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Original subtitles

Dans un film de JACQUES BECKER

FALBALAS

Faudrait faire quelque chose.

Il n'y a rien à faire.

Il est mort.

Il a l'air heureux.

Elle aussi a l'air heureux. Elle ne s'est pas cassée en tombant.

Il n'a même pas de sang.

- Passe-moi ma pelote d'épingles, Solange. - Oui.

Merci.

C'est joli.

Mets-lui le manteau, tu veux ?

- Quel manteau ? - Celui qui va avec la robe.

Vous l'avez renvoyé à l'atelier pour diminuer le col.

Pourquoi s'est-on précipité ? Il y a pas le feu.

Va me le chercher.

Comment veux-tu que j'aie une idée de l'ensemble ?

Dépêche-toi, je commence à en avoir assez.

- Lucienne ! - Quoi ?

La robe !

Bouge pas, toi !

Juliette, M. Clarence veut le manteau.

Je n'ai pas fini. - Ça ne fait rien.

Venez vite.

Lucile, passe-moi la soie rouge près de Jacqueline.

Oui.

Tiens.

La mère Solange a avalé son sifflet.

- Comme nous, elle aime pas la collection. - Elle est comme ça.

- Tu l'as déjà vue rire ? - Elle est gentille.

Dans le fond, c'est pas un mauvais cheval.

- Princesse. - Allô ?

Au revoir, ma chère.

Mme Anne-Marie ?

Écho de la Mode demande quand nous sortons la collection.

- Allô ? * Mme Anne-Marie ?

- Oui. * Quand sortez-vous ?

Nous n'avons pas encore fixé de date.

* On peut parler à M. Clarence ? - Il ne veut pas être dérangé.

* Ça continue. - Vous serez prévenus.

* J'espère. - Comptez sur moi.

*Je vous remercie.

Au revoir, monsieur.

- Bonjour, mademoiselle. - Bonjour.

Elle a une patience d'ange, non ?

- De sainte-nitouche. - Vous ne l'aimez pas.

- Ça se voit ? - Oui, ça se voit.

Ma robe est prête ? - Je pense.

Lucie ? Prévenez l'atelier que Mlle Suzie Lambert est là.

Entendu.

Ce soir, je ne peux pas chanter toute nue.

Non, évidemment.

Ouvrez le manteau.

Le manteau n'est pas mal. Il est bien.

Au fond, c'est la robe qui est moche.

Allez ! Enlève tout ça, Lucienne.

Passe-moi la pièce de jersey, Solange.

Je la trouve très bien, cette robe.

Allô ? Qu'est-ce que c'est ? Non, il n'en est pas question.

Qui téléphone ?

Anne-Marie. Suzie Lambert est là. Elle voulait vous parler.

Ce qu'il est raide, ce jersey !

Tu sais que j'ai un thé à 5 h. Il est 5 h 30.

Parfait, va-t'en. Envoie-moi Huguette.

Laissez Huguette tranquille, Solange.

Puisque tu insistes si gentiment, je vais rester.

Pourquoi tu baisses la tête ?

Ah ! Quel tissu !

T'as vu, ça ne tombe pas.

Adressez-vous au fabricant.

Bonne idée.

Allô ? La Maison Rousseau ?

Ici, M. Clarence. M. Daniel est-il parti pour Lyon ?

Je ne crois pas. Ne quittez pas, je vous passe sa secrétaire.

M. Clarence demande M. Rousseau.

Bonjour, M. Clarence. - * Il est parti votre patron ?

Non, il est encore à Paris mais il est sorti il y a une demi-heure.

- * Je dois lui parler. Où est-il ? - Il ne m'a pas dit où il allait.

Mais moi, je le sais ! Au revoir.

Tourne-toi, toi.

Il va m'entendre, celui-là.

Ah, Clarence ! - Quoi ?

- Je vous cherchais. - J'ai pas le temps. Quoi ?

- Je la voulais en crêpe romain. - Le modèle est en velours de soie.

Essayez de comprendre. Vous n'avez jamais chanté en public.

Non. - Ça ne se voit pas,

mais j'ai le trac, tout le temps. Et ça me met en nage.

Alors, je sue des mains. Et avec ce tissu, ça marque. Regardez.

Ça fait bien de les mettre comme ça ?

Ça fait partie de mon style.

Changez de style ou laissez la robe.

- Philippe ! - Quoi ?

Tu vas te rendre malade avec cette collection.

T'occupe pas.

- Qu'est-ce qu'il lui prend aujourd'hui ? - Il est comme ça.

Ça m'embête que vous la supprimiez. - Elle est laide.

J'aime les cheminées. Je changerai pas d'avis.

Oh, non.

Seuls les intelligents changent d'avis. - Que fais-tu là ?

- Tu es inconscient ? - Que se passe-t-il ?

Pourquoi t'es pas à Lyon ? - C'est le jersey ?

Oui. Il pourra te servir pour tes rideaux.

Vous sauvez pas. Vous êtes le décorateur ?

Ça pourrait vous servir comme tissu d'ameublement. Moi, je suis couturier.

Excusez-moi, je dois voir mon contremaître.

Enchanté. - Enchanté, monsieur.

Les gens ignorent que tu ne penses pas ce que tu dis.

Tu es mécontent de ta collection, c'est tout.

Deux mois que ton père me fait attendre ces tissus !

Il peut les faire ou pas ?

Tu crois que notre métier à nous, les soyeux de Lyon

est de nous couper en quatre

pour des artistes qui ne sont pas solvables ?

- Pas solvables ? - Qui paient mal.

Tu es formidable, je te jure !

Je suis bloqué, ma collection n'avance pas

et tu t'occupes de ton appartement.

Je me marie dans 3 semaines, il faut que je me loge.

Ça n'arrange pas mes affaires.

- Je pars ce soir. - Oui, on dit ça.

Mon sleeping est retenu. Va-t'en. Retourne à ta collection.

Quand te maries-tu ?

Dans 3 semaines. On n'a pas fixé la date.

Je n'y crois pas. - Quoi ?

Non. J'y croirai quand j'aurai vu ta femme, enfin, ta fiancée.

Toujours pas à Paris, mademoiselle ? - Micheline Lafaury. Les champagnes Lafaury, 19 ans, orpheline.

Elle est à Reims. Je l'attends.

Comment peut-on habiter Reims ?

La Champagne, c'est pas le Far West.

Pas de blague, tu pars. - Je te le promets.

Tu restes combien de temps, là-bas ?

Ça dépendra, 4 ou 5 jours.

- Tâche de cavaler, hein. - Oh !

Oui ? Veux-tu être mon témoin ? - Quoi ?

Je voulais te demander d'être mon témoin.

- Tu te bats en duel ? - Mais non, idiot, je me marie.

- Ah ! Il fallait le dire tout de suite. - Alors ?

Comme témoin, prends plutôt ton oncle Louis. Il sera parfait.

- Au revoir. - Au revoir.

- Quel étage ? - Au cinquième.

C'est bien ce que je pensais.

Voilà, nous y sommes.

Il n'y a pas d'électricité, il faut cogner.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Expliquez-moi.

Je vais vous faire visiter.

La salle à manger. Ma chérie, nous y mangerons le moins possible.

Je préfère la dînette dans tous les coins de l'appartement.

Grand salon. Bonjour messieurs.

Pièce inutile, tradition bourgeoise, il en faut un.

Vous croyez que ça sert ?

Ici, petit salon. Ils font sauter la cloison.

Quelle drôle d'idée. C'est sûrement pour agrandir le grand salon.

C'est aussi la tradition. C'est pas fini.

C'est un très bel appartement.

Il y a au moins 6 pièces sur les jardins.

Ici, chambre à coucher. En principe, c'est là qu'on dort.

On peut aussi dormir ailleurs.

Mais ce ne serait pas commode pour les domestiques,

qui ne sauraient pas où servir le petit déjeuner.

