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(musique intrigante)
(bips de désactivation d'alarme)
(démarrage)
♪♪♪
(conversation indistincte)
(vibration)
- Allô. - Oui, allô. C'est moi.
Écoute, je sais pas si je paranoïe, mais on dirait
que je me fais suivre. - T'es où, là?
- Euh, boulevard Saint-Vital.
- Qu'est-ce qui te fait croire que t'es suivie?
- Le gars en arrière de moi, il était stationné
devant chez vous, pis là, je viens de faire un U-turn
dans le stationnement du centre d'achat, pis il me suit encore.
- Quelle couleur, le char? - Noir.
- Viens-t'en chez Intelco. - Quessé tu veux
que j'aille faire là? - Viens-t'en, je te dis.
- OK. (musique inquiétante)
Shit. (tonalité de ligne coupée)
(sirène)
(crissement de pneus)
(musique de suspense)
(crissement de pneus)
(crissement de pneus)
(vrombissement de moteur)
- Sortez du char. Sortez. Let's go.
- Ouais, sors, si t'es brave.
- Ben oui, hein.
- OK, c'est beau, les gars. J'ai la plaque.
Éric. Éric. Décroche, Éric.
Éric!
- Hé, laisse-le aller.
(vrombissement de moteur)
(crissement de pneus)
♪♪♪
(musique pop à la radio)
- Là, tu vas m'excuser.
Je mange, pis t'es dans ma bulle.
- Toi, t'envoies ton monde dans mon espace vital,
mais c'est moi qui suis dans ta bulle?
- Moi, j'envoie du monde?
- Ah, ton fils, peut-être.
- T'as tourné autour pendant six mois
pour le faire traverser chez vous, fait que...
- Tu l'avais congédié. Et ton petit maraudage avec Delphine
a fonctionné puisque c'est elle qui m'a convaincu de l'engager.
Alors, tu voulais prendre le contrôle de mon entreprise?
- Ton enclos à bandits, ça m'intéresse pas.
- Que tu te sois servi de Delphine
pour t'en prendre à moi, je comprends complètement.
Mais tu ne m'accuseras pas de l'avoir fait
disparaître. Ça, ça passera pas, tu vois?
- Ah, bon. Sinon, tu vas faire quoi, là?
Tu vas jouer aux gras bras, finir comme ton partner?
- T'es tellement naïf.
Tu penses vraiment qu'une fille comme elle
peut s'intéresser à quelqu'un comme toi?
Elle a pas eu ce qu'elle voulait. Elle a levé les pattes.
Cherche pas midi à 14 h.
- Vous avez essayé de me tuer.
- Mais tout ce que je voulais te dire,
c'est que j'ai compris ton petit jeu.
Alors, si je te vois toi ou quelqu'un de ta bande
roder autour de moi, ça se passera très mal.
(musique sombre)
- T'es comme un petit chien.
Tu jappes fort, mais tu fais peur à personne.
- Je t'aurai averti. - Hum-hum.
- Je te laisse terminer. Ça a l'air très bon, hein.
- S'il veut pas vendre?
- Qu'est-ce que tu veux qu'il fasse seul
dans cette boîte? Il est pas capable
de mettre un pied devant l'autre sans Amadeo,
pis il est en dedans, lui. - S'il vend pas, je reste pas.
- Sois patiente. - Il y a pas d'avenir avec lui.
Le nom d'InvestCan est brûlé à tout jamais.
- Tu viendras travailler pour moi.
- Tu veux pas me voir là. Tu me l'as déjà dit.
- Chaque chose en son temps.
- Je veux juste pas perdre le mien.
(soupir)
- Là, tu vois, quand je filme la plaque, juste après,
on le voit très bien, il pointe son arme sur Éric.
- Je peux avoir une copie de ça? - Absolument.
- Pis vous savez pas c'est qui? - On sait que la voiture
est immatriculée au nom de Perry Mondou.
- Pis vous savez pas c'est qui, Perry Mondou?
- Aucune idée. On sait que c'est un gros vendeur de dope.
- J'espère que je vous dérange pas, là.
- On partage l'information qu'on a avec Diotte.
- Où est ta fille en ce moment? - Je l'ai renvoyée chez Anthony.
Marc est avec elle. - Je peux lui parler?
- C'est pas celle qui jase le plus.
- J'aimerais au moins savoir pourquoi du monde qui la suit.
- Ils veulent pas lui faire de mal à elle,
ils veulent me faire du mal à moi.
- Je peux te parler seul à seul dans ton bureau?
- Viens.
- Merci.
(coups à la porte)
- Pierre-Henri Cazal. Bonjour.
- Alain Laflamme. C'est Beaudoin
qui m'a dit de venir te voir. - Asseyez-vous.
(musique grave)
Alors, qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- J'aimerais avoir des renseignements
sur une personne en particulier.
- D'accord. Quel genre de renseignement?
- Où la personne habite, qu'est-ce qu'elle fait,
où elle travaille, elle est-tu mariée. Tout ça.
- Et pourquoi vous avez besoin de savoir tout ça?
- C'est une question sérieuse, ça?
- J'ai pas l'habitude de poser des questions inutiles.
- Quand je vais dans une quincaillerie
m'acheter des panneaux de 4 par 8 de plywood,
ils me demandent pas ce que je veux faire avec.
