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Original subtitles

LE PETIT ARPENT DU BON DIEU

Enfer et damnation ! Pourquoi faut-il

que cette terre s'�croule quand on �tait � bonne profondeur ?

Si c'est pas malheureux !

C'est fichu.

J'en ai marre de ce trou. Si on en creusait un autre ?

� quoi bon ?

Comment �a, "� quoi bon" ?

�a va faire deux mois qu'on le creuse

sans rien trouver que du sale boulot.

Y aura bient�t 15 ans que je creuse cette terre.

Et je creuserai 15 ans de plus, s'il le faut.

Ce qui vous manque, les gars, c'est la patience que j'ai, moi.

Au diable la patience ! C'est un devin qu'il nous faut.

�a te reprend, tes superstitions !

T'as que �a � la bouche : devins, sorciers et le reste.

Tout �a, fiston, c'est de la superstition.

Tandis que moi... je suis un esprit scientifique.

T'as qu'� t'acheter une machine. C'est elle qui fera le boulot.

Non. �a co�te bien trop cher.

O� tu vas, fiston ?

J'en ai assez pour aujourd'hui.

Je me lave et je file en ville.

Tu feras pas fortune comme �a.

C'est pas ce que je vise.

Je suis trop jeune.

Je me fais du souci pour lui.

Qui va-t-il voir ?

Pas de quoi se frapper. C'est un coureur de jupons.

Les femmes peuvent lui jouer un sale tour.

Et quand il s'en apercevra, ce sera trop tard.

Voil� de la limonade fra�che.

Je te remercie bien, ma bru.

Y a quoi � manger ?

La m�me chose qu'hier. Du lard et du mais.

Je voudrais du poulet r�ti.

Quand on a une femme comme Griselda,

je comprends pas qu'on pense qu'� manger.

Cesse donc de me taquiner, Ty Ty.

Si Dieu a mis une beaut� comme toi chez moi,

je vais pas me priver de la regarder.

Tu sais pas la chance que t'as.

La chance que j'ai ?

D'avoir une femme qui m'aime pas ?

Pourquoi vous disputer, les tourtereaux ?

Je me dispute pas avec Buck.

Elle me cause plus.

Elle r�ve � Will Thompson.

Si tu m'en parlais moins, je l'oublierais !

T'accours d�s qu'il claque dans ses doigts !

Continue. Un matin, tu te r�veilleras seul !

Tu penses pas ce que tu dis.

Dis-lui que c'est pas vrai.

Dis-lui que je veux plus entendre parler de Thompson !

Pour s�r, tu sais pas

parler aux femmes.

Griselda, c'est pas n'importe qui. Parce qu'elle t'a �pous�,

tu crois que �a suffit � la rendre heureuse ?

Je sais d'o� vient le mal. Elle pense encore � Will.

Votez Pluto Swint. Le sh�rif qu'il vous faut.

- Bonjour, Pluto. - Bonjour, Griselda.

Salut, Charlie. Comment va, mon gros ?

En voil� un mignon goret. O� est Ty Ty ?

L�-bas, dans ce grand trou.

Merci. Ce qu'il fait chaud !

Alors, Ty Ty ?

T'es dans quel trou ?

Dans celui-ci, Pluto !

En voil� des fa�ons d'accueillir un voisin !

Alors ? Vous avez trouv� quelque chose ?

Pas grand-chose.

Mais �a ne saurait tarder.

Je le sais. Je le sens dans mes os.

Et moi donc !

Vous cherchez quoi, les gars ?

Y aura bient�t un an que tu viens ici,

tu me vois creuser et tu sais pas pourquoi ?

Je croyais que tu cherchais de l'eau.

De l'eau !

Ben toi, alors !

Tu crois que j'ai perdu la t�te ?

Je cherche de l'or !

De l'or ? En G�orgie ?

De l'or jaune et qui brille.

Des pi�ces d'or.

Grosses comme �a. Y en a des milliers.

Pas possible ?

Des cuillers en or. Des assiettes en or.

Et des fourchettes en or.

Et des tasses, m'est avis.

T'en as vu, de tes yeux vu ?

- Quasiment. - O� �a ?

Je sais pas pr�cis�ment.

J'ai pas encore trouv�.

Mais c'est l�.

Mon grand-p�re m'en a parl�.

Il me l'a l�gu� le jour de sa mort.

Peut-�tre qu'il s'est tromp�.

- Tu traites mon a�eul de menteur ? - J'oserais pas !

Parce que je supporte pas les menteurs !

Reconnais que t'as pas trouv� d'or.

Ce qu'il vous faut, c'est un albinos.

T'as moins de chance qu'une boule de neige en enfer

sans un albinos pour t'aider � chercher.

Un quoi ?

Un albinos.

Enfer et damnation ! Qu'est-ce que c'est ?

Un de ces hommes qui sont tout blancs.

� croire qu'ils sont en craie. Blancs comme du coton.

Les cheveux blancs, la peau blanche et m�me les yeux blancs.

C'est lui qu'il vous faut. Vous ferez pas sans !

Je serai scientifique jusqu'au bout. Je veux pas me m�ler de sorcellerie.

Je te parle pas de jeteurs de sort.

Je te parle des albinos.

Ils ont un pouvoir secret.

Ils voient ce qu'il y a sous terre.

Comme � travers un verre d'eau.

C'est strictement scientifique.

L�, tu m'as convaincu.

Convaincu pour de bon. O� est-il ?

L�-bas, dans les marais.

On y va !

Un albinos, un vrai de vrai ?

Vrai comme le jour est long.

Comment l'attraper ?

Te fais pas de bile.

Je l'attraperai avec un cordeau de labour.

Oubliez pas que cet albinos est un citoyen et un �lecteur.

Le ligoter, ce serait contraire � la loi.

Moi, je veux rien en savoir. En tant que futur sh�rif...

Quelle taille il fait ?

C'est pas �a qui compte.

C'est sa blancheur ! Son sang est blanc.

Et la cire de ses oreilles !

Ce Blanc-l�, il me le faut co�te que co�te !

Buck, file � la maison pr�parer l'auto pour un petit voyage.

Gonfle les pneus � bloc et mets plein d'eau dans le radiateur.

On en a pour douze heures avant d'�tre de retour.

Merci de ta suggestion scientifique, concernant cet albinos.

Je fatiguais � creuser par cette chaleur.

Merci d'�tre venu

aujourd'hui, Pluto. Je te le dis.

Tu m'as ouvert les yeux : l'albinos va me montrer o� l'or est enterr�.

Il le trouvera, comme tu l'as dit ?

Pour s�r qu'il peut.

Un albinos, m'est avis, �a trouve n'importe quoi.

Mettons qu'il traverse ce champ, celui-l�.

Rien qu'en regardant par terre, il verra o� l'or est enterr�.

Ce champ-l� ?

N'importe lequel.

Ty Ty ! Qu'est-ce qui te prend ?

C'est pas l� qu'est la tombe de ton grand-p�re ?

Non, c'est le petit arpent du bon Dieu.

J'ai mis la croix pour indiquer l'endroit.