C'est fini ? - Oui.

Oh pardon ! Mon ami, M. Daniel Rousseau, fabricant de tissus d'ameublement.

Mon ami Philippe Clarence.

C'est ce que je pensais.

- Que vous a-t-il raconté ? - Des tas de choses.

- Je préfère m'en aller. Au revoir. - Au revoir.

Je t'accompagne.

À propos, puisque vous épousez ce garçon,

nous nous occuperons de votre robe. Je vous l'offre.

Tu es fou. Il n'y a pas de raison.

Ne l'écoutez pas. Vous aurez le temps après.

Non, mon vieux.

Je vous attends demain à 11 h. Ce sera bien.

Je reviens.

C'est pour elle que tu m'as laissé tomber.

Elle est arrivée hier soir.

Oh ! Que j'oublie pas mon tissu.

Je te pardonne.

- T'as de la veine qu'elle soit aussi jolie. - Allez, va.

M. Rousseau, je suis un peu pressé.

J'arrive tout de suite.

- Ah ! Je vous cherchais. - Je cherchais une glace.

- Il n'y en a qu'une seule. - Ce n'est pas encore habitable.

- Comment le trouvez-vous ? - Amusant.

Amusant ? L'architecture est un peu démodée.

- Nous arrangerons ça. - Je parlais de votre ami, le couturier.

Il fait de jolies choses ?

Il serait premier, s'il était sérieux.

Qu'est-ce qu'on fait pour cette robe ?

C'est embêtant de refuser, mais ça vaudrait mieux.

Pourquoi ? - Il n'est pas convenable que la robe de noces soit offerte par un étranger.

Mon bon Daniel.

- Je vous en prie, ne m'appelez pas ainsi. - Pardon.

Qu'alliez-vous me dire ?

Que j'ai de la chance car vous au moins, vous êtes sérieux.

Mademoiselle.

Je suis navré, M. Rousseau, il faut que je parte.

Ne partez surtout pas. Nous avons besoin de vous tout de suite.

Commençons par la chambre du fond.

Suivez-nous, M. Lemoine.

Mademoiselle ?

- Je voudrais voir M. Clarence. - Il n'est pas là.

Il m'a demandé de venir ce matin.

Je vais voir. Voulez-vous entrer au salon ?

J'ai une bonne nouvelle. On arrête la collection et on recommence tout.

Sans blague ! Quelle bonne nouvelle !

Que se passe-t-il ?

M. Clarence a dessiné toute la nuit. Il a trouvé un nouveau style.

Il aurait pas pu dormir ?

Mme Anne-Marie, voulez-vous venir ? - Pourquoi ?

- Une demoiselle voudrait voir M. Clarence. - J'y vais.

Qu'est-ce que je fais, moi ?

Pour l'instant, continuez. Les ordres viendront.

Les robes me plaisaient pas. Quelle sale collection !

Tout refaire en 3 semaines !

- Les heures de rab qu'on va s'envoyer ! - Oui alors !

Si vous êtes pas contentes, allez trouver le patron.

Allez, au turf !

Tu te rends compte ?

Mademoiselle ?

Vous avez rendez-vous avec M. Clarence ? - En effet.

- Rappelez-moi votre nom. - Mlle Lafaury.

Qu'en dis-tu ? Ça te plaît ?

Oui, c'est très intéressant.

Mais c'est sensationnel ! C'est merveilleux.

Peut-être. Mais des croquis, c'est pas des robes.

Celle-là, on la fera en jersey rouge.

Entrez.

Ce sera un chef-d'œuvre. Quoi ?

- Mlle Lafaury vous demande. - Connais pas.

La difficulté, c'est que les modèles soient différents,

mais avec un air de famille.

Un petit rien qui les rattache à quelque chose.

Oui. - La collection, c'est ça.

Je courrais après et maintenant, c'est là.

Je la renvoie ? - Qui ça ?

La personne qui est en bas. - Comment est-elle ?

Plutôt bien ou plutôt moche ? - Plutôt moche.

Alors, faites-la monter.

Mais non, je plaisante. Que voulez-vous que j'en fasse ?

Dites que je ne reçois personne.

La fille doit être splendide.

Quand Anne-Marie débine une femme,

c'est qu'elle est pour moi.

Elle t'aime toujours. - C'est bien ce qui m'embête.

Depuis que c'est fini entre nous, elle aurait dû partir.

C'est pas à moi de la renvoyer. - Ni à moi.

- Comment elle a dit son nom ? - Le nom de qui ?

Tu deviens difficile à suivre.

La femme qui attend ?

Bon sang !

Désolée. Au revoir, mademoiselle.

M. Clarence ne s'est peut-être pas souvenu.

Je suis la fiancée de Daniel Rousseau.

Excusez-moi. Je suis navré. C'est un malentendu. Excusez-moi. Bonjour.

Mademoiselle est une amie. Vous vous occuperez bien d'elle.

Entrez.

Mme Anne-Marie ?

Solange ?

Je vous présente Solange, ma vieille Solange, ma seule famille.

La fiancée de Daniel Rousseau.

- Bonjour mademoiselle. - Bonjour madame.

J'ai cru qu'elle était vivante.

Elle est morte.

Je la déguise de temps en temps pour m'amuser.

C'est une ancienne robe de Poiret. C'est joli.

C'est ravissant.

Rends-moi tout ça.

Maintenant va dire aux premières et aux vendeuses que je veux leur parler.

- Ici ? - Oui.

Au complet, n'est-ce pas ?

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous avez bien dormi ? - Très bien. Et vous ?

- Moi aussi. Enfin, façon de parler. - Pourquoi ça ?

J'ai pondu ma collection, cette nuit, au moment où je m'y attendais le moins.

- Vous faites ça la nuit ? - Quelquefois.

Puisque Daniel ?

Non, rien. Je sais plus.

Entrez.

Entrez, entrez, entrez.

Je vous mets à la porte, je dois parler au personnel.

- Je m'en vais. - Attendez.

Laquelle préférez-vous ?

Je ne sais pas. C'est difficile.

- Les deux sont épatantes. - Et maintenant ?

- Et ma robe de mariée ? - Diable, c'est vrai !

On n'a même pas pris vos mesures.

Henriette, prenez les mesures.

- Où habitez-vous ? - Chez mes cousins Lesurque, 22 quai d'Orsay.

Celui qui a les bateaux ?

Non, c'est son frère. Le mien, c'est celui qui a 10 enfants.

- On ne peut pas tout avoir. Au revoir Micheline. - Au revoir.

Gilberte, reconduisez mademoiselle.

Micheline !

À ce soir.

Comment ?

- Au revoir mademoiselle. - Au revoir.

Nous allons prendre vos mesures.

- Elles sont toutes là. - Allons-y.

- Bonjour. - Bonjour.

- Tu es occupé ? - Ben, oui.

- Alors, à ce soir. - C'est ça.

- Où ça ? - Je ne sais pas. J'aurai du travail probablement.

- Je n'insiste pas. - Écoutez-moi, mes enfants.

Je vous annonce que je fais demi-tour.

Les modèles que j'ai créés ne valaient rien.

Ne protestez pas, vous êtes d'accord.

Si vous n'aimez pas ma collection, ça ne marchera pas.

Qui a quelque chose à dire ? Hein ? Personne.

Mademoiselle Lafaury.

C'est bien ici. Merci.

- C'est pour qui ? - Pour Mlle Lafaury.

- Pour Micheline. - Je lui remettrai.

Merci mademoiselle.

Laisse-moi ranger ça. - C'est mon linge.

Tu ranges ça comme une seringue.

Ils sont vieux tes disques.

C'est ceux-là que j'aime. Ne les joue pas s'ils sont moches.

- Bravo, tu n'as pas perdu de temps. - L'avantage d'être riche.

Quand as-tu commandé ça ?

Il y a 3 mois, à mon dernier passage à Paris.

