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Original subtitles

Merci.

C'est ça.

Sous-titrage ST' 501

Tu es en retard.

Je te demande pardon, il faisait si noir dehors. Personne ne t'a vu ? Non.

Je me suis garée où tu m'as dit. Bon, prends ça.

Ah non, du sang froid, il n'y a aucune raison d'avoir peur.

Ce n'est que mon oncle.

Et je t'assure qu'il est bien plus aimable maintenant qu'il ne l'a jamais

été quand il vivait.

Ça va aller.

Mais bien sûr, il le faut, ma chérie.

Parce que tu n'aurais plus à te soucier de ton avenir et de ta carrière si tu

devais être condamnée à vie.

Oh, je t'en prie, ne dis pas cela.

Et d'ailleurs, ma carrière n'a plus d'importance.

Dale, tout cela est à toi maintenant.

Oui, à condition que tu ne rates pas ton entrée en scène.

N'aie pas peur, je sais ce que je dois faire.

Tout à l'heure, j'ai été surprise.

Maintenant, ça va aller.

J'y compte.

Et n'oublie pas ce que je t'ai dit, ouvre la fenêtre et tire en l'air.

On peut y aller, ne crains rien.

Et tu iras remettre la couverture chauffante ? Oui, je sais, là-haut, dans

le tiroir du haut, à gauche. Tu me l'as dit vingt fois, allez, dépêche-toi.

Alors, est-ce que ça va ? À 5 000 dollars, c'est un cadeau.

Bon, pressez un peu le service.

Oh, messieurs, je vous reverrai tout à l'heure.

Bonsoir.

Vous dites 5 000 dollars ? Et pour du figuratif encore ? Oh, non, non.

Je veux du rose. C'est pour mettre dans la salle de bain de la chambre d'amis.

Mais moi, madame, je me contente de les peindre. Ce n'est pas moi qui fais les

plis. Hé, hé, hé, là doucement, ma chère.

Votre mari adore ses cactus. Il vient de me l'avouer. Oh, bien sûr, très chère,

je le sais. Mais ça ne va pas avec le reste. Je vous le laisserai à 4000 s'il

m'achète les indiens pour mettre dans sa bibliothèque.

Bonsoir, je suis à vous tout de suite.

Excusez-moi.

C'est vous

qui

êtes l'auteur ?

Vous donnez dans le paysage stylisé, je vois. Ce n'est pas mal. Pas mal du tout,

ça me plaît assez. Monsieur Kingston ? Monsieur Dale Kingston ? Vous êtes le

fameux critique d'art ? Oui, enfin, pour le moment, chère madame, bien que l

'heure ne soit pas exactement... Bien sûr, ma chère. Et il est enthousiasmé

par le talent de Sam.

Et pour votre cactus, je ne pourrais pas vous le laisser à moins de 5000 dollars.

Il est presque 11 heures, monsieur Kingston.

Oui, 11 heures moins 5.

C'est ça.

Je croyais retardé.

Merci beaucoup, monsieur... monsieur Franklin.

Vous prendrez bien un peu de champagne, Dave. Demandez si gentiment. Je vous

laisse un instant.

Et c'est pourquoi la vraie signification du mobile n'est pas fonction simplement

de sa forme, mais surtout de ses relations dans l'espace.

Des éléments qui le composent, et je pense qu'il en est un peu de même dans

les rapports entre les sexes.

C'est beau.

Je ne mettrai pas en question sa masculinité. Je crois en effet que l

'artiste a vu son sujet sous cet angle.

Et je bois sa santé.

Et remarquez que bien que le peintre soit un abstrait, il ne signe jamais son

œuvre que dans le style figuratif.

C'est bien vrai.

Vous étiez pas là ce soir ?

Non, monsieur.

Ma femme et moi sommes partis à 8 heures.

C'était notre jour de sortie.

Il n'y a que vous et votre femme, pas d'autres domestiques dans une maison

aussi grande ? Non, monsieur Matthews menait une vie très simple. Il était

divorcé depuis de longues années et avait très peu d'amis.

Et ce soir, je crois qu'il avait l'intention de se coucher debout. Un

instant. Vous avez entendu, Columbo ? Avez-vous encore besoin de monsieur

Evans ? Non.

Oh non, monsieur ! Monsieur Matthews ne voulait pas qu'on fume à proximité des

peintures.

Excusez-moi.

Docteur, n'oubliez pas ce que je vous ai dit. Vous savez, l'autopsie ne donnera

pas plus de précision.

Il n'a reçu qu'une balle. La mort a dû être presque instantanée. Et l'heure de

la mort ? Je dirais aux environs de 11 heures, à quelques minutes près, bien

sûr. Sans doute, le corps était encore chaud. Vous voyez.

Un de ces jours, monsieur.

Pardon. Monsieur Kingston, j'ai essayé de vous joindre. Je suis affreusement

désolé. Il y a eu cambriolage, c'est ce qu'on m'a dit. Oui, votre oncle est

probablement descendu de sa chambre. Il est rentré chez lui à deux heures du

matin. D'après ce qu'il m'a dit, il était allé... Calmez-vous, essayez de m

'expliquer. Il y a deux peintures qui manquent, je crois. Je leur ai dit de ne

toucher à rien en votre absence. Monsieur Kingston, nous avons attendu

que vous arriviez pour relever les empreintes sur les toiles. Le maître d

'hôtel ne nous a permis de ne toucher qu'au cadre.

Il a eu raison. Avec des toiles de cette valeur, par lesquelles voulez-vous

commencer ? Celle-ci.

Je suppose que c'est lui, votre nouveau patron ? Eh bien, je souhaite vivement

qu'il décide de tout garder en l'état. Après tout, il est le seul parent de mon

maître, monsieur Matthews.

Mais je crois, lieutenant, qu'il est bien prématuré de... Oui, oui, bien sûr,

je vous le demande. Pardon. Tous ces événements sont encore si récents et

vous devez avoir envie de rejoindre votre femme qui doit certainement être

sous le coup de l'émotion. Merci.

Monsieur Kingston, avant que vous ne soyez trop accaparé, j'en ai pour une

minute. Je voudrais, si vous le voulez bien, que vous m'aidiez à trouver la

solution d'un petit problème qui me trotte dans la tête. Volontiers.

C'est... cette peinture.

Et où est le problème ? Vous n'avez donc jamais vu des personnages sans tête ? On

leur a sans doute coupé.

D'autres, par contre, ont quelquefois des têtes à double face.

C'est vrai.

Mais...

C'est surtout cette bizarre signature qui m'intrigue. C'est de Grotte, Georges

de Grotte, un peintre des plus célèbres. C'est ce que je me disais.

Alors comme c'est étrange, j'ai noté aussi la signature de cet autre tableau

derrière.

Ça se lit Birnbaum ? Oui, en effet.

Ah ben j'avais bien lu.

Birnbaum.

Vous ne croyez pas que les peintres devraient signer d'une façon lisible ?

Ne croyez-vous pas que le moment est mal choisi pour en discuter ? Oui, bien sûr.

Je me rends compte que le choc a dû être terrible pour vous et je vous prie d

'accepter mes condoléances.

Merci. Monsieur ? Lieutenant Colombo.

Ah, merci.

Mais dites-moi, monsieur Kingston, est-ce que des cambrioleurs ont déjà

tenté de pénétrer ici ? Plusieurs fois. Cette maison est pour eux comme un

aimant. Il s'agit d'une des plus riches collections du monde.

Du monde ? Ah, peste.

C'est vraiment impressionnant.

Vous semblez littéralement fasciné par ces peintures. Je vais vous dire ce qui

me tracasse, monsieur Kingston.

Si vous veniez pour commettre un cambriolage, repartiriez-vous avec un de

Grote plutôt qu'avec un Birnbaum ? Peut-être, mais moi je suis un

spécialiste.

Vous, vous êtes un détective.

