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Musique sombre
...
(-"Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?")
...
Air de piano
Acclamations
...
-Tu n'existes pas.
Ton indicatif pour la mission : Oscar Lima.
Tu repères pour eux, ils sautent là où tu leur dis.
Tu les guides au point de rendez-vous.
Tu sécurises le colis
notifié "Extrémistes puissants, dangereux"
et certifié "Mine d'or" pour les services si tu l'attrapes.
Vivant, je te rappelle.
Va au bout de la mission.
Si tu te sens mûr pour rentrer dans la zone,
je m'occuperai de ton éducation.
Les ténèbres, comme disent les écrivains.
Mais d'ici là, quoi que ce soit, ce qui nous lie, n'en profite pas.
À la moindre erreur, on saute, toi et moi.
Musique mélancolique
...
Tir
...
Tir
...
Tir
...
Bourdonnement des hélices
-Oscar Lima, c'est qui ? -Il a quadrillé
la zone. C'est tout ce qui compte.
-Sur les photos, on voit pas tout.
On aurait dû envoyer quelqu'un de chez nous.
On aurait pu faire le débrief' en direct.
Oscar Lima, ça peut être de l'intox.
-Arrête ta parano. On suit des ordres.
-Les ordres, ils viennent d'où ?
-Tu vas pas durer
si tu continues. -J'aime pas bosser en aveugle.
-Pourquoi t'es là ?
-Pour la France, mais... -Pas de "mais".
C'est tout ce qui compte.
J'aurais dû être avec ma femme, ce soir.
Mais il y a une mission.
Elle accepte parce qu'elle est fière de moi.
Je suis sûr que ta copine aussi est fière de toi.
-J'en ai pas.
-S'engager, c'est faire confiance aux ordres.
Alors, on saute et on ramène le colis vivant. Point.
Bourdonnement des hélices
...
Bip électronique
Oscar Lima de Romeo Alpha, répondez.
Musique sombre
...
Oscar Lima, vous êtes où, putain ?
...
Sirènes
...
*-Salut, c'est Georgia.
Je ne suis pas disponible, mais laissez un message.
Et si c'est toi,
arrête de m'appeler.
C'est trop tard.
*Notification
*...
(-"Comment vas-tu depuis notre randonnée ?
J'ai déjà lu ça.
Faire les choses au nom du bien,
et plus encore au nom du bien de l'autre.
Voilà qui est bien loin de nous mettre à l'abri,
non seulement de la culpabilité,
mais de toutes sortes de catastrophes intérieures.
As-tu ouvert le livre que je t'ai envoyé ?
Tu trouves que la poésie, c'est chiant,
mais je pense que ça permet de comprendre le fond des choses.
Bref, rentre en France. J'aime pas te savoir loin.
Ton grand-père qui t'aime.")
Musique mystérieuse
...
-"Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel
Quand la vengeance bat son infernal rappel"
-T'es où ?
-Tu ne pouvais pas dormir.
Tu ne parlais plus, tu disparaissais.
Tu ne répondais pas.
Sarcastique, cynique, distant.
C'est pas ça, l'amour.
Aimer, c'est...
faire confiance,
s'abandonner, désirer,
croire.
Tu avais peur.
Tu t'es enfui. Ils ont sifflé et tu as accouru.
C'est toi qui es parti.
Tu ne ressentais rien.
Baudelaire, mon cul...
...
-À l'époque, je savais rien.
C'était avant. Avant lui.
Avant que je découvre et que je comprenne...
la vérité,
si la vérité existe. -Regardez,
Jupiter et Saturne vont se rencontrer en Verseau
le 21 avril 2002.
Et si on sait lire le Verseau comme moi,
on sait qui sera le prochain président de la France.
Si on sait lire le ciel, pas besoin de sondages.
Dès que la campagne va être lancée, ils m'appellent tous les jours.
-"Ils" ?
Les candidats qui se présentent vous appellent ?
