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La L�gende de G�sta Berling de SELMA LAGERL�F
Dans une adaptation autoris�e de Mauritz Stiller et Ragnar Hylt�n-Cavallius
Chef-op�rateur J. JULIUS
D�cors VILHELM BRYDE
Produit par SVENSK FILMINDUSTRI
Mise en sc�ne MAURITZ STILLER
PREMI�RE PARTIE
� V�rmland, si belle et magnifique,
avec tes lacs �tincelants et tes montagnes bleues,
tes for�ts foisonnantes et tes torrents fougueux !
Suivez-nous au c�ur de ce pays ! Jusqu'aux rives du lac Leuven -
Jusqu'� Ekeby, une fois si renomm�e et lou�e par la l�gende
� Ekeby, d'un temps r�volu !
Tu n'es maintenant qu'une forge parmi tant d'autres
et l'aile des Cavaliers reste vide !
Mais il y a cent ans, tu ouvrais tes portes aux Cavaliers.
C'�tait des hommes sans foyer ni m�tier,
des gentilshommes ruin�s, des officiers retrait�s,
mais tous chevaliers de l'aventure, du vin et de la galanterie !
Ils �taient dans le temps accueillis par les forges
et h�berg�s dans des manoirs, le plus souvent � vie.
Ainsi v�curent les fameux Cavaliers d'Ekeby qui, selon la tradition,
c�l�braient toujours � douze la nuit de No�l dans l'ancienne forge.
Cavaliers ! Il est bient�t minuit ! L'heure des revenants approche -
Il est temps de boire � la sant� du Treizi�me � table !
Mais G�sta, nous ne sommes que douze !
Du ciel ou de l'enfer, j'appelle le Treizi�me cavalier !
Chers cavaliers, ne saluez-vous pas notre Treizi�me cavalier ?
� notre patron protecteur !
Merci chers amis, mais je dois vous quitter.
Votre souveraine, la noble Commandante, m'attend pour renouveler son contrat !
Je lui ai procur� toutes ses richesses contre l'engagement de m'envoyer
tous les ans une �me de Cavalier !
Pourquoi la Commandante vous offre-t-elle repas
et logis si ce n'est pour m'offrir chaque ann�e une �me de Cavalier ?
Chers messieurs, qui d'entre vous me suivra cette fois-ci ?
Je vais la tuer, cette maudite sorci�re !
C'�tait le m�chant ma�tre d'usines Sintram
qui prenait plaisir � se d�guiser en diable et � calomnier les gens.
Je vais la tuer ! Elle a d�truit ma vie !
J'ai fid�lement aim� la Commandante pendant vingt ans !
Et qu'a-t-elle fait de moi ?
Elle t'a fait Cavalier d'Ekeby !
Elle nous a tous sauv�s de la d�ch�ance ! Que serions-nous sans la Commandante ?
� la Commandante, Christian Bergh !
Beerencreutz ! Chante-nous une chanson
Nos fr�res connaissent par c�ur le chemin du cabaret
mais s'�garent bien souvent dans leurs verres.
Ma fianc�e m'a oubli�, mais je meurs fid�le.
Nuit et jour, dans l'ivresse, j'�coulerai ma tristesse.
Tu tiens bien ton r�le de diable, Sintram !
Et toi G�sta, tu tenais bien ton r�le de pasteur !
Mais tu buvais trop, ainsi as-tu fini Cavalier !
Fin du premier acte.
La L�gende de G�sta Berling Deuxi�me acte
Il avait bel et bien �t� pasteur dans une paroisse �loign�e du V�rmland.
La bi�re vous r�chauffe et l'eau-de-vie vous donne du g�nie.
On ne peut vivre sans elle !
Chers amis, aidez-moi � rentrer. Je dois pr�cher dimanche !
Le pasteur fou est � nouveau ivre !
Depuis des semaines, il n'avait pu remplir ses fonctions.
Mais la paroisse avait port� plainte et l'Ev�que
�tait venu proc�der � une enqu�te.
Se tenait-il l�-haut dans sa chaire pour la derni�re fois ?
Serait-il un pasteur destitu� ?
Pour la derni�re fois.
L'inspiration se mit � flamber en lui, il se sentit fort et puissant.
Il trouva les mots pour le d�sarroi le plus profond,
pour la consolation la plus douce.