- Ben là, vous vous êtes rendu compte que vous êtes pas
dans une quincaillerie, j'espère.
Je vous explique.
Si vous me demandez des renseignements parce que
vous avez l'intention de vous débarrasser de quelqu'un,
moi, je peux me retrouver dans la boîte des témoins.
- C'est quelqu'un qui se met le nez dans mes affaires,
pis j'aime pas ça, mais je sais pas c'est qui exactement.
- Donc, vous voulez que je fasse des recherches
sur "je sais pas c'est qui exactement"?
- Tout ce que j'ai, c'est un numéro de plaque.
- OK. Vous êtes en train de me dire qu'il y a une bagnole
qui se mêle de vos affaires. C'est très dérangeant, ça.
- Je pense que je perds mon temps ici.
- Donnez-moi le numéro, là.
On va commencer par ça.
- C'est ça ici.
- Ça brasse pas mal autour de toi.
- Principale qualité d'une boîte comme la mienne: la discrétion.
- Quand on est bon dans ce qu'on fait.
- T'essaies de me faire un compliment, toi, là?
- Non. Là, tu vas me laisser parler à ta fille.
- Je peux pas t'en empêcher.
- Tu peux la faire venir ici. - Je peux essayer,
mais c'est pas le genre de femme à qui on dit quoi faire.
As-tu des nouvelles de Delphine?
- Non.
(sonnerie)
- Oui, c'est moi. - Oui, toi.
- Pourrais-tu passer au bureau? - Pour quoi faire?
Ta réceptionniste est pas rentrée?
- Il y a un enquêteur de police qui t'attend, il veut te parler.
- Ah non, là. Je vous ai déjà tout dit ce que je savais.
T'as juste à répéter ce que je vous ai dit.
- Ils veulent te parler, pis ils me disent pas pourquoi,
pis s'ils insistent, ça doit être important.
- Marc va t'amener ici. - On peut faire ça au poste.
- Il en est pas question. Si tu lui parles, ça va être icitte.
- Ce serait gentil que tu parles. L'inspecteur t'attend,
pis moi, je commence à perdre patience.
(tonalité de ligne coupée)
- Je vous repose la question.
Pourquoi vous avez besoin de ces renseignements
sur cette personne? - C'est une vieille connaissance
que je veux revoir pour toutes sortes de raisons.
- Arrête de te foutre de ma gueule. Cette plaque-là,
c'est pas une personne, c'est une compagnie.
(ouverture de classeur)
(musique intrigante)
Tu t'intéresses à qui là-dedans?
- Fais de l'air. - De l'air?
Il y en a pour tout le monde ici, de l'air.
- C'est qui, elle? - Elle, c'est Sophie Lacoste.
- On va se revoir, je te garantis.
OK, tu la connais. - Oui.
Et ils travaillent tous pour lui.
Son nom, c'est Jean Dumas. Mon partenaire est en prison
à cause de lui. Si t'as un contentieux à régler avec eux,
prends ton numéro, t'es pas tout seul.
- Comment elle s'appelle? - Sophie Lacoste.
Mais essaie pas de l'intimider. Dumas va t'attraper,
il va te mettre dans sa petite poche.
- T'es capable de trouver son adresse?
Son téléphone? - Oui, je suis capable.
Mais je le ferai pas.
(musique de tension)
- Bon.
Je vais m'arranger tout seul.
- C'est ça, arrange-toi tout seul.
- Viens avec moi.
- Quessé qu'il nous veut, lui?
- Jean me l'a pas dit. C'est un straight, là.
Il est pas là pour t'écoeurer. - J'espère,
parce qu'il va voir qu'écoeurer le monde, c'est ma spécialité.
(musique d'action)
(approche de sirènes)
- Les mains dans les airs, Laflamme. Envoye. Grouille.
- C'est quoi ton problème, là? - Tourne-toi.
Couche-toi au sol.
- Alain Laflamme, vous êtes en état d'arrestation
pour le meurtre de Pierre Leblanc. Vous avez le droit
de garder le silence. Tout ce que vous direz
pourra et sera retenu contre vous.
(sonnerie)
- Il m'a dit que vous preniez ça noir.
- Merci. C'est gentil.
Vous êtes Catherine, c'est ça? - C'est ça.
- Sergent-détective Diotte.
Je voulais qu'on se parle un peu.
- À propos de? - Si j'ai bien compris,
vous avez fait l'objet d'une filature.
- Il paraît, oui. - Je vais vous montrer
des photos. Dites-moi si vous êtes en mesure
de reconnaître quelqu'un. - Je vous avertis,
c'est non. - Je vous ai rien montré.
- J'ai jamais vu qui conduisait
ni le passager. Mon frère les a vus.
Pas juste mon frère. Les gens ici les ont vus.
- Oui, je sais. Ils en ont identifié un.
- Pourquoi vous me le demandez si vous savez c'est qui?
- Je veux savoir si vous, vous les connaissez.
- Mais je vous le dis, j'ai vu personne.
- Je recommence. Hum...
Je vous demande pas si vous avez vu quelqu'un.
Je vous demande si, dans les photos que je vais vous montrer,
vous reconnaissez quelqu'un.
Reconnaître quelqu'un, ça veut dire qu'on l'a déjà vu avant,
qu'on connaît cette personne.
- Hum. Fallait vous exprimer plus clairement.
