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...
D�sol�e que tu aies d� faire toute cette route.
C'est toi qui as d�cid� qu'on devait en rester l�,
alors je t'ai rapport� tes affaires.
Quelques livres et quelques DVD ?
Quelques livres ?
Quelques DVD ?
Je vous aide ?
Merci Nello, c'est tr�s gentil.
On en parle...
de cette lampe bulldog ?
Ce bulldog est un cadeau de mes copines.
Dans ce cas...
Et j'ai rapport� ton tableau du glouton
qui grossit quand tu le regardes.
Ce tableau glouton est � mourir de rire.
Si on veut.
C'est bon, j'avoue.
J'ai tendance � entasser.
Je confirme.
Voil�, la boucle est boucl�e.
Tu r�cup�res tes affaires et moi...
je r�cup�re de l'espace.
Mon cadre va te manquer.
Enorm�ment !
Pas autant que toi.
Salut, Nello.
- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Venez.
- Je vous montre. - Il pleut des cendres ce soir.
Par ici. C'est � l'�tage.
C'est ici.
L'arbre �tait mort.
- Il a �clat� la vitre. - Quel bazar !
Il manquait plus que �a. Il va falloir tout remplacer.
V�rifie la chambre d'� c�t�.
D'accord.
Regarde partout.
Aucun d�g�t l�-bas.
Et �a, c'est quoi ?
Viens ! On va d�placer la statue.
Qu'est-ce que c'est ?
Un monte-charge.
Viens, on va voir jusqu'o� il descend.
Suis-moi !
Ca doit �tre ici.
On va d�placer l'armoire, viens m'aider.
Voil� ! Tu as vu ?
Il part de l�.
Ne reste pas l� � me regarder. Viens m'aider.
Oh, mon Dieu !
Je n'y crois pas.
Arr�te de faire cette t�te.
- Je vais te maquiller. - Non, j'ai pas envie.
Du fard et du rouge � l�vres, �a t'embellit m�me un zombie.
Trop sympa.
Je n'aurais pas d� aller � Palerme.
D'abord Paolo,
et maintenant ma soeur qui se marie.
- Pourquoi �a t'emb�te ? - Je d�teste les mariages.
Toute la famille te d�visage.
C'est l'horreur.
Le vrai souci, c'est que tu n'as personne pour t'accompagner ?
Oui, c'est �a.
Ta soeur n'y est pour rien, ce qui t'emb�te, c'est Paolo.
Laisse-moi faire.
Je ne sais pas.
Tu ne regrettes pas de l'avoir quitt� ?
Non, c'est vraiment fini avec Paolo.
Et avec Manfredi, le m�decin � moto, �a en est o� ?
Tu ne ressens rien pour lui ?
Si, il me plaisait,
mais j'ai revu Paolo, je ne peux pas le laisser esp�rer.
Donc pas Paolo, ni Manfredi...
tu vas faire quoi, entrer dans les ordres ?
Des coups d'un soir.
Tu dis n'importe quoi !
Tu es trop sexy et trop jeune pour une relation sans lendemain.
C'est pas fini ce bazar ? Je voudrais dormir.
- D�sol�e, c'est de sa faute. - Non, c'est elle.
- Mais oui, c'est �a. - On n'est pas gentilles.
- Oui, Spano. - Commissaire,
on a un cadavre dans une villa.
- Un meurtre ? - C'est possible.
Comment �a ?
C'est dur � dire.
J'arrive.
- Je dois y aller. - O� tu vas ?
Incroyable.
C'est plus clair comme �a ?
Merci.
Elle a os� faire �a.
- Bon... - Mais o� tu vas ?
- Lo Faro ! - D�sol�.
- Tu faisais quoi, l� ? - Je vous attendais commissaire.
Vous avez vu ce sable noir ? C'est l'Etna.
- Il fait des siennes. - C'est le pompon !
Il faut toujours avoir un parapluie.
Et toi ton portable, tu devrais toujours le laisser chez toi.
L'entr�e est...
de ce c�t�.
Bonsoir.
Bonsoir.
Bonsoir.
Commissaire.
- Mais vous �tes tremp�e. - Je te raconterai.
- O� est le corps ? - Suivez-moi.
C'est glauque.
Je confirme. C'est irrespirable avec toute cette poussi�re.
Je vous ai interrompue sous la douche ?
O� est le corps ?
Ici.
Putain !
Je sais.
J'en ai vu des gens massacr�s et ligot�s,
mais �a, jamais.
Moi non plus.
- Marta, on a trouv� autre chose ? - Oui.
Venez voir.
Un sac.
Une trousse � maquillage.
Du parfum
et une bo�te en m�tal.
On dirait un coffre-fort.
Qui vous a appel� ?
Alfio Burrano. La villa appartient � sa famille.
- Il est o� ? - L�-bas, je vous accompagne.
C'est lui.
Commissaire Guarrasi.
Commissaire,
vous �tes bien jeune.
- Ca vous pose un probl�me ? - Non, au contraire.
Je suis impressionn�.
- Depuis quand vivez-vous ici ? - Je ne vis pas ici.
J'y viens le week-end, et jamais dans cette aile.
Je ne suis quasiment jamais venu dans ces pi�ces.
Si l'arbre n'avait pas bris� cette vitre...
- Vous logez o� dans la villa ? - Dans l'aile ouest.
Ma tante a accept� que je la r�nove.
- Votre tante ? - C'est sa maison.
- Elle a v�cu ici ? - Non.
Ma tante n'est jamais venue dans cette villa.
Qui alors ? Quelqu'un a bien v�cu ici ?
Oui. Son mari, mon oncle Gaetano.
Depuis sa mort, la maison est inhabit�e.
Quand est-il mort ?
Je dirais... il y a plus de 50 ans. Moi, je ne l'ai pas connu.
Ca sera tout.
Commissaire, si je peux me permettre,
vous �tes tr�s belle avec cet effet mouill� sur vos cheveux.
Ca n'est pas un effet. Ils sont mouill�s.
Des papiers dans le sac ?
Non, rien qui ne puisse l'identifier.
Je vous exp�dierai tout.
Merci, je peux voir l'int�rieur du coffre-fort ?
Bien s�r.
Elle s'est enferm�e avec toute sa fortune ?
- Qu'est-ce que vous regardez ? - La date d'�mission.
F�vrier 1970.
Je veux tout savoir sur la famille Burrano.
- Le l�giste ? - Il sera l� dans 30 minutes.
- Qu'il m'appelle demain. - D'accord.
On m'avait dit que le corps n'�tait pas frais,
mais l�, c'est un arch�ologue qu'il vous faut.
Tu as la date du d�c�s ?
Non, apr�s un certain nombre d'ann�es, c'est dur de savoir.
Ses v�tements datent des ann�es 70, non ?
Oui, je pense aussi.
Pourquoi le corps est momifi� ?
La grille a �vit� la d�composition, sans �a on n'aurait eu que des os.
Tu as vu son visage ?
On dirait qu'elle crie.
Oui, c'est impressionnant.
Mais �a ne veut rien dire.
C'est peut-�tre d� au rel�chement de la m�choire apr�s la mort.
Elle a �t� tu�e ?
C'est difficile � dire.
Aucune blessure par balle, ni entaille. On a pu l'�trangler
ou l'empoisonner. On ne le saura jamais.
Une chose est s�re.
Le verrou du monte-charge �tait � l'ext�rieur,
donc quelqu'un l'a enferm�e.
C'est un meurtre.
Autre chose ?
Elle devait �tre jeune. Je dirais entre 25 et 35 ans.
- C'est tout ? - Eh oui !
C'est une momie. Et moi, je suis m�decin, pas voyant.
- Spano, du nouveau ? - Commissaire,
vous pouvez douter que la terre est ronde,
qu'on nous ment sur tout,
mais ne doutez jamais de moi.
- D'accord ? - On se voit au bar.
Salut, madame Irma.
Salut, beaut�.
C'est quoi, ces lectures ?
Ma femme disait que je ne comprenais rien aux femmes.
- Tu crois que �a va t'aider ? - Pas vous ?
Pourquoi tu ne te cherches pas une copine ?
Moi ?
Non, je n'ai pas le temps. Je travaille trop.
Du nouveau sur l'affaire ?
Alfio Gaetano a dit qu'apr�s la mort de son oncle,
plus personne n'a v�cu dans la villa.