Apr�s l'office, l'Ev�que demanda aux paroissiens quelles plaintes ils avaient
� formuler contre le pasteur.
S'il pouvait toujours pr�cher comme il l'a fait aujourd'hui,
on ne l'�changerait pas m�me contre l'Ev�que !
Mais c'est alors que G�sta Berling perdit son calme.
C'est vrai que j'ai bu !
Mais qui a le droit de m'en faire grief ? Vous buvez tous !
Ne t'es-tu pas enivr� au repas qui a suivi l'enterrement de ta femme ?
Et toi ! N'as-tu pas f�t� le bapt�me de ton fils par une so�lerie ?
En sortant d'ici, vous commencez d�j� � boire sur la grand-route !
Quel Dieu avez-vous hors l'eau-de-vie ?
Vous avez le pr�tre que vous m�ritez !
Vous devriez �tre jug�s par l'Ev�que autant que moi !
Ainsi G�sta Berling fut destitu� et rejet� par Dieu et les hommes !
Il erra dans le V�rmland jusqu'� ce qu'il finisse par �tre engag�
comme pr�cepteur chez la comtesse M�rtha Dohna � Borg.
Elle n'est pas tendre aujourd'hui, la sorci�re l�-haut !
Pourquoi a-t-elle engag� le pasteur destitu�
comme pr�cepteur pour sa belle-fille, Ebba ?
Tais-toi ! Elle nous a strictement interdit de mentionner cette histoire !
C'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de ma m�re !
Pourriez-vous me lire le chapitre qu'elle me lisait lorsque j'�tais enfant ?
Mon fils Henrik vient de se marier en Italie.
Il revient bient�t avec sa comtesse qui est ravissante mais qui n'a qu'une faible dot.
De quoi vont-ils vivre ? Comprenez-vous maintenant pourquoi
j'ai engag� le beau Monsieur Berling comme pr�cepteur ?
Ils le conduisirent en haut de la montagne,
ils enfonc�rent des clous dans ses pieds et ses mains et attach�rent
le noble seigneur sur une croix.
Malheureusement, c'est ma belle-fille Ebba qui est h�riti�re de Borg.
Mais si elle venait � se marier avec un h�r�tique ou � mourir pr�matur�ment,
mon fils Henrik deviendrait alors ma�tre de Borg.
Ebba voit d�j� dans le magnifique personnage
de G�sta Berling l'�poux c�leste !
Ne me dites pas, ch�re cousine, que je ne suis pas n�e diplomate !
Qui ne veut pas mettre sa vie au service du Seigneur c�leste !
Vous lisez, Monsieur Berling, comme un messager de Dieu !
Ne voudriez-vous pas �tre de ceux qui pr�parent la venue du Christ.
Un serviteur de Dieu !
Vous me le promettez ? Jurez-le moi !
G�sta Berling, le plus fort et le plus faible des hommes, que lui as-tu promis ?
Toi, un des r�prouv�s de ce monde !
Fin du deuxi�me acte.
La L�gende De G�sta Berling Troisi�me acte.
Le Comte Henrik Dohna et sa jeune �pouse �taient maintenant loin de l'Italie.
Pourquoi toi salouer ces cr�atoures ?
Un peu de s�rieux, ma ch�re Elisabeth !
Ces animaux paissent sur le domaine de Borg !
O Dio mio, notre derni�re sovenir sur l'Italia !
Notre - dernier - souvenir - de - l'Italie !
De l'autre c�t� du fleuve, se trouve Ekeby dont je t'ai si souvent parl�.
La femme la plus puissante du V�rmland,
la renomm�e Commandante Margareta Samzelius,
r�gnait sur Ekeby et ses six forges.
Battre un animal sauvage, quelle honte !
Ainsi, elle voyageait et surveillait ses forges.
Mais aux banquets d'Ekeby, elle rayonnait telle une reine.
Saluons cette belle fille d'Italie qui nous am�ne du soleil et de la joie !
Les douze Cavaliers de la Commandante donnaient le vrai ton aux festins d'Ekeby.
Une des invit�es d'honneur �tait Marianne Sinclaire.
Elle �tait le tr�sor de son p�re, le richissime Melchior Sinclaire.
Madame Gustava Sinclaire avait appris � souffrir en silence.
Ma petite m�re, si j'avais rencontr� cette petite il y a trente ans !