�a fait 27 ans qu'elle est l�.

� croire qu'elle a pris racine !

L'arpent du bon Dieu ?

C'est �a.

Le jour de mon mariage, j'ai donn� cette terre � l'�glise.

Ce qu'elle produit est � Dieu.

Coton, mais...

ou autre chose.

Si cette terre est sacr�e pourquoi as-tu enlev� cette croix ?

Parce que l'id�e m'en est venue :

j'ai jamais creus� de trou dans le petit arpent du bon Dieu.

Mais suppose que cet albinos se pointe ici, dans ma ferme

et d�signe justement cette terre.

Suppose que l'or soit enterr� l�. S'il y est depuis toujours,

ma conscience m'obligerait � donner tout cet or au pasteur.

Pis encore, je lui donnerais peut-�tre rien du tout.

J'ai de la religion, mais...

pas au point de tout sacrifier.

Qu'est-ce que tu vas faire ?

D�placer l'arpent du bon Dieu

dans un endroit o� il sera pas � d�couvert,

comme le p�ch� et la tentation.

Mon Dieu,

pardonnez-moi.

J'ai d�plac� Votre arpent.

Il a bien fallu.

Pour me mettre � l'abri de la tentation.

Si j'avais trouv� l'or l�-bas,

j'aurais �t� bigrement tent� de ne pas Vous le rendre.

Vous voudriez pas que je sois tent�.

Et moi, je voudrais pas Vous l�ser.

Jamais de la vie.

� Vous tout ce qui pousse sur cette terre :

fleurs ou miel...

ou autre chose.

Dis voir, ma bru,

ce melon d'eau est-il frais, mur,

pr�t � �tre mang� ?

Et comment, papa.

Les enfants,

rentrons manger ce beau melon d'eau bien frais.

Viens, Pluto.

Je peux pas.

Il faut que je recompte tous mes �lecteurs avant ce soir.

Tu vas te tuer � la t�che. �a vaut pas le coup. Viens.

Tu sais, y a quelque chose qu'il faut que je te dise.

De quoi s'agit-il au juste, Pluto ?

Ben, il s'agit de ta fille.

Laquelle ?

J'en ai trois. Toutes tr�s belles.

La gloire de ce monde !

Je suis bien d'accord.

Tu sais quoi, Pluto ? T'as les yeux comme des graines de melon.

Pas possible ?

C'est plus fort que moi.

Avec vos petits yeux dans votre face rouge,

vous ressemblez � un melon avec deux graines dedans.

� pr�sent, Pluto,

au sujet de ma fille...

Y a Rosamond.

Elle habite la vall�e.

Trop loin pour toi. D'ailleurs, elle a �pous� Will Thompson.

Et puis y a Griselda.

Mari�e elle aussi.

Reste � savoir si Buck est le mari qu'il faut � une beaut� comme elle.

M�me s'il est de ma chair et de mon sang.

Si bien que,

reste la plus jeune, Darling Jill.

Trop jeune pour fr�quenter.

Je veux pas la fr�quenter.

Ce que je veux... c'est l'�pouser.

C'est vrai, Pluto ?

S�rieusement ?

Je me couperais le bras droit pour l'�pouser.

Aurais-tu le b�guin pour elle ?

Pardieu, oui. Positivement.

Seulement, y a une chose qui me tracasse...

Quoi ?

J'ai entendu dire

qu'elle aime aguicher les gars et polissonner avec eux.

� ce qu'on dit.

�a me fait rudement plaisir d'entendre �a !

Darling Jill, c'est le b�b� de la famille.

Elle s'est enfin d�gourdie !

�a, c'est certain.

Quand Dieu fait une femme comme Jill,

Il sait jamais s'arr�ter � temps.

Il sait pas quand il faut arr�ter les bonnes choses.

Il continue, Il continue...

Et voil� ce que �a donne !

Te tracasse pas pour �a.

Si Jill aime aguicher les hommes,

c'est bien naturel.

Moi, je dis

qu'une femme peut rigoler avant de faire des enfants.

Mieux vaut avant qu'apr�s le mariage.

Elle changera. Si tu la satisfais, si tu lui donnes du bonheur,

elle ne sortira plus qu'avec toi.

La voiture est pr�te. Pourquoi on part pas ?

On attend Darling Jill.

Elle a d� renverser le camion de Pluto dans le foss�.

Faut 12 heures pour aller et revenir du marais.

On prend cet albinos, on rentre et je vais en ville.

Mon fils,

je suis fier de t'entendre dire que tu veux agir.

Y en a trop qui fichent rien en attendant que le bl� pousse.

Pas moi, ni mes fils.

Nous, on a h�te d'�tre riches.

Va � la voiture.

Je te demande un service.

Pas de service sans camion.

Darling Jill va te le ramener.

Je voudrais que tu l'emm�nes dans la vall�e.

Et moi, alors ?

J'y vais.

J'ai trop attendu qu'il se passe quelque chose.

Tu restes ici.

J'irai si j'ai envie.

Retrouver Will, hein ?

Je t'ai pr�venu !

Si elle veut voir Will,

faudra qu'elle me tue !

Reste ici, Griselda. Pr�pare-nous � manger

et attends notre retour.

Dis � Jill d'aller chercher Rosamond et son mari Will

et de les ramener ici, o� elle est n�e.

Je veux que la famille soit r�unie quand cet albinos

trouvera l'or du grand-p�re qui refera de nous des riches.

Tu m'aideras, Pluto ?

Si tu m'acceptes pour gendre.

C'est pas moi qui d�cide. C'est Darling Jill.

� toi de faire.

D�marre, Buck.

Qu'elle promette de rester ici !

Je promets rien.

Voyons, Buck.

Fais-lui un peu de charme.

Demande-lui gentiment.

Allez, �a t'�corchera pas.

Je te demande de rester.

Tu me le demandes ou tu me l'ordonnes ?

Il te le demande.

Qu'il le dise !

Je te le demande, Griselda.

C'est bon.

Je resterai.

Allons-y, P'pa.

Oublie pas de dire � Jill ce que je t'ai dit !

Pluto !

Pluto ch�ri !

H�, gros balourd !

Am�ne-toi !

Oui, Darling Jill. J'arrive, Darling Jill.

Ferme les yeux.

Bon...

Pour quoi faire, Darling Jill ?

Parce que je te le dis, gros balourd !

Avance tout droit.

Passe par-dessus.

Voil�.

Tout droit.

Ton p�re a creus� des trous par ici ?

Non. Je te guide. Te fais pas de bile.

Allez, avance.

Tourne � gauche.

� gauche, gros balourd ! Allez !

� droite.

Maintenant, avance tout droit.

Je peux regarder ?

Non, garde les yeux ferm�s. Je suis tout pr�s.

Tourne � gauche.

� droite.

Maintenant, tout droit.

C'est pas moi, Pluto. C'est la pompe.

Oui, c'est la pompe.

Pompe-moi de l'eau bien fra�che.

Ce que c'est agr�able ! C'est d�licieux.

�a t'arrose bien partout ?

