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Les choses arrivent-elles vraiment par hasard ?
Oui.
Deux personnes qui n'ont absolument rien
en commun n'ont aucune raison de se rencontrer.
Alors aucune.
Je voudrais un billet pour Avignon, s'il vous plaît.
Et pourtant...
Merci. Au revoir.
Allez.
Bonjour Monsieur.
Je voudrais un billet pour Avignon, s'il vous plaît.
Pourtant, le hasard est capable de tout.
Capable de provoquer des petits miracles
et des rencontres qui n'avaient aucune raison de se produire.
Excusez-moi,
il y a quelqu'un ?
Non, non.
Excusez-moi.
Bonjour.
Bonjour.
J'adore ce livre.
À la fin, quand elle meurt, c'est...
C'est beau.
Merci, j'en suis juste au début.
Non, mais je blaguais.
Si, je vous assure. Je ne le connais pas, ce livre.
C'était con, pardon.
Non, en fait, ce qui est con, c'est que vous avez un petit truc, là.
Voilà, le hasard décide de tout à notre place et on n'y peut rien.
Vous êtes drôle.
Oui, comme vous.
Enfin, c'est ce que je croyais.
Jusqu'à aujourd'hui.
Non, attends.
Si je rencontre un mec je m'emballe pas. Je m'emballe pas.
Non, mais espérer trouver l'homme de sa vie
au mariage de sa petite sœur, c'est vraiment la misère.
Tu vas, toi ?
Ouais, ça va vachement bien.
C'est cool.
On se voit après ?
Ça marche. Ciao.
Merde, j'ai une tâche.
Bof.
C'est un sac.
La robe d'Antoine. Il trouve que je ressemble
à une princesse des Mille et une nuits avec.
On dirait surtout un loukoum.
Antoine.
Premier coup de fil depuis une semaine, ça se fête.
Oui ?
Antoine, c'est comme mon vieux portable,
je le garde en attendant le prochain modèle.
Il est où, mon smoking ?
On va être en retard à l'église.
Et moi, je dois baiser.
Et je baiserai aujourd'hui.
Arrête.
Non, mais attends, tu crois que j'ovule sur commande ?
Et moi, tu crois que je bande à volonté ? Merde.
Remballe tes ananas.
Oui.
Oui.
Quand même. On va arriver en retard au mariage de mon cousin.
Je vais avoir l'air de quoi ?
T'étais où ?
Avec ma maîtresse.
Pierre.
Aux toilettes. J'ai eu des gaz très douloureux.
C'est Hiroshima là-dedans.
Non, pas de détails.
Il faudrait savoir, mon amour.
Maman, c'est quoi des gaz ?
Voilà, tu es content ?
C'est des prouts.
Vas-y, démarre.
Ceinture.
C'est bloqué.
Huit fois.
Record battu.
Superbe. Un petit sourire ?
On se rapproche un peu pour les mariés.
C'est magnifique, mademoiselle.
J'ai le même.
Avec un 70mm.
Non, mais le miens, 520.
Moi aussi je suis photographe.
Ils vous ont choisi comment, les mariés ?
Les mariés voulaient quelque chose d'artistique.
Tu vois, moi, j'ai une vraie sensibilité. J'ai un regard.
Oui.
J'ai un œil.
Madame, s'il vous plaît, pour les mariés.
Moi, j'en ai deux.
Connard.
Je vais le faire.
Vas-y, puisque les invités vont arriver.
Marie.
Dis-le.
Si je te le dis, ça va être encore pire.
On croit que le hasard décide de tout, parce que bien souvent,
on n'a pas conscience qu'on a toutes les cartes en main.
On peut changer les choses, mais on ne le sait pas.
Mollo avec le champagne.
Mais qu'est-ce que t'as aujourd'hui ? T'es chiant.
Je nous trouve pas.
Mimosa.
Mimosa. Allez, viens.
Où est-ce que t'as encore été trainer avec le marié, toi ?
C'est pas ce que tu crois.
Mouais, c'est ça.
Je suis tellement contente. T'es trop belle.
C'est toi qui est magnifique.
Je t'assure.
Merci petite sœur. Allez, file.
Marjorie Gillis-Guidis. Je sais pas, je connais pas.
David Lebacker...
Ça va mon chéri ? T'es blanc comme un linge.
Non, je sais pas. Je me sens pas très bien, là. Allez-y. Je vous rejoins.
Encore ?
T'es sûr ?
Allez-y.
Hop, hop, hop. Aurore, Vanessa, allez.
Et nos mariés sont enfin parmi nous. On les applaudit bien fort.
Parfois, le hasard fait bien les choses.
Et parfois non.
Il n'est pas question que ça finisse comme ça.
Ladies and Gentlemen, nos mariés sont formidables.
On les applaudit bien fort s'il vous plaît.
Et ce soir, c'est la fête, c'est la chouille,
c'est la méga fiesta. C'est parti.
Je gère.
Hey.
Alors ?
Alors ?
On avait dit « pas mariage de plouc ».
C'est pas moi qui ai choisi les invités, aussi.
Je t'avais jamais vu en costume.
Ça te va super bien.
C'est vrai ? Merci. C'est vrai que c'est rare, mais l'occasion...
C'est très beau.
Merci.
Pour ce qui s'est passé tout à l'heure...
Ça m'a rappelé de bons souvenirs.
Oui, non, c'était la dernière fois.
Ça va ? Tout le monde est bien installé ?
Oui, parfait.
Super. Ton plan de table.
Je trouve que c'est vachement moins... ou plus...
L'ex de ma sœur, pas touche.
- Merci. - Mais bon,
1, maintenant elle est mariée, 2, elle m'a placée à côté de lui.
Excusez-moi. Arnaud Chauvet, de la galerie d'art ?
Oui.
J'ai appelé plusieurs fois, vous savez ?
C'est quoi, à votre avis, un attelé de cochon laqué sous cloche
et sa maquière de pommes Charlotte au beurre salé ?
Un jambon-purée.
Je crois que vous n'avez pas très bien entendu mon nom.
Je suis David Lebacker.
Désolé... Pose la bouteille. ça ne me dit rien.
C'est marrant, je suis un peu connu quand même.
Arrête.
Je vous sers ?
Oui, merci.
Je ne me souviens plus très bien de votre mari.
Il est comment ?
Beau. C'est quelqu'un de très... Très élégant.
Mais vous vous rappelez pas ?
Il était au vernissage de l'exposition « Claire-Obscure ».
Oui, Pierre, le médecin.
Oui. Enfin chirurgien. Chirurgien
C'est délicieux.
22h30, ouverture du bal, puis la pièce montée et le discours surprise.
Bref, ça devrait nous mener vers 23h25.
Pas de problème.
Ensuite c'est la danse de danse.