Vous êtes critique d'art, je le sais, et je vais mettre vos talents à

contribution. Vous avez dû vous en apercevoir, il y a justement là deux

petits cadres qui ont été débarrassés de la toile qu'ils contenaient. Et parmi

celles qu'on a retrouvées, je n'en vois pas qui soit de cette taille.

Oh, non.

Monsieur Evans n'en est pas tout à fait sûr, mais il a la nette impression

néanmoins que l'une d'elles était une danseuse. Mais ses connaissances sont

sûrement assez réduites.

Il a l'impression aussi que certaines toiles ont été bougées.

Comme si on venait de les raccrocher après une exposition. Oui, justement,

elles étaient dans les caisses qui sont dans le hall. Je les ai moi-même

déballées il y a peu de temps. Oui, et moi j'ai remarqué qu'un morceau de

papier d'emballage avait été découpé, sans doute pour... Ces deux toiles

étaient reproduites dans le catalogue.

Elles doivent être là quelque part.

Venez, regardez.

Ce sont ces deux-là qu'on vous aurait volés ? Oui.

Elles sont magnifiques.

Mes préférées, des pastels de Degas.

Quoi, des pastels ? Comme les dessins que les gosses font à l'école ? Nul n'a

utilisé le pastel avec un art égal à celui de Degas, lieutenant. Et ces deux

-là doivent à eux seuls valoir un demi-million de dollars.

Ça aussi, c'est bizarre.

En tout cas, je peux vous assurer qu'aucune des toiles qui sont ici ne

vaut moins de 50 000 dollars. Oui, non, ce que j'ai voulu dire, c'est que le

voleur... a commencé par s'emparer d'un Birnbaum.

Et quand votre oncle est intervenu et a essayé de prendre son revolver dans le

tiroir, après la lutte qui a suivi, au cours de laquelle votre oncle a été tué,

le voleur a tout de suite compris.

Et il a enlevé de leur cadre les plus précieuses toiles et a pris la fuite.

C'est en effet assez bizarre, lieutenant, je le reconnais.

Mais la vie n'est faite que de cela dans la réalité.

Lieutenant Colombo.

Oh, salut.

Merci d'être venu.

S'entend une minute, je voudrais vous montrer quelque chose.

Monsieur Kingston, ça pourrait vous intéresser.

Vous étiez là ? Oui, lieutenant.

Remettez-vous ici, je grillerai. D'accord.

Bonjour. Bonjour.

Bonjour, salut. Comment ça va ? Ça va. Qu'est-ce qu'ils font, là ? Votre oncle

faisait surveiller sa maison par une agence. Un vigile passait tous les soirs

à 11 heures.

Non, mais qu'est-ce qu'ils font, là, tous ? À la porte ? Oui.

Le vigile l'a trouvée ouverte. La serrure porte des traces comme si on l

'avait forcée de l'extérieur.

Seulement ce que je n'arrive pas à comprendre, comment ça n'a pas déclenché

le signal d'alarme ? Un cambrioleur professionnel doit savoir le

neutraliser. Non, non, non, les vrais professionnels passent toujours par les

fenêtres. C'est plus facile à forcer.

Bon, Sally, vous êtes prête ? Oui, quand vous voudrez. Alors attention, quand je

vais crier pour appeler le vigile, vous vous enfuierez comme je vous l'ai

indiqué. Bon, vous y êtes ? Elle y va !

Je n'en étais pas sûr.

Moi aussi, j'ai couru. Vous avez entendu un bruit de talons de femmes.

Oui, lieutenant.

Je vous remercie. À votre service. Charlie, dites-lui de revenir. Mais

dites-moi, vous croyez que le voleur aurait été une femme ? L'un d'eux.

Comment l'un d'eux ? À mon avis, il y avait bien trop de toiles décrochées

pour qu'une seule personne les emporte. Et puis, il y a aussi ce signal d'alarme

qui restait silencieux. Non, non, il n'y a pas de conclusion.

Il y avait forcément un complice à l'intérieur pour ouvrir à l'autre.

Je ne vois toujours pas.

Je vais vous faire un aveu. Eh bien, je ne vois pas non plus.

Pour tout ce qui concerne les questions d'art à votre disposition, lieutenant.

Ah, je vous remercie. Eh bien, donnez, puisque vous en parlez, dites-moi, qu

'est-ce que les voleurs pourront en faire ? Je veux dire, si ces œuvres sont

tellement célèbres, qui pourrait bien les acheter ? Je n'en sais rien.

Quelques collectionneurs étrangers, peut-être.

Mais les voleurs d'œuvres d'art essaient en général de faire une sorte de marché,

de transaction avec l'assurance ou la victime. Oui, c'est ce que je pensais.

C'est une sorte d'enlèvement.

Autrement dit, les voleurs cherchent à obtenir une rançon. Oui, c'est ça.

Oui.

Et je crois que dans notre cas, les voleurs sont probablement dans leur

petit soulier.

Ils vont vouloir s'en débarrasser très vite.

C'est très possible. Ah, c'est sûr.

Et attendu que c'est vous la première personne qu'ils peuvent essayer de

contacter, je vais vous dire.

Donnez-moi votre numéro de téléphone, on va le brancher sur la table d'écoute et

on enregistrera toutes vos communications.

Vous ne voyez pas d'inconvénients ? Mais non, pas le moindre.

Parfait, je vous remercie.

Bonne nuit. Bonne nuit.

Attention ! Pardon.

Ça fait rien.

Je m'y suis cognée plusieurs fois, moi aussi. J'ai abusé du champagne hier soir

et la fête a duré jusqu'à près de trois heures. Monsieur Kingston n'est donc pas

resté jusqu'à la fin, alors ? Mais assez longtemps toutefois pour rendre verte d

'envie une malheureuse directrice de galerie. Dale est en général à Londres

ou à Paris. Il fréquente rarement les paysans de notre sorte. Je voudrais

simplement vous poser une question.

Kingston est arrivé à quelle heure ?

Je sais, oui, vous me l'avez dit au téléphone.

Sam va vous répondre et le gardien du parking sera là dans une minute.

Sam, le lieutenant de police qui a téléphoné tout à l'heure est là. Il peut

venir ? Bon, qu'il vienne.

On dérangeait bien, Rambro.

Alors, pourquoi pas moi ? Allez-y, je vous écoute.

Je voudrais surtout pas vous importuner. Non, non, vous ne me dérangez pas, allez

-y.

Excusez mon humeur, mais je suis dans un mauvais jour.

Je vous présente Chris.

Enchanté. Bonjour.

Vous êtes artiste ? Non.

Je pourrais revenir plus tard si vous voulez. C'est pas à une nuit.

Non, quand le vin est tiré, il faut le boire jusqu'à la lit.

C'est pour moi, dis donc. T'as fini de bouger ? Je suis en train de peindre.

Alors peins et tais-toi.

À vrai dire, c'est une question de routine sans grande importance.

Et moi, le champagne, c'est pas de la routine.

Si vous voulez que je vous dise à quelle heure M. Kingston est arrivé hier soir,

je sais plus.

Ah.

À un moment donné, il a regardé sa montre, mais à propos de quoi, ça, j'ai

oublié. Oui, oui.

Mais ça m'aiderait si vous vous rappeliez.

Attendez voir.

Je crois que Simon devait retarder.

Oui, c'est ça.

Il m'a demandé quelle heure il était.

C'est tout.

Oui, je vois.

Merci. Excusez-moi encore.

Pas de quoi. En ce moment, je fais du commercial.

Ça m'en veut terriblement, lieutenant.

Parce que je lui fais recommencer son bouquet de cactus en rose.

Il croit encore que seul l'artiste a le droit de décider. Mathilde, vous m'avez

demandé ? C'est le gardien.

Je vais vous laisser travailler.

Au revoir, madame.

Et revenez quand vous voudrez.

T'as fini de bouger tout le temps, je peins.

Peins et tais-toi.

Joe, ton camarade m'a dit que c'est toi qui as garé la voiture de Dale Kingston

hier. Oui, c'est moi, il m'a même donné deux dollars.

