All language subtitles for Astrid.et.Raphaelle.S06E08.FiNAL.Le.Testament.FRENCH.1080p.WEB.H264-THESYNDiCATE.fre

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Original subtitles

...

- (Ah, ah, ah, ah.)

- Pas toucher les dossiers.

Pas toucher ! Pas toucher !

Vous l'avez abîmé.

Il est déchiré.

Ah, ah, ah, ah.

Pas toucher.

J'ai été explicite avec Mme Beaufoy.

Cet audit ne nécessite aucune dérogation au protocole

de manipulation des fonds classifiés.

Je suis la seule personne ici autorisée à manipuler les dossiers.

Je suis habilitée.

Pas toucher les dossiers. Vous avez abîmé un carton.

- Vous énervez pas.

- Vous avez abîmé un carton, quand même.

- Perdon.

- Et les résultats ?

- Alors, pour l'électromyogramme, c'est rapide.

Et l'IRM est déjà partie chez le neurologue.

Pas plus de quelques jours.

C'est des sensations un peu inhabituelles.

Allons-y.

- Oui, on vient !

Astrid.

- Bonjour Raphaëlle. Je dois vous parler du palimpseste d'Archimède.

- A 5h30 du mat' ?

- A 5h31, oui. La documentation criminelle est impraticable,

et c'est ce qui m'a décidée. - D'accord, excusez-moi.

Quel rapport entre la documentation criminelle

et votre machin ? - Le palimpseste d'Archimède.

Aucun. Cet ouvrage du 13e siècle n'aurait rien à faire

à la documentation criminelle. Non, il se trouve chez Loculus-95.

- D'accord, Loculus.

- Tiret 95. Vous savez quoi ? Je vais me faire un café

et on va tout reprendre dans l'ordre.

- Là, le café. - Voilà.

- Au Moyen Age,

le parchemin, ressource rare, était souvent réutilisé plusieurs fois.

Un livre dont le texte a été remplacé s'appelle un palimpseste.

Vous dormez. - Non.

- Si.

- Donc, le palimpseste d'Archimède

c'est un texte d'Archimède caché sous un texte...

- D'un livre de prière médiévale. Grâce aux techniques modernes,

un écrit du 9e reprenant un texte d'Archimède du 3e siècle av. J.-C.,

a été redécouvert sous le texte religieux du 13e siècle.

- Et...

Ce texte vous intéresse car... - Car il contient

la trace écrite... du 1er puzzle connu de l'humanité.

- Ah. - Le Loculus.

- Oui. - C'est une sorte de tangram

datant de l'Antiquité. Nous en avons déjà parlé.

- Ah bon ? - Oui.

Pendant tout un dîner du lundi. En octobre.

2019.

- Oui, je me souviens.

- Voilà. En 2013,

cet ouvrage a été vendu aux enchères à un acheteur anonyme

pour 2,2 millions de dollars.

- Oh, waouh. - Oui.

J'ai appris que cet acheteur anonyme

n'est autre que Loculus-95,

avec qui j'échange sur Copains des puzzles.

Il y a 2 jours, Loculus-95 m'a dit Edgar Denis Lesneaux.

Il m'a invitée à consulter

ce palimpseste d'Archimède.

- Ah non ! - Ah si.

- Si. Mais je vous laisse pas y aller seule, je vous accompagne.

- Notre train part dans 43 minutes. - 43mn.

- La propriété de Loculus-95

se trouve en Eure-et-Loir. Pour faire l'aller-retour

dans la journée, il faut prendre le train de 6h20,

dans 43mn. - Je suis pas

prête.

- C'est pour ça que je suis arrivée tôt.

- On peut très bien y aller le week-end prochain,

y a un jour férié, après. - Loculus-95

m'a envoyé son mail il y a 2 jours,

mais cela bouleversait trop mes habitudes.

Seulement, mes habitudes sont déjà bouleversées

par l'audit à la documentation criminelle.

Loculus-95 m'a écrit qu'il partait

demain pour un long voyage. Il faut partir maintenant.

- Très bien. Go pour un départ dans 43 minutes.

- 41. - Oui, non, me stressez pas.

Je suis pas lavée. - Lavez-vous.

- Ni coiffée. - Coiffez-vous.

- Pas maquillée. - Vous le ferez dans le train.

- Et le petit déjeuner ? - Il y a une boulangerie en bas.

- Ben dis donc, belle baraque !

Il a les moyens,

votre Loculus 95. - Tiret 95.

Je vous rappelle qu'il a acheté un ouvrage

pour 2,2 millions. - Et son nom ?

- Loculus-95. - Son vrai nom ?

- Ah. Edgar Denis Lesneaux.

Il y a des voitures.

Loculus-95 n'a pas évoqué la présence d'autres invités.

Uniquement sa gouvernante qui vit là.

Je n'avais pas prévu autant d'interactions sociales.

- Elles sont peut-être toutes à lui, ces bagnoles.

Qu'est-ce qu'ils font ? Ca ouvre ou quoi ?

- Il faut pousser.

C'est lourd. - Ca pourrait être automatique.

- Hmmm.

Raphaëlle ! Hmmm. - Oui ?

- Il faut faire le tour, pas marcher sur la pelouse.

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous venez pour la veillée funèbre ?

- Non. Nous venons voir Edgar Denis Lesneaux.

- Donc, c'est bien pour la veillée funèbre.

Je suis le fils d'Edgar. Mon père est mort.

Mon père est dans sa chambre. Je vous y conduis.