Quel spectacle ! Par les trous de mes chaussettes !

Tes chaussettes !

Reprise-les, tes chaussettes avant de venir me reluquer !

Tu m'as loup�e !

Je sais m�me pas ce que je fais ici.

Je suis pas candidat dans cet �tat, m�me pas dans ce comt� !

Quelle fournaise !

Darling Jill ! C'est pas un endroit pour mettre les cl�s.

�coute-moi, je t'en prie !

J'entends pas Will.

Rentrons. J'irai compter mes �lecteurs.

Will est pourtant pas du genre � passer inaper�u.

Rosamond ! Mais qu'est-ce que t'as ?

Je m'attendais pas � te voir.

Qu'est-ce que t'as ?

Je suis contente que tu sois l�. J'ai cru mourir.

J'ai d� perdre un peu la t�te.

Qu'est-ce que Will t'a fait ? O� est-il ?

Bonsoir, Pluto.

Contente de vous voir aussi.

Permettez que je range �a.

Asseyez-vous donc.

Faut que je rentre chez nous.

Tais-toi et assieds-toi.

Raconte-moi ce qui s'est pass�.

Te g�ne pas pour ce balourd de Pluto.

O� est Will ?

Il a pas dessaoul� de la semaine.

D�s qu'il peut, il boit.

�a, c'est pas le plus grave.

Mais il veut plus rester avec moi.

Il dort le jour et il sort la nuit.

C'est pas sa faute. C'est l'usine qui a ferm� depuis six mois.

Il a plus rien � faire.

Tu crois qu'elle rouvrira ?

Non, je crois pas.

� ce qu'on dit, ils ont plus un sou. C'est la faillite.

Toute la ville est en faillite. Reste plus qu'� partir ailleurs.

Et les autres pareil.

Mais on bouge pas.

Les autres guettent ce que fera Will. Il bougera pas.

Il dit qu'il fera rouvrir l'usine.

Mais il sait pas comment.

�a tombe bien.

P'pa veut que vous veniez creuser.

Il dit qu'il va trouver l'or du grand-p�re !

Darling Jill ! Il n'y a pas d'or l�-bas.

S'il y en avait, on l'aurait trouv� depuis longtemps.

Au lieu de passer son temps � creuser des trous,

P'pa ferait mieux de cultiver du coton ou des cacahu�tes !

En tout cas, il veut que Will et toi vous rentriez � la maison.

Will ?

Will creusera pas dans une ferme. C'est pas un paysan.

P'pa devrait le savoir, depuis le temps !

D'ailleurs, je sais m�me pas si Will rentrera ce soir.

On l'attendra. On passera la nuit.

En voil� une bonne id�e ! On passera la nuit.

Pas si bonne que �a.

Je dormirai ici avec Rosamond.

Toi, t'as qu'� coucher sur le plancher.

Darling Jill, t'es l� ?

L�ve-toi que je te voie dans la lumi�re.

La petite fille est devenue une belle femme.

Pulpeuse comme une p�che.

Bonne � cueillir.

Will ! Commence pas tes fa�ons !

On a de la compagnie.

Pluto ! Comment vas-tu, mon vieux ?

T'as l'air de profiter.

Comment allez-vous, M. Thompson ? En forme, � ce que je vois.

Alors l�, pas du tout.

O� allez-vous ?

Vous vouliez vous d�filer ?

C'est un truc de faux jeton !

Revenez me tenir compagnie.

Comment va Griselda ?

Elle est toujours mari�e.

Tu sais, Pluto,

je lui ai achet� ses premi�res chaussures � talons.

Le lit est fait. Si tu dormais un peu ?

� l'usine, quand elle d�ambulait sur ses talons hauts,

c'est pas le rendement qui grimpait.

Je t'en prie, c'est pas le moment.

Cette Griselda, j'ai failli l'�pouser.

Mais elle voulait que je travaille � la ferme.

Pas question.

Je suis un citadin.

Faut que j'entende la sir�ne de l'usine trois fois par jour

et que je voie cet essaim de filles sortir par les grilles,

riant,

criant,

gesticulant,

avec des visages comme des fleurs.

Mets-toi bien �a dans la t�te :

cette usine rouvrira jamais !

Et Griselda est mari�e.

Tu peux rien y changer.

Allez, viens te coucher.

Ce qui est fait est fait.

� pr�sent, dors.

Je peux pas dormir.

Tu peux te reposer.

Je ferme la lumi�re. �a te reposera les yeux.

- Salut, Harry. - Salut, Will.

Qui est venu en camion ?

De la famille � Rosamond.

Faire quoi ?

Ils sont venus en visite.

Ils viennent pas pour t'emmener ?

Je t'ai promis de pas partir d'ici avant qu'on rouvre l'usine.

Pour Rosamond et toi, c'est facile de partir.

Vous �tes que deux. Nous autres, on a de la famille.

On a pas l'argent pour partir ni pour se loger ailleurs.

T'as pas besoin de me le dire.

Je sais Will, mais on s'inqui�tait.

Je sais Will, mais on s'inqui�tait.

Faut rouvrir l'usine ! Faut rouvrir l'usine !

Il va pas nous l�cher. Il reste, comme il l'a dit.

Claude !

Claude !

O� est-ce que t'es ?

- Thompson ? - Qui veux-tu que ce soit ?

T'as encore bu ?

Je veux rentrer.

- Pourquoi tu reviens ? - Je veux rentrer.

Cette usine est ferm�e. Qu'est-ce que t'attends ?

Tu le sais tr�s bien. J'attends le jour

o� tout sera allum�.

Ce jour-l� est pass�. L'usine rouvrira plus.

Les bobines ont encore du fil.

L'�lectricit� marche. Suffit de la brancher.

Tout �a, c'est des sornettes.

Rentre, sinon ta femme viendra te chercher.

T'as pas d'ordre � me donner.

Je sais ce que j'ai � faire.

Pourquoi tu vas pas chez Ned

boire un coup ?

C'est moi qui r�gale.

Felix.

Comment va mon albinos ?

Il dort comme un b�b�, M. Ty Ty.

Salut, Dave.

Bien dormi ?

O� suis-je ?

Chez des amis.

On s'est donn� un mal de chien pour te trouver.

J'esp�re au moins

que t'appr�cies.

J'ai faim.

Tu d�jeuneras en temps voulu.

D'abord, t'as un travail � faire.

Quel travail ?

Facile. Je vais te montrer.

Tu prends

cette fourche en coudrier

que tu tiens comme qui dirait,

comme �a.

Jusqu'� ce qu'elle...

t'entra�ne...

- scientifiquement parlant -

jusqu'� l'endroit o� l'or se trouve � coup s�r.

L'or ?

Vous cherchez de l'or ?

Pourquoi on t'a attrap� au lasso ?

Je comprends toujours pas.

T'es un vrai albinos, non ?

Je crois bien que oui.

Pourquoi j'irais chercher un albinos

sinon pour trouver de l'or ?

Je refuse de faire �a.

Et pourquoi, petit ?

Je sais pas m'y prendre.

Tu sais pas t'y prendre !