Tu nous l'avais pas dit.

Alain, c'est comme ça que tu travailles ?

Curieuse façon de préparer tes examens.

J'en viens, maman. J'y retourne. Vous êtes formidable.

C'est toi qui es formidable, imbécile.

Ouste ! Tu n'as rien à faire chez les filles.

Si vous voulez être à l'heure à la salle Pleyel, changez-vous.

C'est ce soir ? Oh là là ! Tu viens ?

Dépêchez-vous de vous préparer.

- C'est ce soir ? - Oui. Le dîner est commandé pour 7 h.

Il est moins le quart. On la laisse s'habiller.

Si ça ne vous ennuie pas ma tante, je n'irai pas.

J'ai envie d'aller voir un film.

Fais ce que tu veux, ma fille.

Tu es libre de ton temps.

Pardon, madame.

Rodolph ?

Pardon, madame. Bonjour, M. Garnier. Madame.

Bonjour !

- Je ne vous voyais pas dans cette cohue. - La table est là-bas.

- Vous m'avez laissé tomber. - Je vous appelle demain.

- Y en a du monde, ici. - Quelques intimes.

- Tout Paris. - C'est le meilleur endroit pour goûter la solitude.

Nous sommes seuls, abandonnés, perdus sur une île.

On s'occupe pas de nous.

Vous m'avez appelé ? - Vous pouvez servir.

Bien, M. Clarence.

Je m'excuse, j'ai déjà commandé.

- Vous avez bien fait, j'ai dîné. - Ah ? Comment ça ?

C'est simple. J'aime mieux vous le dire, je suis une jeune fille.

C'est pas un crime. Je vois pas le rapport.

Elles doivent jouer à cache-cache pour sortir avec les messieurs.

Ah ! Je comprends.

Alors, j'ai dîné avec les cousins et ils me croient au théâtre.

En somme, vous trompez déjà Daniel.

Je ne crois pas. Daniel m'aurait permis.

Rodolph ?

- M. Clarence ? - Champagne ?

- Non, plutôt un peu de fine. - Bien, madame.

Allô ? Ici, Antoine.

Une fine pour le 43.

Il faudrait venir tout de suite. D'accord.

- Bonsoir. - Bonsoir, M. Murier.

J'ai déjeuné au wagon-restaurant, façon de parler.

- Vous avez une table ? - Oui, au fond de la salle.

Vous êtes ravissante. À part un petit défaut à l'épaule.

- Cet ensemble est amusant. - Je ne vous ai pas remercié.

Il n'y a pas de quoi. Ça a été fait un peu vite, tout ça.

Vous avez l'air d'un gentil petit coq.

Plutôt d'une petite poule.

J'osais pas sortir de ma chambre.

Je vous trouve très mignonne.

Sauté de veau aux petits pois, poulet rôti ou côte de bœuf.

Pommes rissolées, salade, fromage.

Ils ont des camemberts formidables. Vous aimez le camembert ?

- Vous aimez le camembert ? - Je me fous du camembert.

Que regardez-vous, là-bas ? Tiens !

- On dirait votre ami Clarence. - On dirait, oui.

Et à côté ? On ne dirait pas une femme ?

- Et alors ? Vous êtes bien avec un homme. - Ce que vous pouvez être bête !

Nerveuse ?

Je crois que voilà encore quelqu'un que vous connaissez.

En effet. Pourquoi ?

- On vous regarde avec intérêt. - Une vieille connaissance.

- Ah ? Elle est charmante. - Merci.

Elle semble fâchée. Vous devriez la saluer.

Jamais de la vie. Ça m'amuse bien trop.

Oui ?

Ça vous ennuie ?

Il n'y a pas de raisons.

Non, évidemment.

- Ils se foutent de moi, ma parole ! - Et alors ?

Restez si vous voulez, je ne dînerai pas ici.

- Antoine ! - M. Murier ?

- Un camembert. - Bien, M. Murier.

Vous comprenez, Micheline, l'âme de la robe, c'est le corps de la femme.

Chut !

Je me demande si Micheline est rentrée.

Attention Nicole, tu accroches ma roue.

Je n'accroche rien.

Les voilà rentrées avant moi. Ça devait arriver.

Oui. Qu'est-ce que je disais ?

Vous parliez de votre métier. Vous m'avez dit :

"L'âme de la robe, c'est le corps de la femme".

J'ai pas compris.

c'est une robe qui n'a pas été créée pour quelqu'un.

Pour une femme.

Créer, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est.

En catéchisme, c'est faire quelque chose avec rien.

À quel sujet dans le catéchisme ?

C'est ça.

Quand rentre-t-il ?

Qui ça ?

Daniel, parbleu !

Je ne sais pas. Dans 2 ou 3 jours, sans doute.

Et d'ici là ?

Comment, d'ici là ?

On ne se voit plus ?

Ça me paraît difficile.

Il faut que je me sauve.

- Au revoir, Micheline. - Au revoir.

Téléphonez-moi.

Non, vous, téléphonez-moi.

Au revoir !

La balance trimestrielle est encore inférieure de 30 % à celle du trimestre précédent.

Ça ne peut pas durer.

- Qu'est-ce qui est inférieur ? - La balance.

Ah ! Oui, oui, parfaitement.

À quoi est-elle inférieure ?

À la balance trimestrielle de ce trimestre-ci.

- Je te dérange ? - Non.

On verra ça ce soir, non demain plutôt.

Voilà 3 semaines que vous dites ça.

- Ça ne peut plus durer. - C'est juré. Au revoir.

- Content de te voir. J'ai à te parler. - Moi aussi.

Je commence, si tu permets.

Je ne te servirai pas de guignol.

Je te fais grâce de tes plaisanteries, je les connais.

Il y a 8 mois, tu m'épatais.

Maintenant, c'est mort.

Je te connais bien. Tu te prends pour Poiret ?

Tu n'es pas fichu de sortir une collection avant le 14 juillet.

Ah oui ? - Exactement.

Si encore tu savais te faire aimer.

Tu rates tout, ta vie et celle des autres.

Mais pour la mienne, tu repasseras.

Nous sommes le combien ?

Le 5. Pourquoi ?

Pour rien.

Qu'est-ce que tu fabriques ? Sois poli.

Minute.

Je suis à toi.

Mais c'est ma robe que tu as là. La première robe que tu m'as faite.

Je me demandais où elle était.

Maintenant, tu le sais.

J'en étais sûre.

"Anne-Marie". Elle est encore là.

"Monique".

"Yvette".

"Marguerite".

Alors, tu joues les collectionneurs.

Monsieur a son petit musée, son petit cimetière.

C'est pourquoi tu ne laissais pas traîner la clé du placard.

Tu es un cinglé.

Tu peux serrer les dents.

Ça ne m'impressionne pas.

Dire que je me serais fait couper un bras pour t'entendre dire que tu m'aimais.

que tu es cocu depuis 3 mois.

Tiens, tiens ! Le petit à tête de lune avec qui tu étais hier soir ?

Non, c'est un autre.

Que voulais-tu me dire, tout à l'heure ?

Tu pourrais répondre. Que voulais-tu me dire ?

Je viens de te répondre. Adieu et bonne chance.

Je ne sais pas comment tu finiras. Mais je préfère être dans ma peau.

Ce n'était pas laid.

- Quand vous voudrez. - Allons-y.

Oui ?

Qui le demande ? C'est pour vous.

Ah !

Allô ?

Bonjour.

Bonjour, Philippe.

Attendez, ne quittez pas.

Voilà, j'y suis.

Allô ? Je croyais qu'on avait coupé.

C'est un joli boudoir.

Vous travaillez, je parie. Je vous dérange ?

Pas du tout. D'ailleurs, je suis tout seul. Je ne fais rien.

* Je croyais que vous aviez du travail.

Oui, mais j'ai pas envie de travailler. Je suis triste.

Je ne peux pas travailler.