Cesse donc de boire, Melchior !
Nous t'enlevons, bellissima Comtessa, des bras de Monsignor Grandessa !
Dans une douce vendetta, tu nous as entra�n�s.
� tes pieds, nous sommes d�sormais encha�n�s !
Voici quelques-uns de mes preux cavaliers :
Patron Julius, ma�tre des spectacles d'Ekeby.
Capitaine Beerencreutz !
Elle est sans �gal. Elle nous pr�sente comme des singes au march� !
Le vieil enseigne Rutger von �rneclou, notre danseuse �toile !
Le fort Capitaine Christian Bergh, aussi facile � duper que l'ogre des contes !
Mes vaillants Cavaliers !
Le Commandant d'Ekeby pr�f�rait suivre ses propres chemins
et ne pas s'occuper des autres.
Ses seuls plaisirs �taient la chasse et la capture d'animaux sauvages.
C'est �trange que le Commandant ne soit pas de la f�te !
Il ne peut supporter toute cette pompe. Nous savons bien d'o� elle vient !
Tout le monde sait qu'elle fut la ma�tresse d'Altringer
qui lui l�gua ses sept forges.
Et l'on pr�tend que le Commandant �tait au courant
mais qu'il pr�f�ra se taire et accepter !
C'est un banquet tr�s r�ussi, ma ch�re. Du moins, jusqu'� maintenant !
Le fianc� d'Ebba n'a-t-il pas eu le droit de venir ce soir ?
Un pasteur d�froqu� n'est peut-�tre pas pr�sentable ?
G�sta Berling ! Qu'elle estimait en tant qu'ami et pr�cepteur.
La Comtesse a peut-�tre peu d'exp�rience dans ce domaine,
mais l'on dit : j'aimerai, tu aimeras.
Tu sembles contrari�e, ma ch�rie. Que s'est-il pass� ?
Belle-m�re, serait-ce vrai que G�sta Berling est un -
Tu ne l'as pas dit � Ebba ?
Ebba se marie avec un roturier et, selon le testament,
Borg appartient par cons�quent � mon fils.
Comprends-tu maintenant pourquoi j'ai engag� un pasteur destitu� � Borg ?
Je dois tout de suite lui parler !
Elisabeth a pris notre carrosse. Elle commence bien !
Fin du troisi�me acte.
La L�gende de G�sta Berling Quatri�me acte.
Je suis certaine qu'il ignore tout de cette intrigue !
Je suis perdue ! J'ai donn� mon amour � un h�r�tique.
Il ne faut point le condamner avant de l'avoir �cout� !
J'ai voulu cacher ma honte. Voil� mon crime !
Le pasteur destitu� peut partir !
Ebba finira par entendre raison.
Mais ton �pouse doit apprendre � ne pas agir toute seule !
Tu sais de quoi il s'agit. Borg doit t'appartenir !
Ne partez pas, Monsieur Berling. Nous tenons tous � vous !
Attendez le retour de mon mari ! Il saura tout arranger.
Vous �tes si bonne mais nulle r�demption ne m'est possible.
Je suis perdu !
"Aucun homme aim� par une femme bonne ne peut �tre vou� � la perte !"
Je reste et je demeure maudit.
Vous ne pouvez pas partir. Ce serait l�che et ignoble !
Ma ch�re Elisabeth, tu te m�les de choses que tu ne comprends pas.
Tu oses insulter quelqu'un dont je serre la main.
Elisabeth ! Demande pardon � Monsieur Berling !
Voil� � quoi cela t'am�ne d'agir toute seule dans des affaires d'hommes !
Mais Henrik... C'est toi qui... Je voulais simplement...
Pas de pr�textes. Demande lui pardon. Baise-lui la main !
Tu aurais mieux aim� un beau duel ? Tu seras servie !
Donnez-moi votre main, Monsieur Berling. Je vous en supplie !
Je veux lui faire preuve de ma soumission !
Ne me touchez pas ! Je porte malheur � tout ce qui est bon et pur !
Peu apr�s, G�sta Berling devint Cavalier d'Ekeby,
endroit qui lui parut adapt� pour un pasteur destitu�.
Ebba �tait effondr�e lorsque vous l'avez quitt�e. Elle avait aim� un h�r�tique,
ne cessa-t-elle de r�p�ter pendant sa longue maladie.