Deux dollars ? Pour garer sa voiture ?

Non, il avait perdu un bouton de manchette. Il m'a demandé de l'aider à

le chercher. On a même fouillé le coffre. Vous l'avez retrouvé ? Non,

pourquoi ? Souvent, les coffres et les plages arrière de voitures sont pleins d

'un tas de choses.

Non, pas dans la sienne. À part un imperméable et la roue de secours, il n

'y avait rien.

À quelle heure ça se passait ? Vous vous souvenez ? Ah oui, parce qu'il me l'a

demandé. Il m'a parlé de sa montre qui retardait.

Je me rappelle qu'il était 11h moins 10.

Merci, ce sera tout.

Mais, lieutenant, pourquoi tout ce remue-ménage ? C'est parce que l'oncle

de Del Kingston a été trouvé mort hier soir ? Oh, lieutenant ! Vous allez voir

le bruit que cela va faire dans le monde des arts quand on imagine qu'un jeune

critique d'art va hériter d'une collection unique.

Vous voyez cela d'ici.

Mais qu'est-ce que je vois là ? Un cheval bleu ?

Il peignait les hommes et les femmes de la cour d'Espagne d'une brosse exempte

de concession.

Il en faisait ressortir sans pitié les moindres défauts, les montrés sans

phare. Mais le mot phare ne rime-t-il pas avec le mot art ? Et avec lui, il

est toujours question d'art. C'est ce qui fait de Goya un des plus grands

portraitistes. Nous reprendrons notre causerie sur ce peintre fascinant

demain, à la même heure, et le texte illustré de cette causerie vous

parviendra pour une somme modique par les soins de cette station.

Il vous suffit de lui écrire et je vous dis à demain.

Demain à la même heure, vous pourrez voir et entendre Dale Kingston dans le

monde des arts.

Oui, on vient de finir. Je l'appelle.

Monsieur Kingston au téléphone.

Oui, j'arrive.

Jacques, pendant qu'on y est, est-ce que vous ne pourriez pas... Donnez-moi le

micro. Jacques, pourriez-vous couper cette caméra aussitôt que j'ai fini de

parler ? Je vous en prie. T'aimes pas rester planté là sans rien dire ? Merci.

Allô ? Allô, c'est Tracy. J'ai enfin fini par te joindre.

Je me suis souvenu que tu passais à la télévision.

D'où est-ce que tu appelles ? Je t'avais dit de ne pas me téléphoner.

Oui, je le sais, mais j'étais trop inquiète.

Je t'ai dit de ne pas te faire le moindre souci et garde tout ton calme.

Tout se déroule comme nous.

Je suis vraiment désolé.

Non, non, non, je n'ai absolument pas le temps.

Tiens, vous voilà, lieutenant.

Vous avez eu tort de raccrocher si vite, monsieur Kingston.

Je veux dire, c'était peut-être quelqu'un qui essayait... Lieutenant, je

reçois une douzaine de coups de téléphone quotidiennement provenant de

soi-disant artistes ou bien de jeunes femmes me demandant de bien vouloir

évaluer quelques croûtes trouvées dans le grenier de quelconque héritage. Et s

'il fallait que je réponde à chacun... Ah, parce que c'était une jeune femme.

Oui, et ce n'était pas pour exiger une rançon ainsi que vous le croyez.

Dès maintenant, veuillez m'excuser.

J'ai une réunion très importante au musée, ensuite un dîner, puis une

conférence. Moi qui comptais justement que vous auriez quelques minutes.

Je vous jure que ce ne sera pas très long.

Bon, il faut que j'aille me démaquiller, autant le faire tout de suite.

Vous n'avez qu'à me suivre.

Ah ben, volontiers, je vous remercie.

Alors, c'est ça un studio de télévision. C'est immense.

Ce n'est jamais au fond qu'un grand hangar avec des projecteurs. Bien sûr,

les choses ne sont pas toujours telles qu'on les imagine. On est souvent déçus.

Ah, mais vous êtes une sorte de philosophe dans votre genre.

Hilda, ma jolie, ôtez-moi vite toute cette couche de peinture.

Je vais me servir de solvant et de poudre d'émerie.

M'ayez m'excuser de venir vous relancer jusqu'ici, mais vous n'êtes jamais chez

vous. Et dans un sens, c'est dommage, parce que cette table d'écoute ne nous

sert pas à grand-chose.

Il n'y a pas qu'à moi que vous devriez vous intéresser.

Vous l'ignorez peut-être, mais mon oncle a été marié.

En fait, son ancienne femme est toujours à l'annuaire téléphonique sous le nom de

son ex-mari.

Celui qui a dérobé les deux deux gars pourrait très bien essayer de la

contacter. J'étais au courant de son mariage. Je suis allé chez Madame

Mathieu ce matin. Nous surveillons sa ligne, elle aussi. Je crois entendre

votre conversation d'ici.

Elle est parfois insupportable.

Ah non, moi je l'ai trouvée très gentille. Elle est très gentille, oui,

mais insupportable.

Eh bien ?

Je crois que vous vouliez me poser deux ou trois questions, lieutenant. Oh, rien

de très important, quelques petits détails.

C'est cette histoire de serrure forcée qui me tracasse le plus, à vrai dire.

Est-ce que vous en pensez ? Est-ce que la machine à café fonctionne ? Oui, bien

sûr. Je vous ai posé une question.

Eh bien, le laboratoire prétend que ce type de serrure ne peut pas être forcée

de l'extérieur. Alors... Merci, là.

Alors ? Vous voulez un café ? Non, merci.

Alors, qui a bien pu entrer ?

Le maître d'hôtel est positif. Toutes les portes étaient fermées quand il a

quitté la maison.

Et je doute fort que votre oncle ait pu ouvrir à des inconnus.

Et vous êtes venu jusqu'ici dans la seule intention de me dire cela ? J'ai

cru que ça vous intéresserait.

J'ai également fait quelques vérifications.

Je suis par exemple allé à la galerie d'art. Vous ne m'en voulez pas ? Mais

cela est tout à fait normal.

Alors ? Le garçon de parking se souvient parfaitement de l'heure à laquelle vous

êtes arrivé.

Alors, si M.

Matthews a bien été tué vers 11h, vous êtes hors de cause.

Ah, mais je devrais me fâcher, lieutenant. Vous m'avez donc, ne serait

-ce qu'un moment, porté sur votre liste de suspects. Vous me décevez.

Oh, vous avez tort de croire ça. Vous ne m'avez pas compris du tout.

Non, monsieur, bien sûr. Non, c'est seulement parce que je me laisse un peu

hypnotisé par les petits détails.

Il n'y a aucun rapport, mais pourquoi faire fouiller le coffre de votre

voiture pour un bouton de manchette ? Parce que j'avais mis mon manteau de

pluie par crainte comme le vol si je le laissais sur le siège. J'ai cru que le

bouton était resté accroché au manteau.

C'est vrai, bien sûr.

J'aurais dû m'en douter.

Et je l'ai retrouvé par hasard, accroché à l'intérieur de la manche un peu plus

tard. Je vais vous faire un autre aveu.

Savez-vous qu'il y a toujours une explication raisonnable et logique à

tout si vous faites un peu attention ?

Mais l'attention, comme la mémoire, ça fait souvent défaut. C'est comme pour

les alibis.

Vous douteriez-vous que la plupart des gens oublient ce qu'ils ont fait d'un

jour sur l'autre ? Ou bien ils mélangent tout ? Par exemple, tenez, le peintre.

Lui, c'est surtout l'heure qu'il n'arrive pas à se rappeler. Et Madame

Matthews, elle, ne se souvient plus de la moitié de ce qu'elle a pu faire hier

au soir.

Oui, l'abus de l'alcool y est peut-être pour quelque chose.

Tandis que vous, Monsieur Kingston, vous êtes l'opposé, vous êtes une exception.

Avec vous, on connaît exactement l'endroit où vous étiez et l'heure où

vous y étiez.

