Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Pour garantir l'accessibilité du film aux personnes sourdes ou malentendantes,
l'intégralité des dialogues est sous titrée en français.
Il faut être toujours ivre,
tout est là, c'est l'unique question.
Pour ne pas sentir le fardeau du temps
qui brise vos épaules et vous penche vers la terre,
il faut vous enivrer sans trêve.
Je me réveille en repensant à ces mots que tu me disais.
Je suis loin maintenant, mais j'ai suivi ton conseil.
Je me suis enivrée d'aurores,
au moment où le monde semble si vide, si intact.
Je me suis enivrée de travail.
J'ai passé des nuits plongée dans un langage que je maitrise,
dans ce monde de la tech, jusqu'à me sentir vidée.
Je me suis enivrée de son.
Quand j'ai perdu une partie de mon audition il y a 5 ans,
je me suis raccrochée au peu de sons que j'entendais.
Le chant des oiseaux,
le bruissement des feuilles à l'automne.
Je ne voulais pas les oublier.
Je me suis enivrée de beauté,
comme si c’était un paysage parfait et intouchable,
dans lequel je pouvais me perdre.
Je me suis enivrée d'amour.
Avec toi.
C'était mes plus belles années.
J'y pense encore.
J'espère te croiser par hasard ou juste recevoir un e-mail de toi,
même si je sais que ça n'arrivera pas.
Je me suis enivrée de tout ça.
Mais ça ne suffit plus.
Comment se suicider avec des médicaments ?
Quelle quantité faut-il ?
Vous souffrez sûrement de dépression.
Contactez un psychologue ou un centre de prévention.
- On se rassemble.
On se rassemble ! Allez, rassemblement !
Allez, allez !
OK, ça va ? - Bonjour, patron.
- On s'est vus tout à l'heure. Ça va ?
Assieds-toi sur mon bureau.
OK, euh, bon.
Aujourd'hui, les amis... c'est le jour J.
Le meilleur ou le pire jour de l'année.
Mais s'il vous plaît, restez motivés. D'accord ? C'est ça !
Dominons ces Jeux.
Les athlètes, c'est vous, les champions de la conciergerie.
Notre médaille d'or, ce sont les avis à cinq étoiles.
C'est tout ce que je veux, OK ?
Petit rappel :
les ponts seront fermés à partir de 16 h,
à cause de la cérémonie d'ouverture.
Je le rappelle, pour les poissons rouges.
Souvenez-vous d'une chose, et je suis sérieux là :
aujourd'hui, nos clients payent le triple du tarif habituel.
On doit être irréprochables, OK ?
Accueil personnalisé, évidemment,
et bien sûr, des services ultra premium.
Et voilà la salle de bain.
Ça ira.
- OK.
Alors, le salon comporte trois espaces différents,
un espace détente, un espace lecture
et la partie salle à manger.
Ici, nous avons une magnifique cuisine toute équipée.
- C'est pas nécessaire. - OK.
Et un panier de bienvenue pour vous.
Avec tous les...
Une baguette.
Voici vos clés.
N'hésitez pas à me contacter,
pour toute... demande.
Pour tout, à toute heure.
Par message, c'est mieux.
Au revoir.
Au revoir.
[sons étoufffés]
Bienvenue.
Ici, vous avez la salle de bains.
Tu veux mourir ?!
Putain.
- Elisabeth, j'ai des guests qui arrivent dans vingt minutes.
Elisabeth, va falloir qu'on discute d'un commentaire,
faut que tu m'expliques.
"À ce prix-là, elle pourrait sourire."
Deux étoiles.
On est là pour les Jeux. J'arrive pas à y croire.
- C'est historique. - Oui.
Ok alors...
Chambre, salon, salle de bains, cuisine.
Wi-Fi.
- Je fais mon possible,
mais ils vont pas valider ta période d'essai.
- J'ai besoin de renouveler mon visa.
- Je sais.
Carbure à fond aujourd'hui,
comme ça t'es embauchée et t'as ton visa.
- OK.
[sonnerie de téléphone]
Elisabeth, c'est Steve.
Je suis impressionné par votre profil.
Je suis à Paris pour la journée. Voyons-nous après 18 h.
