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- Bonjour. - Bonjour.
Vous vous préparez tous ?
- Ouais. - Parfait.
- La voilà. - La voilà, chérie.
Lentement mais sûrement. Calme et prêt.
Lentement mais sûrement. Calme et prêt.
La troupe, c'est l'appel du début de l'acte un.
En scène pour le début, s'il vous plaît.
Le premier souffle est pour la communauté.
- D’accord. - Dernières retouches..
- Montre le chemin, bébé. - Allons-y.
Le deuxième souffle est pour être dans l’instant présent.
Et le souffle final est l’amour.
Ça va ?
Ça va.
Ça va ?
Ça va.
Ça va !
Il était une fois une ligne de chemin de fer
Ne demande pas où, Ne demande pas quand
C'était la route vers les enfers
C’étaient des temps difficiles
C’était le monde des Dieux
Et des hommes !
- C’est une vieille chanson - C’est une vieille chanson
C’est une vieille histoire D’autrefois
- C’est une vieille chanson - C’est une vieille chanson
Et nous allons La chanter encore
Dieux et hommes, d’accord ?
Nous avons quelques dieux parmi nous ce soir.
Sur la route des Enfers Il y avait une ligne de chemin de fer
Et trois vieilles femmes Toutes habillées pareil
Et elles chantaient toujours Au fond de ton esprit
Voici les Moires !
Et sur la route des Enfers Il y avait une ligne de chemin de fer
Et une femme qui descendait D’un train
Avec une valise pleine d’été.
Perséphone, c’est son nom.
- Et si tu prends ce train - Prends ce train
- Si tu prends ce train - Prends ce train
Si tu prends ce train jusqu’à la fin de la ligne
Là où le soleil ne brille pas et où il fait toujours sombre
C’est là que tu trouveras le Roi de la mine
Le tout-puissant, Monsieur Hadès !
On a d’autres dieux ?
Ah oui, j’ai failli oublier.
Sur la route des Enfers Il y avait une gare
Et un homme avec des plumes aux pieds
Qui ppeut t'aider jusqu’à ta destination finale
Monsieur Hermès,
C’est moi.
Tu vois, quelqu’un doit raconter l’histoire
Que ça finisse bien ou pas
Peut-être que cette fois-ci ça finira bien
Sur la route des Enfers Sur la ligne de chemin de fer
- C’est une chanson triste - C’est une chanson triste
C’est une triste histoire, une tragédie.
- C’est une chanson triste - C’est une chanson triste
On va la chanter quand même
Maintenant, tout le monde n’a pas la chance d’être un dieu.
Et n’oubliez pas que les temps sont durs.
Des temps difficiles dans le monde des hommes.
Laissez-moi vous présenter quelques-uns d’entre eux.
Vous pouvez lever vos chapeaux et ouvrir vos portefeuilles.
Donnez-leur vos pennies. Donnez-leur vos perles.
C'est le Choeur le plus dévoué
de tout le vaste monde des dieux !
Tout aussi dévoué pour vous,
voyons ce que cette équipe peut accomplir !
Ça suffit.
Ça suffit !
Sur la ligne de chemin de fer Sur la route des Enfers
Il y avait un pauvre garçon Travaillant sur une chanson
Sa mère était une amie à moi
Et ce garçon était le fils d’une muse
Sur la ligne de chemin de fer Sur la route des Enfers
On pourrait dire que le garçon était « touché ».
Parce qu’il avait été touché par les dieux eux-mêmes.
Allez, allez, allez, allez-y pour Orphée.
Orphée.
Il y avait une âme de plus sur cette route.
Jeune fille, viens te mettre au chaud !
Sur la ligne de chemin de fer Sur la route des Enfers
Il y avait une jeune fille cherchant quelque chose à manger
Et mon frère, Ainsi commence le conte
D'Orphée et Eurydice !
- C'est une chanson d'amour - C'est une chanson d'amour
C'est une histoire d'amour d'autrefois
- C’est une chanson triste - C’est une chanson triste
Mais nous allons la chanter quand même
- C'est la vieille chanson - C'est la vieille chanson
C'est un vieux récit D'autrefois
Et nous allons le chanter Nous allons le chanter
Nous allons le chanter Encore
Eurydice était une jeune fille affamée.
Une fugueuse
De partout Où elle n'avait jamais été
Le monde Ne lui était pas inconnu.
Ni les caprices du vent.
Le temps n'est plus ce qu'il était
Il n'y a plus vraiment de printemps ni d'automne
Soit il fait une chaleur accablante Soit un froid glacial
Qu'importe d'où souffle le vent
- Et il n’y a rien - Que tu puisses faire.
- Quand le temps - Te joue un mauvais tour
À part te dépêcher et prendre la route
Qu'importe d'où souffle le vent
- Le vent se lève - Entends-tu ce bruit ?
- Le vent se lève - Pars dans une autre ville
Personne ne restera
Quand les nuages sombres arrivent
Qu'importe d'où souffle le vent
Tu as croisé les Moires. Tu t’en souviens ?
Quelqu’un a une allumette ?
Toujours ce chant qui murmure au fond de ton esprit.
Donne-moi ça.
Quoi qu’il en soit cette jeune fille s’en est allée,
Et les Moires la suivaient de près.
Les gens se retournent contre toi Comme le vent
Tout le monde n'est ami que par beau temps
Au final On est mieux seul
Qu'importe d'où souffle le vent
- Quand ton corps souffre - Pose-le
Quand tu as faim et
Qu’il n’y a pas assez Pour tout le monde
Il n’y a pas de limite À ce qu’une fille ne ferait pas
Qu'importe d'où souffle le vent
- Le vent se lève - Et parfois tu te dis
- Le vent se lève - Que tu ferais n’importe quoi
Juste pour remplir ton ventre De nourriture
Trouver un lit Dans lequel t’effondrer
Où le temps Ne te suivrait pas--
Où que tu ailles
Qu'importe d'où souffle le vent.
Orphée était le fils d’une muse.
Et tu sais comment sont ces muses.
Parfois elles t’abandonnent
Et ce pauvre garçon,
avait le cœur sur la main
On pourrait dire qu'il ignorait tout de la dureté du monde
Mais il avait le don des mots,
du rythme et de la rime
Et il chantait tel un oiseau perché sur un fil
Et ce n'est pas par bonté d'âme,
Mais sa mère était une amie à moi
Et j'aimais l'entendre chanter,
Et sa façon de voir les choses.
Alors, je l'ai pris Sous mon aile.
Et c'est là qu'il est resté.
Jusqu'au jour où...
Tu veux lui parler ?
- Oui. - Vas-y.
Orphée !
Oui.
N'y va pas trop fort.
Viens chez moi.
Qui es-tu ?
L'homme qui Va t'épouser
Je suis Orphée
Il est toujours comme ça ?
Oui.
Je suis Eurydice.
Ton nom Est comme une mélodie
Oh, un chanteur, c'est ce que tu es ?
Je joue aussi de la lyre.
Oh, un beau parleur, et un musicien en plus.
J’ai rencontré trop d’hommes comme toi.
Oh, non, je ne suis pas comme ça.
Il ne ressemble à aucun homme que tu aies croisé.
Dis-lui sur quoi tu travailles.
Je travaille sur une chanson
Elle n’est pas encore finie
Mais une fois terminée Et que je la chanterai
Le printemps reviendra
- Reviendra ? - Oui, le printemps reviendra.
Quand ? Je n’ai pas vu le printemps ni l’automne depuis
Je ne saurais dire quand.
C’est ce sur quoi je travaille.
Une chanson pour réparer ce qui ne va pas
Prendre ce qui est brisé et le rendre entier
Une chanson si belle
Qu’elle réaccordera le monde
Lui redonnera son rythme
Et toutes les fleurs écloront
- Quand tu deviendras ma femme. - Oh, il est fou.
Pourquoi deviendrais-je sa femme ?
Peut-être parce qu'il te fera sentir vivante.
Vivante...
Ça vaut beaucoup.
T'as quoi d'autre à proposer ?
Beau parleur, dis-moi Si tu peux
Qui achètera les alliances ?
Par les temps qui courent,
Rudes et de plus en plus rudes.
Ma belle, quand j'entonnerai mon chant
Tous les fleuves chanteront avec moi
Et ils sortiront de leur lit pour nous
Et avec leur or Être généreux
L'or brillant dans l'eau
pour parer ta main
La rivière nous offrira nos alliances.
Beau parleur, dis-moi si tu en es capable
Qui dressera la table du banquet ?
Les temps sont ce qu'ils sont
Obscurs et de plus en plus sombres à chaque instant.
Ma belle, quand j'entonnerai mon chant,
tous les arbres chanteront avec moi
Et ils courberont leurs branches vers le sol
Pour y déposer leurs fruits en offrande
L'amande et la pomme
Et le sucre de l'érable
Les arbres dresseront la table du banquet.
Donc, quand tu chanteras ta chanson,
celle sur laquelle tu travailles,
le printemps reviendra ?
