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Zulu
Bonjour.
C'est à quelle date
le concert du Jazzton Band ?
Quelle heure vendredi ?
Cinq heures ?
Ok, merci beaucoup.
- Akram, c'est prêt. - Ok, j'arrive.
Y'a pas d'œufs ?
J'ai fait des haricots
mais je t'en fais si tu veux.
C'est pas la peine.
Tu travailles encore vendredi ?
Oui, on a plein de commandes.
Je partirai après la prière, pourquoi ?
Rien, je pense acheter du poisson.
- Regarde ces bâtards ! - Qu'est-ce qu'il se passe ?
Le réseau ne marche plus. Ils ont dû annoncer le décès.
Reste ici, je vais fermer le portail.
Akram ! Ils brûlent la voiture de Bakri !
C'est la police ?
C'est Bakri, il a une arme.
- Il leur a tiré dessus ? - Non, il les effraie.
Le président a confirmé la mort du 1er vice-président
et leader du Mouvement indépendantiste, le SPLM,
John Garang, dans un accident d'hélicoptère
lors de son retour d'Ouganda.
Le gouvernement soudanais a renouvelé l'accord de paix de Naivasha
qui mettait fin à une guerre civile de 50 ans
et garantissait aux Sudistes le droit à l'autodétermination
à la fin de la période de transition.
"À Allah nous appartenons et à Lui nous retournerons."
Dernières nouvelles : des victimes parmi les Nordistes
suite aux émeutes survenues
dans plusieurs quartiers de Khartoum.
Il n'y a de Dieu qu'Allah.
- Il n'y a de Dieu qu'Allah. - Il n'y a de Dieu qu'Allah.
- Bonjour. - Bonjour.
Désolé, Santino, les habitants veulent que tu partes.
Pourquoi ? À cause des émeutes ?
- En quoi c'est de ma faute ? - Je sais.
J'ai obtenu qu'ils te laissent un jour de plus pour partir.
J'ai rien fait.
Je suis contre les émeutes, ils le savent.
Je paie mon loyer Haj Ahmed, c'est injuste.
Je sais, mais c'est leur décision. Je dois la respecter.
J'ai ton argent.
La totalité du loyer. Désolé.
Tiens, voilà tes 3 bouteilles.
Julia ?
- Salut Daniel, ça va ? - Ça va, Achole ?
Je vais très bien, Dieu merci.
- Et toi, Santino ? - Bien, toi ça va ?
- Dieu vous bénisse. - On va bien, Dieu merci.
Entrez, je vous en prie.
Désolé, j'ai une petite livraison à faire.
Je ne serai pas long.
- Pas de problème, sois prudent. - Oui.
Dieu merci, vous allez bien.
C'est très dangereux dans certains quartiers.
Désolé Achole,
on vous envahit le temps que ça se calme.
Tu es mon frère. Tu es chez toi ici.
C'est pas grand-chose.
Les voisins sont gentils, ils ne vous embêteront pas.
Je vous ai fait de la place, vous serez à l'aise.
C'est un fusil russe.
Il contient 5 balles.
Quatre dans le chargeur, ici
et une dans le canon.
Tu places la crosse contre ton épaule,
tu l'armes,
puis tu fais ça,
et tu es prêt.
Tu vises et tu tires.
Y'a pas le Jazzton Band ce soir ?
Désolé Madame, à cause des émeutes
ils ont dû annuler. Ils joueront la semaine prochaine.
Dans ce cas, je reviendrai.
- Merci. - De rien.
Bien. Nous allons répéter le même exercice.
Que se passe-t-il ?
La route est bloquée. Ils arrêtent les émeutiers.
Chantez chaque note une seule fois,
pour mieux utiliser vos cordes vocales
et en améliorer la sonorité,
en contrôlant votre respiration.
En partant du diaphragme,
à travers le larynx, jusqu'aux cordes vocales.
"Je rentre. T'as besoin de quelque chose ?"
Les cordes vocales produisent les notes.
- C’est pas ta tâche. - Laisse-moi faire.
- Vas-y. - Ok.
C'est encore sale.
- Où est Achole ? - Elle est allée chercher du charbon.
Tu vois, Danny, tout est propre.
Va vider le seau dehors.
Santino, je ne suis pas d'humeur.
Khamis dort et Danny revient dans 2 minutes.
Deux minutes, c'est long.
J'arrose les arbres en 10 secondes, moi.
On nous observe.
On va rester ici longtemps ?
2, 3 semaines le temps de trouver.
Encore 2 semaines ?
Il n'y a ni eau, ni électricité, ni gaz.
Tu ne vas même plus au studio.
Pourquoi t'es pressée ?
Les Arabes attaquent les Sudistes partout.
J'étais de bonne humeur, ne gâche pas tout.
Nous sommes censés entrer dans une nouvelle ère,
nous devons évoluer et...
Une leçon de respiration pour un meilleur contrôle.
Prenons une grande inspiration
et réessayons.
Danny, ça va ?
Danny ?
Vous êtes aveugle ?!
J'appelle mon mari, il appellera une ambulance.
Ouvrez la porte. Pourquoi c'est fermé ?
C'est quoi ce bordel ? Arrêtez !
Danny, ça va ?
- Ça va pas ? - Prends-le.
Stop ! Stop !
Arrêtez la voiture !
Akram ! Un Sudiste me poursuit !
- Stop ! - Où es-tu ?
- Je sais pas. - Arrêtez la voiture !
Je sais pas, Akram.
- Tu conduis ? - Oui.
- Stop ! - Rentre vite à la maison !
Ok, j'arrive !
- Akram, attends ! - Rentre.
- Akram, écoute ! - Rentre !
Arrêtez-vous là !
Vous pointez une arme sur moi ?
J'ai dit stop !
- Votre nom ? - Akram Mohamed Omar Al Makk.
- Votre âge ? - 39 ans.
- Adresse ? - 13, Bloc 115, Khartoum ouest.
- Qui a appelé ? - C'est moi, officier.
Bakri Kamil, chef du comité local.
- Enchanté. - De même.
- Vous devez venir avec nous. - Ok.
Akram, tes clés.
Les affaires de la victime ?
Rien.
J'ai pris la moto,
en dédommagement de ma voiture.
Va avec eux. Vas-y, c'est bon.
Bonsoir Votre Honneur.
On a un petit problème.
Mon voisin a tué un Sudiste,
qui poursuivait sa femme.
On est en route vers le poste.
Merci, Monsieur.
Que Dieu vous bénisse.
Bonsoir. Je veux signaler la disparition
de mon mari.
Son nom ?
Santino Mabior.
- Où habitez-vous ? - Au coin de la rue.
Il est sans doute soûl quelque part.
Il ne boit pas.
Asseyez-vous. Je vais vérifier.
- Elle veut quoi ? - Son mari a disparu.
Couvrez ça, c'est un commissariat ici.