Ça vous fait rire ? C'est vrai.

Vous êtes sérieux ? Pourquoi vous êtes triste ?

* - Ça ne vous regarde pas. - Si, ça me regarde.

C'est gentil mais vous n'y pouvez rien.

Oh si, je vous assure.

Je crois que je serai toujours seul dans la vie.

Ce soir, je vais rentrer seul chez moi.

Je dînerai seul.

Ça vous ennuie de dîner seul ?

Comment faites-vous d'habitude ?

Vous prenez vos précautions ?

Bien sûr. Mais enfin, ces précautions-là ne servent à rien.

Ça ne mène nulle part.

Je ne m'en suis pas toujours rendu compte.

Mais maintenant, je le sais.

Dès que vous m'avez quitté, tout à l'heure.

*Si je ne vous avais pas rencontrée, tout marcherait comme avant.

Il n'y a pas d'"Enfin, Philippe".

* - Écoutez-moi, Philippe. - Oui ?

* Vous êtes drôle, tout de même.

- Elle est bien partie, cette robe. * - J'y suis pour rien, moi.

Bien sûr, ce n'est pas de votre faute, ni de la mienne.

Je ne sais pas pourquoi nous parlons de ça, vu les circonstances.

* C'est mon avis.

Savez-vous ce que vous feriez, à ma place ?

Vous viendriez dîner avec moi, ce soir.

Comment ?

- C'est joli, hein ? - Oui.

C'est un vieil air.

- J'aime les vieux airs. - Vous aussi ?

Oui, moi aussi.

Il y en a un surtout que j'adore.

La vie est bête quelquefois, Philippe.

La vie a bon dos, Micheline.

Ce sont les gens qui sont bêtes.

Ils veulent nager contre le courant au lieu de faire la planche.

Il faut savoir où l'on veut aller.

Où voulez-vous aller, Micheline ?

Laissez-moi, Philippe.

Le champagne doit être assez froid.

Je n'ai plus soif. Il faut que je m'en aille.

Vous me raccompagnez ?

J'espère que votre concierge aura surveillé mon vélo.

Je laisse toujours le mien dans la cour.

Non, Philippe.

Au revoir, Philippe.

Philippe, je vous en prie, laissez-moi partir.

Philippe.

Bonjour monsieur.

Merci, mademoiselle.

C'est tout, M. Clarence.

Merci. Quand j'aurai choisi, je vous préviens.

- Je le préviens que vous êtes là. - Pas la peine, j'y vais.

Posez ça là.

Il est dans le grand salon.

Tiens, Daniel !

Ah ! Bonjour !

- Toi, déjà ? - Bonjour, chère amie.

- Tu n'as pas traîné. - Mon père avait tout préparé.

J'ai pris la pièce à la sortie du métier.

- Les tissus sont là ? - Oui.

Oh ! Montre-moi ça !

Une seconde ! Et les mannequins ?

Occupe-t'en. Engage la rousse et les 2 dernières.

- Ça n'en fait que 8, pas 10. - Solange verra. Hein, Solange ?

Allez, viens.

Où en est-il avec cette fille ?

- Quelle fille ? - Ne fais pas la bête.

La petite Lafaury ? Il s'en fiche bien. Tu le connais.

Tu ferais mieux de penser à la Maison.

Tu ne penses qu'à la Maison.

Si tu savais comme je m'en fous.

Ma pauvre Anne-Marie, va !

- Ça te plaît. Tu es content, hein ? - C'est exactement ce que je voulais.

Ça tombe comme de l'eau et c'est doux.

J'embrasserais le père Rousseau !

Et ça, qu'est-ce que c'est ?

- C'est du tissu. - Merci, je l'avais deviné.

Qu'est-ce que tu as ? Tu n'es pas dans ton état normal.

Si, si.

Pourquoi ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Il est formidable, ce tissu.

Je l'avais rapporté pour la robe de mariée de Micheline.

Elle a dû venir en mon absence.

Oui, évidemment.

Que se passe-t-il ?

J'avais pu décider Micheline avant mon départ.

Nous avions fixé la date du mariage au 25.

Alors, je reviens et elle tergiverse.

Elle trouve que c'est trop tôt, que l'appartement n'est pas prêt,

C'est tout ?

Oui, c'est tout.

Oh ! Tu n'es qu'un âne !

- Tu connais rien aux jeunes filles. - Et toi ?

C'est une mécanique extraordinaire.

Non, c'est pas une mécanique. Ça a des réactions.

Si.

Et alors ?

Ne la bouscule pas, mon vieux. Attends.

Demain, elle se souviendra plus de ce qu'elle t'a dit.

- Tu crois ça ? - Puisque je te le dis.

Oui ?

Hein ? Quel fourreur ?

Non, laissez, surtout pas. J'y vais moi-même.

Je dois sortir. Quand m'envoies-tu la suite ?

Demain ou après-demain.

Merci, tu es chic.

- Eh bien, au revoir. - Au revoir.

Tu verras, tout ça va s'arranger.

- Au revoir, vieux. - Au revoir.

Allô ? Oui, monsieur.

Qui ? Mlle Lafaury ?

Attendez, ne quittez pas.

Mademoiselle ! Mademoiselle !

Allô ?

- Micheline ? * - Oui.

Écoutez. Il faut absolument que je vous parle.

* - Il y a quelque chose qui ne va pas ? - Non, non.

C'est que Daniel sort d'ici.

- Ah ? * - Oui.

*Il faut que nous nous voyions rapidement.

*Rendez-vous dans une demi-heure.

- Entendu. * - Aux Tuileries.

Pourquoi aux Tuileries ?

C'est à mi-chemin entre chez vous et la Maison.

Je dois vous voir rapidement.

Entendu. Près des chevaux de bois. D'accord.

Ça vous rappelle des choses ?

J'étais assez fort à ce truc-là.

- C'est drôle. - Quoi ?

J'imagine quel garçon vous étiez.

Racontez-moi ça.

Vous étiez tout blond, tout rond,

coléreux quand vous ratiez l'anneau.

Je ne ratais jamais l'anneau.

Bien sûr. Vous étiez parfait, comme maintenant.

- Hé ! Vous êtes vache ! - Pourquoi ?

On vous attend depuis une heure. Venez.

Vous êtes bien rentrée, hier soir ?

Oui.

Vous avez bien dormi ?

Oui.

Vous ne devriez pas mettre de collier.

Comment ?

Avec ce genre de chemisier, on ne porte pas de collier.

Voilà.

C'est bien comme ça.

Vous êtes ravissante.

C'est triste.

Dites donc !

Maintenant qu'il est revenu,

nous aurons du mal à nous rencontrer aussi souvent.

- Nous rencontrer ? - Oui.

Vous avez confiance en moi ?

Oui.

Il va y avoir un assez mauvais moment à passer.

Ça n'a pas d'importance, on va s'organiser.

Vous êtes la fiancée de Daniel et il a fallu que nous nous rencontrions.

Oui.

Il est allé vous voir, ce matin, en arrivant.

Vous n'avez pas été trop épatée ?

Non.

Alors, que s'est-il passé entre vous ?

Rien ou presque. J'ai dû lui sembler un peu drôle.

Je pensais vous voir avant son retour.

Je n'ai pas eu le courage de lui dire quoi que ce soit.

Mais je lui dirai.

Non, certainement pas.

Ça ne servirait à rien.

Qu'allez-vous lui dire, alors ?

Mais la vérité.

C'est un type très bien, vous savez.

Il est même mieux que vous.

Je lui dirai que j'ai de l'affection pour lui,

je ne peux plus l'épouser. Voilà.

Vous ne pouvez plus l'épouser ?

Ben, non.

Écoutez-moi, ma petite Micheline.

Vous le savez, je pense.

Qu'est-ce qui vous prend ?

Rien. Continuez.

Je ne crois pas avoir rencontré une femme qui me plaise autant que vous.