Mais cet oncle n'est pas mort d'une maladie,
il a �t� tu�, et le meurtre a eu lieu dans la villa.
- Pourquoi Alfio n'a rien dit ? - Bonne question.
La propri�taire a des enfants ?
- D'autres parents ? - Non, pas d'enfant,
Alfio est sa seule famille.
Je veux voir Teresa ce matin.
Ensuite, on ira � la villa. Fais venir son neveu.
Commissaire, votre petit-d�jeuner ?
Je l'emm�ne.
- Comment va Cecilia ? - Mieux maintenant.
J'ai remarqu� l'autre jour que c'�tait ton anniversaire.
Il y a deux mois.
C'est vrai.
Je t'ai fait un petit cadeau.
Merci. C'est gentil.
Un DVD, un film de guerre.
Un de mes pr�f�r�s.
- Bonjour. - Commissaire.
D�sol�, commissaire.
C'est quoi �a ?
- Un truc de gamins. - D�sol�.
- C'est du pur g�nie ! - En mati�re de g�nie...
tu n'es pas un expert.
On r�sume,
la victime �tait une jeune femme, entre 25 et 35 ans.
On va suivre la date des billets et �tudier les disparitions
- de 1969 � 1975. - Oui.
- Comment est mort Burrano ? - Un instant, commissaire,
alors...
la famille Burrano a toujours �t� une famille riche et puissante.
Gaetano, le seul � avoir v�cu � la villa Sciara
a �t� tu� par balle en d�cembre 1970 dans son bureau.
Son meurtre serait li� � la mafia, selon la crim' de l'�poque.
Le coupable, M. Di Stefano,
g�rait les activit�s de Gaetano,
il �tait proche de la famille Zinna.
Une famille mafieuse.
Son mobile ?
Burrano refusait la construction d'un aqueduc sur ses terres.
Alors les Zinna l'ont ex�cut�.
Informe-toi sur le proc�s. Je vais voir Mme Burrano.
- Marta, tu m'accompagnes ? - Oui.
Viens, Marta.
Bonjour.
- Vous �tes de la police ? - Oui.
- Je peux voir votre plaque ? - Oui.
Un instant.
La voil�.
Avec ma photo. Commissaire Guarrasi.
Tr�s bien.
- Et vous �tes ? - Clelia Santadriano.
Secr�taire de Mme Burrano.
Je pr�cise qu'elle s'est gentiment lib�r�e
- pour r�pondre � vos questions. - Et alors ?
Alors... rien.
Je le pr�cise.
Et je pr�cise que nous enqu�tons sur un meurtre.
Madame a un certain �ge.
On doit lui �viter toute �motion forte.
J'�tais contre cette visite.
Et moi, je tiens � bien pr�ciser que je fais mon travail.
Compris ?
Suivez-moi.
Commissaire Guarrasi.
Asseyez-vous.
Mon neveu Alfio m'a d�j� tout racont�.
Vous saviez pour le monte-charge ?
Non, je n'allais jamais l�-bas.
- Vous fumez ? - Oui.
Tant mieux.
Son mari passait beaucoup de temps � la villa.
- Vous ne l'accompagniez pas ? - Non.
Pourquoi ?
Je pr�f�rais rester en ville.
J'aimais voir du monde.
Mon mari, de son c�t�,
aimait un autre type de mondanit�.
Ah, la jeunesse !
A mon �ge, inutile d'�tre hypocrite.
A l'�poque, un homme, surtout quand il �tait riche,
ne se sentait aucunement oblig� d'�tre fid�le � sa femme.
Dans sa villa, mon mari vivait sa vie.
Moins j'en savais, mieux je me portais.
Votre mari avait beaucoup de ma�tresses ?
Enorm�ment.
Vous connaissez les harems ?
Lui, c'�tait encore pire.
A part les ma�tresses de votre mari,
qui savait pour le monte-charge ?
A part son secr�taire, personne.
Masino Di Stefano ?
Oui, Masino Di Stefano.
Il allait r�guli�rement � la villa.
C'�tait le seul en qui mon mari avait confiance.
Bien qu'il ne le m�ritait pas.
Votre mari aurait pu tuer quelqu'un ?
Mon Gaetano ?
Jamais de la vie.
Ca n'�tait pas un homme violent. Oui, il aimait les femmes,
mais pour le reste,
d�sol�e pour le terme,
c'�tait une couille molle.
Et...
A votre connaissance,
y a-t-il a eu une disparition dans l'entourage de votre mari ?
Je ne crois pas.
Je ne connaissais pas ses ma�tresses.
Je pr�f�rais ne pas me m�ler de ses histoires de fesses.
Je vous remercie.
Ca sera tout.
Une derni�re question,
votre neveu dit que personne n'a v�cu � la villa depuis sa mort.
- C'est vrai ? - Oui.
Apr�s l'enqu�te, j'ai donn� l'ordre de la fermer.
Cette villa, moi...
je ne voulais plus en entendre parler.
C'est bon ?
Au revoir.
Sur six femmes disparues, quatre ont �t� retrouv�es,
- trois vivantes et une morte. - Les autres ?
L'�ge ne correspond pas au cadavre.
Donc personne n'a signal� sa disparition.
D'accord.
- Des infos sur le proc�s ? - Oui, commissaire.
Di Stefano a �t� condamn� � vie
pour le meurtre de Gaetano Burrano.
Il est mort en prison en 1997 d'un infarctus.
Il a toujours clam� son innocence.
- Pourtant, tout l'accusait. - C'est-�-dire ?
Plusieurs t�moins l'ont vu sortir de la villa, nerveux.
Teresa, la femme de Gaetano Burrano
et Arturo Renna, le notaire de la famille
ont d�clar� que Gaetano refusait de c�der son terrain au Zinna.
Et Di Stefano aurait eu tout � gagner avec ce projet.
- Il avait un mobile. - Ca n'est pas tout.
Gaetano avait une voiture de luxe,
une sublime Mercedes W109.
Le double des cl�s a �t� retrouv� chez Di Stefano, pas la voiture.
La police a pens� qu'il l'avait vol�e et revendue.
Il aurait vol� et vendu la voiture de l'homme qu'il venait de tuer ?
- Ca ne tient pas debout. - Le probl�me, commissaire,
c'est qu'il �tait accro aux jeux et qu'il avait des dettes.
Commissaire.
On a r�cup�r� les objets de la momie, je les mets o� ?
Des bijoux.
Un sac.
Une bouteille de parfum vide, sans capuchon.
Ils ont compt�,
- il y a 50 millions de lires. - Combien ?
Ca faisait une belle somme pour l'�poque.
C'est bizarre,
l'assassin tue cette femme et laisse tous ces billets.
Ou alors c'�tait une planque.
Un jour, quelqu'un les aurait r�cup�r�s.
Aujourd'hui, ces billets sont bons � jeter.
Commissaire Guarrasi, bienvenue.
Ravi de vous voir. Ca va ?
C'est rare d'�tre ravi de voir la police.
Oui, mais quelle police !
Ah, je vois.
Entrons. Attention � ne pas glisser.
Il y a tellement de cendres.
- Il fait du gringue au boss. - Il fait quoi ?
Il la drague.
Marta, Spano, � l'�tage.
On y va.
La terrasse est sublime.
La vue est incroyable.
Pourquoi ne pas m'avoir dit que votre oncle avait �t� tu� ici ?
Je ne pensais pas que c'�tait important.
Ne me prenez pas pour une conne.
C'est � cause de ma tante. Vous ne la connaissez pas.
La mort de mon oncle, tu� par la mafia,
�a a �t� un deuil personnel,
et aussi un scandale familial.
Avec ce cadavre...
- Pourquoi m�nager votre tante ? - Pourquoi ?
Vous savez qu'elle est tr�s riche.
Je suis son seul h�ritier.
Je dois �tre aux petits soins.
- M. Burrano, de quoi vivez-vous ? - Appelle-moi Alfio.
C'est plus simple.
Je vous �coute.
Je dirige le vignoble.
Le vin est divin, surtout le mill�sime dernier.
Je vous en offrirai, vous m'en direz des nouvelles.
- Il est � vous ? - Quoi ?
- Le vignoble est � vous ? - Non.
Malheureusement, il est � ma tante.