Le lieutenant, c'est quoi son nom déjà ?
- Kamal El Din ? - Kamal, oui. Un bon gars.
Il a dit de l'appeler s'ils nous embêtaient.
Le problème a été résolu en chemin.
Si on avait tardé ça aurait été différent,
mais, heureusement, il a agi vite.
Et Dieu merci, ta femme va bien.
On est en danger, soyez prudents.
Ok, je m'en vais, reposez-vous.
- Reste, Bakri. - Merci, mon frère.
- Merci. - De rien.
- Salut. - Encore merci.
Ça va ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Il t'a fait du mal ?
Tu as peur ?
Tu es inquiète ?
C'était de la légitime défense, rien de plus.
Prends ça, ne réfléchis pas trop.
- Tu pouvais pas tirer en l'air ? - Mona, ce type était fou.
Il s'est approché à moitié nu, Dieu sait ce qu'il aurait pu faire.
T'aurais pu viser sa jambe.
Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, c'était instinctif.
J'ai dit stop, il a continué, j'ai tiré.
Tu l'as vu ?
Il voulait te tuer, c'est la seule explication.
- J'aurais aimé qu'il le fasse. - Mona.
Tu le connaissais ?
Tu sais ce qu'il te voulait ?
Comment j'aurais su ?
Alors pourquoi me faire culpabiliser ?
Un homme est mort, nom de Dieu !
- Tu n'es pas touché ? - C'est pas la question !
Je protégeais ma maison. Je le referais s'il le fallait !
Tu allais où d'ailleurs ?
Tu ne m'as rien dit.
J'ai été voir le médecin.
C'était vraiment nécessaire ? C'est le chaos dehors.
C'était indispensable ?
Désolée, Akram. Je ne voulais pas te le reprocher.
Ne t'inquiète pas.
Tu t'en remettras.
Prends les cachets, ça t'aidera à dormir.
Demain est un autre jour.
Ça fait 8 photos en 4 par 6
et la photo de groupe, voilà pour vous.
- Merci. - De rien.
Julia, comment ça va ? Content de te voir.
Où est Santino, pourquoi il n'est pas là ?
Je suis là pour lui, M. Mirghani.
- Il n'est pas venu ? - Pas depuis plusieurs jours.
Hé, petit, Santino est passé quand je n'étais pas là ?
Pas depuis la mort de Garang.
OK, je vais continuer. Merci quand même.
Bonne chance, ma belle. Que Dieu te protège.
Tu as trouvé Papa ?
- Khamis, tu as trouvé Santino ? - Non, malheureusement.
Ni à l'hôpital, ni à la prison.
J'ai appelé la famille, personne ne l'a vu.
On peut laisser Daniel ici,
et aller vérifier demain parmi les victimes.
Ô Seigneur miséricordieux,
nous remettons ces âmes entre tes mains.
Nous croyons que les morts, en Christ ressusciteront.
Nous te louons, Ô Dieu d'avoir envoyé ton Fils
et de nous avoir ouvert les portes du ciel.
Afin que nous puissions demeurer avec toi, Ô Éternel,
et que tu règnes pour les siècles des siècles.
Amen.
Mes frères et sœurs en Christ,
Le Prophète Isaïe nous dit ceci :
Jadis, avant l'avènement du Christ,
Dieu nous a dit qu'il détruirait
la mort pour toujours.
Il essuiera nos larmes.
Soyez patiente, ma sœur.
- Vous n'avez pas le droit. - Laissez-moi.
- Emmenez-la.
- Laisse-moi, Khamis, je veux le trouver.
- Faites-la sortir d'ici. - Laisse-moi le chercher.
Comment tu te sens ? Mieux ?
Bien mieux. C'est quoi ça ?
Des oiseaux chanteurs.
Ils te tiendront compagnie et te remonteront le moral.
Nourris-les deux fois par jour.
- Bonjour. - Bonjour.
- Madame Mona? - Oui.
L'officier Kamal vous attend.
Bienvenue, Madame. De l'eau ?
Non merci, j'ai juste une question, ce ne sera pas long.
Vérifiez ces fichiers.
Comment puis-je vous aider ?
Au téléphone vous parliez de l'incident du mois dernier ?
Honnêtement, je suis venue sans le dire à Akram.
J'aimerais joindre la famille de la victime.
Pour quoi faire ?
Je veux voir si je peux payer "le prix du sang" ou les aider.
Ils dépendaient peut-être de lui. J'ai besoin de votre aide.
Malheureusement nous ne savons rien de lui.
C'est un inconnu, personne n'est venu le chercher.
Je peux rien faire.
Vous me direz si quelqu'un le cherche ?
Écoutez Madame, je comprends votre position
mais cette affaire est classée au titre de l'article 51 :
un inconnu tué par des inconnus.
Si on réclame le corps, alors c'est un meurtre au 1er degré.
Vous comprenez ?
Oui, je comprends. Merci.
Madame.
- Je pense pouvoir vous aider. - Vraiment ?
J'ai une copie du rapport
et son portefeuille qui a été soustrait des pièces à conviction.
Ça pourrait vous être utile. Vous connaîtrez son nom
et s'il a de la famille. Ainsi, vous serez fixée.
Venez derrière le poste dans 15 min. Prenez mon numéro.
Cause du décès après examen : Ecrasement pendant les émeutes.
Permis de conduire.
Mona, les ouvriers sont là.
Entrez.
- Bonjour. - Bonjour.
- Découpe 20 cm dans ce cadre. - D'accord.
Appelle le peintre pour le plafond. Il fuit encore.
Fabrique de l'alcool plutôt que de piler du wayka.
Hé vous !
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Pourquoi vous nous regardez ?
Vous devriez avoir honte.
On y va, laisse l'appareil à l'intérieur.
Dépêche-toi, Danny.
Julia, c'est la place de Mariam.
Il fait chaud là-bas. T'es qui ? T'es de la mairie ?
Occupe-toi de tes affaires.
Je te préviens, je lui dirai que t'as pris sa place.
Prends-la sur tes genoux si tu l'aimes tant.
Bonjour ma sœur.
Qu'est-ce qu'il vous faut ?
Un peu de wayka. C'est combien ?
5 le grand, 3 le petit. Vous en voulez combien ?
Beaucoup, s'il est bon.
Il est frais de ce matin. Goûtez-le, vous reviendrez.
- Comment vous appelez-vous ? - Julia.
- C'est votre fils ? - Oui, mon fils, Daniel.
Que Dieu le bénisse. Je suis Mona.
10 grands sacs, s'il vous plaît.
Très bien. C'est pour une occasion ?
Non, je les congèle.
Vous êtes là souvent ?
Tous les jours, je ne bouge jamais.
10 grands sacs et un offert pour que vous reveniez.
Merci beaucoup.
Vous voulez autre chose ?
Je cherche une domestique.
Ça va Daniel ?
Dis bonjour à Tatie.