Et on sait aussi que vous ne transportiez rien dans votre voiture.

Ravi que vous en soyez satisfait.

Bon, si vous voulez m'excuser.

Oh, écoutez, pendant qu'on y est, j'en ai pour une seconde. J'aurais voulu vous

montrer quelque chose.

On peut louer des peintures, vous le saviez ? Oui, je sais. J'ai mon beau

-père qui adore les films de cow-boys et je me suis dit que, pour quelques

dollars...

Qu'est-ce que vous en dites ? Est-ce que c'est bon ? Comme papier mural dans une

chambre d'enfant, ce serait l'idéal. En fait, on dirait que c'est de la main d

'un enfant de 10 ans dénué de tout talent.

C'est bien ce que je craignais. Je me doutais que vous alliez me dire ça.

Mais je m'étais d'abord dit...

S'il s'est donné le mal d'aller hier soir à ce vernissage, c'est que l

'artiste n'est pas mauvais.

Et j'oubliais de vous dire que le peintre de cette aquarelle s'appelle Sam

Franklin. Lieutenant Colombo, contrairement à mon oncle, je n'ai

malheureusement pas de fortune personnelle et je travaille pour vivre.

Les magazines me payent en qualité de critique et il se trouve que l'on me

paye plus cher quand je pourfends et que j'exécute les barbouilleurs comme ce Sam

Franklin. Ah ouais, je comprends.

Il va en faire une de ses dettes quand il va lire votre article.

Je voulais vous demander... Je vous assure que là, j'en ai pour une minute.

Je suis passé à votre appartement à plusieurs reprises. Pourquoi ? Pour y

faire une perquisition ? Non, pour vous demander des conseils sur le plan

artistique. Vous avez des bouquins, des revues que je pourrais consulter ? Vous

pouvez regarder là où il vous plaira.

Vous pourrez ouvrir toutes les pièces, fouiller les placards et regarder sous

les lits.

Vous n'y trouverez aucun tableau volé. Mais je n'ai jamais supposé une chose

pareille. Si vous voulez la clé de mon appartement, je vais vous la confier et

vous la remettrez sous le paillasson en sortant. Non, je ne voudrais pas.

Prenez-la, j'insiste.

Voyez vous-même de quelle manière je vis, quelle espèce d'homme je suis. Je

tiens absolument à ce que vous sachiez tout de moi.

Bon, j'admets que ce n'est pas très élégant de ma part, mais je vous

remercie, monsieur Kingston.

Et encore mes excuses si j'ai un petit peu abusé de votre patience, mais il ne

faut pas trop m'en vouloir. Je repasserai un de ces jours.

À bientôt.

Belle ! Tu vas bien ?

Ah oui, ne m'en veux pas de t'avoir téléphoné, mais je ne pouvais plus y

tenir. Il fallait que je sache où c'en était. Il ne s'est rien passé, pas de

problème. Tout s'est déroulé d'une façon parfaite.

Est-ce que l'arme et les deux gars sont toujours dans ta voiture, comme je te l

'ai demandé ? Je suis liée à la lettre et tes instructions. Je n'ai touché à

rien. Bon, tu te sentiras bien mieux quand tu t'en seras débarrassé.

Tiens-moi ça.

Je ne les avais jamais vues.

Elles sont splendides.

Si je pouvais un jour peindre comme ça.

Patience, ma chérie, patience.

Je t'ai dit que tu avais du talent la première fois que je t'ai vue. Tu

devrais te le rappeler.

Le temps, vois-tu, voilà la clé de presque toute chose.

J'ai parfois l'impression que ce n'est pas le talent que tu recherches en moi.

Non, c'est une combinaison des deux, ma chérie.

Dale, est-ce que tu tiens vraiment à moi, chérie ? Après tous les risques que

tu as accepté de courir pour moi.

Est-ce que tu oserais en lutter ?

Allons

-nous-en.

Est-ce que tu as encore besoin de quelque chose ? Non, chérie.

Je te passerai un coup de fil.

Et quand est-ce que je te reverrai ? Plutôt que tu ne crois, mon amour.

Préviens-moi si...

Que faites-vous ici à cette heure de la nuit ? Il fait nuit ? Il fait nuit, oui.

Ah, ça alors.

Je me serais endormi sans l'apercevoir. Je suis entré pour lire quelques livres.

Vous avez la clé ? Je l'ai mise sous le paillasson.

Ah, bon, vous l'avez.

Ah, ça, qu'est-ce que je disais ?

Oui, j'étais venu pour jeter un coup d'œil à vos bouquins et... Excusez-moi,

je suis vraiment désolé. Je me suis endormi. Écoutez, lieutenant, il se fait

tard et si vous voulez bien, j'ai eu une journée éprouvante. J'ai participé à une

conférence suivie d'un débat épuisant et interminable avec certains confrères. Si

vous voulez bien m'excuser.

Ah non, mais c'est moi qui m'excuse. Je vous laisse vous reposer.

Vous avez trouvé quelque chose d'intéressant ? Non, il s'agit seulement

de... de quelques petites aquarelles sans grande valeur que l'on m'a demandé

d'examiner. Des aquarelles ? Justement, je regardais des reproductions d'un

certain Matisse.

C'est magnifique.

J'aimerais bien comparer avec celle que vous avez là. Vous permettez que j

'échette un petit peu ? Non, je vous en prie, n'y touchez pas.

Je vous répète qu'il est tard, que je suis fatigué. Je vous les montrerai une

autre fois, c'est promis. Je suis désolé, je me rends compte que je vous

importe. Je suis tellement accroché par ces questions artistiques.

Quel téléphone ? Le mien.

Qui sait, il s'agit peut-être bien d'une certaine demande de rançon.

Ah ben, je vous en prie.

Allô ? Oui ? Oui, il est ici, je vous le passe. Pour vous.

J'avais signalé au bureau que j'allais peut-être passer chez vous dans le

courant de la soirée.

Oui ? Quoi ? Où ça s'est passé ? Oui, j'ai

bien compris, mais pourquoi m'appeler moi ? Oh !

Bon, d'accord, je viens tout de suite.

Excusez-moi, mais il va falloir que je vous laisse.

On ne peut jamais être tranquille.

On vient de m'annoncer que la police routière avait découvert une femme.

Elle est tombée de la falaise de Malibu avec sa voiture. Elle est morte.

On voit vraiment de tout dans votre métier.

Oui, comme vous dites.

Et on a rarement une minute à soi.

Je vous remercie et toutes mes excuses pour m'être endormi. Je voulais surtout

pas vous importuner. Merci.

Bonne nuit.

Madame Matthews.

Lieutenant Colombo. Comment allez-vous ? Très bien.

Le notaire et M. Kingston ont dit qu'ils ne voyaient aucun inconvénient à ma

présence. Vous non plus, j'espère ? Non, pas du tout, lieutenant.

Plus on est fou et plus on rit.

Vous voyez que c'est triste, quand même, ce pauvre Rudy, n'est-ce pas ?

Ah oui, j'aurais préféré entendre parler de lui dans d'autres circonstances. Que

voulez-vous ? La loi, c'est la loi. Il faut que tout se passe. C'est tout à

fait comme dans les vieux films. La famille, le notaire, le maître d'hôtel

et l'épouse dévouée, tous rassemblés dans le grand salon d'honneur pour la

lecture du testament.

Oh, mais voilà l'ascenseur. Dépêchons-nous, parce qu'il est pris

tout le temps.

Je ne m'en suis pas encore remise.

Au fond, c'était un homme plein de délicatesse, mais qui ne pensait qu'à

une seule chose, la bourse, la bourse, la bourse. Et surtout, ses collections.

Il collectionnait comme on respire.

Écoutez, quand je pense qu'on a pu le tuer pour quelques tableaux, j'en suis

encore toute... Oh, bonjour, Dave.

Bonjour, Edna.

Bonjour, lieutenant.

