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...
...
...
-Hé, M. Emognat !
Il y a une femme là-bas, morte. Elle est comme ça.
-Tu es sûr ? -Dans le fossé, oui.
-Je vais appeler les gendarmes.
-Fais une photo du visage.
Le visage.
-Une femme est tombée dans le fossé.
-Une femme est tombée dans le fossé.
Et elle est morte.
-Tu l'as trouvée à quelle heure ?
-Le matin, à 10 h. -10 h.
-Si elle est tombée, assommée... avec le froid, il faisait -2.
Elle a été saisie par le froid.
-Elle n'a pas de papiers.
-C'est de la lie de vin, ils l'ont foutue à la comporte.
-2 m 50.
-Elle avait l'air comment ? -Un peu hébétée.
Comme une clocharde.
Elle m'a regardée d'une façon... C'était une clodo. C'est tout.
-D'après toi ? -Oh, une mort naturelle.
-Oui, pas de traces.
Vu la position, elle est morte de froid.
Vu la position, elle est morte de froid.
Voix d'Agnès Varda :
-Personne ne réclamant le corps,
..il passa du fossé
à la fosse commune.
Cette morte ne laissait
pas de traces.
Qui pensait à elle parmi ceux
qui l'avaient connue petite ?
Mais les gens qu'elle avait croisés récemment se souvenaient d'elle.
Ces témoins m'ont permis de raconter ses dernières semaines.
Ils parlaient d'elle sans savoir qu'elle était morte.
Je n'ai pas cru bon de leur dire, ni que son nom était Mona Bergeron.
Moi-même,
je sais peu de choses d'elle,
..mais il me semble
qu'elle venait de la mer.
-Paulo, pour 2 F, tu peux l'avoir.
-Ouais, mais quand on tombe sur une vraie fille à poil,
..il se dégonfle.
L'autre fois, sur la plage, moi, j'y serais allé.
Une fille seule, on peut y aller.
-L'eau doit être gelée, faut être dingue.
-Elle a dû faire un pari. -Je le ferais pas.
Ou alors, pour une brique. -Elle est pas mal.
On va la voir ? -Non, Paulo.
J'ai du boulot. -Laisse-moi conduire.
-Une autre fois, Paulo.
...
...
-C'est plus la saison pour camper, y a plus personne.
-Y a moi.
C'est moche, ces grands trucs.
-L'été, c'est vivant.
Il y a du monde de partout.
On a atteint 90 000.
L'hiver, on n'est que 3 000.
-Ca fait 87 000 lits vides.
-Si tu cherches un lit,
..y a la couchette. -Ca va, change de disque.
Y a la radio ?
-Non.
-Tout le confort, mais pas de radio.
Il est nul ton bahut.
Il est nul ton bahut.
Même pas de radio.
-Bon, je m'arrête ici, tu te débarques.
-Tu transportes pas gratis, toi, hein ?
Allez, salut.
Le chauffeur :
-Autostoppeuses, d'accord.
Les chieuses, je les vire de mon camion.
Mais elle était mignonne.
-C'est peut-être celle que j'ai failli assommer l'autre jour.
On démolissait les bungalows et elle entendait rien, elle dormait.
Quelque chose glisse.
Hé, les gars, venez voir le petit lot qu'il y a là-dedans !
...
...
Elle tape au carreau.
Des chiens aboient.
-Je peux avoir de l'eau ? -Vous avez la fontaine là-bas.
-Ce truc, là ?
Mona pouffe de rire.
Y a pas d'eau.
-Il faut l'amorcer.
Vous êtes en panne ? -Non, je campe.
-Par ce temps ? -Ouais, ça va.
Un chien aboie.
Elle frappe.
...
Vous avez des allumettes ? -Mais oui, je vais vous en donner.
-J'aimerais m'en aller.
Cette fille qui est venue chercher de l'eau, elle est libre.
-Sa mère ne la nourrit peut-être pas tous les jours.
-Des fois, c'est mieux de ne pas manger.
J'aimerais être libre.
J'aimerais être libre.
L'orage gronde.
...
-Il y a quelqu'un ?
-Ouais, je dors !
-Mais vous savez où vous êtes ? -Non, je suis arrivée de nuit.
-C'est un cimetière, faut pas rester là.
-Hé, y a pas un petit boulot
pour nettoyer les tombes ?
...
...
...
Brouhaha.
...
-Un café, s'il vous plaît.
-C'est moi que tu regardes ou bien le sandwich ?
-Plutôt le sandwich.
-C'est dommage.
Tu en veux un ?
Laurent, un sandwich.
-Un Ricard.
-Au revoir.
*Morceau reggae.
...
*-A contrecourant,
je sors de l'enfer.
*Je vois la lumière,
je marche à l'envers...
...
...
-Quand je l'ai vue arriver, elle avait un sac à dos.
Elle cherchait du boulot.
Pour 30 F, je lui ai donné une voiture à laver.
Ca lui a lavé les mains, déjà.
Puis après,
..je l'aurais bien mise à servir de l'essence,
..j'ai pas eu confiance.
Ces rôdeuses, toutes les mêmes : des dragueuses et des fainéantes.
...
...
Des chiens aboient.
...
*Morceau funk.
...
...
...
-Un peu plus, elle me reprochait mes mains sales.
Non, elle m'a dit : "Tu es sale dans ta tête."
Quel culot !
-Allez, allez !
Vous pouvez m'emmener ?
-Oui. -Je prends mon sac.
-Ah non, non.
-Bande de cons !
Une voiture s'arrête.