- Consultons d'abord le palimpseste d'Archimède. On est venues pour ça.

- Non, il serait préférable,

d'abord, d'aller rendre un dernier hommage à notre hôte.

- Hmmm. Cela ne change rien

pour lui, il est mort.

- Si, ça peut changer beaucoup de choses.

Allons voir...

- Le palimpseste. - Par là.

- Le palimpseste ? - D'abord voir son père.

- Et ensuite le palimpseste ? - D'abord son père.

- Eh...

- (Oui, un instant.)

- Papa était malade du coeur depuis des années.

Cardiomyopathie hypertrophique.

Ca pouvait arriver à tout instant.

- Le corps a été déplacé.

- Euh... Oui.

Par les services funéraires.

Papa n'est pas mort dans son lit, mais...

dans la bibliothèque.

C'est Blanche, la gouvernante, qui l'a trouvé.

- Il présente

une contusion sous-cutanée, là. Il y a un hématome.

- Il a dû se le faire en tombant

lors de son malaise. - Absolument pas.

L'aspect des tissus témoigne d'un hématome ante mortem.

- Qu'est-ce...

- Oh !

- Astrid.

- Que fait-elle ?

- Vous avez bien dit

cardiomyopathie hypertrophique ? - Oui.

- Ah !

La salle de bains ?

- C'est par là.

- Ca veut dire quoi ?

- Attendez.

Qu'est-ce que vous faites ? - Le dentifrice

a été mélangé à une substance étrangère à sa composition.

- Une substance létale ?

- Non, sauf pour une personne souffrant d'une cardiomyopathie.

Le décès d'E.D. Lesneaux pourrait être

d'origine criminelle.

- Veuillez cesser

vos excentricités.

Faites preuve de décence, nous sommes en deuil.

Le médecin et les gendarmes ont constaté le décès

sans formuler ce genre d'hypothèse farfelue.

- D'accord.

- La vache ! Qu'est-ce que c'est, Astrid ?

- Il pourrait s'agir d'essence de curcumine,

une substance fluorescente.

J'ai identifié son odeur dans la bouche du cadavre.

Pour quelqu'un

souffrant de cardiomyopathie hypertrophique,

cette substance est fatale.

Raphaëlle, un faisceau d'indices indique

que le dentifrice a été empoisonné, et par là même E.D. Lesneaux.

- Bon ! Eh bien...

Je vous informe

que désormais,

cette pièce et la salle de bains sont une scène de crime.

- Quoi ? - Comme la bibliothèque.

Je vous demanderai de sortir immédiatement

et de rester bien sûr à notre disposition.

Nous vous rejoindrons en bas. - Qu'est-ce que vous racontez ?

Fitzgerald !

- Astrid pense qu'il a été empoisonné.

C'est dingue, je sais bien.

Est-ce que tu peux appeler le procureur de Chartres ?

Il saisira la section de recherche de la gendarmerie d'Orléans.

Bon.

OK, cool.

Le temps que tout ce monde arrive,

Astrid et moi, on tient la boutique.

Merci, Nico.

Bisou. Raccroche.

Vas-y, toi.

Non, toi.

- Raphaëlle. - Il a raccroché.

Oui.

- Nous faisons face à un problème.

Loculus-95 m'a envoyé son mail d'invitation il y a deux jours.

- J'y ai pensé, Astrid.

Alors qu'ils disent tous qu'il est mort il y a 3 jours.

- Voilà.

Edgar Denis Lesneaux était déjà mort quand j'ai reçu le mail.

- En clair,

quelqu'un a utilisé sa messagerie pour vous faire venir ici.

Quelqu'un qui connaît la vérité et qui voudrait qu'on la découvre.

Le palimpseste, c'est un leurre.

- Raphaëlle, le palimpseste. - Ah oui, le palimpseste, Perdon.

- Vous avez dit "après".

"Après", c'est maintenant. - Allez.

Excusez-moi.

Voilà. Impeccable !

Astrid.

Palimpseste.

Oh, excusez-moi...

Peut-on voir la pièce où votre père est mort ? La bibliothèque.

- Je vous y conduis. - Là où se trouve le palimpseste.

- Parfaitement. Il trône en place centrale.

Vous êtes sûre que votre amie ne se trompe pas ?

- Elle se trompe rarement. Je vous assure.

- Perdre son père, c'est déjà violent.

Savoir qu'il s'agit peut-être d'un meurtre, j'étais pas prêt.

C'est tellement...

impensable, tellement dingue.

Vous comprenez ?

- Absolument pas.

- C'est par là.

- Astrid, je vous ai jamais vue monter un escalier aussi vite.

- Oui, c'est parce qu'il y a le palimpseste.

Où se trouve le palimpseste ? - Là, sous vos yeux, sur le lutrin.

- Mmm mmm. Sur le lutrin, il n'y a rien.

- On ne sait pas qui vous a envoyé ce mail.

En tout cas, cette personne vous a fait venir ici

pour démontrer le meurtre.

Et votre bouquin, là, c'est une des pièces du puzzle.

Un livre à plusieurs millions d'euros qui disparaît,

c'est un sacré mobile pour un meurtre.

N'est-ce pas ? Vous m'écoutez pas du tout ?

Tant que vous aurez pas retrouvé le palimpseste,

vous arriverez pas à penser à autre chose. Je me trompe ?

- Raphaëlle,

là. - Oh !

C'est quoi ?

Vous le prenez pas ?

- C'est une pièce à conviction et on n'est pas chargées de l'enquête.

- Vous avez vos gants.