- Oui. - Pourquoi ne la chantes-tu pas, alors ?
Elle n’est pas finie.
Chante-la !
Tu veux m’emmener chez toi ?
- Oui. - Chante la chanson.
- Comment as-tu fait ça ? - Je ne sais pas.
La chanson n’est pas finie, pourtant.
Pourtant, elle peut faire ça.
Je sais.
Tu dois la finir.
Bel amant, dis-moi, une fois mariés
Qui va faire notre lit de noces ?
Les temps sont ce qu'ils sont
Rudes et de plus en plus rudes.
Ma belle, quand j'entonnerai mon chant,
Tous les oiseaux chanteront avec moi
Et ils accourront en volant de partout
Pour déposer leurs plumes sur le sol
Nous dormirons dans le duvet le plus doux
Un oreiller sous le cou
Les oiseaux feront notre lit de noces.
Et les arbres dresseront la table du banquet.
Et le fleuve nous offrira nos alliances.
D’où tiens-tu cette mélodie ?
Je ne sais pas Elle m’est venue
Comme si je l’avais toujours connue.
C'est le cas.
C’est une vieille chanson
Une chanson d’amour D’un autre temps
Ça fait longtemps Que je ne l’avais pas entendue
Tu as déjà entendu cette mélodie ?
- Bien sûr. - Dis-m’en plus.
Tu te souviens de l’histoire que je t’ai racontée
une fois, sur les dieux ?
- Lesquels ? - Hadès et Perséphone.
Souviens-toi de comment leur amour
faisait tourner le monde.
Oui, je m’en souviens maintenant.
Mais c’était il y a bien longtemps.
Raconte-la encore une fois.
Roi des ténèbres
Roi des ombres
Hadès était était le roi des Enfers.
Mais il tomba amoureux d’une belle dame
Qui marchait là-haut, dans les champs verdoyants de sa mère.
Il tomba amoureux de Perséphone
Qui cueillait des fleurs à la lumière du soleil
Et il l’emmena chez lui pour en faire sa reine
Là le soleil ne brillait jamais
Sur personne
Poursuis.
La jeune femme l’aimait, lui et le royaume qu’ils partageaient
Mais sans elle, là-haut, pas une fleur ne pouvait pousser.
Alors le Roi Hadès accepta que pour la moitié de l’année
Elle resterait avec lui là-bas
Dans son monde souterrain
Mais que pendant l’autre moitié, Elle pourrait marcher au soleil
Et le soleil alors brillait deux fois plus fort
C’est de là que viennent les saisons,
Et avec elles le cycle de la graine et de la faucille
Et les vies des hommes
Et les oiseaux en vol
En chantant...
En bas et là-haut
En harmonie et en rythme
Les dieux chantaient sa chanson d'amour
Et le monde la chantait avec eux.
Mais c’était il y a longtemps,
Avant que nous soyons sur cette route
Et sur la route des Enfers, Il y avait beaucoup d'attente
D'attente !
Tout le monde attend le train
Attend la dame Avec le--
Attend le train pour ramener cette dame
Dame !
Avec sa valise à nouveau prête.
Elle n'est jamais en avance, toujours en retard
Attendre, attendre
Ces temps-ci, elle ne reste jamais bien longtemps.
Mais les bonnes choses arrivent à ceux qui savent attendre.
La voilà !
Eh bien, c'est comme il a dit, je suis une fille qui aime le grand air.
Et tu es encore en retard.
Mariée au roi des Enfers.
Elle a oublié une petite chose appelée « printemps ».
Vous vous demandez où j’étais ?
- Ouais ! - Où t’étais passée ?
Je me le demande.
Je suis allée aux Enfers et j’en suis revenue encore
Mais comme ma maman disait toujours
Mon frère, quand on est au plus bas, on est au plus bas
Quand on est au sommet, on est au sommet
Si tu n’es pas enterré à deux mètres sous terre
Alors tu profites de la vie, là-haut.
Ne parlons pas Des temps difficiles
Versez le vin, c’est l’été !
Parce que là, on profite de la vie.
- Comment on en profite ? - On en profite, on s’éclate
Oh, mon frère, ici même On en profite
- Où est-ce qu’on en profite ? - On s’éclate là-haut
Qui fait briller le soleil l’été ?
C’est ça, Perséphone !
Qui fait mûrir les fruits de la vigne ?
- Perséphone ! - C’est moi !
Qui fait refleurir les fleurs, malgré son mari ?
C’est toi !
Qui fait de son mieux ?
Perséphone, c’est elle.
Certains diront que le temps n’est plus ce qu’il était.
Mais laisse-moi te dire un truc Que ma maman m’a dit
Prends ce que la vie t’offre et tires-en le meilleur
- Alors là tout de suite, on vit - Comment on le vit ?
On le vit, on en profite Oh, mon frère, juste ici
- on le vit - Où on le vit ?
On en profite là-haut !
C’était l’été sur la route des Enfers.
Il y avait une fille qui avait toujours fui.
On pourrait dire que c’était malgré elle
Que cette jeune fille a choisi de rester.
Il y avait un pauvre garçon avec une lyre
Qui a dit que les temps étaient difficiles ?
Les fleurs fleurirent et les fruits mûrirent.
Et mon frère, pendant un instant seulement.
Quelqu’un veut boire un verre ?
Le monde reprit vie !
Là-haut on n’a pas grand-chose
Mais on profite, on profite à fond
Juste assez pour remplir nos coupes
On en profite là-haut !
Mon frère, fais tourner la bouteille
Parce qu’on en profite Profite à fond
Que le poète bénisse ce verre.
Ouais !
- Orphée ! - Orphée.
À la protectrice de tout ceci, Perséphone.
Perséphone !
- À la tienne ! - À la tienne !
Qui est enfin revenue parmi nous
Avec assez de vin pour tout le monde.
Sans rien demander en retour
Sinon que nous vivions
Et apprenions à vivre comme des frères dans cette vie
Et croire qu'elle comblera nos besoins
D’accord.
Et si personne n’en prend trop
Il y en aura toujours assez.
- Elle remplira toujours nos verres. - Je le ferai !
Et nous les...
élèverons toujours.
Au monde dont nous rêvons,
et...
à celui où nous vivons maintenant.
Parce que là, tout de suite, on profite de la vie.
Comment est-ce qu’on en profite ?
On en profite, on en profite à fond !
Mon frère, ici même on profite de la vie.
Où est-ce qu’on en profite ?
Écoutez-moi, je vais vous dire où ça se passe
Tout là-haut.
Tout là-haut !
On profite de la vie et on ne va pas s’arrêter !
- Le vivre, le vivre - Le vivre, le vivre
- Comment est-ce qu’on en profite ? - Où est-ce qu’on en profite ?
On en profite, on en profite ! On en profite là-haut !
Orphée était un pauvre garçon.
Mais il avait un don à offrir.
Il pouvait vous faire voir comment le monde pourrait être
malgré ce qu'il est.
Et Eurydice était une jeune fille.
Mais elle avait déjà vu comment était le monde.
Quand elle tomba, elle tomba malgré elle,
amoureuse d'Orphée.
J’ai été seule si longtemps
Je ne savais même pas que j’étais seule
Dehors, dans le froid si longtemps
Je ne sentais même pas que j'avais froid
Je relevais mon col face au vent
C’est ainsi depuis toujours.
Tout ce que j’ai toujours su faire, c’est me débrouiller seule.
Tout ce que j’ai toujours su faire, c’est me débrouiller seule.
Mais maintenant, je veux aussi te tenir dans mes bras.
Tu me prends dans tes bras
Et soudain tout s'illumine autour de moi
Tout est clair et chaud
Et brille comme jamais auparavant.
Et pendant un instant, j'oublie
À quel point il peut faire sombre et froid.
Tout ce que j’ai toujours su faire, c’est me débrouiller seule.
Tout ce que j’ai toujours su faire, c’est me débrouiller seule.
Mais maintenant je veux te tenir.
Maintenant, je veux te tenir, te serrer contre moi
Je ne veux jamais devoir te laisser partir
Maintenant, je veux te tenir, te serrer fort
Je ne veux pas retourner à cette vie solitaire.
Je ne sais ni comment ni pourquoi
Ni qui je suis pour pouvoir te garder
Mais quand je t’ai vu là, seule, contre le ciel
C’était comme si je t’avais connue depuis toujours
Je te connaissais avant même notre rencontre
Et pourtant je ne te connais pas encore
Tout ce que je sais, c’est que tu es quelqu’un
Que j’ai toujours eu en moi
Tout ce que je sais, c’est que tu es quelqu’un
Que j’ai toujours eu en moi
Et même si je ne te connais pas, maintenant je veux te serrer
Te serrer contre moi
Je ne veux jamais avoir à te laisser partir
Soudain, le soleil, lumineux et chaud
Soudain, je tiens le monde dans mes bras
Dis-moi que tu me tiendras pour toujours
Dis-moi que le vent ne changera pas pour nous.