- Ouais. On va y arriver.
(toussotement)
Donc, lui?
- Non.
- Non. Lui? - Non.
- Lui? - Non plus.
- Lui? - Non.
(musique sombre)
Lui, vous le reconnaissez, je pense.
Facile à reconnaître.
Mentez-moi pas, Catherine. Je vais être déçu.
- C'est Romain, oui. Mais je ferai rien pour lui nuire.
- C'est qui ça, Romain Vaugeois? - Un ami.
- Un ami qui vous vend de la dope?
(soupir)
Ayez pas peur. On lui fera rien à Romain.
Mais c'est quand même un peu à cause de lui
s'il y a des gens qui vous ont suivie.
- Ça se peut pas, voyons.
- Disons qu'il a parlé à du monde qui ont pas aimé
ce qui s'est passé. - Qu'est-ce qui s'est passé?
- On va en rester là pour le moment.
Le reste, je vais plutôt en discuter avec votre père.
- Quessé que mon père vient faire là-dedans?
- Rien. C'est pas important.
Il vous en parlera s'il juge que ce l'est.
- Il veut dire quoi, là? - Aucune idée.
- Merci beaucoup.
- Mais on va le savoir assez vite.
(ouverture de porte)
- Le gars qui a suivi ta fille, c'est un vendeur de dope.
- Oui? - Un gros vendeur de dope.
Un vendeur qui vend à des vendeurs.
Catherine, c'est une cliente de Romain Vaugeois,
qui lui est un vendeur de Perry Mondou.
- Regarde, t'auras beau me faire tout l'organigramme
des vendeurs de dope de la ville de Montréal,
ça m'explique pas ce que Romain Vaugeois
vient faire dans cette histoire. - T'aurais pas mis un gun
dans la face à Vaugeois en le menaçant de le tuer
s'il donnait encore de la dope? - Moi, ça?
- Oui, toi, ça. - J'ai-tu l'air d'un gars
qui est capable de tenir un gun?
- T'as deux mains, à ce que je sache.
- J'ai jamais mis mon gun dans la face de qui que ce soit.
- Menace de mort avec une arme, c'est grave.
- Le comique, il t'a conté ça, pis toi, tu l'as cru?
- Es-tu en train de dire que t'as jamais été là?
- J'ai jamais mis mon gun dans la face de ce gars-là.
- Si je te disais que tout a été filmé?
- Je te dirais: regarde ta vidéo comme il faut, c'est ma gang
qui est allée chercher ma fille. - Je peux leur parler?
- Demande-leur. - J'essaie de t'aider, là.
- Ouais, je pense que c'est pas mal moi qui vous aide souvent.
Pis l'ascenseur, il revient pas vite.
- Change pas de sujet.
(sirènes au loin)
- Louis Fournier. (klaxon)
- Moi-même. - Sergent-détective Allard.
On aimerait ça vous jaser un peu.
- À propos de...?
- La mort de Pierre Leblanc. - Hum.
J'ai déjà dit pas mal tout ce que je savais à ce sujet-là.
- Oui, mais va falloir me le redire à moi.
J'ai la responsabilité de l'enquête. On est rendu à vous.
- Voulez-vous qu'on aille à mon bureau?
- Non. On va faire ça au poste de police.
- Ah bon.
- Vous pouvez nous suivre avec votre voiture, si vous voulez.
- J'aimerais mieux ça, oui.
(musique intrigante)
- Pourquoi ils me parlent de Romain? Ce serait pas parce
qu'il voulait déposer une plainte?
- Je sais pas. - Une plainte pourquoi?
- Il lui a pointé un gun dans la face.
- N'importe quoi. - Tu vois ce que ça donne, là?
Ils sont pas partis après toi, mais après moi.
- C'est ça que Diotte t'a dit? - Fais pas semblant
que tu le sais pas. Romain m'a tout raconté.
- T'as reparlé à ce gars-là? - C'est pas parce qu'il se gèle
la face qu'il est pas agréable. - Pas juste se geler.
Il vend de la dope. - Mais dis quelque chose, toi.
- J'ai rien à dire. J'écoute.
- Est-ce que Romain a déposé une plainte contre toi?
- Ouais, il s'est pas gêné. - On peut pas le blâmer.
- Je lui ai planté un gun
dans la face pour protéger ma fille.
- Pour me protéger, t'avais juste à rester chez vous.
- Catherine. - Sortez de mon bureau.
- Appelle-moi plus jamais pour que je vienne ici.
Je suis pas ton petit chien de poche.
(ouverture de porte)
(sonnerie)
- T'es-tu obligée de le provoquer tout le temps de même?
- Il me ment en pleine face. - Tu le vois-tu encore,
ton pusher? - Eille, appelle-le pas de même.
- Il peut pas déposer une plainte contre p'pa.
Ça peut avoir des conséquences graves.
- Il avait juste à y penser avant.
Voire si on menace quelqu'un avec un gun.
- Fais pas ta naïve. Ça te va pas bien.
Faut régler ça. On va avoir besoin de ton aide.
(soupir)
(sonnerie)
- Oui. - C'est Diotte.
- Bon, quessé tu veux, fatigant?
- Peux-tu venir au poste? On aimerait ça te parler.
- T'étais ici tantôt. T'aurais pu me parler ici.
- Les choses ont évolué.