Continuez, Philippe. Continuez.

Enfin Micheline, vous ne vous rendez pas compte ?

Le pauvre Daniel est venu me voir, désespéré. Il vous aime.

Les femmes sont toutes les mêmes.

Elles font souffrir le premier homme qu'elles rencontrent.

Le premier homme ? Quel homme ?

Daniel. Je parle de Daniel.

Vous ne pouvez pas lui faire ça, tout de même.

Je ne suis pas un homme à prendre au sérieux.

Daniel vous aime. Il n'y a aucune raison pour que vous ne l'épousiez pas.

Vous entendez ce que je vous dis ?

Rien ne nous empêchera de rester bons amis, vous et moi.

Mon Dieu !

Micheline !

Dites donc, ça vous intéresse, vous ?

- Le jour baisse, les joueurs voient mal. - Thérèse, allume.

Micheline !

Bonsoir, Thérèse.

D'où viens-tu ? Notre championnat est commencé.

- Championnat ? - Oui. Daniel est là, il est l'arbitre.

- Daniel ! - Il se demandait où tu étais.

La voilà !

Bonjour, Micheline.

Ma vieille, t'exagères !

- 17-16 ! - Non ! 18-16 ! Sans blague, Daniel !

- 18 ? - Oui.

Marcheuse. T'as encore couru les boutiques.

C'est ça. Tu mènes ?

Pas cette grande bringue.

Michel, tu veux une gifle ?

Qui servait ?

C'est toujours à Michel.

Alors les amoureux, on ne s'embrasse pas ?

- Michel, sers ! - Voilà. Maintenant, silence !

Zut !

Il coupe toutes ses balles, ce cochon.

Si tu savais jouer, t'en ferais autant. - Peut-être.

19-16. À Yvonne, le service.

Tu pourrais au moins m'embrasser, moi.

Micheline, tu veux plus te marier ?

Comment ?

- 16-20 ! - Bonne Yvonne ?

Zut !

21-16. On change. Alors, l'arbitre ?

Pardon. Deux sets partout. La belle. À Yvonne, le service.

Maman a demandé à Daniel si vous aviez fixé la date du mariage.

Il a dit que tu ne voulais rien décider. C'est vrai ?

Tu fais la vamp.

J'allais le dire.

Fichez-lui la paix. Ne l'écoutez pas, elle est jalouse.

C'est une vieille fille.

Vieille fille, toi-même !

Nicole ?

Bonjour Micheline.

Bonjour, ma tante.

T'as écrit à ton parrain pour sa fête ? - Pas encore.

Charmant. Il va être content. Viens lui écrire tout de suite.

Pas tout de suite, la partie va être finie.

J'ai dit tout de suite.

Ça fait deux fois que je lui dis. C'est bien fait.

Elle s'est fait attraper.

- Zut ! - Zéro-un !

Attention Yvonne, tu vas perdre.

Nous avons besoin de savoir. Nous sommes tes demoiselles d'honneur.

Nous devons commander nos robes.

C'est vrai, Micheline, t'es pas gentille.

Allez Yvonne, sers !

Oh, la barbe avec votre mariage !

Y a plus moyen de jouer, ici.

Quoi ?

Qu'est-ce que tu as ?

Hein ?

Dis.

Qu'est-ce que tu as ?

Merde !

Mais plus haute la taille ! Juliette, voyons, plus haute !

Prenez l'habitude de placer la taille de vos robes à la véritable taille !

Oh !

Merci, mon ange.

Merci, mon ange.

Et voilà une fille qui n'a pas de seins !

- Elle a une taille mais pas de seins. - On ne peut pas tout avoir.

On ne vous demande pas votre avis. Foutez-nous la paix.

La robe 27 tout de suite et la 33 dans une heure. Compris ?

Henriette ! La 20 et la 21, c'est chez vous ?

Et la 22.

Ah oui ! L'essayage est prêt ?

- La robe de lainage gris, ça vient ? - Oui.

- Dans un quart d'heure. - Dépêchez-vous.

Ça avance ?

Non. J'ai encore 4 toiles à faire pour demain.

Vous avez jusqu'à jeudi pour faire la moitié de vos modèles.

Vous êtes sérieuse ?

Bien sûr, Paulette. Vous saurez vous arranger.

On sait dire que ça ici, s'arranger !

Passe-moi la craie.

Paulette, vous avez dit que ça serait fini aujourd'hui.

- J'ai pas dit ça. - C'est pas vrai ?

- Si, c'est vrai. - Ben alors ?

C'est fini, c'est un miracle.

On peut pas prévoir les miracles.

- Tiens. - Et vous ?

J'en ai d'autres.

- Donne-m'en une. - Fous-moi la paix, toi.

Tu t'es ruinée. - Tu m'as fait peur.

- 500 balles, au moins. - Tu me demandes pas pourquoi ?

Si. Pourquoi ? Pour me remercier ?

Enfin, pour remercier le Ciel. C'est ça ?

Voyons, Philippe, c'est ton anniversaire.

Tu n'oublies pas. En 5 ans, tu n'en as pas raté un seul.

Oui. Et c'est pas maintenant que je commencerai.

Eh ben, j'espère !

T'es bien mignonne, toi.

M. Philippe Clarence.

Oh, idiot !

- Alors, je t'ai amené Micheline. - Micheline ?

Tu sors de la lune ? T'as proposé de lui faire sa robe.

Quelle robe ?

Ben, sa robe de mariée. Tu sais qu'on se marie dans un mois.

Quoi ?

Tu es content ? Évidemment. Mais il est complètement abruti.

Chéri, tu as mes échantillons ? - Lesquels ?

- Pour la modiste. - Ah oui, pardon. Voilà.

Faut qu'elle mette ses chapeaux en route.

Le retard qu'on lui a fait prendre !

- Elle sera prête avant vous. - C'est probable.

Au revoir, Daniel.

À tout à l'heure, chéri.

Oh, c'est elle. Dans le fond, elle est gentille.

Je pense bien. Tu as mis du temps à t'en apercevoir.

Allons voir Micheline, tu veux ?

- Bonjour mademoiselle. - Bonjour.

- M. Clarence vient vite. - Merci.

- Il vous fera une très belle robe. - J'espère.

Vous serez une mariée ravissante.

À tout à l'heure.

Bonjour.

Je ne vous dérange pas ?

Vous ?

On s'assied ?

C'est inutile. Nous avons si peu à nous dire.

- Vous êtes éblouissante. En grande forme. - Merci.

- Vous êtes fâchée. - Moi ? Pourquoi ?

Rien. Je croyais.

Daniel n'aurait pas compris que j'aille dans une autre Maison.

Je ne pense pas, en effet.

Je ne tiens pas à vous rencontrer lors de mes essayages.

Sinon, je préférerais me faire habiller ailleurs.

Alors, je vous demande si c'est possible.

Tout est possible.

On peut me faire ma robe sans que j'aie affaire à vous ?

- C'est difficile mais faisable. - Je vous remercie.

Et je tiens à payer cette robe.

Daniel n'en saura rien.

Comme vous voudrez.

Germaine ! Anne-Marie est sortie, vous vous occuperez de Mlle Lafaury.

Robe de mariée. Vous lui soumettrez le dernier modèle.

- Vous verrez, c'est tout à fait dans votre style. - Tant mieux.

- Je m'excuse, j'ai du travail. - Je vous en prie.

Je vais chercher le croquis. Le modèle n'est pas encore prêt.

Bien. J'attends.

Allô ?

Oui.

Déjà ?

Faites entrer et dites à Juliette de commencer.

J'arrive dans 5 minutes.

Micheline Lafaury vient essayer.

Quelle barbe ! J'avais oublié.

- Non, attends. - Quoi ?

Pas avec ton couteau à fromage.

La comédie qu'il faisait à l'hôtel, il y a 3 ans, pour un couteau d'argent pour ses fruits.

