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RÉVOLUTION FRANÇAISE
La misère a provoqué la Révolution, qui a ramené la misère.
Les Français sont désabusés par la pénurie de denrées
et la dépression économique.
Les révolutionnaires exécutent le roi Louis XVI et 11 000 partisans.
Ils s'en prennent ensuite à la dernière reine de France,
Marie-Antoinette.
Pendant ce temps,
un ambitieux officier d'artillerie corse, Napoléon Bonaparte,
cherche à s'élever en grade...
Reculez tous !
Fléau de la France !
La terreur
n'est autre chose que la justice
prompte, sévère, inflexible.
Elle est donc une émanation de la vertu.
Elle était coupable de trois crimes envers vous :
dilapidation du Trésor national,
conspiration contre la sûreté intérieure de l'État, et sur nos frontières,
et haute trahison
pour collusion avec l'ennemi.
La clémence pour les scélérats ?
Non.
La clémence pour les innocents.
La clémence pour les infortunés.
La clémence pour l'humanité.
La flotte britannique a pris le port de Toulon.
La moitié de notre flotte y est piégée.
Si nous perdons ces navires, la République tombera.
Par chance,
les Anglais n'ont que 2 000 hommes à Toulon.
Toutefois, nous manquons d'artillerie.
Et notre général est un ancien peintre de cour.
Il n'est pas nécessaire de reprendre Toulon.
Ce n'est pas une ville.
C'est un port.
Si la flotte anglaise quitte la rade, la ville devra se rendre.
Mon frère,
le capitaine Bonaparte, officier d'artillerie,
a fait préparer des boulets rouges pour les navires anglais.
Il a prouvé son dévouement à la République.
Comment proposez-vous de prendre le port ?
Capturez le fort qui le surplombe,
et vous aurez la ville.
Faisons de Toulon un exemple,
sinon d'autres villes tomberont.
Et pour ma part,
je ne laisserai ni les royalistes ni les Anglais
prendre ma région.
TOULON - CAMP FRANÇAIS 16 décembre 1793
Le général Carteaux ?
Là-bas.
Lucien, mon cher frère,
je suis déjà à Toulon.
Les troupes sont dans un piètre état.
Les conscrits manquent d'entraînement et de discipline.
Faute de matériel et de ressources,
nous courons à l'échec.
La ferraille nous servira
à fondre des obusiers, mieux adaptés à mon plan.
Si nous échouons,
nous serons perçus comme des voyous corses,
inaptes à de plus hautes charges,
et les ambitions de notre mère seront anéanties.
Les Britanniques contrôlent les canons pointés vers leur flotte.
Si l'on s'empare des canons, on pourra les pilonner
et dégager notre flotte.
Je bénéficie de l'effet de surprise,
mais je vaincrai par le feu.
J'attends ton arrivée avec impatience.
Ton frère, Napoléon.
Hé, sac à merde !
Oui, toi.
Pousse-toi de là !
Allez ! Va-t'en.
Foutez le camp, avec vos chèvres !
Dernier avertissement. Dégagez vos chèvres !
Feu !
Faites monter les obusiers !
Prêt, mon grand ?
- Ça va ? - Je vais bien.
Apportez les obusiers !
Protégez les canons !
Vive la France !
Canons, en batterie.
À vos ordres !
Obusiers !
Pointez. Hausse 16.
Feu !
Junot, les boulets rouges.
Feu !
Junot !
Feu.
Feu !
Chargez.
Feu !
Portez vos armes !
Capitaine Napoléon Bonaparte,
je vous élève au grade de général de brigade.
Vive la République !
Vive la République !
Je vous avais promis des succès éclatants
et j'ai tenu parole.
Reposez-vous sur vos armes !
Pour mère.
PARIS Septembre 1793
Vous savez que votre père a été arrêté.
Il est en prison.
Savez-vous pourquoi ?
Parce que c'est un noble.
Êtes-vous une noble ?
Hortense.
Tu peux répondre.
Êtes-vous une noble ?
Oui.
Oui ?
Que disent vos parents du roi ?
Parlez, ne soyez pas timide.
Que disent-ils de Louis et de Marie-Antoinette ?
Mon père est pour la Révolution.
Moi aussi.
Mentez et je vous corrigerai.
Monsieur, elle a 5 ans.
Elle ne ment pas. Mon mari s'est battu pour vous.
PRISON DES CARMES
Montre-moi tes mains.
Ouvre la bouche.
Ouvre.
Quelles dents !
Avancez.
Par là.
Joséphine !
Thérésa.
Arrêtez.
Le tombereau passe tous les matins.
Nous avons une règle.
Pas de larmes. Pas d'adieux.
Un signe de la main, comme si nous allions au café.
Suis-moi.
Une femme enceinte évite l'exécution jusqu'à l'accouchement.
Les hommes n'ont pas besoin d'excuse pour baiser.
Bienvenue chez toi.
Le couperet de la guillotine peut se prendre dans les cheveux.
Il s'est coincé dans la nuque du roi.
Elle était grasse.
Tu as un cou de cygne.
Tu ne sentiras rien.
Je ne mourrai pas.
Je ferai ce qu'il faut.
Même si cela implique de tomber enceinte.
Tu peux mourir comme une dame
ou alors, tu peux vivre.
Comme moi.
C'est la marque de la lame.
Regarde.
PARIS Avril 1794
Les dirigeants de la France sont passés de l'enthousiasme
à l'ambition effrénée.
Pour le peuple, la guillotine est une folie échappant aux lois
à la disposition de Robespierre.
Il est inapte à gouverner.
Bonaparte.
France !
Il est devenu tout à fait clair, citoyen Robespierre,
que votre intention est d'utiliser ce couperet
pour accaparer le pouvoir !
Laissez-moi parler.
Aucun homme ici présent
ne s'est opposé à mes méthodes.
Si vous me déclarez coupable,
vous êtes tous coupables.
Vous n'êtes pas un défenseur de la liberté.
Vous vous êtes proclamé juge, juré
et bourreau, n'est-ce pas ?
Vous êtes pire que César. Pire que César !
C'est vous tous, les traîtres !
Arrêtez-le !
Vous avez manqué votre coup.
À la guillotine, mon ami.
Coupez-lui la tête ! Tuez-le !
FIN DU RÈGNE DE LA TERREUR 27 juillet 1794
LIBÉRATION DE 41 500 PRISONNIERS
Hortense ?
Eugène ?
Lucille ?
Madame ?
Les enfants ! Venez.
Venez.
Regardez.
Cela ne laisse rien à l'imagination.
Mais j'ai peu d'imagination.
Savez-vous qui elles sont ?
Les nouvelles reines de Paris.
Oui, allons-y.
BAL DES VICTIMES Paris, été 1794
Pourquoi me fixez-vous ?
Je vous fixais ?
Pas du tout.
Ah non ?
Si.
Je fixais votre visage.
Quel est ce déguisement ?
Ceci est mon uniforme.
J'ai remporté la victoire à Toulon.
Ne me dites pas votre nom.
Tu t'es endettée aux cartes ce soir.
Je paierai, cette fois.
J'ai rehaussé ta réputation.
Je devrais demander plus.
Plus ?
Cela te remettra à flot.
Mais tu devrais te rapprocher de Bonaparte.
Pourquoi ?
Parce que.
Général...
Un très jeune homme souhaite vous voir.
Il se nomme Eugène Beauharnais.
Citoyen.
Général Bonaparte.
Oui ?
Je m'appelle Eugène Beauharnais,
fils de Joséphine Beauharnais.
Que veux-tu ?
Le sabre de mon père.
On le lui a pris lorsqu'il a été arrêté et exécuté.
Ah oui ?
