All language subtitles for Filles.Du.Feu.S01E06.FiNAL.ENGLISH.720p.WEB.x264-AMB3R

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Original subtitles

-J'ai passé un an

en prison. A ma sortie, je suis rentré à Saint-Jean pour toi.

-C'était quand ?

-Tu étais déjà mariée avec Saverio. -Je ne peux pas rendre

mes enfants malheureux après ce qu'ils ont vécu.

-Je vais faire partir un bateau pour aller chercher les hommes.

-Vous découperez

des corps de sorcières et vous chercherez à l'intérieur.

-Il faut tuer le juge. -On n'a plus le choix.

-Tu mélanges ça avec de l'eau et tu mets deux gouttes.

-Vous n'êtes pas enceinte ? -Arrêtez.

-J'en ai assez de devoir me cacher. Je n'ai pas à avoir honte

de connaître ce qui soigne. -Ramenez-moi sa petite aussi.

Quand une branche est pourrie,

les bourgeons ne peuvent pas être sains.

...

Bourdonnements de mouches.

...

-Cours.

Cours, Zuria.

-Il faut qu'on la trouve. -Va voir dans le jardin.

...

-Yorick ? Que fais-tu là ?

J'allais voir ta mère. -Catherine...

-Donne-lui ça. Dis-lui de m'en donner plus.

-Elle a été arrêtée !

-Oh non...

Oh...

Oh non...

-Je n'ai pas oublié

l'humiliation que vous m'avez fait subir pendant votre procès.

J'ai souvent repensé à vous

et au fait que j'avais relâché une sorcière, contre mon gré.

-Qu'allez-vous me faire ?

-Vous allez avoir la chance de devenir la pièce maîtresse

d'une grande avancée scientifique.

On parlera du cas Elissalde dans plusieurs siècles.

Votre utérus sera célèbre.

Et ma démonstration apparaîtra dans le nouveau livre du juge.

-Non... Non.

-Pourquoi est-elle encore vivante ?

Je pensais que vous me présenteriez son organe maléfique.

-C'est quasiment chose faite.

-M. le juge, vous n'imaginez pas

le nombre de choses que vous ignorez sur les sorcières.

Ces secrets

resteront secrets, si vous me tuez avant que je vous les raconte.

Jeannette rit.

Et vous vous dites le plus grand des démonologues.

-Taisez-vous. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas

ce que vous avez à dire, mais les aberrations

qui sont dans votre corps. -Quel dommage.

Ces connaissances pourraient être utiles pour votre livre.

-Hm... -Savez-vous

que certaines nuits,

le diable vient nous rendre visite dans nos songes ?

Ca signifie qu'il nous attend au bois,

le lendemain.

-Non, je ne savais pas.

Mais j'ai du mal à comprendre...

Pourquoi une sorcière veut me livrer ses secrets,

plutôt que de les emporter dans la tombe ?

-Je suis comme vous,

moi aussi, j'ai envie que mon nom devienne célèbre, qu'il reste.

Il y a des choses que je suis la seule à connaître.

Vous savez pourquoi ?

Parce que dans chaque communauté de sorcières,

il y a une reine.

Et la reine, au Labourd, c'est moi.

-Elle tente de vous ensorceler avec ses mots.

-Ecoutons-la. Ca ne prendra que quelques minutes.

Apportez-moi ma plume.

-Papa !

-Où est Zuria ?

-Il n'y avait personne, quand je suis arrivée.

-Va la chercher, Yorick. Elle n'a pas dû partir bien loin.

-Elle doit être avec Jeannette.

-Jeannette a été arrêtée.

-Ce n'est pas possible, elle n'a rien fait.

-C'est ce que fait l'homme avec qui tu couches.

Il arrête des femmes qui n'ont rien fait

et il les tue.

Je l'ai cherchée partout, elle n'est pas au cachot...

Le juge aussi a disparu.

Je ne comprends pas ce qui se passe.

-Tu vois la tour sur le port ?

Il y emmène des femmes, il ne m'a jamais dit pourquoi.

-Cette fois, j'y vais.

Je vais le tuer.

