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---
...
- Tu vas rester encore combien de temps ?
- Deux ou trois semaines.
- C'est toi qui décides ou eux ?
- Les deux.
C'est mieux qu'on soit d'accord.
- Quand tu seras libre, on va vivre ensemble ?
- T'en penses quoi ?
- Du bien.
Même si ça fait un peu peur.
- Un peu ? - Non ?
Combien de temps on a vécu ensemble en cinq ans ?
- Tu veux dire à moins de 5 m l'un de l'autre pendant plus de 48 h ?
- Trois jours et demi, quatre jours.
Sans attentat, sans bombardement...
Sans sniper, sans prise d'otage...
Comment on va faire, Guillaume ?
- On va faire comme les autres. Les gens normaux.
- Tu dis "normaux" comme tu dirais "ordinaires".
Il va falloir apprendre plein de choses, pas forcément glorieuses.
Apprendre à se réveiller tous les matins à côté de l'autre.
Supporter ses manies, ses humeurs.
Se souvenir de ce qui le blesse, le rend triste.
De sa date d'anniversaire.
Au fait, c'est bien le 26 août ?
- Paul, oui.
Guillaume, c'est le 14 novembre.
- Ca commence bien.
Chaque soir que Dieu fait, tous les jours de notre vie,
ne pas oublier de regarder l'autre quand il se déshabille,
pour le rejoindre dans le lit.
- Il était inquiet ?
- Raisonnablement.
- Vous avez pas pu le protéger ?
- C'est un suicide. - Un suicide ?
Un agent russe passe par la fenêtre et c'est un suicide ?
- Caméra, agent de sécurité, on a tout vérifié.
A 19 h, il récupère ses passeports.
Sa famille a une nouvelle nationalité.
En sautant, il les met définitivement à l'abri.
- Les Russes savent ? - Ils ont rien dit.
- Un type comme lui ne se suicide pas
sans laisser quelque chose pour ses ennemis.
Quelque chose de destructeur qui aurait échappé à l'analyse.
Un truc qui nous rappellera à son bon souvenir un bout de temps.
- C'est quoi, la méthode ?
Guillaume ?
- Comment on ferait pour nuire à nos ennemis ?
S'il a mis une mine quelque part, il faut creuser.
Elle va pas exploser tout de suite.
Il veut pas qu'on la voie,
mais il veut qu'on tombe dessus. Sûrement les dossiers stratégiques.
- Les voici, triés par ordre de priorité.
- Il la mettra pas dans les premiers.
C'est trop évident.
Entre le 6e et le 10e, je pense.
Musique intrigante
...
Karlov va faire briller une pépite.
Discrètement.
Dans le fond.
Elle ne sera pas visible tout de suite.
Ce sera une adresse, un lien, un site, un nom...
Quelque chose qu'un analyste brillant croira avoir trouvé seul.
Alors on va foncer dessus.
Et on explosera.
Musique douce
...
- Thank you.
- A tout à l'heure. - A tout à l'heure.
- Je savais.
Bonne journée, Liz. - Bonne journée.
- Ah, pardon. C'est toi.
- Je te dérange ?
- Non, non...
Je suis rentré pour essayer de dormir 2 ou 3 heures.
- Alors ?
- On n'a rien trouvé. On y a passé la nuit.
Je te sers un café ?
- Je me débrouille.
- Il est prêt.
- Comment t'as trouvé Guillaume ?
- Clair, opérationnel.
Un peu fatigant.
Guillaume, quoi.
- Tu y crois, à cette "mine" ?
- Il connaissait Kennedy mieux que nous.
Tant qu'on sait pas ce qu'on vend, Ponte suspend les échanges.
Quoi ?
- Même depuis le fond du Perche, il stoppe une salle de recherche.
- T'y crois pas ?
- Je sais pas.
- Tu te présentes à la succession de Ponte ?
- Les nouvelles vont vite.
- On est venu me poser des questions.
- Qu'est-ce que t'en penses ?
- Ce que je leur ai dit.
C'est une bonne idée.
- En un mot, elle connaît le terrain et la maison.
Elle tient la pression.
Elle a toutes les compétences requises.
- Et en deux mots ?
- Non, c'est une excellente candidate.
- En trois, alors ?
Tu commences à me faire chier, Raymond.
- Ca lui demande beaucoup d'énergie pour cacher ses sentiments.
Peut-être trop.
- Explique.
- Si je devais trouver un défaut... - Il faut.
- Parfois, elle est amenée à combattre deux ennemis.
Le deuxième, c'est elle-même.
- Waouh.
- Quoi ?
- Il a fallu que j'en interroge 6 ou 7 pour entendre un truc un peu dur.
Mais merci. C'est exactement ce que j'attendais.
