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...
...
*-Plus que quelques heures avant l'instant T,
*que tous attendent patiemment,
*installés sur des transats ou allongés dans l'herbe,
*les yeux déjà rivés vers le ciel.
*Cette nuit,
*un phénomène rare va se produire : une éclipse totale de lune.
*Rare, c'est peu de le dire. La prochaine est prévue pour 2033,
*et aucune n'a été observée en France depuis 1998.
*C'est donc une première pour le 21e siècle.
*Les conditions d'observation vont ce soir être optimales.
*Les curieux seront nombreux à tenter d'immortaliser l'instant.
*Pour cela, pas besoin de matériel sophistiqué.
*Un simple appareil photo ou un smartphone suffisent.
*Mais attention, il ne faut surtout pas être superstitieux.
*Ce n'est pas sans risque.
*De nombreuses légendes disent que ces soirs-là,
*des choses incroyables peuvent se produire. Au moment précis
*où la lune est totalement masquée, le temps suspendrait son cours,
*effaçant ainsi vos péchés les plus secrets.
*Une pratique qui a des conséquences,
*car forcément, tout a un prix.
*Votre âme est condamnée à errer en enfer.
*Bien sûr, c'est une légende...
-Ils me saoulent avec leur éclipse.
-Tu es ravissante.
-Merci.
-Tu rentres comment ?
Ah, non !
Je pense que je vais rentrer à pied. Tu dors là-bas, carrément ?
*-Les conditions sont idéales : pas un nuage !
-Mais non !
Mais non, trop pas. Vas-y, je te rappelle.
-Tu comptes sortir comme ça, là ?
-Ouais, pourquoi ? -Tu vas où ?
-J'ai une soirée chez Zoé.
-Je te crois pas.
-Bah ne me crois pas.
-C'est quoi, ça ?
-T'as fouillé dans mon sac ? -Non.
On s'en fout de ton sac. C'est quoi ?
-Des préservatifs. C'est marqué.
-Margot ?
-C'est pas les miens. -Pourquoi ils sont là ?
-Zoé m'a demandé de les garder. -Ah ?
Pourquoi elle les garde pas ?
-Sa mère est folle. Elle fouille tout. Elle devrait venir te consulter, non ?
Musique cocasse
...
-Tu vas pas rappeler ?
-Elle a pas dû les coucher.
-Elle allait le faire après avoir raccroché.
Tu vas les réveiller.
*Rires
*-Oui ? Je comprends rien.
*Allô ? Allô ?
*C'est quoi ?
-Tends le bras, maman.
*-Le bras ? Comment ? Le bras...
Comme ça ? *-Voilà.
*-Couchez-les, mamie.
-Oui, Charlotte. Faut le temps. C'est des enfants.
*-Je sais. C'est les miens.
*-Maman, pas trop tard au lit. Hein ?
-Je les couche de suite.
*Dis à ta femme que j'en ai élevé aussi. Ses conseils, sur un autre ton.
*-Oui, je vous entends, mamie.
-On vous laisse, les amours. Bonne nuit.
*-BONNE NUIT !
-Bonne nuit.
*-Bonne nuit, mon chéri.
*-Bonne nuit, maman.
-Attends... T'as fouillé dans son sac ?
-Oui. -T'as fouillé son sac ?
-Oui. C'est pas le sujet, là.
-Bah si. -Vincent !
Notre fille traverse une phase critique. Elle quitte le schéma parental.
-Ça aussi, c'est normal.
-Elle a 17 ans et deux parents médecins.
On maîtrise le sujet, on se doit de l'aider.
-Je suis d'accord, mais elle a besoin des conseils d'une mère, pas d'une psy.
On sonne.
-C'est plus haut que la dernière fois, non ?
-Ça va ? -Ça va.
-Il est là, Ben ? -Pas encore.
-Tu la connais, sa copine ? -Non.
Tiramisu ? -Comme d'hab.
-Vincent a encore innové. Du foie gras dans du lait...
-Dans du lait ?
-Salut, les amis.
-Oh, salut.
-Bienvenue.
-T'as fait du foie gras dans du lait ?
-C'est une surprise.
-Tu sais, je suis
allergique au lactose. -Mais pas au foie gras ?
Sonnerie "Ti Amo"
...
-Attends. -Bah, réponds.
-C'est la centrale.
Si je réponds, ils me feront bosser ce week-end.
-Réponds pas. On a un autre programme.
-Ouais...
On dîne chez ma mère.
Non, c'est vrai. -Je sais.
Je parlais pas de ce programme-là.
-Fais voir, ça.
Elle fait cheap, l'étiquette. -Non, je l'ai achetée chez le caviste.
C'est du biodynamique. Super.
-25 euros, ça serait dommage.
-Faut bien le dégazer. Le secouer, pour retirer le gaz.
-Ah, c'est le gaz, qu'est cher.
-Ouais, c'est ça.
-Tu fais quoi ? -J'enlève le prix.
-25€, tu le laisses ! Tu le mets
sur le goulot. Comme ça. Bonjour. Bonsoir.
-Pff ! Chéri ?
Arrête.
-Il met 5 ans ! On monte à pied ?
-Mais, il est là. -On fait la course.
1er là-haut.
-Ah ouais...
-T'en penses quoi ? -C'est du blanc, quoi.
-Oui. -J'ai une intolérance
aux sulfites et ça me provoque des...
-Des ?
-Des aigreurs.
-Des aigreurs ?
Le muscadet,
quand c'est bon, c'est bon. -Je confirme.
-Ça va ? T'as l'air fatigué. -Oui, je sais.
Tu me ressers ? -C'est quoi ?
-C'est une surprise !
-Voilà, la surprise. La meuf de Ben.
-Ça va ? -Et toi ?
-Ah non. -Non...
-Et Thomas ? -Il va pas tarder.
Prems.
-Je te battrai en repartant.
Bonjour.
-Bon...
Les gars, là ?
-Ça va ?
-Ça va ? -Oui.
-Il est arrivé ? -Non, et je la connais pas.
Tu me donnes ton blouson ?
OK.
-Vous la connaissez, la meuf de Ben ? -Bah non.
-T'es belle, toi.
-Ça sera la surprise.
C'est la surprise.
-C'est bien, ta couleur. -Ouais ? Merci.
-Tiens. Merci. -Ouais.
-Coucou ! -Salut.
Ça va ? -Oui, et toi ?
-Salut. -Salut.
Tiens. Du biodynamique. -Ça veut dire quoi,
"biodynamique" ? -Une blinde. Tiens, regarde.
-Bébé ! Non... -25,90 !
-Qu'il soit bon.
-Prends du muscadet. -C'est bon, ça.
-C'est bon mais moi, ça me fait des aigreurs.
-On t'aide ?
-Surtout pas, c'est une surprise.
-Une surprise ? -Oui.
-Le gars a fait du foie gras dans du lait.
-Une entrée, un plat, mais je dis pas quoi.
C'est une surprise. -Déjà, ça sent bon.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-C'était ton cadeau. Tu peux les faire quand on est pas là.
-C'est ton plat préféré. Modifié.
-Ça va ? T'as l'air fatigué. -Oui, il paraît.
-Passe au salon, demain. Je t'offre un soin.
-J'adorerais,
mais samedi, c'est les enfants. -Y a ma mère.
-Non. Vas-y, toi.
-Moi ? -Jamais ma femme te fait le maillot.
-Marco, c'est le torse.
-Tu t'épiles le torse ?
Tu le laisses faire ? -Pas le choix. Et il se met des crèmes.
-Pourquoi tu racontes tout ça ? -Attends...
Ça fait 35 ans qu'on se connaît, et on apprend ça ?
-Et tu mets des crèmes.
-Je m'épile pas. Je me rase, parfois.
Et du côté de mon père, y a un assèchement de la peau.
-Un assèchement de la peau !
-C'est bien, d'hydrater.
-C'est pas drôle.
Plein d'hommes font ça.
-Et la copine de Ben, alors ? -Évitez d'être lourds.
-C'est sa 1re copine depuis son divorce. L'effrayez pas.
-Et vous gavez pas de pistaches.
-Je le vois bien avec une femme d'un certain âge.
-Grave. Genre MLIF, mais au-dessus.
-"MILF". Tu dis "MLIF".
-Mais c'est quoi, euh...
-MILF ? Beaucoup plus vieille
que vous. -Sympa.
-Le vin a un goût
bizarre. On dirait du Coca.
-Fallait le dégazer !
-Je dirais "dégager", plutôt.
-Ouais ? 28A23.
-C'est Ben ?
-Ça fait 800 fois que je te le dis. À tout de suite.
-Ben ? -Les voilà.
-Salut.
-Bah... -Mais...
-Quoi ?
-T'es tout seul ?
-Ah, oui. Non. Gastro.
