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Original subtitles

---

- Je vais avoir une place à l'atelier confection.

Tu devrais demander toi aussi.

En tout cas, je suis content que tu sois avec moi.

Où tu vas ?

- T'inquiète, j'en ai pas pour longtemps.

- Faut pas que t'ailles voir Cisco.

- Laisse-moi.

Brouhaha de la prison

...

- Entre et assieds-toi.

Qu'est-ce que tu voulais ?

- Je sais pas, c'est toi qui veux me parler.

- Me prends pas pour un con, toi.

T'as provoqué l'autre truffe parce que tu voulais me parler.

- T'as un portable. Ca pourrait m'aider.

- Drôle de manière de demander un service.

- Ah !

Gilles gémit.

- Tu refous plus les pieds à la bibliothèque, t'as compris ?

Tu t'es trompé.

On ferme la porte.

- Surveillant !

Surveillant !

Générique

...

- Mon avocat arrive d'une minute à l'autre,

les flics vont passer m'interroger,

je veux pas leur parler dans cette tenue !

- Ils ont l'habitude, ça va.

- Non, ça va pas ! - Vous vous calmez.

Bon...

Alors, vous concernant,

le jeune Souleymane est dans sa chambre.

On a fait l'examen, mais il manque le test de l'âge.

- Mais c'est urgent.

S'il a vraiment 12 ans, on a 10 heures pour l'interroger.

- On a la garde à vue qui tourne, c'est chaud.

- Dr Brunner, ils attendent pour l'examen de l'âge osseux

du jeune mineur.

- Ah non, je fais pas ça, moi.

- On a besoin de savoir dans quel cadre on peut l'interroger.

- Je comprends, mais comptez pas sur moi pour le faire.

Ce test a été créé dans les années 50

sur une population nord-américaine

et on nous demande de l'utiliser

pour évaluer l'âge de gamins qui n'ont rien à voir.

N'importe quoi.

- Docteur, on comprend, d'accord ?

Mais c'est l'unité médico-judiciaire, non ?

- Oui et moi, je suis médecin,

je suis là pour soigner les patients,

pas pour les ficher, pardon.

Excusez-moi, j'ai du travail.

- Bon, ben là...

Faut attendre un autre médecin, je suis désolée.

- Il arrive dans combien de temps ?

- Je vais vous remettre à l'isolement.

C'est la seule place possible pour un policier.

Je n'aurais pas dû accepter

de vous placer dans ce quartier.

- L'enfermement, c'est déjà compliqué,

l'isolement, j'en parle même pas.

- Je sais, mais c'est mon établissement,

mon rôle, c'est d'assurer votre sécurité.

Je suis pas sûre de vous laisser le choix.

Surtout si vous refusez de me dire qui vous a frappé.

Sur les images des caméras de la coursive,

on vous voit sortir de la cellule de Cisco.

Seulement, on voit deux autres hommes

y entrer avant votre arrivée.

Qui a porté les coups sur vous ?

- J'en sais rien, je le connais pas.

- Le parquet va ouvrir une enquête, je vais devoir mener la mienne.

Avec ou sans votre aide, je trouverai.

Réfléchissez.

Musique lugubre

...

Il soupire.

- Sérieux, ça fait combien de temps qu'on attend ?

Tu fais quoi ?

- Je regarde le Facebook de Souleymane.

Je l'ai trouvé via celui de Chkoun, regarde.

- Attends...

Visby ? C'est où ça ?

Visby...

Visby...

Suède, sur l'île de Gotland.

Qu'est-ce qu'il a été foutre là-bas ?

- Tu nous attends là-bas.

L'interprète traduit.

Ca a pris du temps, il a fallu un interprète.

Le gamin est pas du genre conciliant.

- On sait. - Alors ?

- On a fait une radio du poignet pour voir la calcification

et un panoramique dentaire, j'ai tout mis dans le rapport.

Le gardé à vue a sans doute un peu plus de 14 ans.

Avec une marge d'erreur de six mois.

Tenez.

- Excusez-moi, euh...

C'est fiable ?

Je veux dire, c'est...

- C'est quoi le souci ?

Vous avez peur pour votre procédure

ou vous avez un problème moral ?

Moi, je fais mon taf.

La loi nous demande de stipuler une marge d'erreur,

j'en ai tenu compte.

- C'était juste pour savoir s'il y avait pas...

Une autre technique plus sûre.

- Ces tests indiquent

que le gamin a plus de 13 ans

et son état est compatible avec une garde à vue.

C'est ce que vous cherchiez ?

- Oui. Oui, oui.

- Merci.

- Avec plaisir.

Il soupire.

- Qu'est-ce qu'il foutait en Suède ?

- Bah on sait pas, écoute...

On n'a pas encore pu l'interroger.

- Ca fait 2 h qu'on attend l'avocat commis d'office.

- Bon, vous me tenez au courant,

je vais à une grosse réunion à la mairie du 18e.

Les mineurs marocains de Barbès n'intéressent pas que nous.

- Excuse-moi.

- C'est juste à gauche.