-Oh, finis ma canette.
L'homme siffle.
-J'en tire une !
-C'est devenu difficile, les bons coups sont rares.
-Les maisons sont très surveillées. -Sans parler des clebs.
-Et, la vieille, où bosse Yolande ? -Non.
-Elle a un oncle qui a un château. -Tu touches pas à Yolande, OK ?
Clochette.
-Yolande ?
-Tout de suite, madame.
...
J'ai découvert un couple, mais je n'ai rien dit à l'oncle Aimé.
C'est lui le gardien.
Le proprio vient une fois par an, alors Aimé s'en fout.
Le proprio vient une fois par an, alors Aimé s'en fout.
Il sait même pas qu'on peut rentrer par derrière.
Oncle Aimé ?
-Bonjour.
-Voilà mon homme.
-Bonjour, je suis Paul, dit Paulo.
-Moi, c'est Bionnet.
B comme "bête", I comme "idiot", O comme "honnête" sans H,
..deux N comme "Noël Noël", E comme "Ernest Renan".
-ET T COMME L'AUTEUR DU "ROMAN DE LA MOMIE", THEOPHILE GAUTIER !
-Bien dit. -On va arroser ça ?
-Ca fait 15 ans qu'il se présente comme ça.
Oh, je vais faire un tour.
...
...
-Ca y est, tu as fait ton tour ?
Tu as bien rêvassé, tu as ta dose ?
-Allez Paulo, on conduit l'oncle à la gare et on va danser.
-Tu viendras nourrir les chiens, hein ?
-Promis. -Yolande est serviable.
-Promis. -Yolande est serviable.
-Yolande est serviable, Yolande était servante chez...
-Vous partez quelques jours ?
-Oui, pour affaires de famille.
-Ce que j'aimerais, c'est que Paulo rêvasse avec moi.
Comme les amoureux de la galerie, enlacés.
-Le vieux part avec une valise.
On va être peinards, 3, 4 jours.
-Il est pas mal, ton petit squat.
*"The changeling" des Doors.
...
...
-Pas de trace.
Ni vu ni connu.
-Ouais, je sais.
Mais d'habitude, ça dure même pas deux jours.
-Moi, d'habitude, je suis seul, comme un juif errant.
J'ai jeté la clé.
-Pas trop tôt !
-Tu sais bien qu'elle veut son repas à 12 h 30 pile.
Je suis passée avant, mais tu dormais.
-J'en ai marre que tu m'enfermes ici.
Essaye de trouver une place où il y a de la place pour moi.
-Les vieux, ça paye bien. -Trouve un autre vieux.
-Elle n'est pas marrante, mais elle n'est ni sale ni malade.
Madame, c'est une place en or. -Pas pour moi.
-Tu profites bien de ma paye, non ? -T'es chiante et indélicate.
-Paulo, pourquoi t'es pas gentil ? -Ca recommence.
-Je connais deux amoureux qui sont tout tendres.
Ils font tout ensemble : manger, fumer, dormir.
Ils écoutent leur musique. -Qui ça ?
-Tu les connais pas. -Et toi, tu les connais.
-Paulo...
-Moi, je vais pas moisir ici, je te préviens.
*Chanson new-wave.
...
-Ces torsades, c'est bien joli,
mais quel nid à poussière.
Essuyez-les comme il faut.
Oh, attention à ma petite tasse, c'est que j'y tiens énormément.
C'est celle que m'a donné ma marraine à ma communion.
Oh, j'adorais ma marraine. J'ai beaucoup pleuré à sa mort.
-Je me suis dit : "Si c'est un crime, c'est moche.
-Je me suis dit : "Si c'est un crime, c'est moche.
"Mais s'ils dorment, c'est mignon."
-T'as vraiment plus de shit ?
-T'as fumé en 4 jours ma réserve d'un mois.
-Tu me passes le pain ?
...
*Musique rock.
*Musique rock.
...
Quelqu'un monte un escalier.
-Il y a du bruit.
-C'est le vent.
...
Bris de verre.
-Qu'est-ce que c'est ? Eteins la radio.
Va voir.
Coups de poing.
-Tant que j'avais de l'herbe, elle était sympa.
Quand ça a manqué, c'était moins bien.
Quand on m'a assommé, y avait plus personne.
Encore heureux qu'elle ait pas piqué mon transistor.
Moi qui la prenais pour une qui s'accroche...
Le train démarre.
...
-Merde !
-J'ai vu personne.
A part ma nièce, Yolande, qui vient souvent.
Y a bien des voisins qui disent qu'ils ont vu une fille, sale,
..avec un sac sur le dos.
Mais c'est pas ma nièce, coquette comme elle est.
Mais une campeuse, s'en aller avec un grand tableau ? C'est idiot.
...
...
Elle sonne.
-Bonne route, ma fille, la porte vous sera toujours ouverte.
-Merci.
...
...
...
Clochettes, bêlements.
...
-Salut.
-Tu fais la route par ce temps ? -J'ai pas choisi le temps.
-Tu as choisi la route ? -C'est ça.
-Allez, viens.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-On m'a dit que des bergers pouvaient m'héberger.
-Ca te fait rire ? Ca rime. -Je ris facilement.
-Pour ce soir, peut-être.
-On n'a qu'à la mettre dans la salle.
-Il y en a combien ?
-Une bonne centaine, je compte pas exactement.
-Tu les connais toutes ?
-A peu près, la moitié.
-Elle me bouffe les cheveux.
...
-Elle avait sommeil, hein ?
