All language subtitles for La.Crim.S04E01

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Original subtitles

On va dans l'immeuble, si tu voudrais. Je viendrai avec vous, d'accord ? D

'accord.

Bon, alors, salut, tu vas bien ? Vous pouvez vous poster juste en face de la

sortie, là, merci beaucoup.

Alors, moi, j'ai fait un petit peu de voisinage, et j'ai eu la jeune fille au

père des voisins, et une voiture, 12, dans le cabriolet. 12 ? 12, vers 22h30.

Ouais, t'as pas les matrimoniales ? Bah non. Vous pouvez aller voir s'il y a une

sortie ou une entrée de l'immeuble.

Oui, je l'ai fait, mais il n'y a pas d'autre sortie. Par contre, il y a un

moyen d'accès. Là aussi, de l'autre côté, parce qu'il y a un jardin plus

assis.

Voilà.

Eh ! Eh ! On n'est pas rentrés hier, mais on a eu fait la correspondance à

New York et je voulais voir ton message. Là, voici.

C'est ça, dis plutôt que t'as vu les prolongations avec Mario. Ouais.

24 heures de bonus, tous les cocotiers.

Le casse-pas, j'aurais fait pareil, de toute façon, alors. Merci.

Quelques... Alors ? Comment va notre jeune mariée ? On n'attendait plus que

vous, lieutenant Siskovski.

Entre nous, on l'appelle Sisko.

Vos gosses, pour les dames. Moi, c'est Hélène.

Ballon pour mes hommes.

Je suis votre nouveau chef de groupe. D'accord. Ah bon ? Et j'espère que vous

êtes d'attaque. Ça, ça veut dire au boulot. Vas-y.

Et Gazio, il ne reviendra plus ? Non.

On lui a proposé un job à la direction centrale. Avec le bébé qui va naître et

son neveu à élever, sa priorité maintenant, c'est la famille.

Alors, au milieu du jour, on a une femme, 45 ans.

Elisabeth Hartmann.

Commissaire Priseur. Une pointure, à ce qui paraît.

Je suis cette nuit dans sa chambre.

A priori, elle était seule.

La bonne ne sait pas où se trouve le mari. C'est un expert en chinoiserie.

En accord avec la déco ? Ouais. C'est aussi prof et historien.

On vient de prévenir le fils, il arrive.

C'est tel qu'elle a découvert le corps. On arrive en ce matin avec la... Dis

donc, t'es brevet, toi ? Elle travaille ici depuis à peine un mois.

Ça s'appelle la période de décès. Oh, zé ! Mais dis-moi, puisque tu es seconde

groupe, pourquoi c'est pas toi qui as remplacé Galio, tout simplement ? Ouais,

ça serait pas déplu, hein ? Une petite promo en guise de cadeau de mariage.

Voilà. François, vous me l'avez proposé, mais tu sais où sont les

responsabilités. Bien.

Bien. La foration de la tête d'oreiller.

Résultant d'un impact d'une balle tirée à courte distance.

Orifice d'entretien au niveau de la tempe.

L'orifice de sortie, bien logiquement, à l'opposé de l'autre côté, correspondant

à une arme de gros calibre, fera de désordres apparents sur le lit.

Les vêtements ne sont pas frottés.

Impeccable. Oui, mais non. Allez. Un sentiment d'abandon. La victime.

Ne s'est pas débattu.

Une lampe de chevet est renversée sur un magazine.

Bienvenue, commandant.

Pas de présence de douille.

Pas de... pas de réflexion ? Non, non. Pas seulement une fenêtre ouverte au rez

-de-chaussée, à part ça... Ah oui, mais... Évitez, ne portez pas de

ceinture, ne portez des chaussures.

Vous avez touché là, il manque un truc ?

Ah oui, il manque quelque chose, là.

Bravo, lieutenant Siskowski.

Ces traces de poussière, à peine visibles sur ce présentoir de forme

pyramidal, indiquent la présence, il y a fort peu de temps, de petits objets. Je

constate avec plaisir que la mort ne vous a pas totalement rendu aveugle.

Non, la seule chose qui manque, c'est les objets qu'il y avait là.

Je ne sais plus comment ça s'appelle. C'est japonais, c'est...

Des petits personnages très bien sculptés, avec plein de détails.

Des netsukes.

Vous amenez ma mère ? Un institut médico-légal pour l'autopsie.

Où est mon père ? On n'a pas pu le joindre.

Il doit être à son bureau. Il n'est pas ténuant.

S'il vous plaît, il a sûrement décroché le téléphone. C'est ça qu'on lui fait

tranquille.

J'y vais, c'est pas très bien.

Juste une question, monsieur Hartmann. Pardon.

Lieutenant Berger.

Oui ? La jeune fille au père des voisins a vu une voiture rouge, genre cabriolet,

vers 22h30.

Ça vous dit quelque chose ? Moi, je vois pas.

D'accord.

Berger, vous l'accompagnez ? Oui.

Fisco ? Oui.

Allez avec eux.

Un bon bol d'air, il n'y a rien de tel pour éliminer le décalage horaire.

Alors ? Elle est en parfait état, alors, là.

Oh, juste pour oublier de la brancher.

Surtout quand on laisse la fenêtre du salon ouverte.

Il est peut-être allé boire un café ou d'un rendez-vous, je sais pas, moi.

Il a pas de portable ? Vous savez, mon père, tout ce qu'il y a moins d'un

siècle... Il est là ! Il est là !

Papa ? Papa ? Vincent ? Je viens de passer à ton bureau, qu'est-ce que tu

fais là ? J'ai dû m'endormir, il fait tellement doux.

Monsieur Hartmann ? C'est la police.

Maman ? Qu'est-ce qui vous a pris ?

Tout va très bien, je suis sorti prendre un peu l'air, c'est tout.

Je suis désolé qu'on vous ait dérangé pour rien.

Mais enfin, Vincent, qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi.

Monsieur Hartmann, votre femme a été assassinée.

Je suis désolée.

Elisabeth ?

C'est pas possible ! Où est-elle ?

Où est-elle ?

C'est pas avec ça que passera la postérité.

Qu'en fait, il paraît que t'as épousé un vieux tableau.

Lina, t'as pas son frère.

On nous a dit que tu revenais de Lyon, que tu t'appellerais Madaf. T'avais la

gueule de Le Marchand, elle aurait préféré une Johnny.