Dis-moi que nous resterons l’un avec l’autre
Et que ce sera toujours comme ça.
Je te tiendrai pour toujours
Le vent ne changera jamais pour nous
Tant que nous resterons ensemble
Alors ce sera toujours
Comme ça
Sur la route des Enfers, Il y avait une voie ferrée
Oh, allez !
Il y avait un train qui remontait des profondeurs.
Ça ne fait pas 6 mois !
Tu ferais mieux d’aller faire ta valise
je crois qu’il est temps de partir !
- Elle va prendre ce train - Prendre ce train
Elle va prendre ce train Jusqu’au bout de la ligne
Car le Roi de la mine l'appelle.
Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il y avait de l’autre côté ?
Tout au fond, sous terre
- De l’autre côté ? - Tout au fond, là-bas.
De l’autre côté de son mur
Suivez ce dollar aussi loin qu’il vous emmènera
Loin de la misère et de la pauvreté.
Soit vous arrivez en enfer, soit à Hadestown
Ça ne fait plus aucune différence !
En bas, à Hadestown
En bas, sous la terre
Les chiens hurlent et le sifflet retentit,
Le train arrive, les roues claquent sur les rails
Tous tentent d'obtenir un billet pour partir
Mais ceux qui partent ne reviennent pas
Bien bas, à Hadestown, Bien bas, sous la terre.
L'hiver approche et l'été s'efface
Écoute ce son aigu et solitaire
De mon mari qui vient pour me ramener à Hadestown
Bien bas, Hadestown, bien bas sous la terre
Là-bas, ce n’est qu’une bande de morts,
Mon frère, je vais mourir d’ennui.
Je vais devoir faire venir quelques trucs
Juste pour me divertir
Donne-moi de la morphine en boîte
Donne-moi une caisse de vin
Il faut beaucoup de médicaments
Pour survivre à l'hiver
Bien bas, Hadestown, bien bas sous la terre
Chaque petite pièce dans le puits aux souhaits,
Chaque petite pièce sur le tambour…
Toutes ces petites faces et ces petits revers brillants,
D’où pensez-vous qu’ils viennent ?
- Ils viennent de... - Tout en bas, Hadestown
Bien bas, sous la terre
Tout le monde a faim Tout le monde est fatigué
Tout le monde trime à la sueur de son front.
Le salaire ne vaut rien et le travail est dur.
C’est un cimetière, à Hadestown
Bien bas, à Hadestown, Bien bas, sous la terre.
Monsieur Hadès est un vieux patron cruel
Avec un sifflet d’argent et une balance d’or
Œil pour œil !
- Il pèse le compte - Mensonge pour mensonge
- Et ton âme est à vendre. - Vendu !
Au roi sur son trône de chrome.
Jeté !
Au fond d’une cellule miteuse
Là où les petits rouages grincent
et où les grandes machines gémissent.
Et tu ferais mieux d’oublier ton puits aux souhaits
Bien bas, à Hadestown, Bien bas, sous la terre
Sur la route des Enfers, il y avait un wagon de train
Et la porte du wagon s’ouvrit. et un homme en sortit.
Tout le monde regarda, et tout le monde vit
que c’était le même homme dont ils chantaient l’histoire.
Tu es en avance !
Tu m’as manqué.
Monsieur Hadès est un roi puissant
Il a sûrement conclu des pactes très importants
On dirait qu’il possède absolument tout
Ça donne à réfléchir à ce que ça fait
Tous à bord !
Un, deux, un, deux, trois, quatre !
Bien bas, à Hadestown, Bien bas, sous la terre
Bien bas, sous la terre
Bien loin sous la...
terre !
Avec Perséphone partie, le froid est arrivé.
Il est venu trop tôt
Il est venu pour elle trop tôt
Ça ne devait pas se passer comme ça.
Eh bien, jusqu’à ce que quelqu’un remette le monde en harmonie.
C'est comme ça.
Orphée avait un don à offrir.
Hé, où vas-tu ?
Touché par les dieux, c'est ce qu'il était.
Je dois finir la chanson.
Finis-la vite !
Le vent change.
Une tempête approche.
Le vent se lève
Il nous faut à manger !
Le vent se lève
Il nous faut du bois !
Orphée et Eurydice...
Tu m'entends, Orphée ?
Pauvre garçon, absorbé par sa chanson
Orphée !
Une jeune fille cherchant quelque chose à manger...
Bon, termine-la.
Sous une tempête qui se prépare.
Roi d’argent
Roi d’or
Et tout ce qui scintille sous la terre
Hadès est le roi du pétrole et du charbon,
Et des richesses que charrient ces rivières.
Mais durant la moitié de l’année lorsque Perséphone s’en va
La solitude s’installe en lui, brute et noire
Il imagine sa femme dans les bras du soleil
Et la jalousie l’embrase, l’obsède,
et l’envahit du doute qu’elle ne revienne jamais
La peur qu’elle ne revienne jamais
Le doute que son amante
Ne revienne jamais
Roi du mortier Roi des briques
La rivière Styx est une rivière de pierre
Et Hadès les empile Hautes et épaisses
Avec un million de mains qui ne sont pas les siennes
Avec un million de mains, il bâtit un mur
Autour de toutes les richesses qu’il creuse sous la terre
La pioche étincelle
Le marteau s’abat
Et dans le fracas et les coups, ses rivières l’encerclent
Et étouffent le son d e la chanson qu’il entendit jadis
Garde ta tête Garde-la bien basse
Oh, tu dois garder Ta tête bien basse
Si tu veux garder ta tête...
Oh, tu dois garder Ta tête bien basse
Garde ta tête Garde-la bien basse
Oh, tu dois Garder ta tête basse
Si tu veux garder ta tête...
Oh, tu dois garder ta tête...
Au cœur de la saison la plus froide de l’année
Pourquoi fait-il si chaud ici-bas ?
Plus chaud qu’un creuset
Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel.
Mon amour, tu es partie si longtemps
Mon amour, j’étais si seul
Alors j’ai forgé une fonderie
Dans la terre, sous tes pieds
Ici, j’ai façonné des objets en acier
Des barils de pétrole et des automobiles
Puis j’ai alimenté ce fourneau
Avec les fossiles des morts
Mon amour, quand tu ressens ce feu
Pense à lui comme à mon désir pour toi
Oh, garde la tête Garde la tête baissée
- C’est fini ? - Tu dois garder la tête baissée
Si tu veux garder ta tête
- Pas encore. - Tu dois garder la tête baissée.
Garde ta tête, garde ta tête baissée...
Il est toujours comme ça ?
Cherchant en haut, cherchant en bas
Pour trouver la nourriture et le bois dont nous avons besoin
Et je garde un œil sur le ciel
Et essaie de croire
Que la chanson sur laquelle il travaille
Va nous protéger du vent, du vent, du vent.
Au cœur de la période la plus sombre de l’année
Pourquoi fait-il si clair ici-bas ?
Plus lumineux qu’un carnaval
Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel
Mon amour, tu es partie si longtemps
Mon amour, j’étais seul
Alors j’ai installé un réseau électrique
Dans le sol où tu te tiens
Et n'était-ce pas électrisant Quand j'ai fait briller les néons
Écran argenté Tube cathodique
Plus lumineux que la lumière du jour
Mon amour, quand tu vois cette lueur
Pense-y comme à mon désespoir pour toi
- Ils ne trouvent pas la mélodie - Orphée.
- Ils ne sentent pas le rythme - Orphée !
Le Roi Hadès est assourdi Par un fleuve de pierre
Pauvre garçon, travaillant sur une chanson.
Et la divine Perséphone est aveuglée par une rivière de vin
Vivant dans l’oubli
Il n’a pas vu venir la tempête
Son or noir coule Dans le monde d’en bas
Et ses sombres nuages s’amoncellent Dans celui d’en haut
- Regarde en haut. - Garde la tête baissée
Et c’est la raison pour laquelle nous sommes sur cette route
Et les saisons sont déréglées
Et le vent est si fort
C’est pour ça que les temps sont si durs, c'est à cause des dieux
Les dieux ont oublié le chant de leur amour
- Chantant, laaa la la la - Oh, tiens bon
- La la la laaa - Tiens bon
Oh, tu dois garder Ta tête bien basse
Si tu veux tenir bon
Oh, tu dois garder ta tête bien basse
Garde ta tête Garde-la bien basse
Oh, tu dois garder Ta tête bien basse
Je regarde en bas, je regarde en haut
Il n’y a plus de nourriture à trouver
C’est déjà assez difficile de se nourrir soi-même
Alors nourrir quelqu’un d’autre…
J’essaie de croire
Que la chanson sur laquelle il travaille
Va m’abriter
- Du vent - Du vent
Eurydice était une jeune fille affamée.
Rends-moi ça !
Elle connaissait le vent...
C’est tout ce qu’on a !
Mais elle n’avait encore jamais rien vu…
- Orphée !