- Est-ce que tu veux me parler ou me questionner, là?
- T'as-tu des choses à te faire pardonner?
- Est-ce que j'ai besoin de parler à un avocat?
- Arrête de dramatiser. Viens me voir.
(musique intrigante)
- Diotte veut me voir au poste de police.
- Pourquoi? - L'histoire du gars
de Catherine, j'imagine. - Romain?
- Si c'est ça, prépare-toi à prendre la relève au bureau
pendant une couple de jours. On va avoir des clients à rassurer.
- Hé, pis de notre côté, on... on va essayer quelque chose.
- Quoi? - Mêle-toi z'en pas.
Comme ça, ce sera pas de ta faute.
- Allez pas faire de niaiseries.
- Pas plus que d'habitude.
(musique sombre)
- Hé. - Ah!
- Allô. - Ça va?
- Oui.
Anthony, mon frère.
- Oh.
T'as amené ton grand frère pour me casser la yeule?
- Il veut te parler.
Pas que je sois d'accord, mais bon.
- C'est plate, mais je veux te parler de mon père.
- Celui qui m'a crissé un gun dans la yeule? On parle du même?
- Il est un peu intense, oui.
- C'est à moi que tu dis ça.
- Je suis certain qu'il voulait pas mal faire.
Mon père est de la génération où ça buvait de la bière.
Se geler la face, lui, c'est trois verres
de cognac. Il voit une ligne de coke, pis il capote.
- OK, tu t'en vas où avec ça?
- Tu veux que je retire ma plainte, c'est ça?
- Ouais. C'est un peu pour ça que je suis ici.
- Regarde, moi, je m'en fous un peu, là.
Mais je suis pas tout seul là-dedans.
(musique de tension)
- Ce serait pas du monde au-dessus de toi
qui te force à faire ça? Je veux juste savoir
si c'est Perry Mondou qui te force la main.
- C'est qui, ça? - Joue pas au fou, là, OK?
Moi, j'essaie de trouver une solution
pour faire plaisir à tout le monde. Aide-moi à t'aider.
Je peux pas faire ça tout seul. Je veux juste savoir
si c'est Perry Mondou qui t'a mis
de la pression pour que tu portes plainte.
- Je le connais pas, Perry Mondou.
Mais mettons que...
ça se peut que ce soit lui.
- Faut que je lui parle avant qu'il soit trop tard.
Ça risque de mal virer pour lui.
Juste me dire où est-ce que je peux le voir.
(musique de tension)
- Il déjeune au restaurant La Poule Dorée.
- Bon, tu vois?
- Merci d'être venu.
On vient d'arrêter Louis Fournier.
Il est en salle d'identification.
On l'accuse de complot pour meurtre.
- Mon Louis Fournier?
De la Banque Canadienne de Crédit?
- Oui.
- Pis c'est pour ça que vous vouliez me voir.
- Pour le moment, oui. On verra pour la suite.
- Quelle suite? - Il a sorti son arme
pour faire peur à un vendeur. - Ah, ça.
Bon, il va te dire qu'il a une vidéo de ça.
C'est pas vrai pantoute. - Tu fermes-tu ta trappe, toi?
- Faut ben aider ceux qui nous aident.
- Hein, tout ce que tu veux. Pose-les,
tes questions, mais dépêche parce qu'il faut
que j'aille parler à un enquêteur après
pour lui dire que son vendeur de dope est un maudit menteur
qui raconte n'importe quoi. - Arrangez-vous donc tout seuls.
(sonnerie) - Ce qu'on a établi,
c'est qu'Alain Laflamme a appelé Louis Fournier
tout de suite après le meurtre de Pierre Leblanc.
- Ils voyagent en Europe, Leblanc pis Fournier. C'est ça
qui m'a allumé. Fournier pouvait pas être clean là-dedans.
- Je t'explique mon problème. On a l'appel de Laflamme
sur le cellulaire de Fournier,
alors que Laflamme est encore dans la maison de Leblanc.
- Solide preuve. - Sauf que toi, tu nous as dit
que Leblanc pis Fournier se sont parlé deux fois,
après que vous l'ayez confronté. Ma question c'est:
comment t'as fait pour savoir ça?
- Dans le mandat que Fournier nous a confié,
on a demandé la permission de fouiller le téléphone
de Pierre Leblanc. C'est lui qui était sous enquête.
- OK pour le téléphone de Leblanc, mais Fournier, lui,
comment t'as fait pour avoir ses appels entrants pis sortants?
T'avais un mandat pour ça? - Non.
- Comment t'as fait ça? - J'ai des sources
un peu partout. On s'en sert à l'occasion.
- Pas de mandat.
Je fais comment, moi, pour introduire ça en preuve?
- Tu m'inscris comme source pis tu révèles jamais mon nom.
- Je viens de l'accuser. Comment j'explique que je suis
allée chercher mon mandat d'écoute après l'avoir arrêté?
- Je le sais-tu, moi? On m'a demandé de trouver un fraudeur,
j'ai trouvé un fraudeur, un meurtrier pis un complice,
et tout ça pour le même prix. Fait que, regarde,
arrangez-vous. Je suis pas dans la police, moi.
(soupir)
Bonne soirée, mon Diotte. - Faut que je te parle, toi.
- Ah non, tu vas pas me revenir
avec l'affaire de Romain Vaugeois, là.