Je peux vous aider à trouver du travail.
- Pardon.
[sirènes sonores]
Et voilà.
Si le service vous a plu, vous pourriez laisser un commentaire ?
Oui, pourquoi pas ?
[son d’arrière-plan étouffé]
Je vous entends mal. C'est oui ou non ?
Vous devez le faire maintenant.
Comment ?
Je ne vous entends pas.
Oui, rue de la Roquette.
- Bon, j'enverrai un texto. - Salut.
Désolé. Je ne voulais pas
te faire peur. Je viens pour l'appartement.
- Vous n'avez pas de valise ? - Non, ils l'ont perdue.
Mais pas de valise, pas de problèmes,
pas de problèmes, pas de problèmes.
Tu as un regard intense.
OK, c'est par ici.
- Waouh.
Tu es française ?
- Pardon ? - Tu es française ?
Américaine.
Génial.
Il arrive. Prenez l'ascenseur, c'est au 3e.
Je monte à pied.
Je viens avec toi.
Mais enfin !
- Quoi ? - Tu n'entends pas ?
[gémissements]
- Non. - Il y a des gens qui baisent.
Quoi ?
- J'entends rien. - Je te promets.
C'est tellement français.
- Tu peux pas booker deux fois le même appartement.
Tu me le chouchoutes.
- T'inquiète, je gère le truc.
- Rattrape-moi le coup.
Sois sympa avec lui. Essaie de sourire.
Je suis sûr que t'as un beau sourire.
- Ça marche, ciao. - Je t'envoie tout.
J'ai parlé à mon chef, on va vous surclasser.
Le nouveau logement est bien mieux
- et moins cher. - D'accord.
Laissez-moi seulement vous appeler un taxi.
Je récupère les clés et je vous rejoins.
Je viens avec toi, pour récupérer les clés.
- Pas la peine, je vous y rejoins. - Allez !
J'adore marcher dans Paris, avec les locaux.
Ce sera marrant.
D'accord, très bien.
C'est par là.
Comment tu t'appelles ?
- J'ai pas entendu. - Tu ne m'as pas dit ton nom.
Elisabeth... Vogler.
Vogler ?
C'est un nom allemand ?
Un nom allemand, un accent français,
mais tu es américaine.
- Comment ça se fait ? - Pardon ?
- Quelle est ton histoire ? - Il n'y en a pas.
Allez, tout le monde a une histoire.
Même ce pigeon, là-bas, a une longue lignée d'ancêtres.
- Euh, OK.
Mes parents allemands ont immigré aux États-Unis.
Je suis née à Hong Kong.
Puis au Sénégal, j'allais à l'école française.
On a fait l'Allemagne, l'Argentine et les U.S.A., que je haïssais.
J'ai commencé à chercher un endroit où vivre,
j'ai un peu galéré, puis j'ai atterri ici.
Des croissants.
On devrait y aller.
"Vogler", c'est bizarre. J'aime ce qui est bizarre.
Pas sur un plan sexuel,
mais je ne juge pas, tu vois.
Hé, j'adore tes tatouages !
Merci.
Tout est tellement... extraordinaire, ici.
C'est si beau !
Tu dois adorer vivre ici. Non ?
C'est le paradis sur terre.
Tu le penses vraiment ?
Non.
Les Parisiens vont au McDo, regardent Netflix
et baisent comme sur YouPorn.
Exactement comme ailleurs.
Tu me prends en photo ? Devant le palais de justice.
- L'hôtel de ville. - L'hôtel de ville.
C'est pour ma mère.
Et une pour les applis de rencontre.
- Elles sont bien ? - Magnifiques.
Tu as fait une vidéo.
Comment fonctionnent tes appareils auditifs ?
T'inquiète, ils fonctionnent.
C'est difficile ?
- Non, c'est même plus facile parfois. - Comment ça ?
Les commentaires sexistes des connards dans la rue,
par exemple.
Il y a beaucoup de connards ici ?
Il y en a partout, non ?
Et pourquoi "les putains de Jeux" ?
C'est-à-dire ?
Tout à l'heure, tu disais : "Ces putains de Jeux !"