Alors, qu'est-ce que vous apportez cette fois ? Un petit lapin rose ? Non, non,

pas du tout, mais c'est quelque chose que je vais vous montrer. Vous allez me

montrer aussi ? Bonjour,

Frank. Bonjour, Del. Bonjour, lieutenant Colombo.

Nous allons commencer.

Monsieur et madame Evans sont arrivés. Le lieutenant, elle a juste... Ne vous

inquiétez pas, il va me le montrer et nous vous rejoignons tout de suite.

Allez-y. Allez, venez. J'espère que ça va mieux, Edna.

Qu'est-ce que vous en dites ? C'est à mettre au panier. C'est ce que

je pense aussi.

Mais ce n'est pas tout. Je voulais vous demander si vous ne reconnaîtrez pas le

style ou la signature.

Non, qui est-ce, Tracy ? Eh bien, vous vous rappelez, l'autre soir, dans votre

appartement, le coup de téléphone ? Ah oui, c'était la police routière à la

suite d'une voiture tombée de la falaise. Voilà, c'est ça. Eh bien, c'est

moi qui les avais prévenus. Oui, j'avais envoyé une note disant que pour toute

affaire impliquant des artistes ou des peintres, il fallait m'appeler. Parce

que vous croyez que ce n'est pas un accident ? Ah si, c'est un accident.

Enfin, c'est la version officielle.

Mais de toute façon, la jeune femme devait être une étudiante en beaux-arts.

Et c'est pour ça que j'ai pensé que vous pourriez peut-être savoir qui c'était.

Tracy O'Connor.

Lieutenant, il doit y avoir plusieurs milliers d'étudiants en art graphique

dans la seule Californie.

Oui, je sais, mais je me rappelle avoir lu des comptes rendus de conférences à

votre appartement. Et il y a deux mois environ, vous en avez justement fait

plusieurs à l'école où elle était inscrite.

Je vais vous montrer sa photo.

Enfin, réfléchissez, lieutenant.

Croyez-vous que je puisse me souvenir du visage de toutes les personnes qui y

assistent ? Je n'ai jamais rencontré cette jeune fille.

Vous perdez votre temps et vous me faites perdre le mien.

Et le reste n'est que simple formalité.

Asseyez-vous, Dale.

Merci.

Pour le dévouement à mon service au cours de ces dix dernières années...

Asseyez-vous, lieutenant, je vous en prie.

Nous avons glissé sur les préliminaires et nous en arrivons maintenant aux

principales. Nous sommes tout ouïes. Parfait.

Pour leur dévouement à mon service au cours des dix dernières années, je

constitue au profit de monsieur et madame Evans conjointement une rente

annuelle de 2000 dollars.

Qui leur sera versée le 1er janvier chaque année et devra être reportée

entièrement sur la tête du dernier vif. Quel brave homme il était.

À mon héritier naturel, mon seul parent actuellement en vie, mon neveu Dale

Kingston, que j'ai pratiquement élevé et que j'ai toujours considéré comme un

fils, je dis toute mon affection et ma reconnaissance pour ses soins attentifs.

Et je lègue par le présent testament mes biens et mon argent, avec toutefois une

seule et unique exception, je lègue à Edna Matthews, celle qui fut mon épouse

et que je regrette d'avoir répudiée il y a 15 ans, la totalité de ma collection.

Oh, chut !

y compris les œuvres cataloguées dont l'ensemble est connu sous le nom de

collection Matthews.

Oh, monsieur Kingston, non.

Non, je vous en prie. Ce testament porte la signature du testataire et de deux

témoins. Il est daté du 10 du mois dernier. Tenez, si vous voulez y jeter

un coup d'œil.

Dale, je suis désolée.

Je ne sais comment vous exprimer. Alors, allons, Edna, n'ayez pas de regrets.

Seulement, je me réserverai en revanche le droit de critiquer votre collection

comme je critiquais la sienne.

Il y a de temps.

Mme Matthews n'a pas payé.

Je ne voulais pas exprimer.

Je vous envoie, ça n'a aucune importance.

Eh, tenez, mademoiselle, venez me relancer cela.

J'ai bien essayé de dissuader Rudy, naturellement.

J'avais toujours eu l'intention de la léguer à Dale.

Et c'est elle qui en hérite.

Et c'est pourquoi j'ai jugé votre présence utile.

Légalement, je t'ai tenu... Ah oui, oui, oui, j'ai compris, j'ai compris, mais...

Mais ce qui m'étonne dans cet acte, c'est qu'il ne date que d'un mois. En

effet, il l'a même écrit de sa main.

C'était à vrai dire qu'un projet qu'il s'était promis de compléter un peu plus

tard avec mon assistance. D'abord, ce que je crois savoir, vous étiez sûr que

c'était son neveu qui aurait l'étoile.

Oui, je l'ai cru pendant des années.

Monsieur Matthews était parfois en désaccord avec Dale, mais une grande

collection, c'est comme une grosse affaire.

Il faut être un spécialiste pour pouvoir la gérer.

Et au lieu de cela, voilà qu'il l'allègue à cette pauvre créature

instable, à cette cervelle d'oiseau qu'est Edna.

Mais je n'ai pas le droit d'exprimer une telle opinion.

Juste une question.

Si M. Kingston n'hérite pas de la collection, il hérite de tout le reste

de la fortune.

Oui, oui, mais la maison n'était pas arrudie.

Il n'en était que locataire et il plaçait tout son argent en tableau. Ce

reste se réduit à peu de choses.

Je vous remercie.

Il faut que je m'en aille, mais je tiens à vous dire que je n'ai pas perdu mon

temps. Un instant.

Votre paquet. Oh, merci, monsieur. Lieutenant.

Mon briquet.

Oh ! Excusez.

Quand vous voudrez, pour le courrier, mademoiselle.

C'est moi que vous cherchez, lieutenant ?

Oui, je croyais vous trouver sur le parking.

Sans doute en train de venger ma déception à grands coups de pied sur les

pneus de ma voiture, n'est-ce pas ? Non, mais ce serait tout à fait naturel après

avoir en guise un coup pareil. Vous êtes d'une transparence, Colombo.

Depuis le début où vous êtes fait votre opinion, avouez-le.

Niall Kingston a engagé une personne pour tuer son oncle et s'enfuir avec

quelques toiles. Et cette personne pourrait être une pauvre étudiante en

beaux-arts.

Monsieur Kingston, jamais je n'aurais osé en faire. Et cela malgré un alibi

absolument irréfutable et confirmé par de nombreux témoins. Et malgré cette

évidence, vous n'avez pas cessé de me soupçonner. Monsieur Kingston, je vous

répète encore une fois que... Je suis persuadé que le petit flic impulsif que

vous êtes doit se demander en son fort intérieur s'il n'a pas fait fausse

route. Parce qu'il vient d'entendre à l'instant de la bouche même du notaire

que c'était na et non moi qui hérite de la collection Matthews.

Bon, c'est vrai, monsieur Kingston, c'est vrai, je l'avoue. Mais seulement

voilà. Oui, voilà quoi ? Eh bien, vous pouviez ignorer que votre oncle avait

changé son testament.

En vrai dire, j'espérais que vous diriez cela.

Parce que je savais depuis le mois dernier que la collection ne me

reviendrait pas après la mort de mon oncle.

Mais si vous ne me croyez pas, vous croirez sûrement mon oncle.

Lisez. Je pense qu'un expert, et on n'en manque pas dans la police, pourra vous

certifier que la signature est bien la sienne.

Allez, voyons, lisez.

Il m'a envoyé cette lettre il y a de cela deux semaines pour me prévenir de

ses intentions.

Regardez la date.

Vous étiez au courant ? Pourquoi en douteriez-vous ? Et rendez-moi

maintenant le service de me fichelaper où il vous recuira.

Et je vous conseille très vivement de faire ce pour quoi vous êtes payé.

Cherchez le vrai meurtrier.

Lieutenant, je ne suis pas une concierge. Mais voyons, madame, je n'ai

jamais dit ça.