- Merci.

Je peux te parler 2 minutes ? - Dans mon bureau.

- Bon, j'ai parlé à Edelman...

- Et alors ?

- La juge est persuadée

que Gilou te couvre.

Elle prétexte le risque de concertation

pour le maintenir en taule.

A priori, il devrait rester en prison jusqu'à son procès.

Laure soupire.

- Oh ! Tu respectes, ici !

Hein ! Oh ! - Attends, excuse-moi.

- Oh, c'est la police, là ! Tu vas t'asseoir tranquillement !

Hein ! - Qu'est-ce se passe ?

Brouhaha

Passe-lui les menottes.

- Hop hop hop ! Calme-toi !

...

- Donne-lui un verre d'eau. - Je m'en occupe.

- Il a fait quoi ?

- Soupçon d'homicide.

- Pardon, mais on fait quoi ? - On attend le commis d'office.

On peut pas l'interroger sans. - Dites-lui de me désigner.

Souleymane crie en arabe.

- Calme-toi, bonhomme. - Allez, calme-toi.

- Ca se passe pas comme ça.

L'interprète parle arabe.

- Vous préférez attendre ?

C'est du temps de garde à vue en moins pour vous.

...

- C'est pas faux.

- Je peux te parler ?

...

Tu veux quoi, tu la connais, elle va nous faire chier.

- Bon, on n'a pas beaucoup de temps.

Souleymane, c'est bien ça ?

Les faits qui vous sont reprochés sont très graves.

Il s'agit d'un homicide.

L'interprète traduit.

...

Je n'ai, hélas, pas accès au dossier,

donc je ne sais pas ce que les policiers

ont comme éléments,

mais expliquez-moi ce qui s'est passé,

si vous voulez que je vous aide.

...

Je sais que c'est difficile, on ne se connaît pas,

mais je vous assure

que vous pouvez avoir confiance en moi.

Dites-lui bien

que tout ce qu'il me dira restera confidentiel.

L'interprète traduit.

...

OK, bon bah...

Dites-lui de garder le silence pendant l'interrogatoire.

Vérifiez qu'il a bien compris.

L'interprète traduit.

...

Ca va aller ?

...

Souleymane lui répond en arabe.

...

- Si vous voulez l'aider,

en fait, il a faim, il a pas mangé depuis hier midi.

Il voudrait des frites.

- OK, bien sûr.

- OK, regarde.

Regarde. Souleymane, s'il te plaît.

L'interprète traduit.

Là, Chkoun arrive, toi, t'es juste derrière.

...

Là, t'arrives et vous allez vous battre.

...

Là, Chkoun s'en va avec le sac de vêtements volés

et son sac à dos.

L'interprète traduit.

Qu'est-ce qui se passe après ? ...

Souleymane répond en arabe.

- Rien, j'ai pas pu le rattraper.

- Explique-nous

pourquoi on a retrouvé son sac au squat.

L'interprète traduit.

Souleymane répond en arabe.

...

- C'est Chkoun qui l'a ramené. Il l'a pas vu.

- OK.

- Toi, Souleymane,

t'as fait quoi après ça ?

- Attendez, dites-lui bien qu'il a le droit de garder le silence.

L'interprète traduit.

- OK...

Nico, tu vas me chercher la fouille ?

- OK, j'y vais.

On ouvre la porte.

On ferme la porte.

- Tiens, tu prends ton téléphone.

- C'est quoi le code ?

L'interprète traduit.

Souleymane répond en arabe.

- Il se fout de ma gueule en plus.

On va faire

la reconnaissance faciale.

Regarde le téléphone. L'interprète traduit.

Souleymane, regarde le téléphone.

Souleymane dit non en arabe.

- Souleymane, lève la tête.

Arrête, arrête. - Regarde.

Regarde le téléphone !

- Vous noterez bien

que mon client a été contraint physiquement

à débloquer son téléphone.

- Regarde le 18 septembre.

- 18 septembre...

OK, parfait. 21 h 37.

OK, c'est quoi ça ?

T'es où là ?

L'interprète traduit.

- Laser Game.

- Hmm ?

Il parle en arabe.

- Une salle de jeux. - C'est où ?

L'interprète traduit.

Il répond en arabe.

- Rue Saint Maur.

- OK, on avance.

Nico, tu me fais la totale, géoloc, fadettes et compagnie.

- OK. Laure soupire.

- Ouais, Tom,

tu peux aller à la salle de jeux Laser Game, rue Saint Maur ?

Souleymane vient de nous dire

qu'il y était.

Tu vérifies s'il y a des vidéosurveillances.

Merci.

Laure soupire.

Je suis pas sûre que ça l'aide de pas parler.

Brouhaha de la prison

...

Une porte claque.

- Il y a Cisco à la bibliothèque.

On va devoir attendre qu'il sorte.

- Il y a pas de problème avec Cisco.

Vous pouvez pas m'empêcher d'aller à la bibliothèque.

Cliquetis de la serrure

- Attends.

- Je vais rendre un livre, tout va bien.

