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Moi et mon fr�re, c'�tait que moi et mon fr�re.
On faisait des choses ensemble.
On riait bien.
On tra�nait dans les rues.
Il y avait des gens qui crevaient la faim,
certains avaient la langue qui pendait.
Gu�ris d'abord.
�a ne durera pas.
Tu sais ?
Il jonglait avec des pommes.
Il nous amusait, il nous divertissait.
J'ai quoi d'autre � faire ?
En fait, tous les trois, on se baladait, on regardait, on cherchait,
on allait � l'aventure.
Ils disaient qu'ils �taient fr�re et s�ur.
Mon fr�re voulait que personne sache.
Les gens, on leur dit un truc, ils bavardent.
J'ai rencontr� un type appel� Ding-Dong.
Il disait que la terre enti�re allait prendre feu...
Des flammes appara�tront �a et l�, et monteront vers le ciel.
Les montagnes seront couvertes de flammes,
l'eau va monter en flammes.
Les animaux vont courir dans tous les sens,
certains br�l�s, les ailes calcin�es.
Les gens vont hurler, crier au secours.
Ceux qui ont �t� bons iront au ciel et �chapperont au feu.
Si t'as �t� m�chant, Dieu t'entend pas, il t'entend pas parler.
Trois dollars par jour, si on travaille !
T'as d�j� fait �a ? Quand ?
- L'an dernier. - Monte !
C'est chez qui ?
Le propri�taire. Et n'allez pas par l� !
- Tu vis par ici ? - Non.
O� tu vis ?
� Chicago.
- C'est quoi dans tes cheveux ? - Dans mes cheveux ?
Sur mon oreille ?
- C'est une clope. - C'est quoi ?
Une cigarette.
Faite avec du tabac � rouler. Mais je la garde pour plus tard.
�a te pla�t ici ? C'est bien.
J'aime les champs de bl�.
- Tu as des fr�res et s�urs ? - Non.
Moi, j'ai un fr�re.
- Comment il s'appelle ? - Bill.
Il est quelque part. Je ne sais pas, par l�...
J'en ai une !
Fais voir.
Ne la perds pas.
Tu l'as perdue.
Elles nous aiment pas.
Pendant mille ans � Tes c�t�s, mais comme hier...
Ce fermier, il n'a pas su quand il l'a vue, ce qui en elle
a attir� son regard.
Peut-�tre le vent dans ses cheveux.
- Pourquoi tu fumes ? - Pourquoi tu portes un chapeau noir ?
Montre-moi tes mains.
Ta s�ur te tient chaud la nuit, hein ?
- Quoi ? - Tu m'as entendu.
Dommage qu'il ne reste rien, j'ai faim.
Un peu de pomme de terre...
Tu connais cette femme, la brune ?
Tu ne sais pas d'o� elle est ?
Je peux demander.
Tu as g�ch� plus de douze boisseaux, je t'enl�ve trois dollars.
- Comment ! C'est pas juste ! - Alors tu es vir�.
Attendez !
Tu veux rester ?
Ferme-la et retourne travailler.
On nous traite comme de la merde.
T'en fais pas.
Si le docteur passe, je lui demanderai quelque chose pour soigner �a.
C'est bon. Je verrai cela avec vous plus tard.
On croit toujours que �a n'arrive qu'aux autres.
J'en ai pour combien ?
Dites-moi.
Un an ? Peut-�tre un an.
Il savait qu'il allait mourir.
Il savait qu'on n'y pouvait rien.
On ne vit qu'une fois sur cette terre.
Et � mon avis, tant qu'on est l� autant s'y plaire.
Excusez-moi. J'ai oubli� o� j'�tais.
�a ne fait rien.
D'o� �tes-vous ?
Chicago.
Attendez.
O� irez-vous apr�s ?
Partout... Wyoming...
C'est bien l�-bas ?
Je t'ai sauv� la vie.
J'ai tu� un chien mange-merde
Merci.
Je veille toujours sur toi.
Tu m�rites une m�daille.
On part bient�t pour New York.
Et ensuite ?
On s'installera l�-bas.
Du lever au coucher du soleil, ils travaillaient tout le temps,
sans jamais s'arr�ter.
Si on travaillait pas, ils vous renvoyaient.
Ils ont pas besoin de vous, il y en a toujours d'autres.
Un b�n�fice de 4,75 l'acre,
multipli� par 20 000, �a fait six chiffres.
- Grosse ann�e. - La meilleure.
Tu seras l'homme le plus riche du Texas.
Tu devrais te retirer maintenant, tu feras jamais mieux.
Ce fermier, il avait beaucoup de terre et d'argent.