Elle nous a maintenant quitt�s pour toujours. Que Dieu vous prot�ge !
Qui n'a pas �teint derri�re lui dans la forge ?
Quoi ! Il est encore ivre mort ?
Crois-tu pour �chapper � tout cela qu'il suffise d'�tre �tendu, immobile et mort,
et qu'on vienne admirer le beau cadavre ?
Ne crois-tu pas que la plupart des gens de ce monde sont morts ?
Crois-tu que je vive, G�sta Berling ?
N'as-tu jamais ou� parler de la belle Margareta Celsing ?
Celle qui une fois aima et fut aim�e !
Il s'appelait Altringer, il �tait inconnu et pauvre, alors ma m�re me for�a
� me marier avec le Commandant.
Mais apr�s de longues ann�es, mon bien-aim� revint, il avait fait fortune !
Il devint le ma�tre d'Ekeby. Il remplit ma vie de f�tes et de plaisir !
Mais de mauvais bruits couraient sur Altringer et moi.
L'�cho en arriva aux oreilles de ma m�re et un jour elle vint me voir.
Ma fille s'est vendue pour de l'argent, c'est une femme adult�re !
Ne m'avez-vous pas vendue au Commandant
parce que vous le croyiez riche ?
Je ne suis pas votre fille et vous n'�tes pas ma m�re ! Sortez d'ici !
Puisses-tu un jour �tre reni�e comme tu m'as reni�e,
que la route soit ton foyer, une botte de paille ton lit !
Et que d'autres te frappent comme je te frappe ici !
Je sus alors que Margareta Celsing �tait morte ! Elle n'aurait pas frapp� sa m�re.
Voil� mon crime ! J'ai rejet� ma propre m�re et pourtant je continue de vivre.
Pourquoi Margareta Celsing est-elle morte et la Commandante vivante ?
Oui, la vie doit �tre v�cue !
Il faut tirer un trait sur le pass� et continuer sa route !
Fin du quatri�me acte
La L�gende de G�sta Berling Cinqui�me acte.
� Ekeby, la vie poursuivait son cours et les festins se succ�daient.
Restez tranquille ! On va croire que c'est dans la pi�ce !
Fi donc, Mademoiselle Marianne ! Embrasser G�sta Berling sur la bouche !
Tout le monde sait que le Cavalier est irr�sistible !
Gare � vous que je ne plante mon poignard dans votre c�ur !
Cela me co�terait donc la vie d'embrasser Mademoiselle Marianne ?
J'aimerais vous tuer !
Allez-y, tuez-moi ! Mettez un terme � mon ignoble vie !
Ce fut une honte de l'aimer et d'en �tre aim�e.
Il n'y a pas de place pour les Cavaliers � la grande table.
Mettez le couvert sur une table � part.
Mon petit G�sta, les baisers �taient dans la pi�ce ?
Comment un Cavalier ose-t-il embrasser ma fille ?
Peut-�tre est-ce votre fille qui a os� l'embrasser ?
Rentrons !
Reste ici et laisse-toi donc embrasser par les Cavaliers !
Demande � celui que tu as embrass� !
Je savais bien qu'un Cavalier ne peut recevoir la plaisanterie
d'une Dame sans le crier sur tous les toits !
La prochaine fois, elle vous dressera une table dans la salle des valets !
Ne serait-ce pas assez bien pour les Cavaliers ?
Attention, Bergh, ce sont des corneilles, pas des g�linottes !
Quel banquet ! Offrir ces satan�es corneilles � Christian Bergh !
Mille diables, Christian Bergh, ne jurez pas !
Ici moi seule ai le droit de jurer !
Tu crois que j'ai peur de toi, sorci�re !
Tu crois que je ne sais pas comment tu as eu Ekeby et ses six forges !
Altringer, en mourant, les a l�gu�es � ton mari, car tu as �t� sa ma�tresse !
Et le Commandant les a accept�es et a ferm� les yeux !
Je suis ivre ! Je ne sais pas ce que je dis !
Comment dirais-je du mal de la belle Margareta Celsing !
Je ne savais pas ! Je ne savais pas !
Oui, j'ai �t� la ma�tresse � celui que tu m'avais ravie !
Que tous ceux qui m'ont calomni�e le sache !
Tu ne jouiras plus de sa fortune, tu n'habiteras plus ses domaines !
Hors d'ici !
