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Original subtitles

Les Nègres travaillent et les Blancs s'amusent

Ils chargent les bateaux Avec des balles de coton

Sans repos jusqu'au Jugement Dernier

Trouve-toi une jeune fille

Une chérie affectueuse Qu'est la prunelle d'tes yeux

Rose qu'est noire comme le charbon ou Sal qu'a l'teint clair

Elles savent toutes cuisiner les asperges et d'la tourte au poulet

Les Nègres travaillent sur le Mississippi

Les Nègres travaillent et les Blancs s'amusent

Ils chargent les bateaux Avec des balles de coton

Sans repos jusqu'au Jugement Dernier

Fleur de Coton, Fleur de Coton

J'aime te voir pousser librement

Quand on t'empile sur la digue

Tu es une lourde charge pour moi

Fleur de Coton, Fleur de Coton

J'aime te voir

Voilà le bateau !

Pousser à l'état sauvage

Sur la digue, t'es trop lourde

Pour c'pauvre enfant noir

Bon dieu, ma femme, quoi encore ?

Leur as-tu dit de mettre les uniformes neufs ?

Bien sûr ! C'est l'occasion.

Ils seront trempés.

Bon dieu, regarde-les qui attendent...

C'est notre public.

Public, salut !

Chers amis, dès qu'on aura amarré,

je ferai descendre notre troupe

et nous vous offrirons notre grand défilé !

Ne boude pas, Steve, souris à ton public.

Si Pete te reparle, je le casse en deux.

Pas de sottises.

Pete ne compte pas pour moi.

Souris chéri.

Qu'il est beau !

C'est Julie LaVerne, la vedette.

Tu crois qu'il l'aime ?

Je crois, oui.

Place ces panneaux, et vite.

Je ne fais que ça.

Hors de mon chemin, boule de suie.

Qui resterait près de toi ?

Une minute...

Que veux-tu ?

D'où sort cette broche en or ?

Vous voulez dire ce somptueux bijou ?

- Où l'as-tu eu ? - On me l'a donné.

Qui ça ?

Ne pose pas de questions, je ne mentirai pas.

Je sais qui c'est et elle le regrettera.

Mlle Julie, si c'est comme ça que tu me traites...

Mesdames, messieurs, acclamez

les plus grands artistes des villes du fleuve...

Mlle Elly May Shipley, la coqueluche du Caire, dans l'Illinois...

Et voici M. Frank Schultz...

C'est le méchant de la pièce.

Pour que vous profitiez de son étrange talent,

voici Face Molle,

le visage le plus mobile du monde.

Souris !

N'est-il pas beau ?

Continue, et ils ont déjà tout vu !

Et maintenant, tout près de moi,

voici notre Belle du Sud,

Mlle Julie LaVerne, notre chanteuse.

Vous la connaissez tous et l'aimez tous.

Une autre célébrité de notre spectacle,

M. Stephen Baker, le meilleur chanteur du fleuve.

Souris !

Nous formons une grande et belle famille.

Dégage !

Allez, on y va.

Regardez-nous

Peut-on échouer ?

C'est du jamais vu

Vous serez illuminés

Si vous venez ce soir

Et demain encore

Cap. Andy, le cœur nous en dit !

Frank et Elly, venez !

Donnons-leur un exemple de danse.

Il leur donne tout gratis !

Juste un exemple.

Quoi de neuf sur la mer ?

Tu offres mon cadeau à une cuisinière noire ?

Si Steve savait pour ta broche,

je te jure, il te tuerait.

Qu'il n'essaie pas. Et sois gentille...

- ou gare. - Laisse ma femme.

Je te l'ai assez répété !

Steve ! Je t'en prie.

Steve !

On vous a bien eus, pas vrai ?

C'était juste un exemple.

Ils montraient une scène de la pièce.

Ils n'arrêtent pas de chahuter.

Ils sont si joueurs.

Une grande et belle famille !

Au cas où, je déjeune avec Mme Benson.

Très bien, Parthy.

Mlle LaVerne,

c'était du beau, ce matin.

Ce n'est pas sa faute.

Et tu la protèges !

Heureusement, Magnolia n'était pas là.

Ma fille ne va pas

avec des gens comme vous.

Mme Hawks, ne dites pas ça.

Nola est comme ma petite sœur.

Si je ne peux plus la voir,

je ne pourrai pas rester sur le bateau.

Tu as gagné !

La meilleure chanteuse du fleuve !

Cap. Andy,

si Julie part, j'aurais ma chance ?

Elly...

tu es la fille la plus marrante du fleuve.

Oh, Cap. Andy, ne faites pas ça !

Ne piétinez pas un vrai talent de comédienne !

Lâche le genou de mon mari !

Tu penses plus à ta troupe

qu'à l'éducation de ta fille.

D'où je viens, aucun honnête homme

n'approcherait ce bateau à moins de dix pas.

Alors, y faire vivre sa fille !

Et je t'en dirai plus plus tard.

Une grande et belle famille...

Qu'importe si mon bateau remonte le courant

Ou si une fille me laisse partir avec les flots

Je dérive avec mes rêves

Tantôt, je remercie ma bonne étoile,

Car mon cœur est libre

- Que regardes-tu ? - Cet aristocrate.

Regarde ses chaussures !

Tantôt, je me demande "Où est ma promise ?"

Bonjour !

Comment allez-vous ?

Vous habitez ici ?

Je suis un nomade des rives.

Moi aussi. Par où allez-vous ?

Des deux côtés. Et vous ?

Là où papa s'arrête.

Vous jouez ?

Du piano ? Oui, un peu.

C'était vous ?

Oui, c'était moi.

Quel dommage !

Qu'avez-vous dit ?

En fait, je vous demandais si vous étiez actrice.

Non, mais je donnerais tout pour l'être.

Pourquoi ?

On fait exister des merveilles

qui n'existent pas dans la vie.

Il y a des choses merveilleuses !

Aujourd'hui, je marchais le cœur triste.

Soudain, j'ai levé les yeux...

- Je dois partir. - Pourquoi ?

Vous me parlez, je ne vous connais pas.

Est-ce si important ?

Pas pour moi.

Vous aimez faire croire ?

Dites qu'on se connaît !

Et même depuis 75 ans !

Vous êtes mon neveu disparu.

C'est une scène de L'Ivrogne du village.

75 ans, c'est trop long.

Et pour tout dire,

je n'aime pas l'idée d'être votre neveu.

Disons, on s'est rencontrés.

C'est la vérité.

Et on est tombé amoureux au premier regard.

Faites semblant que je vous aime

Faites semblant que vous m'aimez

Les autres trouvent la paix dans des semblants

Pourquoi pas vous ?

Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous ?

Faites semblant que nos lèvres se mêlent

En un baiser de rêve,

Ou deux ou trois

Autant faire semblant

Que je vous aime

Car à vrai dire

C'est vrai

Le jeu du faire semblant

Est le plus doux que je connaisse

Nos rêves sont plus romantiques

Que le monde alentour

Si les choses dont nous rêvons

Ne sont pas comme elles sont

Ce n'est pas très important

Le fait est là, brutal

Nous ne nous connaissons pas

Mais laissons les conventions

Donnons corps à nos pensées

Bannissons tout regret

Imaginons toutes les choses

Que nous voulons

Nous pourrions faire semblant

Que je vous aime

Nous pourrions faire semblant que vous m'aimez

Autant faire semblant

Que je vous aime

Car, à dire vrai,

C'est vrai !

Ravenal !

Pardon, madame.

Le juge te demande.

Pour quoi faire ?

Rien de grave, mais viens lui parler.

Excusez-moi. J'espère vous revoir bientôt.

Joe !

Joe ! Où étais-tu encore ?

Pourquoi traînes-tu les pieds comme s'ils étaient en plomb ?

Prends ton temps, Queenie.

J'ai besoin de cette farine pour faire le pain !

La journée ne partira pas sans toi.

Et même, il y aura encore demain.

Donne-moi cette farine.