…comme la terrible tempête dans laquelle elle fut prise.
Orphée !
Abrite-nous
Ça n’a pris qu’une minute.
Protège-nous !
Mais la colère des dieux était dans cette tempête.
Chaque année, ça empire, Hadestown, l’enfer sur Terre !
Tu pensais vraiment que j’allais être impressionnée
par cette nécropole de néons ?
Mon amour, qu’es-tu devenu ?
Des wagons de charbon et des barils de pétrole
Des murs d’entrepôts et des sols d’usines…
Je ne te reconnais plus.
Et pendant ce temps, là-haut,
les récoltes dépérissent et les gens meurent de faim,
les océans montent et débordent
Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel.
Mon amour, tout ce que je fais,
Je le fais par amour pour toi.
Si tu ne veux même pas de mon amour
Je le donnerai à quelqu’un qui le voudra
À quelqu’un qui sera reconnaissante de son destin
À quelqu’un qui saura apprécier
Le confort d’une cage dorée
Et qui n’essaiera pas de s’envoler.
Dès que Mère Nature appellera
Quelqu’un qui pourra aimer ces murs
Qui la garderont près de moi et la protégeront,
et qui les considérera comme mon étreinte.
- Chantant... - Baissée, garde la tête
- Garde la tête baissée, - Abrite-nous
Vois-les comme mon étreinte
Mets-moi à l’abri !
Considère-les comme mon étreinte
Pour toi
Hé, petit oiseau chanteur Chante-moi une chanson
Je suis un homme occupé Et je ne peux pas rester longtemps
J’ai des clients à joindre
Des commandes à honorer,
J’ai des murs à bâtir J’ai des émeutes à réprimer
Ils me font vivre l'enfer à Hades.
Hé, petit oiseau chanteur T’as perdu ta langue ?
C'est dommage pour une fille si jolie et si jeune
Quand la pauvreté vient
Pour te couper les ailes
Et te couper le souffle En plein poumon
Hé, personne ne chante Dans le vide
Étrange est l’appel De cet homme étrange
Je veux plonger Et de manger dans sa main
Je veux un doux refuge où atterrir
Je veux m’allonger pour toujours
Hé, petit oiseau chanteur Tu as quelque chose de précieux
Tu brillerais comme un diamant Au fond de la mine
Et le choix t’appartient Si tu es prête à choisir
Puisque tu n’as Rien à perdre
Et moi, je pourrais bien avoir besoin d’un canari
Soudain, plus rien n’est comme avant
Où es-tu maintenant Orphée ?
Ce n’était pas censé être nous deux ?
N’étions-nous pas faits l’un pour l’autre ?
Hé, petit oiseau chanteur Laisse-moi deviner
C’est une sorte de poète Et il n’a pas un sou
Donne-lui ta main
Il te donnera de quoi survivre Au jour le jour
Il t’écrira un poème Quand l’électricité sera coupée
Hé, pourquoi ne pas voler vers le sud Pour l’hiver ?
Hé, petit oiseau chanteur Regarde bien autour de toi
Vois comment les vipères Et les vautours t'encerclent
Et ils te tomberont dessus Ils te dépouilleront
Si tu restes là Dans un endroit aussi désespéré
Tu vois, les gens deviennent cruels Quand tout va mal
Oiseau chanteur contre serpent à sonnette.
Qu'est-ce que c'est ?
Eurydice était une jeune fille affamée.
Ton billet.
Et Hadès lui donna un choix à faire.
Un billet pour les Enfers.
- La vie n’est pas facile - La vie n’est pas juste
Une fille doit se battre Pour obtenir ce qui lui revient
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
- Débrouille-toi - Au diable les autres
Même celui Qui t’aime le plus
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
Que feras-tu quand tout s’écroulera ?
Maintenant que la situation est critique
Oh, mon cœur me fait si mal...
Que feras-tu quand tout s’écroulera ?
Maintenant que tout s’effondre
Viens ici.
- Prends si tu peux - Donne si tu dois
Tu ne peux faire confiance qu’à toi-même
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
- Vise le cœur - Tire pour tuer
Si tu ne le fais pas l’autre le fera
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
Que feras-tu Quand tout va mal ?
Maintenant que la situation est critique
Le premier sera le premier et le dernier, le dernier
Lève les yeux vers le ciel
Et tu recevras un coup de couteau dans le dos
Personne n’est vertueux
Personne n’est fier Personne n’est innocent
Maintenant que tout s’écroule
Maintenant que, maintenant que Maintenant que, maintenant que
Maintenant que la situation est critique.
Orphée Mon cœur t’appartient
Il l’a toujours été et le sera toujours
Mais je ne peux ignorer ce que mon instinct me dit,
Orphée
J’ai faim
Oh mon cœur voudrait rester
Mais la chair finira par avoir raison de moi.
Oh, le chemin est sombre et long
Je suis déjà
partie...
Je pars.
Allez-y, faites-lui porter le blâme,
Parlez de vertu
Parlez de péché
Mais n’auriez-vous pas fait la même chose
À sa place
Dans sa peau
Gardez vos principes
Quand vous avez le ventre plein
Mais la faim a son mot à dire
Et nul ne sait
Ce que vous êtes capable de faire
Quand tout est au plus mal
Maintenant que tout s’écroule
Que feras-tu quand tout s’écroule ?
Maintenant que la situation est critique
- Monsieur Hermès ! - Hé, le grand artiste !
Tu ne travailles pas sur ton chef-d’œuvre ?
- Où est Eurydice ? - Mon frère, qu’est-ce que ça peut te faire ?
Tu trouveras une autre muse ailleurs.
- Où est-elle ? - Pourquoi veux-tu le savoir ?
Où qu’elle soit, c’est là que j’irai.
Et si je te disais qu’elle est en bas ?
- En bas ? - En bas.
Six pieds sous terre.
Elle a crié ton nom avant de partir.
Mais j’imagine tu n’écoutais pas.
Non...
Alors… Jusqu’où serais-tu prêt à aller pour elle ?
Jusqu’à la fin des temps
Jusqu’au bout du monde
Tu as un billet ?
- Non. - Je m’en doutais
Il y a bien sûr une autre voie, mais—
Non, je ne suis pas censé le dire.
- Une autre voie ? - Par derrière.
Mais c’est pas facile, mon gars.
Ce n’est pas pour les âmes sensibles.
Alors, tu veux vraiment y aller ?
De tout mon cœur.
De tout ton cœur.
Bon…
C’est un début.
Comment rejoindre Hadestown ?
Il faut prendre Le chemin le plus long, vers le bas
Par les souterrains Sous le voile de la nuit
En rasant les murs Sans se faire voir
Pas de boussole, mon frère, pas de carte
Juste un fil téléphonique Et un rail
Continue de marcher Et ne te retourne pas
Jusqu’à ce que tu atteignes Les profondeurs
Attends-moi
J’arrive
Attends
Je viens avec toi
Attends-moi !
Je viens aussi Je viens aussi
Le Styx est haut et large
Des briques de cendre et des barbelés
Des murs de fers et de béton
Des chiens de meute hurlant Autour de la porte
Mais ils se coucheront et feront les morts
Si tu as des os Si tu as du pain
Mais si tout ce que tu as Ce sont tes deux jambes
Sois simplement content de les avoir
Attends-moi
J’arrive
Attends, je viens avec toi
Attends-moi
Moi aussi, je viens Moi aussi, je viens
Qui es-tu ?
Où crois-tu aller ?
Qui es-tu ?
Pourquoi es-tu seul ?
- Qui crois-tu - Que tu es ?
Qui es-tu
Pour penser pouvoir emprunter un chemin
Que personne n'a jamais emprunté ?
Tu es en fuite Tu es recherché
Ne donne pas ton nom Tu n’en as pas
Et ne regarde personne dans les yeux
Cette ville essaiera De t’aspirer
Ils t’aspireront l’esprit Ils t’aspireront le souffle
Ils t’arracheront le cœur de ta poitrine
Ils te vêtiront de tes habits du dimanche
Et te boucheront la bouche avec du coton
Attends-moi, j’arrive
Attends, je viens avec toi
Attends-moi
Moi aussi j’arrive J’arrive
- J’arrive, attends-moi - Attends !
J’entends les murs qui répètent
- Attends ! - Le rythme de mes pas
Comme un battement de tambours
- Attends ! - Et je ne suis pas seul
- Attends ! - J’entends les rochers et les pierres
- Attends ! - Répéter ma chanson
- J’arrive - J’arrive
J’arrive
Pourquoi bâtir ce mur ?
Mes enfants, mes enfants
Pourquoi bâtir ce mur ?
Pourquoi bâtir ce mur ?
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Voilà pourquoi nous bâtissons ce mur
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Comment ce mur nous garde-t-il libres ?
Mes enfants, mes enfants
Comment ce mur nous garde-t-il libres ?
Comment ce mur nous garde-t-il libres ?