Ce serait une consolation pour ma mère et moi
s'il nous était restitué. C'est tout ce qui nous reste de lui.
Un sabre est une arme.
Je ne peux autoriser les citoyens à posséder des armes.
Le sabre serait un souvenir pour me rappeler mon défunt père.
Peut-être, mais cela reste une arme.
Jeune homme, pourquoi es-tu ici ?
Ma mère a dit que vous seul pouviez nous restituer le sabre.
Ils appartenaient à des officiers condamnés à mort.
On n'y a pas attaché les noms ?
Non, il n'y a aucun nom.
Général Bonaparte ?
Merci.
Faut-il que je me présente ?
Non, général.
Bien.
Mes compliments au chef de cette belle famille.
Voulez-vous vous rapprocher ?
Ai-je l'air amoureuse ?
Le trouvez-vous dépourvu de charme ?
Non.
Alors, cela suffit peut-être.
Ne sous-estimez pas votre grâce.
La citoyenne Beauharnais envoie ses compliments à Napoléon Bonaparte
et aspire au plaisir de sa compagnie.
Monsieur.
Me voyez-vous comme une aristocrate ?
Non.
Mon mari a eu plus d'une maîtresse.
Quand on l'a décapité, elles ont toutes regardé.
En prison, on m'a dit de tomber enceinte pour survivre.
Alors, général...
Dois-je vous aviser de mon inconduite ?
Non, madame.
Mon passé vous dérange-t-il ?
Non, madame.
Baissez les yeux, une surprise vous attend.
Après ça, vous ne penserez plus qu'à la revoir.
Français, ne vous méprenez pas !
Nous sommes nombreux.
Nous pouvons occuper la Convention !
Vive le roi !
Vous avez vu la confusion qui règne.
Oui.
Le Comité est convaincu
que la foule va prendre d'assaut la Convention.
J'ai moins de 4 000 hommes et très peu d'armes à disposition.
Il y a 40 canons aux Sablons. Je peux les avoir d'ici 3 heures.
Ils sont 20 000.
Oui.
En tant que commandant en second,
quel serait votre plan si vous deviez assurer notre défense ?
J'accepte à condition de pouvoir agir à ma guise.
Du début à la fin.
Je ne serai pas commandant en second.
INSURRECTION ROYALISTE 5 octobre 1795
Feu !
La République nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle
Pour elle un Français doit mourir
Au sauveur de la République.
Au sauveur de la République.
Je ne suis qu'un gardien de nos lois.
De notre République.
De l'univers.
Rien de plus.
La liberté ou la mort.
La liberté ou la mort.
Conformément à la loi du 20 septembre 1792,
Marie Josèphe Rose Tascher,
née le 23 juin 1767 en Martinique,
accepte de prendre pour époux Napoléon Bonaparte,
né en février 1768
à Ajaccio, en Corse.
Y consentez-vous ?
- Oui. - J'y consens.
Y consentez-vous ?
Oui. J'y consens.
Je vous déclare unis par les liens du mariage.
CONQUÊTE DE L'ITALIE Milan 1796
Selon le traité de paix,
ces chefs-d'œuvre doivent être confiés à vos archevêques.
Ces œuvres appartiennent désormais au peuple français.
Au sauveur de la République !
Et à madame Bonaparte.
À madame Bonaparte.
Que notre besogne nous donne un fils.
Est-ce là ce qui m'attend désormais ?
Je t'épouse et tu pars.
Chaque fois que tu pars, je ne sais pas si tu vas revenir.
Ma douce Joséphine.
Tu peux être sûre d'une chose dans ce monde,
je reviendrai toujours auprès de toi.
Chère Joséphine,
je marche dans les pas
d'Alexandre le Grand et de César.
On m'a envoyé libérer l'Égypte.
J'ai 40 000 hommes,
le paysage est grandiose
et il fait une chaleur étouffante.
J'ai déjà conquis l'Italie,
qui s'est rendue sans lutter.
Le Directoire a approuvé mon plan
d'attaquer l'Angleterre, à l'est de son Empire.
Mais mes victoires me semblent dérisoires car elles nous séparent.
Pas de chance ?
Vous pouvez sortir ces deux-là.
Merci, madame.
Ce fut un plaisir
de jouer avec vous.
Pour retenter votre chance.
Je le prends. Merci.
Ma chère Joséphine,
Loin de toi, il n'est pas de gaieté.
Tu m'as ôté plus que mon âme.
Tu es l'unique pensée de ma vie.
Il vous plaît ?
Il me plaît beaucoup.
As-tu besoin d'argent ? Tu n'abordes jamais le sujet.
Si cela est, demande à mon frère.
Il a 200 louis à moi.
Mesdames. Vous aimez ?
J'adore.
Je le reprends.
Ma chère femme,
Mon amour pour toi
s'apparente à la mort.
Je ne peux survivre qu'à travers toi.
Me revoilà !
Que fais-tu ?
Aucune lettre de toi.
Bonjour, Lucille.
Si tu m'aimais, tu m'écrirais deux fois par jour.
Dis-moi qu'il n'y a pas de serpent dans ton lit,
entre tes cuisses,
à l'intérieur de ce qui est mien.
Tu dois m'écrire et me dire que tu sais
que je t'aime au-delà de ce qui est imaginable,
que toi seule peux me combler.
Merci.
Absolument. Je l'aime beaucoup.
On dirait du velours. C'est incroyable.
Y a-t-il des limites
à ce que je peux vous dire ?
En théorie, non.
Dois-je vous dire une chose qui risque de vous faire souffrir ?
Oui.
Votre femme a pris un amant.
Il se nomme Hippolyte Charles.
- Je devrais vous croire ? - Oui.
Ma femme me ferait pareille chose ?
Oui.
Pas de dessert pour vous. Vous pouvez disposer.
Je ne vous mentirais jamais.
Comment le savez-vous ?
Lucille est ma maîtresse.
Elle m'écrit.
La dame de compagnie de Joséphine ?
Équipez deux frégates et deux vaisseaux de rang inférieur, en secret.
Je rentre chez moi.
Napoléon.
Ce sera considéré comme une désertion.
Le général Kléber prendra le commandement après mon départ.
Reposez-vous sur vos armes !
Napoléon le victorieux !
LES LETTRES DU GÉNÉRAL COCU
Où est ma femme ?
Partie vous accueillir à Lyon.
Ne mens pas. Où est ma femme ?
Elle est partie tout à l'heure.
- À Lyon ? - Oui, monsieur.
Le monde entier sait que je suis ici, mais pas ma femme ?
Pardonne-moi pour tout à l'heure.
Oui, monsieur.
Viens t'asseoir.
Ma femme m'a humilié,
j'ai besoin de réconfort.
Je n'en doute pas, général.
Qu'est-ce qui me réconforterait ?
Je peux vous préparer un bain chaud.
Je peux vous préparer une douceur,
et vous consoler.
Quel genre de créature es-tu ?
Comment peux-tu faire fi de moi et de mes sentiments ?
Tu n'es qu'une petite truie égoïste.
As-tu si piètre opinion de moi ?
Non, pas du tout.
Alors pourquoi ?
Parce que tu es... ?
Dis-le.
Je suis navrée.
Cela ne suffit pas.
Que dois-je dire ?
Je veux que tu dises que je suis la chose la plus importante
au monde !
Tu l'es.
Dis-le !
Tu es la chose la plus importante dans ma vie,
au monde.
Et sans moi, tu n'es rien.
Je ne suis rien.
Tu es prête à tout pour moi !
Je suis prête à tout pour toi.
Je ne suis pas comme les autres hommes.
Je ne suis pas en proie au doute.
Tu es un monstre.
Je te plains.
Tu veux être un grand homme ?