- Ca t'a plu ?

- Ouais, je vais prendre la suite.

- C'est à droite, la 2e étagère. - Merci.

...

Ils sont pas là tes sbires ?

Je suis con, ils savent pas lire.

- Par contre, ils t'ont bien redécoré.

- Ouais.

T'es une petite pute, toi, hein ?

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je veux pas me faire repérer. - Repérer de quoi ?

Je t'emmerde, c'est quoi ton problème ?

C'est quoi ton problème ?

- Enculé, va !

Brouhaha

- Je t'emmerde, connard !

- Emmène-le ! - Bâtard !

- Vas-y, fouille-le.

Doucement, je te dis.

- C'est bon, il a rien.

- Ca va, c'est bon. - Les renforts, vous foutez quoi ?

- Allez, viens là !

- Lâche-le !

- Arrête, lâche-le !

- Oh ! Oh ! Lâche-le !

- Calme-toi, calme-toi.

- C'est bon, il a rien.

- Fouillez Cisco. - Bouge pas.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Faut te calmer.

- Tiens-le bien. Bouge pas.

- C'est bon, il a rien.

Allez, bouge pas.

- Tu le tiens ? - C'est bon.

- T'as ton ticket pour la commission de discipline.

La 3, s'il vous plaît.

On déverrouille la porte.

Il ouvre la porte.

...

...

- Bah Gilou... - Ca va, ça va.

- La directrice. - Ta gueule. Ferme ta gueule.

3, 5, 9, 11, 30, 40, 86...

3, 5, 9, 11, 30, 40, 86...

- La directrice... (- Ta gueule, putain !)

3, 5, 9, 11...

- Elle m'a vu dans la coursive quand t'étais chez Cisco.

Elle veut que je lui dise qui t'a frappé.

- Tu lui dis rien, c'est pas tes oignons.

- Elle a dit que si je t'aimais bien...

- Ouais, mêle-toi de ton cul, bordel !

3, 5, 9, 11, 30, 40, 86...

3, 5, 9, 11, 30...

- On a localisé ton portable.

Il a activé une borne

toute la journée du 18

dans le quartier de Barbès.

Comme celui de Chkoun.

L'interprète traduit.

Tu maintiens que tu l'as pas revu ?

L'interprète traduit.

- Bon, OK.

- Regarde, Souleymane. - Tiens, voilà.

- Regarde, là.

Là, c'est toi devant le Laser Game.

Hein ?

L'interprète traduit.

...

Regarde, il est 19 h 34.

Là, c'est toi avec le sac de Chkoun.

Alors tu m'expliques

comment tu peux avoir son sac si tu l'as pas revu.

L'interprète traduit.

...

- OK...

Souleymane.

Souleymane...

Il chuchote en arabe.

- Tu t'es battu avec Chkoun une première fois.

L'interprète traduit.

D'accord ?

Ensuite, il est parti et tu l'as rattrapé.

...

Vous vous êtes encore battus.

... Hmm ?

T'as voulu récupérer le sac.

...

Il a résisté. ...

Et ensuite, toi. Toi,

tu l'as tapé avec une barre de fer.

... C'est ça ?

Tu as tapé ton ami avec une barre de fer ?

Il répond en arabe.

C'est ça ? Tu l'as tapé ? ...

Dis-le-moi. Tu l'as tapé ?

...

- Souleymane ! Souleymane crie.

...

... - Qu'est-ce qu'il dit ?

Qu'est-ce qu'il dit ? - Que c'est pas lui.

...

- Qu'est-ce qu'il dit ?

- Il a taché ses Nike. - Je vais te les nettoyer.

T'inquiète pas.

Ca part, t'inquiète pas. - Bon, on fait une pause.

Brouhaha C'est bon, on fait une pause.

On fait une pause. ...

Souleymane parle en arabe.

...

- J'ai une observation à faire

au sujet du PV de notification des droits.

Si j'ai bien compris,

l'interprète

n'est intervenu qu'au moment du test de l'âge osseux

à l'Hôtel Dieu.

Quand vous avez placé Souleymane en garde à vue,

l'interprète n'était pas là.

- Euh, je parle arabe.

Je lui ai traduit, pourquoi ?

- Vous n'êtes pas traducteur assermenté.

C'est une violation de la procédure,

je vais donc demander

la nullité de la garde à vue au parquet.

Ali souffle.

Laure souffle.

- Ah, d'accord.

OK...

Il ferme la porte.

- Je comprends pas.

- Qu'est-ce que tu comprends pas ?

- Bah...

Si ce môme a vraiment buté son pote, ça serait mieux

qu'on le sache.

- J'ai conscience de la gravité de la situation,

mais il a droit à une vraie défense.

- Un vice de forme, une vraie défense ?

- Le droit au silence,

c'est un droit fondamental.

Tu fais ton travail et moi le mien.

Ali frappe à la vitre.

(- C'est le résultat du labo.)

(Regarde...)

Il y a l'ADN de Souleymane sur la barre de fer

et celui de Chkoun.