"Ça donne un goût", tu disais.

- Ce qui est vrai d'ailleurs. - Et ta cliente ?

Elle attendra, elle a que ça à faire. On travaille. On s'est mis à table à 14 h.

On peut finir tranquillement.

Tiens, c'est une poire amoureusement épluchée.

C'est Micheline Lafaury que tu fais attendre.

Micheline Lafaury !

- Oui. Et après ? - Je ne veux pas qu'on la fasse attendre !

Je n'aime pas que les clientes attendent !

Merci Philippe.

Pas de quoi !

Tu es un salaud.

- Tant pis pour elle. - Parce qu'elle t'aime ?

Elle confond amour et choses qui n'ont rien à voir.

Une poire amoureusement épluchée !

J'aimerais mieux ne plus jamais manger de poires.

Elle date avec son amour d'il y a 5 ans.

Alors, il fallait pas la reprendre. Ça finira mal.

Je ne sais pas si c'est la fatigue, mais je ne te comprends plus.

Te voilà, toi !

Micheline est là. Elle est en train d'essayer.

Ta collection va être prête ?

Je pense que ça va être un triomphe.

J'espère. C'est ma dernière carte.

Tu l'as jouée si souvent ta dernière carte.

Justement. Pardon.

Et toi ? - Hein ?

- Ça va ? - Ça va.

Tu es heureux ? - Heureux ? Ah ! Avec Micheline ?

C'est formidable, mon vieux. On ne se quitte pas.

J'ai même pas le temps de passer à mon bureau.

- Tant mieux, ça me fait plaisir. - Je te remercie.

Je vous demande pardon. Daniel ?

Entrez. On ne va pas vous manger.

Non, mais il va nous mettre à la porte sous prétexte qu'il travaille.

Ma robe est très belle. J'aurai du succès.

Certainement. N'est-ce pas, Philippe ?

Eh bien ?

Micheline a raison, on va te laisser.

Au revoir. À bientôt, Mme Anne-Marie.

N'oubliez pas, mardi.

Entendu. Vous venez, Daniel ?

- Pardon, je suis complètement abruti. - Ça se voit, mon gros, ça se voit.

- À bientôt. - Au revoir.

Au revoir, Anne-Marie.

Tu avais besoin de m'appeler Philippe devant elle ?

Devant elle ?

Enfin, devant eux.

- Que faites-vous, maintenant ? - Je retourne avenue Montaigne.

Vous avez toujours à faire.

Je ne peux pas passer mon temps avec vous.

J'ai des amies, des cousines.

Évidemment.

Pardon. Il faut pas m'en vouloir, je suis agacée.

Si tu veux venir, nous t'attendons.

Oui ? Allô ? Oui.

Ici, Mme Solange.

C'est au sujet des chaises que vous avez commandées pour la présentation de votre collection.

Je vais vous le dire exactement.

La dernière fois, vous en avez loué 250.

C'était un peu juste. Il en faudra 300.

Tâchez qu'elles soient assorties.

Il nous les faudrait 2 jours avant la présentation. Donc, dans 6 jours.

Parfait. Merci. Bonjour, monsieur.

Ça suffit pour ici.

Je vous montre où il faut mettre les autres.

On va encore être les dernières.

- Ça changera pas. - Qu'est-ce qui changera pas ?

À chaque collection, on est toujours les dernières.

Et alors ?

- On nous attend ? - On baptise les robes de Jacqueline.

- C'est quoi, cette année ? - Des noms de poule.

Bérénice.

42, Bérénice.

Le numéro 43.

Chimène.

43, Chimène.

Le numéro 44.

Iphigénie.

44, Iphigénie.

- Une seconde. - Oui ?

Pour la présentation, j'ai 5 noms à rajouter.

On les met sur la liste des gens à prévenir par pneumatique.

La grande liste est partie, j'espère ?

Pas encore. J'attendais que ce soit complet.

Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? C'est de la folie !

On devra envoyer des pneumatiques à tous.

Je voulais éviter ça !

Qu'on sache que nous étions en retard !

Oh là là ! On ne peut compter sur personne, ici !

- C'est pas dramatique. - Si, là !

Je suis désolée.

Allez, continuons.

Le numéro 45. C'est la dernière.

Esther.

Alors ?

Esther.

Esther !

C'est marqué. 45, Esther.

À toi, Paulette.

- Merci, Jacqueline. À tout à l'heure. - Oui, M. Clarence.

Ah, Paulette !

La dernière pour pas changer.

C'est pas vous qui avez trimé durant 3 semaines.

On baptise tes robes.

Avec des noms idiots, comme d'habitude.

- Numéro 20. - Robe numéro 20.

- Antigone. - Anti quoi ?

Antigone. Une dame qui est morte il y a longtemps.

Antigone.

Ah, vous êtes là, Henriette ?

Pardon, mademoiselle.

- Vos robes sont baptisées ? - Oui. Je suis passée en premier.

Parfait.

Au revoir, mademoiselle. Vous êtes ravissante.

Mme Solange a raison. N'est-ce pas Monique ?

- Quelle jolie mariée ! - C'est pour samedi, alors ?

- Comment ? - La cérémonie ?

Ah, oui, oui.

On ira vous voir sortir. N'est-ce pas, Mme Henriette ?

- À l'heure du déjeuner. - Bien sûr.

Vous êtes gentilles.

- J'aimerais être à votre place. - Ah oui ? Pourquoi ?

C'est un très beau jour pour une jeune fille.

- Vous ne trouvez pas ? - Oui, sûrement.

- Cette robe est très bien. Merci Mme Henriette. - Pensez donc.

Il ne reste qu'à la retirer.

Laissez, nous allons le faire.

Paulette, reviens avec tes ouvrières.

Anne-Marie, préviens les autres ateliers.

Rangez vos robes. On vous attendra pour le champagne.

J'espère bien, manquerait plus que ça.

Ne les serrez pas. Mettez-les sur 3 rangées.

- Partout ? - Partout où vous pouvez.

Henriette ?

C'est la robe de la collection ?

Non, c'est celle de Mlle Lafaury. L'essayage est terminé.

Nous pourrons la livrer demain.

- Qu'est-ce que c'est ? - C'est moi, Philippe.

Entrez.

Bonsoir. Ma robe est parfaite. Je vous remercie.

Voulez-vous me faire parvenir ma facture avec la robe ?

C'était dans nos conventions.

Micheline, il faut que je vous parle.

- Laissez-moi passer. - Non, écoutez-moi.

- Vraiment ? - Oui.

Je regrette, j'ai à faire et vous aussi.

Non, vous ne sortirez pas.

Il faut que je vous parle

et je parlerai !

- Vous m'avez fait mal. - Pardon.

Mais cette comédie, depuis 3 semaines, a assez duré.

Quelle comédie ?

Vous le savez. Vos visites sans que je ne vous voie, la robe.

Nos conventions, comme vous dites.

Ça ne tient pas debout.

Pour me forcer à entendre ça, vous me brutalisez ?

Soyez belle joueuse.

Je ne joue pas, moi. Je ne suis pas comme vous.

Je suis comme je suis.

Vous n'avez pas compris, ça ne m'étonne pas, un homme comme vous.

Un homme comme moi ?

C'est très simple, vous ne croyez à rien.

Je ne crois à rien, je crois à ce que je vois.

J'ai compris trop tard qu'il m'était arrivé quelque chose

à quoi je n'avais rien compris.

C'est très intéressant.

Vous me parlez comme si nous venions de nous quitter.

Nous nous sommes quittés il y a 3 semaines, aux Tuileries.

Et pour toujours.

Nous ne nous sommes pas quittés du tout.

Vous n'avez même pas sursauté.

Vous m'attendiez.

Moi ?

Vous êtes fou ?

Oui, vous m'attendiez, Micheline.

Vous avez vu M. Clarence ?