J'ai autre chose à faire ?

Pourquoi ?

Je voudrais finir de tailler mon bout de bois.

Tu es le plus grand fainéant de ce fleuve.

De ce fleuve ? C'est beaucoup dire.

Oui, c'est beaucoup dire...

Il y aura des patates à peler.

Quand je t'appelle,

tu rappliques et tu fais ça vite.

Bon à rien.

Joe.

Mlle Nola. Je ne vous savais pas là.

Tu as vu ce jeune avec le shérif ?

Je l'ai vu. J'en ai vu beaucoup comme lui.

Mais Joe, c'est un tel gentilhomme !

Je dois raconter ça à Julie.

Et lui demander ce qu'elle en pense.

Julie ! Julie !

Demander à Mlle Julie ?

Mieux vaut demander au vieux fleuve.

Il sait tout sur ces gars-là.

Il sait tout sur tout.

C'est un vieil homme nommé Mississippi.

Le vieil homme que j'aimerais devenir

Que lui importe si le monde ne tourne pas rond ?

Que lui importe si la terre n'est pas libre ?

Ô fleuve, vieil homme. Ce fleuve, ce vieil homme

Il doit savoir les choses mais il ne dit rien

Il ne fait que couler

Couler toujours plus loin

Il ne plante pas de patates Il ne plante pas de coton

Ceux qui les plantent Ils sont vite oubliés

Mais le fleuve, le vieil homme

Il continue de couler

Toi et moi, on sue, on peine

Nos corps souffrent, sont déchirés

"Pousse cette barge"

"Porte cette balle"

Si tu te saoules

C'est la prison

Je suis brisé J'en ai marre d'essayer

Je suis fatigué de vivre J'ai peur de mourir

Mais le fleuve, le vieil homme

Il continue de couler

Toujours plus loin

Les Nègres travaillent sur le Mississipi

Les Nègres travaillent et les Blancs s'amusent

Ils poussent les bateaux du levant au couchant

Sans repos jusqu'au Jugement Dernier

Lève pas les yeux, ne les baisse pas

Que le patron blanc ne se fâche pas

Plie les genoux, baisse la tête

Tire cette corde jusqu'à ta mort

Laissez-moi fuir le Mississippi

Laissez-moi fuir le patron blanc

Montrez-moi les eaux du fleuve Jourdain

C'est ce vieux fleuve que je veux traverser

Ô fleuve, vieil homme. Ce fleuve, ce vieil homme

Il doit savoir les choses mais il ne dit rien

Il ne fait que couler Couler toujours plus loin

Ce vieux et long fleuve ne cesse de couler

Il ne plante pas de patates Il ne plante pas de coton

Ceux qui les plantent Ils sont vite oubliés

Mais le fleuve, le vieil homme Il continue de couler

Ce vieux et long fleuve ne cesse t'entendre ce chant

Toi et moi, on sue, on peine

Nos corps souffrent, sont déchirés

"Pousse cette barge"

"Porte cette balle"

Si tu te saoules

C'est la prison

Je suis brisé J'en ai marre d'essayer

Je suis fatigué de vivre J'ai peur de mourir

Mais le fleuve, le vieil homme

Il continue de couler

Toujours plus loin

Ne dis pas à ta mère qu'on s'est vues.

- Pourquoi ? - Peu importe.

Alors, cet homme, qui est-ce ?

Je l'ignore. Il était sur le quai

et moi sur le pont.

Il était différent des autres,

si beau !

Il a dit m'aimer. C'est sérieux ?

Je ne sais pas.

Mais je n'aime pas que tu tombes amoureuse

d'un parfait inconnu.

C'est peut-être un de ces gars de rien.

Si c'est ça, je cesserai de l'aimer.

Hélas, non.

Une fille comme toi ne cesserait pas facilement.

Ne repousserais-tu pas Steve s'il te traitait mal ?

Non. Et quoi qu'il fasse.

Pourquoi aimes-tu Steve ?

Je n'en sais rien. C'est un mauvais acteur

qui se croit très bon.

C'est peut-être pour ça.

L'amour est une chose étrange.

Il ignore la raison.

Il faut donc être prudente quand il te prend.

C'est comme la chanson que tu chantes.

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Je dois aimer un homme jusqu'à sa mort

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

C'est ça !

Est-il paresseux Est-il lent ?

Suis-je folle ? Peut-être, je sais

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Vous connaissez ce chant ?

Tu le connais ?

Sûr ! Mais seuls les Noirs le chantent.

C'est drôle, chez Mlle Julie.

Elle le chante tout le temps.

Vous le savez en entier ?

Bien sûr ! Qu'est-ce que ça a d'étonnant ?

Ecoute, ma sœur, j'aime mon homme

Je ne peux dire pourquoi

Je n'ai aucune raison d'aimer cet homme-là

Ce doit être une chose

Que les anges ont voulue

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Je dois aimer un homme jusqu'à sa mort

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Est-il paresseux Est-il lent ?

Suis-je folle ? Peut-être, je sais

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Quand il s'en va

C'est jour de pluie

Quand il revient,

Quand il revient,

Le soleil brille

Il peut rentrer même très tard

La maison sans lui n'a plus d'âme

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

C'est beau, Mlle Julie.

C'est ma chanson préférée.

Mon homme est un fainéant

Un bon à rien aussi

C'est mon homme quand même

Il n'est jamais avec moi quand il y a à faire

Il n'est jamais avec toi quand il y a à faire

La cheminée fume Le toit fuit de partout

Il ne s'en soucie pas

Pour être heureux il lui faut juste du gin

Comment ça, du gin ?

Je l'aime même si ses baisers sentent le gin

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Je dois aimer un homme jusqu'à sa mort

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Ça c'est ma femme

Est-il paresseux Est-il lent ?

Suis-je folle ? Peut-être, je sais

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Elle est folle de moi

- Quand il s'en va - C'est l'amour

- C'est jour de pluie - C'est l'amour

Quand il revient le soleil brille

Ça bouge bien !

Il peut rentrer même très tard

La maison sans lui n'a plus d'âme

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Magnolia !

Croupier, on en est où ?

C'était perdu.

Je monte de 30.

50 sur le roi.

Qui est ce joueur ?

- Gaylord Ravenal. - Je connais.

On l'a arrêté et relâché l'an passé.

Légitime défense.

Le juge lui ordonne de partir ce soir.

- Garçon ! - Et la répétition ?

Juste encore un.

- Je peux vous parler ? - S'il le faut.

Vous voyez ça ?

Mlle Julie LaVerne ?

C'est son nom depuis qu'elle a épousé un Blanc.

- Comment ça ? - Frank, viens là.

Je veux que tu entendes ça. Toi aussi, Elly.

Assieds-toi et parle.

Et attention à ce que tu vas dire.

Allez, on commence la répétition.

Bonsoir, Mlle Lucy.

Je méditais, je n'ai pas vu la nuit tomber.

Les journées raccourcissent,

mais pas pour qui attend.

En traversant le champ,

j'ai vu votre chien fidèle rentrer le bétail.

Tu as l'accessoire ?

J'ai une sonnaille.

Je ne veux pas une sonnaille.

C'est écrit : "Une vache meugle."

- Tu as un meuglement ? - Je peux meugler.

Essaie encore. Plus grave.

On garde la sonnaille.

J'ai une suggestion.

Ce serait une idée, pendant que je parle ici,

que Frank regarde par la fenêtre

comme ça.

Impossible, la pièce est à l'étage.

Il ne peut pas être à la fenêtre.

Et ce n'est pas bon.

Julie m'a laissé apprendre le rôle par cœur.

Je peux vous souffler.

Reste à ton piano, tu ne joues pas.

Allez, on essaie.

Enfin ! Tu es en retard.

Je vous expliquerai. Steve, je dois te parler.

- Où est Frank ? - Il arrive.

Tu ne dis rien de plus ?

Elle s'expliquera plus tard.

Belle discipline dans la troupe !

Ils vont arriver.