Dance. Oh yeah baby.
Non, la danse.
La danse, OK.
Et on refait le point tous les deux à 23h30. Reçu ?
Cinq sur cinq.
Pierre.
J'ai vu le photographe que vous avez pris.
Pris parce que je me disais j'aurais pu les faire, les photos.
Marie me disait que tu trouvais ça ringard, les photos de mariage.
Pour Marie, j'aurais fait un effort.
En fait, tu voulais pas qu'on invite ta copine ?
Je suis plus avec elle. J'ai fini par la lourder.
Oui, tu l'as tellement bien lourdée
que tu t'es retrouvé avec ta valise sur mon paillasson.
Je pensais que tu viendrais pas.
J'ai tourné la page.
Comme Marie.
Tiens, Marie. Je savais pas que tu avais placé Eric à côté de ta sœur.
Il faudrait qu'elle se case. Et puis ce pauvre Eric aussi.
J'ai dit une connerie ?
Et voici notre Marie qui fête ses 10 ans.
Regardez comme elle est déjà ravissante.
C'est qui la grosse à côté ?
Et vous l'aurez tous reconnue, sa grande sœur Marjorie.
D'un autre côté, si elle continue de se mettre des poissons morts
sur la tête, on ne va pas y arriver.
Pierre ?
Vite, vite, vite dit quelque chose.
Je suis vierge.
Je veux dire mon signe astrologique, c'est Vierge.
Et toi, c'est quoi ?
Poisson.
Tu sais que les Poissons et les Vierges sont faits pour s'entendre.
Ça suffit, t'arrêtes de boire.
Messieurs-dames, je crois que c'est l'heure de la surprise.
Surprise, le fameux discours. The famous...
Et pour ce j'invite la sœur de la mariée à venir prendre le micro.
Merci.
Je suis pas très douée pour les discours.
Et pour le reste en plus d'ailleurs.
Ma petite sœur, je suis tellement heureuse pour toi.
Vraiment.
En 2004, j'ai remporté le Grand Prix de la photo à Montréal.
J'adore le Québec.
En fait, c'est Montréal dans l'Ardèche.
Parce que toi qui a toujours eu du mal à décider pour tout et n'importe quoi.
Au resto, c'est des plombes. On va choisir entre
une salade niçoise, une choucroute...
Je fais toutes sortes de photos.
C'est bien, c'est bien.
Et puis un jour, t'as rencontré Paul, et là, t'as pas hésité,
t'as choisi la choucroute.
Et elle est située où vitre galerie ?
Passez me voir à l'occasion, je jetterai un coup d'œil à votre book.
Très bien. Je vous appelle.
Et depuis, quand je vous regarde tous les deux,
je vois que du bonheur, que de l'amour.
Et c'est tellement rare.
En tout cas, si c'est ça le mariage, moi, je signe tout de suite.
Je veux le même, tout pareil. Voilà.
Vive les mariés.
Vous avez toujours pas de nouvelle de votre mari ?
Non. Les urgences ont dû l'appeler.
Vous savez, c'est un grand spécialiste. Il est très demandé.
Je suis désolé. Excusez-moi, madame. Vraiment, je...
Mais c'est épouvantable.
C'est bon, je vais aller nettoyer ma veste.
Tu m'accompagnes ?
Tu te laisses faire et tais-toi.
Qu'est-ce que tu fais ?
À ton avis ?
Mais t'es dingue.
Oui.
Assieds-toi là, c'est pas pratique.
Tu vas les goûter, mes ananas. Regarde-moi ça.
Alors là, d'accord. Quand c'est pas prévu.
Lequel ? Bourgeois ?
Oui.
Qu'est-ce que tu fais ?
Il paraît que ça favorise la fécondation.
Quoi ?
Rien.
Tu viens.
Elle est à toi ?
Oui.
304 cabriolet 1973.
Je la vends.
Elle te plaît ?
Elle est magnifique.
Combien ?
T'as une maitresse, Pierre, c'est ça ?
Non, j'ai une diarrhée. Pas tout à fait pareil.
Pierre.
Trouve-moi plutôt des féculents pour colmater.
Et puis va chercher les filles. On y va.
Des féculents ?
Oui. Et les filles.
Et les filles ?
Bon, je t'appelle.
OK.
Règle n°16 : un mec qui couche pas le premier soir,
c'est forcément un mec bien.
Eric.
Mon numéro.
S'il se retourne, c'est que je lui manque déjà.
Bon, le numéro, il a pas pu le perdre.
Il va me rappeler. Au moins un SMS. Je lui laisse trois jours.
C'est le délai légal.
Allez, je m'emballe pas.
Si ça se trouve, il est à coté son téléphone,
il arrête pas de penser à moi.
Bonjour.
Il est seul, assis dans un fauteuil club.
Lumière tamisée, un peu de jazz.
Et mon souvenir qui l'obsède.
Oui, ça, c'est classe.
Merci.
Merci de m'avoir attendu hier soir.
T'es rentré avec Marjorie ?
Oui.
Et ?
Elle a une 304 Cabriolet sublime.
Et elle, alors ?
Bah pff.
« Pff » quoi ? Raconte. Elle était au taquet sur toute la soirée.
T'as une autre fille en tête ?
Oui.
C'est trop tard, elle est mariée.
C'est pour ça qu'on a inventé le divorce.
Et divorcer le lendemain de son mariage,
tu crois que ça peut le faire ?
Merde.
Comme tu dis.
Putain.
Aussi.
On y retourne, c'est maintenant.
On retourne où ?
Non, mais tu le fais exprès ou quoi ?
J'ovule, là.
Non, non, non, non.
Écoute, je suis passé chez Monnier hier avant le mariage.
Il avait les résultats.
Je suis stérile. Alors tu peux arrêter de prendre ta température,
tu peux arrêter de faire le poirier, tu peux arrêter tout ça.
Elle est chiante. Qu'est-ce qu'elle veut ?
Oui.
Allô Pierre, c'est moi. Oui.
Tu rentres pour le déjeuner ?
Non, m'attends pas. Je suis en pleine opération.
Je suis en train de sauver une vie.
Mais je serai là pour le dîner, mon amour.
Il aime les avions, Paul.
Tu crois que j'ai fait le bon choix ?
Tu peux venir m'aider, s'il te plaît ?
De quoi ? La campagne ?
Tu vas t'éclater.
Les vaches folles, les OGM,
les mouches à merde, tout ça, c'est que du bonheur.
Je parlais de Paul.
D'habitude c'est avant le mariage qu'on flippe. Pas après.
Oui, mais moi, je sais pas ce que je veux.
Mais qu'est-ce qu'il y a ?
Il est pas assez joli, ton Paul ?
Tu veux qu'on aille l'échanger au magasin ?