- Il dit que tu l'as menacé avec une arme.
- Moi, je te répète qu'il dit n'importe quoi.
- Il a quand même déposé une plainte officielle
contre toi. - Eille. Ou tu m'arrêtes,
ou tu me laisses tranquille.
Tu m'as déjà interrogé. Pis sais-tu quoi, Diotte?
Plutôt que t'acharner sur du monde comme moi, là,
prends une pause dans ta journée,
pis va acheter des fleurs à ta femme.
Ça va la surprendre, pis ça va lui faire plaisir.
♪♪♪
(musique rock à la radio)
- Perry.
C'est assez rare comme nom, quand même, ça.
- Ben non, attends, il y a Katy Perry, la chanteuse.
- Ah, je veux dire, comme prénom.
- Perry Mason. - Oh!
Elle est très, très bonne à ce jeu-là.
- Allez faire les clowns ailleurs, parce que moi,
je vais régler ça ben vite.
- On voulait juste te dire qu'on a montré
les enregistrements qu'on avait à la police, pis d'après moi,
tu devrais te faire accuser de possession d'arme
à utilisation restreinte pis menace de mort.
- Ouais, mais si tu décrisses pas ben vite,
ce ne sera plus une utilisation restreinte,
pis encore moins une menace.
- Tu sais, quand tu t'es pointé dans le parking
pour suivre Catherine Dumas,
on était là pour filmer. Tu te souviens?
T'as sorti ton revolver, tu me l'as mis dans la face.
Moi, je suis allé voir la police pour porter plainte.
Ouais. T'es pas assez gros pour me faire peur avec un gun.
- Mais mon boss, lui, est assez gros.
Tu sais, celui qui a planté un gun
dans la face à Romain Vaugeois.
- Chacun son gun, chacun sa menace,
chacun son enquête.
- À moins que Vaugeois retire sa plainte contre le boss.
- Attends, tu veux dire, il retire sa plainte contre le boss
pis moi je retire ma plainte contre Perry Como, c'est ça?
- Tu vois, il y en a plein. - Qu'est-ce que t'en penses?
- Je veux qu'on me promette
que vous allez laisser mon gars tranquille.
- Ton gars, c'est qui? Romain?
- Fais pas semblant que tu le sais pas.
- Ça, ça répond à ma question.
Est-ce que je retire ma plainte ou non?
Tu sais, la plainte, la police, les empreintes,
la salle d'interro, le procès,
tout ça pour un gun mal placé?
- Correct, correct.
- Bonne journée.
- Je voulais pas ça.
- Donne à manger à un cochon... - Euh, pardon?
- Ah, c'est pas ça que je voulais dire.
- Pourtant, c'est ça que t'as dit.
- Ouais, je suis témoin, j'ai entendu.
- Boss, on a fait ça pour t'aider.
- Si tu veux m'aider, viens chez nous samedi,
tu tondras mon gazon. - Au moins, il dit
que Romain Vaugeois va retirer sa plainte.
- Non. Sa plainte, elle va mourir de toute façon.
La supposée bande vidéo où on me voit en train de le menacer
a jamais existé. Tu me vois entrer à l'intérieur,
comme vous autres, d'ailleurs, tu me vois sortir, c'est tout.
- Ben là, ça, il aurait fallu nous le dire avant.
- Ben oui. Vous le saviez pas, je le savais. C'est tout.
C'est ça qui arrive quand vous vous mêlez pas de vos affaires.
- C'est mieux d'éviter les contacts avec Romain.
- Pour qui vous vous prenez de me dire qui je peux voir
pis qui je peux pas voir? - C'est pas safe,
se retrouver dans son entourage. - Ça vient du grand Jean Dumas?
Fais-lui un petit message de ma part. Veux-tu?
Je vais voir qui je veux, quand je veux.
- P'pa, il a rien à voir là-dedans. Le problème,
c'est pas toi, Cath, c'est Romain.
Il pourrait s'en prendre à lui.
- Voulez-vous ben le laisser tranquille?
Ça va faire, de jouer à la mère pis au père.
- C'est qui pour toi ce gars-là?
- La seule personne qui m'écoute sans me juger.
- C'est l'fun pour les autres.
- Qu'est-ce que vous faites ici, vous?
- Euh, je passais dans le coin.
La réceptionniste était pas là, la porte était pas barrée,
fait que je suis entré.
Ça vous dérange pas si je m'assois?
- Un peu. J'ai du travail.
- Ah. Bon. Pas mal moins de monde qu'il y en avait ici.
- Les bureaux sont vides parce qu'on est sur le terrain.
- Ah.
Moi, j'ai une question pour vous.
Le soir de la disparition de Delphine, vous étiez où?
- C'était quand, ça, déjà? - Le 18.
- Ah, oui, c'est vrai,
je suis allé souper avec ma femme ce soir-là.
- À quel endroit? - Au Plat d'Argent.
- Vers quelle heure? Vous souvenez-vous?
- 7 h, je pense. De 7 à 9, c'est notre heure.
- Si je vous dis que c'est plutôt le lendemain
que vous êtes allé au Plat d'Argent, le 19,
allez-vous nier ou vous allez être d'accord avec moi?
- Non, ça se peut.
- Bon. Pensez-y pendant une heure,
pis disons qu'on se revoit à mon bureau vers... 15 h?