Toi, un albinos, tu sais pas...

Laissez-le, M. Ty Ty.

L�chez-le, M. Ty Ty.

�coute-moi bien, petit.

Si tu sais pas rep�rer l'or, mieux vaut apprendre et vite !

Ces braves gens se vengeront car on aura rien � manger cet hiver.

Mais je sais pas. Pas du tout.

Je regrette de m'�tre f�ch�.

Mais moi,

�a fait 15 ans que je creuse pour trouver cet or.

J'ai pas l'intention de renoncer.

Je sais pas comment faire.

C'est facile comme tout.

Je te montre.

Tu prends cette branche de coudrier.

C'est �a.

Les poignets en l'air.

Voil�.

Dresse-la droit devant toi.

Tu y arrives ! Tu y arrives !

Ouvre cette porte ! Laissez passer le petit !

�a t'entra�ne !

Vers l'or !

Laissez-le passer !

Vite ! Trouve l'or de mon grand-p�re !

Je tiendrai pas le coup plus longtemps.

C'est l� qu'il est, l'or du grand-p�re ?

Vas-y, Dave ! Vas-y !

D�niche-le !

D�niche-le !

Vas-y, Dave ! Fie-toi � ta baguette !

Laisse-toi guider.

L'or de mon grand-p�re !

Cach� l�, bien profond sous terre. C'est pas croyable !

Sous la maison depuis tout ce temps !

Enterr� depuis cent ans !

Plus que la vie d'un homme !

Dire que je suis sur le point de le trouver !

De le toucher !

De le sentir !

De le mordre, si j'en ai envie.

Dieu soit lou� !

Amen.

Vous allez cesser de creuser et vous mettre � cultiver.

Attendez un peu.

C'est bien l'arpent du bon Dieu ? Donc, l'or Lui revient.

Non, Buck, non.

Honn�tement, il est pas l�.

Quand Dave a rep�r� l'or, j'ai eu un pressentiment.

Je me suis dit : d�pla�ons l'arpent du bon Dieu.

Je reconnais que c'�tait moins une.

O� est-il, maintenant ?

Dieu me l'a pas dit encore.

- Qu'il fasse vite ! - Tais-toi.

Le bon Dieu et ton p�re

sont de la vieille �cole.

Ils prennent leur temps.

Mon Dieu,

je veux pas Vous l�ser. Je Vous jure.

Mais par ce temps qu'est pas de saison,

Vous appr�cieriez d'�tre plus au frais.

Si �a Vous pla�t pas,

si Vous d�sapprouvez ce que je fais,

foudroyez-moi sur place, � l'instant m�me.

Merci, mon Dieu.

Gloire � Vous.

On est chez nous, Pluto ?

Non, � gu�re plus d'un kilom�tre.

Pourquoi on s'arr�te ?

Darling Jill, il me faut ta r�ponse.

Ote-moi mes �pingles � cheveux.

Tu veux ?

Dieu tout-puissant ! Il faut que je sache.

Braille pas ! Tu vas r�veiller Rosamond et Will.

Ils peuvent rien entendre.

Je suis pas m�re pour le mariage.

Encore moins avec toi.

Tant pis si t'es pas m�re, je le suis.

Je suis pr�t pour nous deux. Je pourrais t'�pouser jour et nuit.

Je suis fou de toi, positivement.

Mais t'as un trop gros ventre.

Faut pas que ce soit un obstacle entre nous.

Si t'�tais moins ventru, jamais tu serais sh�rif.

Et si t'allais pas devenir sh�rif, je te regarderais m�me pas.

Tu devrais pas me taquiner comme �a.

C'est pas parce que je suis fou de toi

qu'un jour, j'en aurai pas assez de tes provocations.

T'auras affaire � mes deux mains

et alors...

Et alors, quoi ? Qu'est-ce que tu feras ?

Je te fesserai !

Je te flanquerai la fess�e !

Tu m'as fait peur ! Un peu plus, tu reparlais de tes chaussettes !

P'pa ! O� es-tu ?

Par ici.

Le plus grand trou jamais creus� ! T'as trouv� quelque chose ?

Sacrebleu ! On a creus� comme des for�ats !

On a descendu six m�tres depuis ce matin.

On a jamais creus� plus vite en 15 ans !

Bienvenue, Rosamond et Will !

Vous pourrez c�l�brer notre bonne fortune.

Rosamond est l�.

- Salut, Rosamond. - Salut, frangine.

- Bonsoir Buck, bonsoir Shaw. - Griselda !

La famille est l�.

Tu crois que tu vas trouver de l'or ?

�a faisait longtemps.

Tr�s longtemps.

Contente de te revoir.

T'as l'air de sortir du calendrier des postes.

Qu'est-ce que tu fiches ?

Tu fiches quoi ?

Je fiche rien, les gars. Absolument rien.

Toujours aussi t�te de lard !

Ce dont Will a besoin, Rosamond,

c'est de s'occuper utilement.

Tu sais, il n'y a rien de mieux pour le corps et l'esprit

que de creuser la terre du bon Dieu.

Rosamond, va aider Griselda � r�chauffer le souper.

Pauvre Pluto, il est quasiment mort de faim.

C'est bien vrai, �a. Positivement.

Rentre � l'int�rieur, Pluto.

Rien ne creuse plus l'app�tit que d'avoir sa famille r�unie.

C'est un trou �norme que vous avez creus� !

C'est qui, �a ?

Il a l'�ge de voter ?

Dave ?

C'est le tout-blanc que tu m'as indiqu�.

Sacrebleu, Pluto !

C'est l'albinos des marais.

Il l'a trouv� ?

Comme 4 et 4 font 8.

Rentre avec Rosamond.

C'est de la folie totale !

La maison va basculer dans le trou.

Elle tombera pas.

On l'�taie au fur et � mesure. Et si elle tombe, c'est pas grave.

Avec l'or, on aura de quoi en b�tir

une 3 fois plus grande.

Qu'est-ce que tu regardes ?

J'essaie de voir cet albinos.

J'en ai jamais vu de ma vie.

Il est fait comme toi et moi.

Il sait parler ?

Il te saoulera de paroles.

Je voudrais le voir.

Non, pas de b�tises avec lui.

Je sais ce que t'as en t�te.

Il doit rester sur le filon. Et maintenant, toi, tu rentres.

J'arrive, P'pa.

Bonsoir, monsieur l'albinos.

Je m'appelle Dave Dawson.

Ravie de vous conna�tre.

Ils racontent pas d'histoires pour ce qui est de votre couleur.

Vous �tes blanc. �a, c'est s�r.

C'est une jolie couleur.

�a me pla�t.

Merci, m'dame.

Voil� les premiers mots aimables que j'entends depuis mon enl�vement.

Maintenant que je vous ai bien regard�,

Vous voulez peut-�tre me regarder, moi aussi ?

�a me d�range pas.

� votre avis ?

Vous �tes belle !

Si vous montiez me le redire ici ?

Allez pas l'effaroucher, Darling Jill.

Il se sauverait.

Je lui courrai pas apr�s avec mon fusil.