OK.

Bon, ça devait arriver un jour : je suis presbyte, c'est sûr.

- Vous êtes presbyte. - Oui.

Alors, qu'est-ce que ça... Qu'est-ce que ça dit ?

"Car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert,

"et rien ne se fait en secret qui ne doive paraître en public."

22.

- Vous m'épatez, Astrid. - Raphaëlle,

c'est écrit.

Là. - Ah oui.

C'est une page de l'Evangile.

- Les ouvrages théologiques sont rangés là.

Pas d'Evangile. Pas d'Evangile. Ah.

Un Evangile.

Hmmm.

J'ai trouvé.

La page, elle a été arrachée de cet Evangile.

- Ce qui veut dire ?

- Je ne sais pas.

Cette page est cachée

là où le corps d'E.D. Lesneaux a été retrouvé.

Or E.D. Lesneaux était également Loculus-95,

contributeur érudit et prolifique du forum Copains des puzzles.

Raphaëlle, cette page n'est pas une page.

Cette page est une énigme

qu'E.D. Lesneaux m'a laissée avant de mourir.

- Intéressant. - Oui.

- Et je vous parie que le coupable se trouve dans cette maison.

- Bonjour madame. Veuillez annoncer à monsieur Lesneaux

que son vieil ami, Corentin Maille, est venu lui rendre visite.

- C'est que je suis au regret

de vous annoncer que monsieur est décédé.

- Quoi ?

C'est arrivé quand ?

- Il y a trois jours, monsieur.

Je suis désolée.

- Monsieur Maille,

vous tombez à pic !

On allait se réunir au salon.

Je vous en prie.

Par ici.

Bien.

Les enquêteurs en charge de l'affaire seront bientôt là.

En attendant, ne quittez pas le manoir.

Chacun de vous pourrait-il me dire le lien

qui l'attachait à M. Lesneaux ?

Fitzgerald, vous êtes son fils unique,

et vous, Blanche, sa gouvernante.

- L'interrogatoire de police a donc déjà commencé ?

- Pas du tout.

Je suis là, car j'accompagne mon amie, Astrid Nielsen,

qui a été invitée par E. Lesneaux. - Edgar Denis Lesneaux.

- Voilà.

Et si j'ai un peu pris les choses en main, c'est...

Si j'ai pris les choses en main, c'est comme quand on demande

s'il y a un médecin dans la salle. Je suis le flic dans la salle.

- Corentin Maille, 67 ans. Je suis un vieil ami d'Edgar.

On s'est connus à l'armée, ça date.

- Vous voulez... - Un whisky, plutôt.

- Monsieur ?

- Olivier Levert, 45 ans.

Je suis le partenaire financier d'Edgar.

Il a eu plusieurs vies.

Il a été pilote dans l'armée de l'air, diplomate.

Il a écrit des romans de science-fiction.

Depuis 10 ans, il travaillait

dans le développement de brevets pour la tech avec votre serviteur.

- Lila, la maman de Fitzgerald.

Edgar et moi sommes séparés depuis 15 ans,

mais nous sommes restés très proches.

- Robert Lazuli, 39 ans. Je couche avec sa femme.

- Oh Edga... je veux dire Bob !

- C'est vrai, non ?

Vous avez jamais divorcé.

Donc, je suis le type qui couche avec sa femme.

*- Oui, Raph, je t'écoute. - Oui, Nico, ça va ?

*- Ca va.

- Le commissaire a rien dit à mon sujet ?

- J'ai dit que t'avais un problème familial.

*Ca tiendra pas longtemps.

- Est-ce que Norah est avec toi ? *- Oui. Norah ?

Je mets le haut-parleur.

*- J'ai besoin d'infos sur une ou 2 personnes. Vous notez ?

- Oui, c'est bon.

*- D'abord, Fitzgerald Lesneaux,

le fils de la victime. Ensuite, Lila Bouvier, c'est sa mère.

*Ensuite, Olivier Levert, une quarantaine d'années,

homme d'affaires et associé de la victime.

*Il y a Corentin Maille, la soixantaine et quelques,

*bidasse à la retraite ou un truc dans le genre.

Robert Lazuli, le gigolo de madame.

*Et enfin, Blanche Justin,

petite trentaine. *- Raph...

T'es pas saisie de l'enquête.

- Mais... je sais, je mène pas d'enquête, je suis curieuse.

*- C'est tout ? - Oui, c'est tout.

*- Je m'en occupe.

- Bisou.

- Salut.

On vous traite bien, ici ?

- Oui.

C'était un bonheur de travailler pour Monsieur.

J'avais 18 ans quand j'ai commencé.

Zéro qualification.

Il m'a prise sous son aile.

Il était... comme un père pour moi.

C'était le type

le plus bienveillant que j'aie jamais rencontré.

- C'était un sale con prétentieux. - Bob !

Pour prendre un coach sportif, il devait avoir un QI à un chiffre.

Bon, j'ai la jeunesse, la forme physique,

et sa femme l'a largué pour moi.

Il était jaloux.

Une réaction normale. Tu saisis ? - Absolument pas.

- Joli. - Les rapports

avec mon père étaient devenus compliqués.

- Je connais ça. - Je voulais recoller les morceaux.

Je pensais qu'on était sur la bonne voie.

Et puis voilà.

Quand j'y pense, ça me met en colère. Il faut que je tape.

- Bob est un peu jaloux,

mais ce n'est pas un mauvais bougre.

Je peux pas lui en vouloir.

J'ai toujours gardé une grande complicité avec Edgar.

