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Original subtitles

LA TRESSE

NIYAMATABAD, NORD DE L'INDE

Allez, allez, allez !

Fais attention !

Reviens avant la prière du soir. On doit faire une offrande.

Invite aussi la voisine.

Oui, oui.

Venez demain.

Et soyez à l'heure.

C'était difficile pour moi aussi, au début.

Avec le temps, tu t'habitueras.

C'était dur, aujourd'hui.

Les fermiers t'ont payée ?

Non.

Ils ne me donnent plus rien depuis des mois.

Je n'irai plus là-bas.

Tu dois y retourner.

Rien n'est à nous, ici.

Ils pourraient venir et tout brûler.

Tu te souviens de ce qu'ils ont fait à Raùl ?

Les mains et les pieds coupés...

Ma petite fille,

tu te souviens de l'histoire que je te racontais ?

Quand mon père m'a appris à attraper les rats.

J'avais ton âge, la première fois qu'il m'a emmené avec lui.

J'ai vu un rat aussi gros que ça.

Plus gros que mes propres mains.

Le rat n'était pas grand, tes mains étaient petites.

Je te dis que le rat était très grand.

Il m'a mordu quatre fois.

Mais malgré ça, je l'ai attrapé d'un coup.

Je ne veux pas qu'elle fasse comme moi.

Il faut qu'elle aille à l'école.

Les Intouchables ne vont pas à l'école, tu le sais.

Va parler au brahmane.

Pour quoi faire?

Même si elle sait lire et écrire, personne ne lui donnera du travail.

Donne-lui ça.

Il changera peut-être d'avis.

C'est l'argent pour ta radio.

Tu as entendu le docteur, tu dois la faire.

Tu tousses trop.

Donne-lui.

Je m'incline devant vous, brahmane.

Voilà de l'argent...

Tiens.

Dépêche-toi.

Maman...

Je peux rester avec toi ?

Non.

Tu vas apprendre à lire et à écrire, comme les brahmanes et les fermiers.

Ton kalatika...

Joins tes mains et répète après moi.

Je m'incline devant le seul seigneur de tous les mondes,

Vishnu d'apparence paisible,

couché sur un serpent,

un lotus au nombril.

Écoute bien le maître et ne fais pas de bêtises.

Compris ? Vas-y.

Allez.

Aujourd'hui, nous allons étudier l'histoire.

- Qu'est-ce que nous allons étudier ? - L'histoire !

Ramu, tiens-toi droit !

Dans l'ancien temps,

les Intouchables tenaient un balai

et marchaient à reculons

pour effacer les traces de leurs pas,

afin que ceux qui marchaient après eux

ne soient pas salis par leur impureté.

- Salis par quoi ? - Salis par leur impureté !

Bien.

Hé, viens ici.

Je te parle.

Viens ici.

Prends ce balai.

Nettoie la classe et montre-leur comment tu fais.

Prends ce balai.

Tu ne comprends pas ce que je dis ?

Fais ce que je dis ! Prends le balai !

Tu es Intouchable

et tu oses soutenir mon regard !

Prends ce balai, au lieu de me regarder.

Tu es sourde ?

Prends le balai !

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Dis-moi.

Tu as déchiré ton uniforme ?

Qui t'a fait ça ?

Qui t'a frappée ?

Le maître...

Tu n'as pas obéi ?

Qu'est-ce que je t'avais dit ?

Tu devais être sage !

Smita !

Ton père ne voudra pas que tu y retournes.

Pourquoi tu la frappes ?

Ma fille, dis-moi ce qui s'est passé.

Le maître voulait que je balaye la classe.

Mais j'ai refusé.

Pourquoi il a fait ça ?

Il était d'accord pour la prendre en classe.

Je vais aller le voir.

Non !

N'y pense même pas.

On ne peut rien contre lui.

Seulement se terrer comme des rats.

Je ne le laisserai pas frapper ma fille.

Alors oublie l'école.

Emmène-la travailler avec toi.

Elle a l'âge.

MONOPOLI, SUD DE L'ITALIE

Descends !

Giulia ! Descends ! Tout de suite !

Bonjour.

Papa est parti tôt. Il est déjà à l'atelier.

T'es chiante. Tu ne peux pas faire ça ailleurs ?

Ça va... Tu me saoules.

Si tu passais autant à étudier qu'à te vernir les ongles,

tu serais première de ta classe

Tu peux parler, t'as pas eu ton bac.

Arrêtez ! Pas dès le matin, pitié !

C'est quand que ton mec vous trouve un appart ?

Quand il aura du boulot.

Giulia, tu n'as rien mangé.

J'ai pas faim. À plus tard.

- Salut, Giulia. - Bonjour.

Bonjour, Giulia.

Bonjour, Antonia.

Salut.

Bonjour, ma belle au bois dormant.

Tu es parti tôt, aujourd'hui.

Je voulais finir cette commande avant de partir.

Je dois récupérer des mèches à Conversano.

Tiens, aide-moi.

Pour la décoloration, j'utilise mon élixir secret.

Tu sais que c'est ton arrière-grand-père qui l'a mis au point ?

Juste une petite goutte.

Oui, papa tu me l'as dit cent fois.

Tu sais tout. Je n'ai plus rien à t'apprendre.

Pas un mot à ta mère. Elle me surveille.

Elle nous surveille tous.

Je dois y aller.

Si je ne suis pas rentré,

tu fermeras.

Papa, tu m'étouffes.

- Ciao, bella. - Salut.

On est encore tombés en panne, avec mon mari.

Non !

Avec tous les enfants dans la voiture. Quelle galère !

Je dois traverser tout le pays pour venir travailler.

Tu as l'air fatiguée, bella mia. Tu as passé la nuit avec qui ?

Pavese.

C'est qui ? Il est comment ? Il est beau ?

Il est très beau, oui.

Il est communiste.

Mais il est dépressif.

Le pauvre !

Il s'est suicidé en 1950.

Suicidé ?

Mais c'est horrible !

Laisse tomber !

En tout cas, c'est pas dans les livres que tu trouveras un fiancé.

Arrêtez, avec ça !

Si c'était à refaire, je resterais célibataire.