-Arrête. Il y a des gardes partout,

tu vas te faire attraper. -Tu sais quoi ?

Même si je meurs, maintenant, ça m'est égal.

-Non.

Je vais le faire sortir et te l'amener.

-Pourquoi je te croirais ?

-Je n'ai pas envie que tu meures. Et je veux connaître ton bébé.

-Je ne suis pas enceinte, Morguy.

-Mais si ! -Non ! C'était un mensonge

pour que mon mari me laisse tranquille.

-Mais enfin... regarde ta peau.

Elle brille.

Et puis tes seins n'ont jamais été aussi gros.

Non, je t'assure ! J'en ai vu, des femmes que maman aidait.

Tu es comme elles.

Tu es enceinte.

-Oh... Ce n'est pas possible.

Je suis enceinte.

-Nous pouvons vous transformer

en animal, voler, provoquer des tempêtes, détruire

des récoltes...

Nous avons aussi

un maléfice pour rendre un homme impuissant.

Il nous suffit de le regarder droit dans les yeux

et en même temps, de nouer un cordon.

Ca s'appelle "nouer l'aiguillette".

-Vous avez tout ce qu'il vous faut ?

-La nuit, nous nous réunissons souvent à l'océan.

Il est...

notre amant,

en quelque sorte. -C'est-à-dire ?

-C'est un peu gênant. -La science a besoin

de tout savoir.

-L'été,

quand il fait chaud et que les hommes ne sont pas là,

nous enlevons nos robes

et nous plongeons

dans l'eau. Nous nous laissons envelopper

par la mer, qui vient entre nos jambes.

-Et la marée vous possède. L'onde vous pénètre

comme une anguille.

-Oui.

Parfois, certaines femmes se retrouvent enceintes.

Il faut alors faire disparaître l'enfant

avant le retour des hommes.

-Quelqu'un

vous demande, Monseigneur de Lancre.

Il grogne.

-Je reviens. Il faudra me raconter

comment vous faites disparaître ces enfants.

Après ça,

j'aurai tout ce qu'il me faut.

Je suis occupé, Marguerite. -Je sais. Je voulais vous dire

que j'étais partie du château.

J'ai pris mes affaires, je ne vous embêterai plus.

J'aimerais juste qu'on passe

un dernier moment tous les deux.

Juste tous les deux. Pour vous sentir encore

contre moi.

Pardon. Au revoir, Pierre.

-Marguerite ?

Est-ce que... vous connaîtriez un endroit où nous pourrions...

-Venez.

-Zuria ?

Zuria ?

Oh... Tu vas bien ?

Ca va ?

On y va ?

Allez, viens.

...

-Vous êtes si belle. J'ai l'impression de retrouver

la jeune fille innocente que j'ai connue.

Quand je vous ai rencontrée, vous me faisiez penser

à une sainte. -Quand même ! Elles parlent

mieux que moi, les saintes. -Non.

Ce sont des femmes simples, comme vous.

Dieu les choisit pour leur coeur pur.

C'est pour ça que nous les aimons tous.

-Vous voulez dire que vous m'aimez ?

-Il est impossible de ne pas vous aimer.

-Vous ne me l'aviez jamais dit.

-Tu les vois ?

-Non, toujours rien.

Tu es sûre qu'on peut faire confiance à ta soeur ?

-Vous êtes une perle, Morguy.

Une perle

dans un panier d'huîtres visqueuses et malodorantes.

Votre mère

était une créature abjecte.

Mais votre soeur Jeannette, c'est encore pire.

Tout en elle est putride et pervers.

N'importe quelle mort sera trop douce pour elle.

-Allez, on y va.

On est presque arrivés.

-Mais on est bien, ici, non ? -Oui, mais non.

C'est plus joli là-bas.

-Vous savez quoi ? Moi aussi,

j'ai envie de vous emmener dans un petit endroit secret.

-Je n'aurais jamais dû lui faire confiance.

Qu'est-ce qui m'a pris

de penser qu'elle pouvait changer ?

Je vais chercher Jeannette.

Allez, on y va.

-Votre piège était pathétique.

-S'il vous plaît...

Je n'arrive plus à respirer.