Je me disais qu'on pourrait d�jeuner ensemble.
On serait plus � l'aise pour parler.
De quoi parlerions-nous ?
Du cadavre.
Je pourrais vous �tre utile.
C'est gentil de vouloir aider, j'appr�cie.
Mais comment pourriez-vous m'aider ?
Certains souvenirs pourraient me revenir,
quelques bribes.
J'ai une m�moire du d�tail assez incroyable.
Vous n'�tiez s�rement pas n� � l'�poque,
au mieux, vous �tiez en couche-culotte,
alors vos souvenirs...
Merci quand m�me.
Alors, dans ce cas, je vais piocher.
J'aurais peut-�tre de la chance.
Voyons voir.
Une seconde.
Bonsoir.
Coucou, Vanina.
Tu veux jouer aux cartes avec nous ?
Merci Bettina, mais je suis crev�e.
Avec vous, je perds toujours.
Comme on dit : "Malheureuse au jeu, heureuse en amour".
Pour toi.
Des p�tes sauce p�cheur,
et des sardines farcies au four. C'est mon plat.
Chacune apporte le sien. Il y en a toujours trop. Tiens !
Merci. Sans toi, je mangeais des p�tes nature.
Sacril�ge !
- Viens me voir quand tu as besoin. - D'accord.
- Bon app�tit, ma ch�rie. - Merci.
- Bonne soir�e. - Toi aussi.
- On reprend ? - C'est � toi.
Rangez vos cartes.
- Range-les bien. - Oui.
La temp�te de sable noir continue sur Catane.
Les cendres de l'Etna recouvrent la ville depuis des jours.
- Bonsoir, mon amour. - Bonsoir, ma fleur sauvage.
J'ai repass�.
- C'est le travail de Carmelina. - Ca me d�tend.
Et je repasse mieux qu'elle. Regarde.
Il n'y a pas un pli.
Tu es l'homme parfait.
Et toi, la femme parfaite.
Sauf en cin�,
tu as de dr�les de go�ts.
Quel navet ! "Jusqu'� la derni�re tranch�e".
C'est un cadeau de Nunnari.
- Qui ? - Nunnari.
- Le b�ret vert ? - Oui.
- Qu'est-ce qu'il veut ? - Il est gentil, c'est tout
"Il est gentil" ? Tu parles, il te drague, oui !
Je vais l'envoyer bosser dans les Madonies.
- Tu vas voir. - Ca ne va pas, non ?
Tu es aveugle ou quoi ?
Le message est clair. Regarde la photo !
Il se voit comme le beau soldat, et toi, la nana dans ses bras.
- Tu as peur de quoi ? - Je n'ai pas peur.
Mais tu pourrais lui dire que tu es prise.
On en a d�j� parl�.
Si je leur dis que j'ai quelqu'un, ils vont me poser des questions.
D'accord, mais tu pourrais lui faire comprendre
que cette tranch�e est infranchissable.
Pour que �a soit clair dans sa t�te de bison !
Dixit la gazelle ?
Quoi ? Je fais un peu de r�tention d'eau,
mais je suis mince. Je suis encore pas mal, non ?
Oui, pas trop mal.
Mon toutou !
O� je te mets ?
Qu'est-ce que �a fait l� ?
Nina, un souci ?
Paolo, j'ai ta montre � gousset.
Quelle montre � gousset ?
Celle de nonno Giurlanno, elle �tait dans mes cartons.
Comment �a se fait ?
A toi de me le dire, ce sont tes cartons.
Je ne sais pas. Au moment de tout emballer,
elle a d� tomber.
La photo est belle.
Elle te plait ?
Tu l'aimais beaucoup.
J'ai mis sa photo quand il est mort.
Tu veux que je te la renvoie ?
Par la poste ?
Non, j'ai une meilleure id�e,
tu me l'apporteras quand tu reviendras.
D'accord.
Je compte sur toi, prends-en bien soin.
Promis. Cette montre est pr�cieuse.
A bient�t. Ciao, Paolo.
Merci, Nina.
Au revoir.
Coucou, ma beaut� !
- Tu fais quoi habill� comme �a ? - Je m'entretiens.
Ca ne te tente pas, toi ?
- Non, trop fatigant. - C'est �a.
Tu vas bosser comme �a ?
J'ai ma blouse dans mon sac.
Avec Luca, on voudrait se balader dimanche
� Noto. Ca te dit ?
Oui, merci.
Invite aussi Giuli.
Oui, mais je crois qu'elle est prise.
Elle est prise ? Elle voit quelqu'un, c'est �a ?
- Tu la connais. - Affaire � suivre.
- A plus, beaut�. - Oui.
- Ne brise pas trop de coeurs. - Non.
Commissaire.
Bonjour.
Un certain Patan� veut vous parler.
- A quel sujet ? - Je ne sais pas.
Patan� ? Tu veux dire Biagio Patan� ?
Oui, il est l�.
T'es pas s�rieux !
Quoi ?
Il n'a rien voulu me dire.
Je suis cens� savoir qui c'est ?
Je vais vous pr�senter la commissaire.
Vous connaissez Patan� ?
Je devrais ?
- Le commissaire Patan�. - A la retraite.
Il dirigeait la brigade avant vous. C'�tait mon premier chef.
Enchant�e.
Commissaire Guarrasi.
Ravi de vous rencontrer.
Il fallait que je vous parle, commissaire.
D'accord.
Tenez !
Chocolats � la pistache et aux noisettes.
Merci. Je les adore.
Le chocolat,
non seulement c'est bon, mais �a aide aussi � r�fl�chir.
Je vois qu'on se comprend. Dites-moi tout.
Vous savez, commissaire,
j'ai toujours class� les enqu�tes en trois cat�gories.
D'abord, celles qu'on r�sout rapidement.
Ensuite, celles qu'on r�sout,
mais qui nous donnent du fil � retordre.
Et pour finir, il y a les enqu�tes qu'on classe,
mais qui vous hantent.
Il vous reste ce doute,
qui persiste pendant des ann�es.
Il y a une enqu�te � laquelle je pense encore
plus qu'� toutes les autres enqu�tes de ma carri�re.
C'est le meurtre de Gaetano Burrano.
Ah bon ?
Vous �tiez sur l'enqu�te ?
J'�tais un jeune inspecteur � l'�poque.
Tout le monde �tait persuad�
que Masino Di Stefano �tait coupable.
Mais pas vous.
On ne m'�coutait pas. J'�tais consid�r� comme le petit jeune.
Quand j'ai lu que vous aviez retrouv� un corps dans cette villa,
- je suis tomb� de ma chaise. - Dites-moi tout.
En 1970, peu de temps apr�s le meurtre de Burrano,
j'�tais au commissariat quand une prostitu�e m'a appel�.
Elle voulait que j'aille chez elle pour me parler d'une affaire grave.
Son amie Maria avait disparu.
Qui �tait cette Maria ?
Elle s'appelait Maria Cuto.
C'�tait une prostitu�e, mais d'un autre niveau.
Aujourd'hui, on appelle �a une escort de luxe.
Maria �tait tr�s belle.
C'�tait la prostitu�e la plus connue de Catane.
La moiti� des Catanais
bavaient devant elle. Ils �taient tous amoureux d'elle.
Seuls les riches pouvaient s'offrir ses services.
Ils la couvraient tous de cadeaux, de billets, de bijoux.
Et sa disparition ?
J'ai men� mon enqu�te.
Effectivement, il n'y avait plus aucune trace de Maria Cuto.
Le souci, c'est que son amie refusa de d�clarer sa disparition.
Alors au fil du temps,
Maria Cuto est tomb�e dans l'oubli.
On n'en a plus parl�.
Pourquoi son amie n'a pas d�clar� sa disparition ?
Vous savez qui �tait le client le plus fid�le de cette Mme Cuto ?
Gaetano Burrano.
J'imagine que son amie
ne voulait pas que Maria soit associ�e au meurtre de Burrano.
Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
J'ai toujours pens� que la disparition de Maria Cuto...
�tait li�e au meurtre de Gaetano Burrano.
Vous pensez que le cadavre pourrait �tre celui de Maria ?
C'est une hypoth�se plausible.
D'autant que, d'apr�s mes souvenirs,
Maria Cuto n'avait pas de famille.
Elle s'est litt�ralement volatilis�e.