Certaines logeuses aiment mettre leur nez dans les affaires de leurs

locataires, mais pas moi. Ma politique est de vivre et de laisser vivre.

Qu'est-ce qui peut bien ennuyer Walter ? Il ne mange pas. Il n'a peut-être pas

faim. Non, je n'ai pas dit que vous vous occupiez des affaires des autres, mais

vous vivez ici, et comment pourriez-vous ne pas voir d'où vous êtes ? Quoi, par

exemple ? Je ne sais pas, moi. Qui rentre, qui sort, qui va, qui vient, et

avec qui ? Cette jeune Tracy O'Connor, entre nous, dites-moi, franchement, elle

sortait, n'est-ce pas ? Oui, bien sûr qu'elle sortait, et après...

Si vous saviez quel choc ça a été pour moi quand j'ai appris l'accident. Elle

avait beaucoup de talent, cette petite. Oui, beaucoup.

Vous avez d'ailleurs emporté l'autre jour un de ses tableaux. Oui, c'était

une jeune fille extrêmement douée. C'est bien vrai. Croyez-moi, c'est vraiment

dommage qu'elle ait eu cet accident. Et je regrette de leur avoir donné cette

peinture. Pourquoi leur avez-vous remise ? Elle le fallait.

Pourquoi ? C'est une pièce à conviction.

Conviction de quoi ? Je ne vais pas rentrer dans les détails, c'est bien

trop compliqué.

Walter, viens voir.

Viens voir, Walter.

Hé là, doucement, ne faites pas ça. Pourquoi ? Walter n'aime pas les

étrangers, il meurt. Ah oui ?

C'était bien un accident, n'est-ce pas ? Écoutez, êtes-vous disposés, oui ou non,

à me dire si elle avait quelqu'un ? D'accord.

Seulement, remarquez bien que je n'ai jamais essayé de chercher à savoir quoi

que ce soit, mais je me souviens quand même d'un ou deux.

Il y a eu cet acteur de théâtre, et un autre qui était bien plus jeune qu'elle.

Il y a eu encore ce joueur... Vous voulez que je dise la vérité ? Oui.

Je ne m'intéresse qu'à un seul, en particulier.

40 ans environ, bien habillé, distingué.

Je réfléchis une minute, ça me revient. Je me rappelle quelqu'un de l'âge que

vous venez de dire. Vous pourriez me donner son signalement ? Une photo vous

suffirait peut-être ? Une photo ? Non, c'est une blague.

Vous avez une photo de l'homme en question ? Oui, je devrais l'avoir ici,

si je ne l'ai pas jetée, peut-être dans un album.

Où est-ce que vous l'avez prise ? Eh bien, il y a quelque temps, j'ai pris

des photos d'un de mes neveux à la piscine. Et Tracy y était aussi, avec

son ami, et je les ai prises en même temps.

Elle devrait être dans un de ceux-ci. Vous êtes la Providence. Ah, vous

exagérez. Voyons ça.

Tenez, regardez, celle-là, c'est moi.

Avec mes cousins en balade au Milwaukee, on avait mangé au bord d'un champ. Vous

parlez d'un pique-nique. Oh, j'en suis encore malade. On a failli être dévorés

par les moustiques.

Ça, c'est Jenny Lou, leur fille aînée. C'est moi qui suis sa marraine. Regardez

ce qu'elle est belle. Elle essaie d'enfoncer le pied dans une sorte de

ciment pour y laisser son empreinte. C'est moi qui ai fait sa robe.

Tenez, là, la petite fille.

C'est un chercheur plutôt... Tout de suite.

Et celle-là, toute la bande est réunie, toute la famille, à l'enterrement du

grand-oncle. C'est la coutume chez nous, au mariage et aux enterrements, tout le

monde se réunit.

C'est mon oncle Henri, ici.

Attendez un peu, ça va venir.

Celle-là est bien aussi, tenez, c'est moi au jardin zoologique devant les

lions. Magnifique, oui, mais après, si vous cherchez plutôt la photo... Ah, ça

y est, la voilà, la photo.

Tenez, qu'est-ce que je disais ? C'est celui-là.

Ce n'est pas lui ? Vous êtes sûr ? Ce n'est pas lui.

C'est bête, quel dommage.

Vous allez continuer longtemps à monter la garde ? Jusqu'à ce que les curieux se

lassent de venir voir les lieux du crime.

A propos, vous connaissez quelque chose contre les pucerons ? Les pucerons ?

Oui, ces sales bêtes bouffent mes rosiers et ma femme ne veut pas se

servir de pesticides.

Arrosez-les au jet très fort entre 4 et 5 heures du soir.

Le soleil sera assez chaud pour les sécher.

Mais pas assez pour brûler vos fleurs.

Rien qu'avec de l'eau ? Merci, j'essaierai.

À votre service.

Hé ! Hé, venez ! Venez voir ici !

C'est bien celle qu'on aperçoit là-bas ? Oui, c'est ça, un peu à droite sur la

hauteur. Cette maison me narguait à longueur de journée.

Et quand nous étions mariés, j'ai toujours eu envie de venir habiter ici.

Alors aussitôt divorcée, je m'y suis installée. Mais durant toutes ces

années, Rudy et moi, nous n'aurions pas pu être plus loin l'un de l'autre que si

j'avais loué une maison sur la lune.

Vous voulez peut-être boire quelque chose ? Oh non, je vous remercie.

Ils sont vrais ? Bien sûr ! Je peux ?

Oui, vous pouvez vous servir.

Et à quoi attribuez-vous ce changement ? Qu'est-ce qui vous a poussé, vous et

votre mari, à vous revoir ? Eh bien, nous nous sommes trouvés les années tout

à coup, il y a deux mois de ça.

Mon Dieu, comme nous n'étions plus les enfants l'un et l'autre.

qu'il n'était plus de son côté aussi absorbé par les affaires, et que du

mien, peut-être, je n'étais pas aussi imbécile, ni fervente de soirées

agitées, de retour au petit matin, et bien alors... Écoutez, madame, vous m

'avez dit, quand je suis entrée, que vous vous apprêtiez à sortir, mais

avant, j'aurais aimé vous parler de... Oui, oui, oui,

vous voulez que nous parlions du testament.

Oh, bien sûr, je ne vous en veux pas, c'est tout à fait normal.

Oh, je vous en prie, ne vous méprenez pas, surtout.

Il n'a pas été question un instant entre Rudy et moi de jouer des tourtereaux.

Non.

Il faut que vous sachiez que dans nos débuts, j'étais persuadée d'avoir le

sens artistique. Et j'autorais l'être force dans les musées de peinture. Mais

il a pris goût peu à peu.

Et c'est ainsi qu'il a commencé sa collection.

Et parce qu'il a tout de suite compris que ça constituait un très bon

investissement et que, dans le fond, mes avis n'étaient pas si bêtes.

Mais je m'étais laissé dire que c'était son neveu qui lui avait constitué sa

collection. Ah oui, c'est exact.

Par la suite.

Mais au début, Dale était encore au collège.

Et c'est à peu près vers cette époque que je... Oui, que j'ai commencé à

mal me conduire.

Bien sûr, après notre divorce, la collection devint une vraie obsession

pour Rudy et une carrière pour Dale.

C'est parce que vous étiez à l'origine que votre ex-mari a décidé le mois

dernier de vous laisser toute sa collection.

Il ne me l'a pas léguée pour que je la conserve.

Vous ne l'avez pas cru, j'espère ? Pourtant, je... Je crois qu'il y a un

malentendu quelque part, lieutenant.

Non, pas du tout, il faut que je vous dise.

Ce pauvre Rudy en était plus que fatigué de son rôle de collectionneur.

de tous ces marchandages, ces bagarres à coups de dollars.

Et il a fini par être d'accord avec moi pour admettre que c'est au public d'en

profiter et pas seulement au collectionneur.

Et il avait décidé de disperser tous ses tableaux dans les écoles, les musées.

