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Le Secret Service américain, est né avec la fameuse "Affaire Gustave".

L'identité de Gustave-Benoît-Arnold est connue depuis des générations,

mais l'histoire de son identification n'a été révélée que ces dernières années.

Voici cette histoire.

Nous sommes en 1780 ...

Le lieu, les hauts plateaux de l'Hudson.

C'est l'année décisive pour la révolution américaine.

Un temps sombre pour les colons.

Une époque exaltante pour les Britanniques.

L'armée des Tuniques Rouges détient les points clés le long de la côte atlantique ...

... et occupe New York City, avec des forces terrestres et navales disposées ...

... à frapper sur le fleuve Hudson et à diviser en deux la jeune nation.

Seule la forteresse de West Point qui contrôle les points étroits du fleuve ...

... résiste entre les Britanniques et leurs objectifs.

La garnison du fort, composée de miliciens,

faibles en nombre, mais fort déterminés,

portant les uniformes des 13 colonies ...

... mais marchant ensemble comme une seule nation.

Le commandant en chef, George Washington, a nommé le général le plus capable et digne de confiance,

Benedict Arnold.

Repos, les gars.

Je n'ai jamais eu beaucoup de baratin pour faire des discours.

Je laisse ça aux politiciens du Congrès.

En fait, je garde mon baratin pour eux.

Certains d'entre vous étaient avec moi à Québec.

Et certains d'entre vous m'ont suivi sur la terre des Indiens autour du lac Champlain.

Et beaucoup d'entre vous étaient avec moi à Saratoga ...

... où je suis parvenu à régler son compte à Burgoyne.

Et si Sir Henry Clinton veut remonter le fleuve,

on va lui faire comprendre à qui il a affaire. Pas vrai, les gars ?

Des jours sombres nous attendent, les gars.

Je ne peux pas vous promettre une vie facile ou longue.

Mais, je peux vous promettre une chose :

Quand la bataille aura commencé, je ne serai pas derrière vous,

je serai devant vous !

Et maintenant, pour célébrer nos retrouvailles, vous aurez une ration supplémentaire de rhum ce soir.

Disposez !

Vous restez dîner, général ?

- Je vous promets quelque chose de mieux que du rhum. - Je voudrais bien...

... mais j'ai l'ordre de me présenter immédiatement à North Castle.

Bolton !

Repos, Major !

- Je suis heureux de vous revoir. - C'est un honneur, monsieur.

Nous nous sommes rencontrés quand j'étais commandant à Philadelphie.

Je ne pensais pas que vous étiez dans la région, Major.

Je suis arrivé récemment, monsieur.

J'espère que vous et madame Arnold êtes en bonne santé, monsieur.

Nous le sommes, mais madame Arnold s'est mise à l'abri. Elle est restée à Philadelphie.

Je me porterais mieux si je connaissais les plans de Clinton.

J'ai toujours pensé que l'armée avait besoin d'un corps de voyants.

Je croyais que vous en aviez un, Major.

Le Général Washington se dit très satisfait de votre organisation.

Et d'ailleurs, ça nous aiderait beaucoup si nous pouvions communiquer avec quelqu'un parmi vos... associés.

J'ai juré de ne pas révéler leurs noms à qui que ce soit, monsieur.

Je comprends très bien, Major.

Soyez sûr que je veillerais bien à leur sécurité.

Je suis désolé de ne pouvoir vous donner aucune information, monsieur.

Très bien, Major.

Je crains que vous n'ayez mécontenté le Général Arnold.

Je serais heureux d'abandonner cette mission, Monsieur, et d'être renvoyé à l'avant-garde.

Il semble que vous ayez eu des difficultés.

En fait, c'était assez facile. Tirer dans le dos de quelqu'un a toujours été facile.

J'ai récupéré ça la nuit dernière à la taverne "Storm King". Il semble que ce soit leur dernier courrier pour le moment.

Ah, à nouveau M. James Osborne ...

... Via Dr. Jonathan Odell, 4 Wall Street - New York.

Ah, Gustav semble utiliser une écriture plus obscure que d'habitude.

Le message dit que le Général Washington ira à Hartfort le 20 du mois,

escorté de seulement 50 hommes.

Heureusement pour le Général, les Britanniques ne l'ont pas reçu.

Nous avons saisi un autre message de Gustav, plus tôt dans la semaine.

Il dit que le général Arnold va prendre le commandement à West Point.

Et cette information était secrète, monsieur.

Gustav doit occuper une position très élevée.

Ah, s'il apprenait que ses messages ne parviennent pas aux Tuniques Rouges !

Nous devons le coincer avant qu'il ne l'apprenne.

Jolie, n'est-ce pas?

Oh, Major, bonsoir.

Bonsoir, Ben.

Quel véhicule de luxe ! Quelqu'un aime voyager dans le confort.

Une femme Tory, monsieur, amie des Tuniques Rouges, de Boston.

Comment sais-tu qu'elle est amie des Tuniques Rouges ? - Son mari est l'un d'entre eux.

Elle va à sa rencontre à New York.

Tu penses qu'elle pourrait transporter un message sur elle ?

Elle voyage avec une escorte sous drapeau blanc.

Elle pourrait le faire facilement. Je jurerais qu'elle le pourrait !

Alors, obtiens-le, s'il en est ainsi.

Vous me dites que je dois garder l'oeil, monsieur.

- Tu nous aides beaucoup, Ben. - Je vous remercie, monsieur.

Et je suis armé, si nous avons des problèmes.

Si nous avons des problèmes, tu ferais mieux de te cacher sous ton lit.

Je ne suis pas un bébé, monsieur.

Désolé, Ben.

A qui est le noir à la bride dorée ?

Au Colonel, monsieur, Colonel Winfield, 2ème Cavalerie légère, Connecticut.

Je ne crois pas que ces gens deviendront un jour des soldats.

Bonsoir, messieurs, mon nom est Bolton, 5e Dragon.

Winfield, 2ème Cavalerie légère, Connecticut.

Blair, monsieur, infanterie du Massachusetts.

- Evans, monsieur. - Sheldon.

Les deux messieurs qui luttent avec le grog sont Kimberley et Rodward.

Je ne connais pas l'autre monsieur en civil.

En poste ici, Major ?

Non, monsieur, je suis de garnison qui veille sur le fleuve.

Ah, il est facile de passer ce fleuve, croyez-moi !

Il ne serait pas étonnant que nous perdions la guerre.

- La perdons-nous, monsieur ? - En tous cas, nous ne la gagnons pas !

A Tumbertown, nous étions à 10 contre un. Les nôtres ont été écrasés et massacrés.

Nous allons avoir besoin de votre aide.

Désolé, messieurs, mais je vais voir ma chambre.

La dame prend son dîner dans le salon.

Mon père est occupé à la cuisine.

Fouillons sa chambre.

Quel est le nom de la dame, Ben?

- Cameron, monsieur. - Ca semble correct !

De la poudre parfumée.

C'est une chose qu'on n'enlèvera pas aux Tories: elles sentent bon généralement.

Ce n'est parfois pas le cas des dames Whigs.

Tu sais, Ben, je viens de faire une assez intéressante observation philosophique.

- Comment monsieur ? - La politique a une odeur.

De quelle couleur sont les yeux de la dame, Ben ?

Je n'ai pas regardé, monsieur.

Quand tu auras un an ou deux de plus, tu regarderas.

Pourquoi demandez-vous ça?

Elle semble avoir une silhouette intéressante.

Je pense que cela irait bien avec ça.

La bassinoire.

Rien ici, monsieur.

Rien pour nous, en tout cas.

Je crains que ce ne soit pas un endroit pour un gars qui est depuis si longtemps dans l'armée, comme moi.

Peut-être que je pourrais vous aider, si vous dites ce que vous cherchez.

Mes ... mes excuses, Mme Cameron.

Parfois, la guerre rend les bonnes manières difficiles.

Vous avez l'intention de mener la guerre dans ma chambre?

- Pas devant le petit. - Sortez !

- Vous partez pour New York? - Sous drapeau blanc.

- Et votre seul but est de rejoindre votre mari ? - Oui.

- Mes compliments au vieux monsieur. - Vous le connaissez ?

- Pourquoi? - Vous avez dit vieux.

Oh, j'ai simplement deviné.

Je suppose qu'un jeune homme ne pourrait pas vous entretenir.

Je ne veux pas continuer cette conversation. S'il vous plaît, partez si vous avez fini vos recherches.

Je n'ai pas terminé.

Il me semble que vous avez tout regardé très soigneusement.

Tout sauf ce que vous portez sur vous.

Cette fouille n'est pas nécessaire, Major.

J'ai un sauf-conduit pour traverser les lignes, signé par le général Parsons.

Votre serviteur, Mme Cameron.

Viens, Ben.

Je crains que nous ne devions garder ceci pour le moment.

Excusez-moi.

Je suis désolé que nous n'ayons rien trouvé de plus, Monsieur.

Je le suis aussi.

- Même chambre que d'habitude ? - Bien sûr, monsieur.

- Cest bien, Tony, merci. - Oui, monsieur.

Merci, Ben.

Entrez.

Vous profitez de l'air du soir, Major ?

Il y a un frisson de méfiance dans l'air, Madame.

Moi, je le trouve assez frais.

J'ai remarqué que vous n'aviez pas de sous-vêtements en laine.

Major, je ne sais pas pourquoi vous me retenez, mais vous faites une erreur.