- Comment s'appelait son amie ? - Elle se faisait appeler Jasmine.
Mais son vrai nom...
je l'ai sur le bout de la langue, mais il m'�chappe.
Je me souviens de son adresse : Via Carcaci.
- On va v�rifier ensemble ? - Avec grand plaisir.
C'est juste l�, il me semble.
- Ici ? - Je crois reconnaitre ce portail.
Oui, je crois que c'est l�.
Il n'y a que le nom. Fresta.
Fresta ! Alfonsina !
C'est �a le vrai nom de Jasmine.
Voyons si elle est l�.
Ca ne r�pond pas. Elle est peut-�tre devenue sourde.
Arr�te Carmelo, il n'y a personne.
Commissaire.
Commissaire Patan� !
Pardon, on se connait ?
Vous �tes en train de frapper � ma porte.
Je suis Giosu� Fiscella.
Giosu�, mais bien s�r !
- Tu as tellement vieilli. - Comme vous, commissaire.
Ce monsieur est une vieille connaissance.
Vous connaissez Alfonsina Fresta ?
Evidemment ! C'est ma femme.
Entrez.
- Mme Fresta. - Bonjour.
Commissaire, vous �tes en forme.
Asseyez-vous.
On a des questions � propos d'une amie � vous.
Maria Cuto.
Elle aurait disparu il y a 53 ans,
c'est vrai ?
Oui, c'est vrai.
Selon Patan�, elle fr�quentait assid�ment M. Burrano.
O� voulez-vous en venir ?
Un corps a �t� trouv� dans la villa o� a �t� tu� Gaetano Burrano.
La mort remonterait � la m�me �poque.
- Et Maria... - On n'en sait rien.
On a besoin de vous pour le savoir.
On a trouv� des objets,
et des v�tements avec le corps. On vous apportera des photos.
Apparemment, Maria habitait dans cet immeuble.
Oui, elle habitait juste � c�t�.
Sa maison a �t� vendue ?
Non, pas vendue. C'est toujours la maison de Maria.
- Quelqu'un y habite ? - Non, elle est inoccup�e.
Seuls Giosu� et moi y allons...
pour v�rifier que tout va bien.
Vous avez entretenu la maison d'une femme potentiellement morte ?
Et alors ?
Si Maria �tait revenue, elle aurait retrouv� sa maison intacte.
Dans le cas contraire... on n'y pouvait rien.
- Je veux voir l'appartement. - Allez-y.
Suivez-moi.
- Il y a l'�lectricit� ? - On partage le m�me compteur.
Suivez-moi.
Rien n'a chang�...
depuis cinquante ans.
A l'�poque de la disparition de Maria,
j'avais tout inspect�. Je n'avais rien trouv�.
C'est elle sur cette photo.
C'est Maria Cuto.
Vous aviez raison, elle �tait tr�s belle.
Belle � rendre fou.
Demande � Nunnari de v�rifier l'acte de propri�t� de la maison.
Je l'appelle tout de suite.
Une chose est s�re. Alfonsina nous cache des choses.
C'est aussi ce que je pense.
Tu apporteras les photos du cadavre � Alfonsina et Giosu�.
Montre-leur toutes les photos et observe leur r�action.
Surtout celle d'Alfonsina. Elle �tait proche de Maria.
- Vous pensez qu'ils parleront ? - Pas tout de suite.
Ils veulent garder Maria en vie autant que possible.
Pourquoi ?
Alfonsina redoutait que son amie soit morte
et que la police ne le d�couvre.
- Tu devines pourquoi ? - A cause de la maison.
Vous n'avez pas perdu votre flair.
Non.
La maison d'Alfonsina et de Giosu� ne fait qu'un avec celle de Maria,
qui en est propri�taire.
Maria n'�tant pas officiellement morte, ils gardent leur maison.
Dans le cas contraire, ils risquent de se retrouver � la rue.
C'est vrai.
Le sable noir s'accumule.
L'Etna continue de rejeter ses cendres qui envahissent la ville.
La montagne est en col�re,
- elle crache. - Oui, Agatino.
C'est le destin.
Bonjour, commissaire.
Quel destin ? Ce bar est devant la criminelle.
Je peux ? Ca vous �vitera de manger seule.
- J'ai d�j� commenc�. - Ca ne m'emb�te pas.
On se tutoie ?
C'est n�cessaire ?
Non, c'est pour faire connaissance.
Alors �a n'est pas n�cessaire.
On ne parlera pas de l'enqu�te, ma tante m'a assez bassin�.
Comment �a ?
Elle m'en veut parce que j'ai trouv� ce cadavre.
Elle est � l'ancienne. Elle a peur du scandale.
Alors, c'est d'accord ?
- Pour quoi ? - Faire connaissance ?
Apprendre � se conna�tre.
On pourrait d�ner ensemble et s'amuser.
C'est vrai que tu as l'air du genre � t'amuser.
Ca n'est rien de le dire. Sans vouloir me vanter,
je connais les meilleurs bars. Je suis invit� partout.
Et �a t'amuse d'�tre le d�fouloir de ta tante ?
Non, pas vraiment.
J'attends mon h�ritage.
- Depuis quand ? - Depuis ma naissance.
Je suis le seul neveu, le seul h�ritier.
Elle a toujours command�.
- Et tes parents ? - Ils l'ont support�e.
Tu connais la fortune de ma tante ? Au moins 80 millions d'euros.
- Elle t'aime bien ? - Tu parles, elle me d�teste.
Elle va devoir tout me l�guer. Elle n'a pas eu d'enfant.
Donc pour se d�fouler, elle me traite comme une merde.
Elle m'a confi� le vignoble pour m'emp�cher de faire des �tudes.
Pourquoi ?
Avec un dipl�me, j'aurais pu vivre ma vie,
faire ce qui me plait, mais j'aurais �chapp� � son contr�le.
Voil� o� j'en suis, commissaire.
Ma tante me l�guera tout � sa mort. En attendant, elle me tient.
Tu aurais pu choisir.
Choisir quoi ?
Avec toute cette fortune,
le choix est fait.
Bref...
mais on peut aller s'amuser. Ca, c'est autoris�.
D�sol�e, je dois y aller.
Attends, comment on fait ? Je viens te chercher ?
Non, je ne sortirai pas avec toi.
Soldat Nunnari.
Il y a un truc bizarre avec la maison Via Carcaci.
Elle est en copropri�t�.
Qui sont les copropri�taires ?
Maria Cuto et Rita Cuto.
Qui est cette Rita Cuto ?
Rita Cuto est n�e en 1967. C'est la fille de Maria.
N�e de p�re inconnu.
Une fille ?
Quand Maria a disparu, elle avait trois ans.
- Qu'est-ce qu'elle est devenue ? - Volatilis�e, comme sa m�re.
On a son acte de naissance, elle apparait dans ce document,
ensuite plus rien.
Etonnant qu'Alfonsina ne nous en ait pas parl�.
Spano, quand tu verras Alfonsina,
parle-leur de cette enfant. Ils ne s'y attendront pas.
D'accord.
Avec du rouge � l�vres, tu es plus jolie.
Mets-en de temps en temps. Regarde o� je t'emm�ne.
Je me suis faite belle pour un speed date au Macannucco ?
On dirait le pire bar de la ville.
Vanina, ne commence pas � critiquer.
C'est le seul bar de Catane o� je ne suis pas encore all�e ?
On essaye et tu me diras ce que tu en penses.
Cet endroit �tait � la mode quand on jouait aux poup�es.
R�ponds-lui si tu en as le courage.
Pourquoi tu n'essayes pas les applis de rencontre ?
Tu crois que je n'ai pas essay� ?
Si tu veux m'aider, c'est le moment de prouver ton amiti�.
Je n'entre pas toute seule. A toi de voir.
C'est bon.
Si un tueur en s�rie t'attaque, je t'aurai pr�venue.
- Tu vas o�, attends ? - Allez !
- Spano ? - Bonsoir, commissaire.
- Tu as vu Alfonsina et Giosu� ? - Ils ont r�agi comme pr�vu.
- Ils n'ont pas reconnu le cadavre. - Non, en effet.
Mais la t�te qu'ils ont faite quand ils ont vu la photo !
Giosu� �tait blanc comme un linge, Alfonsina �tait choqu�e.
Et � propos de la copropri�t� ?
Ils ont jou� la surprise.