Sacré Walter.

J'ai hâte de le revoir.

Il a jamais pu me blairer.

Pourquoi, t'en connais beaucoup qui peuvent te blairer dans le coin ? Ouais,

elle est morte.

Monsieur Hartmann ? Non, monsieur.

Je suis là.

Ah non, je l'ai connue quand j'étais à la 5ème DPJ. C'est elle qui m'a parrainé

pour rentrer à la crime.

Ah oui ? Moi je trouvais que ça jouait un peu speed, tu vois. Non, elle est

directe, moi j'aime bien.

Quoi ? Le marchand, vous la savez comment ? Je n'étais pas arrêté tout le

temps, ça portait du jugement à ce qu'il s'est embergé. De toute façon avec elle

c'est simple, il n'y a qu'un truc à savoir.

Quand elle te dit faites-moi ça quand vous aurez 5 minutes, ça veut dire

maniez-vous le cul, ça devrait déjà être fait.

Je n'aurais pas mieux dit.

Et si j'ajoute, je suis ravie de vous voir tous réunis, nous allons faire du

bon boulot ensemble.

Ça veut dire, il n'est pas encore commencé ce putain de briefing ? Bien.

Selon les premières constatations, le légiste situe l'heure du décès entre 22h

et 23h. La victime a été tuée par un projectile d'arme à feu dont il reste à

déterminer l'origine et le calibre. Pas de sévices corporels hantés ou post

-mortem. D'empruntes relevées sur place n'ont pas permis de résultat concluant.

Elisabeth Hartmann s'endort tranquillement au bouquinant.

Elle tombe nez à nez avec le cambrioleur, il lui faut une oreillette

pour la tronche pour la faire taire, et il la bute.

Alors, si c'est lui le type qui a garé la voiture rouge devant le portail, il

est vraiment gonflé.

En tout cas, ils savaient ce qu'ils voulaient chercher, parce qu'ils ont

rien marqué à part les nez de sucre et les miniatures. Bon, si avant d'écrire

le roman, on faisait l'enquête... Vous vous rapprochez ? Merci.

Alors, on a quoi sur les objets ? Voilà.

C'est ça, les fameux nez de sucre, là ?

Ah ouais, c'est des santons japonais, quoi.

Et à Noël, il est fou de tous les bonsaïs. C'est à l'échelle.

Sans vouloir préjuger devant votre grande culture nippone, Capitaine

Scandella, je me permettrais néanmoins de vous rappeler que le kimono n'ayant

pas de poche, les netsukes servaient de contrepoids aux objets usés, accrochés à

la ceinture, tels que les boîtes à médecine ou les blagats. Je vois enfin l

'encyclopédie vivante à l'œuvre.

Impressionnant. Bon, dites-moi, vu la beauté de ces sculptures, les amateurs

ne doivent pas manquer.

D'autant que les sept Netsouké volés représentent un ensemble rarement réuni,

chaque pièce représentant un dieu du bonheur. Je vous épargnerai l

'énumération exhaustive.

Selon la compagnie d'assurance, les sept dieux vont chercher dans les 800 000

balles. Oui, il faudrait qu'ils tiennent dans le creux d'une main, je ne sais pas

comment on va les retrouver.

Et j'en crois à vos états de service, Fisco, ça ne devrait pas vous poser de

problème. Alors contactez le CVC au cas où les miniatures réapparaîtraient sur

le marché.

Vous avez convoqué le mari de la victime ? Oui.

Avec son fils, Vincent Hartmann.

Oui, enfin, c'est pas son fils.

Non, c'est pas son fils. C'est son neveu.

C'est le fils de son frère. Voilà.

Les Hartmann l'ont adopté après la mort accidentelle de ses parents. Il avait 5

ans. Bon, quand vous aurez un moment, vous trouverez tout ce que vous avez sur

Elisabeth Hartmann, sa vie, son oeuvre. En tout cas, il avait l'air assez

bouleversé, le vieux. Moi, je ne le vois pas buter sa femme et après les faire un

petit tour.

Au moins qu'il agisse comme ça pour nous faire croire à son innocence.

Oui. A vérifier.

Il y a aussi la piste du cabriolet rouge.

Ne n'églisez rien.

On se refait un briefing en fin de journée ? Polo ? Oui ? On a reçu ça pour

vous ce matin.

Une identification numéro sur liste rouge. Ça confirme une enquête en cours

? Pas vraiment.

C'est que ma femme vit en ce moment chez une amie.

Je voulais absolument lui parler.

À l'avenir, réglez vos problèmes personnels en dehors de la crime. Nous

sommes d'accord ?

Non, c'est les RJ.

Vous ne pouvez pas déconner, je voulais juste un numéro de téléphone.

Elle est comme ça, elle n'aime pas les cons en doute.

En plus, elle change de braquet.

Non, c'est un peu rude qu'elle n'ait pas de vie de privé et puis elle le fait

payer. C'est une plante complètement.

S'il vous plaît, le bureau d'Elisabeth Hartmann.

Le commissaire Pézard ? Elle a vécu 8 ans avec un mec, c'est pareil, il n'y a

pas longtemps.

Depuis, il lui fait la totale, dépression, chantage affectif, je peux

dire qu'elle en bave.

Seulement elle, elle ne mélange pas boulot et libido, tu vois ce que je veux

dire.

Qu'est-ce que en kikineur on est servi ? Surtout côté vendeur. La croûte pendue

dans la chambre de mamie, ils veulent tous que ça se vende au prix d'un rang

grand. La palme, c'est pour Xavier Danan.

Un assureur.

Madame Hartmann a vendu un lot pour lui le mois dernier.

On croyait en avoir fini avec lui. Mais alors là, depuis deux jours, il voulait

d'urgence un rendez-vous.

Seulement, regardez le planning, il y aurait mon bus aux heures de point.

C'était quoi son problème ? Il n'a rien voulu me dire.

Il a fini par venir hier, mais je partais déjeuner. Et quand Elisabeth est

revenue fin d'après-midi, elle ne m'en a pas parlé.

C'est la dernière fois que je l'ai vue.

Elle s'est barrée, là, hier, entre deux et quatre.

Elle a passé l'après-midi avec ceux d'un an ? Non, ces deux heures-là, elle s

'était bloquée depuis longtemps et le lundi précédent aussi. C'était quoi, ses

rendez-vous ? Je n'ai aucune idée.

