes d'intérieur.

Et là-haut, c'est Stan.

Vous vous y habituerez.

Maintenant, je voudrais qu'on fasse une lecture toute simple du script,

que je connais moi-même très mal.

Si on le parcourt, Paul et moi aurons une idée de ce que ça donne.

On ne joue pas. On commence tout doucement.

Bien. Lumière.

Audrey, tu as le premier numéro. Tu commences à lire page 2.

Tu vois, Sammy, en Californie, tout le monde a une voiture.

J'ai un ami qui a acheté une Mercedes pour aller aux toilettes.

Il n'y a qu'en Amérique qu'une fille de 24 ans peut habiter à Beverly Hills.

Merci beaucoup. C'est du très bon travail.

Une heure et demie pour le déjeuner. Signez les réservations pour Boston.

- Ça ne va pas ? - Si, ça va.

Inutile de paniquer tant qu'on ignore ce qu'il en est.

Arrête.

Le Dr Ballinger l'ausculte. Ballinger est une pointure, Audrey.

Dr Hyman, on vient de le quitter. Il avait l'air bien.

Il a dit avoir mal dans la poitrine, son bras gauche était engourdi.

Je suis perplexe. Je l'ai ausculté il y a un mois.

Qui finance ce fameux spectacle dont M. Gideon parle sans arrêt ?

C'est moi.

M. Gideon souffre d'angine de poitrine. Il risque l'infarctus.

Je dois aller aux répètes. Ça va. Qu'y connaissent les médecins ?

Sur l'angine de poitrine, plus que vous.

Partez si vous voulez, mais vous mourrez. Puis-je vous parler ?

Dr Hyman.

Un petit remaniement du script et c'est reparti.

- Il me suffit de quelques bons gags. - Tu ne peux pas partir.

- Mais si. - Bon sang, Joe !

Tu as écouté le médecin ?

S'il te plaît, reste.

- Joey, j'ai parlé avec le Dr Ballinger... - Jonesy, laisse.

Laisse-moi parler à la star. Si je reste, c'est pour combien de temps ?

Au moins deux ou trois semaines.

Vous rigolez ! J'ai un spectacle à mettre en scène.

Jonesy, pour l'amour du ciel, dis-leur. Ils ne comprennent rien.

- Oh, mon Dieu... - Qu'y a-t-il ?

Mlle Collins. Bien. Doucement.

C'est votre faute. J'étais pas malade avant d'arriver ici.

- Qu'est-ce qu'il a ? - C'est le surmenage.

Tu mens.

Oui.

Non, je ne suis pas un proche parent.

Je suis sa petite amie.

Pouvez-vous lui transmettre un message ? Dites-lui que K... ? Allô ?

C'est le surmenage.

Il a voulu en faire trop.

En tout cas, nous avons décidé de repousser le spectacle de 4 mois.

- Les médecins disent qu'il se rétablira. - Tant pis pour mon apart.

Le spectacle aura donc lieu. C'est promis.

Nous sommes conscients des difficultés financières...

J'ai renoncé à un feuilleton. Ce que j'ai été con.

Nous tâcherons de fournir du travail temporaire ou de prêter de l'argent.

Jonesy, doucement avec l'argent.

Ne t'en fais pas, Larry.

Nous n'avons pas beaucoup d'argent sous la main,

mais ce que j'aimerais vous dire,

c'est que nous sommes une grande famille.

- Tu parles. - Et nous voulons faire

tout notre possible pour vous garder.

J'étais avec lui, hier. Il va beaucoup mieux.

Je l'ai vu il y a une heure. Il était de bonne humeur.

Il blaguait et draguait toutes les infirmières.

Il m'a chargée de vous dire qu'il avait une idée géniale de scène d'hôpital.

Attends, Audrey. Une scène d'hôpital !

Donne-moi une minute. Stanley, pousse-toi.