C'est bien joli tout ça, seulement ça prend du temps. Ça demande un tel

travail si vous saviez de décider que telle ou telle toile ira ici ou là. Et

il ne voulait surtout pas, je pense, que ce soit son neveu Dale Kingston qui en

hérite. Je m'en veux d'avoir une telle pensée, mais je suis si heureuse dans le

fond que Rudy se soit finalement, disons, humanisé.

Mais qu'est-ce qui...

Bonjour, mademoiselle, puis-je entrer ? Comment allez-vous ? Bien, au moins, qui

croyait que vous aviez oublié jusqu'à mon adresse ? Comment peut-on croire ça

? Je voudrais que vous disiez au lieutenant Colombo.

Ah, vous êtes là.

Qu'est-ce que vous faites ici ? C'est au sujet de l'arme.

De quoi ? Une minute.

De quelle arme est-ce qu'il est question ? J'ai pensé que ça vous intéresserait.

Il y a une demi-heure environ, un jardinier qui travaillait là, dans le

parc, a trouvé un revolver calibre 38.

de la même marque et du même modèle que celui qui avait disparu chez votre

oncle. Est-ce que je peux me servir de votre téléphone ? Oh, bien sûr, bien

sûr.

C'est extraordinaire, n'est-ce pas ? L'arme était à quelques pas de chez moi.

Je suis sûrement passée tout près d'elle sans savoir. Pardon, ma foi, le

lieutenant téléphone.

La balistique.

Allô, Charlie ? Lieutenant Colombo.

Dis donc, Charlie, je t'ai fait envoyer l'objet il y a environ une demi-heure et

je trouve que...

Oh, merci.

C'est bien l'arme du meurtre.

Vous n'avez pas à vous inquiéter.

Mais je venais justement de dire à Dale que je vais très souvent m'y promener

quand j'ai besoin de prendre l'air.

Et tenez, je l'ai encore traversé l'autre soir, le soir où Rudy a été tué.

Edna, je vous conseille de ne rien ajouter. Le lieutenant pourrait se

méprendre.

Quoi ?

Qui est-ce qui oserait penser que j'ai... Que vous l'auriez jeté là ? Oh

non, madame Matthews, non, non, non, non, non.

Je me suis fait une opinion sur ce qui s'est passé.

Celles ou ceux qui étaient dans la maison cette nuit-là se sont enfouies

par derrière et ils ont filé droit devant eux. Et tout naturellement, ils

se sont débarrassés de l'arme à la première occasion.

Ça peut être n'importe qui.

Vous croyez ? Mais oui, bien sûr, voyons.

Non, non, je vous le répète, ne vous inquiétez pas. Et allez donc faire vos

courses.

J'avais donné rendez-vous à des amis au Fashion Counter, mais si vous y tenez,

je peux très, très bien y aller. Non, non, non, je vous en prie, non. Et

surtout, ne pensez plus à cette histoire.

Faites comme ma femme. Quand elle va aller chez les vitrines, elle laisse ses

soucis à la maison. Elle oublie tout. Même que je reste quelques fois des

heures à l'apprendre au volant de ma voiture.

À bientôt, Edna.

Bye, bye.

Où est-ce que vous voulez en venir avec elle, lieutenant ? Comment ça, où je

vais en venir ?

Vous savez parfaitement que c'est une femme qui s'est enfuie de la maison

cette nuit-là. C'est vous-même qui l'avez dit. Oui, bien sûr, mais pas

elle.

Ah, lieutenant, je veux croire que vous êtes sincère, que vous n'êtes pas en

train de jouer avec elle à je ne sais quel jeu stupide. Moi ? Oui, vous m'avez

très bien compris. Lui donner une sorte de sentiment de sécurité. C'est une

femme d'une extrême sensibilité. Ah, monsieur Kingston, vous vous trompez sur

mon compte. C'est une pensée qui ne m'a pas effleuré. Cette femme ne ferait pas

de mal à une mouche.

Lieutenant, est-ce que vous avez une petite minute ?

Vous nous avez dit d'attendre qu'elle soit partie pour vous appeler. Qu'est-ce

qu'il y a ? Nous avons trouvé quelque chose.

Dans une des boîtes à ordures, là, derrière.

Rudy Matthews, 417 Pine View.

Ce ne serait pas un morceau d'une des feuilles de papier qui ont servi à

emballer l'étoile ? Vous vous rappelez ? Celle que le voleur avait déchirée dans

la maison.

Allez la porter au laboratoire pour qu'on la compare au reste des

emballages. D'accord. Rien d'autre ? Non, on a passé tout le reste au peigne

fin.

Prenez toutes les précautions.

Et alors ? Je vous avoue que je ne sais plus.

Oui, je devine ce que vous pensez, lieutenant.

Le revolver et ce papier d'emballage, ça se présente mal pour elle, n'est-ce pas

? Comme vous dites, oui.

Je suis pourtant convaincu qu'Edna ne peut rien avoir à se reprocher.

Eh bien, moi, je suis d'accord avec vous.

Voyons les choses en face.

Si c'était bien elle la meurtrière, aurait-elle déposé le papier dans sa

propre boîte à ordures ? Non, elle l'aurait probablement, je ne sais pas

moi, détruit, brûlé par exemple.

Oui, vous avez raison, c'est aussi ce que je pense. Et je vais encore vous

dire, monsieur Kingston, vous avez absolument raison quand vous dites de

votre tante qu'elle est d'une extrême... Extrême sensibilité. Oui, c'est ça,

voilà. D'une extrême sensibilité. Et j'aurais bien trop peur, si je la

bousculais, qu'elle en devienne malade. Eh oui.

Et je ne veux pas commettre la même erreur que j'ai faite avec vous.

Au contraire, je vais me contenter d'attendre, d'attendre bien

tranquillement que les deux tableaux reviennent à la surface.

Excellente idée.

À mon avis, c'est le meilleur moyen. Qu'est-ce que vous en dites ? Je suis de

votre avis.

Et je n'ai pas l'intention de mettre qui que ce soit en accusation avant d'avoir

des preuves solides.

D'accord ? Tout à fait.

Lieutenant...

Votre subordonné a dit qu'il avait passé tous les lieux au peigne fin. Est-ce que

cela comprenait l'intérieur de la maison ? Elle m'a donné la permission, mais je

n'ai pas voulu en abuser.

Mais vous auriez dit.

Je veux dire, dans son propre intérêt.

Comme vous n'y auriez pas retrouvé les deux gars, vous auriez pu la rayer de la

liste. Mais je vous ai dit que ça n'en valait pas la peine, puisqu'elle est

innocente. Pourquoi l'ennuyer ? Je vous l'ai dit, dans son propre intérêt. Vous

devriez fouiller la maison, lieutenant.

Vous ne croyez pas ? Non, à mon avis, ce serait une perte de temps.

Si j'ai du nouveau, je vous le ferai savoir.

Edna, elle est absolument inoffensive.

Exactement, et c'est pourquoi il faut lui venir en aide.

Mais croyez-vous qu'elle soit vraiment en danger ? Vous m'avez dit que le

lieutenant croyait à son innocence.

Oui, oui, aujourd'hui, mais sait-on ce qu'il en pensera demain ? Je ne sais si

vous l'avez remarqué, mais ses réactions sont tout à fait imprévisibles.

Et s'il ne trouve pas la solution rapidement ? Exactement, il cherchera un

bouc émissaire parce que ses chefs feront pression sur lui et cette pauvre

Edna est une victime toute désignée.

Alors ?

Que gérez-vous ? Je suis sûr que Rudy n'aurait pas demandé mieux que de nous

confier les intérêts d'Edna.

Elle a confiance en vous, Franck.

Convoquez-la, exposez-lui la situation comme un grand frère.

Et vous êtes sûr qu'il faut lui conseiller de laisser fouiller sa maison

? Absolument.

Vous devriez même lui recommander d'insister dans ce sens. C'est le seul

moyen de prouver d'une manière incontestable qu'elle n'a rien à se

reprocher.