-Donc elle vient pas ?
-Bah non. Gastro.
-Oh... -Pas de MILF.
-Ça fera une part en plus. -Vincent...
-Y a une épidémie. -Moi, je reste ou... ?
-Mais non, rentre. -Oui, pardon !
-Viens. -Pardon.
Tiens, Vincent.
-Elle est malade.
-Vous vous êtes engueulés ? -Non.
-J'espère que c'est pas du biodynamique.
-Ils se sont engueulés. -Mais non !
-Laisse, je m'en occupe.
-Marie ? C'est quoi, le menu ?
-T'inquiète, tu vas pas être déçue.
-Elle a quel âge, t'as dit ? -J'ai rien dit.
-Il a rien dit.
-On avait dit pas de vanne
sur la nouvelle copine de Ben. -Ça va, elle est pas là.
-C'était quoi, les vannes ?
-Rien. On se demandait si elle était grande, petite...
-Brune, blonde... -Poivre et sel.
-Vous me voyez avec une vieille ?
-Pas forcément, mais t'aimes bien les femmes un peu...
-Un petit peu quoi ?
-Poivre et sel, justement.
-Non. -Dis pas non. Ton ex,
Catherine, elle avait quel âge ?
-Pas "avait". Elle est pas morte. -On sait pas.
-Arrêtez de l'embêter.
Continue, j'ai mal au bras. -Donc on vanne
l'ex de Ben, là ? -Mais non...
-Enfin, elle mérite un peu.
-Et la pistache dans l'olive ? -Arrêtez.
Vous aurez plus faim. C'est pas drôle.
-T'as fait quoi ? -C'est une surprise.
Musique intrigante
...
-Et pourquoi ce goût pour les vieilles ?
-J'aime pas les vieilles !
-Plein de vieilles aiment les jeunes. Madonna.
-Oui. C'est peut-être elle.
-Qui ? -La meuf de Ben.
-Impossible.
Je vois pas Madonna avec une gastro. -Pourquoi ?
(-Tu viens fumer dehors ?) (-Je fume pas.)
(-Pas grave. Viens.)
-Vous, je vous vois avec une gastro. Pas Madonna.
-Il est chiant, ce vin. J'espère qu'il est bon.
-C'est qui, cette fille ?
C'est sérieux ? -Je sais pas.
-Bah comment ça ? -Peut-être.
-C'est qui ? -On la connaît ?
-Non.
-T'es amoureux. - Je sais pas.
-Si ! Regarde... -Comment on le sait ?
-Si tu lui parles au téléphone plus de 30 mn par jour, t'es amoureux.
-Et le jour
où t'arrêtes, c'est que t'es marié.
Oui. -Non, c'est pas vrai.
-C'est quoi qu'est drôle ? -Hein ? Rien.
-Un truc de filles. -De filles ?
J'ai l'impression
de déranger. -Non !
-On le goûte, ce vin ?
-On l'a pas trop secoué ?
-Alors, on la voit quand ? -Une autre fois. Je reviens.
-Alors ? -Je sais pas.
-Il va où ? -Gastro.
-C'est élégant, ça.
-Qu'est-ce qu'il fout ?
-Et tes mains ?
-On fait la photo. -Oh non, Ben, pas la photo !
-Si. J'ai acheté ça.
-T'en as 1000, des photos.
-Depuis le CE2, bien plus. Ce sera la seule devant une éclipse.
-Il a raison. Et c'est super joli.
C'est la 1re fois que j'en vois une.
-Et il peut se passer plein de trucs.
Tu regardes toutes les photos ?
-Ouais. J'ai même fait un pêle-mêle.
-Un quoi ? -Un pêle-mêle ?
Le gars, il a dit "pêle-mêle" ?
On dit encore ça, aujourd'hui ?
-La dernière fois, on l'a pas fait.
-Un patchwork. -Allez, 3 s.
-On l'avait pas fait, la dernière fois.
-Thomas ! -Allez.
-Si, mais tous azimuts. -Un. Deux...
Bip -Ah, cuisine !
-Ah, trop tard ! -Non, non, non !
-C'est une entrée chaude. Hop !
-Non ! -Si !
-Bon, on la fera tout à l'heure.
Musique douce
...
-Vendre des prothèses mammaires ou des chaussures...
Il doit acheter plusieurs formes. Il en faut des ronds, en poires...
-Et en gants de toilette.
-Le mensonge !
-Quand un mec rentre, il fait du 43,
il te reste que du 42. T'essayes de lui vendre le 42.
Des fois, tu mets un collant pour que ça glisse bien.
Si c'est grand, tu mets de grosses chaussettes.
Certains repartent comme ça.
-Tu mens aux gens ?
-J'ai lu un truc drôle...
-Tu vends les prothèses par paire ?
-Je les achète par paire, c'est tout.
-J'ai lu un truc super drôle... -Je comprends pas.
-Moi aussi, j'ai lu un truc super drôle.
-Y a des mecs à la Nasa...
-Attendez, attendez... Y a Ben qu'a un truc drôle.
-C'est un vieux, il fait une attaque dans le bus.
Les pompiers essaient de le sauver, mais il meure.
-La fin est drôle, j'espère.
-Si, si. Oui, oui.
Les pompiers le réaniment, mais c'est pas gagné.
C'est comment, le truc qui fait bip bip ?
-Électrocardiographe.
-L'électrocardiogramme... -Non, "graphe".
-Ouais. Le truc, il fait bip bip, en continu.
Mauvais signe.
-Oui.
-Et tout à coup, bip bip, bip bip...
Espoir ! La vieille arrête de pleurer.
Et en fait, non.
C'est le vieux qui recevait des textos, sur son téléphone.
Du coup, tous reperdent espoir. Les pompiers le massent,
la vieille se remet à pleurer.
Et... Et... Et euh...
Pendant ce temps-là, bip bip... La vieille, elle en peut plus.
Donc, elle prend le téléphone pour l'éteindre,
et du coup, elle regarde.
Et là... patatras !
-Patatras ?
-Vas-y, enchaîne. -Du coup, elle lit les...
Elle regarde ce que son vieux recevait.
Elle réalise que son mari a une maîtresse,
et qu'il lui envoie des sextos.
C'est des textos, mais chauds.
-Je sais pas...
-Tu m'en envoies plein. -Chut...
-Bon, bref. Et donc, la vieille
se retrouve veuve et cocue en même temps.
-C'est fini ?
-Oui.
-Mais c'est super glauque ! -T'avait dit
que tu racontais un truc drôle.
-C'est pas drôle ? -Attends. Il avait pas mis
de code secret ? -Non, sûrement pas.
-Faut être con.
-Pourquoi ? -Bah pour pas mettre de code,
surtout si tu trompes ta femme.
-Bah, c'est rassurant. Toi, t'as un code, non ?
-Bah oui, j'ai un code. Tout le monde en a un. Toi aussi.
-Non, tout le monde en a pas. Le gars du bus, il a pas de code.
-Il en avait pas. -C'est pour ça qu'il est con.
-Moi, j'en ai pas.
-Moi non plus. -T'en as pas ?
-Non.
On est un couple sans code. -Ouais, on a vu.
-Et sinon, les huîtres ?
-Bah c'est pas mal.
Et chaudes, ça change. -C'est moins froid.
-Y a eu une marée noire,
en Bretagne ?
-C'est de l'encre de seiche ! Vous aimez pas les huîtres ?
-Moi, ça me file des aphtes. -Ah mais c'est des huîtres ?
Fallait le dire. -Moi, j'aime bien.
Y a des câpres.
-La prochaine fois, gratin de câpres.
-T'as cuisiné que des trucs
auxquels je suis intolérant. -Tout, quoi.
Tu manges quoi ? -Mais je mange de tout.
À la maison, ma mère cuisine, mais je mange tout.
-Si, si. Il mange tout ce que sa maman lui fait.
-L'eau, t'aimes bien ?
-Oui. J'aime pas le goût, mais je peux en boire.
-Le portable, c'est quand même devenu la boîte noire du couple.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Je dis ça par rapport à l'histoire de Ben.
Imaginez le nombre de divorces si chacun fouillait dans le portable de l'autre.
-Si t'es clean... Non ?
-Hmm.
-Bah vas-y, alors. Montre.
-Quoi donc ? -Bah, ton portable. Montre-le.
-C'est perso, ça.
-Faudrait savoir. Tu viens de dire...
"Ça va, si t'es clean".
-OK.
Mais tu me montres le tien.
-Regardez, ils ont les mains qui tremblent.
Quoi ?
-Non mais toi,
Léa, tu laisserais Thomas regarder dans ton téléphone ?
-J'ai même pas mis de code.
-Bah oui, comme je suis pas fouineur. Et toi ?
Tu montrerais le tien à Vincent ?