C'est juste qu'il y a beaucoup de monde en ce moment.
C'est pas une bonne chose ?
C'est juste...
une grande supercherie.
L'opium du peuple, tout ça.
Tu es marxiste.
Peut-être.
C'est pas bien, tous ces gens venus du monde entier
qui s'unissent en un lieu pour les Jeux ?
Pour "ces putains de Jeux".
Je veux dire,
l'humanité...
On est avant tout une espèce qui aime jouer,
tu penses pas ?
T'as quel âge ?
Tu me donnes quel âge ?
Je sais pas, 12 ans ?
Oui, environ.
On verra si tu es joueur dans vingt ans.
Tu marches vite !
Je vais chercher les clés. Tu m'attends ?
- Oui. - J'en ai pour une minute.
- Ta note a encore baissé. Un commentaire une étoile.
Une histoire d'ascenseur.
- Hein ?
- Regarde. - Elle est malade.
Je lui ai descendu sa valise.
- Laisse tomber, mais tu gères ton client
et tu te concentres. - OK.
- Oui. Oui, Serge, excuse-moi.
- Allô ?- C'est Steve.
Mon planning a changé, on peut se voir dans dix minutes ?
À 16 h ?
Oui, 16 h, c'est bon. Je vous envoie une adresse ?
- Oui. Je vous attends. - À tout de suite.
Fait chier !
- Elisabeth !
Tu dois rencontrer cette personne géniale.
C'est Mitchélé. Désolé. C'est ça ?
- Michele. - Il possède
un salon de toilettage de luxe pour chiens.
Il leur fait des coupes de cheveux. Génial, non ?
Il amène les gens dans son... studio ?
- Ouais, un gros studio. - J'ai...
J'ai les clés, on peut y aller ?
Elisabeth va me montrer mon appartement, et ensuite,
- je peux t'écrire sur Instagram. - Ouais.
- Mon pote, je dois y aller. - OK.
Mais je remercie l'univers pour notre rencontre.
Les gars, bonne chance. Ça va être super.
Je penserai à vous.
- Content de te connaître. - Moi aussi.
- À plus ! - Salut.
Désolé, désolé.
- T'es sûre ? - Oui.
- Tu crois que tu le reverras ? - Qui ?
Oh, non. Enfin, qui sait ? Peu importe.
Ce qui compte, c'est le moment présent.
Ensuite, c'est l'univers qui décide.
- OK. - Hé, mon pote !
Mais non !
- Je t'ai dit que c'était lui ! - Comment tu vas ?
- Ça va, mec ? - Ça va ?
- Elle est belle. - Ouais.
- Tu la mérites pas. - Canon.
Comment tu vas ?
Ça va, mais je suis un peu jet-laggé.
Je suis désolée, mais j'ai un rendez-vous juste à côté.
On peut se rejoindre dans 25 minutes ?
- Au même bar ? - Bien sûr.
- Tu y seras, hein ? - Oui, oui.
- Dans 25 minutes, exactement. - Merci.
- Bonjour. - Elisabeth.
Asseyez-vous.
Je suis ravie.
Le plaisir est pour moi. J'ai attendu ça toute la semaine.
Les gens pensent tout savoir, mais toi, tu t'y connais vraiment.
Je passe beaucoup de temps sur Reddit,
à chercher des experts en dataset et en intelligence artificielle.
Tu es très douée.
Merci.
Que fais-tu, en ce moment ?
Je travaille pour une conciergerie, je gère des locations courtes.
Alors je tombe bien. Tu gâches ton talent.
Je peux te trouver un emploi plus intéressant.
Je l'espère.
Parle-moi de tes études.
- Désolée, je n'ai pas... - Tu as fait des études ?
Non.
- Tu es autodidacte ? - Oui.
Génial. Ça te rend encore plus intéressante.
Quand tu as préparé cet entretien,
as-tu réfléchi à ce que tu voulais vraiment faire ?
Oui.
Ce qui ferait vraiment sens pour moi, serait de travailler pour une O.N.G.
Alors,
- dis-moi pourquoi une O.N.G. - Je pense que mes compétences
seraient utiles à une ONG,
je pense que j'aimerais contribuer
à un monde meilleur, ou du moins, ne rien aggraver.
