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Zulu
Veuillez excuser la cohue.
Nous demandons aux Danois d'être patients.
Laissez les voitures aux emplacements prévus.
Ne bloquez pas le passage
des cars et des piétons.
Le corridor polonais ne restera ouvert que 36 heures.
Merci de bien vouloir préparer vos documents
pour éviter les retards.
Je félicite les Danois pour leur réactivité.
Mais voyagez tranquillement et vérifiez votre trajet.
Les banques continueront à opérer pendant la relocalisation.
Grâce à l'UE, la devise danoise sera maintenue
et ne sera supprimée que dans un an.
Laissez vos voitures aux emplacements prévus.
Ne gênez pas la circulation.
Vous savez que c'est impossible.
Et maintenant ? Mes enfants veulent dire au revoir à leur père.
Il ne sera plus délivré
de passeports danois.
Pour vous renseigner sur les visas,
allez au bureau de l'état civil situé près de la sortie 11.
Il n'est plus possible de régler en couronnes danoises.
Un bureau de change
est disponible à bord, au niveau de l'entrée 8F.
A l'arrivée, vous trouverez des cars aux emplacements A3, A6, A7,
C11 et C13.
J'espère que ce sera vite clarifié.
- Vous n'avez pas dormi ? - J'étais chez la Première ministre.
Enfin, devant sa porte. C'était inédit.
Et qui est entré ?
Les chefs de cabinet, pour répondre au comité de coordination.
Après, on a dû ressortir.
Ils ont dit quoi ?
Ca, je ne peux pas en parler ici.
Les partis ont été consultés.
Mais seule la Première ministre connaît la suite.
Vous pouvez pas nous donner un indice ?
Eh bien, Hartung a dit...
Il a dit quelque chose
que j'ai pris pour un indice.
Ecoutez, vous travaillez aux Affaires étrangères.
Vous savez que vous êtes tenus au secret.
On l'est tous, ici.
Vous ne pouvez rien dire à personne avant la conférence de presse.
Mais pour l'état civil...
- Mais vous comprenez ? - Oui, bien sûr.
On est tous fatigués.
Je n'en dirai pas plus.
Oui, pardon. Je comprends.
Mais on aura très peu de temps.
Vous êtes des professionnels, vous savez quoi faire.
- Salut, maman. - Salut, ma chérie.
Tu es partie ?
J'ai pas voulu te réveiller.
Il est tard, je sais. C'est gentil de ta part.
On se revoit dans deux semaines ?
Tu as pensé à prendre ton ordi,
tes livres, tes chargeurs, tes sacs ?
Je me suis levée tôt pour tout préparer.
- C'est triste quand t'es pas là. - Oui.
Tu vas bien ?
Oui, il faut que je révise pour mes exams, c'est tout.
Ne passe pas le bonjour à ton père.
- D'accord. - Bisous.
Coucou !
Viens là.
Bisous.
A plus, Laban.
Encore ? D'accord, je t'en remets un peu.
- Je t'attendais ce soir. - Je prends mon vélo.
Je te l'ai emprunté, le mien est toujours à plat.
Les clés sont dans mon sac, en haut.
C'est infernal, ces allers-retours.
Mais on adore l'avoir avec nous, hein ?
On aime pas avoir Laura ?
Hein, mon coeur ?
- Il est où, papa ? - Dans le bureau.
Il y a qui d'autre ?
Mon frère et Henrik.
Ton père fait un chantier pour eux, ils livrent le projet ce soir.
Tu peux monter.
- Salut, papa. - Ma puce !
Je viens chercher mes clés.
Salut, Laura. Ca va ?
Ca peut aller.
- Content de te voir. - Moi aussi.
Salut, Nikolaj. Comment ça va ?
Ca va.
- Je prends mes clés et je file. - OK.
A plus.
- Tu as mangé ? - Oui.
Bien.
Salut.
Ca va ?
Vous faites quoi ?
Il y a Elias qui te mate grave le cul.