Je passe les lignes pour des raisons personnelles qui n'ont rien à voir avec la guerre.

En ce qui me concerne, je ne vais pas vous retenir plus que nécessaire.

- Quelques jours. - Quelques jours ? Je ne peux pas attendre aussi longtemps.

Vous serez très à l'aise ici si on ferme les fenêtres.

Vous savez mieux que moi que les combats peuvent arriver jusqu'ici ...

... à tout moment, et que je n'aurai alors pas le temps de traverser les lignes.

C'est possible.

J'aurais voulu trouver un moyen de vous convaincre.

Cela changerait-il quelque chose si je vous permettais de retourner dans ma chambre pour compléter votre fouille?

Je trouverais juste cela inélégant.

Parfois, on doit tolérer des choses inélégantes.

Vous semblez très désireuse de continuer votre voyage.

Vous confondez désir et nécessité, Major.

Vous devez m'excuser, Mme Cameron.

Dans d'autres circonstances je serais heureux de vous donner satisfaction, mais ...

Dans d'autres circonstances, vous n'en aurez pas l'occasion.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Dites-moi, jeune homme, est-ce qu'un monsieur Moody réside ici ?

Il y a un gentleman dont je ne connais pas le nom.

Je vais lui demander.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Excusez-moi, monsieur, votre nom est Moody ?

L'une des rares choses que je peux certainement vous dire, c'est que mon nom n'est pas Moody.

Merci, monsieur.

- Ce n'est pas M. Moody, monsieur. - Très désagréable.

Les bons samaritains sont souvent malheureux.

Quand j'étais à Philadelphie, un libraire m'a demandé de remettre ce livre à M. Moody ici.

Maintenant, me voila, mais M. Moody n'est pas là.

- Il est encore tôt, il peut se montrer, pourquoi ne pas attendre, monsieur? - Oui.

- Ben, prends soin de son cheval. - Oui, monsieur.

Merci.

- J'ai entendu quelqu'un mentionner M. Moody ? - Oh, oui!

Vous cherchez Jared Moody?

C'est son nom. On m'a chargé de lui livrer ceci.

Et comme cela arrive souvent avec un bon Samaritain, j'ai des problèmes.

- Je suis aussi un Samaritain. - Oh! - Je dîne avec M. Moody demain soir.

Je serais heureux de le livrer pour vous là où il se trouve.

Je vous le laisse alors. Merci monsieur et bonne nuit.

Bonne nuit.

Qu'est-ce qui se passe, Major ?

Donnez-moi le paquet.

Vous êtes devenu fou ! Comment osez-vous me menacer ?

Vous serez peut-être intéressé de savoir, Colonel, qu'au 2e Régiment de cavalerie légère du Connecticut ...

... on n'a que des chevaux gris.

Je prends le paquet.

Il y a eu un accident, je dois trouver un médecin.

- Arrêtez ! - Arrêtez-le !

Il a tiré sur le colonel.

Ne bougez pas, monsieur.

Je serai un prisonnier très docile, monsieur.

Avant que vous l'ameniez où que ce soit ...

... Major, je vous suggère de me rendre mon passe !

Nous devons le ramener au QG de la Division.

Le Général Howe, est mon officier supérieur.

Vous verrez que je suis de sa juridiction.

- Major Bolton, monsieur. - Qu'il entre !

Major ...

- Attendez dehors, Brewster. - Oui, monsieur.

- Au cas où vous auriez des remords, vous avez tué le bon. - J'ai dormi comme un bébé, monsieur.

Le vrai nom du colonel Winfield était Moody.

Ou, tout du moins, c'est le nom qui est sur son passe pour les lignes britanniques. On l'a trouvé dans sa botte.

Il avait aussi une autre lettre de "Gustave".

Pour M. Osborne à nouveau.

La même adresse, Dr. Odell à New York.

- L'avez-vous déchiffrée, monsieur ? - Non! J'ai mis mes meilleurs hommes dessus et rien !

Il ont encore changé le code.

Et pour le paquet ?

Un simple paquet de papiers blancs.

Maintenant, tout ce que vous avez à faire c'est de passer la nuit dans une froide prison.

A part la lettre, nous n'avions rien trouvé dans le paquet ...

... jusqu'à ce que nous découvrions ceci.

Je vais vous montrer.

"Cher Gustave, je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas vos nouvelles ".

"J'espère juste que tout va bien."

"Mon patron est très occupé à négocier, il y a beaucoup de spéculation".

"Il a dans les mains un grand nombre de produits, secs et humides ".

De toute évidence, les forces navales et terrestres.

"Cependant, il doit les mettre sur le marché au plus vite".

"Il veut que la réunion se tienne au plus tôt, en un lieu discret ... "

"... afin de fixer les conditions et de savoir quel capital vous pouvez investir. "

"Votre fidèle serviteur, Osborne. "

Il semble que les "grands spéculateurs" soient prêts pour une attaque.

Peut-être que vous pouvez y participer, Major.

Vous êtes une sorte de spéculateur, vous-même.

Pour tout le monde, vous venez de tuer votre officier supérieur.

Supposons que vous vous échappiez avant le procès, et que vous désertiez pour rejoindre les Anglais.

Pour qu'ils vous croient, vous apportez la lettre de Gustave pour Osborne.

Ils vont se demander pourquoi Moody ne l'a pas apportée lui-même.

Je vais donc annoncer que j'ai donné l'ordre de l'arrêter comme espion.

Vous supposez, monsieur, que les Britanniques ne savent pas que Moody s'est fait passé pour le colonel Winfield.

C'est juste. S'il le savent, vous serez naturellement pendu. Voici votre passe.

Maintenant, ce n'est pas un ordre.

C'est une demande que vous pouvez refuser.

Halte!

Où est l'officier de garde ?

Faites le venir ici, sergent.

J'ai un sauf conduit pour passer vos lignes.

Bien, donnez-le moi.

- Destination ? - New York.

Mettez-vous dans la lumière que je vous voie.

Très bien, vous pouvez passer.

Merci.

- Sergent! - Monsieur!

Vous rappelez-vous d'un certain M. Moody qui est passé ici semaine dernière ?

- Oui, monsieur. - Eh bien, il est revenu ...

... mais il a un autre visage.

- Je veux votre cheval le plus rapide. - Oui, monsieur.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, Je voudrais voir le Dr Odell, s'il vous plaît.

Par ici, monsieur.

Je crains qu'il ne soit en mauvais état.

Dr. Odell ?

Oui.

Vous semblez intéressé par mon diplôme d'Edimbourg.

Il témoigne de mes compétences dans le domaine médical.

Peut-être que vous voulez savoir la cause de son état de délabrement.

- S'il vous plaît, asseyez-vous. - Merci.

J'ai enseigné au collège à Philadelphie.

Les gens là-bas n'étaient pas d'accord avec mes méthodes de dissection.

Ils m'appelaient "Voleur de tombes" ...

... ignorant le fait que l'ultime but de ma recherche scientifique ...

... leur serait bénéfique ainsi qu'au reste de l'humanité.

Des rebelles ignares ont envahi ma maison et ont tout détruit.

J'ai eu la chance de réussir à fuire à New York avec les restes de ce diplôme.

Il vous a été plus facile de continuer vos recherches ici, docteur?

Au moins, avec la guerre ,on ne manque pas de matériel.

Toutefois, cela ne relève pas d'une conversation avec un nouveau patient.

Que puis-je faire pour vous ?

Je trouve difficile à croire que vous ayez besoin d'une aide médicale, monsieur.

Ce n'est pas une visite professionnelle, monsieur. Je suis à la recherche d'un M. Osborne.

James Osborne.

Osborne ?

James Osborne, hein ? Je crains de ne pas le connaître.

Mais il semble que lui vous connaisse. J'ai une lettre pour lui adressée à votre attention.

Pour le moment, laissez-la moi.

Si M. Osborne se montre, je la lui donnerai.

Êtes-vous sûr que vous ne vous en souvenez pas, monsieur? Peut-être qu'il est votre patient.

Je ne connais pas ce monsieur !

Je vois.

Allons, monsieur, je suis un homme occupé. Je vous ai demandé de me donner la lettre. Faites, s'il vous plaît !

Je dois la donner en mains propres.

Bonne journée, docteur.

Je pense que j'ai fait une erreur de diagnostic quant à votre état de santé, monsieur.

Une petite saignée pourrait être indiquée.

Sauf, bien sûr, si vous préférez me donner la lettre.

Maintenant, vous vous souvenez de M. Osborne, James Osborne.

Tournez-vous !

Maudit cochon de rebelle !

- Rebelle ? - J'ai déjà eu un de ces rebelles en mains.

Je reconnais ce sentiment.

Je ne sais pas pourquoi vous m'avez suivi, Lieutenant.

J'exige de voir votre officier commandant immédiatement.

Vous n'êtes pas en position d'avoir des exigences, M. Moody !

M. Moody ?

Eh bien !

Regardez, docteur.

Très intéressant.

Très... si c'est authentique.

Mais c'est peut être astuce pour gagner notre confiance.

Ce que cet homme voulait réellement, c'était rencontrer M. Osborne.

Je dis que c'est un espion, et je vous conseille de ne pas prendre de risques.

Si je suivais vos conseils, je devrais suspecter l'ensemble de la population de l'Amérique du Nord.

- C'est peu pratique. - Qu'est-ce que vous considérez pratique, Major André?

Ecoutons ce qu'il a à dire. Je veux avoir les deux points de vue de chaque question.