Mais c'est �vident, ils �taient au courant.
- On fait quoi maintenant ? - On attend.
Ils vont finir par r�agir.
Bonne soir�e.
Vanina !
Allez, viens. Le gong a sonn�.
Quel gong ?
Vive l'amour !
Tu es la plus belle de toutes. Tu sais, je viens tous les soirs.
A chaque fois, je pars avec la plus belle nana.
Et ce soir,
c'est toi qui as gagn�.
Chanceuse !
Tu fais quoi dans la vie ?
Je suis flic.
Ah, d�sol�...
je dois y aller.
Vive l'amour.
Il a raison, vive l'amour !
C'est la premi�re fois que tu participes � un speed date ?
Vive l'amour !
Salut. Mon m�tier : homme de tes r�ves.
Je ne dors jamais.
Salut.
Comment sont tes pieds ? Ils sont beaux ?
Hideux, je te montre ?
"Toi et moi, pour toujours", �a t'inspire quoi ?
Vive l'amour !
Je suis flic.
Vanina Guarrasi ? La flic la plus belle de Catane.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
J'accompagne une amie. Et toi ?
- Moi aussi, j'accompagne un ami. - Bien s�r.
Cette fois, c'est s�r, c'est le destin.
Il m'en veut, ce destin !
Il faut qu'on d�ne ensemble.
Je t'emm�ne � la mer.
La soir�e a �t� d�sastreuse, je r�ve de rentrer chez moi.
Laisse-moi au moins une chance.
De coucher avec moi ?
Non, je n'ai jamais dit �a.
Faisons connaissance. Je ne suis pas celui que tu crois.
C'est-�-dire ?
Tu dois penser que je suis... un parasite.
La marionnette de ma tante.
Un rat�.
- Alfio... - Voil� ce que je te propose.
Si tu veux savoir ce qui me rend heureux et libre,
viens au kiosque Benedettini demain � 16 heures.
Vive l'amour !
Vive l'amour, tu parles !
Il n'y a que des rat�s, c'est fou !
C'�tait qui ce type avec qui tu discutais ?
Un �ventuel plan cul.
Ah, tu l'as enfin trouv�.
- Tu le trouves comment ? - Il te plait � toi ?
Il te plait vraiment ? On porte un toast alors.
Sant�, bonheur !
Tchin-tchin, � la n�tre !
Vive l'amour !
Salut, beaut�.
Non !
On s'en va. Tout de suite.
D�sol�e. Jolies lunettes.
Oui, et beau foulard.
Bonjour, � tout le monde.
Bonjour, papa.
- Le petit-d�jeuner est pr�t. - J'arrive.
"Bonjour � tout le monde".
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Alfonsina Fresta a appel�.
Elle veut vous voir avec le commissaire Patan�.
J'arrive.
J'ai toujours esp�r� que Maria �tait en vie.
et qu'elle reviendrait un jour.
Parlez-nous de Rita Cuto.
Rita.
C'est la fille de Maria et de Gaetano Burrano.
J'�tais la seule � conna�tre son existence.
Vous avez reconnu un objet � Maria sur les photos ?
Tout, commissaire.
La fourrure, les v�tements, le foulard,
les bijoux,
le parfum.
Pourquoi ne pas l'avoir dit hier ?
A cause de la maison. On est vieux et on est pauvres,
on pourrait nous expulser.
Quand j'ai vu les photos, �a m'a glac� le sang.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
J'ai d�cid� de tout vous dire.
Je vous �coute.
Gaetano Burrano n'�tait pas seulement un vieux client.
Depuis des ann�es, Maria ne se prostituait plus.
Il l'entretenait.
Maria et Gaetano s'aimaient �norm�ment.
Gaetano aimait beaucoup Rita.
Au point qu'ils avaient d�cid� de partir tous les trois :
la petite, Gaetano et elle.
- Ah oui ? - Oui.
Mais Rita avait d�j� trois ans,
pourquoi Gaetano n'a pas quitt� sa femme plus t�t ?
Evidemment, on �tait en 1970,
le divorce venait d'�tre l�galis�.
Le commissaire a raison.
Burrano pouvait enfin divorcer.
Ils voulaient s'installer � Naples.
D�cision fut prise
de retirer Rita de l'�cole,
pour l'inscrire � Naples.
Ils ont commenc� � pr�parer leur d�part.
Je me souviens que Maria �tait heureuse comme jamais.
Ils allaient enfin former une famille.
Gaetano, sa fille et lui.
Si vous saviez comme elle �tait heureuse.
Et ensuite ?
Le 19 d�cembre,
Maria est venue me voir.
Ils devaient partir le lendemain.
Elle est venue avec Gaetano.
Ils sont repartis � la villa Sciara.
Maria me promit de revenir le lendemain,
pour me dire au revoir avant de partir.
Mais ce soir-l�, Burrano a �t� tu� et Maria a disparu.
Commissaire, vous devez me faire une promesse.
Trouvez le monstre qui a tu� Maria.
- Jurez-le-moi. - C'est promis.
Une derni�re question.
Qu'est-ce qu'il y a derri�re le portail ferm� ?
Derri�re le portail... il y a le garage.
- Il est vide, j'imagine. - Non.
Il y a la voiture. Avec Giosu�, on n'a touch� � rien.
- La voiture est toujours l�. - Celle de Maria ?
Non, Maria ne savait pas conduire.
C'est celle de Gaetano Burrano.
Celle que Masino Di Stefano a �t� accus� d'avoir vol�e ?
C'est notamment pour �a qu'il a �t� condamn�.
- C'est de la folie. - Eh oui.
Montrez-nous ce garage.
Je n'en reviens pas. C'est la voiture de Burrano.
Pourquoi n'avoir rien dit � la police ?
Burrano et Maria l'avaient laiss�e ici.
Ils auraient d� la r�cup�rer le lendemain.
Mais ils ne sont jamais revenus.
Alfonsina avait raison.
Ils comptaient refaire leur vie,
comme une vraie famille.
Je le savais.
Je n'aurais pas d� abandonner.
Ne vous en voulez pas, Patan�.
La v�rit� finit toujours par �clater.
Commissaire, vous avez retrouv� la voiture de mon mari ?
- O� est-elle ? - Madame, calmez-vous.
On a du nouveau.
Nous allons rouvrir l'enqu�te sur la mort de votre mari.
L'assassin de mon mari a �t� arr�t�.
C'est Masino Di Stefano.
Je ne crois pas.
Patan�...
Encore un autre fant�me.
Madame Burrano,
les morts, quand ils n'obtiennent pas justice,
ils continuent d'appeler.
Ils font entendre leurs voix.
Madame n'est plus en �tat de vous r�pondre.
Pour toute question, contactez son avocat.
Commissaire.
Il y a du nouveau.
- On a trouv� le jackpot ! - C'est quoi ?
Une bombe. Un contrat.
Le contrat sign� de Gaetano
et du chef des Zinna. Pour l'aqueduc.
Je croyais qu'il refusait de signer.
- Exact. - C'�tait le mobile de Di Stefano.
- A quoi vous pensez ? - Di Stefano n'a pas tu� Burrano.
Il a �t� emprisonn�.
Je veux savoir ce qu'est devenu ce projet d'aqueduc.
- Je m'en occupe. - Autre chose,
deux personnes ont dit que Burrano ne voulait pas c�der son terrain :
- Teresa Burrano... - Et le notaire, Arturo Renna.
Et alors ?
Si le contrat est authentique, ils ont menti.
- Le notaire est vivant ? - Oh oui !
C'est le notaire le plus c�l�bre de Catane.
Convoque-le, je veux lui parler... dans une heure.
- Pourquoi pas avant ? - Spano, �a me regarde !
Pardon.
- Merci. - Beau travail.
Allez, Marcello.
Tu n'as pas peur de moi finalement.
C'est �a ton activit� d'homme libre ?
Je fais de la musique dans un des plus beaux lieux du monde
devant une femme splendide.
Quoi de mieux ?
- Tu es danseur aussi ? - Tu n'as encore rien vu.
Les gars, on fait une pause. On reprend apr�s.
- Vous �tes dou�s. - Merci.
On a un concert ce soir. Ca fait des ann�es que je joue.
Tu me vois toujours comme la marionnette de ma tante ?
Je ne sais pas trop...