- Pour ?
- Soutenir l'autre.
- C'est une très bonne idée.
Je trouve ça super.
- "Super". C'est ce que tu leur as dit ?
Tu me soutiens pas ?
- C'est pour ça que t'es venue ?
- Oui.
...
Musique intrigante
...
- Vous venez d'où ?
- Pas comprendre, madame.
(En anglais)
- Oui.
...
...
On frappe.
- Bonjour, je suis Marina.
Raymond m'a dit de venir.
- Bonjour, Jonas.
Tu veux t'asseoir ?
- On en a pour longtemps ?
- Je sais pas.
Tu connais l'Irak ?
- Je connais Halabja.
Il y a eu un séisme terrible là-bas en 2017.
- OK, d'accord.
Euh...
Raymond dit que tu formes les agents clandestins ?
- Admettons.
- Je... voudrais savoir s'il y a une méthode pour repérer un clandestin ?
- Oui, s'il est mauvais.
- Il est pas mauvais.
- Quelqu'un que tu connais ?
- Non.
- T'es le salaud d'un clandé ?
- Non.
- OK.
Alors... Fille ou garçon ?
- Ca change quelque chose ?
- Oui.
Fille.
Elle sait que t'es de la boîte ?
- Si c'est un clandé, oui. Sinon, non.
- Bon.
J'ai établi des protocoles pour tester si quelqu'un est un clandé.
Mais j'ai besoin de savoir ta relation exacte avec elle.
...
- Camille !
Regarde.
2h41.
Ca a filmé toute la nuit.
- Oui, et alors ?
- Quelqu'un vient la nuit et c'est tout ?
T'es là pour me protéger ou pas ?
- Hé.
J'arrivais pas à dormir.
J'ai été pisser dehors et prendre un yaourt.
Je peux te poser une question ?
On est deux à vivre ici.
Il est vraisemblable que s'il y a une autre personne ici, c'est moi.
Qu'est-ce qui t'amène à penser que c'était quelqu'un d'autre ?
Musique mélancolique
...
- On vit avec nos ennemis.
On les fréquente, on les aime, même.
C'est ça, notre boulot.
Je l'ai fait une bonne partie de ma vie.
Au début, c'est exaltant...
Tu te crois fort. Tu contrôles.
Intelligence, adrénaline...
Mais à force de traîner avec des salauds, on en devient un.
- Tu te considères comme un salaud ?
- J'ai détruit la vie d'un homme.
- Tu l'as trahi ?
- Oui.
Mais c'est pas le problème.
- C'est quoi, le problème ?
- La peur.
Quand tu détruis la vie d'un homme,
normalement, qu'est-ce qui se passe ?
Il se venge.
- Normalement.
- C'est ce que je ferais.
...
- T'avais pas dit que tu la soutiendrais ?
- Si, mais j'ai pas pu m'empêcher de glisser une saloperie.
- Tu crois vraiment qu'elle est trop émotive ?
- Même pas. C'est ça, le pire.
C'est sorti, je me suis entendu dire les mots.
Mettre le bémol dégueulasse.
Tu sais quoi ?
C'est de la jalousie.
Pourquoi on pense à elle, pas à moi ?
Elle est où, sa jambe de bois ?
Tu trouves que je suis un salaud ?
- Tu veux que je te dise une vacherie ?
Quand t'es comme ça, Raymond, tu me rends dingue.
- Tu vas organiser un dîner
avec elle et quelques amis.
Tu notes pas. Tu m'écoutes.
Tu vas inviter quatre, cinq personnes de la boîte.
Si c'est un clandé,
ce dîner sera pour elle l'occasion de pêcher son premier poisson.
- Maude et Vincent. Ils sont instits à Bordeaux.
- Elle va être discrète.
Ni trop enthousiaste, ni trop distante.
- Laura.
- Parmi tes amis, un seul va l'intéresser.
- Mariée à Simon, qui travaille dans un ministère.
- Enchantée.
- Ainsi, tu lui fais comprendre qu'il travaille pour la DGSE.
Tu lui désignes sa proie.
Personne ne pourrait dire qu'elle est focalisée sur cet ami.
Mais si tu l'observes bien,
tu verras que personne d'autre n'existera pour elle.
- A partir de là, tout peut commencer.
- Tu as conscience de la mission qu'on a ?
- Elle cachera bien son jeu.
- A chaque douche, c'est jaune partout.
On sait pas d'où ça vient. Le calcaire, les produits d'entretien ?
- La dune du Pilat !
- C'était sûr, ça devait arriver.
- Je la connais pas ! - La dernière fois...
- J'apprends des choses...
- On dira d'elle qu'elle est de bonne compagnie.