Vous savez, c'était une femme assez secrète.

Vous voyez, il y a quelqu'un, votre patronne, non ? Attention, on n'est pas

là ! C'est un fauteuil empire à 250 000 francs l'impair. Il faut payer pour s

'asseoir. Madame Hartmann, voir quelqu'un ? Impossible.

Il n'y avait qu'un homme dans sa vie.

Son mari.

Vous le connaissez bien ?

Louis Hartmann ? Forcément, il passe de temps en temps.

Vous savez, des hommes aussi moyens que lui, ça compte pas les salles devant.

Essayez les bureaux de la crime.

Bonjour, Emma.

J'ai envie toujours de la brancher, cette fichue alarme.

Pourquoi je n'arrive pas à y penser ? Elisabeth aurait été alertée.

Excusez-moi d'insister, mais à quelle heure avez-vous quitté votre domicile ?

C'était une manie chez vous.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je n'avais pas de montre.

Monsieur Hartmann, nous cherchons simplement à reconstituer le déroulement

de la soirée.

Quand je suis sorti, Elisabeth était dans notre chambre.

Elle lisait un magazine, je crois.

Et... Et... En

sortant,

Vous n'avez rien remarqué d'inhabituel ? Quelqu'un de suspect ? Une voiture ?

Parce que vous croyez que les cambrioleurs ont attendu que je sorte

pour s'introduire chez nous ? Qui savait que vous possédiez les Netsuke ? Tous

ceux qui nous connaissent ? Pas seulement.

Nous les avons prêtés il y a quelques années pour une exposition.

Nos dieux sont des pièces excessivement rares.

C'est pourquoi nous avons installé une alarme.

Et puis nous avons l'esprit, et puis tranquille.

Il y a une chose que je ne comprends pas.

Vous nous dites... Écoutez, c'est pourtant simple à la fin.

J'ai été à mon bureau, j'ai travaillé.

Ce matin, je suis sorti prendre l'air.

Il faisait très doux, alors je me suis assis sur une... Je me suis assis sur

une... Je me suis assis sur un...

Un bar.

Oui, c'est ça, sur un bar.

Je me sens fatigué, je veux rentrer à la maison.

Oui.

Ma mère n'avait pas un caractère facile, j'ai en fait quelque chose.

Je suis passé à un cambrioleur, c'était pas le genre à se péter faire.

Vos parents vous ont appelé à quelle heure hier soir ? J'ai eu 21 heures,

tout allait bien.

Vous étiez chez vous ? Non, à mon bureau.

J'ai lancé une revue d'art il y a quelques mois avec mon assistante.

C'est un peu dur en ce moment, on finit jamais avant minuit. C'est le bouclage.

Moi, je viens de parler avec votre père.

Est-ce qu'en ce moment, il a des soucis de santé ? Non. Pourquoi ? Les propos

sont flous, parfois incohérents. Il ne répond jamais précisément à nos

questions. Bien sûr, il y a le choc de la mort de votre mère, mais... Vous

savez, mon père a toujours ses encore plus gros en tête.

Il est sur une autre planète.

C'est parfois dur de communiquer avec lui.

Tu notes ?

Non, non, je fais des jeux, là.

Je vais peut-être me paraître brutale et je peux me tromper, mais votre père

semble me présenter les symptômes de la maladie d'Alzheimer.

Attendez, vous êtes fait comme médecin, là ? Vous voyez mon père cinq minutes et

tout de suite, pour vous, il est bon pour l'asile ? Ça vous arrive jamais,

vous, d'oublier des choses, un nom, des clés, un numéro de téléphone ? C'est-à

-dire que tout à l'heure, à la morgue, c'est vous qu'il a oublié.

Qu'est-ce que vous voulez, mon père ? À ce stade de l'enquête, nous avons besoin

de certitude.

Sur lui, sur vous.

ou sur tout ce qui touche à l'enquête.

Monsieur Daman, vous connaissiez bien Elisabeth Hartmann ? Non, pas vraiment.

Enfin, pas personnellement. Nous avons eu des affaires ensemble.

Ah, j'avais beaucoup d'admiration pour elle. Femme très cultivée, remarquable.

Que lorsqu'il ne gâtait rien, un grand sens de l'humour.

Quand elle tenait le marteau, on ne s'ennuyait jamais.

C'est terrible, comme on regrette toujours les gens qui sont morts. Pas

vrai, Polo ? Ben oui, on oublie les âmes mères qu'on a eues avec eux.

Vous n'avez jamais eu de problème avec Elisabeth Hartmann ? Ce n'est pas ce qu

'on nous a dit.

Je suis content que vous tenez ça pour son attitant.

Depuis le début, elle m'a pris en grippe. Je ne sais pas pourquoi.

C'était quoi le problème ? Je vous dis que je n'ai jamais eu de problème avec

elle. Elle s'est occupée d'une vente d'objets qu'elle lui avait confiée.

Quatre jours après, j'avais toujours fait mon argent. Vous savez ce que c

'est. Je préfère mes travails pour moi que pour les autres.

Alors, qu'est-ce que vous auriez fait à ma place ? Je ne sais pas. J'y serais

allé. Exactement. C'est ce que j'ai fait. J'y suis allé.

Hier, je suis passé à son bureau.

Finalement, ce n'était rien du tout. Un petit problème de virement entre les

deux banques.

Vous étiez où hier soir ? Vous avez cette question ? Je vois.

J'ai dîné à la brasserie des Thermes, dans le 17ème.

Seul ? Oui, seul. Oui, oui, ma femme et mes enfants sont en vacances.

Et pour finir, j'ai terminé la soirée au studio 57 près des Champs. Et encore

seul. Il était 22h30. Vous pouvez vérifier ce que vous voulez.

Enfin,

un pied dans l'entrée, ces messieurs sont allés. Attendez, attendez, s'il

vous plaît. Une dernière chose, vous avez quoi comme voiture ? Celle-là.

Justement, je l'avance. Si ça vous intéresse, voilà, allez.

Comment il nous parle, il n'est pas bien.

Les conférences sur les arts d'extrême-orient qu'il a données,

c'était quoi ?

Il y a tout juste un an.

Bien, M. Hartmann, répétez ces mots après moi.

Fauteuil.