Il tape sur la table.
-Laisse-la dormir un peu.
...
-Bonjour.
-Bonjour.
-Bien dormi ?
-Ca va.
-C'est bien.
Tu sais, la route, je connais.
-T'as fait la route ?
-Quand on était transhumants.
6 mois à la montagne, 6 mois en bas.
-Avec une femme et un troupeau, c'est plus un déménagement.
-Avec une femme et un troupeau, c'est plus un déménagement.
-C'est pas le même type de route..
..que ce que tu as fait.
Chacun doit vivre ses envies.
Tu te balades seule ? Tu souffres pas de la solitude ?
-Seule, c'est bien.
-J'ai passé des Noëls, seul.
Le 25 décembre, je les voyais se bâfrer.
Moi, j'étais seul.
-Quand il fait froid, c'est bien. Y a pas grand-monde sur la route.
Le stop marche mieux.
-Ca dépend de la gentillesse de l'homme.
Qui te prend ou qui te prend pas.
Et s'il te prend sans t'ennuyer, c'est encore mieux.
-Je m'en fous, je bouge.
-Peut-être que tu es plus libre que moi.
Tant mieux pour toi.
J'ai choisi un milieu, à mi-chemin entre la solitude et la liberté.
J'ai choisi un milieu, à mi-chemin entre la solitude et la liberté.
-Moi, on m'a longtemps emmerdée, maintenant c'est fini.
-Toi, tu as la liberté et la solitude.
Il vient un moment, je pense, où si on continue, on se détruit,
..on va à la destruction,
..et si on veut vivre, on arrête.
Tous les amis qui ont continué la route sont morts..
..ou sont devenus des loques : alcooliques, drogués, en général.
Parce que la solitude les a bouffés complètement.
...
...
-Tu vas l'emmener à l'école, quand même ?
-On verra bien plus tard.
Son papa..
..lui apprendra à lire, à écrire.
Il a une maîtrise de philo. -Ah bon ? Et tu vis là ?
-Retour à la terre.
-C'est ce que je voudrais, avoir un bout de terre à moi.
Cultiver des patates. -Des patates ?
-La terre, ça rigole pas.
Faut être là quand il faut,
au moment où il faut.
Faut être là quand il faut,
au moment où il faut.
Si tu veux faire des patates, je te propose ça.
Tu auras toute cette terre : des cyprès jusqu'aux fruitiers.
Tu as pas mal d'espace.
Tu peux y mettre des patates. -J'y arriverai pas.
-Je t'aiderai. Je te laboure la terre,
..je te la herse, et tu poses tes plants, voilà.
Il y a un matelas et un poêle, tu seras bien.
Tu pourras vendre les fromages s'il vient du monde.
Puis on sera mieux chez nous, comme ça, on sera tranquilles.
Tu sais monter ?
-C'est mieux. Vous trois et le troupeau, ça fait beaucoup.
J'ai pas l'habitude.
...
...
Hé, tu viens dans ma maison ?
Hé, tu viens dans ma maison ?
Viens.
-Mais non, ça pue pas, tu t'y habitueras.
Un enfant pleure.
...
-Mona, tu dors ?
Ecoute, ça va pas, là.
Tu dors tout le temps, nous, on bosse tout le temps.
C'est pas juste.
C'est pas juste.
Puis c'est sale,
y a des mégots partout.
-On va pas en faire..
..un fromage ! -Tu fais chier. Allez, sors.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-C'est toi qui veux rien.
On t'a donné un bout de terre, t'en as rien fait.
-Quoi, faut être absolument berger comme toi ?
A chacun sa façon d'être marginal. -T'es pas marginale, t'es out.
-Je me fous de ta philo, toi aussi, tu es crasseux.
-Ta gueule.
-Si j'avais fait des études, je vivrais pas comme toi.
Moi, j'ai quitté les petits chefs de bureau.
C'est pas pour en retrouver un à la campagne.
-Tu as trop lu de romans-feuilletons.
Tu planes.
...
...
...
-Dis donc, tu aurais besoin d'un bain.
-De fric, surtout.
Tu veux pas m'acheter deux fromages de chèvre ?
-Je pensais pas faire mon marché ici.
Tu les manges pas ? -Oh moi, je m'en suis lassée.
-Bon.
Tiens.
Ne reste pas là, tu les fais fuir.
Excuse-moi, hein, je travaille.
-Elle a du caractère.
Elle sait ce qu'elle veut.
Moi, si à son âge, je t'avais envoyé balader...
J'aurais mieux fait.
Quand on est mal mariée, on est coincée pour la vie.
Quand on est mal mariée, on est coincée pour la vie.
Elle m'a plu,
..cette hippie.
Le chien aboie.
...
-Oui ?
Il y avait ceux de l'université de Marseille.
J'ai fait mon speech.
Ah puis, j'ai pris en stop, une routarde, une vagabonde.
Tu n'as pas idée comme elle puait, ça m'a suffoquée.
Tout puait : son duvet, son sac, elle, tout !
Une crasse... J'ai eu un choc.
Je pouvais pas lui dire non après l'avoir laissée monter.
Vous dormez dehors toute seule ? -Ouais.
-C'est par sport ou vous n'avez pas le choix ?
-C'est ça.
-Vous n'avez pas de maison ?
-Ouais, ouais, c'est ça.
-Pas de famille où aller.
-Pas de trop.
-Je vous embête avec mes questions.
-Un peu, mais ça va.
Tous les chauffeurs veulent parler aux stoppeurs, des fois, j'invente.