Si quelqu'un �tait assis et qu'il arrivait,
on se levait pour lui offrir la chaise.
Il n'y avait aucun mal en lui.
On lui donnait une fleur, il la gardait pour toujours.
Il �tait m�r pour la tombe, mais
il se baladait pas en geignant comme certains.
J'avais un peu piti� de lui.
Il avait personne pour le d�fendre, �tre � ses c�t�s,
lui tenir la main quand il avait besoin d'attention.
C'est touchant.
On aura fini demain.
Vous partez vers le Nord ?
Je demande, parce que...
vous aimeriez peut-�tre rester.
Il y a beaucoup moins de travail apr�s la moisson.
La paie est aussi bonne.
C'est une id�e. R�fl�chissez et dites-moi.
Je dois y aller.
Qui c'est ?
Mon fr�re.
Tu l'int�resses.
- On nous regarde ! - Il y a personne.
Et il n'a pas de famille.
Dis-lui que tu restes.
Pourquoi ?
Je sais pas
Pour voir.
Pourquoi fais-tu cette t�te ?
Je sais pourquoi.
Ta triste vie, toute cette merde.
Il faut nous remuer, personne le fera pour nous.
Dernier chargement !
On �teint.
On va rester ?
Si elle veut.
Tu voudrais partir ?
Je voudrais �tre le roi de Siam.
Tu as mis de l'aspirine ?
Il te faisait des cadeaux ?
Des tas.
Il reviendra, j'en suis s�re.
- Je ne crois pas. - Pourquoi ?
S'il voulait de moi, il m'aurait emmen�e.
Ce n'est pas vrai.
J'�tais peut-�tre pas assez jolie, un truc idiot comme �a.
Qu'est-ce que t'as � l'oreille ?
Mon chien m'a mordue quand j'�tais petite.
Passe-moi une bouff�e.
Il en avait assez de vivre comme les autres,
le nez dans le ruisseau comme un porc.
Il �tait plus d'humeur.
Il se disait que c'�tait sa faute
s'ils n'avaient jamais de chance.
Et qu'il fallait r�agir.
Que certains ont besoin de plus qu'ils n'ont,
d'autres ont plus qu'ils n'ont besoin.
Il suffit de tous nous r�unir.
Tu n'�tais pas comme �a avant.
Depuis toujours on m'a men� la vie dure. Commence pas.
Affaire nationale !
Pas besoin de d�cider pour de bon.
Seulement si on reste.
Bon, je reste.
Mais mon fr�re et ma s�ur restent avec moi.
J'essaierai de revenir, j'�tais bien avec toi,
tu �tais dr�le. Je t'aime.
Et sois bien sage, ne fais rien de mal.
Sinon je reviens te chercher, hein !
J'ai pens� � mon avenir.
Je pourrais �tre docteur de la boue,
j'examinerais la terre, l�-dessous.
Pourquoi tu fais �a ?
� ton �ge, j'�tais seule au monde.
Je roulais des cigares tard dans la nuit.
Ma peau �tait blanche comme du papier.
Je ne voyais jamais le jour.
On n'est pas si mal.
Me fais pas rire !
- Attends. D'o� vous venez ? - Chicago.
- Que faisiez-vous l�-bas ? - Rien.
- Ton fr�re, je veux dire. - Il travaillait en usine.
La premi�re fois que je t'ai vue...
J'avais jamais vu des cheveux aussi noirs,
une peau aussi fine.
J'avais peur de ne plus te revoir.
Je suis all� � l'usine.
Ce que j'�tais impatient ! 7 h du matin, avec le sourire.
Un beau jour, on s'aper�oit
qu'il y a plus malin que vous.
On d�crochera jamais le gros lot.
Quand j'�tais petit, je croyais que si.
- O� avez-vous appris ? - En regardant les autres filles.
En fait, j'aurais pu �tre danseuse.
Je crois que je vous aime.
C'est gentil de dire �a.
Il s'est d�cid� !
- Qui le saura, sauf toi et moi ? - Personne.
C'est tout ce qui compte, non ?
�a ne te g�ne pas ?
Il profiterait pas de son argent.
Qu'est-ce qui te dit que �a ira si vite ?
Il a un pied sur une peau de banane, l'autre sur un patin � roulettes.
On sera tous partis d'ici deux ans.
M�me si on n'a pas �t� parfaits.
J'ai r�sist� longtemps.
Des riches m'ont fait la cour.
- J'ai d�j� dit quelque chose... - Tu n'es pas forc�e.
Je ne supporte pas, te voir pench�e en avant.
Ils regardent ton cul, comme une putain.
Je ne supporte pas.