Tu n'es rien sans moi.
Dis-le.
Dis-le.
Tu n'es qu'une brute,
tu n'es rien sans moi.
Je ne suis qu'une brute, je ne suis rien sans toi.
Voilà.
Tu n'es rien
sans moi
et sans ta mère.
Ma mère...
As-tu eu des aventures ?
Évidemment.
As-tu aimé ces femmes ?
Non, je ne les ai pas aimées.
Étaient-elles belles ?
Oui, certaines d'entre elles.
Elles remplissaient leur rôle.
Mieux que moi ?
Elles pleuraient moins. Cela les rendait plus attirantes.
Ne me quitte pas, je t'en prie.
Ne me quitte pas.
Nul besoin de me pardonner, mais ne me quitte pas.
Pour quelle raison avez-vous déserté vos troupes en Égypte ?
Citoyens,
qu'avez-vous fait de ce pays ?
Parce qu'il ne ressemble pas à la France que j'ai laissée.
Qui devrait la gouverner pendant mon absence ?
Ce n'est pas vous, citoyen Gohier.
Ni vous.
Certainement pas vous, malgré votre don pour les reproches.
Ce ne serait pas vous, Barras. Ni vous, Talleyrand.
Ni vous, Sieyès.
Qui, alors ?
Qui devrait gouverner ? Fouché, une idée ?
Non ?
Je retrouve la France en faillite.
Elle imprime des billets qu'elle dépense aussitôt.
Les Austro-Russes ont envahi l'Italie.
Les Anglo-Russes occupent la Hollande.
Et il semble
qu'une invasion imminente menace la France.
Et pourtant, c'est vous qui m'accusez de désertion.
J'ai en outre appris que ma femme était une catin.
Il y a une chose que tous les Français s'accordent à dire,
vous êtes notre César.
Que voulez-vous ?
Eh bien,
le peuple acceptera mon autorité si j'ai votre soutien.
Mais comme vous, je pense
que le Directoire est corrompu.
Néanmoins, ensemble,
nous pouvons empêcher la restauration de la monarchie.
Et préserver les idéaux de la Révolution.
Je pense que prendre le pouvoir est possible.
Avec votre aide, au bon moment. Et je crois que c'est
le bon moment.
Vous espérez que je sois votre épée ?
J'espère qu'un coup d'État,
bien préparé et bien exécuté,
pourra faire passer le pouvoir à trois consuls.
Moi-même, Ducos...
et vous.
Venez dans le camp des vainqueurs.
Ducos et moi-même démissionnerons les premiers,
suivis de Barras, Gohier et Moulin.
Cela offrira l'occasion
d'une transmission de pouvoir.
J'apprécie Barras, mais il est corrompu et isolé.
Sous la menace, il prendra vite la bonne décision.
Quant aux autres,
Gohier et Moulin,
je ne sais pas.
Nous pouvons les dissuader de résister.
Oui, mais il faut éviter une action militaire violente.
La police s'en chargera.
Lucien.
Vous présidez le Conseil des Cinq-Cents.
Vous allez convaincre les deux chambres,
lors d'une séance extraordinaire,
qu'un coup d'État des Jacobins est imminent.
Et que le seul lieu sûr
est en dehors de Paris, loin de la foule,
à Saint-Cloud.
C'est là que nous les sauverons
de cette menace.
Puis-je être franc ?
Le seul problème avec le plan de Sieyès et de Ducos,
c'est...
Sieyès et Ducos.
Tu as le pouvoir, tu prends les risques,
tu fais tout le travail.
Pourquoi les gardes-tu à tes côtés ?
J'aurai besoin de dames de compagnie.
De dames de compagnie ?
Pour quoi faire ?
Prendre soin de choses.
Prendre soin ?
Ces idiots en sont capables ?
Je ne leur confierais pas mes couilles.
Précisément. J'aurai besoin de cela.
Des lavettes ?
Je ne voudrais pas qu'ils me torchent.
À partir de maintenant,
tous les amis que tu as eus,
tes compagnons du Directoire, tu ne dois plus leur faire confiance.
Cette vie-là est terminée.
Qu'adviendra-t-il si tu échoues ?
Demain, à la même heure,
tu coucheras avec le Premier Consul de France
et je vais te la mettre.
Une simple lettre de démission que nous...
Je ne signerai rien !
Je vous compisse, je ne signerai rien du tout !
Messieurs.
Qui est derrière ceci ?
Bonjour, Paul.
Je vais vous faciliter la tâche.
J'ai des documents annonçant votre démission du Directoire.
Retirez-vous avant le déjeuner, s'il vous plaît.
Dites-leur que je me réjouis
de redevenir un simple citoyen.
Ce sera fait.
Des messieurs souhaitent vous voir.
Citoyen Moulin,
une lettre de démission à signer.
Non, je prends mon déjeuner.
Je savoure
un déjeuner succulent.
Ceci est scandaleux !
Je finirai de déjeuner avant que vous me touchiez !
Bon appétit.
LE COUP D'ÉTAT 9 novembre 1799
Monsieur le Président !
Il est temps de nous donner une explication.
Bien dit !
Cette séance extraordinaire vise à dresser une liste de noms
pour constituer un nouveau Directoire afin de juguler la menace...
la menace royaliste.
On nous invite à voter une résolution
pour un gouvernement dirigé par trois consuls :
le général Bonaparte et les citoyens Sieyès et Roger Ducos.
Où sont les cinq chefs du Directoire ?
Se sont-ils volatilisés ?
Nous, nous sommes ici,
encerclés par des soldats, à l'écart de Paris.
Silence !
Il semble de plus en plus clair
que votre frère, Napoléon Bonaparte,
en étalant sa puissance militaire,
agit au mépris des lois.
Un vote réglera la question.
C'est ridicule ! Un coup de force maladroit.
L'œuvre d'un parvenu avide de pouvoir.
Assez !
S'il y a la moindre question
sur ce qu'il se passe, j'y répondrai !
Vous avez violé la Constitution !
Saisissez-le !
Arrêtez-le !
Nous nous faisons menacer par des députés armés de poignards.
Ces forcenés
se sont mis hors la loi
en attentant à la liberté de ce pays !
Ils veulent me tuer !
Ils veulent le tuer.
Ouvrez les portes !
Je tuerai mon frère
s'il trahit la liberté du peuple français.
Allez-y !
Bonne chance, mon frère.
Écartez-vous.
Procédons-nous au vote ?
Où allons-nous ?
Nos disputes sont derrière nous.
Tu dois être ma plus tendre amie.
Derrière cette porte se trouve notre destin.
Présentez vos armes !
Citoyen Premier consul.
Approchez, mon petit.
Venez dans le lit de votre maître.
Le choix d'un habit n'est pas qu'une question de goût.
Il empêche la restauration d'un régime néfaste.
Nos uniformes doivent être riches.
Chaque domestique aura un habit rouge.
En velours pour l'hiver,
dans un autre tissu pour l'été.
Les deux seront brodés d'or.
Mère, voici le duc d'Avignon.
Enchantée.
Serait-ce Joséphine ?
- Mère, Joséphine. - Enchantée.
C'est Charles.
Par ici.
Passez une excellente soirée.
"Votre Majesté, l'Angleterre et la France usent leur prospérité."
Je recommence.
Votre royale Majesté, l'Angleterre et la France usent...
"Votre Majesté."
Qu'ai-je dit ?
"Votre royale Majesté."
Votre Majesté, l'Angleterre et la France usent leur prospérité.
Il n'y a nul déshonneur à faire le premier pas.
J'ai assez, je pense, prouvé au monde
que je ne redoute pas la guerre.
Mais la paix est le vœu de mon cœur pour l'Angleterre et la France.