-Là, vous avez inventé ? -Non.
Elle met la radio.
*-Marcia, elle est maigre.
*Belle en scène, belle comme à la ville.
*La voir danser..
*..me transforme en excitée.
*O, Moretto,
*Comme ta bouche..
*..est immense quand tu souris.
*Et quand tu ris,
*..je ris aussi.
*Tu aimes tellement la vie.
*Quel est donc ce froid
que l'on sent en toi ?
*Mais c'est la mort
qui t'a assassinée, Marcia.
*C'est la mort
qui t'a consumée, Marcia.
*C'est le cancer
que tu as pris sous ton bras.
*Maintenant tu es
en cendres, cendres.
*La mort, c'est comme une chose impossible...
-Après la cigarette ? -Pendant.
-C'est des chichis. -Des quoi ?
-Spécialité locale.
Ou des oreillettes, je sais pas.
Elle éteint l'autoradio.
Elle éteint l'autoradio.
C'est trop fort pour manger. Vous aimez bien la musique ?
-Ca et l'herbe, ouais.
-Vous n'avez pas un transistor ? -Non, ni d'herbe.
J'ai trop peu de blé pour en acheter.
-Il faut du blé pour de l'herbe, même pour du pain.
-Du pain, j'en trouve toujours, mais du fric, par-ci par-là.
-Vous le mettez où, votre fric ? -Là, j'ai une poche.
Quand j'en ai, quand je bosse.
Ca passerait bien avec une bière, ça.
-Quel genre de boulot ?
-Des fois, je bosse. N'importe quoi.
Les fraises, les vendanges. Je voudrais garder des gosses.
-Habillée comme ça ? -Je sais, j'ai pas le look.
-Disons, pas celui qui rassure les parents.
-Disons, pas celui qui rassure les parents.
Et promener des chiens ? -Bergère de chiens ? Non, merci.
J'ai déjà donné avec les bêtes, ça va.
J'aimerais bien être gardienne, garder des maisons.
Garder des chiens de garde.
Y a tellement de grandes maisons, tant de chambres.
-Je circule souvent
pour les platanes,
..ceux qui sont morts.
Je suis spécialiste.
-Vous les soignez ?
-Non, je suis universitaire.
Prof de fac.
Je réfléchis, je fais de la recherche.
-Qui les soigne, alors ? -Des techniciens.
Au labo, on essaye de trouver une espèce qui résisterait.
-A quoi ?
-A ce champignon qui est comme un cancer :
..le ceratocystis fimbriata, ou chancre coloré.
Il colonise l'arbre et le tue.
Il colonise l'arbre et le tue.
On ne peut pas l'arrêter.
Tous les platanes sont condamnés. -Quand ?
-D'ici 30 ans.
Si on ne trouve pas.
Mais il faut des crédits.
Du blé.
On a mis 25 ans à comprendre
que là où les Américains..
..avaient débarqué en 44
dans le Midi,
..pas en Normandie,
..il y a peu de platanes,
..mais à Marseille,
des caisses d'armes..
..sont restées là à pourrir.
C'était du bois de platane
américain contaminé.
Le champignon s'est propagé
et l'épidémie a commencé.
On a compris trop tard. -C'est con.
-Et si on ne tente rien,
..si on n'essaye pas d'arrêter le désastre, c'est encore plus con.
-De toute façon...
-Ce qui m'a troublée,
..c'est que, très vite, j'ai oublié sa puanteur, sa tabagie, sa misère.
Parce qu'elle était bien
dans ma voiture.
Elle était comme chez elle.
-J'ai pris tout ce qui m'a semblé bon.
Dans ces colloques, on nous soigne.
Et un peu de champ' aussi.
Vous comprenez que je ne puisse pas vous emmener dedans.
-Hm, j'ai horreur des groupes.
-Vous voulez dormir dans la voiture ?
-Ah ouais, c'est chouette.
-Pour la musique, faut le contact. J'aimerais mieux prendre les clés.
-Vous allez m'enfermer ? -Non, vous baisserez les trucs.
Désolée pour la musique.
Désolée pour la musique.
-J'ai l'habitude sans musique.
Au pire, je me récite les verbes irréguliers anglais.
"To catch, caught, caught". -Vous avez fait de l'anglais ?
-Ben ouais.
Jusqu'au bac.
-Vous avez le bac ? -Oui, le bac G1 : sténodactylo.
-Vous auriez pu travailler à ce colloque.
-A part le look.
-Bien, il faut que j'y aille,
ils m'attendent.
Pourquoi vous avez tout quitté ?
-La route et le champagne, c'est mieux.
Tronçonneuse.
...
-Bonjour, Jean-Pierre. J'ai pris..
..une drôle de fille en stop.
-Dites, ça va pas.
Faut me dégager ce tronc, mes camions passent là.
Envoyez vos sbires désinfecter, mais enlevez d'abord le tronc.
-Mais il faut débiter sur place. -Voici Mme Landier.
-Bonjour, madame. Mais ça change rien, ça.
-Bon, on fera au mieux.
-C'est une stoppeuse, du genre sauvage et sale.
Elle a pris racine à l'avant. -Je peux aller la déraciner.
-Non, elle m'amuse. -Je voyais que ça bougeait.
-Allez la voir. Prenez mon dossier rouge.
*Musique rock.
-Elle veut son dossier. Vous allez étouffer, là.
-Elle veut son dossier. Vous allez étouffer, là.
-La porte !
Tu fumes quoi ? J'en ai plus.
-Gitanes.
Vous en voulez une ? -Ouais.