-Vous savez, Marguerite, j'ai eu tort.

Toute la famille Elissalde

est pourrie. L'aînée est une magicienne,

la cadette, une lesbienne, et la benjamine, une putain !

Marguerite gémit. Vous serez brûlée comme votre mère.

-Alors, je reviendrai vous hanter !

-Ne soyez pas ridicule. Vous n'avez pas ce pouvoir.

-Si.

Marguerite sanglote.

...

Je suis bien bête d'être tombée amoureuse de vous... Pierre.

Vous n'avez pas de coeur.

Et vous n'avez pas d'âme !

Marguerite crie.

...

-Je suis désolé, j'ai été lâche.

-Je ne t'en veux pas. Qu'y a-t-il ?

-Maman a été arrêtée.

-Quoi ? Pourquoi ?

Que s'est-il passé ?

-Elle a décidé de devenir une sorgin.

-Non, elle voulait rester éloignée de ça.

-Ca a changé.

Elle soigne les gens. Alors que maintenant,

seuls les médecins ont le droit de le faire.

Je lui ai dit que c'était dangereux.

-Le juge arrête des femmes innocentes,

et ta mère fait des choses interdites !

-Papa, moi aussi, je crois que je suis une sorgin.

C'est venu tout seul.

Et maman, c'est pareil. Est-ce que c'est mal ?

Est-ce que je mérite de brûler pour ça ?

-Non ! Non, bien sûr.

Tu as raison.

Allez, les gars, on y va.

Les hommes crient. -Gardes ?

Ramenez de l'eau.

Gardes !

Respirez.

Vite, de l'eau !

Pleurs.

C'est trop tard. ...

...

Que vous faut-il de plus ?

-Que faites-vous ?

-Vous lui avez assez raconté d'histoires

et j'ai assez attendu.

-Non... attendez. Il a dit qu'il reviendrait.

Non ! Non ! Non !

Jeannette crie.

Le médecin crie.

-Putain !

Jeannette halète.

...

-Non ! Non !

-Oh si. -Non !

-Combien de mortes, encore ?

Jeannette crie. Des dizaines ? Des centaines ?

Voix du prisonnier. ...

Vous allez les laisser comme ça

sans rien faire ? On était pareils, vous et moi.

On était des gamins, on voulait bien faire.

Qu'est-ce que vous êtes devenus ? Des tueurs de femmes ?

Jeannette gémit. Ce qu'on voulait,

c'était protéger les gens. Que protégez-vous ?

A part un homme qui répand la mort et la souffrance.

Il faut arrêter ce médecin.

Libérez-les toutes.

Libérez-les.

Jeannette gémit. Les femmes avec moi !

Jeannette halète.

...

Où est le médecin ? -Il est parti.

-Trouvez-le.

Trouvez-le !

Ca va. Je ne suis pas là pour vous faire du mal.

Moi aussi, je veux arrêter ce massacre.

Mes hommes et moi, on va vous aider.

Vous êtes libre.

C'est fini.

C'est fini, Jeannette. C'est fini.

Jeannette sanglote.

... -Maman ?

...

-Zuria !

-Maman ! Je viens.

-Je suis si fière de toi.

-Maman ! Maman !

-Mais tu parles, maintenant ! -Je parle aux gens et aux abeilles.

Je t'ai ramené papa. Il faut oublier l'autre monsieur.

-Qu'est-ce qu'ils font là, eux ?

C'est qui ?

-Où allez-vous ? -Au village.

-Non. Il ne faut pas chasser les gardes.

Attendez. Ecoutez-moi.

Ecoutez-moi. -Ecoutez-la.

On a résisté, nous. Elle sait de quoi elle parle.

-Tant que les gardes sont dans les maisons, le château

est vulnérable. Donc, le juge l'est aussi.

Il faut arrêter le juge maintenant. -Elle a raison.

On est nombreux, c'est le moment ! -Allez, on y va !

Ils crient.

-J'ai fait

des choses horribles.

Dieu vous dit, à vous, qui va en enfer ?

-Je t'ai connue quand tu étais petite.

-Je savais bien qu'on se connaissait.