- Ha! Non, je peux pas partir comme ça. Je suis désolé.
(musique intrigante)
- À mon bureau à 15 h, Monsieur Cazal.
Faites-moi pas choquer.
Trouvez-moi votre emploi du temps pour le 18.
Ça fait pas six mois, quand même.
(soupir)
(tonalité d'appel)
- Vous avez rejoint Delphine Proulx.
Je ne suis pas disponible.
- Attends un peu. Cazal, il va vendre.
Il a pas les contacts qu'il faut pour faire rouler une boîte.
- Si ça fait pas ici, ça va faire ailleurs.
- Qu'est-ce que ça veut dire, ça?
- À l'âge où je suis rendue, je n'ai plus de temps à perdre.
- Si ça fait pas chez InvestCan, ça va faire chez Intelco.
- Ça fait quatre ans qu'on se voit en cachette,
pis du jour au lendemain, je vais sortir
de ma boîte à surprise? T'es convaincant, c'est effrayant.
- Boss. - Oui.
- Je viens d'avoir un appel. Hum... Devine.
- J'ai pas le goût de jouer aux devinettes, là.
- Audrey Casgrain.
- La cliente avec le gars marié avec la femme d'impôt.
- Oui, le bigame. Ben, elle veut venir nous voir.
Elle pourrait avoir besoin de nos services une autre fois.
- Quoi? Il y en a un autre qui veut la vider?
- Ça, c'est un peu vulgaire. - Elle vient de réaliser
qu'une couple de millions, c'est beaucoup d'argent.
- Ça, ça se pourrait, oui. - Elle vient quand?
- En après-midi. - Arrange-toi
pour que Sophie soit là. C'est son dossier à elle.
- Pas de trouble. Ah oui, pis c'est vraiment pas
pour tourner le fer dans la plaie,
mais as-tu des nouvelles de Delphine?
- Non. - OK.
(musique sombre)
(conversations indistinctes)
(sonnerie)
- De la belle visite. - Comme ça va, Sophie?
- Bien. Contente de vous revoir. Venez.
- (Éric Bonin): Comment ça se passe?
- Les dernières semaines ont été assez rock and roll, disons.
- Justement, il arrive quoi dans votre histoire?
- Il s'est passé plein de choses. J'ai fait
une déclaration volontaire à l'impôt.
Je me suis fait taper sur les doigts,
mais comme j'ai promis de les aider
dans le procès de Julie Gervais, la tabar...
Ça va peut-être me coûter la peau du cul, mais toi
pis ton Casanova, vous allez finir au fond d'une cellule.
Je le dirai pas.
- Elle a tout avoué. Ils ont décidé de l'accuser au criminel.
- Ils ont quatre gros dossiers
dans lesquels elle aurait détourné
des centaines de milliers de dollars,
pour pas dire des millions. - Ils vont nous faire accroire
qu'ils se doutaient de rien jusqu'à ce
qu'elle se fasse pincer dans votre affaire.
- L'impression qu'on a est qu'ils ont fermé les yeux
pour pas avoir à répondre à des questions embarrassantes
ou pour pas mettre du monde dans l'embarras.
Mais là, avec moi, ils n'avaient plus le choix.
Si j'allais en procès avec ça, j'ouvrais une can de vers.
J'ai été fraudé par une employée
du ministère du Revenu du Canada.
Je pense pas qu'ils voulaient voir ça dans les journaux.
(sonnerie)
- Mes collègues me disaient: "Il viendra pas."
Moi, je répondais: "Je suis sûr qu'il va venir."
Les gens sont toujours curieux
de savoir ce qu'on peut avoir contre eux.
- Ne vous réjouissez pas trop vite.
J'ai pas l'intention de m'attarder.
- Venez. On va aller dans un endroit discret.
- Au début, je voulais rien savoir.
Je voulais tout laisser ça derrière moi.
Mais là, l'autre folle, Julie Gervais,
elle s'est mise à répéter que c'était son mari
qui lui avait mis ça dans la tête, pis qu'elle aussi
était une victime parce qu'il est parti
pis il n'a plus jamais donné de nouvelles.
- On laisse la poussière tomber.
Tu mets la maison à vendre, pis on lève les pattes.
- Je me suis dit qu'on pouvait pas le laisser faire.
- On dit que le temps arrange les choses,
mais parfois, ça a l'effet contraire.
- Oui. Prétendre qu'une chose est pas arrivée,
c'est rarement la solution pour la régler.
- Bref, je me suis dit que je pouvais pas rester
les bras croisés sans rien faire.
- C'est pour ça que vous êtes venue nous voir?
- C'est difficile, disparaître sans laisser de trace.
- Ça prend des gens qui savent éviter les pièges.
- Quand j'étais avec Daniel Simon,
il a changé sa tablette électronique,
mais il a jamais jeté son ancienne.
Il l'a laissée dans un tiroir.
Bon, je connais pas grand-chose là-dedans,
mais mon neveu m'a expliqué que quand tu prends une photo
avec ton téléphone, t'en reçois une copie
sur ordinateur ou tablette. - Si tu permets le partage, oui.
- Le monsieur, quand il est disparu,
il a tout laissé derrière lui,
chez moi, dans son ancienne tablette.
- Ça prend un mot de passe pour l'ouvrir, ça?
- Hum-hum. Le neveu,
c'est une vraie bolle dans ces affaires-là.