-Vous avez vu tomber l'arbre ? -Ouais.
-C'est triste. -Pas de quoi chialer.
T'es aussi maniaque de platanes ? -J'étais son élève.
Je suis ingénieur agronome.
-Je te fais peur ou quoi ?
-Allez-y !
Coupez tout,
faites comme chez vous !
-J'ai pensé à toi.
Devant cette furie échevelée, je ne pensais qu'à toi.
Toute lisse, douce, exquise.
Il y a des princesses et des souillons.
-Arrête, c'est non.
-Arrête, c'est non.
-On est mariés et tu veux jamais.
-Chez mes parents, j'avais envie, mais dans ce placard, non !
Dire que ta tante a 7 pièces pour elle toute seule...
-Elle n'est pas éternelle. -On gâche nos plus belles années.
Faute de fric et d'espace. -Arrête de te plaindre.
Si tu avais vu cette routarde... Elle n'a ni abri ni argent.
Je t'assure que...
-Tu vas pas me casser les pieds avec une crasseuse..
..qui vous a blousés, toi et Landier !?
Cette prof toujours en transe de quelque chose.
Arrêtez de vous apitoyer sur une fille en cavale.
C'est peut-être une criminelle, une malade mentale, une droguée !
*Chanson mélancolique.
...
...
-Oh, on te voit souvent ici. -Le casse-croûte est pas mal.
Mais la musique est merdique, on se croirait dans un ascenseur.
Vous avez pas Renaud ? -Je suis pas à la radio, moi.
-Tu l'aimes Renaud, toi ? -Oui.
-Serre le poing, ça ira plus vite. -Je suis pas pressée.
...
Il y a un tabac dans le coin ? -Non, allez plus loin.
...
...
...
-Je l'ai vue arriver, je sais pas d'où.
Elle s'est mis au coin du feu, elle avait l'air d'avoir froid.
Je savais pas s'il fallait lui adresser la parole ou quoi.
Les filles qui vagabondent, c'est très rare.
Qu'elle reste toute seule, comme ça...
J'aurais dû lui parler.
...
...
-Qu'est-ce que c'est,
..cette histoire de champignon ? -Ben, le truc machin, là.
Les Américains l'ont ramené. -Les Américains, quand ?
-Ben, renseignez-vous.
S'il y a des champignons dans vos caisses, vous verrez.
-Des caisses
de fraises, du Vaucluse ?
-Je le sais, c'est tout. Vous devriez le savoir.
Si vos platanes crèvent, au moins, vous penserez à moi.
Quelqu'un sonne.
-Je suis venu trop tôt ? -Non, entrez.
-Bonjour.
-C'est moi qui suis en retard, installez-vous.
Asseyez-vous.
Vous n'avez toujours pas fait réparer vos lunettes ?
-Je sais, ma femme me le reproche aussi.
-J'en ai pour 5 minutes.
Quelque chose cliquette.
...
-Mme Landier ?
Mme Landier ?
Mme Landier !?
...
Mme Landier ?
...
-J'ai failli mourir.
Electrocutée.
-C'est fini. -J'ai failli mourir.
Une lumière terrible.
C'est vrai ce qu'on dit :
C'est vrai ce qu'on dit :
..j'ai vu défiler des tas d'instants de ma vie.
Très vite, des images.
Ca m'a semblé long. -Je suis venu tout de suite.
Ca a duré quelques secondes.
-Je me débattais avec tous ces bouts d'images.
Oh, c'est bizarre.
Cette fille que j'avais prise en stop,
..elle revenait plusieurs fois, comme un reproche.
-Je retourne devant ou vous faites le taxi ?
-Il va falloir que je vous laisse, je rentre chez moi.
-Quand, là, maintenant ? -Non, enfin...
Une demi-heure, un quart d'heure.
-Chacun son truc, hein ?
-Tenez.
Quelques provisions.
-C'était sympa, la balade.
-C'était sympa, la balade.
-Vous allez trouver un coin ? -Ouais, ça ira.
-Soyez prudente.
-Du blé pour du pain ?
-On ne peut pas
la laisser comme ça.
C'est trop risqué dans les bois.
Jean-Pierre, il faut m'aider.
Partez la chercher.
C'est dans un bois, je vous montrerai sur la carte.
Tout près d'un château d'eau. Je m'inquiète pour elle.
J'aurais dû faire quelque chose.
Je ne sais même pas son nom.
...
...
-Alors, comme ça... -Non !
-Ca fait un moment que je t'observe.
Tu veux de la compagnie ? -Non !
-Allez, allez !
Allez !
Allez, allez !
Allez, allez !
Youp !
Allez, allez, allez !
-Elle est passée comme un coup de vent.
Pas de projet, pas de but, pas de désir, pas d'envie.
On a essayé de lui proposer des choses, rien.
Rien envie de faire.
C'est pas l'errance, mais l'erreur. En prouvant qu'elle est inutile,
..elle fait le jeu d'un système qu'elle refuse.
C'est l'erreur, pas l'errance.
...
...
-Hé !
C'est à toi ? -Oui, tu peux boire.
Tu peux prendre aussi la cisaille pour venir travailler.
Il frappe au carreau. -Entrez.
Ferme la porte.
C'est quoi tout ce fourbi ?
C'est quoi tout ce fourbi ?
-Cette fille habite dehors, je peux la prendre en haut ?
-Oui, tu es seul.
Mais que diront les autres à leur arrivée ?
-On verra. -D'accord.
-Merci. -Allez, bonsoir.