Ca pourrait être l'arme du crime.

- Ca expliquerait le retour de Souleymane à la laverie.

- Faut qu'on y retourne et qu'on le fasse craquer.

- S'il avoue, on pourra pas le mettre à la procédure,

elle va faire annuler la garde à vue.

- Putain...

Je t'avais prévenue. - Je sais.

- Faut le déferrer.

Faut qu'il parle directement à un juge.

- Mais le juge va peut-être préférer la brigade des mineurs

et on va perdre l'affaire.

- D'accord...

D'accord, OK, on fait quoi ?

- Je vais porter moi-même le dossier au parquet.

Je vais essayer de parler au juge.

- Messieurs. - Bien.

Je remercie Monsieur le Maire de nous accueillir.

Je pense que tout le monde se connaît.

Ah non, sauf peut-être Mme Svar

et M. Toledano qui sont, respectivement,

attachés de sécurité à l'ambassade de Suède et d'Espagne

et qui nous font l'honneur d'assister à cette réunion.

- Monsieur le Préfet, merci.

Je propose qu'on écoute les représentants

des associations au contact de ces jeunes.

- Merci.

- Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet.

- Alors ? Content d'être là ?

- Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Vous deviez dissoudre l'ancien

groupe d'Escoffier et au lieu de ça,

vous les mettez sur cette affaire foireuse.

- J'ai fait d'autres choix.

- Depuis l'ouverture de notre accueil de nuit,

on peut enfin entrer en contact

avec certains mineurs,

mais c'est très compliqué pour nos éducateurs.

- Ils refusent les mesures classiques

de protection de l'enfance.

On a du mal à avoir une prise, à trouver comment les aider.

La plupart viennent de Tanger ou de Fez.

Beaucoup étaient déjà des enfants des rues

et étaient livrés à eux-mêmes.

Ils sont cassés psychiquement.

- La mairie de Paris a demandé un rapport à un sociologue

qui s'est rendu au Maroc pour comprendre ce phénomène

et d'après lui, la délocalisation des usines textiles

sur Tanger et sur Fez,

a provoqué un exode rural accéléré.

C'est une perte de repères pour de nombreuses familles.

On travaille avec nos homologues marocains

pour endiguer le phénomène.

- En attendant, ils sont là

et ils prennent des risques insensés pour traverser.

- Ils remontent l'Espagne, où ils espèrent avoir des papiers

et ils viennent à Barbès pour l'argent.

L'objectif final est souvent la Suède,

qui a la réputation

d'être le pays le plus accueillant.

- Vos homologues au Maroc ne feront pas de miracle.

Le phénomène n'est pas près de s'arrêter,

il faut mieux s'organiser.

- On est inquiètes de la hausse du niveau de violence.

Aujourd'hui, ils sont soixante autour de Barbès.

La mort de l'un d'entre eux,

ce qu'on craignait, ça y est,

on y est.

La brigade des mineurs est là,

vous pourriez nous faire un point sur l'enquête.

- C'est pas chez nous.

- C'est le 2e DPJ qui est en charge de cette affaire.

- Et pourquoi c'est la 2 ?

- Il nous a semblé

que le 2e DPJ est parfaitement compétent pour gérer cette affaire

à forte connotation territoriale.

- Je vous remercie de m'avoir renouvelé votre confiance.

- Vous n'avez pas conscience

de l'ampleur du merdier dans lequel vous êtes.

Le préfet veut être dans la boucle, il ne va pas vous lâcher.

- Je veux vous présenter quelqu'un.

- Monsieur le directeur, capitaine Amrani.

- Je sais qui vous êtes, je suis ravi de vous rencontrer.

- Moi aussi.

- Vous venez ?

Mme Svar.

Le capitaine Amrani

qui travaille avec moi sur ce dossier.

- Enchantée. - Enchanté.

- Mme Svar est attachée de sécurité à l'ambassade de Suède.

Vous avez des informations ?

- Oui, j'ai appelé les autorités locales

et je leur ai envoyé la photo que vous m'avez transmise,

ils confirment que Souleymane

était enregistré sur l'île de Gotland.

- Efficace.

- Il est resté six mois en Suède.

Il est passé dans un centre de désintoxication.

Ensuite, il a intégré une famille d'accueil

avec laquelle ça se passait bien.

- On a vu les photos, il avait l'air hyper bien.

Du coup, pourquoi est-ce qu'il serait revenu à Barbès ?

- On a parfois des échecs comme ça.

Certains ne supportent pas la vie à la campagne.

- Messieurs-dames !

On va reprendre si vous voulez bien.

- Ca colle pas avec leur image de l'Eldorado européen.

- Merci infiniment. - Je vous en prie.

- Allez.

Piano

...

- Le prévenu est où ?

- Mon collègue l'accompagne au dépôt.

- OK, euh...

On a tout, c'est bon, merci.

- Vous savez qui va récupérer le dossier ?

- La juge Bourdieu, je crois.

- Oh...

- Oui, c'est ça. - C'est pas possible de changer ?

Il y a pas

un autre juge de permanence ?