Le mur tient l’ennemi à distance
Et nous bâtissons ce mur pour rester libres
Voilà pourquoi nous bâtissons ce mur
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Qui appelons-nous l’ennemi ?
Mes enfants, mes enfants
Qui appelons-nous l’ennemi ?
Qui appelons-nous l’ennemi ?
L’ennemi, c’est la pauvreté
Et le mur tient l’ennemi à distance
Et nous bâtissons ce mur pour rester libres
Voilà pourquoi nous bâtissons ce mur
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Parce que nous avons et qu'eux n'ont rien
Mes enfants, mes enfants
Parce qu’ils veulent ce que nous avons
Parce que nous avons et qu'eux n'ont rien
Parce qu’ils veulent ce que nous avons
L’ennemi, c’est la pauvreté
Et le mur tient l’ennemi à distance
Et nous bâtissons ce mur pour rester libres
Voilà pourquoi nous bâtissons ce mur
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Qu’avons-nous qu’ils puissent désirer ?
Mes enfants, mes enfants
Qu’avons-nous qu’ils puissent désirer ?
Qu’avons-nous qu’ils puissent désirer ?
Nous avons un mur à bâtir
Nous avons du travail, et eux n’en ont pas
Et notre travail n’est jamais fini Mes enfants, mes enfants
Et la guerre n’est jamais gagnée !
L’ennemi, c’est la pauvreté
Et le mur tient l’ennemi à distance
Et nous bâtissons ce mur pour rester libres
Voilà pourquoi nous bâtissons ce mur
Nous bâtissons ce mur pour rester libres
Nous bâtissons ce mur
Pour rester
Libres
Alors Hadès dit à Eurydice :
Il y a des papiers à signer.
Entre dans mon bureau.
Et il referma la porte derrière lui.
Beaucoup de choses peuvent arriver à huis clos.
Ça, c’est certain, mon frère, c’est un fait.
Mais beaucoup de choses peuvent arriver sur le sol de l’usine…
Quand le contremaître a le dos tourné...
Quelqu’un veut boire un verre ?
Entre dans mon bureau.
J’sais pas ce qu’il en est pour vous, les gars
Mais si vous êtes comme moi À traîner par ici
Dans ce vieux trou d’égout Ça vous tire vers le bas
Six pieds sous terre Ça vous ronge
Le mal du pays s’installe
Vous devenez fou d’ennui Vous tournez en rond
Vous auriez bien besoin d’un petit remontant
Je peux vous donner ce dont vous rêvez
Un petit quelque chose du bon vieux temps
J’ai le vent Juste là, dans un bocal
J’ai la pluie à volonté au bar
J’ai le soleil posé sur l'étagère
Permettez-moi de me présenter
Mon frère, comment je m’appelle ?
Mon nom est
Notre Dame des Souterrains
Mon frère, comment je m’appelle ?
Notre Dame des chemins
Notre Dame des moyens
Mon frère, comment je m’appelle ?
Mon nom est
Notre Dame du monde à l'Envers !
Tu veux savoir mon nom ? Je vais te dire mon nom…
Perséphone !
Viens ici, mon frère Laisse-moi deviner
Ce sont les petites choses qui te manquent
Les fleurs du printemps
Les feuilles d’automne
Demande-moi, mon frère Et tu recevras
Ou peut-être que cela ne suffit pas
Peut-être cherches-tu quelque chose de plus fort
J’ai de quoi ravir les yeux les plus endoloris.
À quand remonte la dernière fois que tu as vu le ciel ?
Essuie tes larmes, mon frère
Mon frère, je sais ce que tu ressens
Je vois bien que toute cette tristesse t’aveugle.
Mais regarde d’un peu plus près
Tout va être révélé
Regarde d'un peu plus près et...
Il y a une brèche dans le mur !
Mesdames et messieurs, Daniel Higham au trombone !
David Kadumukasa au violoncelle !
Ros Stepen au violon !
Brad Webb aux percussions !
Beth Symmons à la basse !
À la guitare, David Delarre !
Et Tarek Merchant aux claviers !
Tu veux des étoiles ?
J’ai un ciel tout entier
Glisse une pièce dans la fente Et tu vas en prendre plein les yeux !
Tu veux la lune ? Ouais, je l’ai aussi
Elle est juste là, qui t’attend Pour tes yeux, si tu paies
Ça fait combien de temps ?
Un peu de clair de lune Ce n’est pas un péché
Dis à mon mari de prendre son temps !
Ce que le patron ignore ne lui fera pas de tort.
- Le pacte est signé. - Oui.
- Il était temps. - Au travail.
J’ai fait ce que je devais faire.
C’est ce qu’ils ont fait aussi.
À Hadestown Il y avait beaucoup d’âmes
Baisse la tête Baisse la tête
Qui travaillaient de toutes leurs forces à bâtir le mur.
Tu dois garder ta tête...
Vous voyez, ils gardaient la tête baissée.
Si tu veux garder ta tête
On distinguait à peine leurs visages,
Mais on pouvait les entendre chanter.
Baisse la tête Baisse la tête
Ils frappaient de leurs marteaux le sol froid et dur,
On entendait résonner les pioches
Si tu veux garder ta tête
Et ils appelaient ça « la liberté »
Je suis Eurydice.
Est-ce que quelqu’un m’entend ?
- Ils entendent. - Mais ils s’en moquent.
Personne n’a de nom ici-bas.
Monsieur Hadès t’a libérée
Pour que tu travailles jusqu’à t’épuiser
Libre de passer l’éternité…
- À l’usine - Et à l'entrepôt
Où les sifflets hurlent
Et où le contremaître aboie…
- Et tu pointes à l’entrée ! - Et tu pointes à l’entrée !
Et tu pointes à l’entrée !
Mais tu ne peux pas pointer à la sortie
Et tu es tout en bas à Hadestown
Tout en bas, à Hadestown
Tout en bas sous la terre
Pourquoi personne ne me regarde ?
- Ils peuvent regarder. - Mais ils ne voient pas.
- Tu vois ? - C’est plus facile comme ça.
Un jour, tes yeux seront comme les leurs.
Là-bas, dans le fleuve de l’oubli…
Tu as dit adieu à ta petite vie.
Et Hadès a posé ses mains sur toi…
Et t’a offert la vie éternelle !
Et des heures supplémentaires éternelles
- À la mine - Dans le moulin
Et aux machines
Ta place sur la chaîne de montage…
Qui remplace tous tes souvenirs.
Tout en bas, à Hadestown
Tout en bas sous la terre
Comment ça, mes yeux seront comme ça ?
C’est ça, l’oubli.
- Oublier quoi ? - Qui tu es.
Et tout ce qui est arrivé avant.
- Je dois partir ! - Partir où ?
- Revenir en arrière. - Ah, et où est-ce ?
Alors, comment tu t’appelais déjà ?
Tu as déjà oublié.
Vous voyez, c’est comme je vous le disais :
beaucoup de choses peuvent arriver à huis clos
Eurydice était une jeune fille affamée
Mais elle n’avait plus faim
Ce qu’elle était, en revanche, c’était morte
Morte pour le monde, en tout cas
Vous voyez, elle est passée derrière ces portes et elle a vendu sa vie.
J’ai vu la roue dans le ciel
J’ai entendu sonner le glas
Beaucoup d’âmes doivent mourir
Pour que les Enfers continuent de tourner.
Beaucoup d’esprits doivent se briser
Pour que les Enfers continuent de tourner.
Tout en bas, à Hadestown
Tout en bas sous...
La terre
Tout ce que je voulais, c’était m’endormir
Fermer les yeux et disparaître
Comme un pétale sur l'eau
Une plume dans les air
Blanche comme un lys
Et rouge comme un coquelicot
J’ai tremblé quand il m’a allongée
« Tu ne sentiras rien » m’a-t-il dit
« Quand tu descendras »
Plus rien ne pourra te réveiller
Maintenant
Les rêves sont doux
Jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus
Les hommes sont bons
Jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus
Les fleurs éclosent
Jusqu’à ce qu’elles fanent et tombent en poussière
Est-ce que quelqu’un m’entend ?
J’ouvre la bouche Et rien n'en sort
Rien, rien ne pourra me réveiller
Maintenant
Des fleurs
Je me souviens des champs de fleurs
Douces sous mes talons
Marcher au soleil
Je me souviens de quelqu’un Quelqu’un à mes côtés
Qui tournait son visage vers moi
Et puis je me suis détournée
Vers l’ombre
Toi
Celui que j’ai laissé derrière moi
Si jamais tu passes par ici
Viens me trouver
Allongée dans le lit
Que j’ai fait
Rentre avec moi !
- C’est toi. - C’est moi.
Orphée
Eurydice
Je t’ai appelé tout à l’heure—
- Je sais. - Tu as entendu ?
Non.
Monsieur Hermès me l’a dit.
Quoi qu’il soit arrivé, c’est ma faute.
Non, non.
Tu as appelé mon nom...
Tu es venu !