- Que dis-tu de "Disco à l'hosto" ? - Ça me dit !

Génial.

- Ça y est. - Je le tiens.

Stan, aide-moi, s'il te plaît.

Tapez dans les mains.

Allez, un sourire.

Tout le monde avec moi.

Tu sais, Lucas, nous avons là une superbe distribution.

Maintenant, il faut attendre quatre mois. On risque de les perdre.

Il ne sera pas évident de garder une telle distribution. C'est dommage.

Et même après quatre mois, un infarctus...

Rien ne dit qu'il pourra travailler.

Rien.

Jules, c'est encore trop lumineux.

- Baisse la sept à cinq. - C'est le plus grand.

Tu sais, Lucas, je crois qu'on tient un tabac.

Un vrai tabac.

Le script se lit comme un roman.

- J'aimerais le lire. - Je te le ferai parvenir cet après-midi.

J'oubliais. Attends.

J'en ai un avec moi.

Baisse la cinq à trois.

Attends. C'est bien.

Je sais que ce n'est pas l'argent qui t'intéresse.

Qu'en penses-tu, Lucas ?

C'est mieux ?

Non, il faut un éclairage plus tamisé.

Rappelle-toi, c'est une scène de séduction.

Diminue l'intensité de moitié.

Combien est-ce que Joe touche ?

5% du brut, puis 6% quand on sera rentrés dans nos frais.

20% des droits annexes, y compris les droits d'adaptation à l'écran.

Mon emploi du temps est très chargé, mais...

Tu sais combien je tiens à toi, Jonesy.

- Tu es comme un père pour moi. - Et toi comme un fils.

Chez les autres, je cherche ce qu'il y a de pire.

- Une part de toi-même ? - Oui, une part de moi.

Et en général, je la trouve.

Ça te prendra peut-être des années, mais tu trouveras.

Tu es vraiment mignon.

Il y a une amélioration. On va vous mettre en chambre particulière.

Formidable.

Mais repos complet. Sinon, vous courez à la catastrophe.

Je n'y manquerai pas.

Je promets que je le ferai.

M. Gideon.

M. Gideon, que faites-vous ?

Ah, ça ? J'allais la jeter.

Quelqu'un fumait et je lui ai dit

que je ne tolérais pas la fumée.

Tu sais, Gideon, je t'ai cerné.

Tu crains par-dessus tout d'être conventionnel.

D'accord.

Votre tension est plus élevée que prévu. L'ECG ne s'est pas amélioré.

Si vous n'en avez rien à faire, alors nous aussi.

M. Gideon !

Je vous laisse les menus. Choisissez vos repas pour les semaines à venir.

Lundi, du rosbif. Mardi, du poulet, Mercredi, un steak.

Jeudi, je pense mourir... Je prendrai quelque chose de léger.

M. Gideon !

À MON PAPA, GUERIS VITE BISOUS, MICHELLE

Elle a écrit un petit mot. Il paraît que tu comprendras.

"Cher papa si tendre, si bon, si généreux" souligné quatre fois.

Il paraît que les infirmières sont gentilles. Ta pauvre fille sans frère."

Joe, qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'elle est aussi têtue que sa mère.

Oh, non... Merci, merci. Vous êtes formidables.

On abuse du mot "superstar" dans le showbiz.

Mais pour mon prochain invité, ce mot est inapproprié.

Quand je fais un gala de bienfaisance, et j'en ai fait 170 cette année,

tous pour de nobles causes, il est toujours prêt à m'épauler.

Je me sens petit en sa présence.

Du fond du cœur, mesdames et messieurs, je vous présente...

- Un grand artiste. - ...un grand artiste...

- Un homme de cœur. - ...un homme de cœur...

- Et mon ami depuis près de 25 ans. - ...et mon ami depuis près de 20 ans.

- Tu t'es trompé de cinq ans. - Dieu que je déteste le showbiz.