-"Il" sans s. Je ne travaille que pour lui.
On peut être dans les astres et avoir des convictions.
-Admettons qu'on y croie,
si le ciel prédit du négatif pour votre candidat,
j'imagine qu'on peut pas inverser la situation ?
-Si un homme politique est bon, c'est l'astre suprême.
Il peut détourner les énergies, les transformer,
et gagner,
même si tout dit qu'il va perdre.
Hurlement de chien
...
Musique sombre
...
-Tu verras pas grand-chose, tout est détruit.
C'est là que j'ai accouché.
-Il y avait des barbelés tout autour.
-On t'en a jamais parlé, car c'était pas facile.
On n'avait rien fait.
Ton père voulait pas s'engager dans le FLN.
-Je me reconnaissais pas dans le discours.
On nous libérait en nous poussant dans les extrêmes.
-C'était dangereux de pas choisir un camp.
Donc, on est partis.
Quand on est arrivés ici, ils nous ont parqués.
Personne voulait vraiment de nous.
Musique sombre
Voilà.
C'était la maison.
...
Le vent souffle.
...
Sirène
...
La sirène s'éloigne.
Aboiements
Trafic
...
-Putain, j'adore ! -C'est vrai que sur vous,
elle est parfaite.
-C'est pas trop court ?
-Il faut chauffer le marié pour la nuit de noces.
-Je vais vous chercher des escarpins.
39, c'est ça ? -39-40.
-OK. Je peux vous proposer à boire ?
Eau pétillante, champagne ?
-Je prendrais bien une bière. -Non.
On va prendre 2 coupes de champagne. -Très bien.
-Si on nous avait dit que tu toucherais le gros lot...
-T'es con.
-T'as trop de chance.
J'en peux plus, des zonards.
-Et Pablo, t'es plus sur le coup ? -Sympa, mais chômeur.
Sylvain, c'est Noël. Trop de fric, trop classe, trop gentil.
Je te dis, elle est pas trop courte.
-J'ai la trouille.
-La trouille de quoi ?
-"Pour le meilleur et pour le pire", je suis pas sûre, là.
-Arrête, il y aura pas le pire, si ça se trouve.
-Ma mère et ma soeur veulent pas venir.
-Ça les fait chier que tu sois libre.
Elles sont bloquées au Moyen Âge avec le voile.
Tu veux essayer en bleu ? Rose...
-Bleu, je peux pas, les parents de Sylvain vont me tuer.
Ils sont hyper catho, tradi, c'est mort.
-Qu'est-ce que c'est chiant, les parents !
Musique orientale
...
-Ça va pas ?
-J'en peux plus de ce pays.
...
-Pourquoi tu retournes pas au bled ?
-Pas envie de me faire lyncher. -T'es pas ton père.
-Pour l'instant, je suis le fils du traitre.
-T'inquiète.
Tu vas faire tes preuves.
La lutte avance. Tout se met en place,
inchallah. -Inchallah.
...
-Je reviens. Vous surveillez.
...
-Suivez-moi, je vous en prie.
Avec une seule clé, vous pouvez rentrer par les 4 coins.
C'est assez pratique.
Sirène éloignée
-C'est parfait.
...
-Je crois que j'ai trouvé le paradis.
Rire
J'en ai trouvé
trois.
Thaïlande, Jamaïque, Mexique. C'est toi qui choisis.
-Je sais pas.
-Quel endroit tu préfèrerais pour faire un enfant ?
-Je suis pas sûre d'être prête pour avoir un enfant.
J'aimerais régler mes soucis de travail.
-Quels soucis ?
-Je me suis disputée avec ma cheffe. Je m'excuserai pas.
J'ai plus envie de faire ça. Je sature.
Je veux faire des articles de fond.
-Albert Londres a eu un enfant.
On peut être grand journaliste et avoir une famille.
Prends une année sabbatique. J'ai de l'argent pour 3.
-Je sais même pas si je peux être une grande journaliste.