Ta gueule. Ca se fait pas de dire ça.
Il parle toujours mal aux filles.
Tu dis des conneries.
Va te faire foutre.
- Putain, Valde ! - Je t'emmerde.
Déconne pas, bouffon.
- Sérieux ? - Oui.
Trop bien.
Tu montes derrière et je pédale ?
Super, on fait ça. Monte sur le porte-bagage.
- Ca va ? - Oui.
Cool.
Je change de vitesse.
On est à la bourre.
Il y a l'assemblée, je joue de la cloche.
Pardon.
Elle est cassée.
Désolé.
Quel dragueur !
Ca marche à tous les coups.
Bourreau des coeurs.
Non, je suis un mec bien.
Et un bourreau des coeurs.
- Salut. - Ca va ?
Qu'est-ce qu'il fout, Elias ?
Il est beau gosse.
- C'est ton cousin. - Je sais.
N'empêche... Mais tu peux.
Tu as mon accord, fonce.
- Tu fais quoi ? - Hein ?
Tu fais quoi ?
Rien de spécial.
Pourquoi tu mates ma copine ?
Arrête, Mathilde.
C'est marrant que tu dises ça, il la matait déjà ce matin.
Tu la trouves mignonne ?
J'ai rien fait.
Salut.
Il y a pas de sonnette sur ta maison.
Il faut utiliser ça.
Pas con. Tu as oublié un truc.
Quoi ?
J'ai pété ta pédale.
Je t'en ai racheté une pour m'excuser.
Tu sèches ?
Tu faisais la grasse mat' ?
Non, je bosse sur un devoir.
D'accord.
Où est ton vélo ? Je le répare.
Est-ce que tu veux entrer ?
T'es pas venu pour ça ?
Je sais pas trop.
Tu peux juste me la donner.
C'est vrai.
Salut,
alors.
Dors bien.
L'effondrement économique pousse les Néerlandais à migrer en Europe.
On écoute Vivian Vestergaard, à Bruxelles.
Aucun pays
n'a autant investi dans la protection des côtes.
Mais ce qui devait protéger le pays a précipité sa faillite...
Il y a quelqu'un ?
Jacob ? Bonjour.
Pardon, je suis entré.
Ravi de te voir.
- Moi aussi. - Ton mari est là ?
Chéri ? Jacob est là.
J'ai changé d'avis pour la porte du vestibule.
Je préfère le chêne huilé au pin verni.
Tout est bon, sinon.
Salut, beau-frère. Ta soeur t'embrasse.
- On n'avait pas annulé ? - Non.
Tu voulais lui en parler.
- Pas aujourd'hui. - Il est là.
Me parler de quoi ?
Eh bien...
Tout est allé très vite. J'ai vu que t'avais appelé, mais...
Mais...
En fait,
on a mis la plupart de nos biens en vente.
- Quoi ? - Ca partira vite,
je pense.
Le prix est très bas, ça devrait pas traîner.
Tu gardes ton avance, évidemment,
mais on arrête l'immobilier et la construction.
Quoi ?
Pourquoi ?
Non.
Mais ils en avaient déjà parlé.
Ils avaient écarté cette solution.
Il y a trois ans.
On discute en permanence de la montée des eaux, tu sais.
- Oui, c'est pas nouveau. - Oui.
Pourquoi maintenant ?
Tu en es sûr ?
Le Danemark est à une altitude très basse.
Ca deviendra trop cher de sécuriser le littoral.
Il vaut mieux déplacer tout le monde maintenant.
Putain !
C'est assez danois de choisir la prudence, non ?
C'est un peu à cause de la faillite des Pays-Bas.
C'était trop lourd financièrement
de continuer à construire des digues.
Les Néerlandais
ont commencé à partir en masse.
Il y a aussi le flux de migrants qui viennent du sud.
Les frontières vont commencer à se fermer pour les Danois.
Il vaut mieux partir avant que l'Europe boucle tout.