Dans la richesse et dans la pauvret�,
pour le meilleur et pour le pire,
dans la maladie et la sant�,
de l'aimer et de le ch�rir
jusqu'� ce que la mort nous s�pare.
Tu es un ange.
J'aimerais.
Tout �a te para�t �trange ?
Installe tes affaires dans la maison, pendant qu'on est pas l�.
D'accord.
Tu as vu l� ?
Il y en a encore l�-haut.
Tu n'as jamais �t� amoureux ?
Pourquoi ?
On n'avait jamais �t� aussi riches.
Tout d'un coup, on vivait comme des rois.
Rien � faire de la journ�e que se marrer, paresser.
Pas besoin de travailler.
Je vous le dis, les riches, ils ont tout compris.
- Linda ! - Va t'en.
- Tu connais un truc ? - Non.
C'est pas vrai, montre-leur !
Avec des pommes de terre ?
- C'est � moi ! - C'est pour les chiens.
Maintenant j'aimais la ferme.
Faire ce que je voulais, me rouler dans l'herbe,
parler aux saisonniers.
Dans mon sommeil, ils me parlaient.
Ils allaient dans mes r�ves.
Qu'est-ce que tu as ?
Je me sens seul.
Tu vois la bouteille ? Je vais la casser.
Tu es fou.
Tu as entendu ?
�a me fait peur, tu sais.
J'ai l�ch� mon verre.
�a ne fait rien.
Je ne voulais pas tomber amoureux de toi.
Personne ne t'a demand�.
Tu m'as dit que j'�tais irr�sistible.
Je le suis encore.
Tu es le m�me.
O� �tais-tu ? Je t'ai cherch�e partout.
Je ne dormais pas. Je suis all�e me promener.
Tu aurais d� me r�veiller.
Je ne voulais pas.
Personne nous a �crit.
On n'a pas re�u de cartes.
Parfois je me sens tr�s vieille,
toute ma vie est vieille,
comme si j'�tais plus l�.
Tu dois lui plaire comme �a.
Je croyais qu'elle te plaisait.
Tu ne les aimes pas. Tu ne les as jamais aim�s.
Je ne les crois pas honn�tes.
En fait, je crois que c'est des escrocs.
Tu devrais t'occuper du Nord jusqu'au printemps.
On est ensemble depuis longtemps. Je me sens proche de toi.
Mais �a vaudra mieux. Moins de friction.
Tu parles de ma femme !
Je vais faire mes valises.
Je sais ce que tu fais.
Il est comme un fils pour moi.
Tu sais � quoi j'ai pens� quand je t'ai vue ?
Si seulement je pouvais la toucher, tout irait bien.
J'ai l'impression d'�tre revenu � la vie, figure-toi.
Je pensais qu'�tre seul, c'est le lot de l'homme.
On s'y fait.
Parfois, c'est comme si...
tu �tais en moi, j'entends ta voix,
je sens ton souffle et tout.
Pourquoi es-tu mal avec moi ?
Excuse-moi.
Ce n'est pas un reproche.
C'est ton droit.
Je ne te connais pas vraiment.
LE PR�SIDENT WILSON EN VISITE � PANHANDLE
Saluons !
Tu m'aides � monter ?
Au lieu d'aller plus mal, il restait pareil.
Ni pire, ni mieux.
Ils avaient bon c�ur.
Ils pensaient qu'il prenait son temps.
Le docteur avait d� lui donner quelque chose.
Un m�dicament ou quelque chose.
Je l'aurais bien jet� aux ordures.
Comme pour les chevaux.
On les ach�ve.
Les m�les sont rapides.
Doucement les chiens...
Tu as l'air nerveux.
Ces oiseaux m'emmerdent.
- Qu'est-ce qui se passe ? - �a ne t'int�resse pas.
Au moment o� �a allait craquer, le cirque volant est arriv�.
Apr�s six mois dans ce bled, j'avais besoin de respirer.
Ils criaient, ils se bousculaient.
Le grand poussait le petit en disant :
"Allons, j'ai commenc�, arr�te !"
Le petit s'y mettait.
Quand ils �taient � court d'id�es, ils s'arr�taient de se battre
Le petit disait : "C'est pas moi. "
Et le grand : "Si, c'est toi. "
On s'y perdait.
Le Diable est l�, il rigole.
Il est content quand les gens font le mal.
Puis il les envoie dans la fosse aux serpents.
Il ricane, en vous regardant, attach�, pendant que les serpents
vous bouffent les yeux.
Ils vont dans la gorge et vous bouffent par-dedans.
Tu me fais perdre la t�te. Tu me rends dingue.
Je ne sais plus si je vais ou si je viens.