Pas de comptes à rendre,

pas de chaussettes à laver,

pas de gosses à moucher.

Le paradis.

La solitude, quelle tristesse.

Qui parle de solitude ?

Un amant de temps en temps...

C'est l'heure de Gino...

- Salut, Gino. - Salut, Giu.

Merci.

Il n'y a pas grand-chose, cette semaine.

On a dû fermer le salon à cause des travaux.

Mon père n'est pas là. Il passera te payer demain.

Je mixe chez Marco, samedi. Tu viens ?

Samedi... je ne sais pas.

C'est open bar jusqu'à minuit.

Ça serait vraiment cool que tu viennes !

Je vais voir. À plus, Gino.

Je vais à la bibliothèque. À tout à l'heure.

Laisse-le partir...

Il n'a pas ses papiers !

Vous pouvez appeler mon employeur.

- On l'emmène au poste ! - Qu'est-ce que tu dis ?

Allons-y !

Avance !

BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE

Giulia.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ton père. Il a eu un accident sur la route.

Mademoiselle ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

- C'est grave ? - On ne sait pas...

- Il est où ? - En soins intensifs.

On ne peut pas le voir maintenant.

On pourrait avoir un gâteau au chocolat pour notre anniversaire ?

J'aime pas le chocolat !

Je m'en fiche ! On aura du chocolat !

T'as choisi la dernière fois ! Je veux de la fraise !

Non, c'est faux, et la fraise, c'est dégoûtant !

Les garçons, vous vous disputez pour quoi ?

Simon veut un gâteau à la fraise et j'en veux un au chocolat.

On peut faire deux gâteaux, un fraise et un chocolat.

Coucou, mon chaton. Tu veux des pancakes ?

Non, merci. J'ai pas faim.

Alors des céréales ?

Simon les a finies.

T'as mangé mes pancakes !

Je m'en fiche.

Je vais demander à Ron d'en racheter.

Tu veux des toasts ?

Non, c'est bon.

Tu dois manger quelque chose.

Regarde-moi.

Ça va bien se passer, aujourd'hui. Tu connais ton exposé par cœur.

Ça va aller.

- Ce ne serait pas mon pull ? - Ça t'embête ?

Non. Je trouve que tu es très jolie.

Bras de fer chinois !

Oui, allez, on y va.

Prêts ?

Un, deux, trois, bras de fer chinois.

C'est mon tour !

Non, c'est mon tour. Tu l'as eu la dernière fois !

On peut arrêter de se disputer ? Merci.

Pourquoi elle a un téléphone et pas nous ?

Parce qu'elle a seize ans.

- On est où, le week-end prochain ? - Vous allez chez vos pères.

- Je veux pas y aller. - On ne peut pas annuler à chaque fois.

Ton père veut te voir.

T'es sûre de ça ?

On a une sortie au zoo, jeudi prochain.

Tu peux venir, s'il te plaît ?

J'aimerais beaucoup, mais j'ai une audience au tribunal.

- Je vais demander à Magic Ron. - Magic Ron, c'est pas pareil.

La mère de Becca accompagne toutes les sorties.

Oui, et elle vient la chercher tous les jours à l'école.

La mère de Becca est professeure de yoga freelance.

Elle n'a pas de patron.

Ça doit être cool, de ne pas avoir de patron.

Maman est associée chez Johnson and Lockwood.

Elle a beaucoup plus de responsabilités que la mère de Becca.

Allez, on se dépêche. Vous allez être en retard.

Sandwich de bisous.

- Je vous aime. - Au revoir, maman.

Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer.

Allez, courage.

Bonjour.

- Bonjour, Sarah. - Bonjour, Pamela. Merci.

Super, merci.

En cas de condamnation,

les dommages se chiffreraient en dizaines de millions de dollars.

Sans compter le préjudice en terme d'image.

Donc le but est de prouver

que la faute vient des intermédiaires et des sous-traitants,

pas de MetaXspace.

Et comment tu comptes t'y prendre ?

Le rapport environnemental révèle que MetaXspace enterre ses déchets toxiques

sur des sites naturels protégés.

Rien ne prouve que Bilgouvar était au courant.

Ses sous-traitants disposent de délégations de pouvoir étendues

et sont régulièrement audités par le B.E.P.H.

Et tu crois que ça suffit ?

"C'est pas moi, c'est lui."

Un peu facile, non ?

Qu'est-ce que tu proposes, Gary ?

La stratégie que tu as utilisée pour GreenAxe ?

Six ans de procédure suivis d'une condamnation ?

On s'arrête là.

Sarah, on part sur votre plan.

Merci, tout le monde.

Et voilà.

Une salade de burratina.

Merci, Jeffrey.

Pas de Black Angus, aujourd'hui ?

Non, Lorenzo m'a mis au régime 3 couleurs.

Vous connaissez ?

Vous ne perdez pas grand- chose.

Apparemment, je dois surveiller mon foie.

Profitez de votre jeunesse.

Je voudrais vous parler de l'avenir du cabinet.

Je pense prendre ma retraite.

Vous êtes sérieux ?

J'ai dédié trente ans de ma vie à ce cabinet.

Il faut savoir passer la main.

Je suis à la recherche d'un successeur.

D'autres associés ont plus d'ancienneté que vous.

Mais vous avez plus d'audace.

Vous n'avez perdu quasiment aucune affaire que je vous ai confiée.

COLLÈGE HANNAH

Veuillez m'excuser une seconde.

Oui, bonjour.

Bonjour. C'est Mme Valois, du lycée.

Hannah a vomi en classe. Pouvez-vous venir la chercher ?

Oui, bien sûr. J'envoie quelqu'un la chercher.

Allez, réponds !

"Je ne peux pas répondre... Urgent ??"

Un problème ?

Non, juste un client impatient.

Tous les mêmes.

C'est bien vrai.

Hannah !

Hannah !

Je suis désolée d'avoir été si longue, chérie.

Comment tu te sens ?

Je suis désolée maman, j'ai essayé.

Je te le promets.

Ça va aller, ça va aller.

Je te ramène à la maison.

Ron sera là dans une heure. Je dois retourner au bureau.

Maitre Cohen !

- Je peux vous parler un instant ? - Oui, bien sûr.