Relis-la-moi.
J'ai annoncé aux autres puissances que vous êtes consul.
J'ai envoyé des lettres aux diplomates à l'étranger,
et vous proposez la paix à l'Angleterre.
Caulaincourt.
Vous êtes là pour m'aider à comprendre le tsar de Russie, Alexandre.
Le tsar est-il un allié de l'Angleterre ou de la France ?
Les échanges commerciaux avec l'Angleterre lui profitent plus
que ceux avec la France.
Ressent-on l'influence britannique à la cour de Russie ?
Je l'ignore, mais je l'imagine assez robuste.
Robuste ?
Quel genre d'homme est-il ? Décrivez-le-moi.
Il est jeune.
Il est vaniteux.
Il est populaire et souhaite le rester.
Il est populaire ?
Vraiment ?
Il redoute d'être tué dans son lit, comme son père.
Il accorde sa confiance au dernier qui attire son attention.
Il a donc besoin d'un allié qui serait aussi un ami.
CHARLES DE TALLEYRAND Ministre des Relations extérieures
Fin des mises.
Quelle surprise !
Ravi de vous voir de sortie.
Veuillez m'excuser.
Bonsoir. J'essaie de perdre de l'argent.
Après cette main, venez donc me rejoindre. À ma table habituelle.
Quelle charmante idée !
Bonsoir.
Êtes-vous au courant ?
Votre souverain a reçu une proposition de paix
de la part du Premier consul aujourd'hui.
Monsieur Talleyrand,
puis-je être franc ?
Bien entendu.
L'alliance austro-britannique
est en position de force par rapport à la France.
Les offres de paix
ont de toute évidence pour seul but de manipuler l'opinion française.
Cher ami...
Vous me connaissez bien.
Oui, c'est la faveur populaire qui intéresse Napoléon.
Mais je dois vous avertir
qu'il en est avide, comme tous les grands hommes.
Sauf votre respect, je vous conseillerais d'accepter
cette petite offre de paix.
Ou vous vous attirerez les foudres d'un homme
qui désire la paix à tout prix.
L'ambassadeur anglais, Lord Whitworth, est arrivé.
Ne feignez pas d'ignorer ce que je vais dire.
Êtes-vous au courant de mon offre de paix à votre roi ?
Je ne le suis pas.
Dois-je vous la répéter ?
Non, sans façon.
Ceci est un avertissement pour votre roi.
Vous vivrez dans le doute et dans la peur.
Vous surveillerez vos frontières,
et tôt ou tard, vous suivrez les mœurs françaises.
Fini les propositions de paix et toute absence de réponse rapide
sera considérée comme un manque de respect.
Vous vous croyez tout-puissants avec vos bateaux !
Quel dommage, un si grand homme sans aucun savoir-vivre.
Du bleu plus intense autour de Minorque.
Attention.
Ne marchez pas là. La peinture est encore fraîche.
Vous pouvez marcher sur l'Italie.
L'Italie est sèche.
Les Autrichiens ont rassemblé leurs troupes ici, citoyen Consul.
Pour s'assurer le contrôle du nord de la péninsule.
Au sud d'Alessandria. À Marengo.
Une cavalerie renforcée, un bon moral.
Leur armée est très bien équipée pour le combat.
Nous serons légers. Nous serons rapides.
Nous franchirons la grande crête des Alpes
et reprendrons ce que la France a perdu en mon absence.
LA BATAILLE DE MARENGO 14 juin 1800
Oui ?
Êtes-vous satisfait ?
Allez-vous dire une chose qui va me fâcher ?
J'espère que non.
Les familles d'Europe vous considèrent comme une crapule corse.
Par conséquent,
je vais vous suggérer une chose qui tarde à se produire.
Je vous suggère de renoncer à votre titre de Premier consul
pour celui
de "Général victorieux".
Autrement dit, "roi".
Quoi ?
Roi.
Oui, roi.
Roi ?
On a coiffé mes cheveux.
Comme tu les aimes.
Gros dégoûtant. Je suis coiffée.
J'ai la plus belle des femmes.
Très bien. Viens.
Enlève ton chapeau.
Donne-moi ta main.
Tu sens ça ?
Tu sens ça ?
C'est à toi.
C'est à toi.
Merci.
Les royalistes conspirent contre moi, c'est évident.
Des Bourbons en exil, dont l'unique but est de me destituer
et de restaurer leur abjecte monarchie.
Le prince de Condé rassemble des complotistes
et son petit-fils Louis est à la frontière
dans cet unique but.
Je veux que cet homme soit arrêté et rapidement condamné.
Où est-il ?
À Bade.
Je connais cet homme. Il ne conspire pas contre vous.
C'est un valeureux officier.
C'est une saleté de fouine bourbonne,
il sera puni pour son implication dans ce complot.
Si vous allez à Bade,
vous opérerez hors de France, en dehors de la loi,
si bien que personne ne pourra l'ignorer.
Je vois.
J'ai toujours tiré avantage de votre jugement.
Aujourd'hui, je vais tirer avantage de votre silence.
Arrêtez le duc.
Tu laisses la haine dicter tes choix.
Dans un an, tu verras cette exécution comme un coup d'éclat
et tu m'embrasseras en l'affirmant.
Va te coucher.
Vous êtes français.
Ayez au moins l'obligeance de ne pas rater votre cible.
Puis-je commander le feu ?
On vous accuse d'avoir porté les armes contre la France.
Apprêtez.
Joue.
Vous pouvez commander le feu.
Visez au cœur.
Feu !
Arrête.
Pourquoi n'es-tu pas enceinte ?
Est-ce une question ou bien une accusation ?
C'était une question.
Et maintenant, une accusation.
Le docteur Corvisart n'a pas de solution,
si ce n'est de faire comme Mme de Rémusat.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire,
en plus des prières et d'un peu de vin rouge,
il m'a suggéré de prendre les eaux à Aix-la-Chapelle.
Pourquoi ne l'as-tu pas fait ?
Mon rôle d'épouse de Premier consul m'accapare.
Je passe des heures à réparer tes bêtises.
Trouve le temps.
Dois-je t'en expliquer l'importance ?
Tu veux un héritier ?
J'en veux un sur-le-champ.
Mon Dieu !
LE SACRE 2 décembre 1804
Que Dieu vous affermisse sur ce trône
et que Jésus-Christ vous fasse régner avec lui dans son royaume éternel.
J'ai trouvé la couronne de France dans le ruisseau.
Je l'ai relevée de la pointe de mon épée
et je l'ai essuyée.
Je la pose sur ma tête.
Le très glorieux
et très auguste Napoléon,
empereur des Français,
est sacré
et intronisé !
Vive l'empereur !
Vive l'empereur !
Capitaine Charles.
Le capitaine Charles.
Capitaine Charles.
Je dois me confier à vous en grand secret.
C'est un sujet embarrassant.
J'espère que vous ne rougirez pas.
Avez-vous des enfants ?
Oui, Votre Majesté. J'ai trois fils.
Puis-je vous poser une question intime ?
Bien sûr, Votre Majesté.
Dites-moi,
quand vous avez engrossé votre épouse, cela a-t-il duré longtemps ?
Je ne me rappelle pas.
Donnez-moi une estimation.
Cela dure parfois 30 minutes.
Est-ce là votre secret pour avoir un fils ?
Je ne saurais dire, Votre Majesté.
J'aime mon épouse.
Moi aussi.
Je veux la voir heureuse.
Alors dites-moi,
pensez-vous qu'il est important
qu'un homme donne du plaisir à sa femme avant d'entrer en elle ?
Je ne saisis pas, Votre Majesté.
Ne soyez pas timide.
Dites-moi.