Même le vôtre, docteur.

Bonjour, M. Moody.

Vous aimez ce portrait ?

Je suis surpris de le trouver dans cet environnement, monsieur.

Lorsque nous occupions Philadelphie, je suis allé à la maison de Benjamin Franklin.

Je n'ai pas pu resister, j'ai emporté un portrait de lui avec moi.

L'autre meilleur choix aurait été de capturer ce vieux monsieur.

Après avoir capturé ce vieux monsieur, la meilleure chose à faire serait de le pendre.

Docteur, s'il vous plaît, votre commentaire est indécent pour M. Moody ...

... dans les circonstances actuelles.

J'espère que vous ne penserez pas cela, monsieur, quand vous aurez appris toutes les circonstances.

Je serais ravi de les entendre.

Venez, Docteur.

Si cela ne vous dérange pas, monsieur, cela est très confidentiel.

Sur ces questions, je n'ai aucun secret pour le docteur.

Vous parez comme un gentleman, et ...vous avez l'attitude d'un soldat, M. Moody.

Mon nom est John Bolton, monsieur.

Jusqu'à il y a deux jours, j'étais Major au 5e Dragons à New York.

Et maintenant, qu'est-ce que vous êtes?

Un déserteur !

Un rebelle traître...

S'il vous plaît, docteur. Je préfère le mot colon. Il est plus conciliant.

Votre pratique de l'escrime est excellente.

Vous permettez ?

Quand vous voulez !

Splendide !

Est-ce juste un exercice, Monsieur, ou sommes-nous sérieux ?

Allez-vous changer votre style si nous sommes sérieux ?

Absolument !

Vous m'intriguez !

Vous savez, docteur, un homme montre son caractère à la façon dont il manie son épée.

Je dirais que vous êtes agressif, et un peu têtu.

Et très intelligent !

- Compliments. - Merci.

Je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi un homme comme vous joue un autre personnage.

Quand j'étais encore dans l'armée américaine, je travaillais avec Moody, je lui donnais des informations.

Pourquoi ?

Il me payait.

Vous ne croyez pas en l'idéal de l'Indépendance ?

Je n'ai jamais cru en aucun idéal, monsieur !

- Quel dommage ! - Pourquoi M. Moody vous a-t-il envoyé vers nous, Major Bolton?

Je crains qu'il ne puisse venir lui même. Il est en prison.

Je suis parvenu à tromper ses gardiens et il m'a donné ces papiers.

J'allais les livrer de la façon habituelle à la taverne "Storm King", mais ...

... un camarade officier se méfiait de moi et j'ai dû le tuer.

On m'a arrêté, mais j'ai réussi à m'échapper quand on m'a ammené au général Howe, pour interrogatoire.

A présent, j'aimerais vous offrir mes services, monsieur.

Asseyez-vous, M. Bolton.

Merci.

Intéressante histoire, vous ne trouvez pas, docteur?

Une histoire bien propre.

Bien trop propre, et pleine de coïncidences commodes.

Vous parlez comme un critique de théâtre.

Si je le fais, c'est parce que le récit de cet homme ressemble à une pièce que l'on jouerait.

Le docteur a raison.

Votre histoire sonne un peu comme l'une des pièces de M. Sheridan, et une très bonne !

Cela plaide en ma faveur, monsieur, les bonnes œuvres sont toujours basées sur des faits réels.

Vous parlez comme un prof !

Avant de rejoindre l'armée,... il y a mille ans,

... j'étais maître d'école. - Avant de trouver refuge dans l'armée ...

...j'étais ... comptable. et je détestais ça.

J'ai toujours été ce que je suis maintenant, un scientifique.

Et j'ai appris à ne pas accepter quoi que ce soit sans preuves convaincantes.

Alors, vous trouverez très peu de choses dans la vie, que vous pouvez accepter, monsieur.

Personnellement, Docteur, je préfère faire confiance à mon instinct.

Et mon instinct, dans cette affaire, c'est ...

... voyons ce que vous avez à nous offrir, professeur, pour ... notre instruction.

J'espère que la leçon ne sera pas amère, Major André.

Si c'est le cas, ça me rendra plus prudent, moi aussi.

Je vous raccompagne, Docteur.

Nouvelles Enchères ... Maison du Rhum

Le docteur estime que j'ai une incurable foi dans l'humanité.

C'est une maladie sympathique, monsieur.

Je me réjouis d'en souffrir.

-J'espère que vous ne ferez rien pour m'en guérir ! -Je laisse cela au docteur.

- Mes talents s'exercent dans un autre domaine, monsieur. - Oui, et j'ai l'intention de les utiliser.

Nous discuterons de la méthode ce soir si vous avez la bonté de venir à 19 h.

Avec grand plaisir, monsieur

- Peter, voici monsieur Bolton. - Monsieur.

Si vous souhaitez vous reposer et prendre un bain, je vous recommande la taverne "Fronsis". Peter vous accompagnera.

- Et voyez peut-être un tailleur pour vous faire de nouveaux vêtements. - Très bonne suggestion, monsieur.

Assurez-vous bien d'aller chez "Fronsis".

On pourra vous trouver un modèle convenable pour que je puisse vous montrer.

- Bonne journée, monsieur. - Bonne journée.

Le Major André m'attend.

Oui monsieur. Le Major André est en réunion, dans le salon avec les invités, monsieur.

Par ici, s'il vous plaît.

Ah, Bolton, venez. Il y a là des amis que je veux vous présenter.

Gentlemen, monsieur Bolton.

- Colonel Simcoe de la gendarmerie royale. - Enchanté.

- Colonel Tarsant - Oh, j'ai entendu parler de vos commandos, monsieur.

- Très aimable de votre part. - Et voici le capitaine Larsen.

- Monsieur. - Monsieur.

Excusez-moi.

Sally, ma chérie !

J'allais faire les présentations mais cela ne semble pas nécessaire.

- Oui ! - J'imagine que vous vous êtes rencontrés à l'auberge "Storm King".

Tout à fait involontairement, je vous l'assure.

Je crains que les circonstances aient été un peu inconfortables pour Mme Cameron.

Mademoiselle Cameron ! Major Bolton.

Pas Major, monsieur Bolton !

A force de voyager sous de fausses couleurs...

Sous les mêmes couleurs, celles des loyalistes.

Je ne savais pas que les forces de Sa Majesté...

... employaient l'assassinat de sang-froid comme tactique.

J'ai appris plus de détails et j'ai compris que l'affaire était un accident regrettable.

C'était un accident, M. Bolton ?

Tout au moins était-ce regrettable.

Heureusement pour vous, cet après-midi j'ai appris l'assassinat d'un officier américain.

Maintenant que je sais que vous en êtes responsable, je peux faire confiance à mon instinct et me fier à vous.

Actuellement, mon seul intérêt est de vous servir.

Quoique vous n'ayez aucune raison de vous fier à moi.

Vous m'avez donné une très bonne raison: vous avez été honnête avec moi.

- Vous appliquerez cet onguent trois fois par jour. - Merci, docteur, merci beaucoup !

Si cela lui rend la santé, je serai l'homme le plus étonné de New York.

Suivant !

Diable, Docteur, vous n'arrêtez pas de vous laver !

C'est parce que la dernière patiente était un mauvais cas d'eczéma.

Je suis d'accord avec la théorie selon laquelle l'infection est causée par de microscopiques ...

... Oui ... par de très petits organismes appelés germes.

Ces petites choses vous transmettent la maladie quand touchez une personne infectée.

Donc, je me protège en me lavant les mains.

On ne pourrait pas juste bien brosser, docteur ?

Nous pourrons discuter de théories médicales, à un autre moment.

Le Major André sera bientôt là avec un gars nommé Bolton.

- Il pourrait bien nous aider, s'il est honnête. - L'est-il ?

S'il essaie de nous trahir, tuez-le.

Si vous ne lui faites pas confiance, pourquoi l'envoyer avec nous ?

Aucun civil ne peut remettre en question les décisions de l'armée.

Les forces de sa Majesté sur ce misérable continent....

...ont décidé que vous deviez être trois pour cette expédition.

Entrez !

Bonjour messieurs. M. Bolton, M. Brown, M. Durkin.

- Charmant ... Cela semble être un endroit idéal pour expliquer notre opération.

Votre opération, M. Bolton !

Le fleuve Hudson. Et ici, c'est New-York.

Ici ... West Point. Et là, c'est Stony Point.

Du côté opposé, Verplanck.

Nous savons qu'il y a une chaîne tendue entre ces deux points pour barrer le fleuve à nos bateaux.

M. Bolton connaît bien le terrain, ainsi que la manière dont la chaîne est faite.

- M. Bolton ... - La chaîne est montée sur 14 radeaux de rondins.

Les quatrième, huitième et douzième radeaux sont ancrés sur les maillons de la chaîne par des attaches ...

... afin que les bateaux puissent passer.

Si on retire l'épingle d'une des attaches et qu'on la remplace par une corde...

la pression exercée par un bateau, même petit, rompra la corde.

- C'est facile. - Non, ce n'est pas facile.

- Tout d'abord, le courant est très fort. - Et la zone est pleine de troupes ennemies.

Ici, ici et ici. Vous devez éviter les patrouilles.

Il y a des troupes ici et ici pour protéger la chaîne.

Mais ... elles seront occupées par des attaques de diversion pendant que vous opérez.

Vous commanderez. Lorsque vous en aurez terminé avec la chaîne, allez vers le nord à la taverne "Storm King".