En attendant Frank,

allons à l'essentiel.

D'accord, Steve.

D'accord.

- Même si je porte les vêtements... - "L'habit".

...l'habit de pasteur, sous ce tissu noir,

un cœur ne bat que pour vous.

Hamilton !

Ils vont arriver.

Après le baiser ?

Après... et après, je dis...

- Souffle-lui, Nolie. - "Hamilton, mon seul..."

- Papa, regarde Julie ! - Qu'a-t-elle ?

- Evanouie. - Qu'y a-t-il ?

Mon dieu !

Ça ne sera pas passé, ce soir ?

Non, laissez-moi ! Laissez-moi !

Windy, que fais-tu ici ?

Je viens t'avertir.

J'ai vu Pete sur la digue avec le shérif.

Ils vont arriver.

Qu'il vienne. J'ai payé ma licence.

Ce Pete mijote quelque chose.

Je l'ai vu arracher une photo de Julie de son cadre.

Je l'ai vu.

Qu'allons-nous faire ?

Reste ici et fais ce que je t'ai dit.

Que fais-tu avec ce couteau ?

Je ne lui ferai pas de mal.

Laissez-moi ! Je sais ce que je fais.

Ça ne fera pas mal.

Steve !

Bonjour, Windy.

Capitaine Hawks, vous êtes le propriétaire du bateau ?

Bien entendu.

- Pourquoi ? - Ma tâche est pénible.

Vous avez un cas de mixité raciale à bord.

Ça veut dire quoi ?

Une femme noire mariée à un Blanc.

Un crime, dans cet État.

On n'a rien de tel à notre bord.

Le Blanc s'appelle Steve Baker.

La Noire...

La Noire s'appelle Julie Dozier.

C'est laquelle ?

Je suis Steve Baker, et voici ma femme.

Julie Dozier, d'après mes informations,

vous êtes née au Mississippi.

D'un père blanc et d'une mère noire.

- Est-ce exact ? - Oui.

Ramassez vos affaires et venez.

Appelleriez-vous "Blanc" un homme qui a du sang noir en lui ?

Non, pas au Mississippi.

Une goutte de sang noir fait de vous un Noir.

J'ai plus qu'une goutte de sang noir en moi.

Vous le jureriez au tribunal ?

N'importe où.

Je ferai mieux que ça.

Regardez ces gens.

Tous peuvent jurer que j'ai du sang noir en moi.

Voilà le Blanc que je suis.

J'ai vu des gens plus blonds encore qui étaient noirs.

Mais il faudra dire ça au juge.

Ike Vallon,

tu me connais depuis 25 ans.

J'étais capitaine

que tu courais encore pieds nus.

Je te le dis, moi, Windy McClain,

ce Blanc a du sang noir en lui.

- Mais on m'a dit... - Je m'en fiche !

Je jure que c'est vrai.

Steve a du sang noir en lui.

Vous confirmez tous ?

Bien sûr.

Vous semblez respectable.

Je le suis !

Windy ne mentirait pas même pour sauver sa peau.

- Vous le savez, Shérif. - Je sais.

Je vais devoir croire Windy sur parole.

Ça vous regarde, pas moi.

Mais je vous préviens,

si on apprends

que des Noirs jouent avec des Blancs,

les gens vous feront déguerpir

de chez eux pour toujours.

Partez de là ! Retournez au travail !

Maintenant, vous partez, tous les deux !

Pas besoin de faire ces yeux. On ne vous fera rien.

On s'en va. Viens, chérie.

- Julie ! Julie ! - Tais-toi !

- Julie, attends ! - Où vas-tu ?

- Avec Julie. - Reviens !

Ma fille ne parle pas aux moricaudes.

Laisse-moi partir !

Tu vois ce que ton bateau a fait de ta fille !

Mon bateau a fait d'elle une fille bien.

Mais que va-t-on devenir ?

Que vaut une revue sans chanteur ?

Et sans chanteuse !

Je peux avoir le rôle ?

Toi, c'est la comédie.

Et si on laissait Nola se lancer ?

Elle connaît les rôles.

Tue-moi d'abord.

Il n'y aura pas d'actrices dans la famille.

Si seulement quelqu'un pouvait remplacer Steve...

Et Frank ?

Avec ce visage et ces pieds plats ?

L'ai-je demandé ?

Je ne prétends pas être beau.

Minute, capitaine !

Il doit y avoir le feu pour qu'elle coure.

Quel est le problème, Queenie ?

Un très beau gars

vous demande de l'emmener

jusqu'à la prochaine ville.

Pas de passagers.

Beau, tu dis ? Il est acteur ?

Peut-être. Mais c'est plutôt le genre de galant

dont on rêve.

Le voilà.

Si je pouvais dormir à votre bord,

je paierais jusqu'à Fort Adams.

Vous êtes acteur ?

Non, capitaine.

Je suis Ravenal.

Gaylord Ravenal. Des Ravenal du Tennessee.

J'avais deviné l'aristocrate.

Aristocrate ? C'est plutôt un joueur !

Je prends le risque.

Monsieur,

je cherche un jeune premier.

Vous m'offrez un emploi ?

Andy Hawks finira à l'asile.

Si votre jeu me satisfait, ce sera

15 $ par semaine et une chance de voir le monde.

Je l'ai vu.

D'habitude, on ne ramasse pas nos acteurs sur les ports,

mais on ne peut pas faire les difficiles.

Votre courtoisie n'est rien à côté de votre charme.

Mère ! Père !

Père ! Ne les laisse pas partir !

Ne renvoie pas Julie et Steve.

Cette histoire sera vite oubliée.

Julie est mon amie.

C'est du beau !

C'est vrai !

Elle est mon amie depuis qu'elle est sur ce bateau.

Si vous la renvoyez pour rien, je pars aussi.

Nola, pas de sottises.

Tu restes avec ta mère. C'est tout.

Et tu joueras le grand rôle

en attendant qu'on la remplace.

Saisis ta chance. Je sais que tu réussiras.

Si ce jeune homme accepte de jouer avec toi,

je vous préparerai pour demain soir.

- Tu apprends vite ? - Comme l'éclair.

Prête, Julie ?

Je n'ai pas tout pris.

Envoyez un paquet à la poste

de la Nouvelle-Orleans.

Besoin d'argent ?

On s'en sortira.

Merci. Adieu.

Adieu, Steve.

Ne dis rien.

Adieu, Nola.

Je t'écrirai. Et écris-moi aussi.

Raconte-moi tout.

Ne te retourne pas.

Adieu, maître Steve.

Adieu, Mlle Julie.

Adieu, Joe.

Adieu.

On n'a pas beaucoup de temps.

M. Ravenal, essayons ce dialogue.

Lisez cette tirade.

L'idée du personnage,

c'est que vous l'aimez.

Allez, un exemple.

- Je fais quoi ? - Souris, ce sera bien.

"Miss Lucy, voulez-vous être à moi ?"

Non, pas comme ça.

Plus de sentiments. Tu en veux !

Tu l'aimes, bon dieu. Tu l'aimes.

- Dis-le lui ! - Je comprends

Mlle Lucy, voulez-vous être à moi ?

Ça vous a plu ?

J'avais vu Eastland trois fois. C'était mieux que jamais.

Le premier rôle était superbe.

Il était si convainquant !

Mais j'ai préféré la fille.

Tu as compris la morale ?

Tu as vu comment il l'a embrassée ?

Ce n'était pas du meilleur goût.

Le monde du spectacle !

Quoi donc ?

Je joue depuis 12 ans,

personne ne me connaît.

Ce Ravenal joue depuis trois semaines,

c'est déjà une vedette.

Pour moi, c'est pareil.

Regarde Magnolia...

Sa photo avec lui a le haut de l'affiche.

Bientôt, le capitaine les collera sur les cendriers.

Le secret de leur succès ?

- Ils sont amoureux ! - Quel rapport ?

Ils s'aiment sur scène. Ça sonne juste,

et ça marche.