Si je veux avoir un fils,
dois-je mettre ma bouche entre les cuisses de ma femme ?
J'imagine, Votre Majesté,
que le plaisir de votre épouse augmentera ses chances de concevoir.
Je vous remercie de votre franchise
à propos de questions aussi délicates.
Je comptais sur vos conseils.
Votre virilité et votre stature sont notoires.
Vous avez un joli visage et l'élégance d'un coiffeur.
Merci.
Disposez.
Je n'approuve pas cette idée.
Un divorce après des années de débat ?
Vous voyez que je suis partagé.
Je ne suis pas ambitieux.
Je n'ai jamais déclaré la guerre à personne.
Non.
Vous êtes le plus grand dirigeant de l'histoire du monde
et son unique espoir de paix.
La sécurité de l'Empire et la paix dépendent de votre héritier.
Tu prends du bon temps ?
Je pars en guerre défendre notre peuple,
et ma femme ne me donne pas d'héritier.
Si tu ne portes pas mon enfant ce soir,
il y aura divorce.
N'y a-t-il pas eu assez d'amour charnel ici pour enfanter ?
Si, en effet.
Des années durant.
Des années.
Et pas qu'avec moi.
Et malgré cela,
ton ventre est vide.
Et le tien est gras.
J'aime la bonne chère,
il est vrai.
Le destin m'a amené ici.
Le destin m'a apporté cette côte d'agneau.
Joséphine.
Viens là.
J'aime tes talents
et ton goût.
Quand je serai loin, ta grâce me manquera.
Et ta dignité.
Mais je reviendrai auprès de toi.
À notre victoire.
Je suis là pour vous, François.
TSAR ALEXANDRE Ier Empereur de Russie
Mais l'ivresse du champ de bataille me submerge.
Je ne vous décevrai pas, Alexandre.
Cette bataille sera brutale et terrifiante.
AUSTERLITZ 2 décembre 1805
Ma chère femme, Joséphine.
Dieu, qu'il fait froid ici !
Ta chaleur me manque.
Nous fêtons ce jour le 1er anniversaire de notre couronnement.
Mon allié d'hier s'est rallié à l'ennemi.
Alexandre, le tsar de Russie, fait front commun
avec le souverain d'Autriche.
Il a étudié l'art de la guerre
et veut reproduire mes tactiques.
Il tente de m'imiter,
mais c'est un enfant qui va commettre une grave erreur.
J'apporterai les lauriers de la victoire à mon armée aujourd'hui.
À toi, Napoléon.
Plus fort.
Comme un cheval.
Encore.
Merde.
Votre Majesté.
Nous sommes repérés.
Bien.
Que les hommes se reposent.
I, N,
F,
V.
Infanterie en vue.
I,
M,
T.
Imminent !
À vos postes !
Allez. Debout !
Attendez.
Prêts !
Attendez. Ils doivent croire qu'ils ont l'avantage.
Feu !
Feu à volonté !
Infanterie, prenez le plateau !
Au pas de charge.
Cavalerie, par l'ouest, percez leur flanc.
Battez en retraite !
Repliez-vous !
C'est un piège !
Découvrez les canons !
Feu !
Chargez !
Restez de ce côté.
Écartez-vous de la glace !
Renoncez, nous sommes acculés !
Pas sur la glace. Repliez-vous !
Coupez-leur la retraite !
François, quel plaisir de vous rencontrer enfin !
Entrez, venez au chaud.
Merci.
Pardonnez-moi, c'est mon seul palais depuis deux mois.
Il semble très plaisant. Vous en faites excellent usage.
C'est la dure vie du champ de bataille.
Oui, c'est exact.
C'est agréable de rencontrer un autre empereur.
Puis-je demander où est Alexandre ?
Devons-nous l'attendre pour commencer ?
Je ne crois pas qu'il se joindra à nous.
Il est fou de rage.
Je dois vous féliciter
de m'avoir fait commettre une grossière erreur.
- Une erreur ? - Oui.
Quelle erreur avez-vous commise ?
Je discute avec vous et j'accepte cette proposition de paix.
Je n'ai pas profité de ma victoire.
J'aurais pu capturer toute l'armée austro-russe.
En effet.
Mais il coulera moins de larmes.
Et je sais que vous n'oublierez pas cet acte de bonté.
N'est-ce pas ?
Merci.
Levons nos verres.
À l'amitié,
à une paix glorieuse
et au bien de l'Europe.
Un bourgogne.
Il est temps de dissiper le mystère,
Votre Majesté.
Je veux savoir s'il s'agit de vous ou de Joséphine.
À cette fin, nous allons mener
une expérience très concrète.
Au bout du couloir...
Prenez ceci.
...vous attend,
dévêtue, prête à vous accueillir,
une jeune femme de 18 ans, Eléonore Denuelle de La Plaigne.
Elle est brune aux yeux marron.
Et le but de cette tâche guère déplaisante
est de savoir si vous pouvez engendrer.
Nous aurons alors la réponse à la question qui nous taraude,
à savoir qui empêche qui
de donner un héritier au trône de France.
Allons-y.
Puis-je en avoir un autre ?
La fille est grosse. Vous l'avez engrossée.
Quand vas-tu exiger le divorce ?
N'est-ce pas merveilleux ?
Venant de mon unique amour, à qui j'ai offert toutes mes conquêtes.
Je suis trop épuisée
pour attendre que tu m'annonces l'inéluctable.
Si tu insistes.
Je vais te faciliter la tâche.
Je sais, pour ton enfant bâtard.
Si je parviens à engendrer un garçon que j'appellerai mon fils,
je veux que vous attestiez des couches de l'impératrice.
Vous me demandez de mentir à propos de l'identité de la mère.
C'est une autre façon de le dire.
Votre Majesté,
c'est un honneur pour moi,
et aussi un devoir, d'accéder à vos demandes.
Mais si on m'interroge, je ne pourrai pas taire la vérité.
Et bien que cela soit douloureux, la vérité est que l'impératrice
n'est plus en mesure de vous donner un enfant.
Ma bonne Joséphine.
Tu sais combien je t'ai aimée.
C'est à toi,
et rien qu'à toi,
que je dois les moments de bonheur que j'ai connus.
Mon destin est plus puissant que ma volonté.
Mes affections
doivent céder aux intérêts de mon peuple.
"Trois millions de francs par an,
Malmaison et ses revenus,
le Palais de l'Élysée,
le rang d'impératrice,
le titre de Majesté,
le droit d'utiliser les armoiries impériales
et une voiture tirée par huit chevaux.
Votre dette de deux millions de francs devra être payée
en guise de provision sur vos revenus à venir."
Le décret impérial pour la dissolution du mariage
entre l'empereur Napoléon et l'impératrice Joséphine.
"Mon peuple désire
que ce trône, où la Providence m'a placé,
soit donné à mes enfants.
Cependant, j'ai perdu l'espérance d'avoir des enfants de mon mariage
avec ma bien-aimée épouse, l'impératrice Joséphine.
C'est ce qui me porte à n'écouter que le bien de l'État
et à vouloir la dissolution de plusieurs années de ma vie."
Tu as embelli ma vie
pendant quinze ans.
Le souvenir en restera toujours gravé dans mon cœur.
"Notre mariage est désormais un obstacle au bien de la France.
Il la prive
d'être un jour gouvernée par les descendants d'un homme
suscité par la Providence pour effacer les maux d'une terrible révolution
et rétablir le trône et l'ordre social."
Votre Majesté...
Écoute, c'est pour ton pays.
Tu le fais pour ça.
Lis.
Vas-y.
"Notre mariage est désormais un obstacle au bien de la France.
Accepter la dissolution de notre mariage
ne changera rien à mes sentiments.
L'empereur aura toujours en moi
sa meilleure amie."