- Joey, tu adores le showbiz. - C'est vrai, j'adore le showbiz.

Les deux à la fois.

Je t'ai cerné, Gideon.

Tu sais ce qu'il y a en toi ? La crainte d'être ordinaire,

et non exceptionnel.

D'accord.

Oh, je crois...

Je crois...

- que j'ai une érection. - Oh, M. Gideon, s'il vous plaît.

Toi et le sexe... Je veux pas dire que t'es une fiotte,

mais tu as beaucoup de traits féminins, d'accord ?

D'accord.

Vous jouez de façon puérile et inconsidérée avec le feu.

Joey, tu es dingue ! Tu cherches à te tuer, ou quoi ?

Le Dr Ballinger m'a dit de faire de l'exercice.

Il semble constamment nier son état.

Chaque fois que je le vois,

j'ai l'impression que ça lui est égal de vivre ou mourir.

Je sais, mais ça ne lui est pas égal.

Désormais, pas plus de deux visites par jour.

Joe, si tu avais été là.

À 9 h 30 ce matin, avant même la sortie des critiques,

La queue au Cinema One faisait le tour du pâté de maison. Les gens savent.

On a battu des records d'entrées. Ça fait un tabac.

Et ces types en Californie... Si tu savais ce qu'ils me disent.

"Félicitations, heureusement que vous avez pris votre temps. Ça valait le coup."

Ils ont dit que le moindre dollar investi se voit à l'écran.

On parle d'un budget publicitaire de 3,5 millions de dollars.

3,5 millions de dollars ! Excusez-moi.

Tu imagines ? Avec ça, le film va casser la baraque.

Il va casser la baraque.

Regarde ces critiques. Tu vois ? Joe, on a réussi.

Où sont les mauvaises ?

Il n'y en a pas.

Josh...

Quelques-unes chicanent un peu. Je les ai laissées au bureau.

Josh, rends-moi service. Ne me les montre pas.

Et les critiques de télévision ?

On a Leslie Perry dans la poche. Elle m'a dit qu'elle avait adoré.

Après le succès du film précédent de Gideon "50 Pin up, 50",

qui lui a valu une avalanche de prix,

j'aimerais pouvoir vous dire que son dernier opus, "Le roi du gag",

avec Davis Newman, est un meilleur film.

Mon Dieu, ça vient.

Joey, éteins, s'il te plaît.

...tombe dans le piège de vouloir plaire et divertir à tout prix.

- Josh, non. Je veux voir. - Ce tape-à-l'œil désamorce...

- Qu'y connaît -elle ? - Elle est toujours sévère.

Cette femme n'est pas apte à faire une critique.

- Elle ne connaît rien au cinéma. - Ni à quoi que ce soit.

Elle ne critique pas le film, elle ramène sa science.

...où le comique, remarquablement interprété par Davis Newman,

retrouve son brio d'autrefois dans un monologue

où l'on sent que M. Gideon a donné carte blanche à M. Newman.

S'élevant au-dessus d'un texte assez plat, il fait un comique d'anthologie...

Je garantis que ce film fera au moins 30 millions d'entrées.

- Allez chercher quelqu'un. - Quoi ?

Je crois que ça va mal.

...coupant les scènes avant que la tension n'atteigne son apogée,

m'a laissée perplexe et en proie à une migraine terrible.

Suivant mon système de notation à 4 ballons, je lui donne un demi-ballon.

- Comment te sens-tu ? - Tu veux la vérité ? J'ai peur.

On tourne.

Action. Oh, mon Dieu...

Mesdames et messieurs : les médecins.

Je suis le Dr Hyman, le généraliste.

Je suis le Dr Garry, le chirurgien.

- Je suis le Dr Ballinger, le cardiologue. - Cinq, six, sept, huit...

Le cœur est l'organe qui permet la circulation du sang.

Ce qui veut dire ?

Ce qui veut dire qu'il y avait obstruction totale dans...

deux artères.