Tu me chasses de mon foyer ?
Selon le testament, tu n'as aucun droit � Ekeby tant que je suis encore en vie !
Va mendier ton pain sur les routes !
Sois reni�e comme tu m'as reni�e !
Que la route soit ton foyer, une botte de paille ton lit !
J'implore le pardon � tes pieds, Margareta Celsing !
Retourne chez les Cavaliers, Christian Bergh,
et r�jouis-toi de ton �uvre !
Cavaliers ! Je ne peux pas vous c�der Ekeby,
mais je vous la confie jusqu'� la fin de mes jours.
Prenez-en soin � la mani�re d'un Cavalier !
Le Commandant souhaite donc la ruine d'Ekeby ?
Vive les nouveaux ma�tres d'Ekeby ! � la chute d'Ekeby !
Fin de la premi�re partie.
La L�gende de G�sta Berling DEUXI�ME PARTIE.
Souvenez-vous comment Melchior Sinclaire, au grand bal d'Ekeby,
abandonna, de rage, sa fille Marianne
qui s'�tait laiss�e embrasser par G�sta Berling.
Suivit l'�pisode o� la Commandante fut chass�e de son foyer
et le Commandant confia Ekeby aux mains des Cavaliers,
esp�rant ainsi qu'ils d�truisent le d�testable h�ritage.
Afin de raviver votre m�moire, nous vous pr�sentons quelques images
de la fin de la Premi�re Partie.
Cavaliers ! Je ne peux pas vous c�der Ekeby,
mais je vous la confie jusqu'� la fin de mes jours.
Prenez-en soin � la mani�re d'un Cavalier !
Le Commandant souhaite donc la ruine d'Ekeby ?
Vive les nouveaux ma�tres d'Ekeby ! � la chute d'Ekeby !
La L�gende de G�sta Berling Sixi�me acte.
Une heure apr�s, G�sta Berling partit seul � la recherche de sa Commandante.
P�re, ouvre-moi. Ne m'as-tu pas d�j� assez ch�ti�e ?
Va chez les voisins ! Il te tuera si tu rentres !
Ah, toi qui bats ma m�re, �coute-moi ! Si tu es mon p�re, je suis aussi ta fille.
Oui, c'est moi, Marianne Sinclaire. Ne me reconnaissez-vous donc plus ?
G�sta Berling, pourquoi ne m'embrassez-vous pas ?
Mon p�re ne veut rien savoir, je suis bannie de ma maison.
Et pour quelle raison ?
Je suis une canaille ! Mais vous n'auriez pas d� me repousser.
Vous ne savez pas ce que c'est d'�tre r�pudi� !
Regardez-moi, j'�tais jadis fier, riche et heureux. N'ai-je pas �t� r�pudi� ?
Vous �tes mille fois plus beau et doux qu'avant !
G�sta, comment tout cela va-t-il finir ? O� vais-je aller ?
O� ? J'�tais � la recherche de la ma�tresse d'Ekeby et je l'ai trouv�e ! C'est toi !
Je te jure sur mon honneur de Cavalier
que personne ne te fera du mal sous notre toit !
Mais loin d'Ekeby, la Commandante poursuivait son chemin solitaire.
G�sta, mon amour. Me voil� libre de tout lien.
Je n'ai plus m�re, ni p�re, ni foyer. Seulement toi.
La mari�e de G�sta Berling est pauvre.
Il l'a ramass�e dans un monceau de neige.
D�s l'instant o� je t'ai vu, je t'ai aim�.
Et maintenant je suis � toi ! Pour l'�ternit� !
La fi�vre, de plus en plus forte, s'empara d'elle.
Personne ne doit savoir qu'elle est ici ! Il s'agit de l'honneur d'une femme !
Pourquoi Madame nous quitte-t-elle en laissant les Cavaliers ravager sa maison ?
Ma ma�tresse reviendra-t-elle ?
Il faut d'abord que soit lev�e la mal�diction qui p�se sur moi !
Je suis une p�nitente : la route est mon foyer, une botte de paille mon lit !
Elle marcha ainsi jour et nuit jusqu'� ce qu'elle atteigne son but.
Il t'est donc arriv� ce que je voulais !
Enl�ve ta fourrure, Margareta, et aide-moi � moudre le grain !
Maintenant je comprends pourquoi Dieu m'a laiss�e vivre si longtemps !