Votre Majesté,
vous avez prononcé les mots qui nous séparent à jamais.
Votre ambition déraisonnée a toujours été
et continuera à être
le guide de tous vos actes.
Néanmoins,
ne doutez jamais que je souhaite sincèrement votre bonheur.
Puisse cela apporter quelque apaisement à ma souffrance.
À vous,
Joséphine.
Bonjour, madame.
- Votre nom ? - Fleur.
Tu me manques.
La vie maritale me paraît soudain agréable.
Tu t'es montrée très courageuse.
Tu dois persévérer.
Ne te laisse pas sombrer dans la mélancolie.
Tu es plus belle quand tu es heureuse.
Prends soin de ta santé.
Elle m'est précieuse.
M'écriras-tu demain ?
Et après-demain ?
Oui.
Et le jour suivant ?
Et celui d'après ?
Bien.
Un jour, un ambassadeur anglais
a douté de mes raisons de faire la guerre.
"Vous, Français,
vous vous battez pour l'argent.
Les Anglais se battent pour l'honneur."
J'ai rétorqué :
"Chacun se bat pour ce qui lui manque."
Vous l'avez inventé. Cela n'est jamais arrivé, si ?
Bien sûr que si.
Bien sûr.
Nous avons la même histoire avec les Turcs.
C'est vrai ?
Les Anglais n'ont pas d'honneur.
Écoutez, nous...
Nous avons au moins un point commun :
notre haine de l'Angleterre.
Je tiens à dire...
qu'en réalité,
je serais honoré de pouvoir vous appeler mon frère.
Il y a un moyen pour que cela arrive.
Hier soir, lors du dîner, j'ai été...
charmé par votre sœur.
Est-elle fiancée ?
Hélas, oui. Elle est promise au duc d'Oldenbourg.
Et votre petite sœur, Anna ?
L'a-t-on demandée en mariage ?
Eh bien, Anna a 15 ans.
C'est un détail.
Notre amitié est fondée sur notre méfiance envers l'Angleterre.
En maintenant le blocus continental, nous paralysons leur commerce
et nous luttons pour nos droits sacrés.
C'est ce qui compte entre nous.
Il me vient une idée.
- Non. - Allez-y.
- Dois-je le dire ? - Oui.
Imaginez une armée. 50 000 hommes.
Des Russes, des Français, peut-être même des Autrichiens.
En passant par Constantinople, elle n'aurait qu'à atteindre l'Euphrate
pour faire frémir l'Angleterre et la mettre à genoux.
Incroyable.
Levons nos verres.
- À vous. - À nous !
Sa Majesté
l'empereur Napoléon souhaite faire une offre à l'Autriche
et à Sa Majesté François,
pour la main de l'archiduchesse, Marie-Louise.
Sa fille aînée.
Non.
Cette union créerait entre l'Autriche et la France
un lien matrimonial indestructible.
Est-ce une plaisanterie ?
Si moi, je trouve cela amusant,
ce n'est pas le cas de Sa Majesté.
Le voyage fut agréable ?
Merveilleux, merci.
Vous êtes toute petite.
Je n'ai pas l'habitude.
Comment me trouvez-vous ?
Je ressemble à mon portrait ?
Oui.
Vous êtes encore plus beau
et plus fort.
Et vous êtes encore plus belle, plus ravissante.
J'espère que vous êtes satisfait.
J'espère l'être aussi. Voulez-vous voir la chambre ?
Oui, merci.
Votre Majesté, votre fils.
Mon petit roi.
Tendre enfant.
Un jour,
tu comprendras ce que j'ai sacrifié pour toi.
Ce qui est bon pour Napoléon
n'est pas bon pour la Russie.
Et si ce n'est pas bon pour la Russie,
cela ne peut être bon pour Sa Majesté.
C'est le commerce du bois avec l'Angleterre
qui fait la grandeur de la Russie.
Votre père a commis une grave erreur.
Il s'est fait passer avant la Russie.
Cela m'attristerait
de voir Sa Majesté
perdre sa popularité
auprès du peuple russe.
Je ne suis pas mon père.
Ne commettez plus l'erreur de penser que je suis comme lui.
La Russie va se réconcilier avec les Anglais.
Je n'ai pas peur de Napoléon.
Ma chère Joséphine,
Je suis triste, aujourd'hui.
Le tsar Alexandre m'a trahi
et me contraint à envahir la Russie.
Il a décidé d'ouvrir ses ports à l'Angleterre,
tout en taxant la France.
Il me faut chasser ma mélancolie et marcher sur Moscou.
J'ai convaincu les dirigeants européens
et je commande donc
les troupes de la France, de l'Autriche, de l'Italie, de l'Allemagne
et de la Pologne.
Je suis certain de mes succès à venir.
Poursuivez-les !
En arrière !
Repliez-vous !
LA MOSKOWA 7 septembre 1812
PERTES FRANÇAISES : 28 000 HOMMES
Ma chère Joséphine,
Je t'écris car j'ai remporté une grande bataille aujourd'hui.
Demain, nous reprendrons notre progression.
Moscou n'est plus qu'à 300 kilomètres.
Tu occupes mes pensées. Tout à toi.
Déployez-vous !
Fouillez les bâtiments.
Fouillez partout.
Vous êtes les braves d'Austerlitz.
Où êtes-vous ?
300 000 âmes vivent dans cette ville.
Tout le monde est parti ?
Petit garçon !
Où es-tu ?
N'aie pas peur.
Je vais seulement te donner une petite fessée.
Ce n'est pas très correct.
Pour son honneur, pas pour le mien.
Il y a de la dignité dans la défaite.
Qui a fait cela ?
Eux.
Non, c'est faux.
Réfléchissez.
Qui a allumé ces incendies ?
Votre Majesté,
ce sont eux.
Il préfère brûler sa ville que traiter avec moi.
Je ne lui connaissais pas ce courage.
Bon.
Nous irons à Saint-Pétersbourg
afin qu'il la brûle aussi.
Nous avons laissé passer trop de temps.
Nous marcherions dans l'hiver russe
avec des chevaux qui ne sont pas habitués
à ces conditions.
Si nous retournons en Pologne,
nous pourrons y passer l'hiver.
Napoléon, tes lettres apaisent mon cœur.
Je tremble pour toi.
Rappelle-toi que moi seule connais ta santé, tes peurs.
Je te remercie tendrement,
comme je t'aimerai toujours.
Joséphine.
La maladie du cavalier, Votre Majesté.
Des hémorroïdes.
Arrangez cela.
Bien, Votre Majesté.
Mon amie, Joséphine.
"Amie."
Il est étrange de t'adresser ce mot.
Tu as toujours été davantage.
Malgré une organisation consciencieuse,
les vivres manquent.
Nous subissons les affres de la maladie,
de la désertion
et de la famine.
Nous gagnons !
Nos hommes ou des Cosaques ?
Nos hommes.
Joséphine,
Ma bonne étoile m'a abandonné.
Je sais que tel est mon destin.
Tes mots résonnent dans ma tête.
Je ne suis rien sans toi.
Je n'ai aucune assurance.
J'ai peur et je suis seul.
Mes hommes ne me regardent pas comme toi.
Je sais qu'à mon retour, je serai jugé par les rois d'Europe.
Ils ne me jugeront pas comme ils se jugent entre eux.
Ils me puniront selon des critères
qu'ils n'emploieraient pas pour eux.
Prends-moi sur tes genoux
et occupe-toi de moi.
Mettez les chevaux à l'abri.
Par ici, Votre Majesté. Venez.
Dans la grange. Vite !
Tous à l'intérieur !
On va geler, laissez-nous entrer.
Barrez les portes !
Ouvrez !