C'est parfait.
Je veux aussi contribuer à cela.
Je pense que la seule différence,
c'est que je veux rendre le monde meilleur
et aider des gens comme toi à gagner de l'argent.
Comme je vous le disais,
ce qui m'intéresse, c'est d'améliorer les choses.
L'aspect financier, c'est...
Je ne suis pas sûre que ce soit compatible avec...
- Vous savez... - Je vais être direct.
Tu as un savoir-faire rare dans un domaine très recherché.
J'ai des amis dans le monde entier qui cherchent des gens comme toi.
Selon moi,
tu pourrais faire fortune. Et franchement, moi aussi.
Je veux aussi t'être utile.
Je vais y aller.
Merci d'être venu. Au revoir.
- C'est ton amie ! - Elisabeth !
Chad, Naomi,
voici mon amie Elisabeth,
une personne merveilleuse qui pense que tout est nul.
Salut, Elisabeth.
Il y a deux façons de penser. Soit, vouloir changer
est une forme de conditionnement au monde,
ce qui revient à oublier qui on est.
[sifflement lancinant]
On reste malheureux, car c'est quelque chose de familier.
Est-ce viable de rester dans cet état d'ignorance ?
- Désolée... - Je suis spécialisé là-dedans.
Voilà les clés, tu as l'adresse.
- Je te laisse avec tes amis. - Non !
- J'y vais. - Je te suis.
- Tu vas où ? - À mon appartement.
Non, non, ça me va si tu restes avec tes amis !
- Je les connais pas. - On se voit après ?
- Tu ne nous échapperas pas. - Écrivez-moi.
Tu m'as pas posé une seule question.
Je t'ai demandé ton âge.
Tu ne connais pas mon nom.
- J'ai pas entendu. - Quel est mon nom ?
- Je l'ai sur l'appli... - Donc tu sais pas et tu t'en fous.
Je peux pas retenir le nom de tous mes clients,
ni me faire des amis...
Tu m'intéresses sincèrement.
Ce monde est peut-être horrible, mais je m'intéresse aux autres.
Je m'appelle Elijah.
[sonnerie téléphone]
Eh bien, je suis ravie de te connaître, Elijah.
Enchanté aussi...
- Allô ?- Elisabeth.
Téléphone.
Tu m'entends ? Pablo, vire tes pieds de mon bureau.
Ouais. - Allô ?
- Ton client de 11 h dit qu'il y a des punaises de lit.
- Oh, merde.- Je sais. Il veut gratter.
Tu peux aller vérifier ?
- D'accord, je te rappelle.- Sois forte.
- Ce n'est pas par là ! - Passons par le parc.
- Non, non.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tout va bien.
C'est la tête qu'on fait quand tout va bien ?
Qu'est-ce qui t'amène à Paris ?
Je prépare mentalement les athlètes pour les J.O.
Ça s'est fait à la dernière minute et c'est une super opportunité.
Donc tu leur fais un discours d'encouragement ?
Non.
Je suis spécialisé en hypnose.
Hm ?
Désolée. Ces choses-là ne marchent pas sur moi.
C'est comme les psys, je crois que je suis immunisée.
- Tu penses ? - J'en suis plutôt sûre, oui.
Pourquoi ne pas essayer ?
- J'ai pas le temps. - Allez.
Ça prendra cinq minutes.
- Ça ne marchera pas. - Donc tu n'as rien à craindre.
- Et après, tu me suivras ? - Où tu veux.
- Et vite ? - Très vite.
Cinq minutes.
- Promets-le-moi. - Viens.
Bien.
On dit que quand on entre dans un état d'hypnose,
ça nous fait explorer quelque chose de plus libre,
quelque chose d'un peu instable ou de...
C'est comme explorer quelque chose en mouvement, tu vois ?
Tu vas te sentir moins connectée au monde extérieur,
mais ce sera un gros soulagement d'être moins connectée.
Je vais approcher ma main de ton visage.
Je vais l'éloigner et l'approcher.
Ça va faire comme une vague.
Lorsqu'elle s'approche, tu expires.