Il s'enfuira pas, Felix. Je te le promets.

Viens, Dave. Allez, viens.

On va regarder la lune se lever au-dessus de l'�tang.

Viens, Dave. Viens, mon gars.

Je te plais pas ?

Dieu tout-puissant !

Je savais pas qu'y avait une fille aussi belle que vous dans le coin.

Vous �tes la plus belle fille que j'ai jamais vue.

Vous �tes douce.

Vous parlez comme un oiseau chante.

Et vous sentez bon aussi.

J'adore ta fa�on de parler !

Parle-moi encore.

Mais de quoi ?

Pourquoi t'es si blanc partout ?

Je sais pas.

On dit que j'ai �t� con�u � la pleine lune.

Moi, je te trouve merveilleux.

Tant mieux si t'es diff�rent. J'en ai assez de voir les m�mes.

Tu m'embrasses, dis ?

Volontiers, si vous permettez.

Je crois que je peux pas me retenir.

Vous m'�pouseriez ?

J'ai permis un baiser, c'est tout.

P'pa a �t� m�chant de te ligoter avec ce cordeau de labour,

mais je suis ravie que tu sois l�.

C'est mon sentiment aussi.

Tu veux m'embrasser encore ?

Un peu que je veux.

Pourquoi on t'appelle Darling Jill ?

Mon nom, c'est Jill.

Quand j'�tais petite, tout le monde m'appelait "Darling".

C'est devenu Darling Jill.

�a te va parfaitement.

Aucun nom t'irait aussi bien.

Qu'est-ce qu'il y a ?

T'as pas mang� la moiti� de ta part.

Je me fais du souci. O� est Darling Jill ?

Elle �tait l� � l'instant.

Partie ?

Mon albinos a disparu !

Et Felix aussi !

C'est moi qui me fais du souci !

O� tu crois qu'elle est ? Tomb�e dans un de ces trous ?

Te bile pas. On va la trouver.

C'est plus fort que moi.

Ils sont partis depuis une demi-heure.

Il peut s'en passer, des choses, en une demi-heure.

Tu songes � quoi ?

Ben, la premi�re chose...

j'y connais rien.

Mais apr�s, ils ont pu aller se marier dans le comt� voisin.

L�, tu m'inqui�tes pour de bon.

Jill est assez folle pour faire n'importe quoi.

Darling Jill !

Rentre � la maison !

Ton d�ner t'attend !

Moi aussi, je t'attends !

Ty Ty, au secours !

O� t'es ?

Tomb� dans un trou.

Dans quel trou ?

Un qui est tr�s profond.

- Tu me tiens, Ty Ty ? - Cramponne-toi, Pluto.

� quoi bon faire des trous si creux ?

Darling Jill !

Dave !

O� t'es ?

Je le savais.

Je m'en doutais.

Mon blanc-bec est parti.

Il a d�guerpi et il est rentr� chez lui.

Darling Jill, t'aventure pas dans ce marais !

On me le dirait que j'y croirais pas !

Tu les as trouv�s ? Hein ?

Tu sais, Pluto,

par ce p�le clair de lune,

on voit pas grand-chose.

Ces deux-l� feraient mieux de couver

des �ufs que de creuser des trous.

- T'es qu'une t�te de lard ! - Voil� ce que t'es !

Y a pas plus d'or l�-dedans que dans le bout de mes chaussettes.

Pourquoi pas bosser � Augusta ou � Atlanta

pour prendre du bon temps ?

Va te rincer la gueule, pochard !

Suffit, Buck.

Toi aussi, Will.

Taille-toi, retourne d'o� tu viens, t�te de lard !

Je m'en irai quand je voudrai.

Essaie de me forcer.

- Ce sera vite fait. - Tr�s vite.

Ty Ty !

L�che cette pelle, Buck !

Toi aussi, Shaw !

Sale cul-terreux, tu te crois fort, hein ?

Enfer et damnation ! Qu'est-ce qui se passe ici ?

Arr�tez ! Pas de bagarre ! Vous m'entendez ?

Je veux pas qu'on se batte chez moi !

Arr�tez !

Pourquoi vous vous battez, tous les deux ?

Y aura de l'or pour tous.

On se battait pas pour l'or.

Il se croit sup�rieur � nous.

Cette t�te de lard nous provoque � chaque fois.

C'est une honte qu'on soit pas une famille unie.

�a a toujours �t� mon ambition.

Si j'y parviens pas, je laisse l'or o� il est

et je cultive le coton.

Dis-lui de foutre la paix � ma femme.

� Griselda ?

Je lui ai rien dit.

Non, il dit rien.

Mais il reluque.

Et �a suffit.

Reluquer fait de mal � personne.

Il mijote quelque chose.

Et comment !

Rentre � la maison.

Et toi, Buck,

tu t'imagines des choses.

Will court pas apr�s Griselda.

Hein, Will ?

�a pourrait se faire.

Je vais te tuer !

Tu tueras personne !

Ni chez moi, ni ailleurs.

Monte l�-haut te calmer !

La chaleur te monte � la t�te !

L'air frais te fera du bien !

Allez, rentre et toi aussi, Shaw.

Dis-lui de partir.

Dis-lui de rentrer chez lui.

Il a raison. Je vais rentrer.

Tu parles pas s�rieusement ?

J'ai l'emplacement. Faut m'aider.

L'emplacement ! La maison va d�gringoler si tu creuses.

Je rentre. Faut que je red�marre l'usine.

C'est pas � �a que tu penses.

Tu penses � Griselda.

C'est pas un p�ch� de penser.

Tu vas te tuer

si tu continues !

Une �tuve.

Il fait chaud.

Pouvais pas dormir.

Moi non plus, je pouvais pas.

Je crois qu'on a bien fait...

de se quitter.

Je crois que oui.

T'approche pas.

Je veux juste te toucher, Griselda.

Sentir le contact de ta peau.

�a s'arr�tera pas l�.

Tu le sais bien.

T'es s�r d'avoir bien devin� l'emplacement de l'or ?

Vous avez vu le coudrier qui pointait ?

En effet.

Le coudrier ment pas.

Il pourrait pas.

C'est scientifique.

M. Ty Ty, vous devriez semer du coton.

Vous �tes un bon fermier. Du moins, vous l'�tiez.

Vous r�colterez plus de coton en une saison

que vous ne trouverez d'or dans toute votre vie.

C'est du g�chis de creuser ces trous dans tout le domaine.

J'aurais pu consacrer plus de temps au coton.

Avec 20 ou 30 balles pour tenir l'automne et l'hiver,

je pourrais passer le reste du temps � creuser.

Avec quoi va-t-on manger pour tenir tout un autre hiver ?

On me fera cr�dit. Comme l'an dernier.

Le cr�dit qui vous reste vous graisserait pas le bout du nez.

Felix, je regrette, mais j'y peux rien.

J'ai plus qu'� creuser encore.

C'est la fi�vre qui me tient. �a peut pas s'arr�ter.

Dites, M. Ty Ty,

si c'est si grave que �a,

pourquoi pas emprunter de l'argent � votre fils Jim Leslie ?