Vous comprenez ? - Mmm mmm.

- Il n'y a rien eu

d'anormal avant le décès ?

- Pas spécialement.

Monsieur a reçu peu de visites.

Ou peut-être pendant ses heures de temps libre.

Je ne sais pas.

La nuit où il est mort, j'étais dans ma chambre.

Peut-être qu'il m'a appelée à l'aide, mais j'ai rien entendu.

Si vous saviez comme je m'en veux !

- Vous pouviez pas savoir.

- Je me souviens d'une chose : la veille de sa mort,

Olivier, son associé, est passé au manoir.

J'ai entendu une dispute, mais ça n'avait rien d'inhabituel.

C'était fréquent, ces derniers temps.

*- L'article 434-4 du Code de procédure pénale

interdit de modifier

l'état des lieux d'un crime

avant les 1res opérations judiciaires.

- Mais... Attendez...

Je cherche un courrier important qu'Edgar devait me faire partir.

C'est 3 fois rien. Je rangerai.

- L'article détaille en interdisant la falsification,

l'altération ou l'effacement d'indices,

par l'apport, le déplacement ou la suppression d'objets.

- J'imagine que ça peut attendre l'arrivée des gendarmes.

- Voilà.

Sur quoi travaillait

E.D. Lesneaux ?

- Ces dernières années, ses centres d'intérêt concernaient l'optique.

Edgar a toujours été un pionnier dans le monde de la VR,

la réalité virtuelle.

Ca s'était pas encore imposé à échelle massive,

mais les géants de la tech avaient flairé le potentiel.

Ils auraient dépensé des fortunes pour ses brevets.

- De quoi s'agit-il ? - Edgar avait développé un brevet

pour un casque révolutionnaire, il y a 5 ans.

Ce brevet a servi de base à tout ce qui se fait aujourd'hui.

Depuis, il travaillait sans relâche.

Il était obsédé

à l'idée d'inventer une machine pour enregistrer ses souvenirs.

Voilà.

- Vous devriez quitter ce bureau.

- Très bien.

Bonne journée.

- (Je parie que tout le monde ment, ici. Blanche, je jurerais

(que ça fait un bail qu'elle a pas dormi dans son lit.

(Ca sent pas la pièce où on dort. Le lit n'a jamais été défait.)

- Dans ce cas, où dort-elle ? - (C'est bien ce que je me demande.

(Dans le lit de monsieur ?

("Comme un père, pour moi." Mon oeil ! Sugar daddy, oui.

(Et vous, vous avez pu papoter un peu ?)

- Papoter.

D'après la définition du dictionnaire, papoter...

parler beaucoup en disant des choses insignifiantes.)

(Raphaëlle, je ne sais pas papoter.)

(Vous si.)

- (Merci Astrid.) - (Je vous en prie.)

J'ai surpris Olivier Levert. - (Chhh.)

(Non.)

(Chut.)

- (Je peux parler ?) - (Oui.)

- (Olivier Levert.) - (Oui.)

- (L'associé d'E.D. Lesneaux, fouillait dans son bureau.)

- (Oh !)

(Blanche les a entendus s'engueuler.)

- Lila Bouvier a parlé de lui de manière élogieuse.

Alors que Robert Lazuli,

Bob, a parlé de lui en des termes qui m'ont paru peu amicaux.

Il a dit "sale con prétentieux".

- (Ben voyons. Vous savez quoi ?

(Je pense que Lila avait remis le couvert

(avec Edgar et que Bob était jaloux à en crever.)

(Vous me suivez ?)

- Absolument pas. Je ne comprends pas ce que vous venez de dire.

- (Quoi qu'il en soit,

(dans cette maison, tout le monde avait une raison de le tuer.)

(Ils sont tous suspects.) - Raphaëlle, nous ne sommes pas

en charge de l'enquête.

Raphaëlle, nous ne sommes pas en charge...

de l'enquête.

- Attendez, Blanche ! Attendez, je m'en occupe.

Ca doit être la criminelle.

- Maître Karmin. Le notaire de monsieur Lesneaux.

- Ah ! - C'est monsieur le notaire.

- Je vous en prie.

- Bonjour, maître Karmin. - Bonjour, Blanche.

Le défunt espérait voir ses proches rassemblés autour de sa dépouille.

Il a stipulé dans ses dispositions testamentaires qu'alors,

il serait procédé à la lecture du testament, établi le 8 janvier 2016

en sa demeure, tant que son corps s'y trouverait encore.

Si personne ne s'y oppose,

Madame Astrid Nielsen

et Madame Raphaëlle Coste feront office de témoins.

Très bien.

"Je soussigné

"Edgar Denis Lesneaux, né à Granville le 1er novembre 1956,

"cède à mon fils Fitzgerald

"la quasi-intégralité de mes biens :

"biens immobiliers,

"le manoir, comme mon patrimoine financier.

"A Lila Bouvier, je cède

"la propriété de Saint-Paul-de-Vence,

"où nous avons vécu de merveilleux moments.

"A Olivier, mon fidèle associé,

"je cède le bicorne ayant appartenu

"à Napoléon, acquis en 2001.

"Sur la quotité

"disponible,

"je cède 500 000 E à l'orphelinat Gabriel-Garcia-Marquez, de Bogota."

- Quoi ?

- "Et enfin, à Blanche Justin,

"ma loyale et dévouée gouvernante,

"je laisse une rente de 5 000 E.

"Fait

"à Nogent-le-Rotrou,

"le 8 janvier 2016."