Viens goûter, le temps que ta mère termine.
Merci beaucoup.
- D'où venez-vous, Julia ? - De Khartoum.
Je veux dire, d'où vient votre famille ?
Une petite ville appelée Kodok, vous voyez ?
- Non, pas du tout. - À côté de Malakal.
Je situe Malakal.
Je ne m'en souviens pas. Je suis arrivée à Khartoum enfant.
Vous n'y allez jamais ?
Si j'avais de l'argent, j'irais en Égypte, pas à Kodok.
Je n'ai plus personne là-bas.
Tout le monde est mort à la guerre ou a fui le pays.
Et pourquoi l'Egypte ?
Je veux emmener mon fils
loin de la guerre, visiter les pyramides.
La guerre est finie.
Ici, la guerre ne s'arrête jamais. Demain, ça recommencera.
Je suis de Khartoum maintenant. Je connais à peine le Sud.
Vous avez toujours vendu du wayka ?
Ma mère en faisait.
Quand je me suis mariée, j'ai arrêté.
Mon mari s'occupait de nous.
Mais tout a changé récemment.
- Appelez-moi quand vous aurez fini. - Bien sûr.
- Merci. - De rien.
C'est trop, Mona.
Non, prenez-le. Revenez si vous voulez travailler.
Oui, dites-moi de quoi vous avez besoin.
Le ménage, la lessive, je peux tout faire.
J'ai une femme de ménage mais elle n'est pas très régulière.
- Vous pouvez avoir sa place. - J'aimerais bien. Plus de wayka.
Je viendrai tôt.
- Non, après 9 heures. Akram sera parti. - J'y serai.
Tu es fatigué ?
Démontez les tentes. Faites-les tomber.
Ramassez les preuves.
Démontez tout et empilez-moi ça.
Tout ça, à terre.
Démolissez tout.
Allez.
On se bouge.
Montez là-dedans.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
L'ordure de voisin nous a dénoncés. Qu'il crève.
Silence. Partez ou je vous arrête aussi.
Là, Monsieur l'agent, je suis assise.
Julia, va voir mon frère Majok à Um Durman, reste avec lui.
Ce sera un mois ou deux de prison, on trouvera un autre endroit.
Sors de là, femme. On va mettre le feu.
Qu'est-ce que vous faites là ? J'avais dit après 9 heures.
Je suis désolée. J'ai eu un problème à la maison.
Et le reste de ma famille vit trop loin.
Ça va, j'attendrai jusqu'à 9 heures.
Mais non, que s'est-il passé chez vous ?
On a été expulsé.
Mais pourquoi ?
Une proche vend de l'alcool.
Si vous vivez loin, comment viendrez-vous demain ?
Je vais arranger ça. Une fois nettoyé, ça ira.
Il y a un balai derrière.
Merci, Mona, que Dieu vous bénisse.
Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous.
- Bonjour. - Bonjour.
- C'est qui ça ? - La nouvelle femme de ménage.
Elle va vivre ici ?
Je croyais que tu ne voulais pas de bonne à domicile ?
Elle habite trop loin.
Ce ne serait pas possible.
- Tu emportes un petit-déjeuner ? - Non, ça ira.
De l'Ouest ou Sudiste ?
Je sais pas, je peux pas dire.
- C'est quoi son nom ? - Julia.
Donc elle est Sudiste.
Elle a aussi un fils ?
Une voisine l'a vivement recommandée.
J'aime qu'elle soit mère.
Les célibataires rentrent de week-end enceintes.
Tu penses qu'elle sera différente ?
Les Sudistes sont des bêtes.
Comme des chiens perdus.
Ils n'ont pas honte.
La femme passe au gendre dès la mort du mari.
On peut l'essayer une semaine ? Je lui ai donné mon accord.
- OK, mais elle ne cuisinera pas. - Je lui ai déjà dit.
Où est le tableau ?
Je l'ai enlevé. Il ne me plaît pas. Je le remplacerai.
Bien. Bakri a dit l'autre jour qu'il était maudit.
Maudit ?
Il a dit que les maisons où il était ont brûlé ou ont été sinistrées.
Bref, à plus tard. Salut.
Allez, va ouvrir le portail.
Chers spectateurs,
c'était notre reportage sur la semaine
des festivités de Khartoum,
nommée Capitale de la Culture Arabe 2005.
Après notre repas, je laisserai
le vôtre ici.
La vaisselle marquée de rouge est pour vous.
Je vous fais visiter, il n'y a pas trop à faire.
On reste plutôt à cet étage.
En bas c'est l'atelier d'Akram.
C'est le matin, mon amour
Le gai rossignol est venu à toi. Ô chéri.
C'est le matin, mon amour
Le gai rossignol est venu à toi. Ô chéri.
Il est venu te le dire il est venu se plaindre
de son désir constant pour toi, mon amour.
Mona, vous n'avez pas mis le wayka au congélateur.
Oh, j'ai oublié. Faites-le.
Votre main sur son épaule.
Souriez.
Merci. Par ici, s'il vous plaît.
M. Mirghany, comment allez-vous ?
Bonjour Julia. Ça va.
- Et toi ? Tu tiens bon ? - Dieu merci.
Ça fait mal de ne pas savoir où il est.
J'ai pensé qu'il t'appellerait s'il allait quelque part.
Je te laisse le numéro de là où je travaille.
- Donne-le-lui s'il appelle. - Bien sûr.
Tiens, c'est son dernier salaire.
Prends et si tu as besoin de plus, n'hésite pas.
Je suis comme ton père.
- Merci, M. Mirghany. - De rien.
Vos tests montrent clairement que
votre infertilité n'est pas due
au syndrome des ovaires polykystiques
mais plutôt à une défaillance ovarienne prématurée.
Il n'existe pas de traitement, désolé.
Des injections de sperme, des traitements hormonaux,
mais rien de sûr.
Julia ?
Ça ne va pas ?
C'est quoi ? Une carte d'identité ?
C'est à qui ? Tiens, reprends-la.
T'es rentrée ?
Qu'a dit le médecin ?
Le docteur ?
Pareil, syndrome des ovaires polykystiques.
Il veut pas opérer ?
C'est pas nécessaire. Je réagis bien au traitement.
On va continuer, il y a de l'espoir.
Si Dieu le veut.
Ne fouille pas dans mes armoires ! Où est le portefeuille ?
Je l'ai parce que j'essaie de retrouver ton père.
Tu veux le retrouver, hein ?
Ok, mais si tu le dis à ta mère,
je te mets dehors. Tu n'auras nulle part où aller.
Et personne ne cherchera ton père, ok ?
Pourquoi t'as fait ça à son visage ?
Ne lui en veux pas. Il t'aime beaucoup.
Mona.
Je voudrais un prêt.
L'école commence, il faut un sac et un uniforme pour Danny.
- Il va à l'école ? - C'est sa première année.
Dans quelle école ?
Je trouverai une école publique par ici.