�a n'a pas de bon sens.

Pourquoi pas ? Il para�t qu'il est riche.

Le n�goce du coton, �a appauvrit personne.

Il m'aidera jamais.

Jim Leslie m'adresse pas la parole dans la rue.

S'il me parle pas, jamais il me pr�tera de l'argent.

Vous �tes son papa,

pas vrai, M. Ty Ty ?

Je le reconnais.

Jim, c'est pas le mauvais bougre.

Pas bien brave non plus.

C'est presque un �tranger.

C'est une honte !

Je devrais aller le voir pour resserrer nos liens.

Mais je peux pas.

Il vous faut de l'argent et vite.

Sinon, on pourra plus rester ici.

Faudra qu'on parte ailleurs pour gagner notre vie.

Il me vient une id�e formidable !

Je vais aller voir Jim Leslie.

C'est mon fils.

Il est riche !

Un n�gociant en coton !

Un fils laisserait pas ses proches crever de faim.

Felix, tu surveilles Dave. Tu m'entends ?

Et comment, M. Ty Ty !

Buck !

Shaw !

Sortez la voiture !

On part � Atlanta ! D�p�chez-vous !

Qu'est-ce que vous faites ?

Vous croyez pas que je vais m'enfuir ?

J'ai jamais �t� plus heureux.

Allez, petit, l�ve-toi et file.

J'ai pas � vous ob�ir.

C'est pas moi qui commande. C'est mon fusil.

L�ve-toi et va-t'en. Rentre chez toi !

Dans tes marais !

Vous allez pas me tuer ?

Je compte tuer personne. Mais un fusil, �a part.

Je veux pas m'en aller !

D�sol�, petit. Mais il le faut.

C'est la seule fa�on de nous sauver.

Allez, va-t'en.

On arrive chez Jim Leslie !

Aussi s�r que Dieu existe !

Nous voil� chez lui.

Il pourra pas nous jeter avant qu'on lui ait dit ce qu'on veut.

T'as d�j� vu d'aussi jolis objets, Griselda ?

Touche � rien, Darling Jill.

Tout brille si fort !

Comme qui dirait, frott� � la graisse d'oie.

C'est propre !

Nettoy� et r�cur� chaque jour de l'ann�e.

Pour s�r que Jim vit dans le luxe.

Je suis fier de la place qu'il s'est fait dans le monde.

Ce que c'est beau !

Grand comme une baie vitr�e.

Presque aussi beau que les pancartes de Coca sur la route.

Mon vieux,

le temps et la patience qu'il a fallu pour faire �a !

Ces feuilles d'arbre. On dirait des vraies !

Mais � quoi bon ?

Il suffit de 50 cents d'essence

pour se rendre en for�t et voir des vraies.

S�rement plus cher que ce qu'on veut lui emprunter.

Ramassons tout avant qu'il arrive.

Bonsoir, mon fils.

Que faites-vous ici ?

Vois-tu, mon fils,

on est contents de te voir.

Ne me dis pas que tu l'es pas.

J'ai pas entendu

sonner � la porte.

Chez nous, on sonne pas.

On entre, c'est tout.

C'est comme �a qu'on fait et c'est pas pr�s de changer.

Personne a besoin de frapper,

ni de sonner pour entrer chez moi.

Pourquoi es-tu venu ici ?

C'est important.

Pour de l'argent ?

T'en trouves pas sous terre ?

Tu crois que c'est une fa�on de parler � ton p�re ?

T'es venu chercher de l'argent ? Non ?

Non.

Pas du tout.

Ce qu'il me faut, c'est une avance

pour acheter des vivres et des semences pour mes m�tayers.

Ainsi, je pourrai continuer � creuser

pour trouver l'or du grand-p�re.

Y a pas d'or l�-bas !

Tu le sais aussi bien que moi ! Tu devrais !

�a fait 15 ans que tu creuses !

Tu creuseras encore le jour de ta mort !

Tiens, voil� de l'argent. Prends-le et rentre chez toi !

Quelque chose t'a chang�, Jim,

quand tu �tais petit.

T'es pas comme nous autres.

J'ignore pourquoi.

� croire que t'as honte de moi.

Je comprends pas, vu que je suis ton p�re.

Comme si tu savais pas qui je suis ni d'o� tu viens.

J'ai de la peine pour toi.

La veuve que t'as �pous�e...

c'est pas parce que tu l'aimais,

ni par respect pour son p�re.

Tu t'es appropri� une maison et une fortune.

Ta femme est morte, � pr�sent.

Tout ce qui te reste,

c'est une maison pleine

de vaisselle qu'on peut casser !

Sur ce, mon fils,

on ferait mieux d'y aller.

P'pa, si tu te servais quelque chose � boire ?

Je bois pas, mon fils.

Il y a des fruits frais dans la salle � manger.

Servez-vous.

Ma foi, comme tu voudras.

Vous aussi, Darling Jill et Griselda, allez-y.

La salle � manger, c'est l�-bas ?

C'est �a, P'pa. C'est l�-bas.

J'ai faim.

Griselda, quand tu viens en ville, passe me voir.

Voil� mon t�l�phone. Appelle-moi.

Jamais je ferai �a.

Pourquoi pas ?

Parce que c'est pas bien.

Je t'attendrai quand m�me. Tu viendras me voir.

Non, je viendrai pas.

C'est ta seule paire de chaussures ?

Viens me voir, je t'ach�terai le magasin de chaussures.

Si tu viens pas, j'irai te chercher !

Je te sortirai de cette porcherie et je t'installerai ici.

T'aimes pas Buck.

Sinon, t'aurais des enfants !

T'as pas fini de peloter Griselda ?

Je te fais mes excuses pour lui, Griselda.

Dans la famille, on n'est gu�re poli avec les femmes.

Je viendrai te chercher !

Merci pour l'argent. Sache que c'est un emprunt.

- Tu l'as, P'pa ? - Tu l'as ?

Et comment ! Regardez-moi cette liasse de gros billets.

Tu sais ce que je voudrais me payer ?

Je voudrais me payer... me payer un imperm�able.

Pour quoi faire ?

Le temps est � la pluie, P'pa.

Il pleuvra pas. Je veux pas qu'il pleuve.

Je veux creuser. Quand il pleut, on creuse mal.

Mettons qu'il pleuve. J'aimerais mettre un imper.

S'il pleut, t'�teras tes frusques, ta peau te prot�gera.

Dieu a pas fait mieux que la peau comme imper !

En route.

Ty Ty, j'ai soif, comme qui dirait.

Si on s'arr�tait en ville boire une bi�re ?

Ce serait pas une preuve de respect pour l'argent de Jim

que d'aller le boire.

Rien qu'une bi�re.

Rien qu'une, P'pa.

Je suis jamais all� dans un bar. J'irai pas.

T'auras qu'� nous attendre dans la voiture.

T'as l'air mignon tout plein !

Oui, toi avec ton beau chapeau !

Dis voir, beau gosse ! Ce qu'il est beau gar�on !

Dis donc, on fait son timide ?

Salut, grand-p�re !