On pense qu'il y aura un système de quotas.
Donc le mieux, pour ma soeur et toi,
c'est de partir avant.
Tu es architecte, tu t'en sortiras, non ?
Tu as bossé en France, non ?
C'était il y a longtemps.
Ce serait bien, vous aimez la France et vous connaissez des gens.
Amalie reprendra le travail, non ? Elle parle français.
Pas assez pour exercer comme psychologue,
mais elle y allait l'été avec papa. Vous aimez la France.
Merci.
Tiens, bois un coup.
Non, merci. Je suis en voiture.
Nous, on picole
depuis hier soir.
Pas vrai, Henrik ?
Ca nous a remués.
J'arrive pas à m'imaginer ce que ça implique.
Le ministère des Affaires étrangères
va devoir relocaliser à l'étranger les maisons de retraite.
Et aussi les patients longue durée et bien sûr, les prisons.
Puis un certain nombre de familles ordinaires.
On a de quoi faire.
Tu devrais dire à Jacob quand ça va être annoncé.
Jeudi de la semaine prochaine.
Donc rien n'est sûr.
L'Allemagne, la France
et l'Angleterre ont beaucoup investi dans les digues.
Ils sont plus solides économiquement, ils tiennent.
Il y a aussi
la Norvège, la Suède et la Finlande, qui sont moins menacées.
Mais, Jacob...
Jacob ?
Il faut être pragmatique.
Il faut que tu saches une chose.
Les banques vont être touchées.
L'argent est investi dans la pierre, elle ne vaudra plus rien.
Rien ne se vend dans un pays qui se vide.
Ca va être le chaos.
Maintenant, tu sais.
Tu devrais vendre ta maison.
Tu as jusqu'à l'annonce officielle.
Que je vende la maison ? C'est pas possible.
Essaie.
- Mais on peut pas... - Vends très vite.
Brade-la.
C'est pas impossible.
C'est horrible.
Je pensais pas que ça arriverait.
Attendons de voir si ça se fait vraiment.
Là, rien n'est confirmé.
- Comment vous avez vendu si vite ? - J'avais vu venir.
Alors j'ai proposé à Henrik
qu'on s'organise.
Vous avez pas le droit.
C'est illégal, mais je l'ai fait.
Il a fallu le cacher au conseil d'administration.
Personne ne doit le savoir.
Jacob ?
Promets de pas le répéter.
Pas même à ma soeur.
- Je serais mal. - Je dirai rien.
Essaie aussi de retirer du liquide.
Des euros.
Ou achète de l'or.
Ou des diamants.
Ca paraît insensé,
mais on sait pas comment la Bourse va réagir.
Retire le maximum.
Tout ce qu'on a, c'est la maison.
Moins ce que je vous dois pour la réno.
N'y pense pas, d'accord ?
Oublie ça.
On va à Bâle.
On va retirer autant d'euros que possible.
Personne pourra les réclamer après. On les sort du circuit.
On connaît un banquier là-bas.
On va revenir avec des valises de billets.
Mais pas de panique. Il y a déjà eu des alertes.
Tu crois que ça va arriver ?
Je vends la maison ou pas ?
Tu devrais vendre.
- OK. - Et vite.
Salut.
Comment va Lucas ?
Il passe une journée de merde. Il a pas dormi.
Il a pas envie d'être là.
On le fait pas rentrer ?
J'ai essayé trois fois.
Tu peux y aller ?
Il acceptera de te parler, il t'adore.
Laura, tu peux travailler jeudi ?
Oui.
Lucas ?
Il paraît que tu as mal dormi.
On va venir te chercher et tu iras au foot.
Je te lis une histoire ?
Lis ça.
Il est écrit que le soleil brille depuis 4,6 milliards d'années.
Ca dit quoi d'autre ?
Qu'il va encore briller pendant 5 milliards d'années.
Et quand il brillera plus ?
Il fera sûrement un peu froid.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu as vu quelque chose ?