Le mot de passe, c'est 246135.
Dans ses photos, il y a cette maison-là,
prise de face, dans cinq angles différents.
18 photos de l'intérieur.
L'adresse, c'est 11, Darasamuth,
à Phuket, en Thaïlande.
Je peux rien jurer, mais ça se pourrait qu'il soit là.
- Vous avez eu le temps de vous rafraîchir la mémoire?
- Oui. Je vous ai même préparé un petit papier.
Alors, le 18, j'ai quitté le bureau à 18 h 15,
je suis arrivé chez moi à 18 h 50.
J'y suis resté jusqu'à 20 h 15, et ensuite,
je suis allé chercher ma femme chez ma fille
parce que sa voiture était chez le garagiste.
- C'est tout? - Oui.
- Hum. Vous, là, vous demeurez bien
au 1505, rue d'Alsace? - Oui, c'est ça. Pourquoi?
- Mettons que vous partez de votre bureau,
quel chemin vous prenez pour vous rendre chez vous?
- Quel chemin je prends pour aller chez moi?
Donc, le boulevard Riendeau, la 135,
la sortie des Moulins, et ensuite, la rue Leblond,
petit dépanneur, troisième maison.
Je passe et je tourne à droite. Après,
je m'arrête et je descends de ma voiture,
je m'essuie les pieds, j'entre chez moi,
j'ouvre le frigo. - OK, OK.
- Vous me laissez pas le temps de prendre ma bière.
- C'est le chemin que vous prenez?
- Oui. - Vous faites jamais de détour?
- Bah, seulement quand j'en ai envie.
- Ça, là, c'est bien votre plaque?
- Oh, là, ça se peut, mais je le connais pas par coeur.
- Moi, je vous dis que c'est ça.
Pis ça va après cette voiture-là.
Ça, c'est bien votre voiture?
Dites-moi pas que vous vous en souvenez pas.
- Non, c'est... Oui, c'est ma voiture. Oui.
- Regardez où elle est stationnée.
À 500 pieds de l'endroit où Delphine s'est fait enlever,
à la même heure, le même jour.
Méchant détour. Ça, ç'a été pris
par une caméra de surveillance du commerce en arrière.
- Alors, là, je sais pas trop quoi vous dire, là.
- Pas grand-chose à dire à part la vérité.
Sauf que là, on manque de temps.
- On va regarder les solutions qu'on peut envisager,
mais c'est toujours pareil. Aller chercher quelqu'un
à l'autre bout du monde, ça coûte cher.
- Il y a peut-être des gens sur place pour vérifier.
- C'est toujours l'enquêteur Diotte
qui s'occupe de votre dossier? Vous lui avez montré ça?
- Évidemment. Mais là, c'est difficile pour eux d'agir.
On voit pas Daniel Simon. - Il est recherché pourquoi?
Vol d'identité, fraude? - Je pense, oui.
Je sais pas trop. Ils sont pas bavards à la police.
- On va se renseigner. Mais je les comprends aussi.
Des photos de maison, c'est pas assez pour enclencher
le processus de rapatriement d'un criminel au pays.
- C'est l'enquêteur Diotte qui m'a suggéré de venir vous voir.
- On va vous donner des nouvelles.
- J'attends avec impatience. - Merci.
- Bon. Il y a une chose sur laquelle on va s'entendre, là.
Vous nous avez menti. - Absolument pas, non.
- Vous avez dit que vous étiez chez vous. La photo montre
que vous étiez sur la scène de crime.
- La photo montre ma voiture stationnée dans une rue.
Mais est-ce que c'est bien ma voiture?
Est-ce que c'est moi qui suis au volant?
Est-ce que ç'a été pris cette journée-là?
Regardez la vidéo comme il faut. Ça peut pas être moi au volant.
- Donc, vous prétendez que c'est quelqu'un d'autre
qui conduisait votre voiture? - J'étais chez moi.
- C'est moi qui suis menteur? Ce que je dis, ça se peut pas.
Je l'ai inventé. Pire: je l'ai fabriqué.
- Où est la vidéo? Vous me dites
que ça vient d'une caméra de surveillance.
Ben, montrez-la-moi. - En temps et lieu.
- Ouais, c'est ça, en temps et lieu, ouais.
On se reverra en temps et lieu. Et en attendant,
préparez-vous à recevoir une lettre de mon avocat.
Je vais prouver que j'étais chez moi ce soir-là.
- Vous allez où comme ça? - Pourquoi?
Je suis en état d'arrestation? Je crois pas.
Alors, ça vous regarde pas, où je vais.
- Vous pouvez pas vous promener seul dans un poste de police.
(musique de tension)
- Ça va?
- Non, mais c'est pas grave.
Tu retires ta plainte contre Dumas.
- Comme tu veux.
- Pis je ne veux plus jamais te voir avec sa fille.
Mieux que ça. Tu crisses ton camp
demain soir pour le Mexique. - Pour faire quoi?
- J'ai quelque chose pour toi là-bas.
Je veux pas te voir pour les deux prochaines semaines.
Un transport de dope.
- Payant?
(rire) - Pas mal.
Pis Catherine Dumas, t'oublies ça. On se comprend?
- Ouais.
- Fait que, qu'est-ce qu'on fait avec ça, là?