Fauteuil.

Tulipe.

Tulipe.

Canard.

Ce test est ridicule.

Canard.

Je vais vous demander de compter à partir de 100 en retirant 7 à chaque

fois.

Enlevez 7 à 100.

Je sais compter, merci.

Question suivante.

Redonnez-moi maintenant les trois mots que vous avez répétés tout à l'heure.

Je... Je ne me rappelle plus l'ordre, mais

il y avait quelque chose comme un nom de fleur.

Hein ?

Il y avait bien une fleur, hein ? Répondez-moi.

Et puis arrêtez avec vos casques ! Je ne suis pas le gris du loto ! Essayez-vous,

calmez-vous. Et ne vous foutez pas de moi ! Oh merde ! Prennez-le.

Appelez les secours.

Alors docteur, on vit ?

Vous savez, l'agnostic d'Alzheimer n'est établi avec certitude qu'après une

autopsie du malade. De son vivant, on ne peut jamais être sûr à 100%. 99% ne

suffiront. Ce que je peux vous dire, c'est que d'après ces réponses et ce que

j'ai vu de son comportement, il y a une grande probabilité d'Alzheimer.

Quant à savoir à quel stade de la maladie il se trouve... Et il y a des

chances pour qu'on obtienne de lui des réponses ? Son état n'est pas constant.

Entre deux passages à vide, il a des périodes de lucidité, mais après le choc

de la mort de sa femme et son évanouissement aujourd'hui, il y a des

risques d'aggravation rapide. Bon courage.

Merci.

Alors, il paraît qu'on a de nouveau le droit de tabasser ? Ah, j'ai oublié que

t'étais drôle.

Pour une première enquête des vieux enfants phares, les cerises sur le

gâteau, je suis convoquée chez le divisionnaire.

Bah, espérons qu'il claque pas.

Allume un cierge, Jean-Louis.

J'ai des bonnes et des mauvaises nouvelles.

Tout d'abord, je reste votre chef de groupe.

Ah, et les bonnes nouvelles, c'est quoi ? C'est vous qui allez me les donner.

Je les écoute.

Bon, alors, d'un an d'inspireur, il a aussi des trous de mémoire.

Lui, c'est pas Alzheimer, il se fout de notre gueule.

La cache a voulu nous faire croire qu'il avait un problème de virement avec le

bureau d'Elisabeth Hartmann.

Fait compte, j'ai su par la banque qu'il a tout encaissé trois jours après la

vente. Bon, le portable d'Elisabeth Hartmann a parlé.

Elle l'a éteint vers 14h le jour de sa mort.

À l'heure de son mystérieux rendez-vous.

Oui, et bizarrement, elle ne l'a pas rallumé après.

Alors j'ai interrogé sa boîte vocale. Il y a une dizaine de messages, tous

professionnels. Mais le plus intéressant, c'est que quelqu'un a

essayé de l'appeler quatre fois entre 20h30 et 22h10. Et ce quelqu'un, c'est

Xavier Danan.

Danan a essayé d'appeler Elisabeth Arnand depuis la brasserie d'Étern.

C'est à colore qu'il y a des ferveurs.

C'est elle qui l'attendait. Elle n'a jamais vu. Après le troquet, on n'a pas

pu vérifier son alibi.

Le studio 57, ça ouvre seulement à 21h.

Vous avez la permission de minuit.

Et pour les Netsuke, ça donne quoi ? J'ai laissé un message à la CBC.

Relancez-les.

Et Danan, ce serait quoi son mobile ? Dans le passé, notre courtier a été

poursuivi pour captation d'héritage.

Et oui, comme par hasard, il s'est retrouvé couché sur les testaments de

deux de ses assurés, de femmes d'âge mûr, dont il s'est empressé de vendre

les biens après leur décès. À chaque fois, un non-lieu a été prononcé.

Eh bien, il a peut-être fait le coup et Elisabeth Hartmann a soupçonné quelque

chose. C'est dans cette direction. Ah oui, le bureau d'Elisabeth Hartmann m'a

fait parvenir le dossier de la vente. Tiens.

Pour moi, l'expert, c'est lui.

Merci. Ah, il y a une carte qui vous est adressée, capitaine.

Quand elle a une certaine vanesse... Excuse-moi, j'ai oublié de t'en parler,

mais en fait, elle voudrait que tu la rappelles à ses yeux. D'accord.

Je peux rire avec vous ? C'est un témoin d'écharpe. C'est un témoin d'écharpe. Ça

va, laisse tomber, ils sont trop cons.

Bon, fin de l'entraque.

Reste Louis Hartmann, il peut être témoin ou suspect.

On n'a rien sur son alibi, son emploi du temps, ses lettres noires. S'il a oublié

qu'il a tué sa femme, ça ne fait qu'autant pour les hommes.

Il faut savoir ce qu'il a fait la nuit dernière, à quelle heure il est sorti, s

'il a rencontré quelqu'un, s'il a acheté quelque chose.

Berger, Cisco, vous vous y collez ? Ce soir-là ? Oui, c'est très bien.

Ça entrera dans les mêmes conditions que lui.

Cisco !

Les vacances sont terminées. Alors, je vous prévenais, madame, et vous secouez

le sable de vos chaussures.

Inutile de vous dire que j'ai besoin de concret.

Je vais voir ce que tu fais là, François.

T'as le temps de prendre un verre ? Non, écoute, t'es gentille, parce que ce

soir, je suis crevée.

Allez, si tu te kidnappes, ça changera un peu les idées. Merde, François, j'ai

dit non.

Tu veux comprendre ça ? J'ai envie d'être seule.

Je pensais qu'on allait pouvoir passer la soirée ensemble, histoire de fêter ta

promo. Attends, t'as passé dix ans à cracher sur mon boulot, à me traiter de

carriériste, et maintenant tu vas me faire croire que ma promo te réjouit ?

Qu'est-ce que tu veux, François ? T'as pris un ou deux verres en fumant ici à l

'hôtel ? Je me doutais que t'allais le prendre comme ça.

T'inquiète pas, je te dérangerai plus.

Je te promets que si j'ai un moment, je t'appelle.

Tu veux encore de mon numéro ? Evidemment.

Solène, passe-moi le mireille.

On s'en fout de comment j'ai eu ton numéro. Tu ne l'as pas, ce bordel.