- Attendez...

C'est pas vous qui décidez de l'attribution des dossiers.

- Je sais, je sais...

Bon, excusez-moi.

- Bonne journée. - Bonne journée.

- J'hallucine...

Piano

...

- Entrez !

- Bonjour.

Je vous dérange ?

- Non, pas du tout, je vous écoute.

- Je voulais savoir si vous aviez reçu des informations

sur l'homicide du mineur étranger

et pour vous dire

qu'on se tenait à votre disposition.

- Je viens de recevoir le réquisitoire introductif,

je vais regarder tout ça.

- C'est une affaire qui nous tient à coeur

et je voulais juste

m'assurer que vous alliez nous ressaisir

pour la bonne continuité de l'enquête.

- Oui, c'est peu courant comme démarche.

On se connaît pas. Vous êtes ?

- Je suis la cheffe du groupe qui a pris l'affaire.

Commandant Berthaud.

- Ah oui. D'accord.

Si on doit travailler ensemble, c'est mieux

qu'on se dise vraiment les choses.

Il se pourrait que j'aie une affaire qui vous concerne.

- S'il s'agit du commandant Escoffier,

j'ai tout dit à l'IGPN.

- Je sais, j'ai lu vos dépositions.

Mais si vous avez quelque chose à ajouter,

n'hésitez pas.

Il n'est pas trop tard.

- C'est...

C'est un interrogatoire ?

- En l'état actuel du dossier, il risque cinq ans, quand même.

- C'est dégueulasse ce que vous faites.

- Je cherche juste la vérité.

Eh bien, cet entretien aura eu le mérite de la clarté.

Je doute qu'on puisse collaborer.

Pour l'affaire Chkoun, je saisirai la brigade des mineurs.

Ce sera tout.

- Vous voulez qu'on le transfère dans un box ?

- Ca sera pas nécessaire, j'en ai pas pour longtemps.

Souleymane ?

Quelqu'un parle arabe ? - Ouais, moi.

- Vous voulez bien lui traduire ? - Oui.

- Merci.

La photo d'anniversaire dans tes affaires, c'est toi ?

Il traduit en arabe.

Souleymane répond en arabe.

- C'est son petit frère.

- Bon, je vais présenter la photo à la juge.

Il traduit en arabe.

Il répond en arabe.

- Il demande pourquoi. C'est pas lui sur la photo.

- Dites-lui qu'à partir de maintenant,

c'est lui sur la photo.

Il traduit en arabe.

OK ?

Bon, à tout de suite.

- Vous préférez garder le silence ?

L'interprète traduit.

Bien.

Maître, avez-vous des observations,

étant précisé qu'il y a, concernant votre client,

des réquisitions de détention provisoire.

- Il s'agit d'un enfant, Madame la Juge.

A traiter avant tout comme un enfant.

Pas comme un délinquant.

J'aimerais rappeler les motifs de l'ordonnance de 45,

il est écrit qu'il n'est pas de problème plus grave

que ceux concernant la protection

de l'enfance.

Vous allez envoyer ce gamin en prison ?

- Vu son attitude et l'absence de garantie de représentation,

je ne vois pas comment faire autrement.

- En tenant compte de son âge.

- Votre client a plus de 13 ans.

- Selon un test d'âge osseux

dont on sait combien il est discutable.

Le Conseil constitutionnel

s'est exprimé à ce sujet,

stipulant qu'au cas où ces tests rentreraient en opposition

avec d'autres éléments,

le doute doit bénéficier au mineur.

- Oui, je suis au courant,

mais concernant votre client,

c'est notre seul élément.

- Vous avez fait extraire

la fouille ? - Oui.

Elle est juste ici.

- J'attire votre attention

sur la photo.

- Qu'est-ce que je dois voir ?

- Les bougies. Il y en a 11.

- Oui.

Mais sans date.

- Sur l'écran, derrière.

On voit une image

de la Coupe du monde de 2018.

- C'est vous sur la photo ?

L'interprète traduit.

- Mon client ne peut pas avoir eu 11 ans en 2018

et 14 un an plus tard.

- Il y a un doute, effectivement.

- Qui doit bénéficier à l'enfant.

La loi est claire, en cas de doute,

ce doute doit profiter à l'intéressé.

- Je suis d'accord.

Jeune homme...

Compte tenu des éléments et notamment des relevés ADN,

je vous mets en examen pour homicide volontaire sur mineur.

Je vous donne le statut de suspect officiel.

L'interprète traduit.

...

Concernant la détention,

je... ...

...

Concernant la détention,

au vu de cette photo, que vous annexerez,

je vais ordonner votre placement

dans un foyer de la PJJ.

On va vous trouver une place

et un éducateur viendra vous chercher.

...

- Merci, Madame la Juge.

Ecoute-moi bien.

Ca, c'est mon numéro, OK ?

Mon numéro.

Je te le laisse

et tu m'appelles si t'as le moindre souci d'accord ?

- D'accord, y a pas de problème.

- Tu parles français ?

Tu t'es bien foutu de moi, hein.