Un gentilhomme nommé Emily sera là. Vous lui donnerez ceci.

Un nom curieux pour un homme : Emily !

C'est un curieux homme !

Là, sur le fleuve. Les Tuniques Rouges attaquent, sans doute !

Qu'est-ce qui se passe ? Nous ne pouvons rien y faire !

Et si tu vas mettre ton nez dans une quelconque...

... bataille, tu y laisseras ta vie et tu n'aurais rien à y gagner.

Oui monsieur.

J'ai besoin de lumière.

Attrapez ça

-Bolton ! Où est Brown ? -Durkin, venez par là !

Que s'est-il passé ? Où est Brown ?

Dépêchez-vous, tirez la barque.

Venez par ici, allons !

- Arrêtez vous deux ! - Ben, grâce au ciel, c'est toi !

Arrêtez Major, un pas de plus et je tire !

- Mais Ben ! - Restez où vous êtes !

Je vous avertis, Major, lâchez ce pistolet ou je tire !

Lâchez-le !

Ecoute Ben, écoute bien !

- Cet homme est un espion anglais. - Et vous êtes un meurtrier !

C'est lui l'espion britannique, jeune homme. Ne vous laissez pas tromper comme il m'a trompé.

Il a découvert que je suis un patriote, et il voulait me tuer.

- C'est un menteur, Ben. - Vous avez déserté et rejoint les anglais !

Ben, ignore ce que tu penses que j'ai fait et crois ce que je te dis maintenant.

Comment le pourrais-je quand le général Howe offre une récompense pour votre tête.

-Tu dois me faire confiance, Ben ! - C'est l'erreur que j'ai faite, jeune homme.

C'est lui l'espion anglais.

Ben, regarde, cette homme détient une lettre.

Il est vital pour nous de lui prendre cette lettre et de la donner au général Howe.

C'est bien plus important que ce qui peut nous arriver à moi ou à toi !

C'est un truc, jeune homme, cette lettre ne vaut rien. Il essaie de vous embrouiller.

Laissez-moi voir la lettre et je déciderai par moi-même.

Très bien, mon garçon, vous verrez que je dis la vérité !

Je ne voulais pas le tuer.

Je ne savais pas quoi faire.

J'ai toujours pensé que vous étiez mon ami, mais...

...que faire s'il disait la vérité ?

Prends Ben, celui-ci est chargé.

Non, monsieur, gardez-le.

Le Général Washington m'a donné cette épée, monsieur,

et il m'a aussi donné ces galons.

Et il m'a donné le commandement de cette région. Il a défié le Congrès pour cela !

- Je n'entends pas le décevoir. - Je suis sûr que vous ne le ferez pas, monsieur.

Mais quel autre choix aurais-je, si le Gal Clinton attaque ce soir ?.

Et il attaquera ! Peut-être pas ce soir, peut-être pas demain soir ...

...mais sûrement avant que l'aide des forces Françaises n'arrive !

Espérons qu'il ne le fera pas, monsieur.

L'espoir est un frêle allié !

Clinton est un bon soldat. Nous devons supposer qu'il attaquera.

Où est le problème ? Le problème vient de vous !

Nous faisons de notre mieux pour obtenir cette information, monsieur.

Si vous ne m'apportez pas quelque chose de plus tangible, je devrais trouver quelqu'un pour vous remplacer. !!

Je ne suis pas à votre disposition, monsieur.

Bien sûr que vous l'êtes ! J'attendrai votre rapport mais ne me faites pas attendre trop longtemps.

Attention !

Arrêtez jeune homme, vous ne pouvez pas entrer là !

Excusez-moi, monsieur.

Pas si vite, jeune homme, vous n'avez pas entendu le capitaine ?

Si, monsieur, mais je dois voir le Général Howe, c'est très important.

Ah bon, et pourquoi ?

- J'ai un message pour lui, monsieur. - Oh, quel est ce message?

Je dois le lui dire personnellement, monsieur. J'ai promis sur l'honneur !

Eh bien, si c'est une question d'honneur, je suis sûr que le général vous accordera une minute.

Faîtes le entrer, capitaine.

- Oui, monsieur. - Merci monsieur.

- C'est le général Arnold ? - Oui.

Bien, allons-y.

- Monsieur ! - Oui.

Ce jeune homme a un message pour vous. Il dit que c'est urgent.

De la part du Major Bolton, monsieur.

Quand avez-vous vu le Major ?

Hier soir, monsieur, Il n'a pas pu traverser les lignes.

Il vous attend dans la vieille grange de la grotte, au sud de Verplanck.

Il veut que vous lui apportiez une copie de la dernière lettre de "Gustave" ...

... et aussi des lorgnons. - Des lorgnons ?

Il a dit précisément ceci, monsieur: de type français avec un long manche.

Et où sommes nous supposés trouver cette chose dans les parages ?

Vous en avez, monsieur.

Au fait, c'est vrai. J'avais oublié. Ma femme me les a envoyés.

Elle veut faire de moi un homme comme il faut. Elle m'a écrit qu'ils me seraient très utiles.

- Connaissez-vous cette grange, Brewster? - Oui, monsieur, je peux vous y conduire.

- Vous nous avez rendu un grand service, jeune homme. - Est-ce que je ne mérite pas une récompense, monsieur ?

Je pense que oui. Combien veux-tu?

Je veux rejoindre l'armée, monsieur. Je serai éclaireur jusqu'à mon prochain anniversaire ...

...dans pas longtemps, quelques semaines.

Je vous dirai comment faire, jeune homme.

Je ferai en sorte de vous inscrire la veille de votre anniversaire.

Merci monsieur.

Nous y voici.

On place le manche à côté de la signature ...

Ca nous donne un message ... très différent, comme le sexe : Emily.

Au lieu d'être une lettre d'amour, ce sont des renseignements qu' André envoie au nord.

Chaines ..... minuit. Verplanck ...... changer...

Cela leur indique que la chaîne peut être coupée à minuit, pendant le changement de la garde.

- Intelligent ! - Très.

Jetons un coup d'oeil à la lettre apportée par Durkin.

Transférer..... Verplanck, Tous les hommes ..... assurer l'avenir.

En cas d'échec du sabotage de la chaîne, transférer tous les soldats de garde à Verplanck.

Ils veulent occuper la région, et enlever la chaîne d'une autre façon.

Qui a l'autorité pour retirer la garde de Verplanck ?

Moi, en premier lieu.

Vous croyez que je suis Gustave ?

S'il en était ainsi, monsieur, je n'aurais pas beaucoup de chances de mourir vieux !

- Vous pensez que je suis "Gustave", capitaine ? - Absurde !

Merci capitaine.

Nous savons que Gustave va rencontrer Osborne.

Qui peut être Odell ou André...

...ou pourquoi pas, une certaine charmante dame.

Pour moi, c'est quelqu'un de proche du commandement.

Peut-être Sir Henry Clinton.

Nous avons un moyen de gagner du temps, monsieur.

Je peux retourner à New York et les convaincre que Durkin est parvenu à remettre le message.

S'ils croient que la garnison de Verplanck a été transférée, ils attaqueront là.

Et nous, nous renforcerons la garde à Verplanck, et nous leur casserons la figure.

Mais si l'attaque échoue, monsieur, alors que vous êtes à New York, vous serez en danger.

Oh, je pense que je survivrai. Après tout, je connais le meilleur médecin de la ville.

- Eh bien ? - Il ne s'est même pas approché de la chaîne.

Le navire de la garde nous a vus. Je ne sais pas si Brown a été noyé ou tué.

J'ai nagé jusqu'au rivage, et me suis caché dans les bois.

- Et Durkin ? - Je ne l'ai plus revu.

Donc, vous ne savez pas si mon message a été reçu.

Non, monsieur.

Votre mission n'a servi à rien...ou si peu.

Je crains que ce soit le cas.

Ce n'est pas du temps perdu si vous êtes maintenant convaincu qu'il était fou de faire confiance à cet homme. !!

Je suis sûr, Major André, que tout ce qu'il nous a dit est faux.

Vous oubliez un détail: c'est que l'assassinat de l'officier américain a été confirmé par un témoin oculaire.

Par une jeune fille qui vous est très proche !

- Quelle sorte de confirmation est-ce là ? - Vous allez me le dire.

Êtes-vous prêt vous battre en duel pour ces accusations ?

Quel intérêt ?

Vous me défiez, nous nous battons en duel et, probablement, vous me tuez !

Dans ces circonstances, je m'excuse.

Quand j'étais encore à l'école ...

J'ai connu un gars dont je pensais que je pouvais lui faire toute confiance.

Il est entré un jour dans ma chambre et m'a volé toutes ... mes sucreries...

...et mes coûteuses grammaires latines.

Quand je l'ai accusé, j'ai eu la brusque impression...

...que cela, sans doute, ne pourrait se produire une deuxième fois.

Je n'ignore pas que notre mission a échoué.

Ce ne fut pas un échec complet, monsieur. Près des White Plains ...

...je suis tombé sur un courrier américain...

...qui transportait quelques informations assez intéressantes.

C'est un ordre du Général Howe :

"Envoyez les troupes de Verplanck à Hartfort."

Notre mission n'a pas échoué, M. Bolton.

Je suggérerais d'être prudent, monsieur, si vous envisagez d'attaquer là-bas.

L'envoi des troupes à Hartfort pourrait être une astuce pour que vous fassiez justement cela.