-Ça m'intéresse pas ce qu'il y a dans son portable.
-Ça t'intéresse pas ?
-Non, ça m'intéresse pas.
Si tu veux voir le mien, y a pas de problème. Y a que
des photos de faux seins et de culs liposucés.
-Dis donc !
-C'est pro.
-Montre. -Non. Secret médical.
-Allez, il a vu ! -Secret médical.
-Secret médical, il te dit !
-Et si on faisait un jeu ?
-Un jeu ?
-Vu qu'on a rien à cacher. On pose tous nos téléphones,
et tout ce qui arrive ce soir,
mails, SMS, coups de fil, les trucs sur les réseaux sociaux, tout,
eh bah on regarde tout ensemble et on lit tout à voix haute.
Ce serait drôle, non ? -Drôle ?
Ça, je crois pas, non. Ça, c'est pas très drôle.
-Bah si, ça peut être marrant. Moi, je joue.
-Merci. -Ouais.
-Bah, allez ! -Allez !
Bah, Ben ?
-Faut arrêter les jeux.
Même au Trivial, on s'est battus !
-Mais enfin, c'est amusant !
-Non, c'est pas très amusant. Non...
-Qu'est-ce que t'as à être buté ?
-Mais c'est... Y a... Non.
-Bah si.
Je vais finir par croire que tu me caches un truc.
Vraiment, hein.
-OK.
-Pas obligé. -Voilà.
-Merci.
-Puis si on en a marre, on arrête.
C'est comme une version moderne du jeu de la vérité,
quand on était ados.
Bon, allez, chéri !
-"Chéri" ? -Oui !
-C'est qu'on est un vieux couple. Si ça te fait plaisir...
-Oui. -Tout ce qui te fait plaisir
me fait plaisir. -Perso, je trouve ça assez vulgaire,
tous ces portables sur la table. -Pourquoi ?
-On est à un dîner.
-C'est pour ça que tu le poses toujours à l'envers ?
-Ah, d'accord.
Très bien. Regarde.
Côté face, en plus. -Ah, j'adore !
-Moi aussi !
Musique intrigante
...
-Margot. -Salut, Margot.
-Fermez les fenêtres, elle va s'enrhumer.
-Je n'arrête pas de lui dire. -Je peux te voir ?
-Elle a grandi.
-Tu me vois.
-Tu peux venir, s'te plaît ?
-Bon, excusez-moi.
Viens.
-Convoqué par sa fille. Elle le mène par le bout du nez.
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Tu peux me donner de l'argent pour ce soir ?
-Tu pouvais pas demander ça là-bas ? -Devant maman, ça me saoule.
-Tiens, Ben.
Ton assiette.
Mais si, t'aimes ça, toi. -Marie, c'est quoi, ces huîtres ?
-Et après ? Du pâté dans du lait... -Non, du foie gras.
Bip -Stop ! On a un message.
C'est le tien.
"Je veux ton corps".
Bah c'est qui ? -Je sais pas.
-C'est une très mauvaise idée. Vaut mieux arrêter.
-C'est qui ? -Laisse.
-C'est un numéro pas enregistré. C'est une erreur.
Sonnerie "Ti Amo" C'est le même numéro.
-Réponds ! -Non.
-Je sais pas qui c'est. -Réponds, tu vas savoir.
Mets le haut-parleur.
-Allô, c'est qui ?
Oh ! C'est qui ?
Allô ? Répondez parce que... Je m'en fous, je raccroche.
-Tu raccroches pas !
Respiration
-On entend respirer. Y a quelqu'un.
-Hé ! On vous entend.
Ça va chier ! Répondez !
Oh !
*Gémissements
C'est quoi ce bordel ?
Hé, répondez, hein !
Oh ? Hé !
Hé ! *-Thomas,
mon amour...
-Oh !
-Il est con, lui !
-Mais...
T'es vraiment...
-Ça lui apprendra à se foutre de mes huîtres.
Ah, Thomas, j'ai envie de te voir tout nu. Tout nu !
Hmm...
-Non mais... J'en étais sûre, en plus. Je le savais.
-Y a que lui pour rire à ça.
Non mais, il est pas bien, ce jeu.
Je l'avais dit.
Il est pas bien.
-Je peux récupérer mon téléphone ? -Bien sûr. Merci.
Bonne soirée. -Et "au revoir" ?
-Ouais, au revoir.
-Oh... -Dis donc, elle est...
-Elle est pas toujours comme ça.
-Ah non. Ce soir, elle est bien.
-Hmm.
-T'inquiète, tu sauras faire, toi.
-"Tu sauras faire" ? -T'es enceinte ?
-Non, mais on y travaille. -Activement, même.
Très, très activement.
-Les enfants, c'est un choix confort.
-"Confort" ? Les enfants ? Tu te rends pas
bien compte de ce que tu dis.
-Si. Socialement, c'est confortable.
Tu te maries, t'as des enfants, tu rentres dans un schéma. T'avances.
-J'en veux pas pour être dans le schéma.
J'ai d'autres raisons.
-Cite-m'en une.
-Je sais pas, j'en ai plein. Y en a plein.
Euh...
Pour un couple, c'est un accomplissement.
-Désolé de te dire ça, mais c'est encore pire.
Vous deux, vous serez jamais heureux car votre bonheur dépend d'un autre.
-T'es lourd, Ben. -Ouais.
Je suis lourd.
Moi, je veux être heureux... par moi-même. Voilà.
C'est égoïste.
Bah je mourrai égoïste.
-Et seul, euh.
Je sais que quand elle va
m'annoncer que je suis le père, que je suis papa,
je vais chialer.
-Mon amour...
-Attends ses 17 ans, qu'elle t'envoie chier.
Et là, oui, tu vas chialer.
-Mais non.
Portable
-C'est ma sœur. Je fais quoi ?
-BAH RÉPONDS.
-C'est un peu le principe du jeu.
-Mets sur haut-parleur.
-T'es sur haut-parleur.
-OH ! -Quel balourd, celui-là !
*-Sur haut-parleur ? Tu le coupes ?
-Je peux pas. *-Comment ça ?
-Je peux pas, on joue.
-Bonsoir, Laurence. -Salut, Lolo.
*-Salut. Je comprends rien. Je te rappelle.
-Si c'est pour le travail à Nantes, ça m'intéresse pas.
*-On en reparle demain.
*Salut.
-Merde, j'ai raté.
-Oui, on a vu. -Pardon.
-C'est quoi, ce boulot à Nantes ?
-Laurence, par un copain, m'a trouvé un poste de remplaçant, en lycée privé.
-Oh ?
-Pourquoi tu le prends pas ?
-C'est loin. -C'est pas Shanghai.
-J'adorerais habiter au bord de la mer. -Y a la mer, à Nantes ?
-Bah oui. Enfin, à moitié, quoi.
-Vous voulez plus me voir, c'est ça ?
-MAIS NON !
-Mais non, oh ! -Ouais, ouais.
-C'est sympa, mais j'ai envoyé mon CV partout.
Un jour, l'occasion se présentera.
-Ils peuvent pas te virer. Tu les attaques, tu gagnes.
-Ils m'ont pas
licencié. Ils n'ont pas renouvelé mon contrat. Nuance.
-Ils t'ont donné une raison ?
-Ils veulent changer de prof de gym. Ils veulent un plus jeune.
Ça va, je vais régler ça tout seul. Sans aller à Nantes.
Si c'est pas ce poste, ce sera un autre. -Ils ont pas fini.
-Si, si. -Vous avez même pas commencé.
-Si, si, si.
C'était bon.
Merci.
-Un coup de main ? -Non, ça va.
Musique intrigante
...
Conversation
...
-Ça va ?
-Ouais.
-C'est un pont qui...
-T'es bourrée ! -Non, je suis pas bourrée.
-Ça a l'air tendu entre vous deux. Il s'est passé un truc ?
-Ouais, 15 ans de mariage.
On arrive plus à se parler sans s'engueuler.
Comment tu fais, avec Marie ? -Comment je fais quoi ?
-Pour que ça se passe bien ? -Ah...
Goûte. -Non.
Je peux pas, t'as mis du lait.
-T'as une portion sans. Goûte.
-Un petit bout. -Allez.
-Ça brûle. -Mais non.
Tiens.
-C'est chaud. -Mais bon.
-Ah ouais. T'as mis des câpres ? -Non.
-Tu devrais.
-OK.
-Sérieusement ? Avec Marie ?
C'est quoi ton secret ?
-Bah j'improvise.
Et parfois pas.
Tu passes le plat ?
-C'est quoi ? -Purée de brocolis.
-Oh ! -Hé, hé ! Et voilà !
-Ah...
-C'est quoi ? -Du foie gras dans du lait.
-Commencez pas tout de suite, l'accompagnement est pas prêt.