Alors, tu habites dehors ? -Oui.
-Tu peux entrer.
Je t'invite à boire du thé. -Hm.
...
...
-Le thé est prêt.
-Ils sont où les autres ?
-Au Maroc, avec leurs enfants
et leurs femmes.
-Toi, t'as pas d'enfant ?
-Mais moi, je suis tunisien.
-C'est quoi ton nom ?
-Yahiaoui Assouna.
-Yahiaoui Assouna.
Je peux t'appeler Assoun ?
-Si tu veux.
Ou Assouna.
-Moi, c'était Simone, mais on dit Mona.
-Tu t'appelles Mona, c'est beau.
Et le nom de ton père ? -Bergeron.
-Bergeron.
-Elle marche la télé ?
-Ben non.
-Ah bon ?
-Tu sais tailler ? -Non.
-Je te fais voir, regarde.
Comme ça.
Là.
Comme ça.
Tiens, commence là, coupe là.
Coupe ici.
A la suite, ici.
Voilà, très bien.
Tu peux travailler avec moi, si tu veux.
Puisque je suis payé au forfait.
C'est 800 ou 900 francs par vigne.
Des fois, il y a 1 500 pieds,
..des fois,
il y en a 2 000 par vigne.
Quand on travaille au forfait,
on s'arrange comme on veut.
Tu peux m'aider.
-Assoun, c'est l'heure !
...
-Dis, tu restes trop en arrière, il faut se mettre en face.
Si c'est pas bien fait, ou même si c'est pas fini,
..après, moi, je repasse.
-Hum, c'est bon. -Oui, c'est bon.
-C'est drôle toutes ces bouteilles d'huile.
-Chacun sa bouteille.
Même leurs noms sont dessus.
-Vous mangez toujours en ligne, comme au snack ?
-Dis donc, ça doit faire mal.
-C'est le métier qui rentre.
La femme du régisseur, elle m'a dit que la vigne,
..c'était pas un métier pour femme.
Tu sais ce qu'elle m'a dit aussi ?
Que sa fille aînée travaillait chez "Eminence", dans les slips.
-Je le savais.
*-Mon chéri.
*-Il faut que je te parle.
*-Mon chéri.
*-Il faut que je te parle.
-C'est pas banal de voir une fille camper en hiver.
Les temps ont changé.
Regarde Florence.
Elle est pire que nos garçons, elle ne pense qu'à rouler en moto.
-Attends.
Quand elle rencontrera un garçon, ça ira et s'arrangera.
-Pourvu qu'elle fasse pas comme la campeuse.
-Soi-disant qu'elle s'appellerait Mona.
*Claque.
*-Non, Fred, je t'en prie !
-Oh, c'est tout raide.
Par ce temps...
Toi, t'as pas ce problème, tu laves jamais tes affaires.
Et là-haut,
c'est pas plus propre.
-Il est gentil, Assoun, il a de bons yeux.
-Oui, gentil,
travailleur, mais sale.
-Tu m'écoutes ou tu m'écoutes pas ?
Si tu veux, tu peux rester ici,
tu m'aides à la vigne.
Et moi, je m'occupe de toi.
Quand les autres arrivent, moi, je m'arrange.
Tu veux sortir ?
Il fait froid, couvre-toi.
...
...
Ils discutent en arabe.
...
-Assoun ? -Quoi ?
...
-Assoun, tu viens ? -Oui.
Il y a un problème, les autres veulent pas que tu restes.
Je sais pas ce qu'ils ont.
Assieds-toi ici.
Je vais leur parler.
Tu m'attends, hein ?
...
Les autres veulent pas, on est trop, on est 6.
Les autres veulent pas, on est trop, on est 6.
Et ils veulent pas de femme.
-Bravo, Assoun, bravo.
"Tu peux rester", "Je m'occupe de toi"...
Et devant les autres, tu t'écrases. -Ils veulent pas de femme.
-Dégonflé.
Va chercher mes affaires.
-Bon, j'y vais.
-Et magne-toi !
-Je viens, oui !
-Et la tente ?
-La tente !
Tu sais, Mona, les autres, ils veulent pas.
-Tu m'as bien eue.
-Prends ta tente. -Et toi, ton écharpe.
-Viens, on me prête une voiture, je te mène.
-Pour que ça aille plus vite, hein ?
-Monte. -Tu es épatant.
-Ca devait arriver, je l'avais dit.
Pauvre fille, si jeune, va savoir où elle est...
...
-Tu te souviens de cette fille, la dernière fois que je suis venu ?
Je croyais qu'elle venait pour le casse-dalle.
Mais pas du tout.
Elle a pris un petit truc de compote, un peu de café.
Tiens, mets-moi un coup de vin, s'il te plaît.
Tiens, mets-moi un coup de vin, s'il te plaît.
Et puis, elle s'est marrée.
Je me demande bien pourquoi elle donnait son sang.
-Il est marrant ce petit café.
Tu remplis la bouteille ?
Vous pouvez nous emmener ? -Si tu es seule, oui.
-Bon, allez, ciao.
-Etre seule, c'est dur.
-Etre seule, c'est dur.
Mais si on est deux et qu'on reste deux, c'est moche.
Dans les bras de Paulo, c'est comme si j'étais seule.
En boîte et au lit, ça lui va, mais c'est tout.
Je suis une sentimentale, moi.
J'arrive pas à oublier cette fille dans les bras du type à la chaîne.
...
*Musique punk-rock dans la boîte.
...
...
...
-Prends tes affaires et attends-moi dans le hall de service.
