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Zulu
C'est nul.
- Tu peux pas
en mettre plus ? - Si.
- Modifie la direction.
Faut que ça attaque le torse. Là, il va s'en sortir.
Il est vivant.
Détonation
- Voilà.
- On passe au boîtier ?
On frappe à la porte.
- Bonjour. - Que se passe-t-il ?
- Vous êtes seule ? - Oui.
Marie-Jeanne a des problèmes ?
- Non, mais changement de programme. C'est moi qui vous briefe.
- D'accord.
Maintenant? - Oui, maintenant.
Musique douce
Répondez précisément à quelques questions.
A Téhéran, est-ce que vous avez vu les Américains
rôder autour de Shapur Zamani ? - Non.
Y a pas d'Américains, à Téhéran.
- Prenez le temps de réfléchir.
- Non, je suis sûre.
J'en aurais parlé à Marie-Jeanne.
- A Paris, quand Guillaume vous a drivée dans mon dos,
vous avez vu des Américains ?
- Quels Américains ?
- Des gens qui auraient caché être américains.
A Paris, quand Zamani et sa fiancée sont venus,
aucun Américain ?
- Non. Pourquoi?
- Parce que Zamani travaille pour la CIA.
- C'est pas possible... - On savait
que les Américains s'intéressaient à lui.
On avait intensifié nos efforts sur lui, mais...
on ne pensait pas qu'ils iraient aussi vite.
- Si j'avais vu quelque chose, je vous en aurais parlé.
On frappe.
- On va tout reprendre. J'ai besoin de tout savoir.
Quelque chose vous a peut-être échappé,
pas parce que vous êtes mauvaise mais parce que parfois, ça arrive.
On a la journée, on va tout reprendre calmement.
- OK.
Votre avion est à quelle heure ? - Dans 2 heures.
- Ma mission est terminée ? - Non.
- Je fais quoi?
- En rentrant à Téhéran, vous allez vous éloigner de Zamani,
tout doucement, sans faire de bruit.
Il ne doit pas faire de lien entre la CIA et votre éloignement.
- D'accord.
- Vous recevrez d'autres instructions.
- Je ne peux pas écourter mon séjour ici ?
- Non, vous restez 5 jours en vacances.
- Vous êtes bien, en polo.
- Vous n'avez rien à vous reprocher.
Faites comme si de rien n'était.
"Enjoy Turkish delight", comme ils disent.
Prends-moi pour un con, en plus.
- OK, c'est bon.
- Le journaliste est allemand. Andreas Schnabel.
- Il a ses entrées partout.
On peut se servir de lui pour parvenir jusqu'à Chevalier.
C'est le seul à pouvoir se faire accepter par Daesh.
- Il va réussir là où on a échoué ?
- L'Etat islamique utilise la guerre de l'information.
- Schnabel relaie leur propagande.
Il sert les intérêts de Daesh et Chevalier le sait.
- Chevalier se filme.
C'est un criminel narcissique.
Il acceptera une interview.
- Ca sera long ?
- On a commencé. Ca peut aller vite.
- Quels risques, pour Schnabel ?
- Quels risques peut-on prendre ?
- J'ai pas une grande estime pour lui,
mais pas plus de 20 % de risques.
- 20 %. - 20 %, max.
Musique douce
On frappe à la vitre.
Alors, ces vacances ?
- Prenez un loukoum de la Turkish Airlines.
Ca peut faire passer
la pilule.
- A ce point-là ?
- Rien. On a tout passé en revue.
- Les Américains ont recruté Zamani.
Phénomène l'a fréquenté. Ca ne lui aurait pas échappé.
- J'ai entièrement confiance en elle.
Et Marie-Jeanne et Malotru n'ont rien vu non plus.
- On sait depuis quand il travaille pour la CIA ?
- Non.
- C'est pour ça qu'il serait venu à Paris ?
Et si... - S'ils avaient demandé
à Shapur Zamani de recruter Phénomène ?
Pourquoi s'intéresser à une sismologue française ?
Et elle s'en serait aperçu.
Elle est pas débile.
N'en mangez pas trop, ça écoeure.
- T'as reçu une offre sur Linkedln,
d'une école de journalisme luxembourgeoise.
Enfin, pas toi. Chloé Depoid.
D'où il vient, ce nom ? - D'un vieil annuaire.
Ca fait une heure que j'ai laissé le message.
- Moi, avec une fille, j'attends au moins 24 heures.
Sonnerie de téléphone
C'est lui.
- Allô ? *- Chloé Depoid ?
- Oui.
*- Bonjour. C'est Andreas Schnabel.