Air au piano
...
-Ça faisait longtemps.
-Un homme peut être détruit, mais pas vaincu.
-Ouais, enfin, c'est des phrases, ça.
...
-J'adore Baudelaire.
-Moi, j'y arrive pas.
C'est un cadeau, j'essaye de faire honneur.
-Je peux vous initier. J'ai une licence de lettres.
-Ne vous fatiguez pas. J'ai besoin de personne.
-Ça tombe bien.
Je suis personne.
...
-Ça coûte combien, le néant ?
-De 200 à 1 000...
selon la profondeur.
...
-Ça va, là, non ? -Bonjour.
Excusez-moi. -Oui ?
-On m'a dit de monter, que vous aviez fini.
Je vous dérange pas ?
Je suis Amel Balimer, j'ai appelé pour le stage.
-Oui. Laissez-moi. Merci, c'est bon. Ça va aller.
Excusez-moi, je vous avais complètement oubliée.
Ils m'ont foutu le moral à zéro. J'ai besoin d'un remontant.
Asseyez-vous.
Le temps que je reprenne mes esprits. Vous en voulez ?
-Merci.
Qu'est-ce qui s'est passé ? -Oh, bon,
j'avais préparé un speech sur la Ve République...
Ce crétin de présentateur me coupe au bout de 2 phrases
pour passer la parole à une chanteuse à la con.
Il paraît que je partais sur un truc compliqué,
trop de citations, le spectateur suit pas...
Soi-disant.
Eh ben, réformez l'école, bande de cons !
À mon âge, je vais pas m'amuser à simplifier le monde pour la TV.
De toute façon, on fabrique des générations
qui prennent des pubs pour du Racine.
Enfin, bon, bref...
Alors, euh...
Le stage.
-Vous avez cité qui ?
-Ah !
"J'aime les porcs.
Les chiens nous regardent avec vénération,
les chats nous toisent avec dédain,
les cochons nous considèrent comme des égaux",
Churchill.
Maintenant, dites-moi ce que vous savez faire.
-J'ai fait une école de journalisme
dont je suis sortie il y a un petit moment.
Maintenant, j'écris surtout sur la mode,
la décoration intérieure...
Mais j'ai vraiment envie de changer.
Un ami m'a dit que vous cherchiez quelqu'un
pour vous aider à écrire.
-Oui. Je cherche quelqu'un d'un peu pointu.
On est loin de la déco.
Je fais un livre sur un intellectuel marocain
musulman radical,
ses méthodes, ses alliances...
Vous connaissez l'histoire politique ?
-Oui. Enfin, je suis pas spécialiste.
-Oui.
Bon, écoutez... Je suis désolé, mais ça n'ira pas.
*-M. Rougeard, je dois éteindre le plateau.
Larsen
-C'est ça, éteignez, va.
Éteignez tout. Regardez-moi ces connards.
Faites jamais de télévision.
Crétins.
Amel...
Vous êtes d'origine marocaine ?
-Oui. -Je peux avoir besoin
de traduire 2 ou 3 textes,
si ça peut vous aider financièrement.
-Non, ça m'aide pas.
Je parle pas arabe.
Je suis journaliste, pas marocaine.
Je demande pas l'aumône.
*-Ce qu'on attend d'un candidat, c'est 2 choses.
C'est une image, un rapport affectif avec lui.
C'est la capacité de s'identifier en lui.
Depuis longtemps, le chef de l'État a une image
qui est très proche des gens...
-C'est la femme mariée pour la caissière.
J'espère que tu vas bien.
Faut que je travaille,
ou Sylvain va parler de gosses, etc. Là, je peux me pendre.
*Musique hip-hop
Tu me rappelles ? Bisous.
Musique orientale
...
Musique instrumentale
-Tu veux pas manger ? Il est 15h.
-Non, je finis mon chapitre.
*-On prend la direction
de New York, où les deux tours
du World Trade Center sont en flammes.