- Parmi tes nombreux contacts, tu dois ben connaître quelqu'un
qui peut travailler en Thaïlande.
- Faudrait que je regarde.
- On voit si t'as quelqu'un de fiable,
on met la maison là-bas sous surveillance,
pis si jamais on se rend compte que Daniel Simon est là, ben...
on verra pour la suite. - OK. Laissez-moi regarder ça.
- J'apprécierais que tu frappes avant d'entrer.
- Écoute. On vérifie les informations à propos
d'une personne disparue. Si nos renseignements sont exacts,
ça te tente-tu d'aller en Thaïlande
pour ramener quelqu'un au pays?
- Kidnapper quelqu'un? - Non, pas kidnapper.
C'est tout à fait legit, là,
avec les autorités locales.
T'es avocat. Ça s'explique, là.
- Tu veux que j'aille là tout seul?
- Avec Éric.
- Ah, ouais. Pourquoi pas? - Pis Catherine.
Il me semble que ça lui ferait du bien,
sortir de sa routine où elle fout jamais rien.
- Tu veux qu'on amène Catherine alors
qu'on s'apprête à enlever quelqu'un en Thaïlande?
- Il est pas question d'enlever quelqu'un, là.
Admettons que c'est Daniel Simon qui reste là.
Tu vas voir la police locale, tu leur dis:
"Il y a un mandat d'arrêt international
contre ce gars-là", c'est tout. - J'ai besoin de Catherine?
- Il me semble que ça lui ferait du bien, changer d'air.
(léger rire)
(soupir)
- En Thaïlande? - Oui. C'est beau, la Thaïlande.
- Toi, faut vraiment que tu te fasses une blonde.
Vacances avec mon frère, il y a-tu de quoi de plus dull?
- C'est pas des vacances. C'est pour travailler.
- Faire quoi? Lifeguard sur la plage?
- Regarde, on va aller souper à soir. Je vais t'expliquer ça.
- Mais je suis jamais allée en Thaïlande.
- Raison de plus.
(tonalité de ligne coupée)
♪♪♪
(sirènes)
(tintements d'alarme)
Fuck.
- Coudonc, on avait-tu rendez-vous ici, nous autres?
- Qu'est-ce que tu lui as fait? - À qui?
- Vaugeois. - Euh, rien. Pourquoi?
- Il vient de retirer sa plainte contre toi.
- Frappé par la grâce. Peut-être qu'il a vu la lumière.
- Jean, sérieux. - Sylvain, sérieux.
- Tu lui as pas parlé? - Non.
- Il y a rien à ton épreuve, toi, hein.
Petite question comme ça à brûle-pourpoint.
Cazal, quel genre de voiture?
- Cazal. Il prend pas les transports en commun, lui?
- Non. - Regarde, Sylvain, je sais pas.
- Maquiller un char pareil comme le sien pour faire croire
qu'il est quelque part quand il est ailleurs,
tu ferais pas ça, toi, hein? - Excuse-moi.
Il va falloir que tu reprennes ta question.
Je suis pas sûr que j'ai compris. Maquiller un char?
- Pareil comme le sien, pour faire croire
qu'il est à quelque part, alors qu'il est pas là.
- Qu'est-ce que tu regardes à la TV pour m'arriver
avec des affaires comme ça? - La réponse, c'est non?
- Je comprends pas plus la question.
Merci.
(musique intrigante)
- Allô? - Oui, Charlie, c'est moi.
T'as-tu des nouvelles de Catherine, toi?
- Non. Pourquoi? On ne la trouve plus?
- Elle est pas rentrée cette nuit, mais c'est pas grave.
Je viens de me souvenir. Je pense qu'elle avait
un rendez-vous ce matin. Je vais appeler m'man. Merci, Charlie.
Non. Fais pas le tour de la ville pour rien, Stéphanie,
ça va. Je suis pas certain, mais je pense qu'elle m'a dit
qu'elle était chez une chum. Ouais. Faut que je te laisse.
- Ces photos-là ont été prises hier en Thaïlande.
- Ouais, ça lui ressemble. - Dur à dire.
C'est pas un Thaïlandais, ça, c'est sûr.
- Faudrait montrer ça à Audrey.
- Non, pas tout de suite, boss.
Moins elle en sait, moins elle peut répéter.
- On trouve plus Catherine. - On la trouve plus?
- On était censés souper ensemble hier soir.
Je l'ai pas revue à la maison. Elle est pas chez Stéphanie.
Pis elle pis Charlie ont pas eu de ses nouvelles.
- Elle est pas chez son Romain? - On l'a appelé, il répond pas.
- Éric, Sophie, allez voir si elle est là.
(musique de tension)
- Il est parti. - Ouais.
La femme en bas vient de me dire
qu'il y avait des déménageurs ici hier soir.
♪♪♪
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour toi?
- Un certain Michael Powers est venu me voir,
le président de Quantum Communication.
Il y aurait du trafic de drogues dans la boîte.
Il aimerait ça faire entrer un double.
On pense que c'est du trafic à grande échelle.
- Préparez-vous. Vous partez pour la Thaïlande ce soir.
On a un mandat à finir. Anthony veut rester ici.
Toi, tu pars avec Sophie. - Euh, elle est-tu au courant?
- Elle est avec toi, tu vas lui dire.
- Envoye, sors du lit! (cris)
♪♪♪
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