- Bonjour, M. Schnabel.
Merci de me rappeler. *- C'est normal.
Que puis-je faire ?
- Je suis journaliste.
Je travaille avec Guillaume Hoffner.
J'ai une proposition à vous faire.
On pourrait se rencontrer ?
*- Quelle proposition ?
- J'ai une info pour vous. Vous êtes le seul dessus.
*- J'ai besoin de plus.
- Pas au téléphone.
Un homme comme vous attire l'attention.
C'est gros, c'est urgent. Il faut qu'on se voie à Paris.
Dites-moi le jour qui vous convient et je réserve au Hilton.
*- Vendredi ?
- Mon assistante vous rappelle.
*- A vendredi, alors. - A vendredi.
- Il est en train de vérifier.
- Bravo.
- Tu peux aller te faire un café. - Non, merci.
T'en veux un ? J'y vais, si tu veux.
Je suis désolé.
J'aurais dû arrêter l'histoire proprement.
- Fallait pas te fatiguer.
- J'ai toujours été un connard, avec les filles.
- Henri.
Musique de suspense
On ne rapatrie pas Phénomène ?
- Pourquoi on ferait ça ?
- Elle fréquente un Iranien qui travaille pour la CIA.
- Et ? - Et c'est dangereux.
- Si on avait recruté Shapur, il travaillerait pour la DGSE.
C'est pareil.
- C'est pas pareil. On aurait eu le contrôle.
- Phénomène est prudente. - Pas Zamani.
Ce mec n'est pas fiable,
pas prudent. S'il se fait griller,
tout son entourage va y passer, Phénomène aussi.
Zamani est son talon d'Achille, maintenant.
Sonnerie
(En farsi)
(En anglais)
On frappe à la porte.
Musique douce
- Ca va ? - Non.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui se passe ? - Rien.
- Qu'est-ce qui se passe ? *- Un problème
avec son mec, Tristan. - Quel problème ?
*- Demande-lui. Moi, elle me parle mal.
- Qu'est-ce qu'elle dit? *- Elle est atroce. Bon courage.
- Elle t'a dit quoi ?
- Que tu lui parles mal.
- C'est moi qui lui parle mal?
- Qu'est-ce qu'il y a, avec Tristan ?
- C'est la merde.
- Ca ne marche plus ? - Non...
- Il se détache ?
- Non, c'est moi.
Je sais pas pourquoi je suis comme ça.
- C'est normal, à ton âge, que ça s'arrête.
C'est mieux. - Je veux pas que ça s'arrête.
- Ben alors ?
- C'est plus possible. On...
On s'engueule tout le temps.
On s'entend plus.
On frappe.
- Vous voulez juste que j'apporte votre dîner ?
- Non. Vous en avez pris pour vous ? - Bonsoir.
Elle pleure ?
- Vous mangez avec nous ?
Vous avez vu Nadia El Mansour ?
- J'en viens. Elle voudrait Internet.
- OK.
Ca va ? - Je crois.
Elle m'a fait acheter des livres.
- Quoi ?
- "Chronique d'une guerre d'orient", de Gilles Kepel.
"Le Royaume", d'Emmanuel Carrère.
Et "1000 recettes faciles".
Le dernier, c'est une blague.
- Vous faites des blagues, vous ?
- Je m'entraîne.
- Elle déprime pas ?
- Je suis pas PSY-
- Vous pouvez aller chercher ma fille ?
Allez-y.
On frappe.
- Ouais.
- Il faut aller manger.
- J'ai pas faim.
Musique douce
Vous travaillez avec mon père ?
- Non.
- Vous faites quoi ?
- Je rends des services.
Quand y a un drame, on m'appelle.
Y a un drame ?
- Non.
- T'as quel âge ? - J'ai 20 ans.
- Ma pauvre...
A 20 ans, on n'est pas armé.
- Vous avez quel âge, vous ?
- Je suis armée.
T'as vu mon allure ?
J'ai l'air d'une vierge effarouchée ?
- Non.
- J'ai pas l'air fleur bleue ?
- Non.
- On m'appelle "la mule".
T'imagines que je suis pas une blanche colombe.
- Ouais.
- A 20 ans, j'ai pleuré tous les jours.
Tous les jours.
Je suis tombée amoureuse 2 fois.
2 connards.
Et à chaque fois, j'ai pleuré.
Sans m'arrêter.
Ma mère me donnait des coups pour m'apprendre à m'endurcir.
Mais rien n'y a fait.
J'ai pleuré, pleuré
et pleuré.
20 ans, âge de merde.