Un avion... Deux avions semblent avoir percuté
les deux tours du World Trade Center, en flammes.
Une épaisse fumée noire se dégage actuellement de ces deux tours.
Tout New York est pétrifié devant ce spectacle.
Ces deux tours sont les plus hautes du monde.
Elles mesurent environ 400 m de haut.
On ne sait pas ce qu'il s'est passé.
On sait simplement qu'un avion a percuté l'une des tours.
La fumée se dégage.
*-Là, un avion l'a percutée il y a un quart d'heure.
Percuté une des deux tours.
On voit une énorme césure, un énorme trou
à environ 350 m du sol. Donc, très haut.
Les flammes sortent. New York est pétrifié.
On peut voir ces tours partout.
Elles sont très hautes.
Une immense fumée se dégage.
Musique dramatique
...
*-Le problème maintenant, c'est l'accès des secours
à cette partie de New York à cette heure de la journée,
le "rush hour", quand les embouteillages...
*Notification
...
*-Merci, Laurence. On reviendra
là-dessus lors du prochain flash info.
Un avion vient de s'écraser dans la partie supérieure...
*...
-"À certains hommes, tu ne dois pas donner la main, mais la patte.
Je veux que cette patte ait aussi des griffes.
Ton grand-père qui t'aime."
Musique dramatique
...
Trafic
...
Murmures
...
-Salam aleykum.
Propos en arabe
Ça va, "khoya" ? -Ça va.
-Karim, je te présente Nasser, un ami qui nous vient de loin.
Nasser, Karim, un nouveau fidèle très sérieux.
-On s'est déjà rencontrés.
Je me souviens de vous, mais vous, pas de moi.
-Bien sûr que si, je me souviens très bien.
On avait parlé du syndrome des orphelins.
-Tes parents
sont pas morts. -Traitres ou morts,
c'est pareil.
-Les grandes oeuvres sont des vengeances.
-Alors, je suis mûr pour un putain de chef-d'oeuvre.
-Patience, khoya.
Tu vois ?
Un garçon très prometteur.
-Et chaque vengeance a son temps marqué sous les cieux.
-Conduis-nous vers le droit chemin,
le chemin de ceux que Tu combles de bienfaits,
non de ceux qui T'irritent ou de ceux qui s'égarent.
Mes frères,
qu'attendons-nous ?
Nous sommes menacés.
Allah, le Miséricordieux, a dit : "Ô, vous,
les infidèles.
Je n'adore pas ce que vous adorez.
Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore.
Je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'adorez pas
ce que j'adore.
À vous, votre religion, et à moi, ma religion."
Musique de suspense
...
-T'as l'heure ? T'as une clope ?
-23h25. Non, je fume pas.
-T'avances, mec.
...
Il toque à la porte.
...
-Pas de problèmes sur le chemin ? -Non.
-Alors, on commence.
23h31, audition exceptionnelle de l'agent Fennec,
à sa demande, par l'officier traitant Louis. À toi.
-Mohammed Touati, l'imam de la mosquée,
m'envoie à Londres.
-Quand ? -Après-demain.
-Mission ?
-Délivrer un colis à un certain Amine.
Si ça marche, ils me placent dans une école coranique
pour apprendre.
-Nature du colis ? -Inconnue.
-Combien de temps, le séjour ?
-Aucune idée. Je pars dans deux jours.
-J'aime pas ça.
C'est peut-être un explosif qui pétera pendant ton voyage.
-Non, je crois pas.
Ils me font pas confiance pour une mission suicide.
Je pense que c'est un test pour voir si je suis fiable.
C'est la chance qu'on attendait.
Je vais pas passer mon temps à les surveiller sans bouger.
Je suis militaire, pas flic.
J'ai signé à la DRM, pas à l'Intérieur.
Je suis là pour infiltrer des structures
sur des opérations extérieures.
Je te cite. Laisse-moi partir.