Tu en veux un autre ?
Quoi ? Dis-moi.
Il y en a un autre mec ou quoi ?
Il y a un autre mec.
C'est qui ?
Attends.
C'est Eric.
Allô ?
Je me demandais : on pourrait se voir pour la 304 ?
Oui.
D'accord, OK. OK, ça marche.
Bisou.
Ciao.
Va pas encore te faire tout un film avec Eric.
C'est lui qui a rappelé.
Alors c'est qui ce mec qui te fait douter ton mariage ?
Des avions, des avions. Mais c'est pas possible.
Pierre ?
Ça va, chéri ?
Oui, ça va. À part que j'ai encore diné seule.
Je suis désolé pour le diner hier. Je suis rentré à 1h00.
J'ai pas osé te réveiller, mon petit loup.
Non, il était pas 1h00, il était 4h00. Et je dormais pas.
D'ailleurs, je dors plus. C'est terrible.
Pleine lune.
C'est ça.
Elle met deux plombes pour me repasser une chemise.
C'est pas une flèche.
Pasa que vous perdez vos cheveux, Héléna. Voilà.
T'es sûre que ça va, ma chérie ?
Mais oui. Je vais me préparer et je vais chercher les filles, surtout.
Elle est belle.
Oui.
Et le contrôle technique ?
Je suis pas une première mains,
mais je suis quand même une très bonne affaire.
Ecoute, Marjorie, je suis désolé. J'ai peut-être pas été très clair,
mais ce qui s'est passé au mariage, ça n'ira pas plus loin.
Qu'est-ce que tu fous là alors ?
J'achètes ta voiture.
T'as quelqu'un ?
Non.
Pourquoi tu m'as embrassée ?
Me dis pas que c'était pour faire chier ma soeur.
Bon, on peut pas avoir d'enfant.
Enfin tu peux pas avoir d'enfant.
Je veux divorcer.
Super.
Je suis stérile, ça y est, tu veux plus de moi.
Je suis quoi, moi ?
Un taureau d'élevage ? Une fabrique de sperme ?
Mais tu comprends pas ?
Je veux un enfant. Un enfant. J'en crève.
Sinon, on peut rien construire.
Qu'est-ce que tu crois ?
Ça me rend dingue de savoir que j'aurai jamais d'enfant. Dingue.
Mais un couple, ça se résume pas à avoir un gamin.
Si.
Tu fais quoi, là ?
J'appelle mon avocat et tu ferais bien d'en faire autant.
Je sais pas. J'aime bien la française, non ?
À la française, c'est un peu daté. C'est un modèle de 71.
Là, vous avez un modèle de 90.
Putain, je l'avais oublié, celui-là.
David Lebacker.
Oui, on vous attendait.
On s'est croisé au mariage. Catherine, c'est ça ?
Oui, c'est ça, Catherine.
Je suis l'attachée de presse de la galerie.
Vous l'avez retrouvé, votre mari ?
L'impression d'espace, c'est un art délicat.
Je pourrais faire du portrait, du nu.
Je refuse de céder à la facilité.
C'est dommage.
Il y aurait un cul, là, au milieu de la toundra,
ça commencerait à ressembler à quelque chose.
Pardon ?
Ecoutez, mon vieux,
vos photos, là, c'est à peine des cartes postales.
Je sais pas, moi, allez voir les pompiers.
Ils vous prendront peut-être pour leur calendrier.
Mais moi, c'est au dessus de mes forces.
Allez, zou.
T'as vu l'heure ?
Je sais.
J'arrive.
Bonjour.
Bonjour.
Je suis venue hier récupérer mes photos, mais j'ai oublié mes négatifs.
Je vous ai déjà expliqué, Madame Dulongier,
c'est du numérique. Il y a plus de négatifs.
Mais moi, je veux mes négatifs.
Le client est roi.
Si elle veut ses négatifs, tu lui donnes ses négatifs.
Mais...
T'arriveras jamais à rien, toi.
Ça va ?
Et toi ?
Oui. T'es venu tout seul ?
Je t'expliquerai.
C'est coquet.
Il est pas là, Paul ?
Si, il revient. Il est parti chercher du pain.
Vous l'avez retrouvé.
M'en parler pas.
Il a été bipé le soir du mariage. C'était vraiment pas de chance.
Et plus élégant que la chiasse.
C'est clair.
Tu vas bien ?
Tiens.
C'est gentil, fallait pas.
Mais c'est rien. C'est une meringue norvégienne glacée à l'azote.
Il paraît que c'est absolument divin.
Voilà Paul.
J'espère qu'il y en aura assez.
J'ai prévu un peu large, non ?
Non, c'est bien.
Je voulais juste vous dire : c'est de la cuisine moléculaire.
Donc la meringue est givrée à -196.
Bonne dégustation.
Merci.
Allez, faut bien mourir un jour.
Pierre.
J'adore. J'adore.
C'est quand même particulier comme goût.
Non, c'est fait exprès, ça a pas de goût.
C'est ça.
En tout cas, c'est magnifique, votre maison.
On voulait au moins quatre chambres.
C'est le minimum. Pour les enfants.
Oui, c'est bon, j'avais compris.
Pour les enfants... En même temps, on a le temps.
Mais...
forcément, on y pense.
Une vie sans gamin, c'est un peu triste, non ?
L'azote, forcément, c'est plus léger que l'air, alors ça remonte.
Donc tu rotes.
Si t'es plus lourd, forcément, tu...
tu pètes.
Pierre.
Excusez-le.
C'est pour ça qu'on voulait un jardin.
Et comme ça, on pourra avoir un chien aussi.
Et puis Marie pourra planter des oignons parce que moi, j'aime bien les tulipes.
L'aéroport est à cinq minutes.
Et voilà. Avec Éric, je me suis encore emballée.
Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
On rappelle Antoine. Comme d'hab.
Veuillez laisser un message après le signal sonore.
Antoine, c'est Marjorie.
Je t'ai laissé trois messages, tu m'as pas rappelée.
Alors rappelle-moi.
Je t'embrasse.
Ciao.
Je vais encore passer pour une girouette,
mais peut-être qu'en fait, l'erreur, c'est le mariage.
Ben oui.
En tout cas, draguer ma sœur, c'est vraiment très con.
Oui, mais attends. Regarde, ça a marché.
Arrête.
Bon écoute, tu me manques et j'ai envie de te voir.
Tu peux venir maintenant ?
Oui.
C'est vrai ?
Je peux vraiment compter sur toi juste une fois.
Oui, tu peux. Marie ?
Oui ?
Marie.
Dis-le.
Je te le dirai quand tu seras là.
Pas maintenant. Non.
Le hasard décide de tout à notre place ?
C'est ce que je croyais.