Et quand elle s'éloigne, tu inspires.
Expire.
Inspire.
Expire.
Inspire.
Tu vas avoir l'impression
que l'air entre ma main et ton visage devient plus lourd,
comme si l'espace devenait plus dense.
Je vais venir à côté de toi.
Respire.
Chaque respiration va devenir de plus en plus...
automatique.
Tu vas avoir l'impression de faire confiance à ton souffle,
que ton souffle commence à te guider.
C'est comme lâcher le guidon du vélo,
tu sais que le vélo avancera, car tu lui fais confiance.
Tu es consciente des voix qui t'entourent,
de la terre sous tes pieds.
Mais tout ça semble lointain, d'une certaine façon.
Et maintenant...
Tu respires.
Tu respires.
Tu sens le monde autour de toi.
Tu as conscience de l'espace.
Et en même temps, tout a l'air très loin.
Ton esprit n'est plus totalement ancré,
il flotte,
il découvre un nouveau lieu.
Cet univers est familier.
Il est réconfortant,
comme si tu l'avais toujours connu.
Tout cela existe en toi.
Maintenant,
tu vas y plonger encore plus profondément.
Cette pensée
alourdit ta tête.
Cette lourdeur
descend dans ton corps
et ton corps tombe sur ma main.
Et tu te détends.
Merde ! C'est quoi ce bordel ?
- J'ai dormi 1 heure 30 ? - Tu étais si sereine.
T'as bousillé ma journée avec tes conneries spirituelles !
C'était si terrible ?
Je peux plus t'amener à l'appart.
Vas-y, l'adresse est sur les clés.
Je reste un peu avec toi.
Tu as l'air reposée.
Tu comprends pas,
j'ai besoin de ce boulot, pour pouvoir rester en France.
Pourquoi tu veux rester ?
Je vis ici.
Quand je me sens mal quelque part, je vais ailleurs.
- Et le Mexique ? - Je suis bien ici !
J'ai jamais été aussi heureuse ! Regarde !
Pardon. Je vais t'aider avec ton prochain client.
Ouais, c'est ça.
Je suis sérieux.
- On verra. - Fais-moi confiance.
C'est pas vrai.
Oh là, là !
Des vrais porcs.
Ils arrivent dans vingt minutes.
Vingt minutes...
OK.
T'as une chanson en tête ?
- Non. - OK.
[musique étouffée]
Allez.
C'est bon, je vais juste le retourner.
C'est dégoûtant.
Salut ! Entrez !
Bienvenue chez vous.
Je vais prendre vos valises.
Voici Elisabeth,
mon assistante.
Allez, venez.
On va commencer la visite.
Vous avez des placards, une chambre d'amis.
La salle de bains,
les toilettes, la douche, l'évier...
- Vous parlez pas français ?
- Euh, vous voulez boire le vin avec fromage ?
- OK. - OK.
La cuisine, la gazinière, les plaques de cuisson.
Et regardez ce canapé !
Vous avez jamais vu un canapé aussi beau !
Essayez-le.
Vous n'aurez jamais été assis aussi confortablement.
Et lapièce de résistance ,
la ville lumière, Paris.
- Waouh... - Waouh...
- C'est pas beau, ça ? - Si, si.
Si besoin, appelez Elisabeth.
- Envoyez-moi plutôt un message, je vous répondrai vite.
Les clefs, donc. Installez-vous bien.
Pas de fêtes, pas de cigarettes, pas de drogues dures.
- Au revoir. - Au revoir.
Un texto des clients.
- Ils t'ont détesté. - Eh bien,
j'aurais essayé.
Ils sont là !
Salut, les gars !
- Ouais ! - Je suis contente !
Je suis trop contente !
- Je t'ai manqué ? - Oui !
Le voilà ! Mon pote. Ça va ?
- Oui. - Ça se voit.
Bon, j'ai un client à gérer,
je vais te donner les clés de l'appartement.
- On brise pas la bande. - On ne fait pas ça, non.
C'est pour le boulot...
On sera très professionnels.
Très professionnels. Tu me connais.
On est américains, mais on sait se tenir.
- Ça fait... deux heures que je vous appelle.