-Hmm... Portable
Oh, c'est moi. C'est mon père.
Bonsoir, papa. *-Ça va, ma chérie ?
-Ça va bien. On dîne
avec les amis, là.
*-Je te dérange pas trop.
*Weiss est d'accord pour t'opérer, le mois prochain.
*Je t'envoie son téléphone.
-C'est gentil, papa, merci.
T'embrasses maman ? *-Oui.
*Bonsoir, chérie. -Bonsoir.
-C'est... C'est quoi ? C'est...
C'est quoi, cette opération ?
-Ah non mais... c'est vraiment rien de grave.
C'est une mammoplastie d'augmentation.
Je me fais refaire les seins.
-Ah... -Ah !
-Sers-moi à boire. -Ah !
-Tu te fais refaire les seins ?
-Bah... oui, moi.
-Bah pourquoi ? T'es psy.
-Et alors ?
-Elle a raison.
Une psychanalyste, ça se fait pas refaire les seins.
-Ça fait bizarre.
-Elle se fait refaire quoi ?
-Rien.
-Rien. Rien !
-Pourquoi ? Si j'en ai envie.
-C'est ça, le problème. Tu devrais pas en avoir envie.
T'es psy ! -En tant que psy, tu devrais
t'accepter tel que t'es.
-Bah voilà.
-Quand on refait ses seins, on s'accepte pas ?
-NON.
-Bah écoutez, j'accepte tout, sauf mes seins.
-Pourquoi Vincent
te les refait pas ? -Oui, c'est bête.
Faut le payer, l'autre.
-Pour sa fille chérie, papa veut le meilleur :
le Pr Weiss, de Genève. Le chirurgien des stars.
Pas un Vincent Le Guen qui liposuce les caissières.
Vous savez, son père aurait rêvé qu'elle épouse
un cardiologue, un neurologue.
-C'est reparti avec tes complexes. -C'est pas vrai ?
-Un mari peut pas refaire les seins de sa femme.
C'est logique. S'il te fallait un psy,
tu viendrais pas me voir.
Faudrait déjà que tu trouves mon métier utile.
-Je dis pas le contraire.
-Oh, arrête. -Et nos métiers se ressemblent.
Tu répares les têtes, moi les culs.
Pour que les gens aillent mieux.
Toi, ça prend des années. Moi, 2 h. C'est moins chic, mais plus rapide.
Bip
-Oh !
-On se calme. Brocolis.
-Attends, je vais... Y en a plus.
Quelqu'un ? Du blanc ? Encore ? Oui. Bon. Allez.
Je vais le chercher.
Musique intrigante
-Des brocolis ?
...
On va au McDo, après.
...
-Benoît, j'ai un petit souci.
Faut que tu m'aides.
-"Benoît" ? C'est pas bon signe. -Non, c'est pas très grave.
Enfin si, un peu.
Euh, voilà. J'ai une amie qui m'envoie tous les soirs une...
-Une ?
-Une photo d'elle.
-Ah, d'accord... Je vois le genre. -Non, non.
C'est pas ce que tu crois. C'est une private joke, pour rire.
-Pour rire ? -Voilà.
-Mais ça va pas faire rire ta femme. -Justement. C'est là où t'interviens.
-Je vois pas comment. -On a le même iPhone.
On échange le temps de recevoir la photo.
-Et je passe pour un con. Merci.
-Tu t'en fous, t'es tout seul. -Non !
Je suis plus tout seul.
-Ce soir, t'es tout seul.
Je la connais à peine. En vrai, je l'ai jamais vue.
Benoît ?
On est amis depuis le CE2. Il faut que tu me sortes de là.
-Je suis aussi ami avec Charlotte. Depuis moins longtemps,
mais ça me met mal à l'aise.
-Mal à l'aise ?
Je te demande d'éviter un drame, et ça te met mal à l'aise ?
Une famille brisée, des enfants ballotés,
des pleurs... Pourquoi ? Parce que monsieur est mal à l'aise ?
-C'est quoi comme genre de photo ? -Mais rien... Soft.
Allez, Ben.
-Non. -Quoi ?
-Non.
-Ben ? -Non, non, non.
-Quoi ?
Ben ?
Reviens !
-Et dans une yourte ? -Une yourte ?
-Ouais. -Ou sinon, on va en Normandie ?
-Attends, on peut changer, pour une fois.
-Le K-way au mois d'août, c'est bon.
-Attends, je vais servir. Mais, dans une yourte,
c'est pour s'amuser, faire une activité. -On peut s'amuser ailleurs.
-On pourrait faire une croisière en péniche.
-C'est chouette. -Marie a le mal de mer.
-Si je suis enceinte cet été, je risque de l'avoir aussi.
-Je manque de pain. D'habitude, vous en mangez pas.
-D'habitude, on arrive à manger le reste.
-Bah qu'est-ce qui se passe ?
-Je sais pas si je peux te le dire.
-Charlotte, tu sais que tu peux tout me dire.
-Ouais. T'as raison.
Voilà...
Ton mari...
Hmm...
Ton mari voit une psy.
-Vincent ? -Oui.
Il l'a dit à Marco, je devais jurer de rien dire. Tu dis rien.
Oh ! C'est le mien !
Portable
-Steve Jobs ?
...
-C'est le mien. C'est le mien !
-Steve Jobs !
-Ça va, c'est le boulot.
-Bah décroche.
Décroche.
-Je te dis que c'est le boulot. Ça va être chiant, long.
-Je veux bien qu'on triche,
mais moi, j'arrête. -Bah oui...
-Monsieur est suspicieux.
...
Allô ?
Allô, Jean-Yves ?
*-Mme Courtois ?
-Oui. Bonsoir, Jean-Yves. *-Bonsoir, Mme Courtois.
*Désolé de vous appeler si tard mais je pars demain en vacances.
*Votre ordinateur est prêt.
-Oh ! Merci beaucoup. *-Je le dépose à l'accueil.
-Très bien. Je l'aurai lundi.
*-Oui.
-Et... bonnes vacances. Vous partez où ?
*-Au soleil, avec ma femme. C'est un peu notre voyage de noces.
-Bah bon courage, alors.
*-Euh...
*Oui, merci.
-Au revoir.
Voilà. Rassuré ?
-"Steve Jobs" ?
-Bah, il est informaticien. J'allais pas l'appeler Zidane.
Bip
...
-En parlant de foot.
Pascal : match demain.
-Ah oui. Moi aussi.
-La même.
-Demain ?
J'ai rien reçu.
-T'as pas de réseau ?
-Ça passe mal,
parfois, ici. -T'es chez qui ?
-Vous m'avez viré ?
-Me regarde pas. -Mais non !
-Vous êtes des merdes.
Je suis le seul pro et vous m'appelez que pour remplacer le gardien.
-Professionnel ? -Je suis prof de gym, non ?
-Ah, pardon, c'est vrai.
-Éteins-le et rallume-le. Parfois ça fonctionne.
Thomas rit.
Ou alors, tu le portes plus haut.
Comme ça, tu captes.
...
-Quoi ?
Bip
-Carole Centrale. -Casse les bonbons.
-"Rappelle-moi, très urgent."
-Avec trois "!!!".
-C'est qui cette Carole
que tu dois appeler très urgemment ? -La centrale des taxis.
-"Une voiture, angle Saint Paul, dans 10 mn."
-Rappelle-la quand même. C'est le jeu.
Moi j'ai dû répondre à Steve Jobs.
-Là, pouce. Pouce. -"Pouce" !
-Y a pas pouce. Y a pas pouce !
-Ça va nous pourrir le week-end. -Mais oui.
-Pouce, pas pouce. J'arrête de jouer.
-Non, Marco.
Si elle veut me faire bosser, je pars tout de suite.
-Dommage. On brûlait de la connaître, cette Carole.
-Avec trois "!!!". Du pain ?
-Franchement, vous seriez déçus. Elle est hyper vulgaire,
tatouée, dégueulasse, avec des seins refaits.
-Ah bah merci. -Non, mais...
Putain, pardon. Pas refaits, enfin... Euh...
Elle, c'est refait, mais...
elle c'est... c'est euh...
C'est vraiment, elle a... Elle, c'est trop refait.
Sonnerie
-Oh, putain !
-Qu'est-ce qu'il a ?
-Gastro ?
*-Are you ready? Go! One, two. One, two. One, two.
-Qu'est-ce tu fais ?
-C'est une appli, Fizz Up. Programme d'entraînement, 20 semaines.
20 secondes dès que ça sonne. -Et tu perds 20 kilos ?
-Non, huit.
-Bah, c'est mal foutu.
-Depuis quand ?
-Hier. Je dois le faire quand ça sonne. C'est la condition.
-Même la nuit ?