Attends-moi dans la voiture.

Je suis désolée, mais c'est la troisième fois...

Dès qu'elle a un examen ou un exposé.

Je sais.

Elle doit apprendre à gérer ses émotions.

Elle est au courant du problème et fait des efforts.

Je sais que vous travaillez beaucoup et que vous êtes séparée.

Avez-vous pensé à l'emmener voir quelqu'un ?

Elle voit quelqu'un depuis qu'elle est petite.

Elle travaille dessus et elle va y arriver.

Donnez-lui juste un peu plus de temps.

- D'accord. - Merci.

Salut, Ron.

Bonsoir, Sarah.

Les garçons dorment.

Hannah est aussi allée se coucher.

Elle va bien ?

Je crois oui...

La psy d'Hannah aimerait vous voir.

Elle a proposé un rendez-vous mardi midi.

Je lui ai dit que vous confirmeriez.

J'ai pris un rendez-vous médical pour Ethan le jeudi 18.

Et Simon est invité à un anniversaire samedi.

J'ai acheté des Lego.

Il a dit qu'il voulait les mêmes pour Hanukkah.

J'ai fait des lasagnes aux légumes, je les réchauffe ?

Non, merci. Je n'ai pas faim.

Je dois finir ma plaidoirie pour demain.

Vous devriez manger !

Et vous reposer.

Vous avez l'air fatiguée.

Merci, Ron. À demain.

Ces procédures ont été lancées il y a trois ans,

ce qui laissait amplement le temps

d'effectuer des analyses,

auxquelles, d'ailleurs, nous ne nous sommes pas opposés.

Objection, votre honneur.

La cour a besoin de tous les résultats pour juger objectivement des faits.

Votre honneur, trois études ont été menées.

Et les trois ont donné des résultats défavorables

pour CleanEarth.

C'est pourquoi...

Et c'est pourquoi ils en demandent une quatrième.

Objection rejetée.

Maître, vous pouvez continuer votre analyse.

Maître ?

Votre honneur...

Maitre Cohen ?

J'ai réfléchi.

On doit partir d'ici.

Partir ?

Pour aller où ?

Chez mes cousins dans le Sud.

Les Intouchables là-bas sont mieux traités.

Lalita pourrait aller à l'école.

On a pas le droit de partir.

Tu sais

ce qu'ils ont fait à Sousia,

violée et pendue à un arbre.

On partira la nuit !

On prendra le bus pour Bénarès.

Et de là, le train pour le Sud.

Avec quel argent ?

On a tout donné au brahmane.

Je reprendrai notre argent.

Je sais où sa femme cache leurs économies.

Je l'ai vue, une fois.

Tu veux nous faire tuer ?

Nous n'irons nulle part.

Et je t'interdis de reparler de ça.

Oui, dis-moi... On est en train de partir.

OK. On en reparle après.

Toujours au téléphone ! Lâche-le un peu !

Oui, on est en retard... Allons-y.

Tu sais quoi offrir à M. Sharma pour son mariage ?

Lord Vishnou, bénissez-moi.

Par le vent, la terre, l'eau, le ciel et le feu,

chassez ma peur et protégez-nous.

Lève-toi.

Viens.

Qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce qui se passe, maman ?

Maman, on va où ?

Pourquoi papa ne part pas avec nous ?

Il viendra plus tard.

Dépêche-toi !

Ma petite !

Papa...

Maman, il y a papa.

Maman, dis-leur d'arrêter le bus.

Smita !

Ne partez pas !

Papa, dépêche-toi !

Calme-toi.

Il nous rejoindra.

"Le soupirail de l'aube

"Respire par ta bouche

"Au fond des rues désertes

"Lumière grise de tes yeux

"Douces gouttes de l'aube sur les collines sombres

"Ton pas et ton haleine

"Comme le vent de l'aube

"Submergent les maisons"

Excusez-moi.

Les visites sont terminées.

Oui.

Au revoir, papa.

Je reviens demain.

Salut.

Maman n'est pas là ?

Elle est partie à l'église avec Patricia.

On la retrouve là-bas.

Moi, je vais à l'hôpital.

Je vais faire la lecture à papa.

Et tu crois que tes bouquins vont le sauver ?

Tu ferais mieux de venir prier.

Je ne crois pas à tout ça, et papa non plus.

Si tu ne le fais pas pour papa, fais-le pour maman.

C'est important pour elle qu'on soit là.

Ça t'amuse peut-être de faire le guignol à la messe, pas moi.

Putain, Giulia, merde ! Tu pourrais faire un effort !

Arrête d'être égoïste.

Même Adela vient.

Ça me saoule trop. J'y vais pour maman.

- Que disent les médecins ? - Rien...

Ils disent qu'il faut attendre.

Je vous rejoins à la maison après l'hôpital.

- Salut, Giu. - Salut, Gino.

Je suis désolé pour ton père. Si je peux faire quoi que ce soit...

Merci... Merci beaucoup.

Ciao, maman !

J'ai pris des chocolats pour ta Mamma.

Ses préférés...

Merci.

Et moi, j'ai fait des pasticciotti.

Merci, Nonna.

Mon frère est chanoine à la basilique de Lecce.

Il a fait dire des prières hier et ce matin.

Merci. Merci à toutes.

Maintenant, on doit se remettre au travail.

Quand papa reviendra, je veux qu'il retrouve l'atelier

exactement comme il l'a laissé.

Allez !

Au travail !

Allô ?

Bonjour. Angelo Bagnarosa de la Banca Corensi.

Je voudrais parler à Pietro Lanfredi.

Il n'est pas là, je peux prendre un message ?

Nous avions rendez-vous hier. Il ne s'est pas présenté.

Vous pouvez lui demander de me rappeler ? C'est urgent.

D'accord.

C'est très urgent ! Dites-lui.

D'accord. Au revoir.

Salut.

Salut.

On s'est croisés...

l'autre jour, dans la rue.

Oui.

J'ai eu peur, quand ils t'ont emmené.

Je me suis demandé ce qui t'était arrivé.

Ils m'ont gardé l'après-midi

et ils m'ont laissé repartir.

Je peux t'aider ?

Je connais bien ici.

Tu cherches un livre en particulier ?