-Et si c'est un piège ?
Je t'envoie pas au casse-pipe.
Ils doutent peut-être de toi.
Ils ont vu tes parents de légende.
-Et alors ? Nos acteurs ont merdé ?
-Non, la couverture tient. -Voilà.
Ils sont passés chez moi. J'avais mis des marqueurs.
Ils peuvent rien trouver.
Je vis la vie de merde que tu m'as créée.
Je lis le Coran dans tous les sens.
Pas de fille depuis l'infiltration, pas d'alcool,
je répète que je veux combattre.
La couverture est nickel.
Alors, on continue. On remontera jusqu'aux camps d'entraînement.
-OK.
Surveille ton courrier pour les instructions.
Je te trouverai un contact à Londres. Rien d'autre ?
-J'ai revu un type, à la mosquée.
Un certain Nasser Delil.
Il a pris à part un autre type, Jaffar, le converti.
J'ai entendu "voyage" dans leurs murmures.
J'en sais pas plus.
El Djazaïr doit servir de lieu de rendez-vous pour Touati.
-Bien.
On va attendre que ça bouge. On se concentre sur Londres.
-OK, chef.
Et mes parents ? Les vrais, je veux dire.
Comment ils vont ?
-RAS.
Santé de fer.
Tristes que tu leur donnes plus de nouvelles.
S'ils savaient ce que tu fais, ils seraient fiers.
-Traitres à nos origines de père en fils.
-C'est ce que tu penses ?
C'est ce que pensaient mes camarades.
C'est ce que doivent penser mes parents, là.
Ils pensent que j'ai viré islam. -Non, on les protège.
-El Djazaïr pensera ça aussi s'ils apprennent tout.
-Tu doutes ?
-Quoi que je fasse, c'est délicat.
Mais non.
Je doute pas.
Musique sombre
...
-C'est quel terminal, s'il vous plaît ?
-2C, pour Dubaï.
-Très bien, merci.
...
*-Test micro. Un, deux, trois.
Test.
Entrez, entrez.
Vous voulez un café ? -Non, merci.
Je suis pressé. Le moment est un peu compliqué.
-J'en ai pas pour longtemps.
Merci... d'être venu jusqu'à moi.
La conférence va commencer. Je suis aussi pressé.
Je tenais absolument à vous parler en tête-à-tête.
Je sais que nos deux pays se sont éloignés,
mais on a longtemps été proches, vous et moi
sur de nombreux dossiers.
Je crois même qu'on s'est tutoyés. Tu te souviens ?
-Je me souviens.
-Je prends un risque en te parlant. -L'amitié
n'a jamais été risquée pour des gens comme nous.
Dis-moi ce que tu veux.
-Disons que je prends mes responsabilités
par rapport aux dérives de mon pays.
J'espère que tu feras la même chose.
-Je t'écoute.
-Depuis 10 ans, comme tu le sais,
l'embargo a considérablement affaibli l'Irak.
L'homme de la rue est aux abois.
Le pouvoir subit des pressions, intérieures, extérieures.
Notre président ferme les yeux sur des dérives.
-C'est-à-dire ?
-Certains de nos cadres acceptent de rentrer en relation...
commerciale, disons, avec les islamistes.
Rien d'officiel, bien sûr.
Mais notre gouvernement ne dissuade pas ces initiatives.
-Que leur vendez-vous ?
-Pas mal de choses. Avions, chars...
Mais cela est délabré, donc, pas dangereux.
Tu te souviens de l'usine de production de pesticides,
en partie financée par la France dans les années 70 ?
-À Muthanna...
(-À l'intérieur de la Muthanna, il y avait le projet 299.
Tu te souviens de ça ?)
-Le programme secret d'armement irakien.
Avec Tempête du désert, tout a été détruit.
-Pas tout.
Une partie des stocks a été évacuée juste avant,
dont un lot de produits très toxiques
que nous avait fourni la France.