Mais quand on prend conscience que l'on a toutes les cartes en main,
tout devient possible et tout peut être différent. Très différent.
C'est la méga fiesta. C'est parti.
David Lebaker. Je suis photographe. Et vous êtes ?
Édith. Mon mari tient la galerie Chauvet.
Vous connaissez ?
Un peu que je connaissais. C'est super côté.
Il paraît, oui.
Pas mal. On dirait Beethoven. En plus jeune.
Je suis Marjorie, la sœur de la mariée.
Moi, c'est Arnaud.
Vous voulez du vin ?
Avec plaisir, oui, je veux bien. Merci.
Catherine ?
Oui, merci.
Qu'est-ce qu'il fait, Pierre ?
Vous avez vu les lustres ? Ils sont vraiment somptueux.
Je suis Catherine, la cousine du mari.
Éric. Je suis un ami de la mariée.
Vous devez être content pour elle.
Pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure.
Ça m'a rappelé de bons souvenirs.
Oui, mais c'était la dernière fois.
Ça va ? Tout le monde est bien installé ?
Oui. Vous avez l'air tellement heureux.
À plus tard.
Non, c'est vrai, ils forment un couple extraordinaire.
Ils sont beaux, ils vont bien ensemble.
On sent vraiment que c'est un mariage d'amour.
Et le mari, dis donc...
Elle a l'air très amoureuse.
C'est quoi un atteléde cochon laqué sous cloche
et sa maquière de pommes Charlotte au beurre salé ?
Un jambon-purée.
Chéri ?
Oui.
Tu me sers un peu de vin, s'il te plaît ?
Quelle bonne idée de devoir passer entre un homme marié et sa femme.
J'ai essayé de le joindre plusieurs fois à la galerie, mais
j'ai jamais de nouvelle.
Je vais vous arranger le coup.
Arnaud ?
Quoi ?
Ce jeune homme voudrait te rencontrer,
mais il paraît que t'es injoignable.
Je ne parle boulot qu'aux heures d'ouverture.
Il me dit qu'il s'appelle David Lebaker.
Et alors ?
Il est auvergnat. C'est un caractère très particulier,
mais je vais vous arranger le coup.
Si vous êtes gentil.
C'est marrant parce que quand je vois Paul,
je pense à Pierre, mon mari.
Parce qu'en fait, on s'est aimé au premier regard.
Pour moi, Paul, c'est le mari idéal.
C'est quelqu'un de généreux, de spontané.
J'ai l'impression qu'il est tendre. Il est doux. C'est assez rare.
Dites-moi...
Oui ?
Votre mari, il est où ?
Tiens, je pensais que tu viendrais pas.
Pour rien au monde j'aurais raté une telle mascarade.
Pardon ?
C'est moi qui aurais dû être à ta place aujourd'hui.
T'es resté cinq ans avec elle, t'as pas été foutue de la garder.
Oui, parce que tu t'es pointé et que t'es parti avec elle.
Non, elle t'a quitté. C'est tout. Et je l'ai ramassée à la petite cuillère.
Oui, c'est tout ce que tu sais faire.
Ramasser les restes. Charognard.
Oh Marie. Ça va ?
Qu'est-ce qui te prend ? T'es con ou quoi ?
C'est qui la grosse à côté ?
Vous l'aurez tous reconnue, sa grande sœur Marjorie.
D'un autre côté, si elle continue de se
mettre des poissons morts sur la tête, on ne va pas y arriver.
Paul, ses années moto. Là, ça trace.
Et notre petit clown familial.
Elle aurait pu vous placer à côté d'un célibataire, votre sœur.
C'est pas ce qui manque ici.
Genre.
Lui, par exemple.
Au secours.
Ah bon ?
de la famille. Désormais, on l'a trouvé : Paul.
C'est surtout des paysages, des natures mortes.
Mon mari, ce qu'il aime, c'est le nu en noir et blanc.
Le nu en noir et blanc ?
Oui.
C'est ma spécialité.
Vous savez, il m'arrive parfois de poser.
Oui ?
Oui.
J'ai de très beaux seins.
Mais très beaux.
Super. C'est important.
Bonsoir.
Bonsoir.
Pierre ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Je vérifie la date de péremption.
Non, on s'en fout de ça.
C'est aujourd'hui. C'est aujourd'hui.
Tout ça, c'est de la foutaise.
c'est Marjorie.
Je ne suis pas très douée pour les discours.
Et pour l'instant plus d'ailleurs.
Marie...
Petite Marie...
Ça va, ça va. Ça va aller. C'est mon truc à moi les discours.
En te mariant...
Tiens, je peux avoir la même chose. Merci.
Champagne.
En te mariant aussi vite avec Paul et sa petite vie bien rangée,
tu t'es pas trompée.
Non.
Avec lui, t'es à l'abri de tout.
Sauf.
Sauf peut-être ; même sûrement ;
de l'ennui et de la médiocrité.
On rigole, on s'amuse. C'est la fête.
Aujourd'hui, on a un truc à fêter, c'est le mariage de ta frangine.
Quand à toi, Paul...
Je gère.
tu te caches derrière tes belles manières.
Tes chemises bien repassées, tes pantalons à pince.
Il y a rien qui traine, Paul.
Tout ça, ça t'a pas empêché de me voler Marie.
Et que la fête continue.
Je suis désolé.
Les choses étaient pas censés se passer comme ça.
Elles se passent exactement comme tu l'as voulu, d'accord ?
Pendant cinq ans, j'ai attendu que tu me demandes en mariage.
Et t'en as eu des occasions.
Bali, Barcelone, les îles grecques.
Et pas un mot, pas un geste. Rien.
Quand je pense que je suis retombée dans tes bras en plus tout à l'heure.
Mais je sais pas ce qui m'a pris, je suis vraiment trop conne.
Señoritas, señoritos, c'est l'heure de la musica latina.
Excusez-moi. Vraiment, je suis désolé.
Non, c'est pas grave.
Vous devriez mettre un peu d'eau.
Oui, et vous devriez y aller tout de suite,
parce que ça tâche énormément, ça.
Antoine ?
Non, je suis encore au mariage de ma sœur, là.
Et tu pars quand ?
Pourquoi tu me dis ça ?
Comme ça, parce que j'ai envie de te voir.
Et t'es où, là ?
Ça fait des heures que je te cherche partout.
Je suis passé pour une idiote.
Antoine, ça raison, j'entends rien.
Antoine ?
Pierre ?
Je suis pas bien du tout.
La loose. Il est marié.
Non. Et en plus ,je connaissais même pas son vrai nom.
Pardon, excusez-moi. Ça va ?
Non. Oui. Je sais pas.
Vous partiez ?
Non. Enfin si.
Vous n'êtes pas en état de conduire. Je vais vous ramener.