Quelque chose de pas trop compliqué.

J'arrive à parler italien.

Mais lire reste un peu difficile.

Je voudrais m'entraîner.

Très bien.

Prends... Salgari.

"Les Aventuriers du ciel."

C'est un de mes préférés.

Merci.

Salut.

Je ne vous ai pas vue depuis longtemps.

Oui. J'ai eu beaucoup de travail.

Et trois enfants à élever, n'en dites pas plus.

Quel âge ont-ils maintenant ?

Les jumeaux ont 10 ans et Hannah, 16.

Déjà ?

- Et votre père, comment va-t-il ? - Il va bien.

Il va même très bien.

Il a rencontré quelqu'un juste après la mort de maman.

Il a déménagé en Floride.

- Vraiment ? - Oui.

Il fait du golf et prend des cours de cuisine.

Il est débordé.

Tant mieux pour lui.

Comment allez-vous ?

Je vais bien, très bien.

Vous savez...

Fatiguée.

Et j'ai une petite douleur dans la poitrine, du côté droit.

Depuis combien de temps ?

Je ne sais pas, peut être...

Quelques semaines.

Jetons-y un œil.

À ce stade, pas d'inquiétude. C'est peut-être juste un kyste.

Mais vu vos antécédents familiaux,

il vaut mieux être prudent.

Je vous prescris des examens.

Essayez de les faire le plus vite possible.

D'accord.

Bonjour !

Salut, Josh.

Papa !

Tu es tellement belle !

Salut, les garçons !

- Comment tu te sens ? - Bien.

Beaucoup mieux depuis que j'ai quitté le cabinet.

Josh ne te l'a pas dit ?

J'ai démissionné.

On en a discuté et on pense que c'est mieux pour le bébé.

Je veux en profiter, me rendre vraiment disponible.

Désolée.

Excuse-moi.

Oui, j'écoute.

C'est l'hôpital. Nous venons de recevoir les résultats de vos examens.

Pouvez-vous venir lundi ?

Ce sont de mauvaises nouvelles ?

Désolée, nous ne donnons aucun résultat par téléphone.

Lundi matin, 9 h ?

C'est possible pour vous ?

D'accord. Je serai là lundi.

- Maman ? - Oui.

- Qu'est-ce que tu fais ? On t'attend. - OK, je vais...

Je...

J'arrive dans une seconde.

Ron a allumé les bougies ! Allez !

OK, j'arrive.

J'ai peur de ne pas avoir de bonnes nouvelles.

La tumeur est maligne.

5 cm de diamètre.

La taille d'une petite mandarine.

Compte tenu de sa taille et de son agressivité,

nous n'avons pas d'autre choix que de pratiquer une mastectomie.

On adaptera le traitement après l'opération.

Vous aurez besoin d'une chimiothérapie.

Et probablement aussi d'une radiothérapie.

C'est Josh. Laissez-moi un message, je vous rappelle.

Salut, ma chérie !

Papa.

Quelle bonne surprise ! Comment vas-tu ?

Je vais bien.

Je te dérange ?

Non, pas du tout ! Nous sommes à Key West pour quelques jours.

Il faudra que tu viennes, c'est magnifique et on mange tellement bien !

Comment vont les enfants ?

Bien, tout le monde va bien.

Écoute, nous ne sommes pas sûrs de venir pour les vacances.

Margaret ne connaît pas la France

et je voudrais l'emmener pour son anniversaire.

D'accord...

Tout va bien pour toi ?

Toujours à 200 % dans le travail ?

Oui.

Je dois y aller, ma chérie.

Je suis content de savoir que tout va bien.

Prends soin de toi, OK ?

Embrasse les enfants.

Oui.

Je t'aime.

Je t'aime. Au revoir, papa.

C'est le Gange.

Maman, qu'est-ce qu'ils font ?

Ils brûlent les morts.

Maman.

Je suis fatiguée.

Demain, nous prendrons le train pour le Sud.

Là-bas, il y a un grand temple tout en haut d'une montagne.

Tellement haut qu'il touche presque le ciel.

Tu y es déjà allée ?

Non... jamais...

Mais j'ai entendu dire...

que si tu arrives au sommet

et que tu fais une offrande à Dieu,

Il réalisera ton plus grand souhait.

"À cette époque-là, c'était toujours la fête.

"Il suffisait de sortir et de traverser la rue

"pour devenir comme folles.

"Et tout était si beau,

"spécialement la nuit,

"que, lorsqu'on rentrait, mortes de fatigue, on espérait encore

"que quelque chose allait se passer."

Salut.

Salut.

Merci.

C'était un bon choix.

Tu l'as déjà fini ?

Je n'ai pas tout compris, mais...

j'ai aimé.

Pour te remercier...

Je travaille dans une coopérative.

Merci.

Ces parties que tu ne comprends pas, je peux...

te les expliquer.

Si tu veux.

"Une chambre très spacieuse

"aux murs tapissés de soie blanche brodée d'or..."

"Brodée..."

C'est comme de la dentelle.

C'est cousu à la main.

Ma grand-mère en faisait. C'est quelque chose de...

précieux, de délicat, d'ancien.

Précieux et ancien, oui.

Pardon.

ATELIER

Allô ?

J'arrive tout de suite.

Désolée, je dois y aller.

Je viens ici tous les midis.

Je m'appelle Giulia.

Moi, c'est Kamal.

Ça fait des mois qu'on essaie d'alerter votre père.

Il ne prend même plus nos appels !

Je savais que l'atelier avait des difficultés,

mais j'étais loin d'imaginer ça...

Vous travaillez actuellement à perte. Vous ne pouvez plus continuer.

Je pourrais passer un emprunt, le temps de trouver une solution.

Je crois que vous n'avez pas compris

la gravité de la situation, mademoiselle.

Votre père est surendetté.

Vous n'êtes plus solvable.

Dans un mois tout au plus, vous devez vous mettre en faillite.

C'est impossible.

Il a fait des emprunts sans jamais rembourser.

On est ruinés.

Qu'est-ce qu'on va devenir ?

De quoi on va vivre, si l'atelier ferme ?

Il faut attendre le retour de papa.

Il saura quoi faire.