Comment va-t-il y aller ?
Je l'accompagnerai tant qu'il a peur des voitures.
Il y a une école privée au bout de la rue.
Il peut s'y rendre seul.
Ne vous inquiétez pas, je m'occupe des frais.
Que Dieu nous aide à vous payer pour tout ce que vous faites.
C'est rien. Ça me fait plaisir.
Ne reste pas là, aide-moi. Tiens-moi ça.
Tu n'es pas très bavard, hein ?
Cet appareil marche ?
J'en ai un qui fonctionne, tu le veux ?
Tiens.
Allez, tiens le bois.
- L'appareil est à qui ? - C'est celui de mon père.
- Ton père ? - Oui.
Il est où ton père ?
Regarde ce que j'ai eu !
La chance. Prends une photo et montre-la-moi.
Hé toi, attends.
Où est ton mari ? Le petit dit qu'il a disparu.
Il est parti il y a deux mois. Il n'est jamais revenu.
Tu as demandé aux hôpitaux ? Ou il est peut-être en prison...
J'ai cherché partout. Je ne l'ai pas trouvé.
- Quel est son nom complet ? - Santino Mabior.
Très bien.
Je connais un lieutenant qui pourrait t'aider.
J'ai plus de crédit. Je peux appeler maman avec le tien ?
Oui, vas-y.
- Bonjour Maman. - Oui bonjour.
Ça va ?
Pourquoi tu appelles avec le téléphone d'Akram ?
- J'ai plus de crédit. - D'accord, comment ça va ?
J'ai besoin de la recette de Ni'aimiya.
C'est très simple, note-la.
Je te mets en haut-parleur.
- Prête ? - Oui, je t'écoute.
D'abord tu coupes un oignon, puis...
- Allo ? - Allo.
- Oui ? - Bonjour.
Oui, bonjour, qui est-ce ?
La femme d'Akram, vous vous souvenez de moi ?
Désolé, je n'ai pas retenu le nom.
Je suis venue à propos du cas du Sudiste.
Oui, Madame Mona.
C'est ça, Mona.
Pourquoi tu es partie ? Je voulais la saluer.
J'appelais pour une recette.
Je voulais voir si j'avais les ingrédients.
Appels sortants.
Durée de l'appel.
S'il n'y avait pas les reproches, mon amour. S'il n'y avait pas...
Laissez, Julia.
J'ai mis des clous de girofle à tremper là-bas.
D'accord.
Je déploierais mes ailes comme une colombe.
Je m'élèverais dans l'espace.
Donnez-moi les meilleures.
Je laisserais derrière moi ce monde de vide.
Suffisamment de temps.
Le temps s'est écoulé.
Avoir peur d'être blâmée.
Vous faites des fumigations dans le Sud ?
Non, mais on connaît.
Vous avez une belle voix.
Vous chantez du Sayed Khalifa ?
- Vous écoutez notre musique ? - Quoi ? Bien sûr.
Je voulais dire celle du Nord.
Vous êtes chanteuse ? J'ai vu votre photo dans l'armoire.
Je l'ai été, mais j'ai arrêté.
Pourquoi ?
Akram m'a posé un ultimatum.
Arrêtez, qui quitterait une belle femme comme vous ?
Pourtant on a divorcé pour ça. Il m'a reprise car j'ai arrêté.
La plupart des hommes sont égoïstes.
Je ne voulais pas dire qu'Akram est égoïste.
Il a l'air d'un homme bien, qui vous aime.
Il l'est, mais j'ai renoncé à l'amour il y a longtemps.
Un homme bon suffit.
Vous avez raison, il faut le garder.
On ne comprend sa valeur que lorsqu'on le perd.
Donnez-moi la couverture.
Je pense toujours à lui.
Que lui est-il arrivé ?
S'il est en vie, pourquoi il dit rien ?
Les absents ont leurs raisons.
Parfois, je me dis qu'il est parti.
- On dit que les hommes fuient. - Pourquoi aurait-il fait ça ?
Il voulait aller en Europe.
Pour que je termine l'école et aille à l'université.
Pour que je devienne quelqu'un.
Mais j'ai refusé.
On sait même pas nager. Comment traverser sur une barque ?
J'aurais aimé dire oui.
Nous n'en serions pas là.
Daniel commence l'école bientôt.
Vous pourriez reprendre vos études, puis aller à la fac.
Daniel peut rester avec moi.
Quelle école me prendrait ? Je suis trop vieille maintenant.
Ne vous en faites pas, je connais un bon endroit.
- Vous allez bien, Madame ? - Oui, merci.
Qu'a dit Akram ?
Il cherchait un Sudiste disparu.
Il m'a dit son nom. J'ai dit que je vérifierais.
D'accord et s'il appelle que lui direz-vous ?
Que je n'ai trouvé aucune trace de lui nulle part.
S'il rappelle, ne répondez pas.
- Bien. Merci. - Content de vous aider, Madame.
Je peux prétendre être Kamal.
Je peux même prétendre être Akram si vous voulez.
Écoutez-moi, vous n'avez pas honte ?
Vous ne me ferez pas chanter.
Au premier geste déplacé, je crie à l'aide.
Akram m'en voudrait mais il vous tuerait, ok ?
- Vous voulez l'argent ? - Je suis désolé, pardonnez-moi.
Vous voulez l'argent ou pas ? Ne vous excusez pas.
Il s'agit d'un malentendu.
Prenez votre moto et partez. Honte à vous.
Tu crois que ça va marcher ?
Peut-être, si Dieu le veut.
Dieu est généreux.
Au fait, tu peux faire des fumigations plus souvent,
pas juste quand tu ovules.
La Sudiste va rester alors.
Oui. Elle me tient compagnie et travaille bien.
Tu as inscrit son enfant à l'école du coin ?
Oui.
Vraiment, Mona ?
Quoi ? J'ai payé avec mon héritage.
C'est pas pour le prix.
Cette école n'est pas pour lui. Mets-le dans le public.
Pourquoi ?
Il ne s'intègrera pas, il va juste souffrir.
Combien de temps comptes-tu payer ?
Si elle s'en va tu continueras à payer pour lui ?
Peut-être.
L'école publique est trop loin, il est trop petit pour le bus.
Il peut marcher.
Tu vas trop loin avec eux.
Comment ça ?
Trouve-toi une voisine, quelqu'un avec qui sortir.
Pas avec l'esclave.
Ne l'appelle pas comme ça.
Mais c'est ce qu'elle est.
Il y a peu, chez mon grand-père il y avait encore des esclaves.
Que Dieu te pardonne. Il a dit que nous étions tous égaux.
Il parlait des personnes libres, pas des esclaves.
Sinon l'esclavage ne serait pas dans l'Islam.
On n'évoluera jamais avec des gens comme toi.
Hier encore, tu ne connaissais pas Garang,
et là t'es une activiste ?