M�re, �te la mal�diction qui p�se sur moi !
Ton crime a-t-il �t� expi�, ta honte lav�e ?
Non, ma p�nitence n'est pas encore achev�e.
Ekeby existe encore et les Cavaliers y vivent dans le plus grand luxe.
Si un membre te g�ne, arrache-le et jette-le au feu !
J'accomplirai ce sacrifice : chasser les Cavaliers et an�antir Ekeby.
Fin du sixi�me acte.
La L�gende de G�sta Berling Septi�me acte.
La f�te r�gnait � Ekeby.
Forges et for�ts �taient abandonn�es � leur sort.
"Gare � vous que je ne vous transperce de mon poignard espagnol !"
"La mari�e de G�sta Berling est pauvre ! Il l'a ramass�e dans un monceau de neige !"
Cavaliers ! Vous auriez besoin d'un peu d'air frais !
Que diriez vous d'une partie de tra�neau ?
Le soir-m�me � Borg,
le comte Henrik re�ut un courrier qui lui fit perdre toute contenance.
Henrik ! Nos invit�s arrivent !
Une chose bien curieuse et inconvenante nous frappe, Elisabeth et moi !
Mon mariage avec Elisabeth est un mariage qui n'en fut jamais un !
Ces formalit�s doivent imm�diatement �tre prises en compte si vous souhaitez
que votre union c�l�br�e ici en Italie soit reconnue par la loi.
Veuillez signer et nous adresser ces documents le plus rapidement possible.
Ancona, Fillippo Bernadi.
Elisabeth doit tout de suite signer ces documents !
Attends au moins que les invit�s soient partis !
Crois-tu que je puisse, ne serait-ce encore un seul jour,
vivre dans une union libre ?
Depuis que Marianne est partie, je suis devenue si nerveuse.
Je n'arrive m�me plus � tenir le cr�mier.
Il souffre autant que moi, mais il est fier. Il ne veut pas le montrer.
Bient�t, le printemps sera l�, Oncle Melchior.
Nous irons cueillir des fleurs, n'est-ce pas ?
La Commandante se rendait de ferme en ferme,
r�unissant tous les gens d'Ekeby autour d'elle.
Les Cavaliers veillent sur Ekeby tel un loup sur l'agneau !
Chassez-les ou la famine s'abattra sur vous !
Cette nuit, l'aile des Cavaliers sera d�vast�e et ma honte expi�e !
Tu admires Ekeby ?
Les gens pr�tendent que G�sta Berling y cache Marianne Sinclaire.
Sais-tu ce qu'ils disent d'autre ?
Que tu es tomb�e amoureuse de G�sta Berling
lorsqu'il fut engag� ici comme pr�cepteur !
Faites-le venir !
Mais mademoiselle, songez que pendant tout ce temps il ne vous a pas encore vue.
Il ne sait m�me pas de quelle maladie vous souffriez !
J'ai tant d�sir� revoir ton beau visage !
Belle Marianne Sinclaire, avec la petite v�role !
N'essaye pas de te duper !
Tu as toujours lou� la beaut� et tu ne peux vivre sans elle !
Les femmes causeront ta perte, G�sta.
So�le-toi et laisse donc le sommeil tout effacer !
Les Cavaliers, alourdis par le vin et le d�ner, dormaient dans leurs couchettes.
Chacun d'entre eux sera ligot�, attach� � son tra�neau
et sortira par le chemin par lequel il est arriv� !
Ne laissez personne s'enfuir !
La fum�e les fera sortir, comme le renard de sa tani�re !
Maintenant c'est au tour des Cavaliers d'�tre chass�s du manoir !
Au feu ! Au feu !
Voil� les marmottes !
Jure de ne plus remettre les pieds ici !
Sale sorci�re !
Cette nuit, je br�lerai l'aile des Cavaliers, sois-en certain !
Les gens s'enfuient ! Le manoir a pris feu !
Fuyez, Commandante !
Fin du septi�me acte.
La L�gende de G�sta Berling. Huiti�me acte.
Melchior ! Ta fille !
Marianne est � Ekeby !
Marianne !
Commandante, l'officier est arriv�.
N'allez-vous pas m'arr�ter, officier ?
Crois-tu qu'un capitaine du R�giment Royal permettrait
� un cr�tin de frapper la Commandante !
Vous �tes libre, Commandante !