Je joue avec toi depuis 5 ans,

et je t'aime.

Peut-être pas moi.

Tu es responsable de notre échec.

On ne sera jamais des vedettes ici.

Tu comptes tenir ce rôle éternellement ?

Tu n'as pas d'ambition ?

J'ai une ambition :

je veux t'épouser.

Rappel au règlement :

pas d'homme dans une loge de dame.

- Il attendait juste... - Vous connaissez aussi le règlement.

Dehors, M. Schultz !

- Hello, Frank. - Hello, Ravenal.

La pièce...

- Ca a bien marché, ce soir. - Oui, n'est-ce pas ?

Oui.

Ne fait-il pas très doux ?

Si. Ne fait-il pas très doux ?

Eh bien, bonne nuit.

Bonne nuit.

J'ai déjà vu ce bas.

Mais où ?

Serais-tu à Mlle Magnolia ?

Je le savais.

Quand tu la verras, lui diras-tu une chose ?

Je peux mieux te parler qu'à elle.

Je panique quand je dois lui parler.

Dis-lui...

que tu as vu le jeune homme qui vit là-haut, et...

Voilà, c'est ça !

Je suis au-dessus d'elle !

Elle ne sait pas que je l'aime

Comment saurait-elle que je l'aime ?

Dans sa chambre en-dessous

Dans sa chambre en-dessous

Pouvait-elle rêver

qu'un rêve aille aussi loin ?

Parfois, me voyant,

Elle sourit de son sourire divin

Quel délice de l'entendre dire

"Ne fait-il pas très doux ?"

Je rougis et bégaie affreusement

Mon cœur bat follement

Puis elle part dans sa chambre

Tristement, je regagne la mienne

Un amant plus impétueux

S'exprimerait, saurait pourquoi

Quand ma chance se présente

Je la laisse passer

Je suis au-dessus d'elle

Elle ne sait pas que je l'aime

Comment saurait-elle que je l'aime ?

Dans sa chambre en-dessous

Dans sa chambre en-dessous

Pouvait-elle rêver qu'un rêve aille aussi loin ?

Parfois, me voyant,

Il sourit de son sourire divin

Quel délice de l'entendre dire

"Ne fait-il pas très doux ?"

Je rougis et bégaie affreusement

Mon cœur bat follement

Puis il part dans sa chambre

Tristement, je regagne la mienne

La nuit est belle.

Elle est si claire. Où est la lune ?

On verrait mieux sur le pont.

Je ne peux pas.

Je vous y attends.

Vous êtes venue. Je craignais...

- Je ne peux pas rester. - Mais si, un peu.

Pas une minute. Mère m'a vue.

J'ai dit que j'allais boire de l'eau.

- Bien. - Elle avait soif, elle aussi.

Je dois lui en rapporter ou elle se méfiera.

Vous...

Vous reviendrez demain.

Et tous les soirs ?

Nola ?

Tais-toi et monte au lit.

Je vais la remplir.

Vous me pardonnez ?

Oui, Gay.

Puis elle part dans sa chambre

Tristement, je regagne la mienne

Hawks, sors de là.

- Je laisse la caisse ? - Oui.

Frank la tiendra, il ne fait rien.

Il y a plus important que les billets.

Quoi donc ?

Je veux t'en parler. Sors de là !

Allez, viens !

C'est bon.

Qu'y a-t-il encore ?

Ecoute ça :

"Chère Mme Hawks, le cap. Andy ne m'aime pas..."

- Qui est-ce ? - Pete.

Je ne l'aime pas.

"Mais je sais une chose intéressante sur Gaylord Ravenal,"

"le gars avec qui votre fille batifole."

"Il paraît que votre bateau sera à Naches jeudi."

"Je suis à cette adresse, à Lafayette."

"Bien à vous, Pete Gavin."

Qu'en dis-tu ?

Oublie !

- Oublie ? - Oui, oublie !

Et quand je dis "oublie", tu oublies.

Dès qu'on sera à Naches, j'irai à Lafayette.

C'est à deux heures, mais tant pis.

- Tu viendras ? - Non.

Moi, j'ai le sens du devoir.

Ravenal est un bon gars.

Et notre meilleur premier rôle.

Il est louche. Je pèse mes mots.

Si on se renseignait,

on serait fixés.

Il prétend juste être un Ravenal du Tennessee.

- C'est vrai ! - Il le dit.

J'ai vu l'église, la tombe de ses ancêtres.

Et allez donc !

Si je disais m'appeler Bonaparte et te montrais la tombe de Napoléon,

Il ne serait pas pour autant mon grand-père.

C'est ici le spectacle ?

- Deux billets ? - Oui.

Il n'y a pas meilleur spectacle au monde ?

Alors on veut, Zebe et moi,

les meilleurs fauteuils.

A gauche de la scène,

à 35 cents.

Tenez !

Attendez !

Quoi ?

C'est de l'argent des Confédérés.

C'est celui des collines. Il vaut le vôtre.

Oui, mais...

Mais quoi ?

Cette pièce ne tinte pas.

Elle ne tinte pas.

Tu veux quoi, un grelot ?

Allez viens, Zebe.

Je veux ma maman !

WILLIE THOMAS AU KAS OÙ JE ME PERDRÈ,

RAMENÉ-MOI À LA MAIZON APRÈS LE SPECTACLE

À MES PARENTS SAM ET ELLA THOMAS

Je te le dis car tu es ma sœur,

c'est un monde d'homme, j'en ai assez souffert.

Les filles sont comme des fleurs.

Nous nous ouvrons au soleil pour être arrachées par une mule.

- "Un mâle" - Quoi ?

"Un mâle."

Un mâle.

Que sommes-nous ? Des ornements.

Des bouquets qu'on porte en boutonnière

et qu'on jette

dans les flots de l'éternité

comme les bois flottants de la mer.

- C'est bien dit, ma jolie. - Chut !

"Je suis ta sœur."

"Rappelle-toi, je suis ta sœur."

Ne me souffle pas.

Rappelle-toi, je suis ta sœur.

S'il t'arrivait malheur,

je ne me le pardonnerais pas.

Mais que fait le révérend Brown ?

Il avait promis de venir tôt,

et déjà le crépuscule s'emplit de nuit.

S'emplit de nuit !

Le crépuscule s'emplit de nuit...

Hamilton Brown, noble cœur...

Que l'éclat de vos yeux soit celui de l'amour

pour lequel mon cœur se languit

dans sa chaque fibre de mon être.

- Oh, l'amour ! - Nolie.

- Oh, l'amour ! - Une minute, Nolie.

Pardon. Seth Purty est-il ici ?

Oui !

Votre femme vous envoie ça.

Sa sœur a la fièvre.

Il faut la conduire à Centerville.

C'est bon, Nolie.

L'amour !

5 heures... Et s'il ne venait pas à notre rendez-vous ?

On sonne.

Ce doit être le révérend Brown.

Bonsoir, Mlle Lucy.

Je méditais,

je n'ai pas vu la nuit tomber.

Les journées raccourcissent, mais pas pour qui attend.

En traversant le champ,

j'ai vu votre chien fidèle rentrer le bétail.

La ferme !

Même si je porte l'habit de pasteur,

sous ce tissu noir,

un cœur ne bat que pour vous.

Hamilton, mon cher, mon cher...

Serez-vous ma femme ?

Oh, Hamilton.

- Oui ? - Oui.

Magnolia !

Mlle Lucy, je suis le plus heureux du monde.

Je n'espérais plus revivre un tel bonheur.

5 heures 10...

Ces dames du cercle d'entraide m'attendent.

Allons annoncer nos fiançailles.

L'amour nous ferait oublier notre travail ?

Je dois rester

corriger les devoirs de mes petits élèves.

Très bien.

A demain, ma bien-aimée.

Au revoir, mon cher Hamilton.

Rejoins-moi à la barrique, c'est important.

Dire qu'après avoir été mariée à un ivrogne,

Je suis aimée par un homme comme Hamilton Brown !