T'as toujours dit esclave. Et plus maintenant ?
J'ai arrêté. Je ne l'ai jamais dit en face.
Ni traité les gens différemment parce qu'ils sont Sudistes.
Parce que t'en connais ?
Il y a des millions de Sudistes à Khartoum.
T'en connais d'autres qu'elle ?
C'est pas la question.
Ah oui ? Tu fais partie de la société que tu qualifies de raciste.
Tu fais les mêmes choses mais tu ne le vois pas.
D'ailleurs, tu les traites différemment.
- Moi ? - Oui.
Tu dors avec la clim,
alors qu'elle cuit dans la remise.
Tu te reposes pendant qu'elle te sert pour 3 sous.
C'est quel genre d'amitié ?
Ce n'est pas de l'esclavage, ce n'est pas lié à ses origines.
- C'est un travail, c'est tout. - Que nous, les Arabes, ne faisons pas.
Une question de fierté, nos filles ne le feraient jamais.
Tu sais que j'ai raison.
Tu ne bois pas dans sa tasse, tu l'as marquée.
Alors, s'il te plaît.
Demandez le père Peter, il vous attend.
L'école est derrière l'église.
Pourquoi Achole ne vote pas ici avant de partir ?
Les gens font déjà la fête là-bas.
- Elle peut se faire de l'argent. - Plus qu'ici ?
Il y a de l'alcool de marque, qui achèterait le sien ?
Nos hommes n'aiment pas l'alcool industriel.
Procure-nous une de ses bouteilles avant qu'elle ne parte.
Je veux essayer l'arak au moins une fois.
Tu veux divorcer ou quoi ? Ne me fais pas virer.
D'ailleurs, est-ce qu'on va à cet endroit ou pas ?
Salut, Danny.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Dis-moi ? - Je ne veux plus aller à l'école.
Je veux travailler avec oncle Akram à l'usine.
Julia, prends ton sac. Je te dépose et je le ramène.
- C'est un jeu d'échecs ? - Oui.
- C'est toi qui les as faits ? - J'ai fait les pions.
Tu sais comment on y joue ?
Oncle Akram a dit qu'il m'apprendrait.
Tu veux me dire ce qui s'est passé à l'école ?
- Les garçons me harcèlent. - Ils t'ont dit quoi ?
C'était au petit matin, je dormais dans notre cabane.
Ma sœur Alek m'a réveillé et m'a dit :
"Majier, l'armée arabe est là".
J'ai entendu les kalachs.
Toute notre famille a été tuée. Alek et moi avons fui.
On a traversé la rivière
pour entrer dans la jungle.
On a fui très longtemps.
Ma sœur était très malade et elle est morte.
Je l'ai laissée là, sans l'enterrer.
J'ai marché jusqu'à atteindre un camp de l'APLS.
J'ai été recruté par l'Armée Populaire.
J'ai pris les armes à douze ans.
Je connais la guerre, mes frères.
Elle doit cesser,
pour notre peuple et nos enfants.
C'est qui ?
Le mouvement de libération du peuple.
- Que veulent-ils ? - Il est question du référendum.
- T'as des projets pour Noël ? - Je vais à Djouba.
- Toi aussi ? - Tu devrais venir.
Ma sœur qui parle là-bas,
vous voulez partager avec nous ?
Je disais simplement que je n'irai pas à Djouba.
Une fille de Khartoum.
Alors, pour quoi votez-vous ?
L'unité. Nous sommes tous frères, partageant la même terre.
Ecoutez-moi,
ils sont nos frères pour leurs propres intérêts.
Le gouvernement de Bashir
veut juste la paix et l'unité
pour le pétrole.
Quand ils l'auront ce sera à nouveau comme avant.
Vous êtes Africains. On est Arabes, descendants d'Al Abbas.
Si Al Abbas vivait il ne le croirait pas.
On veut la séparation. Le "Jalaba" n'est pas fiable.
Ne dites pas ça à l'école.
Mes frères, autrefois
un commandant appelait les Arabes
"Mondokoro", "Jalaba".
Il pensait que le racisme sans autorité
était de la résistance.
Maintenant, on a l'autorité.
Laissez le racisme aux Nordistes, nous n'en voulons pas dans le Sud.
Si nous pouvons pardonner et oublier les Nordistes,
alors nous pourrons guérir et construire un foyer.
SPLM, Oyé !
SPLM, Oyé !
Séparation, Oyé !
Séparation, Oyé !
Séparation, Oyé !
La SPLM m'a envoyé en Amérique
pour y faire mes études.
- Vous avez été diplômé ? - Oui.
Excusez-moi.
Julia.
C'est Julia, c'est ça ?
Désolé de vous avoir embarrassée devant vos camarades.
Ce n'est pas grave.
Je suis Majier Mulual Majok de la SPLM.
Ex-lieutenant de l'armée populaire.
- Je suis Julia. - Julia comment ?
Juste Julia.
Je connais votre prénom, dites-moi autre chose.
Comme quoi ?
Si vous êtes célibataire ou pas ?
Ok, à demain, juste Julia.
Pourquoi faire des histoires ?
Le directeur a dit que ça n'arriverait plus.
Ils ne le considèrent pas Soudanais. Ils ne lui font rien.
Ils disent qu’il "s'intègre bien".
Je t'avais dit que c'était la mauvaise école.
Tu n'écoutes pas.
Laisse-le venir à l'usine faire de la menuiserie.
Il est doué pour le bois.
Il ne sera jamais diplomate.
Super Akram, merci beaucoup.
Ensuite place le bois sur la lame.
Danny, on s'en va.
- Au revoir. - Au revoir.
Tes murmures, ton contact.
Ô ma guérisseuse.
Tes yeux me manquent.
Mon amour.
Tes murmures, ton contact.
Ô ma guérisseuse.
Arrête, on va se faire remarquer.
Tu es belle. Tu devrais porter ça plus souvent.
Je l'ai lavé sans savoir que c'était à toi.
Et bien maintenant tu sais. Ne dis rien à Akram, il me tuerait.
Ne t'inquiète pas.
Tu viens souvent ici ?
Une fois par an pour écouter leurs nouveaux titres.
Merci à vous.
Toujours un plaisir d'être ici.
Qui veut nous rejoindre sur scène ?
Le monsieur là-bas ?
Ou la dame voilée ? Votre amie vous montre du doigt.
Allez, vas-y Mona. Personne ne te reconnaîtra.
Bienvenue.
Que voulez-vous chanter ?
Ô étranger, loin de chez lui, tu reviendras forcément
après tout ce temps d'absence.
Tu reviendras forcément.
Pour me dire...
Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Les gens t'encourageaient.
C'est pas ça...
Tu ne voulais pas chanter ?
J'en mourais d'envie mais il m'aurait reconnue.
Akram, tu m'as fait peur. Tu vas où ?
Chez Bakri pour voir le match, vous étiez où ?
Au marché.