-Si ça sonne. -Tu l'éteins, personne le saura.
*-See you later.
-Non, je peux pas. Moi, je triche pas.
-À ta place, je tricherais. -Moi aussi.
-20 semaines jour et nuit ? -Avec la liposuccion,
la nuit, tu dors, hein. -J'aime pas les piqures.
-Ah...
-Je veux redevenir un prof crédible.
Et que les SMS du foot arrêtent de se perdre.
-Ton appli sait que tu reprends du foie gras ?
-Quand c'est bon, ça fait pas grossir.
-Dans ce cas, reprends-en.
-Oh ! -Oh !
-Oh, quelle conne !
-Heureusement, c'est pas du biodynamique. Ça ferait des trous.
-Viens, je vais laver ça.
-C'est bon.
-Ça va tacher. -Je vais me changer.
-Je te mets de l'eau, ou ça va être taché.
-Bon. -Viens.
-Elle est maladroite. -Morte, la chemise sur-mesure !
(-Ça y est.)
-Quoi ?
(Non ! Je te dis...)
(-C'est fait.)
(-J'avais dit non !)
-Hé ? Pour cet été :
du rafting en Ardèche ?
-Marco, tu sais pas nager. -Très juste.
-Je suis maladroite... Je suis désolée.
Musique mélancolique
...
Pourquoi tu m'as rien dit ?
-Rien dit ?
-Pour la psy.
-Ah...
...
-C'est qui ? Je la connais ? -Non.
-Tu la vois depuis quand ?
-Six mois.
...
T'es fâchée ? -Non.
Un peu, oui.
...
C'est quoi qui t'a décidé ?
-Je sais pas... Plein de choses.
Je veux pas qu'on finisse
comme Ken et Barbie.
Toi avec des seins en plastique et moi sans couilles.
...
Bon, je vais me changer.
-Embrasse-moi avant de manger ça.
-Mais c'est bon. Goûte. -Non, ça sent bizarre.
Pardon !
-C'est gras. -C'est gras, ça ?
-Ah oui, c'est gras. Très difficile à digérer.
-Ça va, Marie ? -Oui. Il est parti se changer.
C'est bon ? -Super bon.
-Oui, mais c'est un peu...
Un peu gras pour moi.
Bip -OH !
-C'est à qui ?
-C'est le tien, Ben.
-Une photo ! -"X" ?
C'est qui, X ?
-C'est mystérieux. -Oui, c'est qui, ça ? X ?
-Non, c'est une collègue de travail à Sainte-Geneviève.
Enfin, c'est pas une prof. C'est une dame de l'administration.
Elle est pas titulaire.
Elle fait un stage.
Et elle m'envoie
des photos, de temps en temps. Pas... Pas très souvent.
-Montre.
-Aucun intérêt. Je les regarde jamais.
-C'est le jeu. Montre-nous la photo.
-Tu nous la montres. -On a tous joué le jeu.
-Même lui, il la regarde pas. -Mais on peut la regarder.
-C'est le jeu, enfin !
Montre !
-Montre. -Montre-nous !
-Oh, putain.
-Tu peux le casser, comme ça.
-Montre-nous ça.
-Ouais !
-Oh, la vache ! La vache !
Oh ! -Fais voir !
Montre !
-Mon salaud ! -Arrête.
-Regarde.
La souplesse.
-Montrez !
-La souplesse ! -J'ai vu.
-OH !
-Montre-la. -C'est pas pour les filles.
Regarde pas. Vincent ! Vincent !
Toi qu'es du métier.
Vincent ! -Donne le téléphone.
-Regarde. Qu'est-ce que t'en penses ?
-Oh, putain !
On sait même pas dans quel sens la regarder.
-Fais voir !
-C'est pas pour les filles.
-Charlotte. -Oh, les harpies.
Elles sont folles.
-Oh ! -Oh la vache !
C'est avec elle que tu devais venir ?
-Non.
-Ah, c'est dégueulasse !
-Montre à Marco. Montre à Marco ! -J'ai vu, Charlotte.
-Même moi, j'y arrive pas.
Avec une gastro, tu peux pas faire ça. J'y arrive pas.
-Médicalement, ça serait inconscient.
-Mon salaud ! -Il s'embête pas.
-C'est qui, X ?
-C'est une private joke, c'est pour rire.
-J'adore votre sens de l'humour. J'adore !
-À X !
-À X Woman. -Sans la connaître, je la trouve sympa.
-Grave.
Tu me le feras ?
-Allez, Marco, oh ! -Oui.
À X.
Sonnerie canard
C'est lequel ?
-Le tien.
-C'est quoi,
cette sonnerie ? -Je sais pas.
C'est les gosses qu'ont dû jouer avec.
Ah ! C'est... Julien. Très sympa. Il me demande si ça va.
Pas très intéressant.
C'est gentil. -Oui...
Mais c'est qui, Julien ?
-C'est un collègue, au travail. Comme ton Jean-Yves.
Il est au service juridique.
Un type très sympa.
Que je t'ai présenté au pot
de fin d'année. Vous avez parlé.
-Hmm... -Si.
-Je m'en souviens pas.
-C'est le problème. Tu te souviens de rien. Compliqué.
-Pourquoi il demande comment tu vas ?
À cette heure-là ? -Parce que...
cet après-midi, on s'est pris le chou sur un truc de compta, chiant.
-Faudrait savoir, hein. Chiant ou sympa ?
-Sympa et chiant, c'est possible ?
C'est pas indissociable, que je sache.
Je vais lui dire que je dîne avec des amis,
qu'on en reparle lundi. -Non mais...
Pourquoi tu lui dis où t'es ? Tu t'en fous.
C'est un collègue. Tu dis que t'es au lit, et basta.
-Mentir pour se réconcilier, c'est jamais le bon chemin.
-Au lit à 21h30,
c'est bizarre. -Ouais, c'est un peu bizarre.
-Et ? Qu'il dise la vérité.
-Oui, la vérité.
-Non ! Cris de peur
-Ben ! -Il est malade, ce mec.
-On a plus de vie privée ?
Avant on disait : "Ça va ?"
Là, on dit : "T'es où ?" On s'en fout ! Laissez-nous respirer !
-Il m'a juste demandé comment j'allais.
-Mais oui ! L'endroit où t'es ne regarde que toi.
Ces trucs-là, ça nous prive de toute intimité.
On est des victimes consentantes
qui perdons chaque jour du libre-arbitre.
-Je suis bien de ton avis,
et je ne réponds pas.
-Non ! Parce que tu es libre.
Bip C'est à qui celui-là ?
-À Vincent. -T'as un message.
-Hmm. Bip
-Ah ! Moi, j'ai un mail... -Oui mais Vincent d'abord.
-OK.
-Bah oui...
-Bah ? -Bah ?
-Bah alors ?
-Bah...
30% chez Jardiland et je peux pas y aller.
-Oh !
Il est con !
-Charlotte, à toi.
-Non, attends.
-Dis donc, ça va ? -Il est fou.
-Cyril, lire dernier mail. -"Siri", pas Cyril.
*-Mail à 21h39.
*Maison de retraite Senior Résidence
*a envoyé un e-mail sur "dossier d'inscription" :
*"Madame, nous vous confirmons accusé de réception
*"de votre dossier d'inscription à la résidence pour personnes âgées.
*"Nous reviendrons vers vous
*"pour bénéficier du 1er mois gratuit en cas d'inscription.
*"Caroline Agranier, directrice."
*Voulez-vous répondre ?
*Voulez-vous répondre ? -Non.
Non. *-Madame...
-Senior Résidence ?
-Mais oui ! C'est qui, ces maboules ? Un mail à cette heure-là ?
-C'est quoi ?
C'est un hospice ? -Je sais pas.
Ah ! Ah, si.
C'est la semaine dernière,
je suis allée là-bas avec une copine, une collègue de travail,
qui voulait voir sa maman là-bas.
Alors, voilà. J'ai visité un petit peu, et c'était tellement beau.
Je sais pas, j'ai dû prendre des renseignements.
-Des renseignements ?
Il parle d'une inscription.
Tu veux envoyer ma mère à l'hospice ?
-C'est... C'est pas un hospice, OK ? -Je m'en fous.
-C'est une résidence. -Arrête.
Là, on parle d'une femme qui t'adore.
Qui malgré ses problèmes de hanches, gère tout :
la maison, les enfants...
De tout. -Et en échange, elle est nourrie, logée.
-Tu voudrais que je fasse payer un loyer à ma mère ?
-Bah... -Oh !
-Thomas... -Oui.
J'ai envie de dire pourquoi pas. Elle a une pension.
-Tu sais combien on économise grâce à elle en baby-sitter ?
Tu réalises pas. Mais on peut s'y prendre autrement.
Mais dans ce cas, le ski : fini.