Je me gratte depuis ce matin.
- Je peux entrer pour vérifier ?
- T'as pas compris.
Il est hors de question que je reste ici.
Monsieur,
nous comprenons votre frustration.
Vous voulez voir ma peau ? Ça me démange !
J'ai déjà eu des punaises de lit, je suis une experte.
- Trouvons-les ! - Elle sait ce qu'elle fait.
Face à une rivière, prends un bateau.
- Non, rien. - Je ne vois rien.
Si j'étais vous, je m'approcherais pas du canapé.
- Pourquoi ? - C'est là que j'étais assis.
Ah, la source !
On dit qu'un criminel revient toujours sur le lieu du crime.
- Désolé, Chad, je passe. - Ouais.
Vous les avez peut-être amenées. Avez-vous congelé vos vêtements ?
J'ai juste pris un train et un taxi.
- Vous avez un accent anglais, non ? - C'est vrai.
Je suis à moitié anglais.
Ne le dis à personne, mais j'ai aucune idée de ce que je fais.
J'adore ton rire.
Je peux voir vos piqûres ?
- Vérifiez derrière les plinthes. - Montrez-moi.
J'ai besoin d'une pause.
- C'est ici. - Désolée,
mais c'est une piqûre de moustique.
Non, c'est trop petit. C'est minuscule !
On dirait un moustique.
C'est un moustique.
J'ai une piqûre de moustique et c'est exactement la même chose.
Avec cette chaleur...
Je reconnaitrais une piqûre de moustique.
Monsieur, je suis désolée, mais je ne vois vraiment rien.
Vous êtes peut-être un peu stressé.
Je suis en vacances. Pourquoi je le serais ?
- L'alcool ? - Une rupture ?
Vous souffrez d'une maladie chronique ?
Vous prenez des médicaments ? Parce qu'avec la chaleur...
- Non. - Vous vous êtes fait virer ?
Est-ce que vous êtes heureux ?
Bien sûr que je le suis.
- Laissez-vous aller. - Les gars, je vais bien.
- Asseyez-vous, détendez-vous. - Ça va aller.
Pas là ! On ne sait pas d'où ça vient.
Il n'y a rien ! On a tout vérifié.
- Ça va aller. - Ça marche à merveille.
- Mettez ça sur la piqûre. - Un tout petit peu.
Mettez votre doigt là, ça va vous soulager.
- Ça ira mieux dans 20 secondes. - Détendez-vous.
Regardez-moi et écoutez le son de ma voix.
Concentrez-vous sur votre respiration.
Quand j'avance, expirez.
Pensez à votre respiration
et comptez : un, deux, trois,
quatre, cinq,
six, sept, huit...
Expirez.
Inspirez, c'est bien.
Inspirez, expirez.
- Inspirez. - C'est ça.
- Les gars, les gars...
Mon client m'attend. Je vous rejoins ?
- Ouais, d'accord. - Super.
[acclamations]
[son étouffé]
Voilà les clefs, je vous envoie les instructions.
Je vous écris, je peux pas vous parler.
Elisabeth !
Qu'y a-t-il ? Ça va pas ?
Que se passe-t-il ? Tes appareils auditifs ?
Je les ai perdus.
Hé, regarde-moi !
Bouge pas, je vais chercher de l'aide. Bouge pas.
[silence]
Ne t'inquiète pas, on est là.
Tu n'es pas seule.
On va trouver tes appareils.
On va les chercher.
Reste ici.
Ne bouge pas.
- Vous parlez anglais ? - Oui.
On cherche des appareils auditifs,
dans un petit étui noir, grand comme ça.
- Je ne vois rien. - Merci.
- T'as cherché de ce côté ? - Oui, va par là, toi.
Vous n'auriez pas vu un appareil auditif ?
[son étouffé]
- Hé !
Comment tu te sens?
Tu sais quoi ? Toi, je t'entends.
Vraiment ?
C'est une question de fréquence.
Et aussi, je pense que j'entends mieux
quand je fais confiance à la personne.
Hé, mec ?
Ça va pas ?
Tu te sens bien ?
Ça va ?
Hé.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Hé, hé, tout va bien. Tu vas bien.