Lucas,
Christel, on peut se parler, après ?
Allez, viens.
Les ballons, Isak.
Viens.
T'as pas payé ?
C'est sûrement pas ça.
C'est à cause de tes 36 crises et bagarres.
Mais j'ai rien fait.
Bonjour.
Vous êtes nombreux...
Il a commis un crime ?
Allez-y, entrez.
Vous pouvez vous asseoir.
On vous explique.
Assieds-toi, Lucas.
Assieds-toi, mon chéri.
Assieds-toi.
Chéri, qu'est-ce qu'on vient de dire ?
Bon, reste debout.
Tu fais partie des présélectionnés
pour aller à l'académie de football de Liverpool.
Alors,
on voulait simplement te féliciter.
C'est complètement fou.
C'est pas encore fait, Lucas.
Ils ont repéré plein de jeunes en Scandinavie.
Pour que ça marche, il faut que tu fasses des efforts,
que tu te contrôles.
Tu en es capable ?
Bien sûr que tu peux.
Oui.
Félicitations, Lucas.
C'est dingue.
Alors ?
Tu vas te contrôler un peu ?
Comme ça ?
Qu'est-ce que tu fous ?
T'as pété les plombs ou quoi ?
On va en Angleterre, putain !
Tu te rends compte ? On se casse en Angleterre !
On va partir !
Je vais voir Gilles Benni, cette semaine.
A Paris ?
Les billets doivent coûter cher. Tu y vas en voiture ?
Je sais pas.
J'ai rien organisé encore.
Tu lances pas le chantier de Langelinie ?
Si.
Enfin, je crois pas. Ca risque de pas se faire.
Mais tu as le projet d'Henrik.
Oui, sûrement. Enfin...
Ton frère t'embrasse.
Mais ?
Tout va bien. J'ai simplement...
J'ai deux ou trois trucs à vérifier. C'est tout.
On avance doucement.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ce sera pas tout de suite.
Et ton devoir ?
Elle a été interrompue.
J'ai croisé un jeune homme.
Il venait réparer une pédale.
Tant qu'il touche qu'au vélo !
- T'abuses. - Quoi ?
- Tu soûles ! - Arrête un peu, Laura.
Chérie.
Ton frère dit qu'ils vont fermer le pays.
Quoi ?
Il faut vendre la maison et partir à l'étranger.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je fais une demande d'espèces.
Un agent fait visiter la maison demain.
Je vais demander du travail à Benni.
Attendons de voir.
Ils iront peut-être pas au bout.
Je rappellerai Nikolaj demain.
Chérie, calme-toi.
Voilà, voilà.
Qu'est-ce que tu dis ?
Voilà, doucement. Ne t'affole pas.
Respire. On trouvera une solution.
Reste calme, d'accord ?
Bonjour.
Bienvenue au Danemark. Passeports.
Tenez.
Je suis diplomate, d'où le passeport diplomatique.
C'est un trafiquant.
Merci.
C'est malin ?
Avec ce qu'on transporte ? Tu veux finir en taule ?
Ca va, détends-toi.
On les enterre ?
Quoi ? T'es pas sérieux.
On est pas dans un film.
On les laisse chez maman.
C'est fou, tout le pays va finir comme ça.
Plongé dans le silence.
J'ai parlé à la cheffe de cabinet.
J'aurai peut-être un poste à Londres.
Ils vont ouvrir un service émigration.
On vivra chez Oliver,
à Reading, il nous laisse sa maison.
Bien.
Il reste mon frère.
- Comment ça ? - Je pensais
aller le voir aujourd'hui.
Pour le prévenir aussi. On est obligés, Nik.
Je sais pas trop.
Il est complètement taré.
- Je lui donnerai un indice. - Un indice ?
Je lui ferai comprendre
qu'il faut vendre.
- Quoi ? - Tu sais très bien.
S'il se rend compte que j'ai vendu et pas lui,
il va péter un câble.