Attendre ?

Francesca, je crois que t'as pas compris, là...

On est couverts de dettes !

On n'a même plus de quoi payer les ouvrières à la fin du mois.

Je vais arrêter le lycée. Marco me prendra comme serveuse au café.

Qu'est-ce que tu racontes ? Tu restes au lycée !

Et je t'interdis d'aller traîner chez Marco !

C'est pas seulement l'atelier...

Papa a hypothéqué la maison.

Si on ne trouve pas d'argent pour rembourser les dettes,

on va être expulsées.

Je suis désolé d'apprendre ça.

Quel âge a votre père ?

Il a 76 ans.

Un double pontage, ce n'est pas rien.

Je dois aller en Floride pour m'occuper de lui.

Il est très seul, depuis la mort de ma mère.

Vous serez partie combien de temps ?

Deux semaines.

Ce n'est pas le moment idéal...

L'audience Bilgouvar approche.

Rien ne va changer : je peux travailler de là-bas

et Inès saura gérer.

Je n'en doute pas.

Vous avez bien choisi votre protégée.

Elle est excellente.

Allez à Miami et prenez soin de votre père.

Le dîner est prêt !

On arrive !

Mac and cheese ?

C'est toi qui l'as fait ?

Oui, c'est moi.

- Et où est Ron ? - Il a dû partir.

Je suis rentrée plus tôt pour dîner avec vous.

Vous irez chez vos pères à partir de lundi pour deux semaines.

Vraiment ? On va pouvoir jouer à la Switch !

Pourquoi ? Tu vas où ?

Je vais à l'hôpital pour une intervention.

Pourquoi ?

Quel genre d'intervention ?

C'est pas grand-chose. Ne vous inquiétez pas.

- Deux semaines, c'est long. - Ça passera vite !

Et quand vous reviendrez, on fera une soirée ciné pizza.

On pourra te rendre visite ?

Les enfants n'ont pas le droit de visite.

Quand la mère d'Emmy s'est fait opérer, elle a pu aller la voir.

Je sais, mais là, ce ne sera pas possible.

Devinez ce qu'il y a pour le dessert.

De la glace au BubbleGum ?

Maman ?

J'arrive pas à dormir.

- Je peux ? - Oui, viens.

Ton intervention...

C'est quoi, exactement ?

Ce n'est rien.

C'est quelque chose qui arrive à beaucoup de femmes.

Ne t'inquiète pas.

C'est la même chose qu'avait grand-mère ?

Non, non, non.

Tout va bien se passer.

C'est promis.

Je ne veux pas rester avec papa.

Je peux aller chez Josh avec les garçons ?

Je pourrai aider Maeva.

D'accord, je l'appellerai.

Je peux dormir avec toi cette nuit ?

Viens là.

Le référé a lieu le 23.

Et pour le dossier Mason, tu peux demander à Flynn.

Si tu as la moindre question, appelle-moi. Je serai joignable.

Ma mère a un cancer.

Je sais ce que c'est de s'occuper d'un parent.

Bon courage.

Merci.

Venez dans la cuisine. J'ai fait des cookies.

Vraiment merci de prendre Hannah avec vous.

Tu rigoles, c'est chez elle aussi.

Les choses ne s'arrangent pas avec son père ?

Non, pas vraiment.

- Tu as dit quoi aux enfants ? - J'ai juste dit que...

c'était une intervention bénigne.

Et Johnson, comment a-t-il réagi ?

Il ne le sait pas.

T'es pas sérieuse ?

Je ne peux pas lui dire maintenant.

L'audience Bilgouvar est dans trois mois.

Et il y a plus que ça...

Il envisage de me nommer managing partner à la tête du cabinet.

Une raison de plus de lui dire. Ça doublerait ta charge de travail.

- Je peux gérer ! - Qu'est-ce que tu t'imagines ?

Tu ne peux pas tout cacher sous le tapis.

J'ai donné 15 ans de ma vie à ce cabinet.

Johnson a confiance en moi, je ne peux pas tout gâcher maintenant.

Tu connais ce monde autant que moi.

Si tu nages avec les requins, il vaut mieux ne pas saigner.

Sandwich de bisous.

C'est pour toi.

On l'a fait ensemble. On s'est même pas disputés

Ouais, et il a des superpouvoirs.

C'est génial. Je vais le garder avec moi, promis.

Deux tickets pour Pandavapura.

730 roupies.

Il n'y a pas de places moins chères ?

Le train est complet. Il ne reste que ça.

Vous prenez ou vous partez.

Il me faut plus.

Voilà.

Suivant.

Maman, j'ai faim.

Tout est cher, ici.

Maman... J'ai faim.

Il ne nous reste plus rien.

On trouvera quelque chose plus tard.

Prenez ça.

Allez-y, prenez.

Non, merci.

On en a d'autres.

Prenez.

Vous allez où avec votre fille ?

Nous partons dans le Sud, chez mes cousins.

Je vais à Vrindavan.

La ville des veuves.

Mon mari est mort de la grippe le mois dernier.

Ma belle-mère m'a dit

que c'était ma faute.

Que je n'avais pas été capable de le garder en vie.

Elle m'a jetée dehors avec les enfants.

Vous savez...

Ici, quand une femme n'a plus de mari...

il ne lui reste plus rien.

Ici, il vaut mieux naître vache que femme.

Les vaches sont mieux traitées que nous.

Votre attention, s'il vous plaît.

Le train 16543 pour Mysore via Pandavapura

partira de la voie 5.

Viens.

Merci beaucoup pour la nourriture.

Je dirai une prière pour vous et vos fils.

C'est mon arrière-arrière-grand-père qui l'a créé il y a 100 ans.

Ma famille y a toujours travaillé.

C'est comme si...

une partie de ma vie allait disparaître.

Je n'ose pas l'annoncer à nos ouvrières.

En penjabi, on dit...

"Quand il y a la volonté,

"il y a le moyen."

C'est comment, chez toi ?

C'est très beau.

Du jardin de mes parents, on voit l'Himalaya.

Il y a des fleurs partout au printemps.

Pour le reste,

c'est à peu près comme l'Italie.

Il y a des champs, des vaches,

des gens qui parlent fort.