D'accord.

Mlle Anderson, appelez-moi Mme Matthews.

Elle est allée au Fashion Counter à Beverly Hills. Appelez-la là-bas et

faites l'avenir. Autant régler ça tout de suite.

Mlle Anderson, appelez-la au Fashion Counter.

Ça sera fait.

Mais il subsiste néanmoins une difficulté.

Jusqu'ici, le lieutenant Colombo se refuse à fouiller la maison. Il dit que

c'est perdre son temps.

Ce qui ne peut que perpétuer, accroître l'anxiété d'Edna.

Je voudrais tellement faire quelque chose pour l'empêcher de lui nuire.

Eh bien, on pourrait peut-être en parler à ses supérieurs.

Vous pourriez faire ça ? Vous oubliez que j'ai des relations.

Je vais m'en charger.

Parfait, merci.

J'ai un rendez-vous pas très loin d'ici, je reviens tout de suite.

Tout à l'heure.

Mlle Anderson, quand j'en aurai fini avec Mme Matthews, vous appellerez l

'hôtel de ville.

Bill !

Edna avait un mobile, un excellent mobile.

Vous ne croyez pas que... On ne sait jamais si c'était elle.

Que dites-vous, là ? Vous devriez avoir honte de cette pensée.

Oui.

Oui, j'ai honte.

Sous-titrage FR ?

Je comprends vraiment pas la nécessité de cette précaution. Vous avez dit le

mot, Edna. C'est une mesure de précaution.

Pourquoi voulez-vous qu'il fouille toute la maison ? Qu'est-ce qu'il pourrait y

trouver ? Absolument rien.

Et c'est ce que nous voulons.

Entrons.

Où voulez-vous que je dépose ces paquets ? Mettez-les par là, enfin, où vous

voudrez.

Oh, je parlais bien quelque chose. Oui, vous devriez. Et moi aussi. Laissez, je

fais le service.

Voici vos clés.

Un scotch ? Volontiers.

Et vous, Franck ? Oui, avec deux cubes de glace.

Veuillez m'excuser de vous avoir un peu forcé la main, mais c'était le seul

moyen d'en finir.

Mais pourquoi voudriez-vous que quelqu'un croit que c'est moi qui ai tué

Rudy ? Mais personne ne le croit.

Nous voulons simplement qu'on ne puisse plus en douter.

C'est pourquoi Franck a demandé à la police de venir fouiller la maison.

Dans votre intérêt, Edna.

Mais, Dale, je ne me souviens même pas de ce que j'ai pu faire la nuit où ce

malheureux Rudy a été tué. Oui, j'étais très fatiguée et j'avais pris le

somnifère, alors je... Il faudra leur dire si jamais... Excusez-moi, je vais

aller m'essuyer, je reviens tout de suite.

Êtes-vous bien sûr que ce soit nécessaire ? Allons, ne soyez pas si

nerveux, je vous en prie.

Allez ouvrir.

C'est dans votre intérêt, je vous le répète.

Allez.

Madame Matthews.

Capitaine Wheeler, officier de police.

Bonjour, capitaine. Je vous attendais. Donnez-vous la peine d'entrer, je vous

en prie. Merci.

On n'en veut pas, monsieur.

Je suis officier de police. Vous voulez voir ma carte ? Ça va, Ferguson, qu'il

entre.

Bonjour, capitaine. Bonjour, Colombo.

Bonjour, monsieur Kingston. Bonjour, lieutenant.

Je viens d'apprendre par hasard qu'on a donné l'ordre au lieu de fouiller la

maison, mais je n'y suis pour rien. En êtes-vous bien sûr ? Oui, je vous

assure, je ne comprends pas.

La vérité, c'est que... C'est qu'on est passé par-dessus moi sans me demander

mon avis.

Votre présence ici n'est ni désirée ni nécessaire.

Vous devriez rentrer bien gentiment chez vous, lieutenant.

Non, non, il faut que je reste parce que ça risquerait d'être mal vu dans les

hautes sphères de la police, vous comprenez.

Bonjour, madame Matthews. Bonjour, monsieur Simpson. Bonjour, lieutenant. J

'espère que tout ça ne vous contrarie pas trop.

Je ne peux pas dire que ça m'enchante tellement de voir ma maison sans dessus

-dessous, mais...

On m'a civilement conseillé d'accepter.

Qui ? Monsieur Kingston et moi l'avons jugé nécessaire.

Ah, je vois.

Il y a dans tout ceci une chose que je n'arrive pas à comprendre.

Vous m'aviez assuré que je n'étais pas soupçonnée, n'est-ce pas ? C'est exact,

madame, et j'étais sincère. Et je croyais jusqu'à cette minute que c'était

moi qui... Capitaine Wheeler.

Débarrassez la table.

Où les a-t-on trouvés ? Dans un placard, dans le couloir.

Edna, c'était donc vous.

Oh, Dave, mais c'est pas vrai.

Je vous jure que j'ignorais leur présence ici.

Je vous conseille de ne plus rien dire.

Edna, il a raison.

Avez-vous l'intention de l'accuser, capitaine ? Demandez au lieutenant

Colombo, c'est lui que ça regarde.

Comment ? Mais je croyais que... Nous savons ce que vous croyez, monsieur

Kingston.

Lieutenant. Eh bien, commençons par faire relever les empreintes. Allez-y,

sergent.

Et doucement, faites très attention.

Ce n'est pas n'importe quelle croûte.

Ce sont des deux gars.

Puis-je vous demander à quoi cela rime ? Tous les deux.

Lieutenant. Oh, monsieur Kingston, une petite minute, je vous prie. Il y en a ?

Oui, quelques-unes.

Bon.

J'aurais aimé que vous répondiez.

Si nous reparlions du testament de votre oncle.

Mais pourquoi ? Il vous a coupé l'herbe sous le pied en léguant la collection à

l'ex-madame Matthews. Il ne vous restait qu'une seule solution.

Le tuer et ensuite faire accuser votre tante.

J'espère que vous êtes conscient de ce que vous affirmez, lieutenant, parce qu

'il y a des témoins ici.

Selon les lois en vigueur, toute personne coupable d'assassinat ne peut

en aucun cas hériter de sa victime, n'est-ce pas, monsieur Simpson ? C'est

exact.

Donc, si madame Matthews est condamnée, étant le seul héritier, c'est pourquoi

vous avez abandonné l'arme près de chez elle, que vous avez dissimulé le papier

d'emballage et que vous avez déposé les deux pastels.

Mais vous voudriez que ce soit vrai, cela vous tirerait d'affaire.

Allez-y, lieutenant.

Vous proclamez que c'est moi qui les ai mis ici.

Il faut le prouver.

On peut ? Oui.

Oui, grâce aux empreintes.

Ah, désolé de vous décevoir.

Les empreintes ne vous serviront de rien, lieutenant, parce que mes

empreintes sont sur ces tableaux depuis longtemps. Mon oncle et moi les avons

déballées nous-mêmes après l'exposition et je croyais vous l'avoir déjà signalé.

Ils sont couverts de mes empreintes.

Non, je ne cherche pas les vôtres.

Quoi ? Vous vous rappelez, le soir, chez vous, où je m'étais endormi, vous êtes

revenu avec des peintures en disant que c'était des aquarelles qu'on vous avait

demandé d'expertiser.

Et vous vous rappelez que je voulais les voir, mais vous avez refusé.

Seulement, j'ai eu le temps d'y toucher.

Vous ? Vous les avez touchées ? Oui, mes empreintes sont sur ces deux pastels.

Donc, si Mme Matthews est coupable...

Expliquez-moi comment mes empreintes pourraient s'y trouver aujourd'hui.

C'est un piège.

Vous venez d'y toucher à l'instant, il n'y a pas une minute, quand je ne vous

regardais pas. Vous avez tous dû le voir.

Vous avez posé vos doigts sur les tableaux pendant que vos confrères

recherchaient les empreintes.

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