Voici l'homme qui représente pour moi le saint moderne.

Quand je manifestais contre la ségrégation,

ce frère traînait ses guêtres à mes côtés,

bien avant que tous ces moutons s'engouffrent

dans notre cirage... sillage !

Dans notre cirage ! Mesdames et messieurs, je vous présente...

- Un grand artiste. - ...un grand artiste...

- Un homme de cœur - ...un homme de cœur...

- et mon ami - ...et mon ami...

depuis plus de 17 ans.

- Mesdames et messieurs... - J'en ai appris avec toi.

- Tu en as trop appris. - Et voilà, M. Gideon.

C'est du premier ordre, du haut de gamme, du sans bavure.

Voilà. Bonne chance pour demain.

Comment ça, j'en ai trop appris ?

Vous vous en sortirez. Je ne me trompe jamais.

Merci.

Tu te rappelles, mardi dernier ?

Il pleuvait à verse.

Ah, oui. Il pleuvait. Et alors ?

Je t'ai appelée à minuit.

Je promenais sans doute le chien.

Je n'ai pas le temps de jouer à ça.

Tu étais avec quelqu'un.

Oui.

Et vous avez fait l'amour.

Oui.

Alors, ça y est ? C'est fini entre nous ?

Je ne sais pas.

Que ressens-tu à mon égard ?

Je t'aime.

Alors, ce n'est pas fini entre nous.

Car moi aussi, je t'aime, Katie.

- Tu étais sincère ? - Non.

Je lui en voulais.

Je ne sais pas. Si, j'étais sincère.

Enfin, je sais pas toujours où finit le mensonge et où commence la vérité.

Je voulais lui dire quelque chose de gentil.

Pourquoi ?

Au cas où...

Au cas où...

Au cas où.

Si je meurs, pardon pour tout le mal que je t'ai fait.

Et si je survis, pardon pour tout le mal que je vais te faire.

...comme il est établi dans les statuts, en cas de blessure,

de maladie, de décès ou d'invalidité.

Excusez-moi, M. Clark.

Larry, donne-nous nos chiffres.

Sur un budget de production estimé à 941 000 dollars,

soit un million en tenant compte des impondérables,

nous en sommes actuellement aux deux tiers des frais.

Décor, 8 000. Costumes, 8 000. Éclairages, 4 000.

Honoraires du metteur en scène et chorégraphe, 15 000. Distribution, 4 000.

Construction des décors, déjà à moitié réalisée, 125 000.

Régisseur, environ 8 000.

Attaché de presse 1 500. Musiciens, environ 2 000.

Assistants, secrétaires, etc., 3 000.

Salles de répétition et d'audition, 9 500.

Script et frais administratifs, 1 500.

Managers, je dirais 10 000.

Publicité et imprimerie, environ 20 000. Orchestrations, pour l'instant, 10 000.

Avocats, 10 000. Comptabilité, 2 000.

Charges sociales, peut-être 7 000.

Oui, 7 000. Avances à l'auteur, 10 000. Capital obligataire, 50 000.

Salaires des répétitions et avance à certains artistes, 43 000.

Nous avons donc...

480 500 dollars.

Oui. C'est le chiffre que j'ai ici.

Avec des poussières

J'aimerais comprendre.

Sur ce chiffre, combien récupérons-nous ?

Oui, touchons-nous le total ou seulement une partie ?

Il y a plusieurs options. La première, si M. Gideon se rétablit

et que vous reprenez d'ici 180 jours, nous ne sommes pas responsables.

Si M. Gideon meurt et que vous reprenez avec un autre metteur en scène

d'ici 180 jours, nous ne sommes toujours pas responsables.

Mais si M. Gideon décède avant le 1er février

et que vous abandonnez la production,

nous vous verserons un million de dollars.

Ça signifie que vous pourriez faire un bénéfice de...

519 500.