- Vous y allez, ou...

- Non, c'est bon.

- Cmdt Fargeau, section de recherche,

mandaté par le procureur de Chartres pour diriger l'enquête

pour suspicion d'homicide sur E.D. Lesneaux.

On peut voir la victime ? - Bien sûr.

- Et alors, nous,

on se demandait pourquoi... - Et comment.

- Et comment un livre de plusieurs millions d'euros.

- 2,2 millions de dollars. - A pu disparaître comme ça,

au même moment où E. Lesneaux a été assassiné.

- Attendez, vous êtes qui, vous, exactement ?

- Ah, je... Je pensais m'être présentée, Perdon.

Commandant Coste,

brigade criminelle de Paris. Et le lieutenant Nielsen

a identifié l'origine criminelle

de la mort d'E.D. Lesneaux.

- Grâce au dentifrice.

- Oui, on a un peu investigué

en vous attendant. On se refait pas.

N'hésitez pas à nous appeler.

On serait ravies de collaborer avec vous.

Si vous retrouvez le palimpseste...

Bon.

En tout cas, il a le mérite d'être direct, ce gendarme.

- "Neuropathie périphérique" ?

Ca veut dire quoi ?

- Que l'IRM a trouvé des lésions au niveau de mon cortex moteur.

Les neurotoxines du poison de Lamarck m'ont laissé un bonus.

Mais le neurologue m'a dit que c'était stabilisé.

Ca peut pas empirer, Nico.

Mais il est possible que ça puisse pas aller mieux.

Attends, Nico. Je vais voir un ergothérapeute demain.

On en saura plus. - OK.

- Merde !

Que dit-il ? *- Alors que la garde à vue

*de Blanche Justin, la gouvernante d'Edgar Lesneaux, a été prolongée,

*le Cmdt Fargeau...

- C'est quoi ces conneries ?

*- Le palimpseste d'Archimède, livre de grande valeur,

*a été retrouvé dans sa chambre.

- Je l'ai fouillée, cette chambre, et y avait pas de palimpseste !

- T'as pu passer à côté. *- Ce vol est un mobile valable.

*Elle attendait sûrement plus de l'héritage.

*Il y a eu abus de faiblesse, en plus du meurtre.

- C'est n'importe quoi !

Je suis d'accord,

il y avait peut-être deux-trois choses à éclaircir à son sujet,

mais je la sentais bien, cette gouvernante.

Et puis cette histoire de livre volé, ça tient pas la route.

- T'as pas tous les éléments de l'enquête.

Ils ont pu trouver autre chose.

- Non. Mes tripes me disent qu'il y a un truc qui va pas.

- Si tes tripes te disent...

Commissaire ? - Mm ?

Je sais qu'on n'a pas rendez-vous...

Oh, jolie cravate.

Ca vous va bien, ça vous...

Au teint, ça...

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- L'affaire E.D. Lesneaux. - Y a pas d'affaire

Lesneaux ici. Elle est sous la juridiction

de la gendarmerie. - Justement, je me disais que...

ça serait...

Ca pourrait être un atout pour la police de collaborer...

- Non.

N'y pensez même pas.

Avoir fourré votre nez dans cette enquête est déjà une faute.

J'ai besoin de vous ici. Interdiction de retourner

dans ce château.

Merci.

Fermez la porte en partant, s'il vous plaît.

- Ce n'est pas un acrostiche, ni un chiffrement de César.

J'ai essayé

toutes les combinaisons.

J'ai pensé qu'il pourrait s'agir d'un cryptage mathématique,

22" serait la clé. *- OK, je vais regarder

*ce que je peux trouver.

- Tetsuo, je dois raccrocher.

Je n'ai pas dit au revoir.

*- Astrid ? - Oui, allô ?

Raphaëlle, vous devriez venir à la documentation criminelle

toutes affaires cessantes. *- D'accord, j'arrive.

- Je n'ai pas dit au revoir.

Deux fois. Un, deux.

- Ils sont partis, les fouineurs ? - Les fouineurs ?

- Oui. Les gens de l'audit. - Ah. La partie inventaire

est terminée. Ils rendront leurs conclusions

bientôt. Raphaëlle... - Oui ?

- J'ai reçu un nouveau message de Loculus-95.

- Ah !

Il veut continuer à nous aider ? - Oui.

- Et que dit ce message ?

- "Astrid, merci d'être venue et d'avoir fait la vérité sur ma mort.

"Je travaillais sur un prototype. Ce dernier vous aidera

"à faire la lumière sur le mystère autour de mon meurtre."

En pièce jointe, il y a

un dossier compressé de plusieurs gigas.

- Intéressant.

Envoyer un mail posthume pour résoudre son propre meurtre,

ça a de la gueule.

Il y a plusieurs options. La 1re :

le mail a été envoyé en différé,

écrit par Edgar de son vivant en sachant qu'il allait mourir.

- Cette hypothèse me semble peu vraisemblable.

Même si Edgar Denis Lesneaux se savait en danger,

il est peu probable qu'il ait su quand son meurtre aurait lieu.

- D'accord.

2e option :

c'est quelqu'un qui utilise sa messagerie

pour vous demander de faire éclater la vérité.

Et je parie que cet inconnu mystère

était à la veillée et qu'on l'a forcément croisé.

Vous avez ouvert la pièce jointe ? - Absolument.

Je ne comprends pas de quoi il s'agit.

Regardez, je vais l'ouvrir.

- J'appelle Norah.

- C'est des vidéos immersives. - Des vidéos immersives ?