Mon mari !

Tu me croyais mort ?

Je suis le plus vivant des cadavres !

Dommage ! Tu ne pourras pas épouser Brown.

Hamilton Brown !

Qu'il la laisse en paix !

Ne gâche pas ce bonheur !

N'as-tu donc aucune pitié ?

Va-t’en ! Ne brise pas ma vie à nouveau.

Je te laisse une chance.

Vite, 1 000 dollars,

ou tu peux faire une croix sur l'église.

- Je ne les ai pas ! - Où est l'argent ?

Où est l'argent que tu as économisé toutes ces années ?

Fiche la paix à cette fille !

Je n'ai pas 1 000 dollars, je le jure.

Tu ne les as pas, hein ?

J'ai attendu des années.

Je t'ai enfin en mon pouvoir.

Je t'ai prévenu !

- Schultz ! - C'est ça, décampe !

Schultz, reviens là !

Laisse-la, canaille !

Où est-il ?

Face Molle, rideau !

Silence !

Désolé de descendre le rideau

avant la fin,

mais notre fier M. Schultz est tombé malade.

Ça lui prend de temps en temps.

Remonte, Face Molle !

Remonte !

Avant que M. Schultz ne succombe à son attaque,

il allait affronter le révérend

dans le plus sensationnel des combats à mains nus

jamais vus sur scène.

En voyant le révérend à la porte,

il devait dire :

"Je suis content que tu arrives maintenant."

Et là-dessus,

il prend son élan et frappe le révérend.

L'autre connaît la musique

et lui donne ce qu'il cherche.

"Prends ça !"

Egbert est au tapis !

Voyant qu'il ne gagne pas à la régulière,

il veut ruser.

Il l'attrape à la taille et le fait rouler.

"Laisse-moi, je te dis !"

Pendant ce temps, Lucy prie ici

pour son bien-aimé.

Arrive le moment dramatique !

Egbert, ce putois, tire de sa poche une ferraille

avec laquelle il frappe le révérend.

Il gémit !

Il vacille et tombe.

Egbert va lui écraser le crâne

quand Lucy dit :

"Fais ce que tu veux de moi, mais épargne mon Hamilton !"

La Providence a entendu sa prière...

La porte s'ouvre soudain, et voilà qu'entre Emmy,

la sœur adoptive de Lucy,

venue racheter le mal qu'elle a causé à Lucy.

Rapide comme l'éclair,

voyant le corps inerte du révérend

et le visage défait de sa sœur

en train d'implorer Egbert,

elle saisit le pichet à eau...

Le pichet !

Se glisse par derrière, et dit :

"Le salaire du mal, c'est... la mort !"

Et elle tue ce chacal pour toute éternité.

Voilà ce que vous auriez vu

si Schultz était resté.

Vite, Mlle Magnolia.

Le cap. Andy vous attend pour arrêter.

J'arrive.

Rideau, Face Molle.

Mes amis, il faut le savoir...

Je monte toujours des pièces très morales.

Je fais le fleuve depuis 20 ans

et dans aucune de mes pièces, le mal l'a emporté.

Mais ça a été dur, parfois.

Le spectacle continue.

Le premier morceau est une petite chanson du Sud au banjo

par Mlle Magnolia Hawks.

Rideau !

Souris-leur, Magnolia.

La vieille Matilda Hill

voyait des amis à Louisville

Quand elle est rentrée

Son homme l'attendait à la porte

Jaloux et furieux

Il posait des questions

"Vieille Matilda Hill

Qu'as-tu fait à Louisville

Si loin de la maison ?"

Elle dit : "Chéri, je me suis amusée

C'est tout ce que j'ai fait"

J'ai batifolé

Juste batifolé

C'est bon d'être comme folle

Lorsqu'on batifole

J'ai dansé toute la nuit

Me couchant sans savoir l'heure

Je ne saurais dire combien de fois j'ai senti

L'amour aller et venir

J'ai batifolé

Maintenant je suis rentrée

Car maintenant j'ai compris

C'est plus drôle de t'aimer !

- Face Molle ? - Ici, capitaine.

Il faut envoyer la lune.

Tout est prêt ?

C'est tout bon.

Ça a l'air compliqué,

je vais le faire.

J'ai batifolé

Juste batifolé

C'est bon d'être comme folle

Lorsqu'on batifole

J'ai dansé toute la nuit

Me couchant sans savoir l'heure

Ça leur plait toujours.

J'ai senti l'amour aller et venir

J'ai batifolé

Maintenant je suis rentrée

Car maintenant j'ai compris

C'est plus drôle de t'aimer !

Je n'en peux plus de ces secondes volées,

ces rendez-vous secrets.

Je te veux toute pour moi, pour toujours.

Nola, ma chérie, je veux t'emmener avec moi.

Te montrer un monde dont tu n'as pas idée,

les villes, les théâtres, les restaurants, les gens...

Et nous aimerions toutes ces choses ensemble.

Ne te fâche pas, mais l'argent ?

Une dame n'a pas à partager

les soucis de son mari.

Je prendrai soin de toi.

- Aie confiance ! - Bien sûr.

Je veux que tu m'épouses, ici, à Naches, demain.

Mais ma mère ?

On ne lui dira qu'après.

Et mon père ?

C'est lui qui m'a soufflé l'idée.

Père t'a soufflé l'idée de m'épouser ?

Non, ma belle.

On se marie après le défilé dans la jolie église

sans que ta mère le sache.

Mon père a imaginé ça ?

Tu as entendu ?

- C'était dans l'escalier. - Si c'est ma mère

que lui dirons-nous ?

On répète.

Ici.

Pour l'ambiance au clair de lune.

Allez, enlace-moi.

Gay.

Fais comme disait ton père :

"Regarde-le dans les yeux comme si tu l'aimais."

C'est ça.

Tu es l'amour

Là dans mes bras

Où tu dois être

Et dois rester

Je ne te laisserai jamais

Je veux jour après jour

Être avec toi

Tu es l'amour

D'une romance inouïe

Tu m'as appris à voir

Une vérité toujours vraie

Tu es l'amour

Il y a un cœur en ce monde

Où tu seras

Toujours

Où je serais

Toujours

Plus vite ! Plus vite !

Bon dieu, c'est Parthy !

C'est un assassin.

Maman !

Tu donnes ma fille à un assassin ?

- Où un assassin ? - Ravenal.

- Il a tué un homme. - Gay !

Pourquoi alors n'est-il pas en prison ou pendu ?

Le jury a dit que la victime l'avait cherché.

Tu vas laisser ta fille unique épouser un assassin ?

Ne sois pas si étriquée, Mme Hawks.

Moi-même j'ai tué un homme.

- Toi ? - Oui.

Alors, tu viens ou non ?

Ils vont se marier.

Mariée à un assassin !

Elle s'est évanouie.

- Sûre ? - C'est net.

Alors, à nous la noce !

Je vous déclare mari et femme.

Il ne fait que couler

Couler toujours plus loin

Tu as remis ça !

Tous les pois sont par terre.

- C'est le fleuve. - Le fleuve ?

Le fleuve peut presque tout.

Regarde ce qu'il fait dehors.

Et on a spectacle !

Le spectacle, ce n'est pas grave.

Quelque chose d'autre m'inquiète plus.

- Mlle Nola ? - Exactement !

Ça ira.

Tu dis toujours ça.

Tu ne t'énerves jamais parce que tu ne fais jamais rien.

Tu ne cuisines pas, tu ne joues pas.

Tu ne travailles pas sur le remorqueur.

J'écosse les petits pois.

Tu ne les ramasses pas.

Non, mais je l'aurais fait si tu m'avais laissé.

Je pourrais faire beaucoup de choses, si c'était nécessaire.

Alors qu'attends-tu ?

Ça n'est pas nécessaire.

Tu m'asticotes

Tu te moques Tu me critiques

Tu me traites de poison

Je ne m'excuse pas

Ca, non

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

Les arguments que tu rumines son éculés

Tu cognes encore

Tu te moques encore

Mon fauteuil ne bouge pas

Ca, non

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

Laves-tu les plats ? Fais-tu ce que je dis ?