-Ben, et lui ?
-T'inquiète pas.
Tu peux dormir là.
C'est la chambre de feu la soeur de madame.
C'est désert, personne n'y met les pieds.
Tu sais, j'ai si souvent pensé à vous deux endormis.
Je croyais que c'était l'amour pour toujours.
Et tu es seule comme la vieille. -Moins riche.
-Pauvre gosse. Je te gâterai, ça te changera.
Tu me tiendras compagnie, je suis si seule.
Je la dorlote, je te dorloterai.
Oh, c'est pas pour les mercis.
J'ai l'habitude, elle me voit pas, la patronne.
Elle voit juste bouger un tablier qui s'appelle Yolande, c'est moi.
Au début,
je croyais qu'elle voyait.
Elle connaît sa maison par coeur.
Elle a un neveu très gentil.
Un beau, un jeune.
Elle a pas eu d'enfant, elle a que moi.
Enfin, mon tablier, mon cache-poussière.
-Elle te donnera la maison ? -Oh non, c'est pour le neveu.
-Elle te donnera la maison ? -Oh non, c'est pour le neveu.
Quand elle partira. -C'est lui ?
Il est beau mec, je me le ferais bien.
-Ah ça, non, c'est le mien. -De neveu ?
-Mais non, mon homme ! Arrête tes conneries.
Bon, je vais en courses.
Et reste tranquille.
Clochette.
-Yolande ?
Dites, Yolande,
il faudra faire l'argenterie..
..si mon amie Lucienne
vient prendre le thé.
La petite lampe rouge, il faudra penser à la faire réparer.
Les petits verres à muscat,
il vaudrait mieux..
..les ranger dans le placard.
...
-Qui est-ce ?
-C'est ma pauvre soeur Marcelle.
Ma pauvre soeur Marcelle.
Ma pauvre soeur Marcelle.
Oh, j'aimais pas ses chats.
-Quand on est si vieux, c'est mieux que rien.
-Vous n'êtes pas Yolande, vous.
Vous êtes plus petite, vous êtes pas Yolande. Qui est-ce ?
-C'est Mona.
Et vous mémé, c'est quoi le petit nom ?
-Lydie. Vous m'avez fait un choc. -Remettez-vous.
-Oh, j'aimerais mieux un verre.
-C'est pas du muscat, ça, c'est du cognac.
-Oh, merci.
Tchin tchin. -Tchin.
-Que se passe-t-il avec la petite ? -La petite ?
-La jeune que j'ai prise en stop quand t'étais rond.
-Elle est jolie ?
Dis, on va peut-être enfin s'amuser ici !
Elles éclatent de rire.
-Oh, si mon neveu me voyait, ça lui en boucherait un coin.
-Ton neveu, il attend que tu t'en ailles.
Les neveux, c'est des vautours. -Je le sais, mais je ne dis rien.
Oh, oh...
Quand il arrive avec son petit bouquet de fleurs et qu'il me dit :
.."Bonjour, tante Lydie !
"Aujourd'hui, tu es en forme !"
Oh, je sais qu'il voudrait ma maison, mais...
C'est bon, c'est bon.
...
Oh ! Là, là ! -Un autre ?
Allez, un petit coup, encore. -Un petit coup.
Tout petit.
-Ah, ce que t'es drôle.
...
-Rends-moi mon tablier et vite !
-"Rends-moi mon tablier et vite..."
-Viens ici qu'on s'explique.
-Viens ici qu'on s'explique.
Mon copain veut que tu partes. -Celui de la photo ?
-Allez, casse-toi. -100 balles pour me tirer ?
La vieille m'avait à la bonne, mais la bonne veut pas.
-Allez. -Comme à l'hôtel, fini à midi.
Je vais pas te le piquer, ton boulot de boniche !
-Je veux pas rester seule.
-Tiens, tes mules.
-Ils vont me mettre dans une maison de retraite.
Quelqu'un sonne. La retraite aux flambeaux...
-Bonjour, Yolande.
Vous n'entendiez pas ? -Madame riait.
Bonjour. -Bonjour.
-Comment va ma grand-tante ?
-Elle rit seule, elle devient gâteuse ?
-On a à vous parler.
-La police nous a interrogés à propos d'un cambriolage.
-Ah, le château de mon oncle Aimé. -Enfin, qu'il garde.
-Ah, le château de mon oncle Aimé. -Enfin, qu'il garde.
L'enquête piétine. -Il m'en parle.
-Vous êtes une piste. -Moi ?
-Oui, c'est délicat et gênant, pour nous, pour ma tante.
-J'ai fait mon enquête, vous avez un ami, il paraît ?
-Qui n'en a pas ? -On le soupçonne.
-Lui, trempé dans un vol ?
Il est déménageur et vit chez sa mère.
-Mais il vient ici.
-Et il vous manque une petite cuillère ?
-Bon, je serai brutale : je vous donne vos 8 jours.
-Eliane, ma chérie, peut-être...
-Mais qu'est-ce que j'ai fait ?
-Vous avez mal choisi l'objet de vos élans.
-L'objet de quoi ?
C'est pas lui, il était pas là.
Je dois m'en aller vraiment ?
-8 jours, c'est l'usage.
-Bonjour, tante Lydie !
Vous avez l'air en forme.
-"Bonjour, tante Lydie, vous avez l'air en forme..."
...
*-Quai numéro 1, le train
à destination de Marseille..
*..va partir.
*Attention à la fermeture
automatique des portes.
*Attention au départ.