C'est vrai, ici, tu fais meilleure impression.
Je gagne des points.
O� tu as appris � jouer aussi bien ?
Ma tante a toujours tout contr�l� dans ma vie.
Tous mes choix, mes actes.
La musique a �t� une �chappatoire.
J'en suis donc tomb� amoureux.
La musique, c'est une vibration de l'air.
Ca ne co�te rien, �a te vide la t�te.
On se sent plus l�ger.
Excuse-moi, Alfio.
Tu serais l'homme id�al pour moi. Une relation sans lendemain,
- mais �a n'est pas le moment. - Je vois.
Et d�sol� de m'�tre enflamm�,
mais au moins, j'ai eu un demi-baiser.
Il t'en faut peu.
Tu n'es pas croyable.
Alfio ! On va prendre du retard.
J'arrive.
Commissaire.
Ravi que tu sois venue d�couvrir mon monde.
Moi aussi.
On est l� ce soir.
C'est bon, on reprend.
Marta,
�a te dirait d'aller au cin� ce soir ?
D�sol�e, ce soir, je ne peux pas.
- Un autre soir peut-�tre. - D'accord.
Prochainement, ils ressortent un grand classique.
Nunnari !
Une circulaire est arriv�e, va me la chercher, s'il te plait.
- J'y vais. - Merci.
D'abord le DVD, maintenant le cin�ma,
- et apr�s ? - Il ne fait rien de mal.
Tu plaisantes ?
Si tu ne veux pas lui dire que tu as quelqu'un, calme ses ardeurs.
- Comment ? - Sois plus directe,
plus m�chante, comme avec moi au d�but.
Tu lui as dit : "Une prochaine fois".
Pauvre Mimmo, il est tellement sympa.
"Sympa", tu parles. Il se fait des films, oui.
Allez, arr�te. Demain, c'est dimanche.
On pourrait quitter la ville
et passer la journ�e ensemble. On fait ce que tu veux.
- Vraiment tout ? - Oui.
T'es s�re ?
J'ai envie d'une journ�e en amoureux, sans se cacher.
Vas-y.
On va nous voir.
Demain, c'est dimanche. On va � Noto.
Oui, comme d'habitude. J'ai h�te.
- Les coll�gues seront l�. - Parfait.
- M. le divisionnaire. - Noto ?
- Tout � fait. - Bonne id�e.
- Entrez. - Bonjour.
Arturo Renna.
- Spano. - Asseyez-vous.
Merci.
- J'irai droit au but. - Allez-y.
Au proc�s du meurtre de Burrano,
vous avez dit qu'il refusait de c�der son terrain aux Zinna.
Je confirme.
C'est pour �a qu'il a �t� tu�.
Bien.
On a retrouv� la voiture de Gaetano.
Ainsi que ce document.
C'est le contrat pour l'aqueduc,
sign�.
C'est impossible.
Il refusait de signer,
Teresa l'a confirm� au proc�s.
Et ce document alors ?
La signature a l'air authentique,
je la reconnais.
Mais n'oublions pas une chose,
les Zinna �taient des mafieux de la pire esp�ce.
Et alors ?
Je suis s�re qu'ils l'ont fait signer de force, sous la menace.
Gaetano s'est r�tract�,
alors ils l'ont ex�cut�.
Vous saviez que Gaetano fr�quentait Maria Cuto ?
Ils se fr�quentaient, mais...
sans �tre vraiment ensemble.
Gaetano avait un faible pour les femmes
et Maria �tait une prostitu�e.
Une pute.
Le corps retrouv� � la villa est celui de Maria Cuto.
Ils s'appr�taient � quitter la ville pour changer de vie.
Ce cadavre est celui de Maria Cuto ?
La pauvre femme !
Pauvre Maria !
- Vous la connaissiez ? - Oui.
J'�tais un de ses clients, il y a tr�s longtemps.
Vous dites que Gaetano voulait fuir Catane
pour vivre avec Maria.
Mais la raison de sa fuite est peut-�tre tout autre,
il voulait �chapper aux Zinna.
Quand ils l'ont su,
ils ont envoy� Masino Di Stefano,
qui, une fois � la villa, a trouv� Gaetano
mais aussi Maria.
Il a donc d�cid� de la tuer pour ne laisser aucun t�moin.
C'est l'hypoth�se la plus probable.
Je n'y crois pas.
Vous avez parl� � Mme Burrano r�cemment ?
On est amis, on se parle souvent.
- Pourquoi ? - Je l'ai trouv�e tr�s nerveuse
qu'on enqu�te sur la mort de son mari.
Commissaire, je ne sais pas ce que vous cherchez,
mais sachez une chose.
Mme Burrano est une victime dans toute cette affaire.
Pauvre Teresa.
Toute sa vie a �t� g�ch�e.
Quelle tristesse !
Mais comme on dit,
"c'est la vie".
En th�orie, Renna pourrait avoir raison.
Non, pour moi, le contrat est authentique.
Je ne crois pas que Masino ait tu� Maria.
- Pourquoi ? - Il lui aurait tir� dessus.
Or on n'a trouv� aucune trace sur son corps.
Pourquoi il l'aurait enferm�e avec une bo�te pleine de billets ?
Qu'est devenu ce projet d'aqueduc ?
A la mort de son mari, Teresa a repris le projet.
Elle ne l'a pas confi� aux Zinna, mais � une entreprise.
L'Idros.
Il y a des irr�gularit�s, des liens avec la mafia ?
Non, rien du tout. Tout est en r�gle.
Soyons factuels, Gaetano allait s'enfuir avec Maria.
Pour Teresa, �tre quitt�e pour une prostitu�e �tait inacceptable.
- Ca serait �a, le mobile ? - Oui.
- Elle est li�e � sa mort. - Il va falloir le prouver.
Di Stefano est le seul qui pourrait nous aider.
Mais il est mort.
Il a peut-�tre encore un parent.
Quelqu'un � qui il s'est confi�.
Di Stefano a un cousin, Rosario Calascibetta.
Il est encore en vie.
- O� est-il ? - En prison, � Palerme.
On a d�couvert qu'ils �taient tr�s proches.
Il saura peut-�tre quelque chose.
D'accord. J'essaye de caler un entretien pour apr�s-demain.
Pourquoi pas demain ?
Il faut des autorisations. Demain, c'est dimanche.
- C'est vrai. - Profites-en pour te reposer.
Avec ces infos, on ne nous retirera pas l'affaire.
M�me si �a remonte � des ann�es.
Regardez ce que j'ai apport�.
- Non ? - Tu as d�j� faim ?
- La route est longue. - Tu exag�res.
- Servez-vous. - Moi, je suis au r�gime.
Je prends ta part alors.
- J'adore ton collier, il est beau. - C'est un cadeau.
Je faisais des photos de paysage et un enfant me l'a offert.
Heureusement, Luca, lui, a pris l'huile solaire.
- C'est le minimum. - T'es trop fort.
- Voil� vos transats. - Merci.
Le dimanche, il y a tout Catane � Noto.
- Allons danser, ch�ri. - Non !
Je n'aime pas �a.
Allez, la danse est la po�sie des corps.
Des corps, j'en vois tous les jours.
N'insiste pas, vas-y sans moi.
Toi, �a te dit ?
- Qui, moi ? - Oui.
Bien s�r.
- C'est ma chanson pr�f�r�e. - Ah ?
- C'est sa chanson pr�f�r�e. - Ca tombe bien.
Ils sont dou�s. Regarde, on dirait Dirty Dancing.
C'est clair !
- On va rejoindre les autres. - Oui.
Les voil�.
Bravo !
Vous �tiez splendides.
Giuli, je te pr�viens, d�s qu'il aura envie de danser...
je t'appelle.
- Tu ne veux jamais danser. - Non.
Allons boire un verre.
- Vous �tiez � fond. - A plus.
- Alors ? - Alors ?
Tu as raison, Vanina,
je dois prendre mes distances avec ce type.
Dix secondes de plus et je lui sautais dessus.
Je ne peux pas rester comme �a.
C'est trop dur, il est trop sexy.
T'inqui�te, on va s'en sortir !
Vanina, viens !
Ragots en vue, viens !
D�p�che-toi !
- Venez. - Quoi ?
Vous n'allez pas en revenir. Venez vite.
- Pardon. - D�sol�e.
Approche.