Mais comment es-tu arrivé ici ?
En train ?
Non, j’ai beaucoup marché.
Comment as-tu passé le mur ?
J’ai chanté une chanson si belle
Que les pierres en ont pleuré, et elles m’ont laissé passer
Et je peux nous ramener chez nous en chantant
Non, tu ne peux pas.
Si, je peux.
Non, tu ne comprends pas.
Jeune homme !
Je ne crois pas qu’on se connaisse.
T'es pas d'ici, fiston.
Je sais pas qui diable tu es
mais une chose est sûre : t’as rien à faire ici.
Ici, ce sont des gens qui travaillent, fiston !
Des citoyens honnêtes.
Retourne d'où tu viens.
T’es du mauvais côté de la barrière.
Hadès, je connais ce garçon.
Un de ces chômeurs ?
- Il s'appelle Orphée. - Toi, mêle-toi de tes affaires.
Orphée était un pauvre garçon.
T’as entendu, fiston ?
On pourrait dire qu’il était naïf...
Tu ferais mieux de courir !
Mais ce pauvre garçon a élevé la voix
le cœur à découvert
Non, Orphée, tu devrais partir.
Je ne repartirai pas seul.
Je suis venu pour la ramener.
Pour qui tu te prends, au juste ?
Tu crois parler à qui ?
Elle ne pourrait aller nulle part, même si elle le voulait.
T’es pas d’ici, fiston.
Si tu l’étais, tu saurais
que tout ce qui se trouve à Hadestown,
et tous ceux qui y vivent, m’appartiennent.
Mais je n’achète que
ce que d’autres choisissent de vendre.
Ah, tu ne le savais pas ?
Elle a signé le pacte elle-même.
- Et maintenant, elle... - Ce n’est pas vrai.
- m’appartient. - Ce n’est pas vrai !
Ce qu’il a dit...
- Eurydice ! - Si.
Je l'ai fait.
Quant à toi...
Tout le monde, rassemblez-vous !
Que tout le monde regarde
Voilà ce qui arrive aux intrus
qui ne respectent pas la propriété privée !
Pourquoi lutter ? Pourquoi s'acharner ?
Pourquoi faire des histoires ? Pourquoi faire un scandale ?
Pourquoi nager contre le courant
Pourquoi remonter le courant ?
Ça ne sert, ça ne sert Ça ne sert à rien
Tu es condamné, tu es condamné Tu es condamné à perdre
Ce qui est fait, ce qui est fait Ce qui est fait est fait
C’est comme ça que coule la rivière
Alors pourquoi se mouiller ? Pourquoi te donner tant de mal ?
Pourquoi gaspiller ton précieux souffle ?
Pourquoi t’en faire pour si peu ?
Rien ne change
De toute façon
Si c’est vrai ce qu’ils disent
S’il n’y a plus rien à faire
Si c’est vrai qu’il est trop tard
Et que celle que j’aime est partie
Si c’est vrai ce qu’ils disent
C’est donc ça, le monde ?
Être vaincu, trahi
Puis entendre Que rien ne change ?
Ce sera toujours ainsi ?
Si c’est vrai ce qu’ils disent
Alors je m’en irai
Et le garçon se retourna pour partir.
Pensant que nul ne pouvait l’entendre.
Mais tout le monde sait que les murs ont des oreilles.
Et les ouvriers l’entendirent.
Si c’est vrai ce qu’ils disent
Leurs marteaux frappaient encore.
À quoi bon être un homme
Et ils cessèrent leur ouvrage.
Juste pour détourner les yeux
Quand ils l’entendirent chanter
Et tout abandonner ?
Plus de marteaux qui résonnent.
À quoi ça sert d’avoir une colonne vertébrale
Plus de pioches qui résonnent.
si on ne se tient jamais debout ?
Et ils se tinrent là, à écouter
Si on tourne le dos aux autres
Ce pauvre garçon qui chante
Alors qu’on aurait pu être à ses côtés ?
Si c’est vrai ce qu’ils disent
Alors je m’en irai.
Mais qui sont-ils pour dire
Ce qu’est la vérité, de toute façon ?
Car ceux qui racontent les mensonges
Sont les premiers à jurer qu’ils disent vrai.
Et ceux qui truquent les dés
Disent toujours que le jeu est juste.
Et ceux qui distribuent les cartes
Distribuent les cartes
Sont ceux qui trichent à chaque tour
La main sur le cœur
Pendant que nous jouons La partie qu’ils ont truquée
Et ceux qui disent comment les choses sont
Comment les choses sont
Disent toujours que c’est définitif
Et nul ne répondra
À la question que personne ne pose
Alors je vous le demande : si c’est vrai
Je me demande, et à toi, à toi, à toi !
Je crois que notre réponse compte
Plus que tout ce qu’ils disent
Nous nous tenons debout et écoutons
Nous nous tenons debout
Je crois que s’il reste une volonté
Alors il reste un chemin
Nous sommes avec lui
Je crois qu’il existe un chemin
Je crois en nous, tous ensemble, plus qu’en chacun de nous, seul
Nous sommes près de lui
Près de lui
Je crois qu’ensemble
Nous sommes plus forts qu’ils ne le pensent
Nous l’entendons
Je crois que nous sommes plus forts Qu'ils ne le pensent
Je crois que nous sommes nombreux
Et qu’ils sont peu
- Nous restons debout - Nous restons debout
Et ce n'est pas aux quelques-uns
De dire aux nombreux ce qui est vrai
Nous le comprenons
Alors je vous le demande :
Si c’est vrai ce qu’ils disent
Debout
Alors je m’en irai
Debout
Dites-moi quoi faire
Debout
Est-ce vrai ?
Est-ce vrai, ce qu’ils disent ?
De quoi as-tu peur ?
Quoi ?
Ce n'est qu’un garçon amoureux.
Tu veux pas boire un coup ?
Non, j’en ai assez.
Il aime cette fille, Hadès.
Eh bien, tant pis.
Il l’aime comme toi et moi, autrefois.
Cette fille ne signifie rien pour moi.
Je sais. Mais pour lui, elle est tout.
Et alors?
Laisse-la partir.
Hadès, mon mari
Hadès, ma lumière
Hadès, mes ténèbres
Si tu avais entendu son chant ce soir
Tu prendrais pitié du pauvre Orphée
Tout son chagrin ne tient pas dans sa poitrine
Il brûle comme un feu au creux de sa poitrine
Et son cœur est un oiseau embroché dans sa poitrine
Combien de temps combien de temps, combien de temps
Combien de temps?
Aussi longtemps qu’Hadès sera roi
Rien ne vient en faisant des vœux aux étoiles
Et rien ne vient des chants que les gens entonnent,
Aussi tristes soient-ils.
Donnez-leur un doigt, ils prendront le bras
Montrez-leur une fissure, ils abattront le mur
Prêtez-leur l’oreille, et le royaume tombera
Le royaume tombera pour une chanson.
Que lui importe la logique des rois ?
Les lois de ton royaume souterrain ?
Il ne chante que par amour
Il chante par amour pour cette fille
Ta pitié et toi n’avez pas votre place dans mon lit
Elle brûle comme un feu au creux de mon lit,
Et je tourne comme un oiseau sur le feu, dans mon lit
Combien de temps Combien de temps, combien de temps ?
Combien de temps?
Aussi longtemps que je serai ta femme.
Il est vrai que la terre doit mourir
Mais la terre renaît ensuite
Et le soleil doit continuer de se lever
Et comment le soleil peut-il seulement tenir dans le ciel ?
Il brûle comme un feu au creux du ciel,
Et la terre est un oiseau embroché dans le ciel.
Combien de temps ? Combien de temps ?
Combien de temps ?
Maintenant, tout le monde sait que les murs ont des oreilles.
- C’est vrai ? - C’est vrai ?
C'est quoi, ce bruit ?
Et les murs avaient entendu ce que le garçon disait.
- Est-ce vrai ? - Est-ce vrai ?
C’est le garçon !
Un million de tonnes de pierre et d’acier...
- Est-ce vrai ? - Est-ce vrai ?
Et ils reprirent son refrain.
Baisse la tête Baisse la tête
Oh, tu dois garder ta tête bien basse
Si tu veux garder ta tête
Tu dois garder ta tête bien basse
Baisse la tête Baisse la tête
Tu dois garder ta tête basse
Si tu veux garder la tête Oh, tu dois...
Pourquoi détournons-nous le regard quand notre frère saigne ?
Oh, baisse la tête
Pourquoi bâtir un mur pour ensuite l’appeler liberté ?
Oh, baisse la tête
Si nous sommes libres
Dis-moi pourquoi
Je ne peux pas soutenir le regard de mon frère
- Baisse la tête... - Jeune homme !
Faut reconnaître que t’as du cran.
On dirait que t’as pas froid aux yeux, hein ?
T’es courageux ou complètement fou, mon garçon ?
Peu importe.