Il fera faillite
s'il peut rien vendre et il s'en prendra à toi.
- Je vais dehors. - Nik !
Tu peux pas fuir la discussion.
Il a menti au tribunal pour avoir le gros de l'héritage.
Il te frappait tous les matins quand tes parents cuvaient.
C'est pas ce que t'as dit ?
Il a tabassé ton premier copain.
Il lui a fait boire de la pisse.
J'ai pas envie de lui dire.
Mais le temps a passé.
Il a peut-être changé.
Et il a des enfants.
Ils ont rien fait, eux.
Tu les aimes, ses enfants ?
Oui.
August va faire sa confirmation et William finit le lycée.
Ils vont tout perdre. Tout.
Au fait, tu m'avais promis des enfants.
C'est peut-être pas le moment.
J'aimerais qu'on en ait.
J'en ai rêvé, cette nuit.
T'es sérieux ?
Oui.
Génial.
Comment on fait ?
On pourrait en parler à Jane et Amanda.
Il y a que 7 centimètres.
Ca rentrera pas.
Il faut le refaire.
- Salut. - Salut, frangin.
Qu'est-ce qui se passe ? Assieds-toi.
Merci. J'ai appelé ton bureau, on m'a dit que t'étais là.
Je voulais te dire bonjour
et je me suis dit qu'on pourrait parler.
Oui, d'accord.
Alors voilà... Je voulais savoir comment tu allais.
Ecoute,
je m'attendais pas à te voir.
Mais...
Je voulais te parler des propriétés.
- Des propriétés ? - Oui.
De Christiansholm ?
Entre autres, mais c'est pas...
Ecoute,
papa m'a laissé Christiansholm
et le tribunal a décidé que ça me revenait, putain.
Arrête de m'emmerder avec ça !
Je suis là depuis trois minutes et tu gueules déjà ?
T'es pas normal.
J'essaie une dernière fois.
Je veux te donner un conseil.
- Pour tes fils. - Ferme-la.
C'est important.
T'as rien à me conseiller. Tu mijotes quoi avec l'autre pédé ?
Rien du tout.
Il se passe rien.
Pourquoi je suis venu ?
Il y a quelqu'un ?
Bonjour.
Vous êtes qui ?
Hektor, l'agent immobilier.
J'ai convenu avec votre père qu'on finirait les visites à 14h30.
Vous pourriez revenir après 14h30 ?
La maison est en vente et votre père veut la montrer.
Pourquoi des gens visitent la maison ?
Je dois régler certaines choses. J'ai pas le choix.
Je savais pas que t'étais là.
- T'es où ? - A la banque.
Amalie panique aussi. Calmez-vous !
Tu vends sans rien dire ?
Peut-être. Oui, je vais la vendre.
Ne t'en mêle pas.
Reste pas à la maison.
Excusez-moi.
Vous devez partir.
J'ai eu mon père et il faut qu'on discute.
Mais on est venus visiter. On peut voir le sous-sol ?
Non, c'est ma chambre au sous-sol, ne descendez pas.
D'accord, mais...
on peut pas juste...
Il y a de la moisissure en bas.
- Sérieux ? - Quoi ?
Pourquoi tu as parlé de moisissure ?
Tu fous quoi ?
Ca va nous coûter cher.
Toi, tu fous quoi ?
Tu vends sans prévenir ?
- Ecoute... - C'est encore une lubie ?
Tu fais ta crise de la quarantaine ? Qu'est-ce que tu fous, putain ?
Oui, ça paraît fou.
- Mais... - Pourquoi ?
Tu fous tout en l'air, comme toujours !
Tu comprends pas, attends.
Je comprends que tu te casses !
T'as abandonné maman, et maintenant moi.
Tu t'en fous, tu recommences.
T'es un psychopathe !
Lâche-moi !
Arrête. Doucement.
Arrête, Laura.
Ta mère a pas voulu de mon aide.