On va mourir de froid.
Ouvrez les portes !
On va mourir !
Votre Majesté ?
Il est temps de laisser cette misère derrière vous
et de rentrer à Paris.
J'ai trouvé un moyen.
Il y a un traîneau derrière cette bâtisse.
Nous serons à Varsovie dans sept jours.
Et à Paris peu après.
C'est le seul moyen de vous ramener vivant.
Je vous en prie.
Au feu !
Il se propage !
Réveillez-vous. Debout !
Au feu !
C'est un retour triomphal.
C'est moi, le vainqueur.
Alexandre a abandonné sa ville.
Bien qu'il n'ait aucun honneur
et qu'il ait failli à signer un traité de paix,
mon retour dans mon pays prouvera à mon peuple
qu'il n'a personne à craindre.
C'est vous qu'ils craignent, Votre Majesté.
Ils ne craignent que vous.
Pensez-vous que je sois mauvais...
Un homme mauvais avec un sale caractère ?
- Non. - Bien sûr que non.
Vous n'êtes pas idiot.
Ou peut-être que si.
Que les Cosaques vous mangent !
Halte !
Où sommes-nous ?
À Borodino, Votre Majesté.
Les rats s'agitent à Paris à l'idée que l'empereur revienne.
Le pleutre tsar Alexandre sait maintenant
ce dont je suis capable.
Qui d'autre peut déplacer 500 000 hommes à travers l'Europe ?
Un fermier sait désormais qu'il peut devenir maréchal de l'Empire.
Ministre. Cardinal.
Quand j'avance, le monde avance avec moi.
Sur les 600 000 hommes que vous avez envoyés en Russie,
seuls 40 000 sont revenus.
Par conséquent, vous êtes condamné à l'exil,
purement et simplement.
La coalition composée de l'Autriche,
la Prusse, la Russie et l'Angleterre,
avec l'agrément du Conseil d'État,
vous accorde la souveraineté de l'île d'Elbe,
un revenu annuel de deux millions de francs
et des pensions pour les Bonaparte et l'impératrice Marie-Louise.
Il est prévu
que l'impératrice Joséphine
conserve toutes ses propriétés
et reçoive un revenu annuel d'un million de francs.
J'aime trop la France.
Je n'ai jamais rien désiré que sa gloire.
Je ne causerais jamais son infortune.
On veut que j'abdique.
Très bien, j'abdique.
ELBE Mai 1814
C'est bien.
Du vin.
Votre Altesse.
Votre Majesté.
Joséphine.
Je suis sous le charme.
Il est inutile de vous cloîtrer
parce qu'il n'est pas là.
Je sais ce que cela fait d'être sous-estimé.
Mais votre regard,
votre charme
et votre entrain
sont bien là.
Ils vous appartiennent
et vous pouvez en user.
LE TSAR ET L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE VUS CHEZ ELLE À PARIS
L'EX-POULE DE BONAPARTE S'ÉCHAPPE À NOUVEAU DU POULAILLER
Quel jour est-on ?
Mardi.
Le 11 ?
Oui.
Tu connais le tsar Alexandre ?
Non.
Mais tu me connaissais.
Oui.
Tenez.
Cela ne m'apporte aucune joie
d'être avec mon fils s'il est morose et renfrogné.
Vous n'êtes pas voué à mourir sur cette île, mon fils.
Ma femme a reçu l'empereur de Russie.
Chez moi.
Chère Joséphine,
Tu es à moi.
Tu le seras toujours.
Je n'en puis plus.
Je suis sur ce caillou depuis 300 jours
et je suis prêt à rentrer pour reprendre ce qui est à moi :
toi et la France.
Je prends votre navire.
Si vous ne me provoquez pas, vous n'aurez rien à craindre.
Napoléon,
Je suis une fleur qui ouvre ses pétales et sourit au soleil.
Je ne vois pas la tempête imminente
qui va me terrasser et emporter mes feuilles.
Hâte-toi, mon ami.
Si vous voulez bien ouvrir la bouche.
Merci.
Merci.
Vous avez la poitrine congestionnée.
Votre gorge est enflammée.
Je vous conseille de rester alitée.
Mais Napoléon arrive.
Il serait imprudent d'accueillir des visiteurs.
Mais Napoléon arrive.
Je comprends.
Veillez simplement à son confort.
Votre Majesté.
Vous pouvez parler.
Bonaparte, Votre Majesté.
Il est revenu.
Un navire a accosté près d'Antibes, il est en chemin.
Napoléon Bonaparte marche en direction de Paris.
Encore.
Votre Majesté.
Bonjour, colonel.
Votre Majesté.
Le général Marchand,
en défense du gouvernement du roi Louis XVIII,
vous prie de rendre les armes et de cesser votre marche
afin qu'il vous renvoie sur votre île.
Veuillez informer le général que j'aimerais lui parler.
Je ne veux pas me battre contre mon 5e régiment.
À vos ordres.
Il souhaite parlementer.
Apprêtez vos armes !
Joue !
Soldats du 5e régiment,
me reconnaissez-vous ?
Me reconnaissez-vous, soldats ?
Oui, mon empereur !
Vous me manquez.
J'ai le mal du pays
et la nostalgie de nos victoires.
Je veux rentrer chez moi.
Vous joindrez-vous à moi ?
Vive l'empereur !
Votre Majesté.
Merci.
Le 26 mai,
le docteur Corvisart a été appelé.
Il a constaté qu'elle avait la poitrine congestionnée
et la gorge enflammée.
Elle était atteinte de diphtérie.
Le 29 mai,
elle a reçu les derniers sacrements et s'est éteinte.
Personne n'a pensé à m'en aviser ?
Hortense.
M'imputez-vous la faute ?
Aucunement.
Bien entendu.
Je ne porterai pas le fardeau de la responsabilité
du malheur de votre mère.
Les lettres que je lui ai écrites.
Je regrette, je ne les ai pas.
Son valet les a volées.
Où les gardait-elle ?
Dans le cabinet de sa chambre, près de son lit.
Qu'en a-t-il fait ?
Il les a vendues.
Je suis navrée.
Je vous pardonne.
Napoléon Bonaparte
a anéanti le seul titre
dont dépendait sa propre existence.
Cette coalition va rassembler une armée
sur les frontières françaises et belges.
70 000 soldats anglais
et 120 000 soldats prussiens.
Cette vermine a pillé les fermes de l'Europe
pendant que les fermiers ronflaient.
Nous aurions dû porter ce coup bien plus tôt.
Il a retenu le monde en otage avec son égoïsme,
son insatiable soif de pouvoir
et son absence de bonnes manières.
Nous retrouverons le sommeil, sans lui.
Je pense que nous sommes tous d'accord,
le seul regret que nous partageons
est d'avoir laissé la vie à cette vermine.
250 000 hommes avec le traître.
25 000 hommes,
125 000 hommes,
plus 100 000 hommes...
contre nos 125 000 hommes.
C'est une bataille terrestre.
Les Britanniques ne savent pas y faire. Mais moi, si.
Frappons promptement Wellington et Blücher.
Séparons-les pour les défaire.
Empêchons-les de faire leur jonction
ici.
18 juin 1815
Bonjour.
Les Prussiens progressent. Nous devrions lancer l'offensive.
Il faut attendre que le sol sèche.
Blücher n'arrivera pas à temps. J'aurai Wellington avant midi.
J'évite de me mouiller si je le peux.
Que dois-je dire aux hommes ?
De faire cesser la pluie.
C'est votre heure, soldats.
Écoutez-moi bien.
La patience est à l'ordre du jour. C'est elle qui l'emportera.
Nous devons tenir notre position.
Qu'ils viennent à nous !
Hourra !