-Oh, mince, le ski...
Tu peux admettre que depuis qu'elle vit chez nous, c'est plus pareil.
-À quel niveau ? Tu peux développer ?
-À quel niveau ? Bah je sais pas...
À un niveau en particulier auquel je pense, là.
-Très bien. Lequel ?
-Arrête. Tu sais très bien de quoi je parle.
-Non,
je sais pas, non. -Si.
Oui. -Non.
-Oui... -Je comprends pas.
-Oui. Oui ! -Non.
Non.
-Oui !
-D'accord.
C'est parce que ma mère habite chez nous
qu'on fait plus ensemble ce dont tu parles ?
-Oui, je crois que c'est pour ça. -Non mais c'est vrai
que, inconsciemment, la proximité de la mère...
peut avoir un effet castrateur.
-C'est connu. -Castrateur.
Ah oui, je te le confirme. Castrateur.
-Non, enfin oui. Moi, par exemple, j'adore ma belle-mère,
mais je pourrais jamais vivre avec elle.
-Moi aussi. Même si ma mère me payait un loyer, je pourrais pas.
-Ces nouveaux hospices, c'est le Club Med.
-C'est pas un hospice !
-Oui, non. Oui, pardon.
Pardon.
Et... faut quand même admettre que ta mère, elle est...
Elle est pas...
Enfin, elle est très...
Enfin...
Tu la connais, c'est ta mère. -Je vois pas.
-Marco, quand j'étais petit, elle me faisait peur.
Elle me dérouillait
plus que mon père. Sa mère, elle a des mains. De la barbe.
-Je l'adore,
tout le monde l'adore, ta mère,
mais avoue qu'au niveau casse-couilles, elle est sur le podium.
-Toi aussi ? -Mais non mais franchement ?
T'es le 1er à le dire.
-Je reconnais qu'elle a son caractère. -AH !
-Amen ! Merci.
-On fait la photo ?
-Ah oui, la photo.
-Y a que Ben qui prend le sien.
Les autres, laissez-le. -Non. Non plus.
T'as des problèmes de stockage. Tu fais trop de photos.
Léa, on peut utiliser le tien ?
-Bien sûr. -Tu fais trop de photos.
-Ça va,
sur ta perche, c'est universel ? -Oui.
-Dès qu'une place se libère,
tu reçois un mail : paf, un nouveau vieux !
-Mais ils sont complets tout le temps ! -Ils sont forts.
L'avenir, c'est les vieux. C'est les vieux.
-Allez. Tassez-vous, qu'on voie l'éclipse.
Un...
Deux...
Trois...
-Qu'est-ce qu'il veut,
lui, à cette heure-là ? -Je sais pas.
-C'est qui ? -Son ex. Léa, il veut quoi ?
-Je sais pas. Y a écrit "Salut".
-Bon, on fait la photo. -Son ex ?
-Un...
Deux... -Thomas, souris.
-Tais-toi. Je m'en fous de ce mec.
-C'est son ex ? -Oui, c'est son ex.
-Allez. Un, deux, trois...
-Pourquoi tu l'as enregistré
sous son prénom ? "Yvan" ?
-Parce qu'il s'appelle Yvan. Je mettrais quoi ?
-Son nom et prénom comme tout le monde.
-Oh, bébé...
-Mon frère, t'as mis Pascal Auclert. T'as pas mis "Mon beauf", ou "Paco".
-Arrête, c'est son ex ! Dans "ex", y a quoi ? Y a "ex".
-Oui, oui... -Y a "sexe", aussi.
-Bon... -Qu'est-ce qu'il est con !
-Moi je dis, les ex, c'est... dangereux.
On fait la photo. -Un...
-Si tu l'as quitté, c'est plus le cœur qui parle, c'est l'ego.
-Bon. Un...
-Qui a quitté qui ? -C'est moi qui l'ai quitté.
-C'est l'ego. Il va pas te lâcher.
-Arrête. Je sais ce que tu fais. On fait la photo ou pas ?
-Vois avec Ben. -Ben, putain, t'es prêt ?
-Il me dit ça à moi... Allez. Un, deux...
-Thomas, souris. -Je suis zen. Il est inoffensif.
-Allez, un... Bon, on fait la photo, là ?
Un, deux, trois...
-Putain !
Je te jure, je vais le tuer.
Je vais le tuer, je m'en fous.
Je vais le tuer ! -C'est pas ce que tu crois.
-C'est quoi ce message ? -C'est pas avec moi
qu'il a envie... -C'est un texto groupé ?
Alors c'est quoi ? Je...
Putain, arrêtez de vous marrer.
-C'est pas sympa. -Vas-y, je t'écoute.
-Yvan, il voit une autre fille depuis quelques mois.
Pour elle, c'est juste du cul, et lui, il fait comme si.
-Et alors ? Je comprends pas.
-Il fait style je m'en fous, mais il l'aime.
Il sait pas comment lui dire, ça lui fait un mal de chien.
-Qu'il appelle un vétérinaire, alors. Pas ma femme.
Marco, arrête de te marrer !
-Franchement... Bébé ?
-Reviens ! On fait la photo.
-On la fera tout à l'heure.
-Un vétérinaire...
-Ça va pas ou quoi, là ?
Pourquoi tu pètes un plomb sur Yvan ?
-On fait la photo, là.
On la fera jamais, la photo.
-Bon, je l'appelle.
-Pas la peine. Je m'en fous. -Pas moi.
-Si tu me crois jaloux...
*-Une heure avant la disparition complète.
*Tous se tiennent prêts, ne voulant rien rater.
*-Merci de me rappeler.
*C'est une urgence.
-Elle t'a appelé ? *-Non, proposé de passer.
-N'y va pas, ce sera pire.
*-Impossible. C'est obsessionnel.
*Non, j'en suis malade. Physiquement. Je vais y aller.
-Pourquoi tu m'appelles si t'y vas ?
*-Bah, à qui veux-tu que j'en parle ?
-Bon, je sais pas quoi te dire, Yvan.
Bah... bonne soirée, alors.
*-Bah, merci.
-Salut.
Voilà. Satisfait ?
-Il t'appelle souvent ?
-De temps en temps. -C'est-à-dire ?
-Chaque fois qu'il a envie de... -J'ai compris. Ça va.
-Il m'appelle en pleurs. Je fais quoi ? Je raccroche ?
-M'en fous.
Donne-lui le numéro de Marie. Il lui faut une psy, pas son ex.
-Bon, y a du fromage. Allez, à table.
-Formaggi !
-T'es lourd, hein.
-T'es pas allergique au lait ? -Médicalement,
c'est bizarre : pas au fromage.
La fermentation...
-D'un point de vue médical,
le diagnostic est simple : t'es chiant.
-Pas du tout.
-Si, si. -C'est pas ça.
Fracas Charlotte ? Tu...
Je m'en occupe. Reste assise. -Non, ça va.
-Je vais débarrasser.
Reste assise.
-Ça va...
-Tu sais quoi : ton Yvan, c'est avec toi qu'il veut baiser.
-Mais... n'importe quoi !
-J'ai plus aucun contact avec mes ex.
-Elles veulent plus te parler. -Arrête ! Je suis sérieux.
-Si ça te travaille,
je lui dis de plus m'appeler. Tu veux ?
-Ce serait mieux. -C'est absurde
de plus parler à un ami parce que ton mari a pas confiance.
-Quoi ? Ça n'a rien à voir. J'ai confiance en elle.
C'est en lui que j'ai pas confiance. Je les connais. C'est un chien de talus.
-Pourquoi ?
Il a l'air sympa, cet Yvan. -Mais oui, très sympa.
-C'est bien lui qui habite à Nantes ?
-Nantes ? Là où tu rêves d'habiter ?
-C'est vrai ! Tu l'as dit quand on parlait du boulot de Ben.
"Je rêverais d'habiter à Nantes. C'est une ville super."
Explique-toi.
-Ça risque de te faire beaucoup de peine.
T'es sûr de vouloir savoir la vérité ?
-Ouais. Ouais, je suis sûr.
-Tes deux amis d'enfance se foutent de ta gueule.
Ils rient.
Il habite pas à Nantes.
-Bande de cons !
-Elle est bien.
-Il est con, lui !
-C'est plein de germes.
-Pardon, mon amour. -Fromage.
-Ouais.
Fromage !
Musique intrigante
...
-Il dit : "Oui, j'ai monté une boîte."
Une boîte de quoi ? T'as jamais été bon en rien.
Donc il dit : "J'ai inventé un truc pour transformer
"la merde en beurre."
-Faut pas dire ça. -Laisse-moi raconter.
-Y a pas de fin.
Pas de chute.
-C'est une blague.
-Téléphone.
-C'est Margot. -Bah oui. Bah décroche.