Ça serait le premier spectacle à faire des bénéfices sans avoir eu lieu.

Eh bien...

tout me semble très clair.

On parle toujours de "mourir dignement".

C'est quoi, mourir dignement ? Ne pas baver.

Changement d'atmosphère. Spécial dédicace, Vic O'Dante.

La mort est branchée, mon cher.

La mort, c'est le top.

C'est très théâtral, Joe.

N'essayez pas de parler.

Tu veux la tourner maintenant ?

- Je crois qu'il a dit "OK". - Hallucinations hospitalières, première.

Une dame à Chicago a écrit un bouquin. Le Dr Kübler-Ross, avec un tiret.

Cette nana, sans être elle-même passée par la mort,

affirme qu'elle se décompose en cinq étapes.

Colère, refus, marchandage, dépression, acceptation.

Play-back.

Quand tu m'auras quittée

En larmes

Quand tu m'auras quittée

À quoi bon le nier

Tu auras le cafard

Tu seras triste

Il te manquera la meilleure amie

que tu aies jamais eue

Coupez !

On tire ?

Joe, on a du retard. Il faut la tirer.

Scène suivante.

Katie, deuxième.

Écoute.

Play-back.

Change ta vie, vieux fêtard

- Et si ça ne te suffit pas - Elle a raison, Joe, écoute-la

Change aussi ta façon de taper le coup de frime

Car personne ne voudra de toi quand tu seras vieux

Change ta vie aujourd'hui

Tu m'entends, Joe ? Je te parle.

- Faut arrêter l'alcool, Joe. - Supprimer les amphétamines.

Arrête de sauter tout ce qui bouge.

Coupez !

- On tire. - Vieux amis, troisième.

Play-back.

Qui pleure, maintenant ?

Qui pleure, maintenant ?

Qui a le cœur en écharpe ?

- Regarde-toi, papa. - Pour n'avoir fait que de faux serments

- Tous ces faux serments. - Qui est triste et cafardeux ?

Qui pleure aussi ?

Comme nous avons pleuré à cause de toi

- Et nous avons tant pleuré. - Oh oui.

Moi aussi.

Jusqu'à la fin

- Elle approche, Joe. - Comme une amie

- Où étais-tu, Joe ? Où étais-tu ? - On a essayé de te prévenir

À notre façon

Tu n'écoutais pas, papa. Tu n'écoutais pas.

Coupez !

Tu as oublié ton texte.

À la fin, tu dois dire... Quoi, déjà ?

Il doit dire "Je ne veux pas mourir. Je veux vivre."

Si tu peux pas le dire, tant pis. On la supprimera, c'est tout.

Supprimez-la. Remontez-moi. Scène suivante.

Un de ces jours

Tu verras, je te manquerai, papa

Un de ces jours

Tu te sentiras bien seul

Ses câlins te manqueront

Ses baisers te manqueront

Je te manquerai, papa, tu verras

Si tu t'en vas

- Un de ces jours - Ne meurs pas, papa ! Ne meurs pas !

Un de ces jours

Tu ne peux laisser cette pauvre enfant orpheline !

- Un de ces jours - Elle a besoin de toi, Joe !

Un de ces jours

Non.

Tu n'as plus de texte.

Un vrai cadavre. Un vrai cadavre.

Clap de fin.

Ne parlez pas. Si vous voulez dire quelque chose, écrivez-le ici.

Non, allez. Pas maintenant.

S'il te plaît, pars.

- Tu es sûr ? - Oui. Va-t'en.

Suis-je vivant ?

Bien, Joe.

Oui, vous êtes vivant.

Ça va faire un peu mal.

C'est du joli travail.

Mlle Paris, venez voir ce chef-d'œuvre.

Oh, c'est magnifique !

- C'est une très belle cicatrice. - Merci.

Quand retravaillera-t-il ?

Il n'est plus en USI, mais en chambre particulière.