J'ai pensé que ça pouvait t'intéresser.
-Je comprends pas. Ils sont où, les produits ?
-J'ai appris que ce lot avait été vendu récemment.
-À qui ? Par qui ?
-On a questionné le vendeur, mais il est mort
sans nous donner la destination exacte du lot.
Il a juste donné un nom : El Hadj.
Inconnu de mes services.
Le produit est donc dans la nature.
On a perdu sa trace.
Vrombissement du camion
...
-Je vous rappelle.
...
-Entrez.
-Mon colonel, nos hommes en Syrie nous ont envoyé ça.
Un contact à la frontière a pris les photos il y a 4 jours.
Le contact a pensé que ça intéresserait l'équipe là-bas.
L'équipe a pensé qu'on serait intéressés ici.
-Merci. Vous pouvez me laisser.
Une urgence. Je peux passer vous voir ?
...
-Salam aleykum.
Propos indistincts
...
...
-Désolé pour le retard.
Ça m'angoisse, la nature.
-Vous vouliez un lieu sûr.
-Oui, je sais, les forêts n'ont pas d'oreilles.
Quelle histoire, ces avions dans les tours !
-Et ça va devenir la nôtre, colonel.
-Je vous écoute. -Nous avons un problème.
-Vous, la DRM ?
-Nous, la DRM, et vous, la DGSE.
J'ai appris d'une source sûre qu'un colis dangereux
et compromettant pour la France est dans la nature.
Et vu le climat ambiant, je pense que nos deux services
vont devoir oublier leurs vieilles querelles internes
et s'unir pour vite récupérer ce colis.
-Fruit du matin, pour les vitamines.
-Ça n'a pas l'air de vous surprendre ni de vous inquiéter.
-Si, mais je le sais déjà. On va travailler ensemble.
C'est pour ça que je suis là.
-Vous savez
où ils sont ? -Étaient.
La photo a été prise en Syrie. -Ensuite ?
-Le temps qu'on l'apprenne, le colis avait disparu.
Mais on a reçu ça, le même jour, de la même source.
-Nasser Delil ? -Vous le connaissez ?
-Nous l'avons rencontré à Paris lors d'une opération d'infiltration.
Mais il ne nous a pas paru prioritaire.
-L'opération est en cours ? -Oui.
-Il faut vite retrouver sa piste. Inutile de prévenir
l'Intérieur. Ils n'ont pas de vision de l'ensemble.
Je les trouve un peu raides.
L'image de la France est en jeu.
L'origine du produit, s'il y avait un attentat pendant les élections...
Vous comprenez la position du président et du ministre,
surtout après les événements aux USA.
Efficacité et discrétion avant tout.
Autre chose de votre côté ?
-Nous avons un nom : El Hadj.
C'est le commando qui réceptionne le colis.
-Ça vous parle ?
-Inconnu des services.
Trafic
...
-Où ça ?
-Dans le nord.
-Ah, le nord.
Il paraît qu'il y a un camp en Écosse.
-Ils prendront pas tout le monde.
Que les meilleurs.
-Il faut qu'on assure demain,
pendant le test des explosifs.
-J'en peux plus des haricots.
J'espère qu'on sera pris en Écosse. Il faut que ça bouge.
-En Écosse, la bouffe, c'est pire.
Tu vas où ? -Chercher à manger.
-Tu vas à l'indien ?
-Au fish & chips. J'en peux plus, de l'indien.
Musique de suspense
...
-Des nouvelles de Fennec, général.
*-Rappelez-le à Paris. -Bien.
*-On aura besoin de lui. -Bien, mon général.
-Oui, Rougeard, le journaliste que vous avez envoyé balader.
-Oui, je vois. *-J'ai quelque chose
à vous proposer si vous cherchez toujours un stage.
-Oui, je cherche toujours.
*-Il faudra être prête à plonger.
Je vais faire un gros dossier.
-Je suis prête.
-Ça va être payé des clopinettes.