Ça va aller, tout va bien.
Hé ! Tout va bien.
[retour brutal du son]
- Oh mon Dieu ! - Est-ce que ça va ?
Il fait une crise d'angoisse.
Écartez-vous, laissez-le respirer.
- Allez. - On y va.
- Bien. - Tout va bien.
Ça va ?
C'est bon, vas-y.
Accroche-toi à moi, accroche-toi.
Ça va aller.
- Vous le connaissez ? - Oui, c'est un ami.
C'est fini, tu es sorti.
C'est bon, c'est passé.
Ouais.
Ça va ?
Prends appui sur moi, ça va aller.
- On est où ? - Doucement.
C'est quoi cet endroit ?
Il demande où on est.
On est près de la Seine,
mais les gens vont à la cérémonie d'ouverture.
On va respirer ensemble, d'accord?
Concentre-toi sur moi.
Inspire profondément.
Et expire.
Tu as fait une crise,
mais on est sortis du métro, tout va bien.
Tu vas bien, d'accord.
Tu te sens un peu mieux ?
- Merci. - C'est normal.
Tu essaie de te lever ?
Ouais, on essaie ? Allez.
Il faut qu'on y aille.
Je vais rentrer.
- Quoi ? - Je rentre.
Oh non, allez ! On ne va pas se séparer comme ça.
Je suis fatigué.
Viens au moins à la cérémonie d'ouverture.
Hé, tu voulais voir Paris, pas vrai ?
Pas vrai ?
C'est ici que ça se passe ce soir.
Littéralement juste là.
Comment refuser ?
Allez, c'est parti !
- C'est par où ? - Je crois que c'est par là.
Les ponts sont fermés toute la nuit ?
Les ponts.
Je ne sais pas, jusqu'à tard, jusqu'après la...
- Tu es bloquée avec nous - T'as pas le choix.
Ça va ?
- Bonjour. - Bonjour.
Mes amis et moi, on aimerait voir la cérémonie...
Je parle pas anglais.
Pourquoi ?
Que se passe-t-il ?
Non, ça ne marche pas.
D'accord. Très bonne journée, Monsieur.
Merci. Au revoir.
Où on va ?
Je crois qu'on va essayer ailleurs.
Et celui-ci ?
Pourquoi ? Pourquoi c'est impossible ?
Merci.
Vous savez quoi ? On va s'arrêter là.
- Tu veux venir ? - Oh, désolée.
Bon, ça suffit. On va dans un bar !
Ici.
Non, là.
- Essayons ici. - Oui.
Venez, venez.
- Ouais !
Elle danse pas très bien.
- C'est quoi ? - Vive la France !
Vive la France !
La Grèce !
J'adore la Grèce.
C'est parti ! Que la fête commence.
- Les filles, du cidre. - Qui veut une bière ?
Et voilà. Mon bébé.
- Une bière. Santé. - Santé.
[son étouffé]
- Chad nous regarde.
- Quoi ? - Il nous fixe.
Fais pas attention à lui. Ça lui plaît.
Comment ça ?
Eh bien...
On est en relation ouverte.
- Ah bon ? - Oui.
- T'inquiète. - D'accord.
Ça va ?
T'es sûre ?
Pourquoi tu souris ?
Je, je souris pas.
- Les clés. - Elisabeth, allez !
Elisabeth ? Elisabeth, lis sur mes lèvres.
Je suis vraiment désolé
pour tout ce que tu as enduré dans ta vie.
Je sais ce que tu traverses.
Non, pas du tout.
T'en sais rien !
Tu vas dans un café et tu te fais des amis.
T'es comme eux !
Un de ces pauvres abrutis.
Regarde-toi ! Tout est faux chez toi.
Viens là.
- Tu parles pas ?
Tu parles pas ?
Appelle-moi. Je m'inquiète pour toi. Je suis vraiment désolé.
- Facteur. - Facteur.
- Bassin.
- Bassin.
- Citron.
- Citron.
- Dossier.
- Dossier.
- Jumeaux.
- Jumeaux.
- Cailloux.
- Cailloux.
- Sommeil.
Cerceau.
Buffet. - Buffet.
- Ballon.