Ca doit être lui. Bonjour. - Bonjour.

- Vous êtes l'éducateur ? - Et vous son avocate ? Enchanté.

Souleymane, c'est ça ? - Oui.

- On va y aller ? Je suis garé devant.

Ah, OK.

Il comprend pas le français.

- Non.

Tu pars avec lui.

D'accord ?

Avec lui.

- Tu viens ?

Ca va bien se passer, t'inquiète pas.

Bonne journée. - Bonne journée.

- C'est bon, t'as vu le juge ? On a une CR ?

- C'est la juge.

Et c'est mort.

Elle nous ressaisit pas.

- Attends, c'est quoi cette histoire ?

- Elle préfère bosser avec la brigade des mineurs.

- Elle peut pas faire ça,

c'est nous qui avons fait les premiers actes.

- Je sais.

Je t'avais dit.

Ils enquêteraient encore sur l'overdose

si on avait pas pris l'affaire !

N'importe quoi ! Non, mais franchement !

Attends, c'est un truc de fou, ça.

- C'est pas la 1re fois qu'on se fait bananer.

- Qu'y a-t-il ?

- La juge de perm' saisit la brigade des mineurs !

- Quoi ? Elle vous a dit pourquoi ?

- Non.

- Donc elle veut pas bosser avec la 2, en fait.

Putain ! Oh ! Ca commence à bien faire, là !

Vous allez pas rester tricards à vie, bordel.

Je m'en occupe.

On frappe.

- Désolé pour le retard, j'ai été surpris par

cette convocation de dernière minute.

On en est à la trottinette électrique,

pas à la téléportation.

- Asseyez-vous, Maître, on a peu de temps,

on a dix dossiers à traiter.

Bien, je rappelle

les faits.

M. Escoffier passe en commission de discipline

car il a provoqué une bagarre.

- Vu son état, c'est lui qui a pris les coups.

- Ce sont d'autres faits pour lesquels il ne porte pas plainte.

On parle ici de faits qui se sont déroulés dans la bibliothèque.

Pour des raisons obscures,

M. Escoffier s'en est pris physiquement

à l'un de nos détenus.

- Permettez, j'aurais aimé m'entretenir avec mon client.

Déjà que vous n'êtes pas un modèle d'impartialité,

mais si vous ne respectez pas ses droits...

- Votre client s'est déclaré prêt à être entendu sans vous.

Les faits sont simples et ne posent pas de problème,

j'ai recueilli plusieurs témoignages

et M. Escoffier reconnaît l'agression.

J'envisage de prononcer une sanction à son encontre.

- L'auteur des coups a été convoqué aussi ?

- Je vous l'ai dit, M. Escoffier refuse de porter plainte.

- Par crainte des représailles.

Pardonnez-moi l'expression,

mais vous savez ce qui attend les balances ici.

Mon client est policier, il doit être surveillé.

Je constate que vous n'êtes pas en mesure de le faire.

Je vais solliciter immédiatement son transfert.

- Je veux pas être transféré.

- Permettez-moi d'insister,

il faut que je m'entretienne avec mon client.

- Très bien.

- Vous êtes maso ou quoi ?

- Vous avez un papier et un stylo ? Merci.

Vous allez transmettre ce numéro

au commissaire Brémont, à la Crime.

C'est très important.

- Vous pouvez m'expliquer ? - Non.

- Même en taule, vous faites le flic.

- C'est urgent.

- Je m'en occupe.

Vous savez que flic,

c'est plus dangereux en prison que dehors ?

Ils vous ont pas raté.

Bon, je vais essayer de faire mon boulot,

si ça vous dérange pas.

Je vais demander le dossier médical.

Ca pourra nous aider à faire une demande de remise en liberté.

Mettre un peu la pression à la juge Bourdieu

avant qu'elle clôture le dossier.

Rassurez-moi, si j'obtiens votre remise en liberté,

vous ne vous y opposerez pas ?

Hmm ?

Musique lugubre

...

- Madame la Juge...

Pardon de m'imposer sans rendez-vous,

mais j'ai appris qu'on était dessaisis.

Je sais pas ce qu'on vous a raconté sur le 2e DPJ,

mais je vais pas laisser dire n'importe quoi sur mes hommes.

- Attendez...

C'est parce que je suis jeune que vous me parlez comme ça ?

Ou parce que je suis une femme ?

Vous auriez pu commencer par vous présenter.

- Commissaire Beckriche.

- Lucie Bourdieu.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Il s'éclaircit la voix.

- Ce ne sont pas les rumeurs qui ont guidé mon choix,

j'étais prête à vous ressaisir

comme ça se pratique habituellement.

J'ai changé d'avis,

suite à un échange avec la commandant Berthaud.

- C'est-à-dire ?

- Je vais pas rentrer dans les détails, mais...

Elle et moi, nous n'allons pas pouvoir travailler ensemble.

- C'est l'affaire Escoffier.

- Je ne vous en dirai pas plus.

- J'ai entendu dire

qu'il s'agissait de votre première ouverture pour homicide.