Parce qu’il semblerait que ta chanson ait fait
forte impression sur ma femme.
Mais chanter des chansons ne suffit pas
Pour garder une femme dans tes bras
Crois-en un homme qui n'est plus tout jeune
Si tu veux garder une femme, mon garçon
Passe-lui une chaîne autour du cou
Faite de plusieurs carats d’or
Enchaîne ses poignets l’un à l’autre
Avec des bracelets d’argent massif
Remplis ses poches de pierres
De pierres précieuses, de diamants
Lie-la avec une bague en or
Crois-en un vieil homme
Si j’élève la voix
- Si j’élève la voix - Si j’élève la...
Garde la tête basse
- Si je relève la tête - Si je relève la tête
- Si je relève la tête - Garde la tête basse
Puis-je changer mon destin ?
- Puis-je changer - Puis-je changer mon destin ?
Garde la tête basse
Si je haussais la voix ? Puis-je changer
Garde la tête basse
Puis-je changer ce qui est ?
Pourquoi détourner les yeux au lieu de se tenir à ses côtés ?
Oh, baisse la tête
Pourquoi creuser nos propres tombes pour gagner notre vie ?
Oh, baisse la tête
Si nous sommes libres, dis-moi pourquoi
Nous ne pouvons même pas tenir debout
Si nous sommes libres, dis-moi quand
Nous pourrons nous tenir aux côtés des nôtres.
- Baisse la tête... - Jeune homme !
J'ai été jeune autrefois
J'ai chanté une chanson d'amour comme toi
Fiston, moi aussi on m’a laissé tomber
On m’a trahi une fois de trop
Maintenant je chante une autre chanson
Une chanson sur laquelle je peux compter
Une mélodie simple
Un rythme régulier
La musique des machines
Entends-tu ce son de métal lourd ?
La symphonie d’Hadestown.
Et dans ma symphonie
Il y a des accords puissants Et des lignes à haute tension
Jeune homme !
Toi, tu pinces ta lyre
Moi, j’ai tissé le monde de fils.
Jeune homme !
Tu peux chanter ta chansonnette
Moi, je fais vibrer toute la ville !
Je vais te dire une chose, jeune homme :
Puisque ma femme est tellement fan
Et puisque je vais compter jusqu’à trois
Avant de mettre fin à tes misères...
Un !
Donne-moi une chanson de plus
Une dernière chanson avant que je t’envoie...
Deux !
Dans l’au-delà
Là où plus personne ne pourra t’entendre chanter
Trois !
Chante une chanson pour moi
Fais-moi rire Fais-moi pleurer
Fais rajeunir le roi
Chante !
Pour un vieil homme
Roi des ombres
Roi des ténèbres
Hadès était le roi des Enfers
Oh, c’est de moi qu'il parle ?
Poursuis.
Mais il tomba amoureux d’une belle femme
Qui vivait là-haut
Dans les champs verts de sa mère
Il tomba amoureux de Perséphone
Qui cueillait des fleurs sous la lumière du soleil
Et je sais ce qu’il ressentait, car...
il était comme moi.
Un homme
Amoureux d’une femme
Chantant...
D’où tiens-tu cette mélodie ?
Laisse-le finir, Hadès.
Et tu ne savai pas comment,
Et tu ne savais pas pourquoi
Mais tu savais que tu voulais la ramener chez toi
Tu la vis seule, sous le ciel
Comme si tu la connaissais depuis toujours
Comme si tu tenais le monde entier
En la tenant dans tes bras
Comme si le monde entier
Tenait dans ses bras
Et tu n’avais pas de mots pour dire ce que tu ressentais,
Alors tu ouvris la bouche et tu te mis à chanter...
Non !
Qu’est devenu le cœur de cet homme
Maintenant que l’homme est roi ?
Qu’est devenu le cœur de cet homme
Maintenant qu’il possède...
Tout
Plus il possède
Plus il retient
Plus lourd est le poids Du monde sur ses épaules
Regardez-le peiner sous ce fardeau
Peur de lever les yeux, peur de lâcher prise
Alors il baisse la tête
Courbe encore le dos
Il a si peur de perdre tout ce qu’il possède
Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que ce qu’il défend
Est déjà perdu
Où est le trésor au fond de ton cœur ?
Où est ton plaisir ?
Où est ta jeunesse ?
Où est l’homme
Les bras grands ouverts
Vers la femme qu’il aime
Sans rien à perdre ?
Chantant...
Orphée était un pauvre garçon
mais il avait un don à offrir.
Ce pauvre garçon a remis le monde à l’unisson
Voilà ce qu’il a fait
Et Hadès et Perséphone, ils ont joint leurs mains.
Et, mon frère, tu sais ce qu’ils ont fait ?
Ils ont dansé.
Orphée ?
Oui ?
Tu l'as fini.
Oui.
Et maintenant, je fais quoi ?
Tu me ramènes chez nous !
Allons-y.
Allez, viens, allons-y !
- D’accord, allons-y. - Oui.
Comment ?
Nous marcherons.
Tu connais le chemin.
Nous allons juste refaire le chemin que tu as pris
C'est une longue route C'est une longue marche
Pour retrouver le froid et l’obscurité
Es-tu sûre de vouloir partir ?
Ramène-moi chez nous
Je n'ai pas de bague pour ton doigt
Ni de banquet à te préparer
Ni de lit de plumes où t’allonger
Quelles que soient les promesses que j’ai faites
Je ne peux pas te promettre un ciel sans nuages
Ni une route douce sous nos pas
Mais je marcherai près de toi, mon amour
Quel que soit le souffle du vent
Je n'ai pas besoin d'or Je n'ai pas besoin d'argent
Juste du pain quand j'ai faim D'un feu quand j'ai froid
Je n'ai pas besoin d'une bague pour mon doigt
J’ai seulement besoin d’une main qui me tienne
Ne me promets pas un ciel sans nuages
Ne me promets pas une route sans peine
Marche seulement près de moi, mon amour,
Quel que soit le souffle du vent
Et lui alors ?
Il nous laissera partir.
Regarde-le.
Il ne peut pas dire non.
Et eux ?
Nous leur montrerons le chemin.
Si nous pouvons le faire, eux aussi.
Je ne sais pas où cette route nous mènera
Mais je la prendrai avec toi, main dans la main
Je ne peux pas te promettre un ciel sans nuages
Ni une route douce sous nos pas
Mais je marcherai près de toi, mon amour
Quel que soit le souffle du vent
Tu me laisses marcher à tes côtés ?
- Je le veux. - Je le veux.
Je le veux.
Et continuer d’avancer, quoi qu’il arrive ?
- Je le ferai. - Je le ferai.
Nous le ferons.
Et ainsi le pauvre garçon demanda au roi.
Pouvons-nous y aller ?
Et voici ce que le roi lui répondit.
Je ne sais pas.
- Il faut réfléchir vite - Il faut sauver la face
Pris entre le marteau et l'enclume
Que vas-tu faire ? Que vas-tu faire ?
Que vas-tu faire ? Que vas-tu faire maintenant ?
Si tu leur dis non...
Tu es un homme sans cœur
Et tu vas avoir un martyr entre les mains
Si tu le laisses partir...
Tu es un roi sans courage
Et tu ne les tiendras plus jamais en laisse !
Maudit si tu ne fais rien Maudit si tu agis
Toute la maudite nation te regarde
Que vas-tu faire ? Que vas-tu faire ?
Que vas-tu faire ? Que vas-tu faire maintenant ?
Voici un petit conseil...
Un mot pour les sages...
Un petit mot de sagesse...
Les hommes sont des imbéciles
Les hommes sont fragiles
Donne-leur la corde
Et ils se pendront eux-mêmes
Que le diable emporte cet Orphée
Et son baiser de belladone !
Magnifique.
Toxique.
Charmant.
Mortel.
Dangereux, ce valet de cœur
Avec son baiser
La révolte éclate
Tous mes enfants sont venus ici sans le sou
À réclamer le gîte et le couvert
Mais maintenant, que réclament-ils?
La liberté
La liberté
Ai-je fait de moi leur maître
Pour finir par tomber sur l'épée
D'un pauvre accord en mineur ?
Qui va les guider ?
Qui va mener à bien tous nos projets ?
Qui va donner du travail aux mains oisives ?
Il n’y a qu’une chose à faire
Les laisser partir
Mais à certaines conditions...
Une seule condition
Orphée, le soussigné,
s'engage à ne pas se retourner.
Elle sera hors de sa vue, et lui hors de son esprit.
Tout lâche se croit courageux
À l'abri de la foule
Le courage est contagieux
Quand l'orchestre joue à plein volume.
Rien ne rend un homme si hardi
Qu'un sourire de femme et une main à tenir
Mais seul, son sang se glace
Et le doute vient
Le doute s’installe
Alors ?
Eh bien, la bonne nouvelle,
c’est qu’il a dit que vous pouviez partir.
– Il l’a dit ? – Il l’a dit ?
Il l’a dit ?