Vous étiez l'amoureux de ma soeur.

-Je passais beaucoup de temps chez vous.

Tu étais déjà

différente des autres enfants. Les gamins se moquaient de toi

parce que tu passais ton temps à t'inventer des histoires.

Parce que tu rêvais plus.

Tu te créais ta propre réalité. Et quand c'était trop pour toi,

ton seul refuge, c'était cet arbre,

à l'entrée du village.

Et tu espérais que ton père vienne te sortir de là.

-J'ai continué de grimper dans cet arbre,

en regardant la route.

Mon père n'est jamais venu.

Mais Pierre, si.

-Tu as vu le juge

comme le sauveur que tu as toujours attendu.

...

-Les gardes vont arriver. -Il faut qu'on trouve

le juge. Morguy doit être avec lui. -Ou au cachot.

-On se sépare en groupes. -Maïté, fais le guet.

Fais attention.

-OK. -On y va.

-On se répartit les hommes ? -Oui.

Jusque-là, avec moi.

...

-Tu es blessée ? -Non.

Et toi ? -Non.

Tu sais où est le juge ?

-Non.

-Tu es revenu...

-Va rejoindre les autres.

...

-Non... -Ce n'est pas le moment.

...

-Ils arrivent. -C'est l'apocalypse.

Les gueux arrivent pour nous tuer. Je ne trouve pas d'Urtubie.

Pourvu qu'il ait caché l'argenterie de grand-papa !

-Non !

Non !

Que fais-tu là ?

-On est venues vous aider.

-Viens.

Il faut que je te montre quelque chose.

-Pourquoi on est encore là ? Vous m'avez dit qu'on partirait

le jour où les marins arriveraient. C'est aujourd'hui !

Qu'est-ce qu'on attend ? -Je ne peux pas.

Je n'ai pas terminé cette chasse. Vous ne mesurez pas

l'enjeu des recherches que je suis en train de mener ici.

-Que s'est-il passé ?

-Il est revenu.

Cette fois, je me suis défendue.

-Il faut faire quelque chose. Il faut...

-Que fais-tu ? -Il faut qu'on fasse

comme s'il s'était fait tuer dans la bataille.

Oh...

-Ne restez pas là, enfermez-vous quelque part.

Et prenez ça. Si les choses

tournaient mal... Restez caché le temps que mes gardes reviennent.

Je vais

faire sonner le cor.

-Vous voyez, aucune raison de s'inquiéter.

La garde va revenir et mettre à genoux ces insurgés.

Ils sont stupides,

ils vont se faire massacrer.

Quel objet !

Cor.

... -Pierre... allons-y.

...

Des hommes crient.

... -Pendant toutes ces années,

tu pensais à Damien ? -Ce n'est pas le moment.

-Ecoute-moi.

Si tu promets que tout va redevenir comme avant, que tu ne seras plus

une sorgin et que tu ne verras plus Damien,

je peux tout te pardonner.

Je ne peux pas te perdre.

-Je suis désolée.

Je suis désolée, Saverio. -Non...

-Je ne veux pas que tout redevienne comme avant.

J'aime être une sorgin.

Et j'aime Damien.

-Sorcière !

Bourdonnements de mouches.

...

-Oh ! Pierre, c'est notre calèche.

Il vient nous chercher,

c'est un miracle.

Moi, je pars. Avec ou sans vous.

Vous voyez des gardes qui viennent nous sauver ? Je n'en vois pas.

-Vous avez raison, Eléonore, il est temps de partir.

Je n'achèverai pas cette chasse.

L'important, c'est mon livre.

Grâce à lui, je formerai

toute une génération de nouveaux démonologues. Et ensemble,

nous poursuivrons les sorcières dans toute l'Europe.

Attendez-moi, je ne sais pas ce que j'ai fait

de mon chapitre sur les poisons. -Vous le réécrirez de mémoire !

-Oui...

Ah !

...

-Maïté ?

Tu es revenue du pays des morts ?

-Je ne suis jamais allée au pays des morts.

Une porte se ferme.

-C'est le juge !

Damien gémit.

-Je vais chercher

de l'aide.

Ca va aller.

...