Elle voulait travailler. Elle s'est épuisée à trop bosser.
Elle a refusé que je l'aide.
T'as préféré te barrer.
Tu recommences. Tu vas nous abandonner.
On va devoir partir.
On n'a pas le choix, c'est pas une lubie.
Tout va s'effondrer.
Ils vont fermer le pays.
Ils vont évacuer le Danemark.
Quoi ?
J'essaie de trouver un point de chute.
Un endroit où s'installer.
Quoi ?
Ils en avaient déjà parlé.
De quoi tu parles, putain ?
Oui, je sais.
C'est complètement fou.
C'est horrible, tout ça.
Laura,
tout notre argent...
Tout notre argent est dans la maison.
Tu comprends ?
J'ai plus de travail.
Il y aura plus aucun chantier au Danemark dès jeudi prochain.
C'est ce qu'on m'a dit.
On verra bien.
Laura.
Laura.
Il faut t'occuper de ta mère.
Tu penses qu'on va devoir partir ?
Je sais pas.
Il faut le dire à personne.
Même pas à ta mère.
Mais...
Si ça se fait,
on partira tous.
Ensemble.
Tu pars avec tes copains après les examens ?
Je pense pas.
- Je vais rester ici. - Ca t'angoisse ?
Je préférerais qu'on soit tous ensemble.
Tu sais, ma chérie,
tu es courageuse.
J'ai envie de me lancer dans un truc fou avec un mec.
C'est bien, ça !
Il a une copine.
Super. Plus on est de fous...
Il s'appelle comment ?
Il s'appelle Elias.
J'arrête pas de penser à lui.
Je vais faire le premier pas. Il joue de la cloche.
Merveilleux.
Pourquoi t'épouserais pas un joueur de cloche ?
- Maman. - Tu raccroches ?
Je dois te laisser. Je te rappelle.
Ca marche, ma puce. Bonne journée.
Bonjour.
Nous sommes au bureau de la Première ministre
pour une conférence de presse exceptionnelle.
Bienvenue à cette conférence de presse.
Ce que je vais dire aujourd'hui
aura de lourdes conséquences pour tous les Danois.
- Tu te magnes ? - Oui, j'arrive.
Salut, papa.
Et alors ?
Quoi ?
Je te rappelle.
- Quoi ? - Il y a une conférence de presse.
Laura, Mathilde, on a une assemblée !
Pourquoi ?
Ils ferment le pays. Venez.
Venez.
Mathilde.
Qu'est-ce qui se passe ?
Bonjour. Je peux avoir votre attention ?
Certains d'entre vous l'ont appris par la conférence de presse.
Il en avait déjà été question.
Le gouvernement a décidé, avec le soutien du parlement,
de procéder graduellement à l'évacuation du Danemark
en raison de la montée des eaux.
C'est étrange de quitter le pays
alors que l'eau n'envahit pas encore les rues.
Les digues et autres systèmes nous ont fait gagner du temps,
mais le coût est trop élevé
et on risque la faillite économique comme les Pays-Bas.
Mieux vaut utiliser nos fonds, avant que l'eau ne monte trop,
pour relocaliser les Danois, dans l'intérêt de tous.
Il faut agir avant que l'Europe ferme la porte
aux migrants et aux familles comme les nôtres.
Il en avait déjà été question, cette fois, c'est sûr.
Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas eu de débat.
Mais...
la Première ministre s'exprimera à nouveau à 15h50
pour fournir des informations pratiques.
Je pense pouvoir vous assurer
que le lycée ne fermera pas immédiatement.
Les élèves de terminale
pourront passer leurs examens ici.
Quant aux autres, vous serez tenus au courant.
Je vous propose
de rentrer chez vous pour retrouver vos familles.
Pour vous renseigner davantage,
vous pourrez consulter le site qui sera lancé aujourd'hui.
Il y a des questions ?
On va aller où ?
Adaptation : Clotilde Maville
Sous-titrage TITRAFILM
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