Selon les médecins, il lui faut du repos. Deux mois, au maximum.

Tu connais Joey. Il piaffait d'impatience.

Il a plein de nouvelles idées.

Et pas seulement sur le sexe.

C'est formidable.

Ça doit vraiment te faire plaisir, Jonesy.

Je suis soulagé. Nous sommes tous soulagés.

- L'addition. - J'ai réfléchi sur le script,

et j'ai fait quelques remarques.

Ça alors.

Tiens-en compte si tu veux... Fais comme tu le sens.

Excusez-moi de vous déranger, mais n'êtes-vous pas Lucas Sergeant ?

- Si. - Ça vous ennuierait ?

Pas du tout.

Je suis actrice, et après Joe Gideon, c'est vous que j'admire le plus.

Dommage que votre spectacle ait fait un bide.

- Bonne chance pour votre carrière. - Merci beaucoup.

Lucas, tu as beaucoup travaillé là-dessus. Je suis touché.

Faire une telle chose uniquement par amitié... Ça me touche.

À quoi servent les amis ? Il faut s'entraider.

Je suis heureux que Joe aille bien.

- Laissez, je règle. - Non, Lucas, c'est pour moi.

J'ai dit : je règle.

- Je n'en reviens pas. - Joe, qu'y a-t-il ?

- Je fais un infarctus. - C'est impossible, M. Gideon.

Je viens de vous donner vos médicaments.

Bon sang, il connaît les symptômes. Appelez quelqu'un.

Il ne peut avoir mal.

Je vais prendre son pouls.

- Comment ça se fait ? - Allez chercher quelqu'un.

Je vous ai donné vos médicaments. Vous ne pouvez avoir mal.

Avec vous, on rentabilise le matériel.

Très drôle. N'empêche que je souffre le martyre.

Mlle Briggs, 2 mg de morphine.

- C'est quoi ? - Mes coordonnées.

Envoyez le chèque à cette adresse.

Vous avez mal ?

Connasse !

Non, mais c'est comme si...

- Comme si ça me déchirait. - Ça, ça me plaît.

Quelque chose déconne.

Ça déconne complètement.

Non... Non...

Oh, mon Dieu... Où est M. Gideon ?

Colère, refus, marchandage, dépression, acceptation.

- Colère. - Non. Non. Non !

Mon Dieu ! Putain de bordel de merde, bande de connards !

Pas maintenant.

Je ne sais pas. On m'a appelée pour une urgence,

et l'instant d'après, il avait disparu.

Refus. Refus.

"Non, c'est pas mon tour. C'est à quelqu'un d'autre, mais pas à moi."

"Oh, non. Il y a erreur... Pourquoi pas ma mère ?"

"Elle est vieille. Je suis sevré."

"J'en ai plus besoin. Salut, maman. T'as été super. Je t'aime ! Mais pas moi."

Mon Dieu, ne me prenez pas maintenant.

Vous n'aimez pas les comédies musicales, c'est ça ?

- Marchandage. - Tu veux le revoir ?

Oui, j'aimerais le revoir.

J'aimerais tout revoir encore une fois.

"Allez, viens par ici."

"Peut-on s'asseoir et en discuter en hommes d'affaires ?"

"On négocie, d'accord ?"

"Je ne veux pas chicaner. Je serai raisonnable."

"La blonde, celle de la 63e rue que je vois le mardi soir ?"

"Disparue. Je ne la reverrai plus. Terminé."

"Fini, les drogues dures. Un peu d'herbe, c'est tout. D'accord ?"

"Je ne jouerai plus les exhibitionnistes dans le métro."

"Marché conclu ? Il est dur en affaires."

Que regardez-vous ? Je l'avais dit : trop de cigarettes,

trop d'alcool, trop de sexe. Tôt ou tard, ça se paie.

Je reviens.

Trouvez-le. Ramenez-le en USI immédiatement, bande d'idiots.

Dépression.