Je suis tout à fait calme et maintenant, je te passe ma femme. D'accord ? Non, ce

n'est pas à toi que je veux parler. C'est à Mireille.

Des connasses, toi-même.

Et voilà.

Tu n'as pas pu t'empêcher.

Putain, tu ne peux pas aller foutre la paix à ta femme.

Pour l'histoire du 57, peut-être que tu peux y aller tout seul.

Comme ça, tu peux passer une soirée avec Matt.

Merci, sympa.

N'improfite pas pour finir au fond d'un verre.

Attends, tu me connais, quand même.

Allez, on va se préparer sur le boulot.

Moi, je prends depuis la maison des Hartmann jusqu'au boulevard... Stop,

arrête. Tu vois, il n'y a pas Valon.

Alors arrête avec ton numéro de boy scout.

Qu'est-ce qu'il te prend ? Il me prend que tu me gaves sérieux depuis ce matin.

T'en fais des caisses avec Vallon, tu veux ma place ou quoi ? Mais enfin, c

'est quoi, là, le problème ? C'est quoi, c'est le décalage horaire ? C'est ton

voyage de notes ? Tous les cas, ta connerie, je ne sais pas ranger. Alors

maintenant, si tu ne sens pas la hauteur, tu retours ton bermuda et tu te

casses.

Ouf ! Oh là là ! Capitaine Mauveau !

C'est extraordinaire, vous avez le cycle pour recréer en quelques heures l

'atmosphère chaleureuse, sombrée.

Je vais aller chez moi.

D'habitude, j'ai Amélie qui m'ouvrait, mais là... Bonjour.

Bon, alors, Hartmann va partir de chez lui vers 22h15.

Il est allé boire un café vers 22h30 et il y a en gros un quart d'heure de

marche depuis chez lui. D'accord.

Oui, il a croisé le patron qu'il voit régulièrement et ce monsieur a dit qu'il

n'avait rien à marquer de particulier, rien de spécial.

Ma boulot, j'aimerais pas qu'on vous ait hôtel. Merci.

Bien, sachant qu'Elisabeth Hartmann a été tuée entre 22 et 23 heures, Louis

Hartmann peut être officiellement considéré comme suspect.

Alors, maintenant que vous avez fait l'enfer du temps de Marie, vous ne

voulez faire qu'une seule femme ? Quand vous aurez un moment, bien sûr.

Ok, c'est pour moi.

Pour la route.

Ah, salut.

Salut, ça va ? Ouais.

Tu n'as quand même pas dormi ici, toi ? Si.

Ah oui, si, oui.

La libide d'un an, il ne tient pas. Il a bien été au studio 57, mais il est

arrivé à 23h30.

Ce qui veut dire qu'il a bien pu passer avant chez les Hartmann.

Oui, surtout que j'ai vérifié les cartes grises. Monsieur n'a pas de bagnole

rouge. Non, non, merci.

Par contre, la bourgeoise, un cabriolet en plus. On ne sent plus de rien. Eh

bien, la cote de la cour a monté en flèche.

Ah, j'ai découvert quelque chose d'intéressant.

Voyez-vous, dans le dossier de la vente d'un an.

Eh oui, il s'agit bien d'un héritage d'une certaine Madame Guillaumat, qui s

'est découverte dans l'inventaire par Vaz Ming du 15e siècle.

Manifestement sous-estimée.

Devinez qui était l'expert ? Louis Hartmann.

Bien, alors pendant que Polo va se refaire une beauté, vous pouviez peut

-être avoir une discussion avec notre assureur. Bon, j'ai rien d'autre à

foutre. Si tu veux, je suis ton homme.

D'accord. Allez.

Polo ? Bien.

On passe sur le fait que vous vous retrouviez régulièrement sur les

testaments de vos ex-assurés.

Là, on n'est pas là pour ça.

Par contre, on a retrouvé ces documents chez vous.

Ça, c'est l'expertise du vaseline dont vous avez hérité, réalisée par Lou

Hartman le mois dernier pour l'avance.

45 000 balles.

Ça, c'est une autre expertise, réalisée en 1982, toujours par Lou Hartman.

Pour Mme Guillaumat, votre généreuse donatrice.

Cette fois, l'estimation est de 450 000 balles.

En 20 ans, le Ming est morflé, hein ? Les Hartmanns vont rouler dans la

farine, c'est tout.

Tiens, vous avez retrouvé la parole, vous.

C'est le coup classique.

L'expert sous-estime le bas, le commissaire Peter le brade avec ses

copains, qu'ils vendent à bon prix et qu'ils partagent des bénéfices.

Pourquoi avoir demandé une deuxième expertise alors que vous en aviez déjà

une ? Mais je ne l'avais pas. C'est ça le problème.

Je l'ai découvert après la vente dans les papiers de la succession.

Maintenant que vous avez le papier, vous faites chanter les Hartmanns.

Mais attendez, s'il vous plaît. Je dépends de mes intérêts. C'est quand

même la moindre des choses, non ?

D'ailleurs, Elisabeth Hartmann était prête à payer.

Elle ne voulait pas risquer une publicité pareille.

Ça, ce n'est pas comme son mari.

Il ne s'est même pas donné la peine de me répondre.

Le soir de sa mort, vous aviez rendez-vous avec elle à la brasserie L

'Éterne, c'est bien ça, pour régler les problèmes de transaction.

En quelque sorte, oui. En quelque sorte, oui. Simplement, elle n'est pas venue.

Un sacré lapin qui vous reste en travers de la gorge. Moi, à votre place, vous

savez ce que j'aurais... À votre place ? Ce que j'aurais fait ? J'aurais allé

chez eux.

Je ne sais pas.

J'y vais.

Les Hartmann se sont foutus de votre gueule.

Ils doivent cracher.

Normal, non ? Vous allez d'ailleurs avec le cabriolet rouge de votre femme, en

toute discrétion.

C'est un santé, c'est tout qui me dépouille, et c'est moi qu'on emmerde.

Vous vouliez vous rembourser directement ? Ça se comprend.

Elisabeth Hartmann n'était pas d'accord.

C'est un dégénéré.

Pas du tout.

Vous les avez déjà vendues ? Quoi ?

Il y a Nitsuke.

Qui c'est que ça ? Bon, arrêtez de jouer aux cons maintenant, ça va.