M'as-tu d�fendue lorsqu'on m'a chass�e de mon foyer ?
Vous n'aurez pas � me d�fendre, cette fois-ci non plus !
Vive la Commandante ! Elle est sans �gal !
O� est mon enfant ?
Et o� est G�sta ?
Mon tr�sor, mon unique enfant. Tu ne m'abandonneras plus jamais !
Adieu, G�sta !
G�sta, ne comprends-tu pas que l'aventure est finie � jamais !
Le Cavalier a accompli son devoir. Il peut partir !
Ne me laisse pas seule, Elisabeth, je suis si inqui�te ! Imagine si Melchior -
S'il retrouve G�sta Berling, il le tuera !
Sur les glaces du L�ven, elle court pour avertir G�sta Berling.
La L�gende d'Ekeby est accomplie, l'aventure finie
et le Cavalier G�sta Berling n'a plus rien � faire ici. Adieu !
J'ai envoy� un message � m�re pour lui dire de rester tranquillement chez Dohna,
demain j'irai moi-m�me lui parler.
Pourquoi l'ai-je rejet� ?
Que faites-vous toute seule sur la glace, mademoiselle la Comtesse ?
Je voulais - j'ai vu l'incendie - les autres sont d�j� partis
Un pauvre Cavalier aurait-il l'honneur de reconduire
mademoiselle la Comtesse chez elle ?
Fin du huiti�me acte.
La L�gende de G�sta Berling Neuvi�me acte.
O� allez-vous ? Borg est dans cette direction-l� !
Monsieur Berling, je dois rentrer, on m'attend !
Vous devez retourner !
Avez-vous peur, belle Comtesse ?
N'est-elle pas enivrante cette course, royale cette aventure ?
Don Juan est rapide comme l'�clair !
Monsieur Berling, je ne vous ai pas tout dit !
J'�tais sortie vous chercher. Personne ne sait que je suis partie de chez moi.
M'entendez-vous : personne ne sait que je suis partie de chez moi !
Et personne ne le saura.
Par-del� le L�ven, il y a le V�nern,
par-del� le V�nern la mer et, par-del� encore, un monde de splendeur !
Enfuyons-nous, toi et moi !
Croyez-vous que je me laisserai faire par une id�e folle du Cavalier ?
Vous oubliez que je suis l'�pouse d'un autre. Arr�tez-vous !
Laissez-moi sortir, je vous en prie !
Nous ne pouvons ni retourner ni nous arr�ter. En avant !
Ne voyez-vous pas qui nous poursuit ?
Des loups !
Faites-moi confiance ! Je vous reconduirai chez vous !
On s'approcha enfin de Borg.
Arr�tez-vous, je descends ici.
Comment allez-vous faire pour traverser le lac ?
Je dois partir. Adieu !
Me pardonnez-vous ?
Monsieur Berling, j'ai toujours eu foi en vous. M�me maintenant.
Retournez � Ekeby ! Restaurez-la de fond en comble.
Et devenez ce que j'ai toujours vu en vous. Un homme, un vrai !
Don Juan, mon vieil ami, ce fut notre derni�re aventure.
Nous lui donnerons raison !
Le jour finit par se lever.
Henrik t'as avertie que les documents de mariage doivent �tre sign�s aujourd'hui ?
Es-tu vraiment rentr�e toute seule cette nuit ?
Ne prends pas cet air coupable. Je ne lui ai rien dit.
Tante a-t-elle compris � quel point ce jour est important pour moi
et ma pauvre Elisabeth ?
Ces documents n�cessitent deux t�moins, Madame Gustava Aurore Sinclaire
et ma m�re, la Majordome Andersson !
Il faut clairement pr�ciser que c'est � cause de la n�gligence
des autorit�s italiennes que nous avons v�cu dans une union libre.
Ne faut-il pas demander � Elisabeth si elle souhaite poursuivre le mariage -
son amour est-il sinc�re ?
Elisabeth, ton c�ur ne t'accuse-t-il pas de p�ch� ?
Sortez, Andersson !
Ne crois-tu pas que j'ai compris ton jeu, esp�ce d'intrigante !
Mais aussi longtemps que je serai vivante,
je ne te laisserai pas parvenir � tes fins !
Non, non, ne me d�fendez pas : je suis une femme adult�re.
J'ai donn� mon c�ur � quelqu'un d'autre !
