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Arrête, arrête !
T'es bien ?
Oui, oui, très bien,
mais j'ai besoin d'une pause.
D'accord, alors on arrête.
On peut descendre déjeuner, voir qui est là.
D'accord.
Ils sont peut-être sortis.
Allons voir.
Avant, on se douche. Tu sens la moule !
À la douche, tête de moule !
Vous voilà !
Génial !
- Ça va ? - Super.
- Vous êtes arrivés hier soir ? - Oui, on a foncé.
- Ça a été ? - Oui. J'avais hâte d'être là.
Mange, il y a un peu de tout.
Merci.
- C'est chouette ! - Oui.
- Quoi ? - Les moustiques me dévorent.
Je vais te sauver.
Voilà, sauvée.
Tu me sauves ou t'es chaud ?
Je suis resté sur ma faim.
Mais c'est pas mal, ça nous met à égalité.
C'est bien. Comme ça, je fais cause commune.
Je me solidarise.
Ça va ?
Oui.
- T'es bien sérieuse. - Je suis normale.
Normale ? Je crois pas, non.
- Qu'est-ce que t'as ? - Rien !
- J'ai pas aimé ce que t'as dit. - Quoi donc ?
Putain...
Que tu te solidarises et tout ça.
Genre, je pourrai plus jamais, c'est ça ?
Je plaisantais !
Donne-moi un peu d'air.
S'il te plaît.
- Je me suis emportée. - D'accord.
Tu veux pas te baigner ? Ça craint rien.
Quoi, t'as peur ?
J'avoue, je suis mort de trouille.
Les lacs, la mer, c'est partout pareil.
Peur de la profondeur ?
Non, enfin...
De pas savoir ce qu'il y a en dessous.
Il pourrait y avoir un énorme silure !
- Sérieux... - Faut se méfier.
Oui, un pêcheur nous a dit
que les silures te chopent les pieds,
t'entraînent au fond et te noient.
Une minute,
c'est arrivé une fois, il y a cent ans.
Oui, mais cette fois-là, le type a clamsé !
Il est mort, tu vois ?
Moi, la seule profondeur qui m'intimide,
c'est celle des yeux d'une femme.
- Et voilà ! - Poète de la rue.
Le truc, c'est de la jouer troubadour du XXIe siècle.
Façon ouvrier de chantier, quoi.
"Poupée, t'as un GPS ? Je me suis perdu en te voyant."
J'en ai une de gamers,
c'était...
"Sois mon tamagotchi, je serai ton ange gardien."
Trop cucul ! Faut y aller franco.
"Où est l'extincteur ? Ton corps me met en feu."
- En vrai, c'est pas drôle. - Si, on rigole.
Ça fait marrer.
- Mais c'est du harcèlement. - Pitié !
Quand même pas.
Elle pousse un peu.
Tu dramatises, là.
Un mec qui te crie :
"Hé, beauté !" et qui te met en joie,
c'est pas pareil que du harcèlement.
Un inconnu qui te hèle dans la rue, c'est comme si...
il te pelotait.
- Ça n'a rien à voir ! - Mais si.
Une femme sur trois est victime de viol.
- Arrête ! - Je l'ai lu.
Alors pourquoi j'en connais pas ? Ça colle pas.
- Elles te l'ont pas dit. - Pas possible.
C'est hyper intime.
Vous délirez !
Informe-toi un peu.
- Ça va ! - Écoute-les donc.
L'ultraféministe et la reine de l'info Facebook ?
Moi, j'ai été violée.
Tu le dirais pas si calmement.
Tu veux que je fonde en larmes ?
Putain, je savais pas. Désolé.
C'est bon.
- C'était qui ? - Un copain.
Comment ça, un copain ?
Un bon copain, comme vous,
mais j'ai pas envie d'en parler.
Excuse-moi,
je suis trop con.
T'inquiète.
J'ai tout fait : psy, méditation, la totale.
C'était il y a quelques années.
Mais oui, ça arrive.
Quelle soirée, hein ?
Fais pas ta cracra, va te brosser les dents.
La pastèque va te faire jouir.
Ce serait un comble.
"La jeune femme ne pouvait jouir
"qu'en mangeant de la pastèque."
Ça me déprimerait un peu.
- Je serais ravi pour toi. - C'est mignon.
Mais j'irais me jeter d'un pont.
J'essaierais bien de t'en dissuader,
mais je suis trop occupée à savourer cette pastèque.
Fourre-m'en un gros bout !
Vraiment ? Non !
Si !
Qu'est-ce que tu veux ?
Que tu me caresses un peu.
"Nageant parmi les ombres
"D'un lac impénétrable
"Tes monstres t'épient"
JUS DE PASTÈQUE
"Ils te dévisagent pour voir si tu sombres"
Viens te baigner !
Allez, Pol !
S'il te plaît.
Fais-le pour moi, lance-toi !
"Lentement je m'approche
"Dans ton sillage
"Je crois te venir en aide
"Mais je t'enfonce
"Sans m'en apercevoir"
Je suis un silure !
"Tant de temps que je tais ces mots
"De peur que tu me dises
"Que je suis ridicule
"Et toi, tant de temps
"Que tu espères les entendre"
Traduction : Claire Breton
Sous-titrage : ECLAIR MEDIA
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