Si on se baignait ?

Non, merci.

Pourquoi ?

C'est interdit par ta religion ?

Non. C'est juste que je n'ai pas de maillot.

Moi non plus.

Raconte-moi encore.

Qu'est-ce que tu veux savoir ?

Tes traditions, ta religion, tout.

Chez les Sikhs,

on considère que la femme a la même âme que l'homme,

qu'ils sont comme les deux faces d'une médaille.

Le nom même de Dieu n'a pas de genre.

On l'appelle Waheguru.

Comment on dit "cheveux" ?

Cheveux...

se dit "val".

- Et "turban" ? - "Dastar."

Et ça ?

C'est un "kangha".

Je l'ai depuis que je suis petit.

Il me rappelle qui je suis.

Tu rentres tard, en ce moment.

Je vais voir papa le soir à l'hôpital.

Jusqu'à minuit ?

T'as du sable là, dans le cou.

La mère de Gino est passée.

Ils ont neuf salons de coiffure, maintenant.

Ça marche bien.

Ils pourraient racheter l'hypothèque sur la maison.

Pourquoi ils feraient ça ?

Gino est fou de toi, c'est pas un secret.

Il est bien, ce garçon, non ?

T'es pas sérieuse ?

Tu veux me marier, comme au 18e siècle ?

Ce sont des gens bien. Je les vois à la messe tous les dimanches.

Gino ne s'intéresse qu'à la muscu. Il n'a jamais lu un livre de sa vie.

Et alors ?

Toutes les filles sont folles de lui.

Oui, maman, mais pas moi.

Je ne te l'ai jamais dit,

mais quand j'ai rencontré ton père,

j'aimais un autre homme.

Ton père m'a fait la cour.

Il était stable,

gentil.

C'est lui que j'ai choisi.

Et je ne l'ai pas regretté.

L'amour vient avec le temps.

Je ne sortirai pas avec Gino Battagliola.

Alors oublie !

Il n'y a pas que toi, Giulia.

Il y a aussi tes sœurs.

Le mari de Francesca est au chômage, il y a le bébé.

Adela qui veut arrêter le lycée....

Comment on va faire, si papa reste dans le coma ?

Tu n'es pas sérieuse ?

T'as pas le droit de me demander ça !

Je veux plus jamais que tu m'en parles ! Compris ?

Je vous ai préparé quelque chose.

Non, merci.

Pardon d'insister, mais vous devriez manger.

Quand je mange, je vomis.

Vous voulez que j'aille à la pharmacie ?

Non, merci.

Vous êtes sûre ?

Sarah, ça fait plaisir de vous revoir !

Merci. Vous aussi, Pamela.

L'opération s'est bien passée ?

Comment va votre père ?

Il va bien.

Il est fatigué, mais ça va.

Tu l'avais la dernière fois !

Je joue avec !

Maman, il me vole mon Lego !

Ils ont la charge de la preuve.

Ce qui signifie qu'ils vont devoir prouver que vous étiez au courant.

Ils n'y arriveront pas. Nous allons nous battre.

Ne vous gênez pas pour moi.

Le syndrome main-pied ?

Après ma première chimio, je portais les chaussures de mon mari.

J'avais du succès.

Mettez vos pieds dans une bassine remplie de glaçons.

Ça paraît barbare, mais ça marche.

C'est votre premier cancer ?

Oui.

Vous êtes avec Zanuch, Bloch ou Rosenfeld ?

- Bloch. - C'est le meilleur.

Faites-moi confiance, je les ai tous vus.

Zanuch est le plus sexy.

Mais Bloch est vraiment meilleur.

Vous avez des cheveux magnifiques.

Il y a un endroit que je vous recommande quand l'heure sera venue.

Ils prendront soin de vous, là-bas.

Croyez-moi,

c'est important.

L'image que vous renvoie le miroir doit être votre alliée.

Pas votre ennemie.

C'est la première bataille à gagner.

Merci, Dr Bloch.

Bonjour.

Bonjour.

C'est Sarah Cohen.

Voici ma mère.

Enchantée.

Je rendais juste visite à une amie.

Je crois que je me suis perdue. Je ne sais pas où est la sortie.

C'est par là.

Au revoir.

Au revoir.

Et merde !

Sarah, vous m'avez demandée ?

Venez vous asseoir, s'il vous plaît.

Je vais avoir besoin de quelqu'un pour me seconder à l'audience Bilgouvar.

Et je vous ai choisie.

Je ne sais pas quoi dire.

Merci pour votre confiance.

Dorénavant, vous assisterez à toutes les réunions.

Pamela vous donnera les documents.

Je vais m'y mettre dès maintenant.

Inès.

À propos de notre rencontre à l'hôpital,

je préfère que ça reste entre nous.

Bien sûr.

Mon frère, donne-moi de l'argent.

Donnez, donnez.

Sortez de l'argent et donnez-le moi.

Toi qui me regardes, donne-moi quelque chose.

Sois béni.

Hi, baby.

Maman ?

J'ai envie de faire pipi.

T'es aveugle ? Regarde où tu vas !

Il y a quelqu'un depuis une heure.

Il ne veut pas sortir.

Ouvrez la porte.

Ma fille doit aller aux toilettes.

Ça ne sert à rien.

Elle peut le faire ici.

Le train ne s'arrêtera que dans une heure.

Fais-le ici.

Dépêche-toi ! Le train s'en va.

On y va !

Attendez !

Tous les trains de ce soir sont partis.

Pardon, maman.

On va devoir dormir ici.

Je peux vous aider.

Je connais un endroit.

Si vous voulez,

vous pourrez vous y reposer.

Vous avez une si jolie fille.

Tu veux manger des Jelabis, ma puce ?

Viens !

On va dormir ici cette nuit.

Maman, je ne vais pas réussir à dormir ici.

Ne t'en fais pas, ces gens sont comme nous.

Ô train attends-nous un peu

Laisse-moi retrouver notre chemin

Nous ne savons pas vraiment quand nous devons venir

Ou quand nous devons partir

Le voyage n'est pas facile

Le chemin est dangereux

Les gens gardaient leurs cheveux pour nous les donner.

C'était la tradition, la cascatura.