J'ai ma voiture là.
Oui. Mon téléphone.
Oh là, là, j'ai emballé Beethoven.
Pas le chien.
Je m'emballe pas. Je m'emballe pas.
La suite, je la connais.
« Il faut que je file, je t'appelle. »
Il faut que je file, je t'appelle.
« Tu comprends, je suis un homme marié. »
Excusez-moi, Marjorie.
C'est la première fois que je fais ce genre de choses.
J'aimerais bien passer la journée avec toi.
Peut-être même plus.
On fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie.
Je peux t'appeler ?
Vaut mieux pas.
Tu veux qu'on en parle ?
Non.
A mon avis, si elle accepte de te revoir,
c'est uniquement pour t'en coller une.
Ça peut pas finir comme ça.
Non, c'est moche. T'arrêtes avec cette plume.
Je le vois passer tous les jours depuis mon mariage.
Il m'a appelée. Je dois le voir cette semaine.
Il a insisté pour acheter ma 304. Moi, j'ai besoin de tunes.
En fait, t'es rentrée comment l'autre soir ?
C'est Arnaud Chauvet qui m'a raccompagnée.
Oui ?
En tout bien tout honneur, évidemment.
Évidemment, tu me connais.
Ma femme et une de mes maîtresses,
qui sait même pas que je suis marié, toutes les deux à la même table.
Tu vois le tableau ?
Marjorie Gillis-Guidis. Je connais pas.
Alors maintenant, Catherine m'espionne.
Elle me renifle, elle me lâche plus.
Mais elle trouvera rien.
Ma vie sexuelle, c'est de l'horlogerie suisse.
Tout est pensé, organisé, calibré.
C'est du travail d'orfèvre, de la haute voltige.
Oui, allô.
Non, mais ne m'attends pas. Je suis en pleine opération.
Je suis en train de sauver une vie, là.
Oui, je serai là pour le dîner, mon amour.
Et je sais brouiller les pistes.
Pour chaque maîtresse, j'ai un prénom différent.
Antoine, elle est magnifique.
Elle peut.
Tu ressembles à une princesse des Mille et une nuits.
Il faut que j'y aille dans 20 minutes, moi.
[langue étrangère 00:40:30]
Pasa que vous perdez vos cheveux, Héléna. Voilà.
Je vais me changer...
Je suis le Einstein de l'adultère.
Le Picasso des cinq à sept, le Mozart de la quéquette.
Prends soin de toi, ma chérie.
Tu m'as manqué, toi.
Mon petit sucre d'orge.
Jeu, set
et match. Balle neuve.
Tu t'appelles pas Stéphane, alors.
À toi, je peux le dire. Mon vrai prénom, c'est Maxime.
Bouge pas. Bouge pas. Bouge pas.
Vas-y, enlève un peu le haut pour voir.
Quoi ?
Le gars avec qui j'ai rendez-vous, je sais exactement ce qu'il recherche.
Non, je pose pas à poil.
Tu crois que c'est comme ça que tu vas devenir top model ?
Claudia, Linda, Naomi, elles ont toutes posées nues.
Non.
Et Carla aussi.
Détends-toi. Cool.
Voilà, souris.
Essaye un peu « intelligente ».
Non, pas intelligente, mystérieuse.
Ça, c'est super.
C'est bien.
Ma femme a bien fait d'insister. Pour bien moi.
Moi, je peux monter une expo avec tout ça.
Ah bon ?
Très bien. C'est formidable.
Le temps de lancer les invitations, la couverture de presse...
C'est vous.
C'est moi quoi ?
Dans les chiottes avec ma femme.
Dégage. Dégage, je t'ai dit.
Arnaud, je suis enceinte.
Et moi, je suis stérile.
Je veux divorcer.
J'appelle mon avocat. Tu ferai bien d'en faire autant.
Pousse-toi.
Mais vous n'avez pas plutôt avec une plume rouge ?
Marie.
Je t'ai demandé de plus m'appeler.
Non, mais tenez.
Ça suffit, d'accord ? Tu as laissé
des centaines de messages sur la boite vocale et tu me suis partout.
Ça s'appelle du harcèlement.
Attends, ça peut pas finir comme ça.
Et orange avec une plume bleue ?
Dites-le-moi. Dites-le-moi juste une fois.
T'es complètement malade.
Et le bleu avec une plume rouge ?
Elle va me faire chier longtemps avec sa plume rouge ?
Vous dites ?
Hein ?
Merde.
Je suis plus un homme marié.
Je m'emballe pas.
Marie, tu sais, au niveau de l'assemblage
de l'aile du P-51 Mustang que j'avais raté,
les nervures étant plates à l'intrados, l'assemblage de l'aile ne pose
aucune difficulté majeure pour un modéliste moyen.
C'est dingue.
Oui.
Bonjour Antoine. Enfin Pierre, peut être.
Je ne sais pas comment je dois t'appeler d'ailleurs.
J'ai croisé ta femme. Qu'est-ce qu'elle est rigolote.
Oui, ma femme. Non.
Tu vas rigoler. J'ai pas osé t'en parler parce qu'elle est malade.
Mais on peut se savoir, nous, un petit peu ?
Oui, mais non, parce que là, je suis avec un homme.
Écoute, il a un pénis énorme. Je peux dire que ça me change.
Ecoute, il faut que je le laisse, parce qu'on a plein de trucs à faire en plus.
Genre ?
Je ne sais pas. On va faire des enfants, par exemple.
Non.
Une de perdue, dix de retrouver.
Ça va ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Je m'en vais.
Quoi ?
Ecoute, je crois que nous deux, ça va pas le faire.
Ça s'est passé comment ?
Il a pas aimé les photos.
Non, il a pas aimé les photos.
Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Je vais faire comme toi. Je vais me morfondre.
Je me morfonds pas.
Je me morfonds pas.
Mais si, tu te morfonds. Pas étonnant que Marie veule plus de toi.
Marie, je viens pour m'excuser.
Marie, je viens pour te présenter mes excuses.
C'est pas terrible non plus, ça.
Salut. Tu vas bien ?
T'est venue toute seule ?
Oui, je expliquerai.
C'est charmant chez vous.
Vous l'avez retrouvé.
M'en parlez pas. Il a été bipé le soir du mariage.
Ça va ?
Tiens.
Merci, c'est gentil. Fallait pas.
Le voilà. Voilà Paul.
Je gère.
C'est bon ?
C'est horrible, il a voulut le tuer.
Non.
Si. Ça suffit, j'appelle les flics, moi.
Je suis arrivé... Non.
Oui. J'appelle pour une tentative de meurtre.
Sommes-nous vraiment condamnés à subir le hasard ?
Après tout, ce ne sont pas quelques bouts de carton
qui peuvent décider de ce qu'on va faire sa vie.