Allez, grand-p�re, viens te d�gourdir avec moi !

Amenez-vous !

Allez chercher les autres. C'est une rue de perdition !

Monte. Tu nous diras comment c'est.

Darling Jill ! Fais ce que je te dis !

Cessez de m'asticoter et allez chercher les autres !

Viens, grand-p�re. Viens me payer un coup.

Allez, grand-p�re !

Je sais ce qui te tracasse. T'es timide, hein ?

�a suffit ! Griselda, dis-lui de s'en aller.

- Laissez notre p�re tranquille. - Votre p�re !

Qui tu croyais que c'�tait ?

Dis donc, pourquoi que tu klaxonnes sous ma fen�tre ?

Pardon, c'�tait pour faire sortir ma famille de ce bar.

Tu m'as fait descendre pour rien !

�a te collera la poisse, esp�ce de vieux grigou !

�a va ! L�che-moi !

Je le sais que �a va.

Je me sens tr�s bien. Laissez-moi tranquille.

Qu'est-ce qu'il a ?

Il a voulu... faire rouler Will sous la table.

Je crois qu'il a perdu.

Quand on boit, c'est �a.

- Je m'en suis tenu � la bi�re. - Des breuvages diaboliques !

L'eau du puits, y a que �a de vrai.

Toute ma vie, j'ai bu que de l'eau.

Va chercher Will et Rosamond. On va partir.

Will Thompson !

Donnez-moi du courant !

Je rebrancherai le courant !

Donnez-moi la lumi�re �ternelle de la vie !

L'�lectricit� !

�a va, beaut� ?

Bas les pattes, t�te de lard !

Je l'embrasserai si je veux !

J'ai dit : bas les pattes !

Essaie de m'emp�cher !

Je regrette, j'ai �t� oblig�, mon gendre.

Will et toi, vous allez rentrer � la vall�e.

Je pourrai pas r�unir ma famille.

Te voil�, Darling Jill !

Je vous cherchais partout.

Felix m'a pr�venu que vous �tiez chez Jim.

Jim m'a dit : "Ils sont dans un bar en train de boire tout mon argent."

Il est brave, Jim. Il va voter pour moi.

T'es vraiment qu'un balourd !

Jim habite pas dans le m�me comt�. Son vote comptera pas.

Sans blague ?

Pluto,

quelle joie de te voir !

Sans blague ?

T'arrives � point nomm�.

Sans blague ?

Tu vas raccompagner Will et Rosamond dans la vall�e.

Encore ? C'est pas vrai !

Si, mon gros beignet !

Allez, Will. L�ve-toi et rentre.

Je vais allumer le monde entier, ce soir !

Mais oui, c'est �a, Will. Tout ira bien.

Me traite pas comme un b�b�.

Non, ch�ri.

Je m'en vais allumer le monde entier.

Laisse-moi tranquille !

Je vais mettre le courant et j'allumerai le monde entier.

C'est moi qui te le dis.

J'ai peur de rentrer chez nous.

Je reconnais plus Will. Jamais il a �t� si violent !

Il va faire une b�tise.

Depuis six mois, tous les jours, j'esp�re qu'il va changer.

Mais j'ai besoin d'aide. J'y arriverai pas seule.

Tu es la seule qu'il �coutera.

Ma ch�rie, Griselda peut pas y aller.

P'pa, je t'en supplie !

Dis � Griselda de m'�couter.

Mon c�ur saigne, ma ch�rie.

Mais c'est � Griselda de d�cider.

Pas � moi.

� qui demander ?

Buck d�teste Will.

- Et toi, tu le d�testes ? - Non.

Tu sais bien que non.

Tu l'aimes. Comme moi je l'aime.

Il faut que tu l'aides. Je t'en supplie.

J'irai avec toi jusqu'� ce qu'il dessaoule.

Merci, Griselda.

Dis au chef que je reviens de suite.

Il dort encore, Dieu merci.

Il fait nuit. Encore un jour de g�ch�.

J'ai pas compt� un seul vote.

Je ferais mieux de rentrer.

Cette glace est trop froide pour la manger.

Attends un peu, jusqu'� ce qu'il se r�veille.

Il adore la glace � la p�che.

Je pars. Buck va �tre furieux !

Reste encore un peu.

Je veux pas �tre seule avec lui.

Tu as peur de Will ?

De ton mari ?

Je crois bien.

� le voir, ces temps-ci...

Vous attendiez que je me r�veille ?

Oui, Will.

Je rebranche le courant ce soir.

Tu veux de la glace � la p�che ?

T'as d�j� travaill� dans une filature ?

Non.

Je dois rentrer.

Faut que je sois �lu. C'est tr�s important.

Tu sais ce que c'est, d'�tre sans travail ?

Je vais te le dire.

T'as d�j� tu� un lapin

que tu vas ramasser

et quand tu l'as en main,

tu sens battre son c�ur comme...

comme je ne sais quoi.

�a t'est arriv� ?

Moi, si.

O� tu vas ?

Rebrancher le courant.

Arr�tez-le ! Je vous en supplie !

Qu'est-ce que tu vas faire ?

Forcer les grilles et rebrancher le courant.

Ne le fais pas. �a finira mal.

Je vais rouvrir l'usine. Je l'ai promis.

Tu comprends donc pas ? Tu vas te faire tuer.

- �a te peinerait ? - �videmment !

Je t'aurais attendu. Je t'aurais attendu toute ma vie.

Toute ma vie, elle est l� !

M'emp�che surtout pas !

Je t'emp�cherai pas.

Un bail qu'on avait pas vu l'int�rieur de l'usine !

Il n'y a plus rien ici, Will.

Tout est l�, comme avant.

Du g�chis.

Un vrai g�chis.

Quand le courant est branch�, la vall�e bourdonne.

Y a de la viande pour tous.

Les gens se rappellent des souvenirs en riant.

Quand c'est �teint,

toute la vall�e est morte.

Tu comprends, Griselda ?

Tu comprends pourquoi

je dois remettre le courant ?

Voil� trop longtemps que j'en parle.

C'est une t�che d'homme pas un truc de bavard.

En te regardant, je me sens de nouveau un homme.

Comment t'aider ?

Regarde-moi.

Me quitte pas des yeux.

- Non, Will. - On dirait Rosamond.

Nous t'aimons.

Aide-moi. C'est maintenant ou jamais.

Comme tu veux, mais partons.

- J'y suis presque. - N'y pense plus. Pense � moi.

- Il faut que tu rentres. - Pas sans toi.

Will a rallum� l'usine !

Redescends, Will !

Qu'est-ce que j'ai fait ?

C'est mon boulot, Will.

Un vieux comme moi, o� j'aurais un boulot ?

Tu comprends pas ?

O� je me ferais embaucher ?

Maudit Will ! Pourquoi ?

C'est Will Thompson !

Je sais !

Va chercher de l'eau fra�che pour tout le monde.

Si tu t'asseyais sous la v�randa

pour te reposer ?

Qu'est-ce que t'as ?

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien.

C'est t�te de lard qui est mort.

Je t'en prie !

Quoi ?