Oh ben, c'est ça, mec, c'est l'incroyable, tiens. Je te le fais,

voilà.

Je crains qu'il ne nous faille réinterroger l'ouverture.

C'est la condition qu'il soit dans l'état de noir.

Pourquoi vous ne le laissez pas tranquille ? Mon père est un homme

malade. C'est curieux, vous n'aviez pas l'air aussi convaincu qu'il est.

Il est indispensable qu'on lui parle, nous.

Ouais.

Je vous ai demandé un délai de 24 heures.

Un problème à propos de l'expertise d'un Ming ? Non ? Elisabeth ne m'en a pas

parlé.

Redites-moi le nom du vendeur.

Xavier Danan.

Votre épouse avait rendez-vous avec lui mercredi soir. Pourquoi n'y était-elle

pas allée ? Xavier Danan.

Vous savez, nous voyons beaucoup de monde.

Voici le vase en question.

Je me rappelle parfaitement.

C'est un bleu-blanc Ming de la fin du 15e siècle.

Une pièce magnifique.

Regardez, le dessin est d'une souplesse étonnante.

Combien l'estimez-vous ? A l'époque, je l'avais évalué à 450 000 francs.

C'était en 81, 82.

Madame Guillaumat, elle habitait Meudon.

Merci.

Mais d'où sortez-vous ça ?

Puisque je vous dis que la dernière fois que j'ai eu ce vase dans les mains, c

'était en 1982.

Quelqu'un a imité ma signature.

Papa, calme-toi.

Tant la description est identique à notre expérographologie.

Et formelle, il s'agit bien de votre signature.

Mais c'est impossible.

Jamais je n'aurais pu commettre une erreur aussi grossière.

Je ne comprends pas où vous voulez en venir.

C'est tout simple.

Vous n'avez qu'à demander à ma femme.

Elle est dans son bureau.

La seule chose qu'on a réussi à savoir, c'est qu'en quittant la salle des ventes

à 14h, Elisabeth Hartmann a pris un taxi.

Comme elle n'avait pas d'abonnement pour les taxis, ça veut dire qu'on a juste 20

000 bagnoles à vérifier.

Ben non, c'est un appel radio.

On vient de voir l'assureur du vase de Danan.

Le mec-là s'est arrangé avec les Hartmann pour produire la sureur.

Je veux bien me paxer avec le marchand. J'espère de tout cœur que pour une fois,

vous ne vous trompez pas, capitaine Scandella.

Vous auriez vu Samuel quand il a su qu'il avait 40 fabriques sur sa spinée ?

Il aurait pu y toucher. Il n'y a pas eu d'arnaque au niveau de la vente ? C'est

-à-dire que Danan aurait tué Elisabeth Hartmann pour rien ? On peut y voir là

en quelque sorte une triste ironie du sort pour les Hartmann. Elle paie de sa

vie l'erreur qu'il commet à cause de sa maladie.

Oui, on va prendre trois cafés.

Mais comment Elisabeth Hartmann a pu laisser passer une bourre pareille de

son mari ?

41 000 au lieu de 450 000 pour un même vase ? Tout simplement parce qu'elles

ignoraient la première expertise. En 82, leur chemin ne s'était pas croisé. Oui,

enfin, ironie ou pas, on n'a rien qui permette de confondre formellement d'un

an. La perquisition chez lui n'a rien donné.

Dans l'arme, le dieu du bonheur, on est dans l'impact.

S'il en rajoutait, le professeur tourne seul.

Oui, c'est pratique, Alzheimer.

Dès qu'une question l'emmerde, il sort son joker, il ne se rappelle plus, il s

'énerve, et au bout du compte, il ne répond jamais.

Et quoi, votre beauté ?

Le soir du meurtre, Elisabeth Hartmann parle à son mari de sa discussion avec

Danone. Elle sait qu'il déconne, elle a peur pour leur réputation.

Il refuse le chantage, le ton monte, il s'énerve, il la tue, il fait croire à un

cambriolage, il revient à son bureau et le lendemain, il nous fait son numéro.

Non, non, vous oubliez une chose, c'est le lien très fort qui existe entre les

Hartmann. Je ne vois pas une discussion dégénérée comme ça.

Hartmann a peut-être pété les plombs, simplement.

Non, j'avoue, ce n'est pas un meurtre commis sous le coup de la dément.

Bien, c'est le CBC.

Un de leurs indics a signalé que quelqu'un a tenté de vendre les Netsuke.

Vous savez, depuis le temps qu'est-ce qu'il y a un ticket, j'en ai vu passer

des types pas clairs.

Alors avec lui, dès le début, j'ai eu un doute. Il était mal à l'aise.

Il m'a montré les Netsuke.

Des pièces magnifiques.

Les sept dieux d'un seul coup.

Une aubaine pour un collectionneur.

Oui, une aubaine.

Vous ne les avez pas achetées alors ?

Quand on a commencé à parler d'argent, il est devenu nerveux.

Il a tout remballé et il m'a fait le coup du crayon. Le coup du crayon, c'est

ça pour moi.

Vous m'expliquez, là ? Non, le coup du crayon.

Il est taillé, comme une de rien.

Top.

Gargé.

Jean-Louis ? Ah non, c'est pas lui.

Le mieux, il était plus jeune.

Il est plus grand, au fond.

Euh... Brun, plutôt court.

Genre, lui alors ? Ah ben oui, c'est lui, je le reconnais.

Pourquoi vous ne me l'avez pas montré tout de suite ? J'ai pas volé l

'inévitable. Ah ouais ? C'était dans votre panier à linge alors.

Papa,

papa, dis-leur que tu me les as donnés.

Allez, dis-leur.

M. Hartmann, vous êtes placé en garde à vue. Vous pouvez prévenir l'un de vos

proches et vous entretenir avec un avocat. Tournez de mon père, tournez de

lui ! Oui, c'est vrai.

Je lui ai donné les Netsuke.

Rappelez-vous où et quand.

Où et quand.

Ils sont dans la salle à manger.

Non, monsieur Hartmann. Où et quand vous avez donné les Netsuke ? Ils sont dans

la salle à manger.

Jamais j'aurais osé toucher aux Netsuke.

Je sais trop ce qu'ils représentent pour mes parents.

Vous n'avez pas empêché d'essayer de les refourguer, hein ? Je n'ai pas pu les

vendre. Je ne pouvais pas après tout ce qui s'est passé.