Le fais-tu ? Non

Le feras-tu ? Non

Pour le travail

Il n'y a que moi

Quand il pleut, c'est toi

Qui prend le parapluie

Egoïste comme un homme

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

Tu ne gagnes rien

Je sais ça, chérie

Je ne vois pas le sou

Tu n'en verras pas

Mais ça ne me dérange pas

Ca, non

Fainéant bon à rien

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

Je ne fais pas bien Le bien pour ton bien

Je suis trop mou Mais sans cette femme

Ma vie serait calme

Ca, oui

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

"Laves-tu les plats ? Fais-tu ce que je dis ?

Le fais-tu ? Non

Le feras-tu ? Non"

Toujours à m'imiter Toujours à m'irriter

Et malgré tout Malgré ma peine

Tu veux que je t'aime

Quoi que tu dises

Je sais que tu m'aimes

Tu dois apporter de l'eau chaude à Nola.

Mon dieu !

On doit l'aider toutes seules.

On ne trouvera jamais de docteur.

J'en trouverai un.

Tu vas en trouver un ?

Je n'avais jamais vu Joe bouger si vite.

Où est Gay ? Où est mon Gay ?

Et s'il s'était noyé ?

Mais non.

Gay et Frank n'ont pu rentrer au bateau.

Ils doivent être dans un hôtel.

Et son bébé qui arrive !

Gay ne savait pas.

On ne l'avait pas prévu.

Il est si en avance.

Comment peut-il savoir ?

Impossible. Calme-toi, chérie.

Etends-toi. Voilà.

Brelan de valets.

Il gagne encore.

Ça bat les 10 et les deux.

Mon dieu, il est 2h30 !

Allez, tu n'as rien d'autre à faire.

Je suis lessivé.

Coupe.

Cap. Andy, des nouvelles ?

Pas encore.

Tire ferme !

Ne laisse pas le fleuve

L'emporter

Allez Joe

Allez, mon vieux Joe

C'est l'heure de chanter !

Me tirer de mon lit...

Le fleuve s'était calmé !

Tu mens comme Satan.

Quoi que tu dises

Je m'aime comme je suis

Va-t’en ! Tu ne fais que l'embêter.

- J'ai une idée de prénom. - Lequel ?

Kim.

Ce n'est pas un prénom.

Je l'ai inventé.

"K" pour Kentucky, "I" pour Illinois "M" pour Missouri.

Elle est née, on longeait trois Etats.

Kim !

Vous êtes matinale, Mme Hawks.

Bonjour, Madame.

Je le savais.

Je l'ai su au premier instant.

Tu rends malheureux ceux qui t'aiment.

Tu pars traîner à la première occasion

en laissant ma fille.

Tu n'aurais jamais dû monter sur ce bateau.

Soyez contente alors, je le quitte à jamais,

et j'emmène ma femme.

Quand ?

Dès la décrue.

Quand on pourra descendre nos affaires.

Tu ne pars pas aujourd'hui.

Pourquoi ? Vous n'avez rien à dire.

Elle ne partira pas avant que vous ayez de l'argent.

Ce n'est pas demain la veille !

Supposons que j'aie de l'argent, et beaucoup ?

On n'emmène pas une femme,

qui vient de lutter contre la mort,

avec un bébé âgé de 5 heures.

Un bébé ?

Un bébé !

On t'a fait une surprise.

Qui ? Toi ?

Non, elle.

- Elle dort. - Sa mère aussi devrait dormir !

Tâche de dormir.

Remets-toi vite,

que je t'emmène à Chicago.

Rien que nous trois.

Tu aimerais ?

- Bonjour. - Bonjour.

Bonjour.

Comment allez-vous ?

Mon chapeau est bien droit ?

Tu es charmante.

Gay, tu es merveilleux.

20 contre 1, comment faites-vous ?

Gay ne peut pas perdre.

Et pour la prochaine course ?

J'ai tout ce que j'aime.

Que désirer d'autre ?

On a eu des temps difficiles.

Autant jouir des bons moments.

On doit avoir un problème !

"Nous pensons déménager.

Pour avoir plus de place", etc...

Que dit-elle ?

Rien. Ils n'aiment plus l'hôtel Palmer.

Tu ne me la lis pas ?

Si. "On place Kim chez les Sœurs."

Ça coûte une fortune. A quoi bon ?

"Gay pense que Kim s'y fera des relations."

Et les écoles publiques ?

Ce n'est pas assez cher.

Lui a-t-il encore acheté des diamants et des autos ?

Elle ne le dit pas.

Que dit-elle ?

"J'espère que vous allez bien."

Etc., etc...

"Salue Joe et Queenie ! Etc., etc...

"A-t-il fait beau ?"

Etc., etc...

"Votre fille qui vous aime."

Très intéressant.

- Tu sais ce que j'aimerais ? - Non.

On monte la revue d'hiver

et on monte les voir là-bas.

A Chicago ? Tu es fou ?

Je sens que j'ai envie de voir Nola et Gay.

Je veux bien ne plus le revoir de ma vie !

Panier percé, aventurier...

Un petit joueur qui se donne des airs.

Je pèse mes mots.

On n'a pas vu Kim depuis longtemps.

Elle doit avoir grandi.

Elle est vive comme le fouet.

Tu as vu ses dessins d'il y a huit jours ?

Teddy Roosevelt ? Et le croiseur ?

Je les ai vus.

Elle est vive, oui.

Faisons le voyage.

Tu feras un gâteau et l'apporteras à son école.

Peut-être.

C'est rare, une grande pièce à ce prix.

On est à Chicago !

Quelqu'un y habite ?

Ils auront déguerpi ce matin.

Douze semaines d'affilée

sans payer un sous !

Je sais tenir mes comptes.

C'est toi, Nola ?

Elly.

Oui, c'est moi.

Elly ! Oh !

- Bonjour, Nola. - Et Frank !

Oh, Nola.

- Vous saviez que je vivais ici ? - Et bien, en fait...

Ils cherchent une chambre.

Et vous partez !

Oui, bien sûr.

C'était temporaire

en attendant d'emménager devant le lac.

On s'est posé ici.

C'est proche du bureau de Gay.

Et on aime aider Mme O'Brien.

M'aider !

Je descends. Dites-moi votre décision.

Aider Mme O'Brien !

Après tout ce que je lui ai donné.

C'est une bonne vieille.

C'est ta petite fille ?

Oui, c'est Kim. Adorable, non ?

Elle est au couvent Ste-Agathe.

Gay a voulu lui donner le maximum de chances.

Ça marche pour Gay ?

Oh, oui.

Il réussit très bien.

Asseyez-vous. Racontez-moi tout.

Ça marche très bien.

On démarre une nouvelle pièce.

Le soir du réveillon au Trocadéro.

Si tu veux un peu d'argent, ou un travail...

Un petit rôle... A chanter au banjo, comme avant.

Ça serait bien !

Gay ne voudrait pas.

J'aimerais bien. Pour m'amuser.

Pas pour l'argent.

Bien sûr que non.

Entrez !

On vous a apporté ce pli.

Merci, Ethel.

Gay a dû s'arrêter à la banque.

Je dois voir ce qu'il dit..

S'il veut que je le rejoigne.

Qu'y a-t-il ? Un accident ?

Non.

Elly, lis-le.

Je n'y croirai que si je l'entends.

"Ma chérie,

"quand tu liras ceci, je serai dans un train

"vers je ne sais où.

"Je n'ai plus rien à gager et plus d'amis prêteurs.

"Je te joins 200 $

"pour le trimestre de Kim au couvent.

"Puis vous irez chez tes parents.

"Je fais ça car je t'aime.

"Sache que je t'aimerai toujours.

"Ma chère petite femme,

"adieu.

"Ton tendre Gay."

Il n'y a rien qu'on puisse faire ?