Tu veux pas que j'en parle ?

Y a rien � en dire.

Respecte Rosamond.

Tu t'en fous, de Rosamond !

Tu l'as poursuivi !

On va faire � manger.

Pas tant qu'elle m'aura pas r�pondu.

T'as perdu ta langue ?

Je peux parler, mais c'est pas le moment.

Si on pouvait le tuer deux fois,

je sortirais d�j� mon fusil !

J'aurais tant aim� le tuer !

Regarde ! Tu devrais avoir honte, Buck.

Toi, ferme-la !

Toi, t'as honte de rien. Vous �tes une paire de salopes.

Je saurais pas tenir ma femme, j'aurais honte !

J'irais me cacher quelque part !

- De quoi je me m�le ? - Buck !

Will est mort ! Son ch�timent te suffit pas ?

Plus on continue comme �a,

plus on s'�loigne du bonheur.

P'pa.

J'apporte de l'eau fra�che.

On devrait tous...

s'asseoir et r�fl�chir... � notre vie.

� notre fa�on de vivre.

Dieu nous a pas faits pour qu'on se batte sans cesse.

Je veux plus entendre parler de Dieu.

Si on s'aime pas davantage, t'auras le c�ur ravag�, mon fils.

J'ai essay� toute ma vie d'avoir une famille unie.

Si tu cessais de te battre pour apprendre � sourire

un peu ?

Tu parles comme un vieux fou.

C'est comme �a que tu l'entends.

Mais quand on a Dieu dans son c�ur,

on se bat plus.

Dieu ! Dieu ! Il a fait quoi pour toi ?

Je suis pas tout � fait de l'avis de Buck

mais on a pas tir� un sou du petit arpent.

Vous avez pas l'air de comprendre.

Quelle importance que j'en tire de l'argent,

si, en marchant dessus, je sens la pr�sence de Dieu ?

Quel rapport avec nous ?

Vous pensez qu'� ce qu'on peut voir et toucher.

C'est pas la vie, �a.

C'est ce qu'on sent � l'int�rieur.

C'est �a, la vie.

Si tu songeais plus � ce qu'elle �prouve,

personne la toucherait.

C'est l� o� je voulais en venir avant que tu jappes !

Qu'est-ce qui s'est pass� entre vous ?

�a t'avancera de lui faire dire ?

J'ai le droit de l'entendre !

- J'ai pas peur. - Non, tais-toi !

T'en m�le pas !

� ta place,

je m'agenouillerais dans le noir pour parler � Dieu, ce soir.

Il te dira ce que nul ne peut dire.

Comment te conduire avec Griselda.

Il te le dira si tu prends le temps de L'�couter.

S'il y a une chose au monde qu'Il adore,

c'est de voir un homme et une femme s'aimer.

On pardonne quand on aime.

Quand Il voit �a,

Il sait que le monde tourne, comme une machine bien huil�e.

Buck m�rira en prenant de l'�ge. Sois patiente avec lui.

Il faut une vie pour apprendre certaines choses. Buck est jeune !

Il apprendra jamais.

Apprendre quoi ?

Will �tait pas plus grand.

Ni plus fort que moi.

Je l'aurais �tendu tous les matins.

C'est pas l'ext�rieur qui �tait diff�rent.

C'est l'int�rieur.

Il sentait des choses que tu sens pas.

Tu m'auras pas avec tes sornettes.

Dis-moi ce que vous avez fait derri�re mon dos !

T'�tais l�. Qu'est-ce qui s'est pass� ?

- Pas grand-chose. - Comment �a ?

Pas grand-chose. C'est tout.

T'es devenu sourd, muet et aveugle dans la vall�e ?

Je suis rest� tout le temps dans la maison.

J'ai rien vu de plus

que du caf� et de la glace � la p�che.

La sir�ne a retenti,

on a tous su que Will �tait mort.

C'est la v�rit�.

Voil�, c'est r�gl�.

Allons manger un peu.

Viens, Rosamond.

Une bonne nuit de repos,

et on verra les choses autrement.

Je repars � Augusta.

Je t'emm�ne, Griselda ?

J'ai une grande maison. Y a de la place pour Rosamond aussi.

�coute, fils,

on t'invite � manger avec nous.

Si t'es press� de rentrer, � ta guise.

Mais elles restent ici.

Vous �tes bien �lev�es, on dirait.

Vous qui vivez dans cette salet� cribl�e de trous.

Je tiens le filon.

Tu dis �a depuis des ann�es.

L'�ge para�t pas t'avoir assagi.

J'ai plus de sagesse que tu crois.

Je hais l'odeur qu'on sent ici.

Je la hais depuis ma naissance.

Griselda, viens vivre avec moi.

Tu auras des robes neuves,

une voiture neuve,

et plein d'argent � d�penser.

Rentre, Griselda.

Viens, Griselda !

Tu vas la l�cher ou je te tue !

C'est la fin du monde qui m'est tomb�e dessus.

On dirait que...

le sol s'est ouvert sous mes pieds.

Comme si je me noyais.

- C'est plus fort que moi. - Non, P'pa, dis pas �a !

Non, c'est ma faute, Shaw.

Parce que j'ai cherch� l'or.

J'ai creus� pour trouver.

Au lieu de veiller sur mes fils

et de les emp�cher de s'entretuer.

Mon Dieu !

Donnez-moi la force !

L�che-moi le bras.

Je veux pas de toi.

Pars avec Jim Leslie.

J'ai jamais �t� que ton mari par hasard.

Va-t'en d'ici.

Remonte en voiture, Jim Leslie.

Retourne � Augusta d'o� tu viens.

Si jamais je t'aper�ois ici,

que tu sois mon fils ou pas...

Rentrons � la maison

manger quelque chose,

et passer une bonne nuit.

Peut-�tre

que demain sera plus r�ussi.

Mon Dieu !

Donnez-moi la force

d'�tendre mes bras jusqu'au bout de mes champs.

Que je rebouche ces trous.

Que la terre soit plane.

Tu as �pargn� mes fils.

Jamais je ne recreuserai un trou,

si ce n'est...

pour faire pousser des choses.

Alors, mon gros balourd de sh�rif !

Et toi, future femme de gros balourd de sh�rif !

Tu laboures bien, Shaw.

Je laboure.

On mange quoi, ch�rie ?

Comme hier, Buck.

Du lard et du mais.

�a m'est �gal...

Du moment qu'une belle femme m'attend.

Qu'est-ce qu'il y a ?

La charrue a heurt� un truc dur.

C'est qu'un caillou.

Non !

On dirait du m�tal. Je te jure...

T'as trouv� quoi ?

Je le sens. Je le sens.

�cartez-vous !

C'est rien qu'une vieille pelle !

Regardez-moi cette pelle !

Je parie qu'elle a cent ans !

Je parie que mon grand-p�re s'en est servi

pour enterrer l'or.

C'est un signe de Dieu.

Si on veut r�colter cette ann�e, y a encore de l'ouvrage...

On perdra gu�re de temps

si je donne une chance de plus � mon grand-p�re, hein Griselda ?

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