Il doit être dans le salon d'essayage, avec Mlle Lafaury.

L'essayage est fini, j'ai vu Henriette.

J'ai pas dit que l'essayage n'était pas fini,

j'ai dit qu'il était avec Mlle Lafaury.

Jacqueline, vous êtes à la bourre !

- Il en reste ? - On n'a pas commencé.

- Y en aura pas assez. - Mais si, poivrote !

Et le patron, où est-il ?

- Il sait que nous sommes là. - On dirait pas.

- Va le chercher. - J'ose pas.

J'envoie une arpète, ça ne risque rien.

- Mathilde. - Mme Paulette ?

- Ramène le patron. - J'oserai jamais.

Discute pas. Vas-y !

Tout ça est très joli. Mais la vérité est simple.

J'épouse Daniel samedi à midi.

Vous ne pouvez pas, vous ne l'aimez pas.

J'y arriverai.

Voyons, Micheline !

Je suis bien arrivée à vous détester.

En êtes-vous sûre ?

Demain, ce soir, si vous voulez.

- Vous quitteriez tout ? - Oui.

- Tout de suite ? - Oui.

- La collection, la Maison, tout ? - Tout ce qui n'est pas vous.

- Le patron est là ? - Pourquoi ?

Tout le monde l'attend.

Dis-leur qu'il vient tout de suite.

Merci madame.

Le plus fort, c'est que vous êtes sincère.

Il y a des mots que je n'ai jamais dits à une femme.

Elles ont cru ou n'ont pas cru que je les aimais.

Mais moi, je ne l'ai jamais dit.

Je faisais ça par jeu parce que c'était plus difficile.

Mais là, je ne joue plus.

Je vous aime, Micheline.

Combien de fois avez-vous dit ça ?

À combien de femmes ? Soyez franc.

Mais vous n'avez pas compris ?

Jamais.

Vous me croyez ?

Je vous crois, Philippe.

Tu nous écoutais ?

Oui.

- Par Daniel ? - Oui.

Cette femme n'est plus rien pour moi.

Est-ce vrai ? Oui ou non ?

Dis-lui la vérité, au moins !

Laissez-la. Je sais que vous dites vrai.

Merci, Micheline.

Maintenant, partez.

Ça vaut mieux.

Oui.

Micheline !

À demain.

Le personnel vous attend.

Le personnel vous attend.

Quoi ?

C'est pour ça que tu es entrée ?

Oui.

Adieu, Philippe.

Comme tu voudras.

- Tout de même, tu te décides ! - J'arrive. Y a pas le feu.

Non mais voilà une heure que nous poireautons.

- Dis donc, il est tard ! - Et alors ?

Dans la couture, il y a deux solutions pour une femme : être veuve ou avoir un mari cuisinier.

Tiens, le v'là !

Je vous remercie de votre aide à toutes.

À votre santé !

Et à la santé de la collection !

À LA SANTÉ DE LA COLLECTION !

Qu'as-tu ? Tu trembles.

Viens dans mon bureau, j'ai à te parler.

Mme Solange, venez.

À votre santé, monsieur !

À ta santé, mon petit !

Allô ?

Allô ?

Madame Bourbier ! Madame Bourbier !

Et Anne-Marie, toujours rien ?

Toujours rien. J'ai encore rappelé, ça ne répond pas.

C'est drôle qu'elle ne soit pas venue la veille de la collection.

Bon ben, monte.

- Tiens, voilà l'argent. - Pose ça là.

Émile a eu les wagons-lits ?

- Oui. - Merci.

Donne.

N'en parlons plus. Je voudrais qu'on se quitte amis.

Si tu y tenais tellement,

tu ferais quelque chose pour ça.

C'est-à-dire ?

Reste jusqu'à la sortie de ta collection.

Après, ça paraîtra normal que tu t'en ailles. Tu es fatigué.

Mais reste jusqu'à ta collection.

- Ensuite, on verra. - Impossible.

Elle croirait que j'ai encore changé d'idée.

Tâche de comprendre, Solange.

Elle va laisser son mariage, son avenir.

Moi, je ne laisse rien.

Comment tu ne laisses rien ? La Maison, c'est déjà pas si mal.

Nous avons mis 20 ans à la faire ensemble.

Tu lui fais un joli cadeau.

Ça ne lui portera pas bonheur. Et je ne le lui souhaite pas.

Tu ne l'aimes pas.

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? - Elle ? Rien. Ce que je m'en fiche d'elle !

Pour une fille qui a des problèmes sentimentaux,

il y en a 300 que tu vas mettre sur le pavé.

Et je ne parle pas de moi.

Je t'en sais gré, ça ne servirait à rien.

C'est très clair. Merci, Philippe.

Ne dis pas de bêtises.

C'est quoi tout cet argent ? Ah oui ! Il y a combien ?

200 000. Ça ne te suffit pas ? Tu veux mes économies ?

Non, je ne prends que ça. Garde le reste.

Tu pourras voir venir.

Voir venir les emmerdements, oui !

- Madame. M. Clarence. - Que venez-vous faire ici ?

Ne faites pas cette figure de catastrophe. Parlez.

Elle est morte.

Que dites-vous ?

Son concierge vient de téléphoner. Elle s'est suicidée.

Mon Dieu !

Elle est morte cette nuit.

- Vous l'avez dit au personnel ? - Pas encore.

Ne dites rien, ça se saura toujours assez tôt.

M. Clarence va se rendre chez Anne-Marie.

Mon pauvre Philippe, va !

Tu vas chez Anne-Marie ?

Je m'en vais. Au revoir, Solange.

Où vas-tu ?

Philippe !

Entrez.

Mademoiselle a sonné ?

- Oui, Anna. Aidez-moi à fermer cette malle. - Certainement.

Je ne sais pas ce qui se passe.

- J'y ai jamais rien compris. - Elle est belle.

Qu'est-ce que c'est ?

- Ce n'est que moi. - Entrez.

Monsieur va pouvoir nous aider.

Ma secrétaire m'a dit que vous m'aviez appelé.

- Ah oui. - Qu'essayez-vous de faire, là ?

Nous voulions fermer ma malle mais j'y renonce.

- Merci, Anna. - À votre service.

Laissez Daniel, ça ne presse pas.

Le tiroir du milieu était mal fermé.

Ah bon, je comprends. Merci, Daniel.

Pourquoi tous ces bagages ?

Je m'en vais.

Où ?

Chez moi, à Reims.

Quoi ?

Que se passe-t-il ? - Nous ne pouvons plus nous marier.

Non Micheline, non.

Pas ce genre de blagues, c'est pas drôle.

J'ai appartenu à un autre homme.

Quand ?

Peu importe.

J'ai le droit de savoir.

Il y a un mois.

Un mois ?

J'ai cru que je l'aimais.

Et vous me dites ça maintenant ?

Qui est-ce ?

Je le connais ?

Non.

J'avoue que ça me dépasse. Vous êtes une fille franche.

Comment avez-vous pu vous taire ?

Vous ne pouvez pas savoir, Daniel. J'ai tout fait pour l'oublier.

C'est tellement bête, tout ça !

Je ne suis pas fin mais j'ai senti qu'il se passait quelque chose,

que vous alliez me confier un secret.

Alors, j'attendais.

Ça ne venait pas.

- Vous allez l'épouser ? - L'épouser ?

Je ne le reverrai jamais, Daniel.

Ça, je peux vous le jurer.

Je comprends plus, Micheline.

Je ne peux rien vous dire, pour l'instant.

Quand je serai vieille, je vous raconterai tout.

Je ne veux rien savoir, ni maintenant ni plus tard.

Je vous garde.

Vous êtes vraiment un chic garçon, Daniel.

Vous n'avez rien dit à personne ?

Non.

Mais nous ne pouvons plus nous marier.

Entrez.

M. Clarence est en bas.

Philippe ? Il tombe bien.

Dites-lui d'attendre, je descends.