Intéressée sans être intrusive.
Elle sait garder la bonne distance.
Le lendemain, tout le monde parlera d'elle au passé.
Elle était ceci ou cela.
Mais il y en aura un qui parlera d'elle au futur.
Le seul qui aura une raison de la revoir.
- Vicky a un ancien collègue qui a travaillé à Carrare.
Il s'est spécialisé dans le marbre.
- C'est extra ! - Génial, non ?
- Macarons ?
Respiration haletante
...
- Donc...
Quand un clandé couche avec quelqu'un, comme ça...
Y a pas de place pour les sentiments ?
- Si.
Il peut y en avoir.
C'est mieux qu'il y en ait, d'ailleurs.
Quand y en a pas, on couche pas.
- Et...
Toi, t'en avais ?
- Oui, j'en avais.
Et je lui ai fait beaucoup de mal.
- Cool.
...
...
Musique classique
...
Musique intrigante
...
- Camille !
Camille !
Il crie.
Camille !
Musique palpitante
...
Il crie.
...
Si j'étais lui,
c'est pas à une organisation que je m'en prendrais,
c'est à celui qui m'a trahi.
C'est lui que je voudrais détruire.
- T'as fini ?
- Oui.
- T'es sûr de toi ?
- Oui.
- Il va te frapper ?
- Tu prends des notes ?
- Je note que tu ne laisses aucune place au doute.
Ta certitude de l'existence d'une bombe à retardement,
une vengeance posthume contre toi...
Ta certitude que la fin de Kennedy est le début d'un nouveau péril...
Une certaine logique.
- C'est pas le propre de la logique de créer des certitudes ?
- Non.
Ce serait le propre du fantasme.
C'est un système de défense.
Substituer une peur diffuse, incontrôlable, à une autre,
plus familière, que tu connais.
Une peur que tu peux nommer.
- Kennedy.
- Par exemple.
C'est plus facile à envisager que ce qui t'attend.
Une vie sans légende.
Toute simple où tu portes le nom qu'on t'a donné. Ton nom.
Je comprends que ça fasse peur, Guillaume.
- C'est ce que dit Nadia aussi.
- Vraiment ?
Alors c'est un complot...
des bienveillants.
- Je vais marcher.
Musique intrigante
...
- T'as été impeccable.
La DGSI prend le relais.
- Ils vont faire quoi ?
- La surveiller.
Voir quels sont ses contacts, ses habitudes.
C'est toujours mieux de les observer que de les arrêter.
De voir comment elle va réagir.
- A quoi ?
- A la rupture.
Il faut que tu rompes avec elle.
Faut faire ça bien, sans qu'elle se doute de rien.
- OK.
Très bien, mais elle va vouloir des explications.
- Dis-lui que t'as rencontré quelqu'un.
- C'est crédible ?
- Bien sûr.
- Mon amour...
Chère Vi...
Vicky...
Nos nuits et tes serments
m'ont mis quelque temps au-dessus des autres hommes.
Si tu savais comme je t'en suis reconnaissant.
Et crois-le, si quelqu'un avait pu me sauver, ça aurait été toi.
Te quitter est un crève-coeur.
Mais guetter le moment où tu vas partir est pire encore.
Laisse-moi l'orgueil d'avoir connu ça
au moins une fois.
Laisse-moi te dire adieu
avant que tu m'abandonnes.
Yours always, Jonas.
- Félicitations.
Complicité d'assassinat de masse. Condamné à mort en Irak.
Musique intrigante
...
Vibreur
...
- Benjamin ?
- Marie-Jeanne.
- Je rate pas une occasion de déjeuner avec le futur DR.
- Bien sûr, moi non plus. Assieds-toi.
Ce petit concours de beauté se résume maintenant à toi ou moi.
- Ils devraient abréger et tirer ça à pile ou face.
- Avec une petite prime à la parité.
- Il y a une politique de quota ?
Mauvais pour mon amour propre. - C'est dans l'air.
Même ici, c'est comme ça.
Sache que je serais honoré de servir sous ta direction.
- Sache que moi aussi.
- Tu sais,
en 21 ans de service, sur le terrain ou ensuite à la DT,
je n'ai jamais pensé diriger le Renseignement.
Jamais.
C'est pas pour ça que je suis entré dans la boîte.
- C'est ce que vous pensez de ma direction ?
- J'ai rien à dire.
C'est juste une question de style.
- Votre profession de foi est très claire.
Mais curieusement, il manque un élément.
Vous ne parlez pas du bureau des légendes.
Que comptez-vous en faire ?
- Version longue ou version courte ?
- La courte, si ça ne vous ennuie pas.
- Il faut le dissoudre.
- Je veux bien la version longue, alors.
...