Tu n'as jamais su.
Le Diable �tait � la ferme.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Qu'est-ce que tu as ?
Tu sais bien.
Pourquoi le laisses-tu te toucher ?
De quoi tu parles ?
Je ne sais pas comment fr�re et s�ur se tiennent chez toi.
Tu as une s�ur ?
Comment peux-tu juger ?
Tu lui as dit ?
Je ne l'ai jamais vu comme �a.
- Il est horrifi�. - Qu'est-ce que �a peut te faire ?
Tu l'aimes, hein ?
- Tu pars ? - Oui.
Pourquoi ?
Une affaire. Ils m'emm�nent.
- Comme �a ? - Faut croire.
Il avait tout pig�.
Elle aime le fermier.
Il m'a appris les touches du piano et les notes.
Il m'a appris des parties du globe.
Ce que tu m'as manqu� ! Je t'ai manqu� ?
Tout plein.
Tu n'as pas chang�.
- On a lu de tes nouvelles. - Comment �a ?
Sur Chicago.
Tu es venu � moto ?
Pardon.
Ce n'est pas de ta faute.
Je ne sais pas ce que j'avais.
J'y pense...
� ce que je t'ai dit.
Comment je t'ai entra�n�e.
Je suis seul � bl�mer.
Faut que j'y aille avant qu'il ne soit trop tard.
Enfumez-les ! �crasez-les !
Par l� ! Allons-y !
Qu'y a-t-il ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Qu'est-ce que �a peut te foutre ?
Tu es fou ?
Laissez br�ler !
Qu'allons-nous faire ?
Il faut partir.
Il sait.
Par ici !
Qu'est-ce que tu voulais de moi ?
Attends !
Menteuse !
Je le retire.
Je te dirai tout plus tard.
On n'y peut plus rien.
Personne n'est parfait.
Y a jamais eu une personne parfaite.
On est moiti� diable
et moiti� ange.
Elle se promettait de mener une vie honn�te.
Elle s'accusait de tout.
C'est bon.
J'aime �a.
�a ne l'int�ressait plus d'�tre heureuse.
Elle voulait r�parer le mal qu'elle avait fait.
J'ai attrap� une morue !
Le soleil a l'air d'un fant�me
dans la brume sur la rivi�re quand tout est calme.
Je savais pas �a avant.
On voyait les gens sur le rivage
mais on ne distinguait pas ce qu'ils faisaient.
Sans doute qu'ils appelaient au secours
ou qu'ils essayaient d'enterrer quelqu'un ou quelque chose.
On voyait des arbres avec les feuilles qui tremblaient
et c'�tait comme des ombres de types qui s'approchent.
On entendait des hiboux g�mir, hululer.
On savait pas o� on allait ni ce qu'on allait faire.
J'avais jamais �t� en bateau.
C'�tait la premi�re fois.
Vous l'avez vue ?
O� ?
J'ai vu des choses si effrayantes que j'en avais la chair de poule.
J'avais l'impression de sentir des mains froides sur la nuque.
C'�tait peut-�tre les morts qui venaient me chercher.
Je me souviens de ce type, Blackjack. Il est mort.
Il n'avait qu'une jambe, et il est mort.
Et je crois que c'�tait Blackjack
qui faisait ces bruits.
L�-bas !
Fouillez parmi les arbres.
- Que se passe-t-il ? - Couchez-vous.
- Reste ici. - Attends.
Il est parti par l�.
Ne le laissez pas rejoindre la route.
Fouillez les arbres !
De l'autre c�t� !
Je vais par ici, tu vas par l�.
Tu te feras beaucoup d'amies.
Tout ira bien.
Tourne-toi et rentre.
J'ai un nouveau petit ami.
Il est � l'arm�e.
Il sera peut-�tre tu�.
En tout cas, il dit que je suis jolie. Peut-�tre que je le suis !
Regarde !
- Que faisais-tu dans cette �cole ? - Cours !
J'attends pas deux heures pour rien !
Il a peut-�tre pas de montre.
Si je crois �a, il m'en racontera d'autres...
Il s'appelait Edward.
Il �tait gentil. Je l'aimais bien.
Il allait m'acheter une fourrure.
J'ai toujours voulu une fourrure.
O� tu vas ?
Me promener.
Je ne sais pas o�.
Taper sur un arbre, passer ma col�re.
Tu viens ou quoi ?
Cette fille ne savait pas o� elle allait ni ce qu'elle allait faire.
Elle n'avait pas d'argent sur elle.
Elle tomberait peut-�tre sur un gars.
J'esp�rais que �a s'arrangerait pour elle.
C'�tait une bonne amie � moi.
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