Mimosa.
Bonsoir.
Bonsoir.
Bonsoir.
Bonsoir.
C'est Mimosa ?
Oui, c'est ça.
C'est étrange, il y a pas des petits cartons.
Non. Je sais pas. On s'assied où ?
Mimosa.
Où vous voulez.
David Lebaker, je suis photographe.
Vous avez déjà posée ?
Posée ?
Posées genre mannequin.
Très drôle.
Vous cherchez quelqu'un ?
Ils sont divins ces photophores.
C'est merveilleux, la cérémonie. Ça m'a donné des frissons.
J'adore la musique classique. Pas vous ?
Oui.
S'il vous plaît.
Vous prenez du vin ?
Non, merci. Pas pour moi.
Je déteste boire toute seule.
Il va falloir.
J'insiste pas.
Pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure...
T'étais pas censé remettre les cartons ?
Si.
Ça va ? Vous êtes bien installé ?
On est parfait.
Super. Oui, merveilleux.
Parfait.
C'est quoi un atteléde cochon laqué sous cloche
et sa maquière de pommes Charlotte au beurre salé ?
Un jambon-purée.
Mes photos font le tour du monde.
Vous n'avez jamais entendu parler de moi ?
Désolée, non.
Il est comment, votre mari ?
C'est un homme très classe.
Et c'est surtout un grand chirurgien.
Ah bon ?
Oui.
Il est à quel hôpital ?
Au CHU.
Au CHU ?
Oui. Pardon. Au C-H-U.
Au C-H-U ? Oui.
Vous savez ce que disait Tristan Bernard du mariage ?
Non.
Le mariage, c'est résoudre à deux
des problèmes qu'on n'aurait jamais eu tout seul.
Vous, vous êtes mariés.
Félicitations.
Merci. Rester mariés, c'est un vrai boulot.
Difficile, mais passionnant.
Difficile, oui.
Surtout si elle est mariée avec un autre.
Mariée, pas mariée,
l'important, c'est qu'elle soit heureuse, non ?
Oui.
Heureuse.
Je voudrais porter un toast à la mariée, aux mariés.
Vive les mariés.
Paul, la valse en trois temps,
il faut que tu dessines un carré sur le sol.
Je vais te montrer.
3, 4.
Le secret de la danse, c'est dans les yeux, pas dans les pieds.
Comme ça. Il faut que tu la regardes droit dans les yeux.
Comme ça ?
Voilà, c'est bien.
Là ?
Voilà.
Là, comme ça.
Pourquoi tu fais tout ça, Éric ?
Je veux que ce soit réussi. Je veux qu'elle soit heureuse.
Elle l'est.
Tu verrais le super pavillon qu'on a acheté.
D'un autre côté, si elle continue de se mettre des poissons morts sur la tête,
on va pas y arriver.
C'est pas drôle.
Moi, je te trouve très jolie avec ce chapeau.
Paul, déjà fonceur.
Vraiment.
Merci.
Et notre petit clown familial.
Les plus belles années.
Dites-moi, votre mari travaille aux urgences, par hasard ?
Si, il travaille aux urgences.
Pourquoi vous me demandez ça ?
Je me demandais si on connaissait pas la même personne.
Non, je pense pas.
Il s'appelle comment ?
Il s'appelle Pierre.
Oui, non, celui que je connais, il s'appelle Antoine.
Vous voyez.
Vous, vous êtes amoureux.
On a tous nos problèmes.
Le meilleur moyen d'oublier une femme
qu'on aime, c'est de coucher avec une autre.
Attention, une femme expérimentée,
habile de ses mains et qui aime le travail bien fait.
Vous savez, moi, j'ai deux mains gauche.
Par contre, le DJ vous a pas quittée du regard depuis le début de la soirée.
Ah bon ?
Oui.
Je trouve qu'il est plutôt distingué. Non ?
Non.
Pierre ?
Pierre ?
Il y a pas un discours surprise, là ?
Il est où, le DJ ?
C'est pas mal.
C'est bien, hein ?
Oui.
Je gère.
Je voudrais tout d'abord vous remercier d'être venu ce soir.
J'aime bien les mariages, moi.
Il y a un an...
Oui, moi aussi.
quand je suis rentré dans la boutique de Marie,
j'ai tout de suite su que c'était elle.
Je lui ai demandé son numéro.
24 heures plus tard, je l'invitais à dîner.
Tu connais le turbot boost ?
Tu connais pas ?
C'est quoi ?
Romantisme, efficacité, rapidité. C'est pas du bonheur ?
Merci et bonne soirée.
Pardon. Désolé. Excusez-moi, madame.
C'est atroce.
Oh là, là, mais c'est épouvantable.
Sur une robe Saint-Laurent en plus.
Pierre.
Pierre ?
Pierre ?
Arrête.
J'arrête pas cinq secondes.
Arrête.
Alors ?
Alors dégage.
C'est ça, oui.
Bonsoir.
Tu sens très bon.
Merci.
Je t'en prie.
Bonsoir les filles.
Bonsoir.
Pierre ?
Ladies and Gentlemen, j'espère que vous êtes en forme
parce que moi, j'ai une pêche d'enfer.
Señoritas, señoritos, c'est l'heure de la musica latina.
C'est chaud ce soir.
Tu fais quoi dans la vie ?
Je cherche du travail.
Tu viens d'en trouver un.
Poser pour moi, ça te dirait ?
Je pas faim à ce point-là.
c'est pas de l'argent que je te propose.
Raison de plus.
Juste te prouver que t'es bourrée de charme.
Comme si le charme, ça pouvait se bourrer dans une fille.
Ça va, on n'est pas des dindes.
Tu sais, le charme, c'est pas donné à tout le monde.
Regarde, elle. Super jolie, mais elle a aucun charme.
Toi, t'es super craquante.
Je veux te le prouver.
On ne peut pas continuer comme ça.
Tu sais, les enfants, ça change tout.
On peut plus faire ce qu'on veut.
Non, mais...
je me suis trompée.
Je pensais qu'un enfant,
ça nous aiderait, mais ça réglera rien.
Il faut d'abord qu'on se retrouve tous les deux.
Les gamins...
on verra après.
Je voulais dire : si on veut un enfant-
Non, c'est plus le sujet.
C'est nous d'abord.
T'as envie de continuer avec moi, Arnaud ?
T'as pas envie que ça marche ?
Mais si.
Mais si, mais dis-le alors.
Oui.
Je vais commencer par arrêter ça.
Oui, d'accord, mais toi, tu fais quoi ?
Quoi moi ?
J'ai aucun défaut.
T'es con.
T'es grognon.
C'est pas un défaut.
Si, c'est un défaut.
Viens, on va danser.