On va manger ?
- Ca clignote, là ?
- Oui, ça y est.
Tu es venu pour m'installer Internet?
- Je voulais te voir et j'ai amené des livres.
Ca va ? - Oui, ça va.
- Tu t'ennuies pas ?
- Si, mais c'est agréable, de s'ennuyer.
Ne pas avoir peur d'être réveillée la nuit
ou de voir Nadim surgir dans ma chambre...
Et toi, ça va ?
- Ca va.
Avec ça, faut pas 'm'étonner de te réveiller
au milieu de la nuit.
- J'ai lu une interview de l'auteur.
Après avoir dénoncé les systèmes mafieux,
son existence est merdique.
Il a tout perdu : la liberté, ses amis...
Toute la vie normale. Tout.
Il vit dans des casernes, dans des chambres sans fenêtres.
Mais le pire, c'est que tous les jours,
il se demande si ça valait le coup.
- Il ne se demande pas ça.
Il dit que si c'était à refaire, il ne le referait pas.
J'ai quelque chose à te montrer.
Musique mystérieuse
- C'est chez toi ?
- Oui.
- "Guillaume..."
Ca ne te va pas.
- Paul, c'est mon 2e prénom. Continue de m'appeler comme ça.
- Non. C'est Guillaume, maintenant.
13 novembre 1970. Tu m'as pas menti
sur ta date de naissance.
- Je suis honnête. J'aurais pu me rajeunir.
- C'est un truc qu'on ne révèle qu'aux épouses.
- Oui.
- Mais je suis pas ta femme.
- Non.
- C'est ici qu'on aurait pu habiter, dans une autre vie ?
Une vie normale ?
- C'est un appartement de fonction.
Du provisoire qui dure.
- Pourquoi tu fais ça ?
Pourquoi tu me dis qui tu es ?
- Pour qu'on se quitte sur un peu de vérité.
- Ca n'a plus d'importance.
- L'important, c'est ta nouvelle vie.
J'ai beaucoup travaillé pour ça.
On ne va plus se revoir.
Je ne t'oublierai pas. Je pense que toi non plus.
Maintenant, quand on pensera l'un à l'autre,
ce sera douloureux,
mais ce sera vrai.
- On est quittes, alors.
Tu me raccompagnes ? - Bien sûr.
- Combien de temps je peux rester là-bas ?
- Le temps que tu veux.
- Merci.
- Nadim El Bachir, ça vous dit quelque chose ?
- Non.
- C'est l'officier des renseignements syriens
à qui Nadia a tout avoué, quand on a tenté de la recruter.
C'est lui
qui l'a envoyée en Syrie. - Oui, oui.
- Il est dans une de nos planques, en train de tout cracher
sur la situation à Damas,
les désertions dans les services de renseignement syriens,
la manipulation de l'opposition...
C'est une vraie mine d'or.
- C'est magnifique.
- Et à qui doit-on tout ça ?
Guillaume Debailly.
- Comment ça ? - Il l'a piégé.
Ce cas va être enseigné au centre de formation.
- Comment il l'a contacté ?
- Par Nadia El Mansour.
- Ils se sont revus ?
- Elle est dans notre planque, en Picardie.
- Pourquoi ?
- Elle a demandé à Céline la permission
de voir Malotru, pour lui demander protection.
- Protection contre qui ?
- Nadim El Bachir.
- Pourquoi vous m'en parlez ?
- Je vais demander à Nadim El Bachir ce qu'il sait de Malotru.
- Et moi, je vais voir Nadia El Mansour ?
- Pour savoir où se situe l'enculerie, exactement.
(En anglais)
Musique mystérieuse
- Le voyage fut bon ? - Oui, merci.
- On a l'identité du djihadiste qui décapite les otages.
- C'est quoi, ces conneries ?
- C'est une offre sérieuse.
- Comment avez-vous eu son identité ?
- On l'a, c'est tout.
Je peux pas vous dire comment.
D'ailleurs, je ne le sais pas.
- Pourquoi vous ne faites pas cette interview ?
- On est incapables de remonter jusqu'à lui.
Vous seul pouvez l'approcher,
revenir vivant et avec des images.
Si on envoie un journaliste, il ne tiendra pas 2 secondes.
Vous avez réussi là où tout le monde a échoué.
- Et pourquoi j'accepterais ?
- Je suis là pour essayer de vous convaincre.
Mais nous pensons qu'il faut rencontrer ce type,
qu'il faut lui parler.
Et vous seul le pouvez.
- J'ai dit à Kadhafi que c'était génial,
que je n'avais jamais lu de vers aussi magnifiques depuis Aragon.