-Il est parti.

C'est fini. -Tu rigoles ? On ne peut pas

le laisser partir comme ça.

Après tout ce qu'il a fait !

Il doit mourir ! Ca ne peut pas se finir comme ça.

-C'est fini.

Il est parti.

On est libres !

-Si vous bougez, je l'achève.

Le juge est parti. Vous n'êtes plus sous l'autorité de personne.

Vous connaissez la loi. La seule personne qui a un droit

sur ce sol, qui a ordre sur vous, c'est le seigneur d'Urtubie.

-Mon mari est mort dans la bataille.

-C'est à sa femme que revient

l'autorité.

-Je vous ordonne de quitter mon domaine et mon pays.

Vous êtes hors la loi sur mes terres.

-Déposez les armes.

...

-C'est fini.

-Maman ?

Maman ?

Le prêtre

est blessé. Va le soigner. -Quoi ?

-Ah !

La foule crie.

...

-Damien ! Que s'est-il passé ?

Montre-moi. Damien gémit.

Va me chercher des linges.

Damien gémit.

...

-Je vais retrouver Zuria.

-Je reste un peu avec maman.

-Oh, mon amour...

-Tu ne peux pas mourir. Parce que c'est avec toi que je veux vivre.

-Je finis mes jours dans tes bras.

-Ne dis pas ça.

-Embrasse-moi.

-Catherine...

-Ca va ?

-Le juge est parti, mais c'est pas le cas de tout le monde.

Regardez-la, celle-là. Elle est aussi coupable que lui.

-Non. Il s'est servi d'elle.

-Elle savait ce qu'elle faisait. Elle a le sang de nos soeurs

et de nos filles sur les mains. -Faut qu'elle paie.

Cris. -Arrêtez !

-Non !

-Il est temps que le sang

arrête de couler. -Je propose qu'on l'exile.

Comme ça, on ne verra plus sa sale tête. Elle vivra

avec le souvenir de l'horreur à laquelle elle a participé.

-Attendez juste quelques jours,

que la colère retombe. Ne décidez pas ça aujourd'hui.

S'il vous plaît.

Bâtarde !

-Je suis désolée, j'ai tout essayé pour le juge.

Je te jure que j'ai tout essayé. -Je sais.

...

-Sois forte, maman.

Tu es une sorgin.

-Si j'avais ça en moi, il ne serait pas mort.

-Les sorgins n'empêchent pas la mort.

Elles l'accompagnent, c'est tout.

Elles sont là au début et elles sont là à la fin.

-Laisse-moi lui dire au revoir. Je vous rejoindrai.

...

Elle te protègera dans ton voyage vers le monde des morts.

Ton corps deviendra le corps des insectes qui viendront à toi.

Et puis à leur tour,

ces insectes mourront et deviendront la terre,

et la terre nourrira la graine et la graine deviendra l'arbre.

Et tout ça,

ce sera toujours ton corps.

Nous sentirons toujours tous les deux

les rayons du même soleil et de la même lune.

Nous respirerons le même air,

tous les deux, pour toujours.

Mon amour.

...

-Tu voulais me voir ?

-Oui. Assieds-toi.

On travaille ensemble depuis longtemps. On se connaît bien...

Je sais que tu ferais un bon intendant.

Et puis tu ne peux pas continuer à te morfondre

sous prétexte que Jeannette

a repris sa liberté. -Hm... Hm !

Je vois. Tu as pitié de moi.

Tu sais quoi ?

Ta pitié, tu peux te la garder. -Non, attends,

ce n'est pas ça.

Attends.

J'ai besoin d'aide.

Je vais avoir un enfant...

Je ne m'en sortirai pas toute seule.

Et puis d'Urtubie a coulé le commerce.

Il va falloir tout reprendre à zéro.

-Bon, je vais y réfléchir. Si t'as besoin d'un coup de main...

-Merci.

-Catherine ?

On peut parler ?

-Oui. -De Morguy. Elle doit partir.

-Si vous la punissez, c'est le juge qui aura gagné.

Il aura réussi à nous monter les unes contre les autres.

Ca arrange les puissants de nous diviser.