- Guillaume, j'ai besoin de vous.
- Je suis là, Marie-Jeanne.
- C'est quoi, votre analyse ?
- Un service qui m'a laissé être ce que je suis devenu
est un service qui ne fonctionne pas bien.
- Ca a à voir avec vous, pas avec le service.
A un moment, vous avez eu le sentiment d'être tout-puissant.
- On est tout-puissants.
Quand on détruit la vie des gens d'un claquement de doigts, on l'est.
- Mais c'est pas ça, la puissance.
- C'est quoi, alors ?
- Pouvoir reconstruire.
- Comment je fais ?
Comment vous faites ?
On peut reconstruire que sur des ruines.
Sinon, c'est du rafistolage.
Est-ce que nous sommes assez en ruines ?
- Toi, non. Moi, oui.
- T'y arriveras.
Musique douce
...
- Et puis je m'en fous.
Elle frappe.
- Entrez, Marie-Jeanne.
- Félicitations, Marie-Jeanne.
- Félicitations.
Quand je pense que vous avez failli ne pas candidater.
Ou alors, c'était une très bonne stratégie.
...
Musique douce
...
Un moteur ronronne.
...
- Ca va ? - Salut.
T'as ton permis ?
- Bonjour.
- Bonjour.
...
- C'est énorme, tout ça. Vous voulez pas un coup de main ?
- Non, c'est organisé.
Vous allez vous promener et moi, je prépare le dîner.
- Vous voulez qu'on revienne vers quelle heure ?
- Je veux personne dans mes pattes avec 2 ou 3 heures.
- D'accord.
- Je te croyais fâchée avec les maths.
- Moi aussi.
C'était une question de travail.
J'ai pas vu le jour pendant 6 mois, j'ai réussi le concours.
- C'est incroyable !
C'était quand ? - Le concours ?
Ca fait un an.
- Tu vis où, maintenant ?
- Tu t'es pas renseigné ?
- Non.
- Tu t'intéresses, ça fait plaisir.
- Tu voulais pas me voir ni me parler.
J'ai respecté ce que tu voulais, non ?
- J'habite chez mon copain. - OK.
Je le connais ? - Pas tout d'un coup !
- Je pars, elle veut arrêter ses études.
Je reviens, elle est économiste.
- T'en déduis quoi, Guillaume ?
Tu devrais partir plus souvent.
- Oups.
- Bon, on va marcher en silence.
- Espèce de lâche. Rires
Musique intrigante
...
- Joyeux anniversaire
- JOYEUX ANNIVERSAIRE
- Joyeux anniversaire, papa - Joyeux anniversaire, Guillaume
- JOYEUX ANNIVERSAIRE
- Bravo !
- Maintenant, les cadeaux. Les cadeaux ! Allez !
Musique douce
...
Merci d'avoir fait ça.
- Je t'en prie.
- Bonsoir, Marie-Jeanne. *- Bonsoir, Guillaume.
Je voulais vous souhaiter un joyeux anniversaire.
- Merci, madame la directrice.
*- C'est ça, chambrez-moi.
Ce serait bien de se croiser la semaine prochaine
pour discuter de ce que vous savez.
- Oui, croisons-nous pour parler de ce que nous savons.
*- Bonsoir, Guillaume. Je vous laisse à votre famille.
- Merci, Marie-Jeanne.
...
"St. Matthew Passion, BWV 244" (Jean-Sébastien Bach)
...
- Réveille-toi, on est arrivées.
- J'ai dormi longtemps ?
- Depuis le péage.
- Excuse-moi.
Tu peux me laisser là.
- Non, je te dépose.
...
- Qu'est-ce que t'écoutes ?
- Du Bach, tu aimes ?
- C'est joli.
C'est juste là.
...
- A bientôt.
- Ouais.
Bonne nuit. - Merci, toi aussi.
...
(En russe)
Musique intrigante
...
- Alors, Guillaume, comment ça va ?
Qu'est-ce que tu nous fais encore comme connerie ?
Hein ?
- Guillaume ?
Je croyais que tu t'appelais Paul.
- Non, c'est Guillaume.
Et parfois Malotru.
Ou Pain-in-the-Ass, mais bon...
Moi, c'est Henri.
- Moi, c'est Anatoly.
Merci, Guillaume.
Pour ma femme et mes filles.
- Elles sont très belles.
- Il avait promis de leur rendre visite
et il a tenu parole.
Rires
Discussions mêlées
...
Musique intrigante
- C'est fou.
...
...
- Nadia.
- Guillaume, mon chéri.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Mais...
c'est fini, mon amour.
C'est fini.
Profonde inspiration
"Cold Cold Ground" (Tom Waits)
...
Sous-titrage TITRAFILM
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