Et le voilà, mesdames et microbes, le roi des claquettes...

- Oh, mon Dieu ! - Un merveilleux danseur de claquettes.

- Si j'étais Dieu... - Je meurs !

- Et parfois je crois que je le suis... - Oh, mon Dieu, je meurs !

- Ça dépend de la morphine que j'ai prise. - Je meurs. Personne d'autre ne meurt.

- Je veux épargner ce merveilleux danseur ! - Mon médecin ne meurt pas, lui.

Il est vivant, en Floride, et je suis mourant !

Je ne casserai pas ma pipe.

S'il vous plaît.

Bien, monsieur. Au revoir.

- On ferait mieux de le retrouver. - "Oh, mon Dieu !"

"Je meurs !"

"Cette chambre d'hôpital me coûte 240 $ par jour !"

"À ce prix-là, qui peut se permettre de vivre ?"

Ensuite... Acceptation.

Oh, mon Dieu...

Pour moi, tu es la plus belle chose au monde.

Je t'aime.

Une éraflure au front.

Je peux le garder sans problème.

Il veut seulement chanter des vieilles chansons.

Prenez votre temps, je m'amuse bien.

- Où en étions-nous, M. Gideon ? - Vous connaissez mon nom ?

Je viens de l'apprendre. Ils viennent vous chercher.

Je le savais.

- Je peux en prendre une autre ? - Servez-vous.

Vous pourriez recommencer ? Pour moi ?

Avec plaisir.

Cinq, six, sept, huit.

Jetez vos problèmes par la fenêtre

Et souriez, souriez, souriez

Jetez vos problèmes par la fenêtre

Et souriez de toutes vos dents

C'est parti

Pourquoi se faire du souci ?

Ça n'a jamais servi

Super !

Alors, jetez vos problèmes...

- Vous le tenez. - Cinq, six, sept, huit.

Bien, monsieur, venez avec nous.

Gentiment, faites pas d'histoires.

- Tout se passera très bien. - Bien. Salut, Tiger.

À bientôt, Gideon.

Ce n'est pas le montage définitif.

Il n'y a pas encore de générique ni de musique.

Ce n'est pas vraiment terminé.

Il me faut plus de temps.

Merci. Formidable.

Que pourrais-je dire sur mon prochain invité ?

Ce mec se laissait adorer, mais jamais aimer.

Et sa réussite dans le show business égale l'échec

de sa vie sentimentale. Car là, c'était le fiasco total.

Il vint à croire que le travail, le showbiz, l'amour, la vie,

Lui-même et tout le tralala, c'était n'importe quoi.

Il devint un as de la tricherie,

au point de ne plus savoir où commençait le jeu et où s'arrêtait la réalité.

Pour ce mec, la seule réalité, c'est la mort.

Mesdames et messieurs, je vous présente un artiste pas terrible,

qui n'a pas tant de cœur que ça et qui n'est l'ami de personne,

dans sa dernière apparition sur scène. Applaudissez si vous voulez...

M. Joe Gideon.

Bye, bye, la vie

Bye-bye, bonheur

Bonjour, solitude

Je crois que je vais mourir

Je crois que je vais mourir

Bye, bye, l'amour

Bye-bye, les enlacements

Bonjour, le néant

Je sens que je vais mourir

Bye-bye, la vie, bye-bye

Bye-bye, ma vie, bye-bye

Bye-bye, la vie, bye-bye

Deux, trois, quatre, cinq, six.

Regardez sa petite amie

Elle a un autre homme dans sa vie

Comme elle a l'air heureuse

- Comme j'ai le cafard - Il a le cafard

Fini, les sentiments Fini, l'amour

Fini de compter les étoiles qui m'entourent

Fini, les étoiles

Voilà pourquoi il est si libre

Sa petite amie

Elle en a fini avec lui

Ça a dû coûter une fortune !

Au moins, je ne te mentirai plus.

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