-Je suis mariée. Mon mari m'aidera.
-Bon, on se retrouve dans une heure chez moi.
Prenez un stylo pour noter l'adresse.
-Pas de problèmes, à tout de suite.
J'arrête. -Quoi, la pilule ?
-Non, le magazine. On m'a proposé un travail.
-Oh, quel genre ?
-Avec un vrai journaliste politique. Ça sera pas
super bien payé... -Tu t'intéresses à la politique ?
Tu vas où ? Mes parents viennent dîner.
-On peut pas rester comme ça avec les événements à New York.
J'ai rendez-vous avec lui. -Lui qui ?
-Ben, le journaliste.
-Ça peut pas attendre demain ? -Non. Il veut me voir.
Il y a des tomates pour la salade, OK ?
À tout à l'heure.
-Bonsoir. -Bonsoir.
Vous avez faim ? Posez vos affaires.
-C'est vous qui faites ça ?
-Non, malheureuse. Touchez à rien.
C'est ma femme, l'artiste. Ce qui est ici est à elle.
C'est l'ancien atelier de son grand-père.
Moi, elle me tolère, mais si je touche à une oeuvre,
je vais en enfer.
Venez, venez.
Le saucisson, vous mangez ?
-Mmh. J'ai décidé de tout faire comme Churchill.
-Ah... Alors, allez-y, servez-vous.
-Merci.
-Vous avez un mari qui prend soin de vous ?
-Oui, enfin...
Je trouverai un journal pour faire des piges.
-Mais vous aurez pas le temps.
J'ai vendu mon idée
au patron d'un hebdo politique, je vous dirai qui en temps voulu.
Il est prêt à faire un numéro spécial. Alors, même à 2...
On va avoir du boulot...
Je suis le 1er à penser que la presse
paye mal et abuse de ses stagiaires,
mais si ça se passe bien,
je remonte au créneau et je renégocie pour vous.
-Je commence quand vous voulez. C'est quoi, votre idée ?
-Une histoire du terrorisme en France.
Alors, les racines, les ramifications, les...
les dangers au présent...
Ça vous fait pas peur ? -Si.
Mais c'est ce qui m'intéresse.
-Pourquoi ça vous intéresse exactement ?
-Ceux qui ont lancé les avions dans les tours
croient le faire pour une religion
qui est celle de ma mère.
J'ai jamais fouillé dans l'histoire de mes origines,
mais ça devient lourd à porter, là.
J'ai besoin d'un cadre pour penser.
-Le souci, c'est qu'il y a pas de cadre.
C'est un labyrinthe,
avec des responsabilités, blessures historiques,
pressions économiques. Le problème, c'est pas votre mère.
C'est pas le coran.
Le problème, c'est la politique.
Au sens premier, philosophique.
Mais vous avez vu tout ça à l'école !
Platon, vous vous souvenez ?
-Mmh. Enfin, faut un peu que je révise...
Sonnerie
-Excusez-moi...
Oui ?
*-Bastien Rougeard ? -Oui, c'est moi, oui.
*-Comment avance votre livre sur cet intellectuel musulman ?
Dur de trouver des infos avec les événements...
-Vous êtes ?
*-Martine.
Pardon, je ne me suis pas présentée.
Je suis une de vos ferventes admiratrices.
Vous avez pris une stagiaire ?
-Que voulez-vous ? *-Pour l'instant, rien.
Juste prendre contact.
Mais je vous dis à bientôt.
Musique angoissante
...
Le vent souffle.
...
...
-C'est quoi, cet endroit ? -J'aime les ruines.
-Un militaire sentimental, c'est dangereux.
-Romantique, pas sentimental...
-Oui, tout ça, il faut oublier,
on passe à l'action !
L'idée a été validée par la hiérarchie.
À vous de jouer !
-Vu les circonstances, pour une fois,
vous allez nous donner un peu les moyens de travailler...
-Oui, mais attention : ça reste l'argent du contribuable.