Tu as vu ?
La v�gane sort avec le big boss.
Je trouvais �a bizarre aussi,
qu'elle n'ait eu aucune histoire.
Mais avec Tito...
Ben quoi ? Je le trouve pas mal. Il est sexy.
Sexy, Tito ?
Les enfants, je vous le confisque.
Mimmo ?
Merde, il est l�, lui aussi.
Pauvre soldat Nunnari.
Tiens.
Spano, des infos ?
Quoi ?
On arrive.
- Le travail ? - Oui, viens.
- Salut. - Bonjour.
Ravie que vous soyez tous l�.
Mais on va devoir y aller.
- Teresa Burrano est morte. - Non ?
Elle s'est tir� une balle.
Allons-y.
On y va alors ?
En tout cas, vous formez un beau couple.
Merci.
- Allez, �a n'est pas grave. - Non.
C'est aussi bien qu'ils le sachent. Au moins, c'est fait.
Mon amour ?
Bonjour. On s'est bien amus�s ?
- A plus tard. - Oui.
Je r�ve ou ces deux-l�...
Spano, je t'�coute.
Le cadavre a �t� d�couvert par Clelia Santadriano. Venez.
C'est un truc de fou !
Le big boss et Marta...
Fous-moi la paix avec �a !
Pardon.
D�sol�.
Un Beretta 765.
C'est une antiquit�, �a se voit.
Gaetano Burrano aussi a �t� tu� avec un Beretta 765.
- C'est le m�me, tu crois ? - C'est certain.
Ce mod�le a disparu.
- Et �a expliquerait tout. - Comment �a ?
Teresa a tu� son mari.
C'est un aveu qu'elle nous fait en se tuant avec cette arme.
Elle avait devin� qu'on allait l'arr�ter.
Bizarre, elle semblait tr�s forte,
pas du genre suicidaire.
Elle avait d�j� du mal � tenir sa cigarette,
alors imaginez une arme qui a cinquante ans.
Le poids et le recul sont importants.
- Vous ne croyiez pas au suicide ? - Non, du tout.
Vanina.
Tu me voles mon boulot ?
- Vas-y. - Merci.
Tu as raison.
Aucune trace de br�lure.
Le tueur se trouvait � au moins trente centim�tres d'elle.
Comme �a ?
A peu pr�s oui.
Ca n'est pas un suicide, mais une pi�tre mise en sc�ne.
Tu as appel� son neveu ?
Au moins cent fois.
- Il ne r�pond pas. - O� est Clelia ?
Sur la terrasse.
J'ai des questions, �a va aller ?
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
- J'�tais partie � la jardinerie. - Seule ?
Oui.
Je suis rentr�e et c'est l� que je l'ai trouv�e.
Je n'aurais pas d� la laisser seule, elle n'�tait plus elle-m�me.
Comment �a ?
Depuis la d�couverte du cadavre...
de cette femme.
Elle �tait agit�e.
Elle �tait tr�s irritable.
Vous avez un exemple ?
Elle s'�nervait beaucoup contre son neveu, Alfio.
Elle l'insultait, lui criait dessus.
Vous l'aimiez bien, Mme Burrano ?
Je travaille ici depuis 2 ans.
Je me suis attach�e � elle
et r�ciproquement.
Comment l'avez-vous connue ?
Je viens d'Anc�ne.
J'�tais � la r�ception d'un h�tel.
Mme Burrano �tait en vacances.
Elle venait toujours se plaindre.
Et un jour, on a sympathis�.
Avant de repartir,
elle m'a propos� d'�tre sa secr�taire.
Ne t'inqui�te pas Marta, �a n'est pas grave.
- Je voulais garder le secret. - C'est mieux comme �a.
Vous n'aurez plus � vous cacher.
Crois-moi.
J'ai parl� � la scientifique. Ils confirment notre th�se.
C'est bien l'arme qui a tu� Gaetano.
Si Teresa l'a tu� il y a 50 ans, pourquoi avoir gard� cette arme ?
Vous avez trouv� quoi dans son bureau ?
Hein ? Euh...
- Marta, je t'�coute. - Oui, j'allais vous en parler.
On a fait une d�couverte. Le testament de Mme Burrano.
Alfio n'h�rite que du vignoble.
Elle l�gue la plus grande partie de son patrimoine �...
- Clelia Santadriano. - C'est �a.
Elle h�rite de tout.
C'est une blague ?
Elle laisse tout � sa secr�taire ?
Le suspect est tout trouv�.
Qui ?
Le neveu, Alfio Burrano.
D'ailleurs, il est toujours injoignable.
Il s'est fait humilier toute sa vie pour cet h�ritage
et au final, tout revient � la secr�taire.
Il ne r�pond pas.
On fait quoi ?
Continuez � le chercher.
Demain, j'irai parler au cousin de Di Masino.
- C'est bien utile ? - Oui.
Pour savoir qui a tu� Teresa,
on doit d'abord comprendre qui a tu� son mari et Maria Cuto.
- D'accord. - Au boulot.
Allons-y.
Regarde !
Madame la commissaire !
- Quelle surprise ! - Fofo.
- Comment allez-vous ? - Bien.
- Que faites-vous � Palerme ? - Le travail, je file.
- Venez me voir apr�s. - C'est promis.
Que me vaut l'honneur de la visite de la grande Vanina Guarrasi ?
C'est � propos de votre cousin, Di Stefano.
Vous savez qu'on a trouv� un cadavre chez les Burrano ?
Commissaire,
souvent la mafia maquillait ses meurtres en crimes passionnels.
Je ne suis pas l� pour parler de crimes passionnels.
Je crois que si.
Ce type retrouv� tu� dans sa villa
collectionnait les ma�tresses.
Et qui on a accus� ?
Masino, alors qu'il �tait innocent.
Mais tout le monde s'en fichait.
Je crois aussi que c'est une erreur judiciaire.
Une erreur ? Foutaise !
Masino a �t� inculp� � tort,
et le coupable s'en est sorti
r�cup�rant ainsi le projet d'aqueduc.
Masino a d� se confier � vous. Dites-moi tout.
J'y gagne quoi ?
Vous savez ce qu'on dit.
C'est donnant-donnant.
Je ne peux rien vous promettre.
Alors, vous �tes venue pour rien.
Je ne fais pas la charit�,
et je ne suis pas une balance.
Soyons clairs.
Vous pouvez faire payer le vrai coupable.
C'est le moment ou jamais.
Sans vous, l'affaire s'arr�te l� pour toujours.
Alors, on fait quoi ?
Je vous l'ai dit.
Teresa Burrano,
a confi� le projet d'aqueduc
� une entreprise du nord.
Oui, l'Idros. On a v�rifi�, tout est en ordre.
En fa�ade l'entreprise est en r�gle,
mais si vous creusez un peu,
vous trouverez un nom.
Un nom qui vous dira quelque chose.
On proc�de � l'arrestation ?
Je veux d'abord comprendre pourquoi Maria �tait dans ce monte-charge.
- Vous avez raison. - Continue les recherches.
Et Alfio Burrano ?
Il est injoignable et introuvable.
Continue et pr�viens-moi.
D'accord, � plus tard.
Paolo.
J'avais un interrogatoire.
Tu as la montre de nonno ?
Putain, je suis trop b�te !
Je l'ai oubli�e.
Tant pis, une prochaine fois.
Tu voulais revoir notre bureau ?
Que de travail !
On a pass� tellement d'heures ici.
Pas uniquement � travailler.
Quand est-ce que tu vas enfin changer ton fauteuil ?
- Tu vas finir par terre. - Vas-y doucement.
Tu vas lui donner le coup de gr�ce.
Pourquoi tu as encore cette photo ?
C'est mon bureau, �a me regarde.
Tu te fais du mal.
C'est mon probl�me.
Tu ne peux pas comprendre.
Arr�te avec tes conneries.
Pour moi, le vrai danger, �a n'est pas les menaces, les attentats.
Le plus dangereux, c'est la solitude.
Paolo.
Parce que quand tu te retrouves seul,
rien ne t'emp�che de t'effondrer.
C'est pour �a que j'ai besoin de croire que tu es l�.
M�me si c'est faux.
J'ai besoin d'y croire.
J'ai besoin de le sentir.
Bon...
Mais oui, le parfum !
Le parfum.
All�.