- Le laboratoire du manoir contenait des éléments

liés à la réalité virtuelle. - Attendez,

ce sont des vidéos immersives ou de la réalité virtuelle ?

- Le plus simple serait d'essayer, non ?

- Oui.

- C'est mon PC perso, celui sur lequel je joue.

Une grosse bébête taillée pour le gaming.

Ryzen 9, RTX 4090, 64 gigas de RAM.

Avec ça, pour la VR, y a aucun lag et aucun drop de FPS.

Ca va être du velours.

- Oh... Non, non.

- Non ? - Non, c'est pas...

Pas mon truc.

- Ca craint rien. - Je sais, mais... Non.

- Moi.

Je veux bien le mettre. - Astrid, non.

Ca pourrait déclencher une crise d'avoir ce machin sur la tête.

- Raphaëlle, la réalité virtuelle propose un univers sécurisé,

sans contact physique et accessible seulement par le regard.

Si cela ne me convient pas,

je peux enlever le casque.

C'est moins oppressant que le monde réel.

- D'accord. - C'est vrai.

Let's go.

Tout va bien, Astrid ?

- Oui. - Pouvez-vous nous décrire

ce que vous voyez ?

- Je suis dans le manoir.

Dans la chambre d'E.D. Lesneaux. *- Bonjour.

- Une voix.

- NOUS AUSSI, ON L'ENTEND. *- Je suis

*E.D. Lesneaux. Tournez-vous, si vous ne me voyez pas.

*La vidéo immersive, ce n'est pas nouveau.

*Mais la caméra qui m'a permis de tourner

*celle que vous visionnez en ce moment est révolutionnaire :

*elle est dans mes lunettes.

*Et ça change tout.

- Il y a un miroir, mais ce n'est pas mon visage que j'y vois,

c'est celui d'Edgar Denis Lesneaux.

C'est lui qui me parle. *- Grâce à ces lunettes,

*j'enregistre cette vidéo immersive

*exactement de mon point de vue.

*Vous vivez ce moment comme si vous étiez moi, n'est-ce pas ?

*Comme si vous étiez dans cette pièce,

*vous regardant dans le miroir,

*sauf que c'est mon image que le miroir vous renvoie.

- Absolument. Mm.

*- N'essayez pas de me répondre ou de vous déplacer,

*vous ne pouvez pas interagir avec l'environnement,

*puisque ce sont des vidéos enregistrées.

*C'est plutôt comme une machine à enregistrer les souvenirs.

- Norah, tu peux montrer les fichiers ?

- Yes.

C'est là.

- Tiens, tu vois, là ?

Les dates indiquent

que les vidéos ont été enregistrées juste avant la mort d'E. Lesneaux.

- On peut vivre ses derniers instants de son point de vue.

- Astrid, continuez à visionner et cherchez des éléments intéressants.

Norah, rejoins Nico à la brigade.

Essayez de comprendre pourquoi Edgar a fait

un don aussi important à un orphelinat colombien.

On va la remettre sur les rails, cette enquête.

...

*- Bob t'a pas vu monter ? *- Il regarde le Manchester-Barça.

*On a au moins 45 minutes devant nous.

*- Il a quelque chose de touchant, ce garçon.

*Il doit penser que je le prends pour un con. C'est pas le cas.

*J'irai voir la 2e mi-temps avec lui.

*- Ah... A moins qu'on ajoute...

*les prolongations.

*Déshabille-moi.

*- Est-ce que,

*quand une femme trompe son amant

*avec son mari cocu,

*c'est quand même un adultère ?

*- Je sais pas, Edgar, mais je serais jamais partie avec Bob

*si tu m'avais pas trompée avec cette...

*Comment elle s'appelait, déjà ? Camilla ?

*- Ne parlons plus du passé. Allez, viens.

- Ils font bim.

Je vais fermer les yeux.

*- Edgaaar...

- Et il t'a dit quoi ?

- Pas grand-chose. Il m'envoie les résultats

*demain.

- C'est bon ?

Norah est là. Je mets le haut-parleur.

- Salut Raph. *- Salut Norah.

- Le directeur de l'orphelinat a reçu

des dons depuis la France, des dons réguliers

et importants d'un donateur anonyme.

*- Anonyme ?

Merde ! Astrid

nous a parlé du nom Camelia. Il y a 20 ans,

un enfant né d'une Camelia Torres et de père inconnu

a débarqué à l'orphelinat. - L'enfant s'appelle Julien.

*Julien Torres, un prénom français.

*- C'est aussi le prénom du père d'Edgar Lesneaux.

La victime avait un fils caché.

*Je te laisse.

*- J'ai toujours aimé cet endroit.

*Je suis ravi de vous faire partager ce moment.

*Vous ne les sentez pas, bien sûr, mais les odeurs sont merveilleuses.

*- Ed, tu parles tout seul ?

*T'as pas oublié un truc ?

*- Je ne crois pas, non.

*- Je veux mon fric.

*- J'ai été trop généreux avec toi, Corentin.

*Ce chantage n'a que trop duré.

- Astrid ? *- J'ai préparé une lettre

*qui est prête à être envoyée à la presse.

*Elle parle d'une mission commando illégale que t'as financée.

*Ta famille officielle aimerait apprendre tout ça ?

*- J'ai moi-même rassemblé des documents compromettants

*sur tes activités de mercenaire depuis qu'on t'a viré de l'armée.

*C'est ça,

*une arme de dissuasion : tu lâches ta bombe,

*je lâche la mienne.