- Peut-être.

Je vois pas très bien le rapport.

- Si c'est le cas, vous devriez nous garder.

- Ah bon ?

Qu'est-ce que la justice y gagne ?

- Sortir l'affaire rapidement.

On a les traces ADN, le suspect et le mobile.

On attend les résultats de l'anapath

pour conclure.

Le commandant Berthaud ne doit pas être un problème.

Je vais m'impliquer sur le suivi du dossier.

C'est moi qui vous rendrai compte.

- J'y réfléchirai.

- Très bien.

Madame la juge.

- Commissaire.

- Romy est chez son père...

Voilà.

Je retrouve ma solitude.

Que fais-tu ?

Que fais-tu ?

Je suis encore au service.

Difficile de rentrer quand t'es pas là.

Quand ma fille n'est pas là. Quand vous êtes pas là.

C'est difficile de rentrer quand ma fille n'est pas là.

Ton absence est encore plus cruelle.

- Putain, on n'a même pas réussi à identifier le môme.

- Tu devrais en profiter

pour prendre ton congé paternité.

- On garde l'affaire.

- Comment c'est possible, ça ?

- J'ai parlé à la juge.

Elle vous laisse une chance.

C'est moi qui gèrerai les points enquête avec elle.

Ce sera plus simple.

Allez, on s'y remet.

- Dis-moi un truc...

Hé...

Il s'est passé quoi exactement ?

J'ai pas tout saisi.

- Elle instruit l'affaire de Gilou.

Elle m'a branchée direct, on s'est embrouillées.

- D'accord et ça, tu pouvais pas me le dire ?

- Excuse-moi, c'est un peu compliqué.

- Un peu compliqué ?

Un peu compliqué. Donc en fait,

ça veut dire quoi pour toi, bosser en équipe ?

Tu vas nous prendre pour des cons longtemps ?

- C'est bon. - Pourquoi elle nous ment ?

Pourquoi tu nous mens ? - C'est bon, stop.

- T'as pas fait assez de dégâts ? - Pardon ?

Qu'est-ce que tu sous-entends ? - Tu comprends quoi ?

- C'est de ma faute pour Gilou ?

- C'est ça que t'as dit ? - Oh !

- Je comprends ce que tu dis !

- Stop ! - Vas-y !

- C'est bon. - Pourquoi elle nous ment ?

Elle souffle.

- J'aurais pas dû m'énerver.

- Ca va, il était con, lui aussi.

- N'empêche.

J'aurais dû rester calme.

Pourquoi tu rigoles ?

- Pour rien.

- Pour rien...

Vas-y, dis.

Je sais pas, t'as...

Tu t'excuses.

C'est nouveau, quand même.

T'as changé.

Je suis là dans une demi-heure, attends-moi pour donner le bain.

T'inquiète, je t'expliquerai. Non, t'inquiète, j'arrive.

Pardon.

- Vous avez fini votre journée ?

- Oui.

Je veux quitter le groupe.

J'ai cru que ça allait s'arranger, mais pas du tout.

- Attendez, attendez...

Je vous ai suivi, moi.

Vous pouvez pas lâcher le groupe comme ça.

- L'affaire est sortie.

On a un mobile, une arme, un coupable, c'est plié.

- Je peux pas vous changer de groupe en claquant des doigts.

J'y crois, moi, à votre binôme avec Berthaud.

- Ca marche pas, d'accord ?

Je pose mes congés paternité et le reste derrière.

- Vous avez prévenu Berthaud ? - C'est pas à moi de le faire.

...

- Il est où Ali ? - Je sais pas.

J'ai reçu les résultats d'anapath. Alors.

La datation des blessures s'appuie

sur la recherche des marqueurs impliqués...

- Va directement aux conclusions.

- Alors, vu les marqueurs observés sur la plaie du cuir chevelu,

le coup mortel aurait été reçu entre 3 et 4 h avant la mort,

soit, selon l'estimation sur l'heure du décès,

entre 20 h et 22 h, le mercredi 18 septembre.

- D'accord.

Remets la vidéosurveillance du Laser Game,

qu'on voie à quelle heure est sorti Souleymane.

- Alors, tatatatata...

OK, il en sort à...

23 h 07.

- Bon, les coups mortels sont portés entre 20 h et 22 h,

donc c'est pas Souleymane qui a tué Chkoun.

C'est pas Souleymane qui a tué Chkoun.

Le commissaire souffle.

- Amrani vient de poser ses congés.

Il va falloir faire sans lui.

- Donc on repart à zéro ?

- Effectivement.

- Pour une affaire qui devait être clôturée rapidement.

- Vous avez une idée

de comment vous voulez avancer ?

- Je sais pas.

Et vous ? - Je sais pas.

Il faudrait que je voie ça avec mon groupe.

- Il faut que je réentende Souleymane.

Si Chkoun avait des ennemis, il doit être au courant.

Maintenant qu'il est innocenté,

il faudrait le faire parler.

- Vous pouvez le convoquer rapidement ?