Je ne crois pas.

Je ne sais pas.

Je ne me suis jamais imaginé vivre sans Gay,

quoi qu'il arrive.

Je n'y arrive toujours pas.

Il pense que c'est mieux pour vous.

Mieux ? Je ne me suis jamais plainte.

J'ai vécu ça sans arrêt.

Une chambre, un lit.

A laver le linge dans une cuvette.

A cuisiner sur une plaque...

Mais je l'aimais.

Quoi qu'il arrive, j'étais prête.

Je croyais qu'il le savait.

Kim et toi aurez un bon foyer sur le bateau.

Un bon foyer ?

En vivant de charité ?

Ma mère répétera qu'elle le savait.

Toute la troupe murmurera sur moi dans les loges.

Tout, sauf ça !

Il coûte cher, ce couvent ?

Cet argent m'aidera un mois ou deux.

Je vais chercher du travail.

Rappelle-toi ce que j'ai dit pour le Trocadéro.

Oui, je pourrais essayer, Frank.

Je vais réfléchir.

Tu veux qu'on parte ?

Oui, bien sûr !

Elly et moi avons à faire.

Tu peux venir nous voir à l'hôtel Forbes.

D'accord.

La classe de votre fille sort après.

- Kim. - Papa !

Où est maman ?

Elle ne pouvait pas venir.

Ecoute, Kim chérie...

Papa est pressé. Pour un train.

Où vas-tu ?

Je pars un certain temps. Pour affaires.

J'avais deux minutes pour te voir.

Je peux venir aussi ?

Non, chérie.

Pas pour ce voyage.

Quand je serai parti, pense parfois à moi.

Tu veux bien ?

Je pense à toi tout le temps.

Et je fais comme tu m'as dit.

C'est-à-dire ?

Tu as oublié ? Je fais semblant !

Ah, oui. C'est vrai.

Un bon truc pour avoir ce qu'on veut.

Fais semblant

Que je suis près de toi

Fais semblant

Que tu es avec moi

Les filles et les garçons aiment bien

faire semblant

Pourquoi pas toi ?

Pourquoi pas moi ?

Pourquoi pas nous ?

Si je tarde un peu à rentrer,

rappelle-toi,

fais semblant que je ne suis pas parti.

Tu veux bien, mon cœur ?

Autant faire semblant

Que je vous aime

Car, à dire vrai

Je...

Sa classe est rentrée.

Au revoir, ma chérie.

Au revoir, papa.

Dis bien à ta mère que je suis passé.

Tu veux bien ?

D'accord, papa. Je lui dirai.

Où allez-vous ?

- Je veux voir M. Green. - Impossible, il répète.

Il ne reçoit personne.

On peut attendre ici ?

Sans marcher où c'est mouillé.

Nola, asseyons-nous ici.

Fais-les venir à midi.

OK les filles. Midi, demain.

Julie, essayons ce nouvel air.

Pas envie de chanter.

Tu as envie de quoi, duchesse ?

J'ai envie de pleurer.

Allez, Julie. M. Green veut t'entendre.

Allez, Julie.

C'est une bonne chanson.

Je rêvais de rencontrer

L'amour parfait un jour

Je savais que je le reconnaîtrais

S'il passait devant moi

J'aimais l'imaginer

Comme un dieu parmi les hommes

Un esprit de géant, un noble cœur

Comme les héros vaillants

Dans mes livres d'enfant

Mais c'est Bill que j'ai vu

D'un genre tout différent

Vous le verriez dans la rue

Vous ne le remarqueriez pas

La forme de son visage

Son charme si viril

Apparaissent rarement

Dans les statues

Je ne peux expliquer

Ce n'est pas son esprit

Qui me fait frissonner

Je l'aime

Parce qu'il est merveilleux

Parce que c'est mon Bill

Il ne connaît rien au golf, au polo, au tennis

Il ne sait pas chanter

Il est bien moins beau

Que tant d'hommes que je connais

Il n'est ni grand ni droit ni mince

Il s'habille plus mal que Ted Agin

Je ne peux expliquer

Pourquoi il est l'homme

De ma vie

C'est juste mon Bill

Un gars ordinaire

Il n'a rien dont je puisse me vanter

Et pourtant

Être sur ses genoux

Confortable et à l'aise

Me semble si naturel

Je ne peux expliquer

Ce n'est pas son esprit

Qui me fait frissonner

Je l'aime

Parce que

Je ne sais pas

Parce que

C'est mon Bill

Chante-la demain. Et sois sobre !

Je serai sobre.

En cas de besoin, je serai dans ma loge.

Bizarre de se détruire pour un homme.

Elle promettait vraiment

jusqu'au jour où son vaurien l'a plaquée.

- On va boire chez O'Riely ? - Oui. Merci patron.

Les petits, à demain !

- Je peux vous voir ? - Vous êtes ?

Frank Schultz. Schultz et Schultz, les comédiens.

Un numéro à deux ?

A plus tard.

- Maintenant ! - Quoi ?

Ecoutez chanter cette fille.

Je n'ai besoin de personne.

- Je pensais... - A tort.

Il pensait à tort !

Que voulez-vous chanter ?

- Et bien... - C'est la fille en question.

J'aimerais chanter pour vous.

Dans quel genre ?

Des chants de Noirs.

De Négros ?

Ecoutons ça.

Bien !

Sortez des chaise.

Ote ton chapeau.

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Je dois aimer un homme jusqu'à sa mort...

Voilà, Mlle Julie.

Il reste 50 cents.

- Garde-les. - Merci.

Sam, qui est la fille qui chante ?

Elle a besoin d'un boulot.

Elle a attendu toute la matinée.

Est-il paresseux Est-il lent ?

Suis-je folle ? Peut-être, je sais

Nola.

- Vous la connaissez ? - Je l'ai connue.

Elle chante un chant que je lui ai appris.

Quand il s'en va...

C'était la plus adorable des gosses.

Je dis que vous êtes là ?

Non, Sam.

- Si elle a le boulot... - Impossible !

Green n'a besoin que d'une seule chanteuse, moi.

Le soleil brille...

Je me demande...

Elle a vraiment besoin de ce travail ?

Il peut rentrer même très tard

La maison sans lui n'a plus d'âme

Je ne peux m'empêcher

D'aimer

Mon homme

Qu'en dites-vous ?

C'est nul.

C'est la plus belle chanson du monde !

Vous ne l'aimez pas, je vous plains !

Que veux-tu ?

Message de votre prima donna...

Elle plaque tout, c'est fini.

Où est-elle ?

Elle a pris un taxi.

Il y a des bars au bout.

Que je sois...

Elle ne pourra pas chanter pendant une semaine.

Tu aurais dû l'arrêter !

Je suis portier, pas bonne d'enfants.

Elle me rendra fou.

C'est fini, je la vire !

Elle vous dit

de prendre la fille qui vient de chanter.

- Vous la prenez ? - Je ne me risque pas

à prendre des amateurs sur une production à 2 000 $.

Attendez, je dois réfléchir !

Elle a une personnalité.

Mais elle doit chanter des airs modernes.

Sa chanson n'est pas mal.

On pourrait l'encanailler...

En ragtime ?

On change aussi les paroles.

Et dans le finale, quelques gags.

L'accroche...

Puis...

- Une autre accroche... - C'est bien !

- Essaie, Nola. - Comment ça ?

Suis Jake.

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Non, en ragtime !

Vas-y, continue.

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

C'est bon. Continue !

Les poissons doivent nager, les oiseaux, voler

Je dois aimer un homme jusqu'à sa mort

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Est-il paresseux Est-il lent ?

Suis-je folle ? Peut-être, je sais

Je ne peux m'empêcher d'aimer mon homme

Quand il s'en va C'est un jour de pluie

- Alors, patron ? - C'est bon.

- Elle a le boulot ? - Sûr !

La maison sans lui n'a plus d'âme

Beau réveillon !

Personne ne sait où ils sont partis.

Toi et tes surprises !