-Madame, je crois que c'est de l'argent, vous en voulez ?
-Oui, c'est de l'argent, mais c'est risqué.
Vous avez dû le voler. Non, je regrette.
-T'as pas une clope ?
-Non.
Hé, monsieur. -Faites attention.
-Vous voulez pas m'acheter ça ? -Pourquoi ?
-Vous voulez pas m'acheter ça ? -Pourquoi ?
-Pour manger, j'ai faim. -Pour manger, il faut travailler.
-Bon, allez, dégage, pépère.
-C'est pas le bon coin pour vendre, fais gaffe.
Dans 5mn, contrôle des papiers. -J'en ai pas, alors j'irai au trou.
Je suis fatiguée de bouger.
-Je connais un type qui revend ces trucs louches.
-Ah oui ?
-T'as aucun papier ? Je croyais que tu dealais.
-Rien.
J'avais un extrait de naissance, mais je l'ai paumé.
-Hé, c'est à moi, cette photo. -Trop tard, maintenant c'est 2 F.
-Tout de même... -C'est comme ça, paye.
Merci.
...
-Y a personne qui a envie de bouger, là ?
-Pas tout de suite.
...
...
-Comment tu t'appelles, toi ? -Jean.
Quelqu'un joue de l'harmonica.
...
-Putain, arrête, tu joueras à la gare.
-Allez, Robert, Jean.
*-Correspondance pour Lyon.
*Départ 12 h 04 du quai numéro 1.
*Correspondance pour Alès.
*Départ 12 h 09 quai numéro 3.
-Et en Avignon, ça sera comment ? -La famille a l'air sympathique.
Et plus jeune.
-Je pensais pas que vous le feriez. -Quoi ?
-Ca : me vider dans les 8 jours,
..envoyer madame en maison de retraite, ça a pas traîné.
Votre femme, elle est dure.
-C'est ma femme, vous comprenez rien à la passion.
Allez, bonne chance.
-Au revoir, M. Jean-Pierre.
J'ai eu un choc.
J'ai eu un choc.
J'ai cru que c'était cette fille que j'ai vidée.
Je me demande ce qu'elle est devenue.
Je ne sais même pas d'où elle venait.
-C'est facile de critiquer quand on a de l'argent.
Nous, on zone, on est dans la merde, on n'a rien.
-Vous savez, j'ai été élevé par l'Assistance publique.
-On a un point en commun, moi aussi.
-On est frère et soeur, alors.
-J'ai des plans, je vais te mettre sur des coups.
-J'ai vraiment besoin d'un café.
Quelqu'un joue de l'harmonica.
...
...
On va prendre un café, Bébert ?
Hé, debout là-dedans !
-Laisse-moi dormir.
-Ca dort, c'est sinistre.
C'est de la musique qui manque ici.
-Ca suffit, allez chahuter dehors.
-Dégage, on t'a dit !
-Un demi, s'il vous plaît.
-Oh, qu'est-ce que je tiens.
...
...
-Je pourrais même t'emmener à Toulouse.
J'ai des contacts, tu pourrais faire des petits films pornos.
Tu pourrais poser.
-Moi, poser ?
Me reposer.
-Gérard, je l'ai retrouvée.
Tu sais, la fille que Mme Landier avait prise en stop.
Elle est à la gare.
Si tu la voyais, c'est un déchet. J'en suis malade.
Je te le dis à toi, mais je le dirai pas à Mme Landier.
Non, jamais. Ni à Eliane.
Remarque, ce désarroi, on peut le comprendre.
Moi-même, je suis si paumé des fois.
Moi-même, je suis si paumé des fois.
Mais en arriver là...
Elle tape sur la vitre.
Mais elle est folle !
De toute façon, elle me reconnaît pas.
Elle m'avait dit : "Je te fais peur ou quoi ?"
Oui, elle me fait peur.
Elle vomit.
Oui, elle me fait peur parce qu'elle me dégoûte.
-Y a rien ?
-Non, on va en essayer une autre ?
...
...
-Où es-tu !?
On m'a dit que t'étais revenu ?
Ah, te voilà, mon salaud.
Rends-moi mon fric.
-Je l'ai donné à Gégé pour toi. -Menteur, je l'ai vu, Gégé !
Je vais tout casser, hein !
-Déconne pas !
Coups de poing.
-Ca suffit, bordel !
La ville peut cramer,
..j'en ai rien à foutre !
...
Coup de klaxon.
*-Départ 12 h 20, quai numéro 3.
-Merci à Bébert, il a foutu le feu et elle s'est tirée.
La conne, elle baisait bien, elle aurait pu me rapporter du blé.
L'autre, elle discute trop.
Avec ses tirades anti-société, elle fait débander.
Je regrette Mona, elle avait un sacré cul.
Ah, trop tard, ça fait 2 F de plus.
...
...
-Ca caille.
Je peux pas dormir.
Si maman Louise me voyait, dans ma maison de radis.
Ils sont tellement petits qu'on peut même pas les bouffer.
Il fait froid.
Un chien aboie.
Dégage, con de chien !
...
...
Dégage, crève !
...
-Attention à votre cape, elle risque de brûler.
-Je cherche du pain. -Le village est en face.
Vous coupez à travers les vignes..
..et vous passez sous le pont.
Mona tousse.
...
...
Ils hurlent.
...
-Oh, j'en ai une !
Allez ! -Doucement !
-Allez ! Rires.
Allez !
...
...
-Viens voir, viens ici.
Rires.
...
Elle tousse.
...
...
...
Mona grelotte et tousse.
...
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