J'ai oublié mes clés à l'étage.
Prends les miennes, je reste ici.
- Vous êtes allées à quel marché ? - Saad Gishra.
Bien, vous n'avez rien acheté ?
Non, pas cette fois. J'ai juste regardé les tissus.
Rien ne me faisait envie.
Tu as dit qu'un homme allait te reconnaître, qui ça ?
Un vendeur, on négociait.
Je lui ai dit qu'un voile coûtait moins cher à côté
et qu'il aille voir par lui-même. C'est ce qu'il a fait.
Donc on est parties entre-temps.
Donne ton portable.
Julia ! Viens ici.
Où étiez-vous ?
- Au marché. - Lequel ?
Saad Gishra.
Tu peux y aller.
Désolé, j'ai mal compris.
- Combien ? - 25.
- Voilà. - Merci.
Ça va avec les rideaux de l'entrée ?
Les verts ?
Ils sont rouges. Tu ne connais pas tes rideaux ?
C'est pas mon truc. Ma belle-mère les avait posés.
Change-les, alors.
Je voulais déménager. Être loin du cimetière.
Mais c'est la maison familiale d'Akram.
Doit-on garder tout ce dont on hérite ?
Ou garder uniquement ce qu'on aime ?
Elle a l'odeur de son père.
Avec le cimetière, ça en fait des odeurs de pères morts.
Au fait, j'ai rencontré quelqu'un à l'école.
Arrête. C'est qui ? Dis-moi, vas-y !
Bonjour, Julia, ça va ?
Bonjour, mon Père.
Où passerez-vous l'examen ?
A Khartoum, mon Père.
Nous ouvrons une école à Djouba.
- Il nous faudra des assistants. - Ce serait un honneur.
Mais je ne veux pas que Daniel change d'école.
OK, pas de problème.
Si vous changez d'avis dites-le moi, d'accord ?
Merci, mon Père.
- Bonne journée. - Merci.
Tu es pressée ?
Non, pourquoi ? Tu n'as pas terminé ?
Je veux te montrer quelque chose.
C'est ma première église.
C'est magnifique.
Je veux te montrer la chorale qui répète pour Noël.
Il n'y a pas de musique à la mosquée.
C'est pour ça que tu n'y vas jamais ?
- Mona El Zahi ? - Oui.
Comment ça va ? Je suis James, j'étais avec Jazzton.
Enchantée.
- C'est ton amie Julia? - Oui, c'est ça.
Il faut chanter avec nous.
Je ne veux pas déranger. Une prochaine fois.
Aucun problème. C'est le jour des chants de Noël.
On joue de tout. La chorale et les instruments sont là.
Ce serait un honneur de vous avoir.
Il est mon voisin, je suis sa voisine.
Quand me rendrai-je chez lui ?
Il est mon voisin, je suis sa voisine.
Quand me rendrai-je chez lui ?
Je ne lui souhaite que le paradis.
Mais je brûle dans son enfer.
L’homme le plus proche de mon cœur.
Sa peau sombre me coupe le souffle.
L’homme le plus proche de mon cœur.
Sa peau sombre me coupe le souffle.
Mon voisin, mon voisin.
Il est mon voisin, je suis sa voisine.
J'en ai gardé un juste pour toi.
As-tu déjà reçu une invitation aussi cool ?
Mon fils Daniel a 11 ans et il écrit mieux que toi.
Amène-le. J'aimerais le rencontrer.
J'y penserai.
- Bébé, je suis le gars du quartier, - Le gars du quartier.
Je jure que je suis amoureux, amoureux de toi.
- Bébé, je suis le gars du quartier, - Le gars du quartier.
Je jure que je suis amoureux de toi.
Amoureux, amoureux, amoureux.
C'était un concert à l'université Ahfad.
Tu es si douée, Mona.
Tu étais une vraie star.
Ça, c'était au Café du Parlement.
C'est le visage de Tariq qui est coupé ?
- Le gars qui chantait au café ? - Oui.
Il s'est passé quoi ? Vous êtes fâchés ?
Non, c'est un mec bien.
Pourquoi couper sa tête alors ?
Il est à l'origine du divorce.
- Il était amoureux de toi ? - Akram le pensait.
C'est pour ça qu'il déteste le chant. Il ne le supporte pas.
Et après ? Dis-moi ce qui s'est passé !
C'est une histoire stupide.
On écrivait une chanson au téléphone.
Akram m'a appelée mais c'était occupé.
Il est rentré furieux,
Il m'a demandé à qui je parlais. J'ai dit à ma mère.
Je voulais pas d'ennuis.
Mais il a fouillé ton portable.
Oui, mais j'avais supprimé le numéro de Tariq.
Il n'a rien trouvé.
- Alors, comment il a su ? - Il n'a pas trouvé l'appel de maman.
Il t'a pardonnée comment ?
J'ai promis de ne plus chanter ni mentir.
- Mais c'est pas vrai. - Si, j'ai arrêté de chanter.
Et de mentir ?
Il m'arrive encore de mentir, mais mieux.
Je ne me fais pas prendre.
Pourquoi mentir quand on peut dire la vérité ?
Je ne sais pas vraiment.
La vérité n'est pas toujours bonne à dire.
Et si quelqu'un te mentait ?
- Tu ne serais pas fâchée ? - Ça dépend de son intention.
Le courant revient.
On écoute du Daloka ?
Ça me va.
- Danny, viens chanter. - Je ne connais pas la chanson.
Alors viens danser.
Les émotions sont vives, à cause de la haine
entre le Nord et le Sud.
Mona, où est le thé ?
Il est presque prêt.
- Où sont les oiseaux ? - Je les ai libérés.
Pourquoi ?
Ça me peinait de les garder en cage sans raison.
Tu penses les avoir sauvés ? Ils vont mourir.
Ils ne savent pas se nourrir tout seuls.
C'est de la sensiblerie stupide.
Tu aurais dû m'en parler avant.
Garde la cage ouverte, ils reviendront peut-être.
Je pense que la proposition avancée par l'autre partie
est arrogante et à connotation raciste.
N'importe quoi.
Il parle beaucoup de racisme,
mais il ne laisserait pas sa fille avec un Sudiste.
C'est des politiciens, ils ne font que parler.
Ça sert les intérêts impérialistes israéliens dans ces régions.
Ça va ?
Joyeux Noël.
Joyeux Noël.
Tu ne fais pas ça pour tout le monde ?
Qui a dit que je l'avais fait ?
- Majier. - Daniel.
Tu es en sixième ?
Vous êtes dans l'armée ?
Au SPLM, c'est presque la même chose.
Ce sont des vrais ?
Ils tirent ?
Tu veux tirer ?
D'accord.
Je peux en tirer un autre ?
Tu peux, mais sans faire tout exploser.
Donne-lui en un autre.
Viens, n'aie pas peur.
Où est-ce qu'on va ?
Viens.
Tu vis au bord de la rivière.