- Ah ! - Oh là !

- Pas toucher. - Perdon.

- Je n'ai pas été frappée.

- Excusez-moi, je voulais pas vous toucher.

Que s'est-il passé ?

- Corentin Maille,

il a menti.

Il a vu Edgar

peu avant sa mort. Et il est à l'origine de l'hématome au visage.

- Il l'a frappé ? - Oui.

M. Maille exerçait un chantage sur lui.

- Oui, j'ai entendu des bouts de... "Commando".

- Une mission commando illégale

qui pourrait déplaire à sa famille officielle. Ce n'était pas clair.

- Si, c'est très clair. Ca recoupe ce qu'on a appris grâce à vous :

l'existence de Camelia.

Elle était femme de ménage sur une base militaire à Bogota.

Edgar a eu un enfant avec elle qu'ils ont baptisé Julien.

Camelia est décédée peu de temps après.

Julien a donc

été placé dans un orphelinat, celui mentionné dans le testament.

Et une fois adulte, il se serait enrôlé chez les FARC,

une guérilla marxiste colombienne. - Je sais. Les FARC finançaient

leur guérilla par les enlèvements, l'extorsion et le trafic de drogue.

- C'est ça.

Le problème, c'est qu'on peut pas l'interroger, ce Julien.

Il a été tué en 2017 dans une opération militaire.

- L'opération illégale.

Je retourne dans les souvenirs d'Edgar.

La réponse doit s'y trouver.

Je n'ai pas trouvé de souvenirs à propos du palimpseste.

- Oui, le palimpseste.

Vous faites attention. Les coups, tout ça.

Bon.

- J'y retourne.

*- Qu'est-ce que c'est que ce look de hipster new-yorkais ?

T'as changé de lunettes.

*- Je sais que tu as détourné des fonds.

*- Perdon ? Comment sais-tu... d'où tu sors ça ?

*- Je prends ça pour un aveu.

*C'est mon plus proche collaborateur

*qui l'a découvert, un crack en informatique.

*- T'as des assistants, maintenant ?

*Tu travailles plus seul ? *- Notre collaboration s'arrête là.

*Tu recevras ta lettre de licenciement en fin de semaine,

*sans indemnités, bien sûr.

*Tu t'es largement servi.

*Estime-toi heureux que je ne porte pas plainte.

- (Sans déconner !)

(OK. Merci, Astrid. On se voit tout à l'heure.)

(Pss ! Norah !)

- Oui ?

- (On a un espion.)

- Mais encore ? - (Au manoir.)

(Astrid a vu une sorte de double cloison,

(un espace pour observer et entendre

(ce qui se dit dans le salon, et pourquoi pas dans d'autres pièces ?

(A mon avis,

(c'est notre mystérieux messager. Je suis certaine qu'on l'a croisé

(au manoir.)

- (Hé, j'ai trouvé un truc de fou.) - Toi aussi ?

- (Ouais. Sous l'Occupation,

(le manoir a été le siège de la Kommandantur.

(Tout a été réquisitionné, sauf une aile du bâtiment qui a été laissée

(à la disposition de Julien Lesneaux et de sa famille. Julien,

(le père d'Edgar, pas son fils.

- (Et le rapport avec notre histoire ?)

- (J'ai été sur yadvashem.org. Julien a été honoré

(comme "Juste parmi les nations" car il a sauvé la famille Slavisky.

(Il a planqué une famille juive

(au beau milieu d'un nid de nazis.) - (Oh, putain !)

(T'es un génie.)

- (Pourquoi ?)

(Pourquoi ?)

...

- Bonjour, Fitzgerald.

C'est quoi, cette invitation ? - Je sais pas. Elle est pas de moi.

- Vu la rédaction,

ça ressemblait plus à une convocation qu'à une invitation.

Ah !

D'accord.

- Personne ne sait ce qu'on fiche ici ? Ca va pas recommencer !

C'est bien l'un de vous qui nous a conviés. Qu'il se dénonce, merde !

Je me casse.

- Ne partez pas, monsieur Maille, ça va devenir intéressant.

- C'est quoi, ce délire ? - Je vous prie de vous asseoir.

Asseyez-vous !

Merci.

- C'est incroyable !

- Nous attendons encore 4 invités. Oui.

- Vous avez intérêt à être convaincante, commandant Coste.

- Les faits parlent pour nous, mon cher confrère.

Bien !

- La dernière fois, j'ai découvert

une page arrachée de l'Evangile de saint Marc,

cachée par la victime au pied du lutrin.

Le message qu'E.D. Lesneaux a voulu nous transmettre n'était pas

ce qui était écrit sur cette page, mais la page elle-même.

Mm. Il s'agit d'une page du Nouveau Testament.

Edgar Denis Lesneaux a fait une analogie lexicale

volontaire.

Cette page signifie :

qu'il y a un nouveau testament,

un testament au sens notarial du terme.

- Venez, je vous en prie.

Vous voyez ? Regardez.

C'est un palimpseste sur le palimpseste,

un texte sur un autre texte.

En réalité,

c'est un nouveau testament rédigé par la victime.

- Absolument.

- Lorsqu'il a commencé à se sentir mal,

Edgar a compris qu'il avait été empoisonné.

Courageusement,

Edgar avait accepté le fait qu'il allait mourir.

Il s'est donc lancé dans la rédaction d'un testament

sur la page même du palimpseste.

- Cela n'a aucune valeur. - Maître,

vous voulez bien... Merci.

- Pas toucher.