-Bonsoir, chérie. Tout va bien ?
*-Oui, oui, ça va. Je peux te parler ?
-Je t'écoute, ma chérie.
*-Euh...
*C'est pas... C'est pas évident à dire,
*mais les parents de Tristan sont pas là ce soir,
*et il me propose de quitter la soirée pour aller chez lui.
*Que tous les deux.
*Et... Enfin, tu...
*Tu vois ?
Musique mélancolique
*Papa ?
-Et tu en penses quoi ?
*-Bah...
*Je sais pas trop quoi faire. Parce que je m'y attendais pas et...
*Enfin, pas ce soir. Et le truc, c'est que...
*si je refuse, ça va faire un malaise entre nous, et...
*Je...
*Je... Je fais quoi ?
-Si tu y vas seulement par peur que ça crée un malaise,
bah n'y va pas.
Tu dois être sûre.
*-Je... sais pas quoi faire.
*Parce que ce matin, quand tu m'as donné la boîte de...
*de préservatifs, bah en vrai, j'étais...
*j'étais vraiment gênée.
-C'était pas pour que tu les utilises forcément ce soir.
*-Non, moi je pense que...
*tu l'avais senti et maman, comme d'hab, elle avait rien compris.
*Papa ?
-Oui, ma chérie ? *-Je fais quoi ?
-Tu sais,
c'est pas facile pour un père de conseiller sa fille pour...
pour une chose aussi importante.
Y aurait que moi, je te dirais :
"Le fais pas.
"Le fais jamais.
"Reste ma petite fille pour toujours."
Mais ça, c'est pas possible.
Alors c'est toi qui dois décider.
Ce moment-là, tu l'oublieras jamais.
Donc, faut que ce soit un beau souvenir.
C'est bête à dire comme ça mais...
des premières fois, y en a qu'une.
Alors si au fond de toi,
t'es pas convaincue,
bah le fais pas.
Y aura d'autres moments, crois-moi.
*-Ouais.
*Heureusement que t'es là.
*Maman, elle sait que m'engueuler. Elle comprend jamais rien.
*Elle m'écoute pas, donc...
-Mais si, bien sûr qu'elle t'écoute, mais...
Tu sais, c'est pas facile pour elle non plus.
Elle a aussi l'impression que tu la comprends pas.
*-Je crois que tu l'aimes trop pour t'apercevoir
*à quel point elle est chiante.
*Bon, le voilà. Je dois y aller.
-Margot... *-Merci.
...
-Tu t'en es vraiment bien sorti.
Ça te fait du bien
de voir le psy.
-Ça va.
Je sais que vous savez.
-Tu t'en es très bien sorti.
-Hmm.
Sonnerie canard -Ah ! Ouais. T'as...
-Ah oui.
Pourquoi il insiste ?
-Il dit quoi ? -Il dit : "Alors, tu réponds ?"
-Hmm... -Réponds-lui, qu'on en finisse.
-Non.
-Marco ?
Réponds.
-Euh...
-On a dit non. -Ben, c'est bon.
On a compris. Marco, tu réponds, basta.
-Oui. "Je dîne avec des amis. À lundi."
Moi,
avec ma mère, petit, elle... Sonnerie canard
-Connard !
-Hein ?
-Il te traite de connard.
Pourquoi il est agressif comme ça ? -J'en sais rien. Tu penses bien.
C'est lui, le connard !
Que veux-tu que je te dise ?
Portable
-Bah vas-y.
Demande-lui. Il appelle.
Réponds. -Non, il va nous faire chier.
-Réponds.
Voix basse -Allô ?
*-Ça sert à rien
*de jouer l'extinction de voix. Si t'étais malade
*comme tu m'as dit, tu serais pas allé à ce dîner.
*Ouais, c'est ça.
*Réponds pas.
*Ton problème, c'est qu'en vérité,
*tu sais pas vraiment si t'aimes les hommes.
*Alors va te faire foutre.
-Hé, vous allez pas vous imaginer que... Vous êtes maboules, là !
Vous me faites peur. C'est un collègue
homo, qui a flashé sur moi. J'y peux rien. C'est gênant.
Mais j'y peux rien.
Rire jaune
...
-Il s'est passé un truc avec ce mec ? -Hein ?
-Il s'est passé quelque chose ?
Oui ou non ? -On arrête de déconner.
Charlotte, c'est un mec qui fantasme, je te dis.
Aidez-moi. Je vous en supplie.
Dites-lui.
-Non, c'est vrai que les pédés, enfin, les homos,
ils pensent que les autres mecs le sont aussi.
Un peu. Sans le savoir.
Et donc ils sont là, ils tentent leur chance.
-Un peu homophobe comme généralité.
On se lève pas homosexuel. Y a des signes avant-coureurs.
-C'est ça que je dis. -Je me souviens,
petit, il venait souvent à l'école en robe.
-Non, arrête.
-Hein ? Ben ? Tu confirmes, non ?
-Marco ?
Il s'est passé quelque chose ? -On est mariés
depuis 15 ans. C'est moi, ton mari !
Tu me reconnais ?
Regarde-moi.
Regarde-moi.
Charlotte, tu me regardes.
Sérieusement, tu me vois avec un mec ? Tu me vois, oui ou non ?
Y a rien entre ce type et moi.
Je le jure sur la tête de nos enfants.
-OK.
Sonnerie canard
Tiens...
Il dit que tes baisers lui manquent.
Il jure
sur la tête de mes enfants.
J'ai épousé un monstre.
Un monstre.
-Je sais plus quoi dire. -Dis rien, alors. C'est mieux.
-Pardon ?
C'est quoi, ce ton ?
Tu vas t'y mettre aussi ? -Non, non.
Ben, passe-moi la salade.
-Si t'as un problème, vas-y. On en parle.
-Non, j'ai pas de problème. Très bon, le fromage.
-Arrête, Thomas. C'est le même, ton ami, avec qui t'as tout partagé.
-Ah non. Pas tout. Heureusement.
-Thomas, c'est bon, là.
-Ça me pose pas de problème. J'ai rien contre.
Il fait ce qu'il veut.
-T'as rien contre ? -Attends...
C'est quoi ton problème ?
De l'apprendre là ou que je sois peut-être pédé ?
Dis pas "homo". Dans ta bouche de beauf, ça sonne faux.
-Dans ma bouche de quoi ? -Beauf.
-Répète. On sort ? Ma bouche de quoi ? -Ça va.
Du calme !
-Moi, je me calme ? -Oui.
-Pardon, je m'excuse. Notre pote, il nous ment depuis 35 piges,
et y a que moi que ça gêne ?
Si c'est ça être un gros beauf, alors je le suis.
*-L'ombre de la Terre est venue la grignoter.
*Phénomène rare,
*l'axe est à son périgée, au plus près de la Terre, parfaitement aligné.
-Pédé, pédé, pédé,
pédé, pédé... Pédé !
Je peux le dire, c'est mon mari.
-Il dit peut-être la vérité, c'est un collègue
qui se raconte des histoires. -J'ai plein de mecs qui fantasment
qui viennent me voir au cabinet.
-C'est pas parce qu'il s'épile le torse...
-Mais t'es conne, ou quoi ? Ses baisers lui manquent !
Qu'est-ce que vous comprenez pas, là ?
Musique intrigante
...
Depuis combien de temps ça dure ? Hein ?
-Ça devient ridicule.
-Depuis combien de temps ça dure ?
Dis-le-moi.
...
-Depuis pas longtemps.
...
-Bon, s'il vous plaît.
-Non.
...
-Et avant lui ?
-Quoi ? -Avant lui, combien ?
-Avant lui,
personne.
Merci pour le dîner.
-Pourquoi maintenant ?
-Viens, on s'en va.
-Bah oui. Voir si les enfants vont bien.
T'as juré sur leur tête.
-Charlotte, viens avec moi.
-Non.
Toi, tu rentres.
Moi, je reste ici.
-Charlotte ? -Ouais. Charlotte, elle reste.
Sonnerie "Ti Amo"
...
C'est pour qui ? Max Bijoux ?
-Moi. Laisse tomber, Chacha.
Laisse tomber.
*-Allô, Tom ? -Oui, je vous le passe.
-Fais pas ça.
Fais... Elle est folle.
Ouais, Max ?
*-T'écoutes pas tes messages ?
*Je t'en ai laissé 10. -C'est compliqué, ce soir.
Je vais te rappeler. *-J'étais limite parano.
*Elle a aimé le collier, au moins ?
-Ouais, ouais, super. (-J'adore.)
*-Fallait me faire confiance.
*On croirait à de l'or.
-Je te rappelle ? C'est pas le moment. (-C'est pas grave.)
-Salut. *-OK. Ah, et les boucles d'oreilles ?
*Elle a aimé les boucles d'oreilles ?