-Je m'en fiche. Je ne veux plus la voir.

Toutes les ouvrières sont d'accord. Ce qu'on veut,

c'est qu'elle parte. Je ne peux pas aller au marché

en me disant que je peux croiser celle qui a

conduit mes soeurs au bûcher. Tu comprends ? Elle doit partir.

...

-Tu n'es pas obligée de partir. Les gens vont te pardonner.

Tu es une fille d'ici, tu ne peux pas t'exiler.

On te protègera. Tu le sais. -J'en ai marre d'être protégée.

Ca a toujours été comme ça. Il y a eu maman, puis le juge

et maintenant, vous. J'ai envie de me débrouiller seule.

J'ai envie de voir si je suis capable de commencer ma vie à moi.

-Tu sais ce que tu vas faire ? -Non, je n'en sais rien.

Plein de choses.

Des "enluminations", peut-être.

-Des enluminures.

-Ca va aller.

Je vous promets.

-Je t'aime, tu sais ?

Je suis désolée d'avoir été aussi dure avec toi.

-Il faut que tu lui racontes

son histoire, à cet enfant.

Il ne faut pas qu'il s'imagine des choses.

-Je te promets.

-Allez !

...

Agur.

-Morguy ?

-Vous partez aussi ? -J'ai désobéi aux ordres.

Si je reste, je risque la prison. Et vous, vous allez où ?

-A Donostia.

Après, on verra.

-Je peux marcher avec vous ? -Vous voulez me protéger ?

-Non. J'ai juste envie qu'on fasse un bout de chemin ensemble.

Enfin, si vous voulez bien.

-Alors, d'accord.

-Tu te rends compte ?

Tout ça est à toi, maintenant.

-A nous.

Rires.

-Bonsoir, gentes dames.

-Monseigneur Raphaël !

-Nous venons vous annoncer notre départ prochain.

-Vous allez où ?

-A Bordeaux. On va continuer de suivre le juge.

-Vous n'êtes pas fatigués de le suivre ?

Vous pourriez rester ici. Je vous apprendrais

à lire, à écrire... Il n'y a pas qu'une seule manière de résister.

...

-C'est du beau travail.

-Et en plus des ventes françaises qui ne cessent d'augmenter,

ce livre va être traduit en anglais et en allemand.

L'imprimerie, quelle invention ! Grâce à ce livre

que j'ai l'honneur d'éditer, toute l'Europe va pouvoir entendre

les idées révolutionnaires de notre cher Pierre de Lancre.

Nous vivons une époque formidable.

-Au monde moderne !

-AU MONDE MODERNE !

...

-Je t'apprendrai à écouter le monde.

Et à entendre tes rêves.

Je t'apprendrai les plantes et leurs pouvoirs.

Et comment les bébés naissent.

Mais il faudra faire attention. Personne ne doit savoir.

C'est un secret qu'on se murmurera. Et que tu murmureras à tes filles.

-Mais pourquoi ? Le juge est parti, maintenant.

-Ce juge, oui.

Mais le monstre reviendra.

Il aura un autre nom

et un autre visage. J'espère qu'un jour,

les hommes n'auront plus peur de notre pouvoir.

...

-Mes amis, il est temps d'honorer nos morts.

Ils nous manquent tous

et elles nous manquent toutes.

Amèrement.

Qu'elles puissent trouver le repos qu'elles méritent

dans le ventre d'Amalur, notre mère à tous.

Et qu'elles se tranquillisent.

Leurs noms ne seront jamais oubliés.

Ils continueront de résonner avec colère.

Gratianne Elissalde,

65 ans.

Nadine Etchegarray,

72 ans.

Baltrana

Forga,

40 ans.

Isabela Iriarte, 36 ans.

Camille Beitialar, 17 ans.

Isabelle de Léoz, 55 ans.

Damien

Etchegarray,

35 ans.

Adelaïde Etchart,

69 ans. Lorea de Munarriz, 27 ans.

Jeanne de Ortillopitz, 14 ans.

Solène Rosteguy, 52 ans.

Amalia

Abaustena, 18 ans.

Bénédicte Achar, 50 ans.

...

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