- Il s'agit d'un cas tout à fait original de testament holographe.

Il est daté, signé et écrit à la main, donc parfaitement valable.

- Et que dit-il, maître ?

- Qu'il laisse tout à son fils Fitzgerald, à une exception près :

les brevets. - Ah !

Ce qui a le plus de valeur.

A qui cède-t-il ses brevets, maître ?

- Les brevets, il les cède à...

"Blanche Justin,

"ma fidèle femme de chambre".

- Voilà. Tout cela confirme

la piste déjà portée par les autorités :

c'est Blanche qui l'a assassiné, pour avoir sa fortune.

- Pourquoi le tuer avant

qu'il ne refasse un testament qui l'avantageait ?

Vous, en revanche,

vous aviez tout à perdre si ce testament était divulgué.

- Vous plaisantez ?

J'aurais tué mon propre père

pour quelques brevets ?

- Nous allons y venir.

On s'est longtemps demandé

qui se cachait derrière les messages de Loculus 95.

- Loculus tiret 95.

Une pièce du puzzle nous manquait. - Ce qu'Astrid veut dire,

c'est qu'il nous manquait un personnage de l'histoire.

- Loculus-95,

c'est moi, Astrid, Astrid Nielsen, du forum Copains des puzzles.

Si vous m'entendez, tapez un coup,

mais pas trop fort.

- Du spiritisme, maintenant ! On nous aura tout fait !

- Mm.

Voilà comment procéder :

tapez un coup pour oui, deux coups pour non,

mais pas trop fort. non.

Etes-vous d'accord ?

Etes-vous une personne distincte

d'E.D. Lesneaux ?

- Avez-vous

un lien familial

avec lui ?

Est-il votre père ?

Vous êtes

Julien Torres. Vous n'êtes pas mort chez les FARC, n'est-ce pas ?

- Savez-vous

qui a tué votre père ?

- Alors, vous avez fait appel à Astrid ?

Ca tombe bien, car on a un début de réponse.

Julien, c'est pas la peine de sortir.

Nous savons que vous êtes

agoraphobe.

Ca faisait 8 ans que votre père se faisait prescrire de la paroxétine,

mais ce produit n'apparaît pas dans sa toxicologie.

C'était pour vous ?

Vous aviez tous

une bonne raison de tuer Edgar.

- Vous, M. Maille,

vous exerciez un chantage sur lui,

menaçant de révéler l'opération qui a permis d'exfiltrer Julien

de l'organisation des FARC.

- Mais Edgar a décidé de ne plus céder à ce chantage.

- Vous, M. Levert,

quand je vous ai surpris fouillant son bureau,

vous cherchiez la lettre qui signifiait votre licenciement.

- Cette lettre, je l'ai lue. Un excellent mobile, ma foi.

- N'importe quoi ! - Vous, Mme Justin,

vous ne dormiez jamais dans votre chambre.

- Mais avec Julien.

C'est pour ça que vous n'avez pas parlé quand vous avez été arrêtée.

A force d'aider Edgar à le cacher et à le protéger,

vous en êtes tombée amoureuse.

- Qui est ce Julien ? Qu'a-t-il à voir dans cette histoire ?

- Mme Bouvier, vous n'écoutez pas.

Julien Torres est le fils d'Edgar Denis Lesneaux.

- Eh oui ! Un fils illégitime,

qu'Edgar n'a jamais supporté d'avoir abandonné,

et qu'il est parti rechercher en Colombie, il y a 8 ans.

Qu'on a pris pour mort,

mais en réalité, Edgar le cachait ici.

Un fils avec qui il a lié un lien si intime

que vous ne l'avez pas supporté.

- Vous pensiez que votre crime passerait inaperçu.

Mais Julien Torres m'a contactée.

- Et il a eu raison de le faire.

Elle a vite découvert la vérité.

Alors, vous avez improvisé.

Vous avez volé le palimpseste pour le mettre dans la chambre

de Blanche.

- Il s'est occupé de ce bâtard comme il ne s'est jamais occupé de moi.

Il l'aimait plus que moi.

...

- Que va-t-il advenir de Julien Torres ?

Il n'est jamais sorti du manoir en 8 ans.

- Je pense que le tribunal sera indulgent.

Il a une condamnation en cours pour avoir rejoint les FARC,

mais son dossier mentionne

qu'il avait souffert d'un syndrome de stress post-traumatique.

Ca a développé chez lui une agoraphobie aiguë.

Il effectuera sa peine avec un bracelet électronique.

- Mm. Parfait.

Je pourrai continuer à échanger avec Loculus-95.

- Astrid...

Je dois vous dire quelque chose.

J'ai des séquelles, suite à l'empoisonnement.

Alors, rien de dramatique en soi, mais...

ils appellent ça un problème...

moteur...

Un problème de motricité fine.

Et...

Je veux pas vous inquiéter, mais si ça s'améliore pas...

je pourrai plus exercer mon métier de flic.

Vous comprenez ?

Astrid ?

Je peux voir ?

"Madame,

"dans un contexte de normalisation budgétaire et d'optimisation

"liée à la transition numérique,

"une réévaluation des besoins en archivage physique a été conduite.

"L'audit a confirmé que l'essentiel des ressources avait été numérisé.

"Ainsi, la désaffectation des espaces dédiés et l'activation

"du démantèlement des fonds physiques ont été actées."

Je suis pas sûre de comprendre.

Je suis pas sûre de comprendre, Astrid.

- La documentation criminelle va disparaître.

- Putain, c'est pas vrai !

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