Tu seras toujours une andouille.

Qu'as-tu à dire ?

- Tu m'écouteras ? - Non.

Je le savais.

Tu vas rester planté là ?

Donne la clé. Je monte, je suis achevée.

Oh, Parthy, toujours...

Parthy.

Parthy !

Parthenia !

C'est le réveillon. Sortons.

Nola et Gay ont dû partir dîner.

Sortons et trouvons-les.

Une aiguille dans une meule !

Va les chercher, si tu veux.

Donne la clé.

Voilà la clé, Parthy.

Monte dormir, je vais chercher les enfants.

Dormir ?

Quand ce bon à rien a emmené Nola je ne sais où ?

Il est 8h00.

Sois rentré pour 9h00.

C'est compris ?

Une heure !

D'accord, Parthy.

Bonjour, papy.

Mesdames.

A qui parliez-vous ?

A Parthenia, ma femme.

J'ai fait une erreur.

Non, c'est moi.

C'est le réveillon.

Et oui.

Quatre quarts de Mumm.

Je vais étudier la carte.

Je n'avais pas fait ça depuis des années !

Papy, il y a du gui !

Je n'avais pas fait ça depuis des années !

Et voilà que tu pars

Car mon cœur s'est égaré

Mais tu m'as promis

De revenir un jour

Au revoir ma bien-aimée

Adieu, ma tourterelle d'amour

Tu es l'amour de mon cœur

Et tu me reviendras

Et tu m'aimeras avec tendresse

Adieu, ma bien-aimée, adieu

- Cap. Andy ! - Frankie Schultz !

Andy Hawks !

Bonne année !

Je vous présente un vieil ami, M. Frank Schultz.

Mlle Etc...

Mlle Machin-truc...

Et cette diablesse s'appelle Lottie.

Que faites-vous ici ?

Une petite visite.

C'était une surprise pour Nola et Gay

mais ils ne sont plus au palmer.

- Non. - Mais je les trouverai.

J'ai laissé Parthy à l'hôtel à 8h00.

J'ai dit que j'allais marcher !

Depuis 10h00,

je cherche une excuse de n'être pas rentré à 9h00 !

Capitaine Andy, Nola est ici.

- Où ? - Elle joue.

Comment ?

- Gay ne la laisserait pas ! - Gay est parti.

- Parti ? - Ruiné.

Elle débute ce soir.

Il faut que ça marche.

Ce serait dur qu'elle se ramasse.

Qu'elle se ramasse ?

Ma Nola les fera lever sur leurs oreilles !

Comme elle l'a toujours fait.

Ma fille chante ici ce soir.

Vous avez l'âge d'avoir une fille ?

Non, mais j'en ai une.

Mesdames et messieurs,

hélas, Mlle Julie Wendell est souffrante

et ne peut chanter ce soir.

Attendez, je vous prie...

Nous avons la chance d'accueillir Mlle Magnolia Ravenal

qui va chanter un grand classique...

Magnolia Ravenal... C'est qui ?

Je vais te montrer, moi !

Une petite fille

Sur les genoux d'un vieil homme

Réclamait une histoire

- Silence ! - Mon oncle, je vous en prie

Pourquoi n'êtes-vous pas marié ? Pourquoi vivez-vous seul ?

- Silence ! - A la trappe !

N'avez-vous pas d'enfants ? Avez-vous...

J'ai eu une amoureuse

Nola !

Il y a bien des années

- Mais où est-elle aujourd'hui ? - Nola !

Tu le sauras

- En écoutant mon histoire - Souris, Nola.

- Je vais te la raconter - Souris !

Je l'ai crue volage

- Quand - Souris.

Le bal

Quand le bal est fini

Et que l'aube a surgi

Quand les danseurs sont partis

Et les étoiles aussi

Plus d'un cœur pleure

En mal de bonheur

Les espoirs se sont évanouis

Quand le bal est fini

Tous ensemble !

Quand le bal est fini

Tout le monde chante !

Et que l'aube a surgi

- Souris ! Souris, Nola ! - Quand les danseurs sont partis

Tous ensemble !

Et les étoiles aussi

Plus d'un cœur pleure

En mal de bonheur

Les espoirs se sont évanouis

Quand le bal est fini

Bonne année !

Hawks, votre fille

est la meilleure artiste de la scène new-yorkaise.

Merci, Sir Arthur.

Je la veux pour jouer à Londres au printemps.

J'offre 200 £ par semaine.

Faites mieux que ça.

On ne la connaît pas là-bas.

Ça viendra.

- Combien ? - 400.

Pas question.

Autant faire semblant

Que je vous aime

Car, à dire vrai

Je...

KIM RAVENAL SUR LES TRACES DE SA MÈRE

Je veux être une gentille petite femme

Comme autrefois

Kim, tu ne projettes pas trop ?

Comment ça ?

Ne leur en impose pas.

Laisse le public s'approprier la chanson.

Mais pense aux derniers rangs.

Il y a tant à apprendre !

Reposez-vous une minute.

Cette journaliste t'attend depuis ce matin.

Faites vite. On va la rappeler.

Je veux parler de votre famille.

Ils ont débuté sur un bateau ?

- Oui. - Vous ont-ils aidée ?

En tout.

- Ils vous aident encore ? - Trop.

Je les ai expédiés en Europe.

C'est merveilleux.

Désolé, nous devons reprendre.

- Allez ! - Désolée.

Vous êtes le concierge ?

Vous suivez les répétitions ?

Et l'entrée des artistes ? Au travail !

Oui, monsieur.

Bonne nuit, papy.

Je viens du bureau. Ton nom ?

Ça doit être "Papy"

Comme tous les concierges.

C'est pour la paie. Ton vrai nom ?

Brown.

Hamilton Brown.

- Bonne nuit, Papy. - Bonne nuit.

- Pas de courrier pour moi ? - Non, Mlle Ravenal.

J'attends un télégramme, je suis à l'hôtel.

Oui, Mlle Ravenal.

- Merci. Bonne nuit, papy. - Bonne nuit.

Bonne nuit, Kim.

Allons, le bateau accostera à l'heure.

Ils auraient dû arriver tôt cet après-midi.

On avait besoin de ce brouillard !

Je sais.

Le rideau va se lever.

Ne t'en fais pas, on sera vite en ville.

On verra presque tout.

Pas l'entrée de Kim.

- Ce n'est pas ma faute ! - Besoin de le dire ?

Mère.

On mourra avant d'arriver.

J'ai cru qu'on n'y arriverait pas.

- Par ici. - Sacré brouillard.

Mais en Europe, c'est pire.

Voilà Kim !

- Avance, plus près. - Oh, Quel joli tableau !

Par ici.

Que fais-tu ici ?

Je voulais voir ce morceau, Monsieur.

C'est un scandale ! Retourne à l'entrée !

Je te paierai demain. Tu es viré !

C'est ici, Monsieur.

Voici la loge.

Gay.

Gay.

Ne me reconnais-tu pas ?

Tu as bien peu changé, Nola.

Je dois aller garder l'entrée.

Veux-tu rester avec nous ?

Je pense que...

C'est la grande soirée de notre fille.

Faites donc !

Je ne voulais pas revenir dans ta vie.

Je ne mérite pas ton pardon.

Laisse-moi disparaître.

Gay.

Il y a une autre Ravenal, ici :

Magnolia.

Nola. Nola.

Peut-être chantera-t-elle le rappel à ma place ?

Jouez "Tu es l'amour" !

Souris-leur, Nola

Elle aime cette chanson plus que toute autre.

Tu es l'amour

Là dans mes bras

Où tu dois être

Et dois rester

Je ne te laisserai jamais

Je veux jour après jour

Être avec toi

Tu es le printemps

D'une romance inouïe

Il y a encore un autre Ravenal :

Gaylord Ravenal, mon partenaire.

Où que tu ailles avec moi

Le ciel

nous accompagnera

toujours

Et le fleuve, le vieil homme

Continue de couler

Toujours plus loin

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