Les poches de l'État sont pas sans fond.
Même si le fond reste secret.
Les paiements se feront par la voie habituelle.
-C'est la 1re fois qu'on opère sur le territoire, en France.
-Oui, mais vu les enjeux, pas le choix.
-Qui nous fournira les informations ?
-Ben nous, la DGSE ! De notre direction Action.
On a monté une cellule observation, nom de code ALECTO.
On aura aussi une aide extérieure : la DRM.
Mais ils ne savent pas que vous existez.
Vu le contexte, l'État peut pas se permettre de tergiverser.
Il s'agit pas seulement de sauver quelques vies,
mais de préserver notre crédibilité à l'international
et nos recherches militaro- industrielles pétrochimiques.
Secret total sur votre existence et votre intervention.
-Mmh.
Vous nous avez créés pour ça : pour être des fantômes...
Musique angoissante
...
Bip téléphone
...
J'ai besoin de toi...
Le compte à rebours est lancé.
...
-Ça te dit quelque chose ?
-Pas vu depuis juillet. Vous aviez dit : "Pas prioritaire".
-Jusqu'à aujourd'hui. Il y a du nouveau.
Dis-moi tout ce dont tu te souviens.
-Delil a l'air un peu plus classe que les autres.
-À partir de maintenant, tu le colles.
On veut remonter la piste jusqu'à lui.
-Et l'opération en cours ? La mosquée ?
-Suspendues jusqu'à nouvel ordre.
Il va falloir être très discret
et extrêmement prudent.
-Ça veut dire quoi : "il y a du nouveau" ?
-Ça bouge.
-C'est-à-dire ? -Tu t'occupes de Delil. Point.
Il ouvre la porte et la referme.
-Il va être à la hauteur ?
Je l'ai senti fragile.
-Je me porte garant du capitaine Ramdane.
Il a juste besoin de digérer un peu. -C'est-à-dire ?
-Il n'est pas complètement idiot.
Le changement d'axe de sa mission sans explications...
Il a bien compris que...
que je ne lui disais pas tout.
-Je vous laisse gérer ses états d'âme.
Pas question qu'il flanche.
Nous ne sommes plus seuls sur l'affaire.
Lui en dire plus mettrait en péril la mission en cas de problème.
Je compte sur vous.
Vrombissement de moteur de moto
...
Musique de tension
...
-T'aimes les sciences naturelles ?
-Tu m'as dit que tu venais ici avec tes parents,
que c'était ton lieu préféré à Paris. Ça change des parkings.
-Tu me prends par les sentiments ?
Tu m'envoies où ?
-Nulle part. C'est ici que ça se passe.
-Y a leurs équipes. Pas besoin de nous.
-Si, justement
ils peuvent pas employer les équipes officielles.
Cette fois, on va être vraiment seuls.
Personne ne doit savoir.
-Qui est l'ennemi ?
-Y en a plusieurs, apparemment.
La mission, c'est d'empêcher leur grand projet.
Une sorte de bouquet final...
ici, en France, pour détruire les mécréants : nous.
-Si on nous demande d'intervenir
en France, il doit être pourri, ce petit secret
qui empêche l'État d'utiliser les équipes officielles
payées par les citoyens qui les ont élus...
-On n'a pas le choix, il faut le faire.
Fais-moi confiance.
Tout est là.
Installe le laboratoire.
Le compte est ouvert. Toujours le même numéro de carte.
J'ai demandé les moyens.
Pour l'instant, on est en phase d'observation.
-Ils attendent quoi ?
-Confirmation que c'est pas une fausse piste.
Dès que le colis est certifié et localisé, je te dis.
Musique douce
...
Klaxons
Musique douce
-C'est quand même beau, Paris.
Les Français, ils sont pas tous beaux...
mais la ville, j'aime ! Non ?
...
Vous venez d'où ?
-De loin.
...
Sous-titrage : Boulevard des Productions
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