Je t'aime.
Moi aussi.
Excuse-moi.
Oui.
Tout le monde s'emmerde.
Tu veux pas nous remettre un truc qui bouge ?
Oui, ça, c'est une petite technique personnelle.
Je mets un petit truc calme et après, boum,
j'envoie un truc qui déglingue.
Oui.
Excusez-moi, je vous la vole.
D'accord.
Tu veux bien ?
Mais t'étais où ? Ça fait des heures que je te cherche partout.
On s'en va ?
Règle numéro 42 : un mec qui veut coucher le premier soir, c'est mal.
Oui, je suis garée juste là.
Antoine ?
Attends deux secondes.
Vous aviez raison, Catherine.
Votre mari, c'est la classe internationale.
Tu la connais, cette fille, Pierre ?
Vous devez me prendre pour quelqu'un d'autre, mademoiselle ?
Oui, je dois confondre avec Antoine, c'est ça ?
Non ? Parce qu'il est soi-disant célibataire, lui.
Et il a un grain de beauté sur le prépuce.
Mais c'est pas toi, ça.
Allez, bonne soirée.
Tu vas quand même pas croire cette fille ?
Encore un mot et je te pète la gueule.
Tu le connais, ce mec ?
Il faut croire que non.
Regarde-moi. Bouge pas. Bouge pas.
T'es très jolie.
C'est bien. Super.
Super.
Bouge pas. Là, t'es belle.
Il me voit belle à ce point-là ?
Grâce à lui, je vais être en couverture de Vogue
ou à poil sur Internet.
Super.
Je m'emballe pas. Je m'emballe pas.
Toute façon, la suite, je la connais :
« Il faut que je file. »
Tu fais quoi aujourd'hui ?
Je te prendrais bien en photo toute la journée.
Bon, OK, là, j'ai un peu le droit.
Ça va. Arrête, c'est ridicule.
J'ai couché avec cette pauvre fille une seule fois. Une fois.
C'est pas tromper. C'est comparer.
Pardon ?
Une fois. Une seule fois, Catherine.
Une seule fois.
Ça a été assez long pour qu'elle repère ton grain de beauté.
Quelle sens de l'observation, d'ailleurs.
Ça a duré à peine 1min30.
Ouah performance.
C'est toujours mieux que 45 secondes
affligeantes auxquelles j'ai droit trois fois par an.
Tu dramatises tout, Catherine. Tu vas où comme ça ?
C'est pas moi qui m'en vais. C'est toi qui dégage.
Je vais où, moi ?
J'en sais rien. Où tu veux.
T'as qu'à appeler ta maîtresse.
Il y a peut-être des zones de ton anatomie
qu'elle a pas encore explorées à fond.
Essaies la coloscopie. Tu devrais aimer ça.
Catherine.
Oh là, oui, tu vois, moi aussi je peux être écœurante.
Attends, fais-la rouler.
Ta gueule.
OK, j'ai commis une erreur, je l'admets.
Et toi, ça t'est jamais arrivée de commettre des erreurs ?
Si une fois.
Tu vois.
T'épouser.
Catherine,
tu crois pas que tu te fais une montagne pour rien, là ?
Une montagne pour rien ?
Mais je rêve.
J'ai tout donné pour ta vie de chirurgien.
J'ai tout sacrifié pour épater la galerie.
Catherine, il fallait qu'elle soit parfaite.
À la maison, je mettais Vivaldi en boucle alors que j'adore les Clash.
Oui, j'adore les Clash.
Moi, je toujours impeccable. Manucure, pédicure, maquillage
en toutes circonstances.
Même à la plage, j'ai une french. Je me fais faire un brushing tous
les deux jours, alors que je frise comme un mouton.
Oui, je frise. Mais quelle conne.
Moi, je m'en fous de tout ça.
Moi, je pourrais vivre en tongs.
Moi, je t'aimais.
Catherine,
je te préviens, à 3, je m'en vais. 1, 2...
3.
4.
Tu sais, le matin du mariage, je venais de voir Monnier.
Il avait mes résultats.
Arnaud,
je suis enceinte.
C'est pas possible.
Cache ta joie.
Mais je suis joyeux.
On dirait pas.
Si.
Si ?
Je vais être papa.
Oui, oui, oui.
Et au fait, tu me disais quoi à propos de Monnier ?
Monnier ?
Oui.
Mais non, mais tout est normal. La preuve.
Putain.
Bonjour.
Bonjour.
J'ai une clé USB et
je voudrais imprimer les photos qui sont dessus.
C'est possible ?
Oui, c'est possible. Attendez.
Tu peux t'occuper de mademoiselle, s'il te plaît.
Bonjour.
Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Je travaille.
Ah oui, d'accord.
Donc tes expos, tes shootings à travers le monde,
tout ce baratin, c'était juste pour me sauter, c'est ça ?
Mais non.
Laisse-moi t'expliquer.
Non, ça va, te fatigue pas.
Tu crois que je suis fier de faire le brouillon dans cette boutique ?
Et t'es fier de m'avoir menti ?
Écoute, les photos, j'arrive pas à en vivre,
mais celle qu'on a fait de toi, elle ne resteront pas dans un tiroir.
Ça va marcher.
Je me suis foutue à poil pour tes photos. À poil.
J'en ai marre qu'on me prenne pour une conne.
Je te prends pas pour une conne. Je vais y arriver.
C'est juste une question de temps. Tu comprends, ça ?
Oui, je comprends, mais moi, j'ai besoin d'avoir confiance.
Tu comprends ?
Oui, je reprends.
On se comprend alors.
Oui, on se comprend.
T'es belle quand tu t'énerves.
Il te va bien ce petit gilet rouge.
Arrête.
Il y a le mari de ma sœur qui connaît un type qui a une galerie d'art.
Il était à notre table au mariage.
Salut.
Salut.
Vous allez bien ?
C'est pas mal.
C'est charmant.
Vous avez l'air en forme tous les deux.
On te racontera.
Il est où, Paul ?
Il arrive. Il est parti chercher du pain.
Hello les amis.
Hello. Ça va ?
Ça va la compagnie ? Ça va ?
Et toi ?
Ouais.
Tiens.
Merci, c'est gentil. Il fallait pas.
C'est rien, c'est une tarte Tatin.
Je sais pas vous, mais moi, j'adore ça.
Nous aussi.
Et Pierre, il est pas avec toi ?
Non, je l'ai quitté.
Non, c'est pas possible.
Si. C'est la vie.
Ça va ?
Oui. J'ai prévu un peu large.
Non.
Un peu.
On y va ? Moi, j'ai la dalle. Allez-y, rentrez.
C'est vrai qu'on a faim.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Catherine a quitté Pierre.
C'est ballot.
Non, mais je suis trop conne.