-Je peux te rappeler ?
*-T'as pas l'air sûr. -Je te rappelle. Ciao.
-Qui a aimé les boucles d'oreilles ? -Personne.
-Personne ? Elles étaient pour qui ? -Pour toi.
-Bah elles sont où ? J'ai même pas les oreilles percées.
-Je sais. C'est pour ça que je te les ai pas données.
Faut arrêter avec ce jeu, là.
Faut arrêter.
Sonnerie "Ti Amo"
...
Relou, celle-là.
...
-C'est elle, les boucles d'oreilles ? La centrale ?
-Mon amour, elle va me faire bosser.
C'est tout.
Donne-moi ça.
Donne-moi ce téléphone. Léa ?
Léa, pose ce téléphone.
-C'est elle ? -Pose le téléphone.
Viens. Donne-le-moi.
*-Allô, Tom ? -Donne-le-moi !
*-Allô ? Bébé ?
*Mon amour,
*faut que je te voie vite.
*Je suis en panique.
*J'ai acheté un test, j'ai une croix bleue.
*Ils disent que c'est positif.
*Positif, c'est qu'on est enceinte, non ? C'est ça ?
-Oh non... *-Allô ?
*Mon amour ? Tom ?
*Tu m'entends ? Allô ?
Musique pesante
...
-Mon amour...
Musique cocasse
...
-Attends. Attends, attends. Vas-y, vas-y.
Vas-y, vas-y.
-Pardon, mon amour.
-Casse-toi, connard ! -Non mais pardon. Chacha, ferme pas.
Ouvre, Chacha.
Mon amour ? Léa ? -Casse-toi, Thomas !
-Désolé, mon amour.
-C'est cette pute qu'est enceinte et c'est moi qui vomis.
-Léa, ouvre.
Léa ?
Musique triste
...
...
...
-Mais pourquoi ?
Pourquoi ?
On vient de se marier, on baise tous les jours, on est heureux.
Pourquoi ? -Je sais pas pourquoi.
On frappe.
-Mais casse-toi, je t'ai dit ! Je voulais pas me marier, moi.
Tu m'as fait croire qu'on pouvait être heureux. Je t'ai fait confiance.
Qu'est-ce qu'elle fout là,
Carole, avec ses gros seins ?
On frappe. -Fous le camp, Thomas !
-C'est moi, Charlotte. -Fous le camp, toi aussi !
-Allez, ouvre. -Oh !
Mais casse-toi !
-Message Facebook.
Pour savoir si t'as une culotte.
-Je le connais pas. Je l'ai jamais vu.
Je l'ai jamais vu, Marco. Je l'ai jamais vu.
Je te jure.
-Sur la tête des enfants ?
-C'est un jeu. On s'écrit, parfois.
-Super à la mode, les jeux.
-Mais je le connais pas. On s'est jamais parlé.
-Tu vas l'appeler. Ça sera l'occasion.
-Je vais pas l'appeler.
Pas maintenant, là. Il a une vie, une famille.
-Pas toi ?
-Je te dis que c'est rien, enfin. C'est virtuel.
-Si c'est rien, t'as qu'à l'appeler.
Il t'a laissé son numéro.
En mars, putain. Y a plus de 6 mois.
-On s'est jamais appelé. -Comme ça vous allez faire connaissance.
*Tonalité
(-T'es con ou quoi ?) *-Allô ?
*Charlotte ? (-Parle.)
*-C'est vous ?
(-Non...) *-Désolé,
*j'aurais pas dû vous écrire.
*Charlotte ?
-Oui, c'est moi. *-Quelle surprise !
-J'aurais souhaité vous rencontrer.
*-On avait décidé de pas le faire.
*Enfin,
*si vous avez changé d'avis, on peut.
-Non. C'est pas une bonne idée.
C'est mieux qu'on se rencontre pas. Je dois raccrocher.
*-Encore une seconde.
*Vous avez une belle voix.
-Juste pour savoir :
tu l'as mise ?
-Quoi ?
-La culotte, tu l'as mise ? -Marco...
-Qu'est-ce t'en as à foutre, toi,
si t'es pédé ?
-Ça empêche pas d'être curieux.
T'as mis une culotte ? -T'arrêtes !
Marco !
Arrête. -Oh...
-Arrête.
-Arrête...
Musique pesante
...
-Tiens.
Voilà.
Si tu m'aimes plus, pourquoi tu me quittes pas ?
...
Pourquoi tu me quittes pas ?
...
-C'est moi le pédé.
-Quoi ?
-Le pédé.
C'est moi.
Avec deux accents très, très aigus. Pédé !
J'ai le droit de le dire, moi. C'est moi.
C'était pas une bonne idée d'échanger nos téléphones.
Et, oui, je suis désolé, docteur. Moi, j'ai pas eu de signes avant-coureurs.
Et des robes à ma taille, y en avait pas.
-Laisse tomber.
C'est pas la peine.
-Ben ?
C'est pour ça que tu t'es fait virer ?
-À ton avis ?
-Ils ont pas le droit. Tu dois pas te laisser faire.
Musique triste
...
-Vous avez vu vos réactions, ce soir ?
Alors imaginez mes collègues de l'institut Sainte-Geneviève.
...
Sans parler de mes parents.
-Ce serait bien...
que tu nous le présentes, ce Julien.
-Je crois pas, non.
Pas par peur de vos vannes. Depuis le CE2, je suis habitué.
J'ai peur qu'au 1er regard équivoque, il se sente mal à l'aise.
Et moi, je veux pas qu'il soit mal à l'aise.
...
Quand on aime quelqu'un, on le protège.
...
-Léa ?
Léa, ouvre.
Léa, réponds-moi. Mon amour ?
Mon amour ?
Léa, réponds, là. Ouvre.
Hé, venez m'aider. Elle répond pas.
Léa, ouvre. Réponds, réponds.
-Léa ? -Laissez-moi faire.
-Attends...
-Ma capsulite ! Je l'ai réveillée.
-Léa !
Mon amour. Réponds. -Poussez-vous.
Pousse-toi.
...
-Mon amour ? Ça va ?
Léa, réponds-moi.
...
-Tiens.
Ta mère a appelé. Je lui ai dit que t'allais être papa.
Elle est super contente.
-Léa...
-T'as raison. Ton Julien, garde-le pour toi.
...
-Rattrape-la.
-Léa !
Léa !
...
...
-Si vous avez échangé vos portables,
"X", c'est à toi qu'elle a envoyé cette photo ?
C'est qui cette fille ?
-C'est personne.
Comme ton mec sur Facebook. C'est virtuel.
Pourquoi c'est devenu comme ça, entre nous ?
...
-Léa !
Léa !
...
Prems ! Je t'avais dit que je te battrais en repartant.
-Bravo, mon amour.
Musique douce
...
-Non, tu vas pas
appeler ma mère à cette heure ? Elle les a pas emmenés en boîte !
Range-moi ce téléphone.
Attendez d'être chez vous. -Hein ?
Rabat-joie.
-Eh bah voilà. C'est fini, l'éclipse.
-C'était beau. -C'était beau, mais c'était pas bon.
-Du foie gras dans du lait... -C'était beau, l'éclipse.
-Ouais. On va pas prendre un taxi. Tu nous ramènes, Thomas ?
-J'aurais dû acheter une Smart, comme Ben.
-Pour le taxi, c'est une bonne idée. Hé, je vous envoie la photo.
-Comme d'hab. Tu nous la présentes vite, ta copine.
-Ah oui. C'est quoi déjà son nom ?
-Julie. -Embrasse-la.
Allez, le compteur tourne. -Vous me dites
si on joue au foot, demain. -Rien reçu. Donc a priori, non.
Je te dis ça demain.
Sonnerie canard
Sonnerie "Ti Amo" -Elle me lâche pas, elle.
-La centrale ? -Ouais.
Elle veut me faire bosser le week-end. -Elle est folle.
-Oh non, un PV, putain ! -Je t'avais dit.
-Et la place handicapée ?
-Mais y a pas d'handicapés ici. Y en a jamais eu.
Musique mélancolique
...
-Dommage qu'on ait pas joué au jeu des téléphones.
Ç'aurait pu être drôle.
-Drôle ?
Je pense pas, non.
-Non...
-Ça m'intéresse pas de regarder dans ton portable.
En amour comme en amitié, y vaut mieux pas tout savoir.
...
-Ils te mettent des trucs que t'arrives pas à enlever !
...
-Oh, j'ai envie de rentrer.
Thomas !
Y a les enfants. -Ça part pas !
Fait chier !
"After the Lights Go Out" (The Walker Brothers)
...
...
...
...
*-Are you ready? Go!
*One, two! One, two! One two!
*One, two! One, two! One two!
*One, two! One, two! One two!
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
SHALLE
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