Je voudrais un fils comme Daniel.
Prends-le, tu me rendras service.
Il vient avec sa mère ?
Viens, l'eau arrive du Sud.
Tu veux Danny ou sa mère ?
Je veux tout.
Je veux un enfant, une maison et une femme à aimer.
Tu n'as pas de femme à aimer ?
Quand la guerre tue toute ta famille
la colère t'empêche d'en avoir une nouvelle.
Tu n'es plus en colère ?
Tu t'es réconcilié avec vos assassins ?
Je leur ai pardonné
mais on n'a pas fait la paix.
Comment ça ?
La paix se fait avec l'autre.
Le pardon avec soi-même,
pour vivre et aller de l'avant.
Viens au Sud. On construira un foyer ensemble.
Je ne peux pas, Majier.
Tu penses toujours à Santino ?
Il est mort.
Je peux appeler des gens du gouvernement
et t'avoir des infos.
Ce ne sont pas tes affaires.
Je n'ai pas besoin de toi.
Tu penses que comme tu parles bien arabe,
t'es une "Jalaba" ? L'une d'entre-eux ?
Les "Mondokoros" ne seront pas là pour toi à la fin.
Julia.
Ce sont les lettres d'excuses des parents d'élèves.
Ils jurent que ça ne se reproduira plus.
Super, tant mieux.
Pourquoi t'es si froid ? Sois heureux pour moi, pour une fois.
Pour toi ?
Tu le fais pour toi ou pour Daniel ?
C'est que de l'encre sur du papier.
Ils seront tous renvoyés s'ils votent pour la séparation.
Tout ton travail n'aura servi à rien.
Allo.
Je ne pensais pas que tu répondrais. C'était au hasard.
Bonne année, Mona.
Bonne année, Tariq. Comment tu vas ?
Bien. J'ai entendu dire que tu chantais à l'église.
C'était pas prévu. J'étais avec une amie.
Comment tu l'as su ?
James me l'a dit. Ton amie, c'est celle qui était au concert ?
Écoute Mona. On veut reformer le groupe d'avant.
Les gens te réclament. On est prêts si tu l'es.
J'ai arrêté de chanter, Tariq.
Mais merci pour la proposition.
Ne décide pas là, prends ton temps.
J'y réfléchirai. Je dois raccrocher.
Vote.
Pourquoi on se sépare ?
On se sépare pour vivre en sécurité
et en paix.
On se sépare pour que chacun d'entre nous
vive pleinement sa vie.
- Où avez-vous trouvé cette moto ? - Dégage, gamin.
- C'est celle de mon père. - Fous le camp d'ici. Allez.
Maman, Akram ne rentre à la maison que pour se changer, puis il repart.
Mais tout va bien.
Akram est un homme, ma fille, il...
Tante Mona, j'ai trouvé la moto de mon père chez le voisin.
Maman, je te rappelle.
- C'est peut-être juste la même. - Elle est immatriculée 1955.
Reste là. Je vais demander. Je reviens.
Chargez tout. Laissez la moto pour la fin.
Bonjour Bakri, tu déménages ?
Non, je fais juste de la place.
On n'imagine pas tout ce qu'on a.
Tu as bien raison.
Le petit Sudiste est à toi, c'est ça ?
C'est le fils de la bonne.
T'en fais pas. Il invente des histoires.
Il dit que c'est la moto de son père. Tu sais de qui il s'agit ?
Il ment. Tout est à son père.
Je connais son père. Il bosse parfois pour nous.
Bon, pas de problème alors.
- Merci et désolée pour ça. - N'en parle pas.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Tu avais raison Danny, c'est la moto de ton père.
Bakri dit qu'un Sudiste lui a vendue.
Il voulait de l'argent pour partir.
C'était il y a 4 ou 5 ans.
C'est un menteur.
Pourquoi il mentirait ?
Je suis désolée Danny.
On dirait que ton père ne reviendra pas.
Écoute, je sais que tu es très déçu.
Mais tu es un grand garçon.
Si Julia l'apprend, ça va lui briser le cœur.
Elle commence à tourner la page.
Tu ne veux pas la rendre malheureuse ?
Promets-moi, c'est notre secret.
Personne d'autre ne doit le savoir.
Notre très Saint Père, nous te prions de donner
la victoire à notre chef, le docteur John.
Notre chef qui se bat
pour la cause d’Abyei.
Donne la victoire à notre chef Dr John.
Voilà Bor d’où partit la révolution.
Et le peuple d’Agar
qui soutenait la révolution.
Aweil a célébré le succès de la révolution.
Les Twic se sont mobilisés.
Et les Rek ont rejoint la révolution.
Les Nuer nous ont conduits vers la victoire.
Les Ngok ont continué la révolution.
Inscrivez vos nom, âge et sexe.
Puis entrez et votez unité ou séparation.
Dites aux femmes que le combat continue.
Génération après génération.
Nos jeunes hommes se sont levés et ont pris les armes.
Et les femmes nous ont menés
vers le chemin de la libération.
Pour la renaissance de notre pays,
elles ont élevé leurs enfants.
Et tous ces efforts, pour notre vrai pays, le Sud.
Ton voisin fait de la moto ?
Bakri, il fait de la moto ?
Pourquoi il ferait ça ? Il a une voiture.
Qu'est-ce que tu as ?
Rien, je suis juste fatigué.
Ok, termine la pièce et va te reposer.
Cette terre généreuse
fait pousser des fleurs au milieu des épines,
cette même terre chérie...
Akram.
Tu t'es blessée à la main ?
Je me suis coupée avec la vaisselle.
Ecoute, Akram.
Il faut que je te parle.
Tariq m'a appelée.
Et ?
Il a appris que j'ai chanté à l'école de Julia.
Il a cru que j'étais de retour.
Il lui faut une chanteuse.
J'ai refusé. L'appel a duré moins de 2 minutes.
Tu as chanté ?
Je suis désolée.
Pourquoi tu as répondu ?
Je savais pas que c'était lui.
Il y a autre chose.
Je sais que je suis stérile.
J'ai pas un syndrome ovarien polykystique.
Le médecin me l'a dit.
Et je ne t'ai rien dit.
J'ai eu peur que tu divorces.
À toi.
Joue, mec.
Il a bloqué le jeu.
Daniel. Qu'est-ce qu'il y a ?
Julia ?
Ça va pas Mona ?
Assieds-toi.
J'ai quelque chose à te dire.
Je ne sais pas si tu me pardonneras.
T'es qui ? Qu'est-ce que tu fais chez moi ?
À genoux !
Connard d'esclave.
Qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi ?
Mona.
On s'est pas rencontré par hasard.
C'est pas malin de tirer en l'air. T'aurais dû me tirer dessus.
Je sais que t'aimes tirer sur les Sudistes.
Plus un geste ! Lâche ce fusil !
Majier!
T'es fou ou quoi ?!