Comment sait-il que je suis ici ?

Ce monsieur a demandé Mlle Micheline.

Où est-il ? - Dans le petit salon, mademoiselle.

- Dites que je ne suis pas là. - Bien.

Non !

J'y vais.

Anna, une seconde.

Dites que je vais descendre.

Bien, mademoiselle.

C'est lui, hein ?

Calmez-vous, je vous en conjure. Pas de scandale.

Je ne suis pas chez moi.

Que vient-il faire ?

Il m'a demandé hier de partir avec lui.

Que lui avez-vous répondu ?

Inutile. Je ne vous crois pas.

Daniel !

Allez.

Nous allons bien voir.

Ah, Micheline !

Tiens !

Tu es là ?

Qu'est-ce qui te prend ?

Daniel est au courant, Philippe.

Je suis venu vous chercher, Micheline.

Je ne vous aime pas, Philippe.

Je ne vous ai jamais aimé.

Je ne vous aimerai jamais. C'est un malentendu.

Comment ?

Oui.

Un malentendu ?

Vous m'avez amusée.

Vous avez trouvé drôle de sortir avec une jeune fille.

Pour moi, c'était vous le phénomène.

Il n'y a pas que vous qui sachiez jouer.

Moi aussi je peux quand j'en ai envie.

Qu'est-ce qui vous est arrivé depuis hier ?

Nous devions partir ensemble.

Vous mentez.

Je pars, mais seule.

Je ne veux plus entendre parler de ça

et surtout, plus par vous.

Laissez-moi. Allez-vous-en.

Va-t'en.

Tu as entendu ? Va-t'en.

Tu vas t'en aller ?

Tu vas t'en aller ?

Daniel !

Qu'est-ce qu'il y a ? Réponds Micheline, voyons !

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Laisse-nous, je t'en prie.

Qu'est-ce que vous voulez ?

Comment appelez-vous cette robe ?

Judith.

C'est ravissant.

Mais où est M. Clarence ? Je ne le vois pas.

Je ne l'ai pas vu, non plus.

Il n'est pas encore arrivé ?

Pas encore. Je pense qu'il ne va pas tarder.

Vous avez entendu ?

Comment ?

Tournez.

Ça va. Allez.

- Ça leur a plu ? - Oui.

Tant mieux.

Où est le collier ? - Oh, pardon.

Mettez-le, ma fille.

- Je prends celui-là aussi. - Très bien, monsieur.

C'est bientôt l'heure ? - Encore 5 minutes.

Déjà ?

Oui.

Vous pouvez me demander n'importe quoi.

Vous avez vu le regard de Philippe, hier ?

Je vous en prie, Daniel.

Je voudrais juste savoir qu'il ne lui est rien arrivé.

Ce n'est pas ce que vous croyez qui me fait agir.

Je vous en prie. Je pars dans 4 minutes.

Vous m'avez dit que je pouvais tout vous demander.

Ne me demandez pas ça.

Excusez-moi, Daniel.

Allô ? La Maison Clarence ?

Ne quittez pas, madame.

Non, ne le dérangez pas. C'est inutile.

Allô ? Allô ?

Allô ? Allô, j'écoute.

Non, il n'est pas là. C'est de la part de qui ?

on ne présente donc pas la collection ?

Si, mais M. Clarence n'est pas encore arrivé.

Une seconde, s'il vous plaît.

Le train va partir.

On présente la collection mais on n'a pas vu Philippe.

Vous êtes sûre de ça ?

Oui madame, mais je peux vérifier. Ne quittez pas.

Merveilleusement. Où est le patron ?

Yolande, enlevez ce manteau. Vous présenterez la robe sans.

Bien, madame.

Réponds. Où est le patron ?

- Il est parti, hier soir. - Quoi ?

Tais-toi.

Qu'est-ce que c'est ?

On demande M. Clarence au téléphone.

M. Clarence n'est pas là. Vous ne le savez pas ?

C'est ce que j'ai dit à cette dame.

Envoyez-la aux pelotes ! C'est bien. Filez.

- Qui c'est ? - Une vendeuse que j'ai engagée.

Non, Raymonde, pas encore ! Le tailleur beige, d'abord.

Surveille l'habillage. Je fais un tour dans les salons.

Allô ? M. Clarence n'est pas là, madame.

Allô ? Ici M. Rousseau. Qui est à l'appareil ?

M. Rousseau ?

Qui êtes-vous, monsieur ?

Donnez.

Allô ? Ici, Solange.

Ah, Solange !

Je ne sais pas.

Je ne l'ai pas vu depuis hier. Vous vouliez lui parler ?

Enfin, non. Ce n'est pas très urgent.

Pardon, mais on passe la collection et je suis seule.

Daniel.

J'ai peur, Daniel.

Votre train est parti.

Sortons d'ici.

Allons, dépêchez-vous ! Nous ne sommes pas ici pour nous amuser.

- Ça boume ? - Oui, ça boume.

- Ça leur plaît ? - On dirait !

Je ne peux pas passer. 42.

Numéro 42. Rosine.

Philippe !

42. Rosine.

Philippe ?

- Voulez-vous reculer ? - OH !

Réponds. Ne reste pas comme ça, on te regarde. Donne-moi tes affaires.

42. Rosine.

44. Bérénice.

Allez vite lui porter une chaise.

48.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Numéro 48. Hermione.

Asseyez-vous, M. Clarence.

44.

Bérénice.

Bravo, Philippe.

Bravo, Philippe !

On dirait qu'il est ivre mort.

Numéro 48. Hermione.

- Maman, c'est merveilleux ! - Clarence est un grand artiste.

On n'applaudit pas ? Ça ne se fait pas ?

- On applaudit à la fin. - Comment le sait-on ?

- On finit par la robe de mariée. - Je ne le savais pas.

Numéro 55. Aphrodite.

Numéro 55. Aphrodite.

Numéro 57. Roxane.

Hyménée.

Hyménée.

Hyménée.

La collection est terminée.

Oh, Clarence, c'est une incomparable splendeur !

Lucie, occupez-vous des clientes. Je reviens.

- Que faut-il dire ? - Ce que vous voudrez.

Qu'il est malade, surmené, qu'il ira mieux demain.

- Quelle histoire ! - Tu y comprends quelque chose ?

Qu'Anne-Marie est morte, c'est tout.

Ça a l'air de l'avoir secoué. Je l'aurais pas cru.

- Philippe, où vas-tu ? - Des clientes insistent pour voir M. Clarence.

La semaine prochaine, j'aurai plus de temps.

- Bon. Et encore bravo. - Au revoir.

Je regrette de ne pouvoir voir Philippe.

J'ai pensé à lui en apprenant la mort de cette femme.

Au revoir.

Eh bien, nous sommes propres !

Et M. Clarence ?

Et alors ?

Solange est allée voir.

Que faites-vous là ?

On voudrait savoir ce qui se passe. On fait partie de la Maison.

Philippe ! Réponds, voyons !

Philippe !

C'est moi, Solange !

Ouvre !

Mais enfin madame, qu'est-ce qu'il y a ?

Je ne sais pas.

Ouvre-moi, Philippe !

Philippe !

Philippe, ouvre-moi !

Micheline ?

Daniel, je vais parler à Solange.

Je préfère. Je vous attends ici.

Bonjour. Vous venez voir le patron ?

M. Clarence n'est pas là.

- Si, M. Clarence est arrivé. - Je ne savais pas.

Philippe !

Madame ?

Il s'est enfermé et il ne me répond pas.

C'est de votre faute tout ça.

Mme Solange !

Daniel !

Où est-il ?

L'autre porte est peut-être moins solide.

Philippe !

Non ! Restez, Micheline.

Faudrait faire quelque chose.

Il n'y a rien à faire. Il est mort.

Il a l'air heureux.

Il est mort.

Elle aussi a l'air heureux. Elle s'est même pas cassée.

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