Et puis la tradition s'est perdue.

La matière première est devenue très chère.

Tous les ateliers ont fermé, les uns après les autres.

Le nôtre est le dernier.

Des cheveux, tu pourrais en trouver ailleurs.

Je peux t'aider, si tu veux.

Mon père a toujours refusé d'importer.

Mais si tu veux sauver l'atelier,

tu dois le faire évoluer.

Non, tu ne comprends pas.

Les gens d'ici sont fiers et très attachés aux traditions.

Je sais.

Mais toi,

tu n'es pas comme eux.

Tiens, c'est pour toi.

Un kangha.

Merci.

Ça ne marchera jamais !

On a toujours traité des cheveux italiens.

Je sais, Francesca, mais le monde change.

Toutes les entreprises familiales ferment

parce qu'elles ne sont plus compétitives.

Il faut s'adapter au marché.

Le leader mondial s'approvisionne en Asie.

C'est une multinationale !

On est un tout petit atelier, on n'a pas la carrure.

Papa l'a toujours dit :

"Les Italiens veulent des cheveux italiens."

Alors on ira vendre ailleurs !

Il y a d'autres marchés : l'Europe, l'Amérique du Nord.

Pour qui tu te prends, Giulia ?

T'as jamais mis un pied hors d'Italie. Tu sais trois mots d'anglais.

J'apprendrai.

On pourrait créer une coopérative avec les ouvrières.

Elle a raison, ça s'est déjà fait ailleurs.

- Je l'ai vu sur YouTube. - Sur YouTube ?

Alors comme ça,

tu couches avec un étranger ?

Antonia vous a vus.

Tout le quartier doit déjà être au courant.

Alors que ton père est entre la vie et la mort !

Quelle honte !

Quelle honte !

Honte ?

Tu me fais la morale.

Mais t'es prête à me vendre aux Battagliola

pour éponger les dettes de la famille !

C'est pas honteux, ça ?

Giulia.

Giulia, reste ici, tu m'entends ?

Bonjour, Carl. Deborah.

Chris a appelé pour déplacer votre rendez-vous.

Il viendra demain au même horaire.

Et Flynn veut reporter l'audience de lundi.

Il dit qu'il n'a toujours pas reçu les conclusions.

Non, il faut comparaître. On a déjà reporté.

Je voulais vous dire...

Si vous avez besoin de quoi que ce soit...

je suis là.

Merci.

C'est arrivé à ma belle-sœur, il y a deux ans.

Elle va bien, aujourd'hui. Elle est en rémission.

Vous en avez parlé à qui ?

Vous deviez être discrète. Vous en avez parlé à qui ?

Je devais le dire. Vous faites des erreurs dans le...

Des erreurs ! C'est n'importe quoi !

C'est normal que vous soyez épuisée. Mais je devais le dire.

Qui ? À qui vous l'avez dit ?

Gary Curst, seulement lui.

Je l'ai fait dans l'intérêt du cabinet. Vous auriez fait la même chose !

Nous avons toujours eu une relation de confiance.

- Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? - Je ne voulais pas vous inquiéter.

Ce n'est rien, vraiment.

Ce sera terminé d'ici deux mois.

Lorenzo a eu une tumeur au poumon, il y a deux ans.

Je ne savais pas, je suis désolée.

Il va mieux, maintenant.

Mais je sais à quel point ces traitements sont lourds.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là.

Vous pouvez compter sur moi.

Merci.

Et si vous avez besoin d'aide pour l'audience Bilgouvar...

Tout est sous contrôle.

Et nous serons prêts.

Bien.

Je ne trouve pas le dossier Engel/System A. Vous l'avez ?

- Gary est venu le chercher hier. - Pourquoi ?

Pour le rendez-vous.

Quel rendez-vous ?

Le rendez-vous de ce matin.

Sarah ?

- Que faisais-tu ? On... - Pourquoi je n'ai pas été informée ?

- Tu as reçu les e-mails. - Je n'ai rien reçu.

C'est bizarre.

Il ne s'agissait que d'une réunion technique.

Inès t'enverra un résumé. Je peux te voir dans mon bureau ?

J'aurai besoin de toi lundi pour la session avec les consultants.

Bien sûr.

Maman ?

Il est l'heure.

J'arrive.

Je t'ai fait du café.

Merci.

J'arrive.

Et merde.

Maman, on va être en retard.

Lalita.

Réveille-toi.

Le train arrive.

Nos affaires !

Où sont nos affaires ?

Maman, ma poupée !

- Donne-moi ça ! - Papa !

- C'est mon sac. - Non, c'est le mien.

Rends-le-moi.

- Va-t'en ! - Menteur ! C'est mon sac !

C'est à moi.

Non, c'est mon sac !

- La poupée ! - Non.

Comment ça, non ?

Je vais te jeter par-dessus la rampe !

Maman ! Donne-lui la poupée !

Allez en enfer, toi et ta poupée !

Traînée !

Va-t'en !

L'armoire.

Les tables.

La balance.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu ne réponds plus à mes messages.

Il s'appelle Gino.

Ses parents sont des amis de la famille.

Ils ont de l'argent.

Ils vont racheter la maison.

T'es pas obligée de faire ça.

Ah non ? Et je fais quoi ?

Je laisse mon père crever à l'hôpital et ma famille à la rue ?

Il y a sûrement une autre solution.

Non, Kamal ! Il n'y en a pas !

On ne s'est rien promis, toi et moi.

De toute façon, ça n'aurait pas marché entre nous.

On n'a rien en commun.

Et s'il te plaît, ne viens plus ici.

Papa.

Papa !

Tu m'entends ? C'est moi.

C'est Giulia. Il a bougé la main !

Infirmières !

Papa, c'est Giulia.

Sortez, s'il vous plaît. Sortez.

Attendez. Écoutez-moi.

Sa main a bougé. Je l'ai sentie.

Écoutez-moi !

Il se réveille !

Oui, oui. Sortez, s'il vous plaît.

Votre père a fait un arrêt cardiaque.

On a tout essayé, mais on n'a pas réussi à le réanimer.

Non.

Non. Quand je me suis réveillée,

j'ai senti sa main bouger.

C'est pas possible.

Je sais...