Bonjour, général Blücher.
Bonjour !
Heure d'arrivée estimée ?
- Aide de camp ? - Dans 5 heures environ.
Dans 5 heures environ.
Allez, hue !
Le voilà.
Il a l'air...
d'être endormi.
Il est une chose à laquelle vous ne pouvez résister, mon ami.
Une attaque frontale.
Voyons comment ce général peut nous attaquer.
Général.
J'ai l'empereur en ligne de mire. Ai-je l'autorisation de tirer ?
Certainement pas.
Les généraux en chef ont mieux à faire que de se tirer dessus.
Ne tirez pas, sous peine de mort.
Allez, plus vite !
Laissez passer l'estafette !
Blücher, 11 à 12 miles.
- Blücher, 11 à 12 miles. - Bon sang !
Un rapport toutes les heures.
Estafette, laissez passer !
Des Prussiens sur la route, à 19 km.
Des Prussiens ont été aperçus sur la route.
À 19 km.
Mettez les canons en batterie.
La pluie a cessé.
Feu sur mon ordre !
Feu !
À couvert !
En position.
Tenez-vous prêts pour l'assaut.
Tenez-vous prêts.
Tous en position !
Réglez la hausse à 19 !
Pointez, hausse 19 !
Hausse : 19.
Batterie prête !
Sur mon ordre...
Feu !
Baissez-vous !
Plus vite !
Fantassins...
En avant !
Voltigeurs !
À mon commandement...
Marche !
En formation !
Repoussez-les !
Resserrez-vous !
Deuxième ligne !
En avant !
À l'assaut !
En rangs serrés !
Artillerie...
Feu !
Tenez bon !
Feu !
Vous, allez servir cette pièce.
Aidez-le !
Refermez la brèche !
Repoussez-les !
Formation en tirailleurs ! Continuez !
Restez en formation.
Feu à volonté.
Tenez-les à distance.
Allez ! Ne les laissez pas se regrouper.
Au galop ! Allez, hue !
Prussiens sur la route, à 8 km.
8 km, peut-être moins.
Il faut agir avant l'arrivée de Blücher.
Dehors.
Dehors !
Cavaliers !
Chargez !
Préparez-vous au choc.
Défendons nos positions.
Nous tiendrons jusqu'au dernier.
Nous ne devons pas être vaincus !
Sinon que diront-ils en Angleterre ?
Tenez la ligne !
Vive l'empereur !
Compagnie, halte !
Formez le carré !
Vive l'empereur !
Première section, tirez !
Deuxième section, tirez !
Que faisons-nous ? On ne peut pas les enfoncer.
Laissez-les courir. Reformez le carré !
Présentez vos armes !
Portez vos armes !
Ils sont là. Les Prussiens.
Ils ont franchi la colline.
Il faut créer une brèche !
Brisez le carré !
Baïonnette au canon.
Baïonnette au canon !
Votre empereur est avec vous.
Vous êtes les braves d'Austerlitz.
Ne capitulez jamais.
Pour la patrie et pour la gloire !
Au coude à coude.
Formez la ligne !
Au coude à coude.
Prêts !
Fantassins, en avant.
Bataillon !
Au son du tambour !
En avant !
À bout portant. Feu !
Deuxième rang. Feu !
Préparez-vous à charger.
Chargez !
À l'assaut !
On envoie la cavalerie ?
On envoie la cavalerie.
Préparez contre-attaque.
Cavaliers, en avant.
Au grand galop !
C'est plus fort que lui.
Mon général, voilà Blücher.
Dieu soit loué.
Votre Majesté !
Venez voir comment meurt un maréchal de France !
La victoire m'appartient.
La guerre va prendre fin.
Juillet 1815
Officier sur le pont !
Bonjour, bonjour.
Je reconnais volontiers mes erreurs.
Mais je n'en fais jamais.
Ce n'est que de la géométrie.
Je sais précisément où placer les canons.
Hélas, je ne peux pas transmettre ce savoir à mes maréchaux.
Voilà peut-être la chose la plus difficile de la vie.
Accepter les faiblesses d'autrui.
Vous ne devez pas le faire.
Encouragez l'excellence.
Attention à votre tête.
Attention à votre tête.
- Que font-ils ? - Les aspirants l'adorent.
Faites-les sortir.
Sortez. Dépêchez-vous.
- Monseigneur. - Général.
Ces garçons sont adorables.
Puis-je m'asseoir ?
Je vous en prie.
Et ce déjeuner...
Je comprends d'où vient l'efficacité de votre marine.
Merci.
Je n'ai jamais visité la campagne anglaise.
J'imagine les Cotswolds.
Les collines arrondies,
la douce lumière.
Mon cher, ce n'est qu'à quelques voix près
que vous avez échappé à l'exécution.
Je crains qu'il soit impossible
que mon gouvernement vous autorise à rester en Angleterre.
On vous accorde 3 officiers et 12 domestiques
pour vous accompagner dans votre exil.
Vous demeurerez sur l'île de Sainte-Hélène
sous l'œil vigilant du gouverneur Hudson Lowe
et de sa famille.
Sainte...
Hélène.
C'est une petite île.
Plutôt un caillou, en réalité.
À 1 000 miles du continent africain.
C'est très joli, paisible.
Vous aurez le temps de réfléchir.
Votre correspondance sera surveillée,
et votre présence vérifiée deux fois par jour par un officier.
Je vois.
Si j'avais pu débarquer sur le sol britannique,
vos lois m'auraient donné droit à un procès équitable.
Vous m'en privez.
N'oublions pas que je ne suis qu'un homme.
Vous-même l'avez oublié.
Vous vous êtes pris pour un dieu.
Je n'ai jamais dit pareille chose.
EXIL À SAINTE-HÉLÈNE 15 octobre 1815
Que feras-tu à présent ?
Je n'aime pas t'imaginer seul.
Me rejoindras-tu ?
Vais-je te pardonner ?
Mon doux et têtu empereur.
Je t'ai laissé partir et courir à ta perte.
La prochaine fois, ce sera moi, l'empereur.
Et tu m'obéiras.
Eh bien,
tu avais raison.
Je prie tous les soirs pour te voir dans mes rêves.
Et quand cela arrive,
tu m'éconduis.
De la précision !
De la précision.
Pas si vite.
D'abord, on se salue.
Puis, on baisse son arme.
En garde.
Pied gauche en arrière.
Oui.
Ensuite, deux attaques.
Prime
et seconde.
D'accord ?
Prends-le.
Très bien.
C'est plus amusant.
Quelle est la capitale de la France ?
Paris.
Et de la Russie ?
Pétersbourg. Et Moscou avant cela.
Moscou.
Qui a réduit Moscou en cendres ?
Je l'ignore.
C'est moi.
Il me semble que les Russes l'ont brûlée,
pour faire partir les Français.
Qui t'a dit cela ?
Tout le monde le sait.
Filez.
Allez jouer.
En garde !
Puis-je te dire ce que j'ai pour toi ?
C'est un secret.
Je te montrerai à ton arrivée.
Rejoins-moi, Napoléon.
Que l'on puisse tout recommencer.
Napoléon Bonaparte mourut le 5 mai 1821, après 6 années d'exil à Sainte-Hélène.
Il mena 61 batailles au cours de sa carrière militaire...
TOULON : 6 000 morts
MARENGO : 12 000 morts
AUSTERLITZ : 16 500 morts
LA MOSKOWA : 71 000 morts
WATERLOO : 47 000 morts (une journée)
INVASION DE LA RUSSIE : 460 000 morts
1793 - 1815 : plus de 3 millions de morts
Ses derniers mots furent...
France...
Armée...
Joséphine
Pour Lulu
Adaptation : Antonia Hall
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
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