Verplanck pourrait recevoir de gros renforts.

Il ne s'agit pas d'une embuscade.

Durkin a remis une lettre écrite par M. Osborne ...

... à un homme que nous appelons "Gustave" ...

... lui demandant de prendre des dispositions et ce que cet ordre dit c'est qu'elles ont été prises.

Il est évident que Durkin a pu traverser les lignes.

Il est possible que je me sois trompé à votre sujet, Major Bolton.

Mais je ne le pense pas! Je pense que vous jouez un jeu très peu orthodoxe.

Nous y sommes presque.

Nous retrouverons cette dame si attirante.

La dame servira seulement d'hôtesse ou vous aidera-t-elle à établir vos nouveaux plans ?

Mlle Cameron a beaucoup aidé les Forces de Sa Majesté.

Elle nous apporte beaucoup ... d'inspiration.

Verplanck est protégée des deux côtés du fleuve, bien sûr.

Les fortifications sont ici.

Je dirais que nous devons faire une attaque de diversion avec de l'infanterie au sud ...

Et ... une attaque de cavalerie au nord. Vous êtes d'accord ?

Mes hommes sont en armes, prêts à se mobiliser.

Je pense que nous devrions attaquer immédiatement avant que quelque chose change dans l'esprit des rebelles...

Et qu'ils renforcent Verplanck.

Nous attaquerons à l'aube.

Capitaine Lancy, écrivez un mémorandum sur le plan au complet.

- Oui monsieur. - Je vais écrire à Sir Henry que nous avons l'intention d'attaquer.

Messieurs, je suggère de rejoindre les dames.

Jack, attendez un instant.

Je voudrais vous parler.

Ces messieurs semblent avoir été impressionnés par votre façon d'appréhender la situation.

Et Sir Henry serait impressionné, aussi .. si l'attaque réussit.

Seriez-vous impressionné au point de me payer 500 livres ?

Je suis sûr que cet aspect des choses n"est pas votre motivation première.

Je ne pense pas que vous soyez complètement franc avec moi.

Je ne pense pas qu'aucun homme soit tout à fait franc, même envers lui-même.

Ainsi, vous seriez vraiment un homme sans idéal.

- M'en avez-vous trouvé un ? - Oui.

Oui, c'est le cas.

A une époque, vous avez été professeur.

Aucun homme ne pourrait l'être sans avoir un idéal.

- Vous devez croire en quelque chose. - Oh oui! Je crois dans le fait de manger ..

... de dormir et de vivre en en souffrant le moins possible.

Mais vous ne seriez pas vivant du tout, si vous ne croyiez pas en quelque chose de plus que ça.

Qu'y a-t-il de plus ?

Oh, beaucoup de choses !

L'amour, l'amitié...

... une bonté et une dignité essentielles que chacun a à un degré plus ou moins grand.

Vous dites cela ! Cependant, vous êtes le chef d'une armée qui a traversé l'océan ...

...pour forcer un peuple à accepter un gouvernement dont il ne veut pas.

Les gens qui vivent de ce côté de l'océan sont les mêmes que ceux qui vivent de l'autre côté.

Il n'y aurait pas de conflit du tout sans avidité des deux côtés.

Les colons américains sont fatigués du vieux monde.

Et ils veulent s'en séparer.

Vraiment ?

- "Le monde est mon pays...

... et faire le bien est ma religion. " Savez-vous qui a dit cela ?

Tom Paine, un américain.

Oui ?

- Excusez-moi, monsieur, un officier avec une depêche. - Très bien.

De la part du Dr Odell, monsieur.

- Il dit que c'est urgent. - Merci.

Oh, voilà d'excellentes nouvelles. Je voudrais pouvoir vous les montrer.

Tout ce que je peux vous dire que ça vient de M. Osborne.

Si lui et "Gustave" atteignent leur but, la guerre sera terminée dans un mois.

Voulez-vous le ranger là-bas, s'il vous plaît, Jack.

Diriez-vous que "Gustave", qui qu'il soit, est un homme avec des idéaux ?

Je dirais qu'il a retrouvé ses idéaux.

- Buvons à la fin de la guerre! - À la fin de la guerre !

Mesdames et Messieurs, au Roi !

À sa majesté, le meilleur de tous les rois !

Puisse le soleil ne jamais se coucher sur son empire !

Messieurs, Au succès de vos forces !

Et que la logique prévale dans ces colonies perturbées.

Père, puis-je sortir maintenant ?

Bien sûr !

Asseyez-vous, messieurs, asseyez-vous.

Sir Henry doit savoir ce qui se va arriver le plus tôt possible.

Aussitôt que Lancy aura préparé le mémorendum, je veux que vous le rameniez en ville.

Amenez-le à Sir Henry, même s'il sort à peine de son lit.

Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux envoyer un de vos officiers ?

Non, ils vont dans la direction opposée.

En outre, il est préférable que vous rencontriez Sir Henry.

Il doit connaître les services que vous nous avez rendus.

Pourriez-vous voir si le capitaine Lancy est prêt à manger quelque chose, William?

- Oui, Mlle Cameron. - Merci.

Je me demandais si je pouvais emprunter ce drapeau blanc que vous avez utilisé sur la route de New York.

Je ne savais pas qu'il y avait une région hostile dans les environs.

Un homme pourrait être découpé en morceaux ou mourir de froid.

Une peau épaisse serait une bonne protection et appropriée aux deux cas.

Je comprends votre attitude envers moi, mais j'espérais qu'elle pourrait peut-être changer...

...si vous en apprenez davantage sur moi.

J'en doute beaucoup.

J'en juge ainsi parce que mon attitude a changé ...

..quand j'en ai appris plus sur vous.

Et qu'avez-vous appris sur moi, M.Bolton ?

Quand l'armée anglaise a évacué Boston, vous y êtes restée...

... même lorsque votre père fut parti avec elle.

Mais votre affection pour lui a été plus forte que certains autres liens.

Le mensonge que vous m'avez dit pour passer les lignes vous honore.

J'ai aussi découvert que vous n'aimez pas le vin.

- Vous n'avez pas porté le toast au Roi.

Je ne me presserais pas d'en tirer des conclusions hâtives.

- Comme, par exemple, que vous auriez de la sympathie pour les rebelles ? - Si j'avais de la sympathie pour la cause américaine ...

...je ne les avouerais sûrement pas à ce qu'on pourrait appeler un tueur à gages.

Quand la cause d'un homme perd, on dit que c'est un assassin.

S'il est du côté des gagnants, c'est un patriote.

Et de quel côté êtes-vous ?

Vous êtes des deux côtés ?

Troublant, n'est-ce-pas ?

Je n'y crois pas, mais peut-être est-ce le cas.

Manifestement, aucun de vous deux n'apprécie la musique.

Désolée, j'ai raté ça, mais je voulais m'assurer que le capitaine Lancy ait son dîner.

Il le mérite. Il a tout juste fini la lettre.

Pardonnez-moi de quitter une si merveilleuse compagnie.

Désolé, je dois retourner en ville.

Quoi qu'il en soit, je vous remercie pour cette si intéressante soirée.

Je vais me changer et partir immédiatement.

Vous et Bolton semblez être en meilleurs termes.

Vous avez une opinion sur lui ?

Je n'imagine pas que ce que je pense de M.Bolton ait une importance.

Je respecte votre jugement.

Je crains de ne pas savoir très bien juger les hommes.

Ce n'est pas très flatteur pour moi.

Votre cas est différent. Une femme connait d'instinct l'homme qui la tient dans ses bras.

A présent, je vais voir si le capitaine Lancy a eu son dîner.

Alors, vous n'êtes pas des deux côtés.

Ne perdez pas votre temps, la lettre est un faux. C'est une idée du Dr Odell pour vous tester.

Vous serez arrêté et fouillé.

C'est pour cela que le message à Clinton n'a pas été envoyé par courrier ordinaire.

- Comment le savez-vous ? - Est-ce important ?

A propos de flammes, vous brûlez d'amour, j'aimerais que cela ne se sache pas.

Votre secret sera gardé, mais je vous conseille de partir immédiatement.

Les conclusions hâtives que j'ai tirées en ce qui vous concerne s'avèrent correctes.

Je ne peux pas dire que je n'aime pas votre cause mais je pense que c'est une cause perdue.

Et qu'il est inutile de continuer à se battre pour elle.

Pourtant, vous m'avez aidé.

Il me semble que j'ai un instinct de protection envers les fous courageux.

Un instant, s'il vous plaît.

Vous êtes imprudent, M.Bolton.

Croyez-vous que ce soit plus prudent que je sois ici avec vous ?

Je doute que nous puissions jamais être ensemble dans des circonstances prudentes.

Alors nous ferions mieux de ne pas rester ensemble.

Je ne suis pas d'accord, les obstacles n'existent que pour être surmontés.

Vous êtes optimiste autant qu'imprudent !

Violent aussi !

C'est une qualité qu'il semble que nous ayons en commun.

C'est à la mode pour les jeunes filles de prétendre qu'elles n'ont pas de sentiments de cette sorte.

Mais... j'avoue que j'en éprouve.

De plus, je reconnais que mon opinion sur vous a changé ... plutôt récemment.

Mais, ça s'arrête là.

Bien sûr, vous ne vous attendez pas à ce que j'accepte cela.

Peut-être que si, si vous apprenez comment je savais qu'ils projettaient de vous tromper.

J'étais dans la chambre du Major André quand Odell le lui a proposé.