Patron. - Patron.
- Mendiant.
Voisin.
- Votre audition n'a pas du tout bougé.
Vous allez pouvoir repartir avec vos prothèses.
Je vais les chercher.
- Vous avez six nouveaux messages.
- Ouais, Elisabeth.
Écoute, je suis désolé, mais je vais pas pouvoir te garder.
Mais bon, avec la journée d'hier,
je peux plus rien faire.
Euh, bon, j'espère que tu vas trouver quelque chose de mieux.
Salut, Elisabeth. Heureux d'avoir de tes nouvelles.
J'ai eu ton message. J'espère que tu vas bien.
Et oui, bien sûr, on peut se voir quand tu veux.
Allez, salut.
Salut. Désolé.
Salut.
- Ça va, l'appartement ? - Ça va.
Mais j'y ai mis le bordel.
- Vraiment ? - J'ai tout saccagé.
C'est vraiment affreux.
Je savais que t'étais un fauteur de troubles.
- Je suis un voyou. - Je sais !
- Ça se voit tout de suite. - T'as raison.
Ça te dit d'aller faire un tour ?
T'es sûrement occupé, mais comme il fait beau...
J'ai tout mon temps.
Bien, alors allons-y.
Alors ? - Alors ?
Comment tu vas ?
Ton travail te satisfait ?
Mais qui es-tu ?
J'essaye. Je fais de mon mieux.
Ma vie, ça va
et mon travail me satisfait profondément.
Merci pour tes questions. C'est vraiment adorable.
- Je ne suis pas adorable. - C'est ce que je dis.
T'es pas du tout adorable.
Mais tant mieux !
Quand j'avais 16 ans,
j'ai failli mourir.
Je n'avais personne à qui me confier,
personne ne comprenait ce que je ressentais.
Je me sentais...
tellement seul, tu comprends ?
Mais j'ai survécu.
Et j'ai compris quelque chose.
J'ai compris...
qu'on m'avait donné une seconde vie et que je devais en faire quelque chose,
ne pas la vivre à moitié.
C'est un peu le but.
Il faut monter sur scène et faire quelque chose.
Même si on fait un peu semblant.
Je pense que tout ce qu'on fait, c'est...
On essaie de trouver...
un moyen de vivre,
j'ai l'impression.
Je suis vraiment désolée.
- Merci. - Je...
J'étais tellement prise par mes propres emmerdes,
que je n'ai même pas vu...
- Elisabeth... - Je m'en veux.
- Tu es une belle personne. - Arrête.
Non...
Tu as une belle âme.
N'importe quoi.
Tu m'as fait peur.
- C'est vrai ? - Oui.
J'aimerais qu'il existe des lieux figés dans le temps.
Des images de livre pour enfants.
Ma ville natale.
La maison où je suis née.
L’arbre près de l’étang,
planté par mes parents le jour de ma naissance.
Le grenier de mon enfance.
Tous ces souvenirs, cachés sous une couche de poussière.
Mais ces lieux n’existent pas.
Les regrets n'engendrent que des choses mortes.
[son étouffé]
[le son redevient clair]
- Les fleurs qu'il a peintes, Monet.
Quand il a commencé à créer les Nymphéas,
c'était le début de la guerre.
Son fils est mort un an avant,
son autre fils part à la guerre...
C'est sombre. Quand il peint, c'est sombre.
C'est comme si, lui, avec ses tableaux,
il faisait le deuil de toute l'humanité,
qui se déchire.
Mais il fait aussi ses deuils avec ça.
C'est comme si, dans ce tableau,
on voyait ceux qu'il avait perdus.
À ce moment-là, Monet a une cataracte.
Il a peint tout ça en étant quasiment aveugle.
Il voit presque plus rien,
mais il peint avec le souvenir qu'il avait des couleurs.
Mais il y a en même temps quelque chose de lumineux.
C'est incroyable.
Tu vois le ciel dans l'eau ?
Faut avoir une foi de fou dans la vie
pour réussir tout ça.
Et quand on regarde tout...
- Excusez-moi.
Vous nous prenez en photo?
Bien sûr.
Elle est bien ?
Elle est parfaite.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.