Évidemment. Pourquoi ne pas nous avoir tout dit depuis le début ? C'est une

fois qu'on ne croit pas.

Ah, là pour le coup, vous avez eu raison.

On sait que vous aviez besoin de pognon.

Beaucoup. Et vite.

Votre magazine est en dépôt de bilan, alors vous êtes allé chez vos parents

pour vous servir.

D'accord.

Vous avez besoin d'argent. Mais mon père a voulu m'aider. Il m'a apporté des

miniatures dans l'après-midi.

Eh oui, mais ça, le problème, c'est que papa, il ne s'en souvient pas, ça.

C'est pratique, Alzheimer.

Il peut nous raconter n'importe quoi.

Monsieur Hartmann, la découverte de vos soucis financiers nous a permis d'avoir

une longue discussion, forte, intéressante, passionnante même, avec

votre banquier au sujet de votre dernier rendez-vous.

Arrêtez-moi si je me trompe. Ne vous a-t-il pas refusé un prêt, votre mère n

'ayant pas voulu servir de caution ? Le problème, c'est qu'elle en avait marre

de raquer.

Il faut dire que vos parents, ils ont souvent craché au bassinet.

Hein ? Vincent, je crois que vous n'aviez pas l'intention de la tuer.

Juste de récupérer les miniatures. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle vous a surpris ? Vous avez paniqué ? Je n'ai pas tué.

Je suis resté à mon bureau jusqu'à minuit.

Je ne suis pas laissé mes parents.

Ah, malheureusement, votre assistante, devrais-je plutôt dire votre maîtresse,

vient d'avoir un doute sur votre emploi du temps ce soir-là.

En effet, après avoir affirmé, soutenu, qu'elle était restée en votre compagnie

jusqu'à minuit, elle croit maintenant se souvenir d'être partie à dix heures,

vous laissant seule.

Non, ne faites pas ça.

Écoutez, c'est bon, c'est bon, j'arrive.

Merci.

Nico ? Oui ? Je dois partir.

C'est bon, ne t'inquiète pas, je ne dirai rien à Valon.

Où est mon père ? Il faut qu'on se trompe de lui.

Le bon fils.

Ne vous inquiétez pas, il a été ramené à son domicile.

Moi, voyez-vous, la théorie de l'accident ne me convainc pas.

En effet, pourquoi venir avec une arme si votre intention était de voler ? J'ai

jamais eu d'arme et j'ai rien volé.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire, celle d'un homme, d'une femme

et de leur fils.

Adeptif.

Les parents sont très fortunés, blindés. Le fils, lui, fort dépensier.

Celui-ci, poursuivi par de féroces créanciers, imagine un plan pour se

débarrasser définitivement de tous ses problèmes.

Il est n'importe quoi.

Sachant son père.

Malade, très malade, il s'enfonce fort inexorablement dans la nuit profonde.

Il se dit avec raison que s'il arrivait malheur à sa mère, avec laquelle il a

peu d'affinité, il pourrait enfin faire placer son père sous tutelle et se

retrouver ainsi à la tête de la fortune familiale.

Un plan machiavélique parfaitement élaboré.

Je ne m'entendais pas très bien avec ma mère, mais jamais j'aurais pu la tuer.

Ce soir-là, il attend que son père quitte la maison comme il en a l

'habitude.

Demandez à la police, ne quittez pas. En fait, ce n'est pas trop tôt.

Ce n'est pas un cadeau de votre mère.

1200 balles, ce n'est pas vrai.

C'est une tunique à plein temps pendant 5 jours, t'as cru.

C'est la dernière fois que tu me fais de couleur.

T'as honte de moi ? Ma fille a honte de moi.

La prochaine fois, laissez-lui de la prendre.

Le connard de père, il s'est tiré, mais lui, c'est un dieu.

Tu veux apprendre quelque chose ? Non.

T'es une grenelle ? Non.

Bon, alors maintenant, tu arrêtes.

Aïe ! Mais vas-y, mets-moi les menottes !

Prends tes jambes, maman.

Vas-y ! Pourquoi

tu ne te débarrasses pas ? C'est moi

pendant que tu es, hein.

Je vais mettre la peinture.

Je vais mettre la peinture.

La

fissure

n'a pas brûlé hier, mais tu l'as pété.

Allons demander où tu étais.

Personne n'a su me répondre.

Tu perds des comptes.

Moi, la paix, Cisco.

Ah, madame a mal dormi.

Qu'est-ce qu'il y a, Cisco ? T'es chier que je me défends du boulot ? Mais si tu

veux savoir, j'en ai rien à foutre de ta place, j'en ai rien à foutre de toi.

Je fais tout ça pour moi.

Eh oui, moi, j'ai pas avec péter de thunes pour m'entretenir.

Faut d'abord essayer, pourtant.

Comment il s'appelait déjà ton avocat ? Je t'attends.

C'est ça ?

Et voilà, vous avez devant les yeux l'arme qui a servi à tuer Elisabeth

Hartmann. C'était Weston, Jean Bulldog, qui a livré en 38.

Vous l'avez retrouvée où ? Dans un endroit pour le moins original, dans une

boîte aux lettres d'une maison particulière près des Quai de Seine.

Le propriétaire s'étant absenté durant quelques jours a eu la surprise de

découvrir cette mystive originale au milieu de son courrier. Les dents

pointées sur la crosse appartiennent à Louis Hartmann.

Au moins, ça a le mérite d'être clair.

Explique-le vite.

Louis Hartmann a buté sa femme, point barre.

C'est le fond ? C'est une arme de collection ? Ben oui, les Hartmann n'ont

jamais eu d'armes, alors comment ils se sont procurés ce revolver ? Eh ben, ça

veut dire qu'après les taxis, il va falloir qu'on se fasse les dentifères et

les armuriers. Ah non, vous aussi, les salles des ventes. Jean-Louis ? Oui ?

Une raison d'appeler Vanessa ? Vanessa Henry ? Oui,

Vanessa Henry, capitaine Scandella à l'appareil.

Oui, c'est ça, Jean-Louis, oui.

Dites-moi, est-ce que vous vendez des armes aux enchères ? Ah oui, on a

justement un problème avec un revolver qui devait être mis en vente la semaine

prochaine et il a disparu de la cantine où il était rangé.