- Pour moi, il reste mis en examen.

Je vais demander à Me Karlsson

de renoncer au délai de convocation.

Après, ça va dépendre de la disponibilité

des éducateurs de Pantin pour l'amener.

- Je peux demander à mes hommes de le faire.

- Ah bon ?

Vous pouvez faire ça ?

Brouhaha de la prison

...

- Vas-y, rentre.

- Je t'ai ramené ça.

- T'as regardé dedans ?

- J'ai pas le code.

- Je pige pas.

Tu m'agresses et tu me sauves,

c'est quoi ton délire ?

- Je savais pas que tu sortais dans un mois.

Je veux pas que tu restes,

j'en ai marre de voir ta gueule.

- T'as peur de rien, toi.

Vas-y, assieds-toi.

C'est bon, laisse-nous.

...

Ca fait combien de temps que t'as pas mangé un bon steak ?

- Eh ben...

- D'accord, à tout de suite.

Putain... - Qu'est-ce qu'il y a ?

- L'éduc' de Pantin a emmené Souleymane au squat

récupérer des affaires.

- OK, on le rejoint là-bas ?

- C'est ça.

On le récupère et on l'emmène chez la juge.

- C'est pas lui, là ?

- Bonjour.

Commandant Berthaud, 2e DPJ, il est où Souleymane ?

- Il est monté prendre ses affaires.

- D'accord.

Tu restes avec monsieur.

Il est où Souleymane ?

- Il se tire par derrière !

Prends la caisse !

Fais le tour du pâté de maisons !

*- Bien reçu, j'arrive !

*- Magne-toi, je l'aurai pas toute seule.

- Qu'est-ce que tu fais ? Vas-y !

- Avenue Jean Jaurès, Tom.

Vite, il monte dans une camionnette.

- Laure, je te vois pas ! T'es où ?

* Je suis à Jean Jaurès, je te vois pas.

- Tom, t'es où là, putain !

Ah !

Sirène en approche

...

- Ca va ? - L'immat' ! L'immat' !

- Putain !

Fait chier, je l'ai pas eu.

Ca va ? - Ouais, ça va.

- Appuie-toi. - Il m'a tiré mon téléphone.

Ce salopard...

Putain !

Putain !

C'est chelou...

Le mec qui embarque tous les mômes dans la camionnette.

J'aime pas ça.

- Vas-y, ressers-toi, faut finir.

- Ouais.

- Je suis sûr que tu t'en es mis plein les fouilles.

- Bah non, rien.

Pas un putain de centime.

J'ai juste secoué un peu un mec.

Toi, tu chopes le salopard qui a buté ton taulier

et tes collègues te foutent au placard.

- L'IGPN, c'est pas vraiment mes collègues.

- Ca va, c'est des keufs.

Toi, tu te bats pour eux et...

Eux, ils te lâchent.

On est peut-être des voyous, mais on se serre les coudes.

Moi, j'ai des gars dehors,

si je leur demandais de m'arracher d'ici,

ils le feraient.

- La solidarité entre voyous, j'y crois pas des masses.

Y en a qui balancent leurs potes.

C'est pas ce qui t'est arrivé ?

- Arrête ça tout de suite.

Fais pas ton connard de keuf.

Je fais pas mon connard de keuf, on parle de pourquoi on est là.

- Bah vas-y, raconte.

Toi aussi, tu t'es fait balancer, non ?

- Moi, c'est autre chose.

Je me suis dénoncé.

Je voulais pas foutre mes collègues dans la merde.

J'ai préféré plonger tout seul.

- C'est rare ça.

- Ce qui est rare, c'est de bouffer un steak ici.

Ca, c'est rare.

La prochaine fois, c'est moi qui cuisine.

- Hmm ?

C'est con, on se verra plus.

J'ai obtenu une remise de peine, je sors dans 2 jours.

- Cool.

- Ouais, Ali...

C'est Laure.

Euh, voilà, je voulais te tenir au courant.

En fait...

Bah c'est pas Souleymane qui a frappé Chkoun.

Voilà, donc...

Bah on repart à zéro, quoi.

Voilà.

Euh...

Je voulais te dire aussi...

J'ai été con, je...

J'aurais pas dû vous cacher ce qui s'était passé.

Je m'excuse.

Voilà.

Profite bien de ton môme.

Euh, salut.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

- Rien.

Edelman t'a donné l'IMEI du portable de Cisco ?

- Ouais, on l'a branché direct.

- Alors, ça donne quoi ?

- Il utiliserait le téléphone depuis deux mois.

Il est en contact avec deux numéros.

- D'accord.

J'ai bouffé avec lui.

- T'as pas traîné.

- Petit jeu habituel...

On se renifle le cul.

- Il t'a déjà à la bonne.

On a une écoute où il parle de toi.

- Ah...

- Un ancien flic, un type sympa, mais bien cassé.

- Ah ouais...

Connard.

C'est vraiment con qu'il sorte.

- Sauf si toi aussi, tu sors.

Musique intrigante

...

Sous-titrage TITRAFILM

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