Il l’a dit…
Mais il y a une mauvaise nouvelle.
Laquelle ?
Vous pouvez partir,
mais pas comme vous l’aviez prévu.
– Comment ça ? – Pourquoi ?
Vous ne marcherez pas main dans la main.
Vous ne serez pas bras dessus, bras dessous,
côte à côte, ni rien de tout ça.
Il a dit que tu devais marcher devant,
et qu’elle devait marcher derrière.
Pourquoi ?
Et si tu te retournes pour vérifier qu’elle te suit,
alors, elle retournera à Hadestown et là, tu ne pourras plus rien faire.
Mais pourquoi ?
Pourquoi ériger des murs ?
Faire marcher les gens en file indienne ?
Diviser pour régner, c’est ainsi qu’on fait.
- C’est un piège ? - C’est une épreuve.
Vous vous faites confiance ?
- Vous avez confiance en vous-même ? - Oui.
Écoute, mon frère, si tu veux sortir de l’enfer,
tu devras le prouver face aux dieux et aux hommes.
Vous en êtes capables ?
Oui.
Alors, il est temps d’y aller.
Monsieur Hermès ?
Oui.
Ce n’est pas un piège ?
Non !
C’est une épreuve.
Le chien le plus méchant que tu rencontreras
Ce n’est pas le chien errant dans la rue
Il montre les crocs, il mord, il arrache la peau
Mais, mon frère c’est là tout le mal qu’il peut faire
Maintenant le chien qu’il faut vraiment craindre
C’est celui qui hurle dans ta tête
C'est lui dont le hurlement Fait perdre la raison
Et brise l'esprit
Attends-moi
J'arrive
Attends, je viens avec toi
Attends-moi
J'arrive aussi J'arrive aussi
Montre-moi le chemin pour qu’on puisse voir
Montre-nous ce que le monde pourrait être
Si tu peux le faire, elle le peut aussi
Si elle peut le faire, alors nous aussi
Montre-nous ce que le monde pourrait être
Montre le chemin pour que nous y croyions
Nous suivrons là où tu nous mèneras
Nous te suivrons si tu montres le chemin
- Tu crois qu’ils vont y arriver ? - Je ne sais pas.
Montre le chemin
Hadès, tu les as laissés partir.
Montre le chemin
Je les ai laissés essayer.
- Et nous deux, alors ? - Montre le chemin
- On essaie encore ? - Montre le chemin
C’est le printemps.
On réessaiera l’automne prochain.
- Attends-moi ? - Je t'attendrai.
Attends-moi
J’arrive
Attends, je viens avec toi
Attends-moi
Moi aussi, je viens Moi aussi, je viens
Qui es-tu ?
Pour qui te prends-tu ?
Qui es-tu ?
Qui es-tu pour la guider ?
Qui es-tu pour les guider ?
Qui es-tu pour penser que tu peux
Relever la tête Plus haut que tes semblables ?
Tu as une route solitaire à parcourir
Et elle ne passe pas par les rails
Ni par le bitume
Que tu as déjà emprunté cent fois
Je vais te dire où se trouve la vraie route
Entre tes oreilles Derrière tes yeux
C’est le chemin vers le Paradis
Tout comme celui qui mène à la ruine.
- Attends-moi, j’arrive - J’arrive
Attends, je viens avec toi
- Attends-moi, j’arrive aussi - J’arrive
Attends-moi
- J’arrive - J’arrive
- J’arrive - Attends, je viens avec toi
- J’arrive - Attends, j’arrive
Montre le chemin
- J’arrive, attends-moi - Montre le chemin
- J’entends les murs qui répètent - Montre le chemin
Le bruit de nos pas qui tombent
- Comme un roulement de tambours - Montre le chemin
- Et nous ne sommes pas seuls - Montre le chemin
- J’entends les pierres, les rochers - Montre le chemin
Qui reprennent notre chant
- J’arrive - J’arrive, j’arrive
Le doute vient
Le vent change
Le doute vientite
Comme il souffle froid
Le doute vient
Et trouve un homme
Marchant seul sur la route
Où est-elle ?
Où est-elle maintenant ?
Le doute vient
Qui suis-je ?
- Où crois-je aller ? - Le doute vient
Qui suis-je ?
- Pourquoi suis-je seul ? - Le doute vient
Qui suis-je donc ?
Qui suis-je pour penser qu’elle me suivrait
Dans le froid et les ténèbres encore ?
Où est-elle ?
Où est-elle maintenant ?
Orphée
- Tu m'entends ? - Tu m'entends ?
- Je suis juste là - Nous sommes tous là
- Et je le serai jusqu’à la fin - Jusqu’à la fin
- Et la nuit la plus froide - La nuit la plus froide
- De l’année la plus glaciale - L’année la plus glaciale
Survient juste avant le printemps
Qui suis-je ?
Qui suis-je face à lui ?
Qui suis-je ?
Pourquoi me laisserait-il gagner ?
Pourquoi la laisserait-il partir ?
Qui suis-je pour croire qu’il ne me tromperait pas
Juste pour me laisser partir seul ?
- Le doute vient - Est-ce un piège
- Le vent tourne - qu’on me tend ?
Le doute vient
Est-ce une ruse...
- Comme l’obscurité grandit - ... qu’on me joue ?
Le doute vient
Je voyais autrefois
- Et trouve un homme sur la route - ... le monde autrement
- Marchant seule sur la route - Mais désormais je ne vois plus
Que le monde tel qu’il est...
Où est-elle ?
Où est-elle maintenant ?
Orphée
Tu n’es pas seul
Je suis juste derrière toi
Et je l’ai toujours été
Et l’heure la plus sombre
De la nuit la plus noire
Survient juste avant...
C’est toi.
C’est moi.
Orphée...
Eurydice...
Bien...
C’est une vieille chanson
C’est une vieille histoire
D’un temps très ancien
C’est une vieille chanson
Et voilà comment elle se conclut.
C’est ainsi que ça se déroule
Ne demande pas pourquoi, mon frère
Ne demande pas comment
Il a pu toucher au but de si...
Près
Cette chanson fut écrite il y a longtemps
Et c’est ainsi que ça se déroule.
C’est une chanson triste
C’est un conte triste
C'est une tragédie.
C’est une chanson triste
Mais nous la chantons quand même.
Car voilà le paradoxe
On sait comment elle finit
Et pourtant on recommence à la chanter
Comme si, cette fois, elle pouvait finir autrement.
C’est un ami qui me l’a appris
Vous voyez, Orphée était un garçon sans le sou
Quelqu’un a une allumette ?
- Mais il avait un don à offrir. - Donne-moi ça.
Il pouvait vous faire voir le monde tel qu’il pourrait être...
Malgré le monde tel qu’il est.
Vous le voyez ?
Vous l'entendez ?
Vous le sentez Comme un train ?
Est-ce qu'il arrive ?
Est-ce qu'il vient par ici ?
Par une journée ensoleillée il y avait un wagon de chemin de fer
Et une dame descendit du train
Tout le monde regarda Et tout le monde vit
Que le printemps était de retour
- Avec une chanson d’amour - Avec une chanson d’amour
Avec une chanson d'amour
Avec le récit d’un amour d’autrefois
- C’est une triste chanson - Une triste
C’est une triste chanson
Mais nous continuons de la chanter malgré tout
C’est une vieille chanson
- Une vieille chanson - Une vieille chanson
C'est un vieux récit d'autrefois
Et nous allons la chanter
Encore et encore
Nous allons chanter Nous allons chanter
- C'est une chanson d'amour - C'est une chanson d'amour
C’est une chanson d'amour
C'est une histoire d'amour d'autrefois
C’est une triste chanson
- C’est une triste chanson - C’est une triste chanson
Mais nous continuons de la chanter malgré tout
- C’est une vieille chanson - C’est une vieille chanson
C’est une chanson vieille, vieille, vieille
D’un temps très lointain
Et nous allons la chanter
Encore et encore
Nous allons la chanter encore
Versez le vin, levons nos verres
Buvez, mes frères, vous savez faire
Et versez-en une goutte pour Orphée
Où qu’il soit désormais
Certains oiseaux chantent quand le soleil brille fort
Mais ce n’est pas pour eux que vont nos louanges
Mais pour ceux qui chantent au cœur de la nuit
Nous levons nos verres pour eux
Où qu’il erre aujourd’hui
Seul sur la terre
Que notre chant l’accompagne
Et lui apporte du réconfort
Certaines fleurs s’épanouissent là où l’herbe est verte
Mais ce n’est pas pour elles que vont nos louanges
Mais pour celles qui fleurissent
Sous la neige amère
Levons nos verres pour elles
Levons nos verres
Et buvons-les
Nous les élevons bien haut
Levons-les bien haut Et buvons tout
À Orphée
Et à nous tous
Bonne nuit, mes frères
Bonne nuit !
Remets-le en arrière et...
Peut-être pas aussi fort ?
Sur le quatrième,
on l’arrête.
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