J'aurais dû prendre cette décision il y a longtemps.
Il y avait plein de choses qui allaient pas.
Et puis le temps passe, le temps passe et puis voilà.
Et puis un jour, on se réveille,
les années ont passé et puis on se dit qu'on a perdu du temps.
Elle est trop courte, la vie.
Allez, on la coupe, cette tarte ?
Ça t'intéresse pas ce qu'elle raconte, Catherine ?
Mais bien sûr que si.
C'est exactement ce que je disais à Marie
quand on a acheté.
Un prêt sur 25 ans,
c'est long, mais c'est un bon placement.
Il faut y penser, à notre retraite. C'est important.
Ça arrive plus vite qu'on imagine.
Arrête, ça me déprime.
Qu'est-ce que tu fous là ?
J'ai quitté ma femme. Pour toi.
Oui, c'est ça. Et mon cul, c'est du poulet ?
L'essentiel, c'est qu'on peut être ensemble.
Je suis libre.
Moi, non.
Marjo, petite princesse.
J'y crois pas.
Sans elle, je suis foutu, moi.
D'habitude, c'est elle qui s'occupe de tout.
Et moi, j'aime quand tout est impeccable, tu sais.
J'aime quand mes cravates sont accordées avec ses robes.
Quand ses robes sont accordées avec celles des filles.
Je sais plus vers qui me tourner.
Elle a même gardé la Mercedes.
Ma 304, elle t'intéresse ? Je te la laisse à 5 000.
8 000. 12 000.
Et les papiers ?
Vous avez un style, une patte et une fraîcheur dans ce que vous faites.
C'est tout à fait ce qu'on recherche pour la galerie.
Oui.
Organiser une expo dans les 10 jours, c'est possible, Catherine ?
Oui, carrément.
Yes.
Il y a un peu de boulot encore sur les cadrages.
Non, pourquoi ?
Si, regardez. Comme ça, c'est plus tendance, plus moderne.
Faites-moi confiance.
Vous réalisez la chance que vous avez ?
Vous allez faire sensation avec cette expo.
Tchin.
À l'expo.
À l'expo.
Et au déménagement.
Quel déménagement ?
J'arrête de squatter chez toi et je pars m'installer chez Marjorie.
Non, mais c'est moi qui vais partir.
Restez là. Regardez, vous aurez plus de place.
Et puis t'as tout ton matériel ici.
Mais c'est chez toi.
Oui, c'est chez moi, mais je crois que pour moi,
il est temps de changer.
Pour aller où ?
L'ancien appart de ma sœur a pas encore été loué.
Je l'appelle ?
Marjorie, je crois pas que ce soit une bonne idée.
Si.
Alors ?
Alors...
Alors je vais pas le prendre.
Non, c'est bien, c'est beau, c'est grand,
mais c'est toi.
Fin de la visite, alors.
Oui.
On va manger quelque part ?
Si on nous voit, ça va jaser.
Oui.
Saumon ? Thon ?
Prends le thon, parce que demain, on y est encore.
Vas-y.
Tu vois, finalement, j'aurais compris quelque chose.
Paul, je peux pas lutter.
Lui, c'est trop morose.
Tout ce que j'ai à t'offrir, c'est de
manger par terre du poisson même pas cuit.
Pour un cuisto, ça le fait pas.
Oui, mais c'est le service qui compte.
Oui.
Pourtant, c'est à Paul que t'as dit oui.
Il m'a posée la question, lui.
Quelle question ?
Une question du genre « Veux-tu m'épouser ? »
Parce qu'il suffisait de ça ?
Oui, c'est déjà pas mal.
Trop parfait, ce Paul.
La demande en mariage dans les règles de l'art.
À toi, ça t'a jamais traversé l'esprit.
Qu'est-ce que t'en sais ?
Tu vois, cette bague, je l'ai achetée il y a cinq ans.
Tu plaisantes ?
Il faut vraiment que je te montre la facture ?
Cette bague, je l'ai toujours sur moi.
J'ai failli de la donner des centaines de fois.
À Barcelone, à Bali, aux îles grecque.
Et pourquoi tu l'as pas fait ?
Mais parce que t'es jamais foutue de te décider, Marie.
« Je sais pas. J'hésite. »
J'avais peur que tu dises non.
Et pourquoi j'aurais dit non ?
C'est Paul.
Il faut que j'y aille.
À tout à l'heure ?
Oui.
Il faut que je te parle.
Pas vraiment.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est le rapport entre le corps et la lumière,
le travail sur la couleur.
Bravo.
Je m'ennuie un peu, mais c'est pour la bonne cause.
Oui, mais je te félicite.
Non, t'es pas invité. Et puis surtout, je veux pas que tu viennes, Pierre.
Oui, c'est ma vie, maintenant, je suis désolée.
Non. Non. Non. Non.
C'est le modèle qui a modifié ma façon de faire des photos.
D'ailleurs la voilà.
David, je peux te parler ?
Je vous présente-
Maintenant.
Excusez-moi.
T'as vu ce que t'as fait de moi ?
C'est pas toi, c'est des œuvres d'art, des créations.
Prends pas personnellement.
Comment il faut que je le prenne, alors ?
Parfois, faut savoir faire des compromis.
Des compromis ?
Tu m'as coupée la tête.
Ils m'ont pas laissé le choix.
On a toujours le choix.
Marie ?
J'ai quitté Paul.
Dis-le.
Retourne-toi.
Je t'aime.
Marjorie ? Marjorie ?
Les choses arrivent-elles vraiment par hasard ?
Non.
Et même si la vie exige parfois des sacrifices...
Je sais pas. On s'assied où ?
on a toujours le choix.
Où vous voulez. Vous avez le choix.
Oui, c'est bien, ça.
Je vais me mettre là.
J'ai dit que vous aviez le choix.
Oui, j'ai bien compris.
On a toujours le choix. N'oublie pas ça.
OK, on a toujours le choix.
Je peux m'asseoir maintenant ?
C'est plus tendance, c'est plus moderne. Non ?
Non, non, je peux pas.
Pas comme ça.
C'est véritablement la rencontre
avec mon modèle qui a modifié ma façon de faire des photos.
D'ailleurs, la voilà.
Alors ?
C'est magnifique.
C'est toi.
Bravo.
Vous aviez raison pour les cadrages.
En même temps, vous m'avez pas laissé le choix.
On a toujours le choix.
Marie ?
J'ai quitté Paul.
Dis-le.
Il retournera.
Je t'aime.
J'ai rien.
C'est pas votre mari ?
Non.
Allez, il y a une expo, là, les amoureux. Allez.
Bon, elle est garée.
Les clés sont dedans.
Est-ce que tu veux m'épouser ?
Je ne sais pas.
J'hésite.
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