Le docteur ne savait pas, bien sûr, que j'étais là. Il était assez tard.

Peu m'importe de savoir ce qui s'est passé avant ce soir.

J'espérais que vous ne vous comporteriez pas si bien.

J'essaie de me convaincre que plus rien ne pourra plus arriver entre nous après cette soirée.

-Mais, vous n'y arrivez pas. -Je devrais vous le dire d'une manière plus éloquente.

Les mots peuvent-ils être plus éloquents que ce que vous avez fait ce soir ?

C'est vous qui essayez de jouer des deux côtés.

Et ça ne marchera pas. Un jour, vous devrez choisir.

J'ai choisi.

Je n'entend pas me joindre à votre bande de braves fous.

Excusez-moi, M.Bolton.

-Puis-je vous demander de m'accompagner ? -Je suis plutôt pressé !

Mes ordres sont que vous devez m'accompagner.

-Nous en reparlerons ! -Oui monsieur.

Indéniablement, un peu plus de rhum.

C'est assez !

Bonsoir M.Bolton. Je suis investi de l'autorité militaire pour vous fouiller.

- Procédez, sergent. - Oui monsieur.

Le fer chaud, maintenant.

L'important dans la préparation de cette boisson, M.Bolton, c'est le mélange de la bière et de la mélasse.

C'est comme un mariage. Si l'un domine l'autre, ce dernier y perd sa personnalité.

- Mais, si on atteint un équilibre parfait, on obtient un goût parfait.

Résultat !

Complète satisfaction !

-Eh bien ? -Juste ceci, Monsieur.

Cela vous dérangerait-il de vous déshabiller complètement ?

- Cette dame reste ici ? - Sortez !

Bonne nuit !

- Bonne nuit, monsieur. - Bonne nuit.

- Monsieur ? - Excusez-moi.

Bien sûr !

-Eh bien, sergent? -Nous n'avons trouvé que cette missive...

pour Sir Henry Clinton, monsieur.

J'espère que vous êtes satisfait, Docteur.

Frustré est le mot.

Vous devriez retourner à Edimbourg pour étudier un peu plus.

Vous n'êtes pas très bon en diagnostic. Jack !

Je suis désolé d'avoir dû faire cela, Jack, mais je ne pouvais pas l'éviter.

Je comprends.

Je souhaite toujours que vous ameniez ceci à Sir Henry.

John, si vous aviez trouvé quelque chose de compromettant, que se serait-il passé ?

J'aurais dû vous faire pendre !

Mais...je suis très heureux que ce ne soit pas arrivé.

Moi aussi !

Pourquoi ne descendez-vous pas, Sally ?

La soirée serait plus agréable si vous veniez.

Quelque chose ne va pas, John ?

Que voulez-vous dire ?

Je pensais que M.Bolton était parti depuis longtemps.

Non.

Pourquoi cette question ?

Comme ça... je... pense que vais me mettre au lit maintenant, j'ai un terrible mal de tête.

Bonne nuit !

Entrez !

-Bonjour. -Bonjour.

J'espére que vous vous sentez mieux.

Je me suis bien remise, merci.

Je prenais le thé.

J'aurais préféré un accueil moins formel.

Je ne suis pas très expansive.

Parfois, j'aimerais que vous soyez plus expansive.

Je suis désolée pour la nuit dernière, John.

C'était seulement un mal de tête ou cela concernait Bolton, peut-être ?

-Pourquoi diable dites-vous ça ? -Juste une impression, possiblement fausse.

John, je vous assure que mes plans pour l'avenir n'incluent pas M. Bolton.

Excusez moi de me comporter comme un amant jaloux.

C'est très flatteur !

Quand vous faîtes vos plans pour l'avenir, je me demande si vous m'y incluez...

...de façon permanente.

Je pense qu'une femme prétenduement comme il faut ne devrait pas se montrer surprise de ce que vous dites...

...mais je suis surprise.

Pourquoi ?

Peut-être parce que je ne suis pas une femme comme il faut...

Notre relation pourrait sembler pratique et temporaire.

Je crains qu'elle ait jamais été comme cela pour vous.

Elle ne l'a jamais été pour moi.

Je vous en suis très reconnaissante, John.

Je ne veux pas de votre gratitude !

Vous n'aimez peut-être pas la couleur de l'uniforme que je porte.

Oh, vous savez que cela ne compte pas pour moi.

C'est juste... que je ne sais pas ce que j'ai dans ma propre tête.

Ces choses-là ne se décident pas dans votre tête,

elles se décident dans votre coeur !

Entrez !

Serviteur, Mlle Cameron. Veuillez excuser cette intrusion.

-Bien sûr. -Très mauvaise nouvelles de Verplanck, Monsieur !

Notre attaque a échoué. Le colonel Simcoe a été fait prisonnier.

-C'était une embuscade ? -C'était un piège complet !

La garnison rebelle avait été grandement renforcée.

Nous avons mis M. Bolton aux arrêts. Il va être exécuté.

Voulez-vous m'attendre un instant, capitaine ?

Oui monsieur.

Je n'aime pas tirer dans le dos, je ne suis pas bon pour ça.

-John, s'il vous plaît, aidez-le, vous pouvez... -Vous vous jouez de moi, n'insultez pas mon intelligence en plus !

-S'il vous plaît, John, aidez-le ! -Vous croyez que je suis un ange ou un fou ? Aucun des deux !

Je sais ce que vous êtes et c'est pourquoi je vous demande de l'aider.

Je n'ai pas l'intention de le revoir.

Si vous savez ce que je suis, n'essayez pas de me soudoyer !

M.Bolton, le Major André m'a informé...

...que, bien que vous n'ayez pas suivi les ordres du capitaine...

ce qui nous a conduits au désastre de Verplanck,

vous étiez opposé à l'attaque et vous l'aviez averti de la possibilité d'une embuscade.

J'ai encore beaucoup de doute à l'esprit à votre propos.

-Moi aussi. -Mais, comme j'ai du respect pour le Major André...

...et comme j'ai foi en son jugement, je vais ordonner votre libération.

Je vous en suis très reconnaissant, votre excellence.

Votre attitude devrait aller au Major andré.

Le Major André est le plus persuasif des avocats.

J'essaierai de lui montrer ma gratitude, Monsieur.

Pas la peine, M. Bolton. J'aurais fait de même pour toute personne loyale envers... la Couronne.

Avec votre permission, votre excellence, j'aimerais que M. Bolton se joigne à moi...

...pour rencontrer M. Osborne, ce soir.

L'affaire est de votre responsabilité, Major.

Bel objet, n'est-ce-pas ?

Beau mais mortel !

Curieux !

Vous croyez que la mort est belle, Peter ?

Seulement si la vie est affreuse, Monsieur.

Un philosophe !

Dites m'en plus, philosophe.

Vous semblez malheureux, monsieur. J'en suis désolé.

Non.

Non, je me sens seulement seul.

Seul ! Vous, monsieur ?

La guerre est presque finie, Peter.

Nul n'est plus seul qu'un soldat sans guerre !

Entrez !

Je suis venu aussi vite que possible.

Sortir de prisosn est beucoup plus long que d'y entrer, je vous le dis !

-Personnellement, je n'en ai pas une expérience de première main. -J'espére que vous n'en aurez jamais !

Oh Peter, atttention !

- Excusez-moi, monsieur, c'est trop serré ? - Vous savez que c'est trop serré.

Ca ne sert à rien que ce soit aussi serré !

Mais si je le relâche plus, le noeud va tomber.

On peut laisser le noeud lâche, n'est-ce-pas ?

Laissez, je veux continuer à respirer.

Faîtes attention !

Peter, voulez-vous, s'il vous plaît, me préparer un bagage léger, en bas.

Nous nous occuperons de la coiffure et du costume plus tard.

Quand nous nous sommes rencontrés, vous m'avez montré une botte à l'épée.

Pourriez-vous le refaire ?

Je pense que oui.

Mes compliments !

Je me fais un point d'honneur à ne pas me faire avoir deux fois par la même botte !

Je suis content que vous soyez si ingénieux, John.

Je suis sûr que vous n'aurez pas besoin de mon aide pour ce que vous avez à faire cette nuit.

Au contraire, votre connaissance de l'armée US et de la région concernée sera très utile !

Je veux que vous soyez présent à la rencontre organisée...

...avec M. Osborne et "Gustave", cette nuit.

Je crains de devoir refuser cette mission.

Pourquoi ?

Si quelque chose tourne mal, ce sera deux fois plus difficile pour vous, car vous m'avez déjà sauvé une fois.

Je suis content que vous disiez cela.

Cela montre que vous avez des égards envers moi.

-Pourquoi, vous en doutiez ? -Oui, j'en doutais.

Quand Sally a appris votre arrestation, Jack...

...je crains que vos relations ne soient devenues évidentes.

-Cependant vous m'avez sauvé la vie ! -En tant que soldat, vous devez savoir pourquoi.

Il y a des moments où il faut laisser de côté nos considérations personnelles.

Je dois insister, Jack, pour que vous acceptiez cette mission.

Très bien.

Je me demande combien de crimes vous avez commis au nom du devoir.

Un bon nombre, soyez-en sûr.

On dit que tout est permis en amour comme à la guerre, mais...

... je ne vois pas pourquoi ces deux choses sont considérées comme totalement immorales

Quand la guerre sera finie, nous reprendrons notre compétition romantique comme des gentlemen.