La 38 ? Excusez-vous de ça ? Vous êtes télépathe ? Bah, presque, je l'ai devant

moi. Jean-Louis, vous me sauvez la vie. Le vendeur est furieux, il peut nous

faire un procès.

C'est le revolver qui a tué Elisabeth Hartmann.

Est-ce que son mari a pu passer au bureau pour le prendre ? Je le vois pas

quand il commence. C'est moi qui ai les clés de la cantine.

Je les ai données à Elisabeth cet après-midi-là, quand elle est revenue.

Elle sera d'après-midi. Elle a revérifié l'inventaire.

Je m'étais demandé pourquoi.

Je vous remercie.

Je vous rappelle.

Au revoir.

Pourquoi Elisabeth Hartmann a pris une arme à son bureau ? Je pense qu'elle a

fait la distinction avec Danone. Elle s'est rendue compte que son mari était d

'un corps de bon. Elle a voulu éviter la déchéance.

Hartmann pourra aider la légitime défense.

On n'a toujours rien sur le mystérieux rendez-vous d'Elisabeth Hartmann.

C'est en revenant qu'elle a décidé de prendre l'arme. Il faut savoir ce qu

'elle a fait pendant ces deux heures.

Elle s'est allée chez sa manucure.

Et le fait que Louis Hartman ait donné les mets de Suki à son fils, ça ne peut

pas être une coïncidence.

Son fils en avait besoin.

Non. Il y a une vraie raison à tout ça.

Louis Hartman est le seul qui puisse nous dire ce qui s'est réellement passé

ce soir-là et il est sans doute trop tard.

Peut-être pas.

Vous risquez de vous contredire, commandant.

Je préfère qu'il soit illusoire d'attendre que Louis Hartman se

souvienne de quoi que ce soit.

Un Alzheimer se souvient très bien des événements de son passé parce qu'ils

sont inscrits depuis fort longtemps dans son cerveau alors que les événements

récents ne s'imprègnent plus.

Au risque de vous contredire, le marchand, je pense qu'on va quand même

tenter le coup.

Mais cette fois-ci, on ne va pas l'interroger.

Bonjour.

Bonjour, madame.

Vous êtes une amie d'Elisabeth ? Ma femme ne devrait pas tarder.

Et qui sont ces messieurs ? Des amis qui m'accompagnent.

Qu'est-ce que la sperme, alors, qui retombe là-bas, voir un seul coup ? Elle

est comme ça. Elle a une idée, elle va jusqu'au bout.

Tu comprends, vu qu'on mène la merde ? Oui, Berger.

Oui.

Oui.

Bon, OK, d'accord.

J'ai retrouvé le taxi qu'a chargé Elisabeth Hartmann.

Le chauffeur se souvient avoir pris en route le mari et les avoir déposés

devant un hôpital.

On l'a tous les sept.

OK.

Ce n'est pas celui qui prédit l'avenir.

Oui, en effet.

Ça aurait été terrible de le perdre. C'est le porte-bonheur d'Elisabeth et le

mien.

Il a été le témoin de notre serment.

Un serment ? Avez-vous remarqué comme dans l'art japonais, il y a toujours

quelque chose d'autre ? Une sorte de présent derrière ce qui était

visible au premier coup d'œil.

On revient de l'hôpital.

Le rendez-vous, c'était pas pour Louis Hartmann, c'était pour sa femme.

En fait, le mercredi matin, il était pas d'Hartmann après qu'elle était atteinte

d'un cancer au cerveau avec une tumeur inopérable, une chimio plus qu

'improbable. Elle a été condamnée après l'échéance.

D'après les médecins, ils n'ont pas paniqué.

Ils ont pris la nouvelle plutôt calmement.

Ça change tout, ça.

Ça serait tout à fait.

Je suis pas sûre.

Imaginez le bouleversement.

En quelques heures, le monde bascule.

Elle se sait condamnée.

Elles ne peuvent plus ignorer la gravité de la maladie de son mari.

Vous pensez qu'ils ont voulu se tuer ? Ça expliquerait qu'ils aient offert la

Netsuke à leur fils.

Cadeau d'adulte.

Il vous a parlé de notre serment ? C'est bien Otei, votre témoin.

Oui.

Regardez-le, il est là.

Il est généreux.

Il respire la joie de vivre.

C'est une promesse à lui tout seul.

Il a béni notre rencontre.

En rencontre avec Elisabeth ? Oui.

C'était lors d'une vente.

La vente de ce curieux petit bonhomme.

Elisabeth et moi, nous faisions monter les enchères et c'est moi qui l'ai

emporté.

Le soir même, je le lui ai offert à l'occasion de notre premier dîner.

Devant lui, nous nous sommes jurés de ne jamais nous séparer.

Et que si l'un de nous devait disparaître, l'autre le rejoindrait.

Heureusement, nous allons bien tous les deux.

Il

a

aidé à mourir le choc à lui être aussi violent qu'il a oublié de l'accompagner.

Le pire, c'est que bientôt lui-même ne s'en souviendra plus.

Du coup, vous voulez bien appeler une ambulance ?

Doucement.

Merci.

Sans votre persévérance, nous n'aurions jamais découvert la vérité.

Réunions bien ça à la mémoire d'Elisabeth Hartmann.

Il sera probablement déclaré irresponsable.

Cette belle histoire d'amour ne s'achèvera pas devant un jury d'assises.

Merci.

Tu peux jouer ou tu m'as invité pour compter les points ? Tu devrais être

fier. C'est toi qui m'as pris à la DPJ. J'ai failli faire un pont ce

soir.

Tu crois que j'aurais dû ? Peut-être, oui. Je ne sais pas si on va te le

pardonner.

J'ai l'impression que le courant est plutôt passé, non ?

Qu'est-ce que t'en penses ? Ouais.

Oui, ouais.

Berger, t'aimes bien.

Non, je plaisante.

Tu nous as tous bluffés, et même le marchand.

Ça, je peux te dire, c'est un espoir. Allez, joue.

Ah, ça compte pas.

Ça compte pas ? Non.

Maman, ça compte pas, l'enfant gueule.

On est où ? On est où ? Non, il veut pas encore me parler.

On verra plus tard.

Oh non, c'est pas vrai.

Allez, fais pas cette tête.

Je t'invite à revanche. Bon.

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