Qu'est-ce que tu fous ici ?
Tu sais que tu vis avec le gars qui a tué ton mari ?
- Tué qui ? Je le connais pas son mari. - Tais-toi !
Emmenez-le.
Est-ce l'homme qui a tué Santino Mabior ?
Oui, c'est lui.
Ça ne te concerne pas. Je t'ai dit de me laisser !
Tu veux pas venir avec moi pour ces Mondokoro
alors que tu sais qu'il a tué ton mari ?
Et en plus t'es leur bonne ?!
C'est pas tes affaires. Personne n'a demandé ton aide !
Si, Daniel.
Il voulait savoir pour son père.
Et là cet homme me traite de connard d'esclave.
S'il ne demande pas pardon,
je le jette en prison
Majier,
pour l'amour de Dieu,
ne fais pas ça. C'est ma famille.
Quoi ?
Si tu acceptes d'être humiliée, c'est toi qui vois.
Si tu veux être leur bonne, c'est comme tu veux.
Mais je n'accepte pas le déshonneur.
Akram, excuse-toi s'il te plaît. Fais-le pour moi.
N'aggrave pas la situation.
Excusez-moi officier.
J'ai eu tort, pardonnez-moi.
Une femme qui trahit son homme pour si peu
ne mérite pas mon amour.
Prends ton fils et dégage.
Je ne veux plus jamais vous revoir.
Allez, Danny.
Daniel.
Voilà la clé.
Je toquerai demain matin.
S'il a faim, il y a une épicerie à côté.
J'ai laissé de l'argent dans le tiroir.
Ok ma belle ?
Que Dieu te garde.
Merci, M. Mirghany.
Danny.
On a tué un homme, Akram.
C'est le moins que je pouvais faire.
Je l'ai fait seule. Je ne voulais pas t'impliquer.
Dire que tu me protégeais ne justifie rien.
Tu avais peur du divorce.
Et ne me fais pas culpabiliser pour cet homme.
Je protégeais mon foyer.
Mais ce n'était pas de la légitime défense.
Tu l'as tué parce que c'était un Sudiste.
Je l'ai tué parce que tu as menti !
On a tous menti, Akram.
Et tu as choisi de te mentir à toi-même.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Que j'ai tort ?
Que je suis une ordure raciste ?
Oui, j'ai eu tort
de te reprendre alors que tu ne changeras jamais.
Pourquoi l'as-tu fait alors ?
Parce que je t'aime.
Mais t'aimer est une chose.
Te faire confiance, une autre.
C'est la première fois que tu le dis depuis notre séparation.
En fait, tu ne m'aimes pas.
Tu ne sais même pas qui je suis.
Même au lit.
Tu ne sais pas ce que j'aime ou pas.
Tu ne demandes jamais.
Tu aimes une version de moi que tu as créée dans ta tête.
Tu veux que je sois elle.
Je te connais très bien, Mona.
Je ne vois pas où tu veux en venir.
Je veux que tu apprennes à me connaître.
Peut-être alors tu m'aimeras.
Je ne suis pas celle que tu imagines.
Mais je ne suis pas mauvaise.
Oui, je comprends maintenant.
Tu veux retourner chanter, c'est ça ?
Ne tourne pas autour du pot.
Ton discours, ton aveu hier.
C'était pour ça.
Oui Akram, je veux chanter.
Mais je ne veux plus mentir.
Je suis si fatiguée.
Je veux être avec toi sans crainte.
Te raconter ma journée, écouter la tienne.
Parler sans réfléchir
et tu écouterais sans juger.
D'accord, très bien.
Je comprends.
Mais j'ai une question.
T'as pas gardé le numéro de Tariq ?
Il est tard.
Tu dormiras ici ce soir.
Je vais dormir ailleurs.
Demain, fais tes valises et pars.
Chante, Mona.
Fais ce que tu veux.
Des centaines
de Soudanais du Sud ont fait la fête
à l'annonce des résultats
qui leur permettent de fonder un nouvel état.
Plus de 98% des votants du Soudan
ont choisi de se séparer du Nord
dans le cadre de l'accord de paix de 2005,
mettant fin à des décennies de sang versé.
Les résultats du référendum sont en faveur de la sécession,
avec près de 99% des voix.
L'ONU et l'UE ont décrit la procédure
du référendum comme étant largement transparente.
Les observateurs internationaux incluaient des figures...
L'OIM a annoncé
le départ de milliers de Sudistes
du port de Kosti par bateaux
vers les villes de Wau et Aweil de la nouvelle nation du Sud-Sudan.
Les déportations sont organisées
avec l'assistance du Centre National de Déplacement...
...marqué par deux guerres civiles de 5 décennies
et un nombre incalculable de victimes.
Le plus large pays d'Afrique
est maintenant séparé en deux.
Racine carrée de 9 ?
3.
- Racine carrée de 4 ? - 2.
- Racine carrée de 1 ? - 1.
C'est ici, Madame.
Tu l'as su quand ?
Le tout premier mois.
Comment ?
Parce que j'ai mis Danny dans cette école ?
Quelque chose n'allait pas.
Personne ne m'a payée autant.
Et tu m'as acheté tout ce wayka
alors que tu n'en utilises même pas.
J'avais une intuition.
Comment as-tu trouvé ?
C'est moi qui ai trouvé le portefeuille de Santino. Pas Danny.
Tu as griffonné la carte d'identité ?
Il l'aurait gardée s'il avait vu la photo de son père.
C'est un interrogatoire ?
Je suis venue m'excuser.
En fait, c'est toi qui nous as menti.
Ça dépend de l'intention, pas vrai ?
Quelle intention ? Tu as profité de moi.
Tu as tué mon mari et tu as encore l'audace de parler ?
J'étais supposée faire quoi ?
Appeler la police ?
Vous vous en seriez sortis.
Tu as décidé de payer ta dette de cette façon.
Moi, j'étais obligée d'accepter pour mon fils.
Si je n'avais pas été si inquiète pour lui,
je vous aurais tués tous les deux.
J'ai profité de vous ?
C'est l'inverse.
Vous avez profité de notre détresse et de notre solitude.
Où est Danny ?
Il me manque tellement.
Ce qui nous fait peur au départ,
c'est que nous verrons la fin un jour.
Je ne pourrai pas vivre sans toi.
Tu n'as pas pu être avec moi.
Garde tes souvenirs près de toi.
Mes excuses n'ont pas suffi.
Laisse derrière toi un sourire pour que je le voie.
Quand je me parle dans le miroir,
dis-moi comment
je peux survivre à un autre automne
sans toi à mes côtés.
Quand il ne reste que ton ombre.
Dis-moi.
Puis-je survivre à un autre automne
sans toi à mes côtés ?
Quand il ne reste que ton ombre.
Ce qui rend la fin si effrayante,
c'est le souvenir tenace du début
et réaliser que je vis sans toi.
Sans toi à mes côtés.
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