Si la dame a tant soit peu de jugement, je n'ai aucune chance !

Je suis d'accord.

Peter !

Peter !

Bonsoir, le capitaine Sutherland vous salue, Major.

-Accompagnez ces messieurs jusqu'à la cabine du capitaine. -Oui monsieur.

Faites attention, monsieur.

Retirez la planche !

Larguez les amarres !

Paré à naviguer, monsieur.

Eh bien, messieurs...

-Au Roi ! -Au Roi !

Est-ce le bon moment pour porter un toast à la fin de ce conflit malheureux et insensé ?

Malheureux ? Insensé ?

Il n'y a rien de malheureux dans une guerre qui se termine par la victoire des nôtres.

Et rien d'insensé à écraser des rebelles.

A la corde que l'on passera au cou de M. Washington !

A la fin de ce malheureux et insensé conflit !

- Vous savez où nous sommes ? - Oui.

A Ellis Point contrôlé par les forces américaines.

Pour le moment !

Les choses vont changer radicalement dans les prochaines heures !

Je pense que nous verrons peut-être une fin rapide à cette guerre.

Vous avez vu, bien sûr, une grande concentration de navires dans la baie.

Sécurisez le bâteau !

Ils vont remonter le fleuve.

Simultanément, le meilleur de nos troupes avancera à travers les White Plains.

Enserrant les forces du Général Washington dans les mâchoires d'un étau.

Il faudra une mâchoire puissante pour briser cette noix !

Toute noix se brise facilement pourvu qu'on trouve le point faible dans la coquille.

Et vous l'avez trouvé ?

Osborne et Gustave vous le montreront ...dans un instant.

-Major André ? -Oui.

Mon nom est Smith, Joshua Smith.

J'ai un message de "Gustave".

Il craint que ce ne soit très imprudent qu'il monte à bord, Monsieur.

Mais, c'est d'une importance vitale pour notre réunion !

Ces deux personnes sugggèrent que la réunion se tienne dans ma maison.

Je vous y conduis !

Très bien, après tout nous sommes des soldats, pas des marins !

Excusez-moi, monsieur, vous parlez au pluriel mais...

...mes instructions sont que vous seul m'accompagniez.

Un moment, s'il vous plaît. Jack, venez avec moi !

Je suis désolé, Jack.

J'espérais que vous rencontreriez Osborne et Gustave ce soir.

Mais je serai de retour dans quelques heures et je pourrai tout vous raconter.

Vous ne pouvez sûrement pas descendre à terre sans votre uniforme.

Je ne peux pas entrer en territoire ennemi vêtu en officier britannique.

Je sais qu'il faut prendre des mesures pour votre sécurité...

...mais, si vous étiez capturé, il pourraient vous arrêter non pas comme offcier mais comme espion.

Votre inquiétude me touche.

Alors, écoutez-moi, je vous en prie !

OK, Jack, vous faîtes appel à mon honneur. J'irai en uniforme.

Et maintenant, je vais à mon rendez-vous avec l'Histoire.

Frustrant, n'est-ce-pas?

Etre si près et ne pas pouvoir assister à la fascinante conversation...

...dans le salon de M. Smith.

Des lumières sur la côte, à droite, monsieur !

Il semble que les rebelles échangent des messages entre eux.

Pouvez-vous comprendre de quoi ils parlent, M. Nyby ?

Je ne reconnais pas leur code.

-Je comprend pas, Monsieur. -Préparez-vous à une éventuelle action, M.Nyby.

Navire en ordre de bataille !

Canon principal de droite prêt !

Préparez la poudre à canon !

Attends une minute !

Regarde par là !

-C'est en plein milieu du fleuve. -Oui.

Envoie-lui une réponse.

J'appelle le lieutenant, continue à transmettre.

-M. Bolton ! -Oui ?

Puis-je entrer ?

Un instant.

Je déverrouille la porte.

Il n'est pas nécessaire de verrouiller les portes sur un navire de sa Majesté.

Une habitude, Docteur.

Une chose très intéressante, les habitudes.

Elles contrôlent la majeure partie de nos vies.

N'êtes-vous venu que pour discuter des habitudes, Docteur ?

Non.

Trouvez-vous ma visite un peu malvenue, M. Bolton ?

J'espérais me reposer un peu.

Et, quand vous vous reposez, vous ne vous couchez pas ?

Votre oreiller n'est pas dérangé.

Comme c'est bizzare !

C'est presque chaud !

Et cette cabine est très pratique pour...

Les rebelles semblent devenir un peu nerveux.

Alumez les mèches pour les canons, M.Nyby.

Allumez les mèches !

Allumez les mèches !

Allumez les mèches !

Vous voyez ? La voici à nouveau, lieutenant.

C'est le signal d'identification d'un navire de guerre britannique.

Artilleurs, à vos postes !

M.Nyby, M.Nyby...

...il y a des signaux lumineux partant de la cabine des officiers, Monsieur !

-Masquez toutes les ouvertures !

-Masquez toutes les ouvertures, M. Nyby ! -Artilleurs prêts!

Masquez toutes les ouvertures !

-Masquez les ouvertures du bas, vite ! -Masquez toutes les ouvertures !

-Aux postes de combats ! -Aux postes de combats !

Ouvrez la porte, Monsieur !

Bolton, vous êtes là ? Ouvrez !

Prenez la hache !

Arrêtez cet homme ! Halte !

Laissons tomber, M.Nyby ...

...il n'ira pas loin.

Nous allons attaquer !

- Préparez-vous à faire feu ! - Feu à volonté, canonnier !

-Répondez aux tirs. -Prêts à tirer !

Feu à volonté !

Mains en l'air !

Amenez moi à votre officier commandant, immédiatement !

Tout ce que nous savons, c'est que ces deux hommes se font appeler Gustave et Osborne...

...et qu'ils se trouvent chez M. Smith, en ce moment -Etes-vous sûr, Major ?

Un officier anglais est allé à leur rencontre. Vous devez agir immédiatement, monsieur !

Ne me dites pas ce que je dois faire, major !

-Lieutenant ! -Oui monsieur.

Renforcez la garde au cas où il y aurait un de ces ...espions dans la région.

Et vous irez voir le Général Howe, vous lui transmettrez mes respects.

Dites-lui que nous avons "péché" un M. Bolton dans le fleuve ...

...et qu'il prétend que le général répond de lui. -Oui monsieur.

Etes-vous satisfait ?

Non, je ne le suis pas ! Ca va prendre des heures pour atteindre le Général Howe.

Gustave et Osborne n'attendront pas !

Ils ne peuvent pas remonter sur le bateau sous le feu.

Tous ces tirs les ont avertis. Peut-être qu'ils ont déjà quitté la maison.

Allons, Bolton, vous n'espérez pas que je vais croire cette histoire.

M. Smith est un homme honnête, c'est un ami du Général Washington.

-Il est très bien considéré. -Cependant, il s'est ligué avec des traitres !

Votre devoir est d'agir !

Mon devoir est de vous arrêter et c'est ce que j'ai fait.

-Idiot ! -Sergent !

Sortez-le d'ici !

Bonjour Major.

Je suppose que vous avez vu les navires britanniques s'enfuir à couvert.

-Je suppose que vous avez une réponse du Général Howe. -Oui.

-Major, je croyais en votre histoire... -Oubliez ça et allons au rendez-vous.

Allons-y !

-Brisez la fenêtre ! -Oui monsieur.

-Donnez-moi cette arme. -Sergent, à l'arrière de la maison !

-Lieutenant, voyez là haut ! -Oui monsieur.

Vous, venez avec moi ! N'oubliez pas le grenier !

Oui monsieur.

Eh bien, Major ?

Rien !

Moi, j'ai eu plus de chance.

Trois de mes hommes ont mis la main sur l'un de vos oiseaux qui s'enfuyait.

-Lequel est-ce ? -M. Osborne.

-Et pour "Gustave" ? -Aucun signe de lui.

Et l'officier britannique ?

Aucun signe de lui non plus.

-Où est Osborne en ce moment ? -Ne vous inquiétez pas.

Il est en sécurité. Je l'ai envoyé sous escorte au QG du Général Arnold.

-Arnold ! Pourquoi le Général Arnold ? -Parce qu'il avait un passe...

...signé du Général Arnold. Parce que... Parce qu'il avait sur lui un plan...

Idiot ! Stupide vieux fou !

Mais, si cet homme est un espion, le Général Arnold doit sûrement le savoir !

Arnold le sait ! C'est pourquoi il a signé un passe à Osborne...

...parce que lui-même est un traître !

-Mais, Major... -Quand lui avez-vous envoyé Osborne ?

Il y a moins d'une heure.

Vous avez entendu ça, capitaine ? Vous y croyez ?

C'est impossible !

Le Général Arnold se tient aux côtés su Général Washington, Monsieur !

Voici ce que nous allons faire...

Envoyez deux messages.

Vos chevaux les plus rapides, capitaine !

L'un au général Arnold, l'autre au général Washington.

Disant aux deux que nous avons capturé M. Osborne.

-M. Osborne. -Oui.

Et votre nom, monsieur ?

Celui que j'ai toujours porté.

Bien sûr, Major Bolton.

Odell avait raison depuis le début.

-Je suis désolé, John -Ne le soyez pas !

Vous faisiez votre devoir.

Et j'avais raison à votre propos, moi aussi. Vous avez un idéal...

...que vous servez fort bien !

Il me donne très peu de satisfactions.