Non. Je vous dis que j'ai senti sa main bouger.

Ça arrive, parfois.

Je suis désolé.

Je suis vraiment désolé.

Bilgouvar a entendu parler de votre état de santé.

Il s'inquiète pour le procès.

Il demande à être représenté par quelqu'un d'autre.

C'est ridicule. Je vais parfaitement bien.

Je suis plus que capable de gérer ça.

Vous savez aussi bien que moi ce qu'un tel procès implique.

Ce sont des mois et des mois de comparutions.

Je connais ce dossier par cœur.

Je sers les intérêts de Bilgouvar depuis dix ans.

- Je peux le faire ! - Personne n'a dit le contraire.

Mais je pense aussi à vous.

Une pause vous permettrait de vous remettre sur pieds.

Ne me retirez pas ce dossier. Bilgouvar est mon plus gros client.

Notre plus gros client.

Je ne peux pas prendre le risque qu'il parte chez un concurrent.

À qui ?

À qui avez-vous donné le dossier ?

Gary Curst.

C'est un bon avocat.

Il a les compétences et l'expérience.

Sarah, ne le prenez pas personnellement.

J'essaie juste de protéger le cabinet.

Bonjour, mon frère. Quel est le chemin pour le temple ?

Il faut prendre le bus.

Ça coûte 50 roupies par adulte et 25 pour les enfants.

On peut y aller à pied ?

Il y a six kilomètres jusqu'au pied de la montagne.

Après ça, il faut monter.

C'est très difficile. Vous n'y arriverez pas, avec la petite.

Maman, tu as dit qu'on allait voir tes cousins.

Nous allons d'abord au temple.

Je l'ai promis à Dieu.

On est presque arrivées.

Regarde.

Nous devons y aller pieds nus.

C'est la tradition.

Viens.

Maman.

Quoi ?

Monte sur mon dos.

Salut.

Salut.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Hannah m'a appelé et m'a demandé de l'emmener au collège.

Elle a son exposé d'histoire, aujourd'hui.

Merde, j'ai oublié.

Elle n'a pas voulu te réveiller.

Elle dit que tu ne sors plus,

que tu as arrêté de manger.

Elle s'inquiète pour toi.

Moi aussi.

J'ai pris un congé.

Tu y crois ?

Première fois de ma carrière.

Curst a été nommé managing partner, tu es au courant ?

Inès avait raison. Elle a bien joué.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Elle a prétendu que je faisais des erreurs sur une affaire.

Elle savait qu'avec un cancer, je n'avais...

aucune chance d'être promue managing partner.

Elle a misé sur quelqu'un d'autre, la maline.

Arrête de penser à tout ça.

À une époque, tu envisageais d'ouvrir ton propre cabinet.

Tu pourrais le faire.

Tu prendras Hannah ?

Quoi ?

Je ne veux pas que les enfants soient séparés.

Arrête ! Je ne veux pas t'entendre parler comme ça !

Sarah, tu es une battante. Tu dois te battre !

Ma mère était une guerrière aussi, mais...

parfois ce n'est pas suffisant.

N'abandonne pas. Tu m'entends ?

Tu as trois enfants qui ont besoin de toi.

Si tu les aimes, alors bats-toi.

Montre-leur qui tu es

et qu'ils sont plus importants qu'un poste de managing partner

chez Johnson and Lockwood.

Les garçons...

m'ont demandé de te donner ça.

Ils l'ont reconstruit. Ils disent qu'il est encore plus fort qu'avant.

Hannah, c'est à toi.

"Les Amazones.

"Amazone vient du mot grec 'mazos',

"qui veut dire 'poitrine', précédé d'un 'a', qui veut dire 'privé de'.

"Ces femmes de l'Antiquité

"se coupaient le sein droit

"pour mieux tirer à l'arc.

"Elles étaient des guerrières craintes

"et respectées.

"Les femmes s'accouplaient avec les hommes de tribus voisines,

"mais élevaient leurs enfants seules.

"Elles employaient des hommes pour les tâches domestiques.

"Elles ont mené de nombreuses batailles et en ont gagné beaucoup.

"Les historiens se querellent sur leurs origines.

"Mais pour beaucoup...

"les Amazones restent un mystère."

"Ne pleure pas sur ce que tu as perdu,

"lutte pour ce que tu as.

"Ne pleure pas sur celui qui est mort,

"lutte pour ce qui est né en toi.

"Ne pleure pas sur celui qui t'a abandonné,

"lutte pour celui qui est avec toi.

"Ne pleure pas sur celui qui te hait,

"lutte pour celui qui t'aime.

"Ne pleure pas ton passé,

"lutte pour ton présent.

"Ne pleure pas sur ta souffrance,

"lutte pour ton bonheur."

Cela suppose de réorganiser le travail, mais c'est possible.

Nous avons fait des simulations, un plan d'amortissement.

La banque est prête à étudier notre dossier.

Je vous présente Kamal,

qui pourrait nous aider pour l'importation des cheveux.

En Inde,

il existe des temples

où se rendent des milliers de pèlerins tous les ans,

de tout le pays,

pour faire une offrande à Dieu.

Non.

Je ne veux pas.

Nos cheveux vont repousser.

Maintenant, nous devons les donner en offrande à Dieu

pour qu'il réalise nos prières.

Je vote pour !

Moi aussi.

Moi aussi.

- Je vous suis ! - Moi aussi.

Bonjour.

Bonjour.

Je suis désolée, je viens sans rendez-vous.

Aucun problème.

Après vous.

Celle-ci est synthétique et vient du Japon.

Vous pouvez m'aider à la poser ?

Toujours de l'avant vers l'arrière.

C'est un peu difficile au début, mais vous prendrez l'habitude.

Non, ça va pas.

Celle-ci est aussi synthétique,

mais de haute qualité.

Non, ça va pas.

Ceci est notre plus belle pièce.

Des cheveux naturels venant d'Inde.

Ils ont été traités, décolorés et teints dans un atelier italien.

Regarde, on va là-bas.

Tu penses que papa va venir ?

Oui. J'ai confiance en lui, il va venir.

Les garçons !

Maman !

T'as des nouveaux cheveux !

À Olivia Aux femmes courageuses

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