- Adriano - Quoi ?
Maria Cuto a pu mourir de soif ?
Quoi ?
Elle a pu �tre enferm�e,
et laiss�e pour morte dans ce monte-charge ?
Oui, c'est possible.
Qu'est-ce qui te fait croire �a ?
Elle avait une bouteille de parfum vide avec elle.
Elle devait mourir de soif, elle l'a bu.
Elle a d� avoir un mort atroce.
- Elle aura mis des jours � mourir. - Putain.
- Et donc ? - Tout est enfin clair.
- Comment �a ? - On en parle demain.
Bonne nuit.
Qui est-ce ?
Commissaire Guarrasi.
- Je dois vous parler. - Montez.
Entrez.
- Bonsoir. - Entrez.
La mort de Teresa m'a boulevers�.
Je la connais depuis toujours.
Je sais.
Vous savez, M. Renna,
l'affaire ne date pas d'hier,
mais on a fait une d�couverte.
- Et �a me concerne. - Oui, je crois.
Teresa et vous �tiez amants quand vous �tiez jeunes.
C'�tait une autre vie, commissaire.
Mais �a ne s'arr�te pas l�.
Ah bon ?
Je sais qu'Idros, l'entreprise qui g�re l'aqueduc
est g�r�e par vous.
Avec ce projet, vous avez fait fortune.
C'est vrai.
Il valait mieux que �a soit moi plut�t que les Zinna
ou toute autre entreprise li�e � la mafia.
A l'origine, il y a d� y avoir un pacte...
entre Teresa et vous.
Vous �tiez amants.
Quand je vous �coute,
j'ai l'impression de lire un roman, mais continuez.
Teresa d�couvre que son mari compte partir avec Maria Cuto
et qu'il veut divorcer.
Pour elle, c'est inacceptable. La seule solution est de le tuer.
Elle vous demande donc de l'aider. En �change,
elle vous promet le projet de l'aqueduc.
Continuez.
Gaetano et Maria sont � la villa,
pour leur derni�re nuit � Catane.
Maria a pris son coffre avec l'argent qu'elle a mis de c�t�.
Ils s'appr�tent � refaire leur vie,
mais on frappe � la porte.
C'est Teresa et vous.
Gaetano s'inqui�te,
sa femme ne doit pas le trouver avec sa ma�tresse.
Alors il la cache.
Maria se met � hurler.
Avec Teresa, vous comprenez qu'il est inutile de la tuer.
Il suffit de faire descendre le monte-charge.
Maria pourra toujours hurler...
personne ne l'entendra.
Maria meurt de faim et de soif.
Elle reste enferm�e l� pendant plus de cinquante ans.
Qu'en dites-vous ?
Je vous l'ai dit.
C'est une intrigue digne d'un roman.
Mais les romans...
sont le fruit de l'imagination. Ce ne sont que des histoires.
Parfois les romans racontent des histoires vraies.
Hier, vous avez tu� Teresa.
Et je peux le prouver.
Comment ?
La poudre reste plusieurs jours sur la main du tireur.
Tout s'est pass� comme vous l'avez dit,
� une diff�rence pr�s.
Je ne savais pas que Maria �tait � la villa.
C'est Teresa qui a fait descendre le monte-charge
et qui l'a laiss�e mourir.
Comment vous avez pu ne rien voir ?
Apr�s avoir tu� Gaetano, j'ai tout de suite quitt� la villa.
Teresa, elle, est rest�e plus longtemps.
Mais pourquoi avoir tu� Teresa ?
Elle �tait devenue folle, vous alliez comprendre.
Elle disait qu'elle �tait fatigu�e, qu'elle n'en pouvait plus,
qu'elle avait fait amende honorable pour le mal qu'elle avait fait.
Amende honorable ?
Attendez,
vous n'avez pas vu le testament ?
Si, elle a tout l�gu� � Clelia Santadriano.
Teresa avait fait des recherches.
Elle avait d�couvert ce qui la hantait depuis des ann�es.
Je ne comprends pas.
Clelia est n�e en 1967.
Son vrai pr�nom n'est pas Clelia,
mais Rita.
C'est la fille de Maria Cuto ?
Vous savez, madame la commissaire,
je n'avais jamais tu� personne avant Gaetano.
C'est pour �a que j'ai gard� mon pistolet.
Pour ne pas oublier.
Mais hier, quand Teresa m'a dit...
qu'elle avait tout l�gu� � la fille de Maria Cuto,
j'ai compris...
que c'�tait son dernier acte d'amour...
pour Gaetano.
J'ai aim� Teresa toute ma vie.
Plus que quiconque.
Mais hier, j'ai compris que Teresa...
ne m'avait jamais aim�.
Elle n'a aim� qu'un homme dans sa vie.
Et �a n'�tait pas moi,
mais Gaetano.
Clelia,
je vous laisse ces jouets.
Ils sont � vous.
Vos parents vous aimaient beaucoup.
Je ne sais pas quoi dire.
Merci.
- Pourquoi tu les jettes ? - J'en ai marre.
Je les aime bien, moi.
- Ils t'affinent, je trouve. - Non.
Avec ces v�tements...
j'ai surtout l'air ridicule.
- Je t'aide ? - Non, je me d�brouille.
- Attends. - Maman, laisse-moi faire.
Laisse-moi tranquille, s'il te plait.
Mon amour !
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu es un connard, tu m'as pi�g�e. - Comment �a ?
J'ai �t� chez l'�picier.
Il para�t que tous les dimanches, les Catanais vont � la mer, � Noto.
- L� o� tu m'as emmen�e. - Ah, je ne savais pas.
- Je suis de Vomero. - T'es un connard.
Tu le savais.
Tu savais qu'on nous verrait. Tu l'as fait expr�s.
Marta, calme-toi.
Tu voulais que tout le monde sache ?
Laisse-moi t'expliquer.
Je te jure que...
- Pourquoi se cacher ? - Tu n'aurais pas d�.
Tu n'avais pas le droit de d�cider seul.
C'est vrai, mais pour moi, c'�tait insupportable.
Va-t'en.
- Quoi ? - Va-t'en !
- Tu me vires ? - Va-t'en.
- Et... - Va-t'en, Tito.
Je veux rester seule.
C'est pas mal. Mais je ne suis pas convaincue.
Je l'aime bien.
Elle est trop longue.
Tu as des belles jambes, montre-les.
Je suis t�moin, je n'ai pas besoin de montrer mes jambes.
- Non ? - Non !
Non, on va en trouver une autre.
Moi, je la trouve parfaite.
Regarde. Tu vois qu'elle est parfaite.
- Tu es folle. - C'est discret.
Tu porteras une arme au mariage de ta soeur ?
Oui, inutile de d�battre.
Je m'en vais. Demain, j'ai trois audiences.
Salut.
Merci pour tes conseils.
Si j'�tais une blogueuse de mode,
je me ferais harakiri.
Alfio !
Tr�s jolie robe.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Ta propri�taire m'a dit que tu �tais l�.
Viens, monte.
Je voulais te remercier.
Sans toi, on m'aurait arr�t�.
J'ai fait mon travail.
Tu �tais o� ? On t'a cherch� pendant des jours.
J'�tais...
en mer, avec une amie.
- Je croyais que je te plaisais ? - Tu n'�tais pas int�ress�e.
Comment tu as r�agi au testament ?
Eh bien, mieux que je ne le pensais.
J'aurais d� m'y attendre, venant de ma tante.
J'ai attendu toute ma vie cet h�ritage.
Finalement, sans toute sa fortune, je me sens plus l�ger.
- Tu plaisantes ? - Non.
A l'annonce de sa mort, je me suis enfin senti libre.
- Je comprends. - Tu sais quoi ?
Je vais tout vendre.
Je pars � New York.
A New York ?
Je veux ouvrir une salle de spectacle
pour jouer tous les jours.
Tu crois que �a peut marcher ?
En tout cas, tu es libre de tenter.
- Bon courage pour la suite. - Merci.
Il faut se lancer et ne pas trop r�fl�chir.
Commissaire,
� un de ces jours.
- Merci. A demain. - Fofo !
Commissaire.
Donne-la � M. Malfitano quand tu le verras.
Je compte sur toi. C'est important.
Rassurez-vous, je m'en occupe.
Sous-titres : Isabelle CHARRIER pour IYUNO
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