Aucune, lorsque je vous vois ainsi.

Ce déguisement n'était pas mon idée, Jack.

Gustave me l'a ordonné !

Nommez-le par son vrai nom: Benedict Arnold.

-Lieutenant ! -Monsieur ?

Amenez ce gentleman au colonel Jameson.

Oui monsieur. Allons-y, venez, vous !

Un moment lieutenant, j'ai dit "Gentleman". Il doit être traité avec toute courtoisie.

-Oui monsieur. -Oh, ne vous souciez pas de cà.

Je sais qu'il est difficile de rester amis dans ces circonstances... cruelles...

Il n'y a pas de raison pour que ces circonstances soient cruelles pour qui que ce soit, sauf pour Benedict Arnold.

Colonel Warwick, le général Arnold est-il à son poste ?

-Non, Major. -Je dois le trouver. Où est-il ?

Il vient de recevoir un message du Colonel Jameson...

...et il est parti descendre fleuve avec sa barge.

Je pense qu'il ne va pas tarder à revenir.

Je crains que ça ne prenne pas mal de temps !

La procédure conduisant à la réunion de cette cour d'officiers...

...de haut rang a été ordonnée par Son Excellence, le Général Washington...

...commandant en chef de l'armée des Etats Unis d'Amérique...

...pour examiner le cas du Major John André...

...adjudant général de l'armée anglaise.

Vous, monsieur, vous admettez que, par ordre de Sir Henry Clinton,...

...vous avez entretenu une correspondance secrète avec Benedict Arnold...

...ex-général de l'armée américaine.

Puisque le général Arnold s'est enfui vers les anglais,...

...nous n'aurons pas le privilège d'entendre son témoignage.

Cependant, vous avez avoué que le but de vos relations avec le général Arnold...

...était de le persuader, moyennant finances ou par d'autres moyens,...

...de livrer le Fort de West Point ainsi que toutes les forces sous son commandement aux anglais.

Et que cette reddition devait se combiner avec un assaut général.

Est-ce exact ?

Parfaitement exact.

Par ailleurs, je crois qu'il est bon qu'on sache qu'il est courant pour le commandant...

...d'une armée de tenter d'influencer les officiers de l'armée ennemie.

Cette pratique n'est, en aucun cas, limitée aux forces britanniques.

Votre défense de vos supérieurs est tout à votre honneur, Major.

Je pense que je parle au nom de tous les gentlemen qui sont présents en disant que j'aimerais que vous soyez ...

...en mesure de vous défendre vous-même aussi bien.

Merci monsieur.

La cour, après examen soigneux de tous les faits...

...informe son excellence, le général Washington...

...que le Major André, adjudant général de l'armée anglaise,...

...doit être considéré comme un espion ennemi...

...et, qu'en accord avec la loi et les coutumes de notre nation,...

...il doit être puni de mort.

Puis-je parler, Monsieur ?

Très bien !

De quoi s'agit-il, Major ?

Le Major André a franchi nos lignes en uniforme...

...et sous la protection d'un drapeau...

...et il doit sûrement être traité comme un prisonnier de guerre...

...et non comme un espion.

S'il est venu sous un drapeau...

...pourquoi n'est-il pas reparti de même ?

Pourquoi n'est-il pas resté en uniforme ?

Parce que le général Arnold lui a ordonné de le retirer, monsieur.

Même si Arnold avait été là, je doute que nous aurions été enclins à croire sa parole.

Peut-être accepterez-vous la mienne, monsieur.

Je vous dis, sur mon honneur, monsieur, qu'il n'a franchi nos lignes qu'en tant que soldat.

Si...techniquement, une autre interprétation est possible,...

elle ne doit pas être rejetée, monsieur, et nous avons un devoir d'humanité.

Cette humanité nous demande de ne pas ajouter une horreur à toutes les horreurs...

...que cette guerre nous apporte.

Si vous faites cela, je vous dis, monsieur, qu'un ...si cruel exemple...

... ne pourrait être le symbole d'une grande cause.

Vous avez fini, Major ?

Oui Monsieur.

En dépit de ce que vous avez dit, la cour a examiné tous les facteurs,...

incluant ce qui serait le mieux pour notre nation,

Nous sommes parvenus au verdict avec le plus grand mal...

..mais à l'unanimité.

-Bonsoir, Jack. -Bonsoir.

-Vous connaissez le Major Russell ? -Oui.

C'est mon ombre !

Où que j'aille, il me suit. C'est désespérant pour le Major.

Vous ne pourriez pas les convaincre que ces précautions ne sont pas nécessaires?

Je n'ai aucune envie d'anticiper la conclusion de... cette affaire.

Je crains de ne pouvoir les convaincre de quoi que ce soit.

Je vois.

J'ai parlé avec chaque membre de la cour.

Ils sont déterminés à ce que cela serve d'avertisssement....

...à quiconque voudrait se comporter comme le général Arnold.

Et quand est ce que cet "avertissement" est programmé ?

Demain, à midi.

Ils sont un peu pressés, n'est-ce pas ?

Ils ont tord, ils ont terriblement tord...

...mais ils sont certainement sincères.

Sincères comme un mur de pierre.

Beaucoup de choses me manqueront de l'autre côté de ce mur, Jack.

Votre amitié, en premier.

Je suis sûr que ça aura été une expérience riche et gratifiante pour nous deux.

Il semble que tout doit diviser avant de rassembler de nouveau.

Cela pourrait aussi être vrai pour nos pays.

Le temps de la réunion viendra.

Nous partageons le même sang !

Vous persistez à être idéaliste !

J'ai aussi mes mauvais côtés !

Si nos pays se séparent, les choses seront difficiles pour Sally.

On l'accusera des sympathies de son père pour les anglais.

Et la foule n'est jamais gentille.

Elle aura besoin de toute votre protection, Jack.

Je vous promets qu'elle l'aura.

Cela me rend les choses plus faciles.

Quand j'ai traversé le fleuve, je ne pensais pas rester si longtemps.

Je me demandais si vous pouviez faire traverser les lignes à Peter et m'apporter mon uniforme.

Bien sûr que je le peux !

-Je pourrais peut-être faire plus. -Plus ?

Il y a peut être une sortie dans le mur qui vous retient.

Bonne nuit, Jack

-Bonjour, Jack. -Bonjour.

Comme vous pouvez le voir, Peter m'a rendu présentable. Merci d'avoir arrangé ça.

Je me suis arrangé avec le Général Washington pour faire encore mieux.

Si vous signez ça, on vous epargnera l'exécution.

Et si Sir Henry Clinton est d'accord, vous serez libéré sur parole.

C'est une demande d'échange entre Benedict Arnold et vous.

Même le Général Washington pense qu'il serait juste de détenir Arnold à votre place.

Manifestement, Jack, vous ne m'avez pas aussi bien compris que je le pensais.

Si je signe cela, Sir Henry sera forcé de satisfaire ma demande...

...et de violer le serment qu'il a fait au Général Arnold...

...et, en tant que soldat, il se déshonorerait.

John, comment pouvez-vous parler d'honneur et de serment solennel pour un homme comme Arnold ?

S'il vous plaît, monsieur, signez !

Sûrement, vous n'allez pas sacrifier votre vie contre la vie d'un traître !

Je ne peux pas me permettre de le regarder comme un traître...

...pas envers Sir henry.

Nous payons le prix de sa fidélité envers la couronne.

-Un moment, capitaine. -Oui monsieur.

Oh, Peter !

-Lui avez-vous dit comment il va mourir ? -Non.

-Mes ordres sont... -Je suis prêt, messieurs.

Je suis à votre disposition, capitaine.

J'espére que vos hommes sont... de bons tireurs.

Peter !

Voulez-vous marcher avec moi ?

Jack ...

Pour le groupe, gauche !

- Marche !

Je crains, Peter,...

...que ce noeud soit beaucoup trop serré !

Son Excellence, le général Washington...

...a ordonné que le verdict du comité supérieur des officiers...

...concernant le Major André...

...soit appliqué à 12:00 h, le 2 octobre 1780.

Il est un peu tôt, messieurs, j'ai encore quelques instants.

La coutume est que vous soyez autorisé à faire une déclaration.

Je vous demande de témoigner que je suis mort en gentilhomme.

Peter !

Pas de larmes, Peter.

Surveillons notre attitude !

Un dernier service, Peter, pouvez-vous veiller à ce que ma famille ait mon ceinturon ?

Jack...

Cela ne dure qu'un instant, Jack.

Halte !

Eh bien, Ben.

Major Bolton !

J'ai entendu la nouvelle, monsieur, je suis désolé.

Je sais que c'était votre ami, même s'il portait une "Tunique Rouge".

Oui Ben, il portait une Tunique Rouge et c'était mon ami.

Il a dit, une fois, qu'il avait un rendez-vous avec l'Histoire.

Il s'y est rendu ! Si jamais quelqu'un a été à un rendez-vous, c'est bien lui !

Sa foi sera sa justification.

Aujourd'hui, en l'Abbaye de Westminster...

...l'Histoire conserve un rendez-vous avec lui.

Pour chaque nouvelle génération qui regarde vers le passé,

pour y trouver la force et l'inspiration de faire face à l'avenir,

dédié à la mémoire du Major John André,

universellement aimé et estimé par l'armée dans laquelle il servit,

et que même ses ennemis pleurent,

Sa Majesté, le Roi George III a demandé qu'on érige ce monument.

Sous titres par Marc SAAL.

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