Frappez-moi, punissez-moi ! Rejetez-moi, je ne m�rite pas mieux !
Je suis gentilhomme et je t'ordonne de te comporter d�cemment !
Et une telle femme aurait le droit de porter ton nom !
M�re a raison : une telle femme n'a pas le droit de porter mon nom !
Imb�cile !
Elle reprendra sa place dans son foyer ! Elle n'a commis aucun mal !
M�rta Dohna, ton p�ch� n'est-il pas plus grand
que celui de cette femme ici pr�sente ?
Ne crois-tu pas que je te connais, femme hypocrite et perverse !
Tu es bien plac�e pour juger une cr�ature si jeune et innocente !
Et toi, imb�cile, demande-lui qui est ton p�re !
Allez-y, chassez-la ! Je saurai la prot�ger.
Melchior te ch�rira comme si tu �tais son enfant !
Aucun doute que tu sois un vrai Dohna, b�te comme tu l'es !
Elisabeth Dohna accepta sa p�nitence
avec la m�me s�r�nit� que la Commandante.
Commandante, je vous apporte un message.
Le Commandant est mort cette nuit !
Fin du neuvi�me acte.
La L�gende de G�sta Berling Dixi�me acte.
Apr�s les longues nuit d'hiver, le printemps arriva enfin dans le V�rmland.
Ne sens-tu pas, Elisabeth, le nouvel espoir
que ce printemps b�ni a fait na�tre en nous ?
Non, Tante Gustava, pas en moi.
Ch�re enfant, lorsque ton mariage sera jug� ill�gal,
le tribunal pourra � tout instant te proclamer Comtesse Dohna.
Non, Tante, je ne veux pas. Je veux partir loin d'ici !
Bienvenue cher printemps, � Ekeby !
Les vieux ma�tres te saluent au rythme du marteau et aux cris de joie.
Longue vie � la nouvelle Ekeby !
D�s l'instant o� Elisabeth fut h�berg�e � Bj�rne,
Marianne Sinclaire devint son amie.
Adieu Elisabeth, que Dieu te prot�ge !
� Ekeby, on dressa des arcs de triomphe et des guirlandes.
Un vent de libert� soufflait enfin pour leur ch�re Commandante.
La Commandante est d�j� en route !
Elle se repose en ce moment � l'auberge de Broby !
Pr�parez-vous ! Je pars � l'instant la chercher !
Nous sommes arriv�s � l'auberge de Broby !
Ici, nous ferons halte et nous changerons de chevaux.
Avez-vous peur de moi ?
Je ne mords pas.
Comment va notre petit oiseau �tranger ? Et notre cher Henrik ?
Ma ch�re enfant, comment peut-on songer � se marier
avec ce stupide Henrik Dohna ?
J'ai lutt� et me suis battue contre moi-m�me,
mais l'Amour avait d�j� plant� sa griffe dans mon c�ur.
Je connais cette Maladie. J'ai moi-m�me souffert son supplice.
Depuis ce jour, je d�teste l'Amour qui n'est que doutes et souffrances.
Mais G�sta Berling, tu ne le hais point. Tu l'aimes !
Dis-le lui !
Dis-le lui !
Non, dis-lui qu'il n'est qu'un simple Cavalier :
un homme sans Honneur, sans Fiert�, sans Gloire.
Dis-lui qu'il a jou� avec l'Amour, qu'il a p�ch� contre lui.
Et dis-lui qu'aucune femme ne souhaiterait l'aimer
afin de sauver son �me !
Je le veux. Je veux �tre cette femme !
Chers Amis ! La L�gende de G�sta Berling arrive � sa fin.
Mais avant de nous quitter, retournons � Ekeby,
jadis si renomm�e et lou�e par la l�gende !
Les yeux remplis de larmes, revivons cette matin�e pleine de charme
quand notre Commandante fit majestueusement entr�e � Ekeby !
Une vieille femme comme moi ne devrait pas entrer dans la nouvelle Ekeby.
Sous ses toits, Jeunesse et Amour trouveront logis !
G�sta Berling, homme de plusieurs exploits, je t'offre Ekeby !
Tu veilleras � ma forge et � mon peuple, avec une femme douce � tes c�tes.
Tu continueras � faire vivre mon �uvre !
Vive la Commandante ! Elle est sans �gal !
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