Vous savez, la déontologie, dans ces moments-là...
Avec Daesh, pas de risque qu'ils me fassent lire leurs poèmes.
- Vous n'avez jamais eu peur ?
- J'ai toujours eu de la sympathie
pour ceux que personne ne peut blairer.
Mes contacts chez Daesh, j'ai mis 6 mois à les approcher.
6 mois de discussions,
de négociations,
de séduction.
C'est du travail pour moi, mais pour eux aussi.
Pourquoi passer 6 mois à négocier pour finalement me zigouiller ?
Et j'ai eu raison.
- On peut trouver un cadre pour mettre en valeur l'interview.
Une émission spéciale.
Vous en maîtriseriez le contenu et la présentation.
Et un partenariat avec la presse écrite.
Un hebdomadaire. "L'Obs", "Le Point".
- Je veux garder le droit
sur mes images. - Impossible, vous le savez.
- Alors, je les récupère au bout de 3 mois.
- 5 mois, mais faut que j'en parle.
- 5 mois, avec l'impossibilité de les vendre.
- D'accord.
- Il faut arroser les intermédiaires et mes gars sur place.
Il y a mon salaire plus celui de mon caméraman.
Je ne me déplace jamais sans lui.
Musique mystérieuse
Musique mystérieuse
Musique mystérieuse
Andreas...
Il siffle.
Musique mystérieuse
- Salam aleykoum. - Aleykoum salam.
Ecoulement d'eau
- J'ai bien entendu une voiture.
- Je ne voulais pas vous faire peur.
Olivia Ansalem.
Je travaille pour la DGSE.
Je suis juste là pour des questions de logistique.
- Pardon.
A la campagne, l'imagination part très vite.
Excusez-moi. Il est 21 h, je vais dîner.
- Ah, oui, oui.
Excusez-moi. Je me pousse.
- Vous voulez un verre ?
- Vous savez, Paul Lefebvre est un ami.
- Ah oui?
- Il m'a beaucoup parlé de vous.
Ca n'a pas l'air de vous étonner.
- Pas vraiment, non. - Pourquoi ?
- Si j'avais eu une amie, ces dernières années,
je lui aurais beaucoup parlé de Paul Lefebvre.
- J'exagère, quand je dis que c'est un ami, évidemment.
Mais c'est plus qu'un collègue.
On a de la considération l'un pour l'autre.
On se dit des choses, des fois. On se confie, quoi.
Vous savez...
On a une relation délicate avec nos proches.
On ne peut pas tout dire.
Mais on peut expliquer. On peut dire...
"Je peux pas te raconter." Et ils comprennent.
Je sais qu'entre vous et Paul, ça a été plus compliqué.
- Interrogez-moi directement.
Ce sera plus rapide et moins désagréable.
- Mais non, pas du tout.
- J'ai fréquenté des gens comme vous.
Je connais vos trucs.
- D'accord.
J'ai une question.
- Oui.
- Paul Lefebvre, c'est pas son vrai nom.
- Je m'en doute.
- Il vous l'a dit ?
Son vrai nom.
- Non. Il l'a jamais dit.
Je n'ai pas la moindre idée de qui il est, en vrai.
- Selon la mule, c'est le remède contre le chagrin d'amour.
- L'alcool? - Le Cosmo.
Je crois que c'est prêt. Je te sers ?
Tu travailles avec des gens cool.
- Tu dis ça pour la mule ? - Mmh.
- J'ai jamais dit que c'était des gens sinistres.
- Je vous imaginais tous en costard...
Tous chiants, quoi.
- Tous comme moi? - "La mule", c'est son nom de code ?
- Non, c'est un surnom. - T'en as un ?
- De surnom ?
Je ne pense pas, mais j'ai un nom de code.
- C'était Paul Lefebvre ?
- Non, c'est ma fausse identité, pour mes missions en Syrie.
- C'est quoi, ton nom de code ?
Si tu réfléchis, c'est que tu peux me le dire.
- "Malotru".
- "Malotru" ? Pourquoi ?
- Tous nos noms de code
viennent des insultes du capitaine Haddock.
- Tu te fous de moi? - Non, je te jure.
On a un Cyclone, un Moule à gaufres, un Phénomène.
- N'importe quoi ! - Je te promets.
- C'est la 1re fois que tu me racontes des trucs cool.
- C'est notre 1er Cosmo.
- T'en reveux ? - Non, merci.
- T'en as eu, toi, des chagrins d'amour ?
Allez...
- Allez, ressers-moi.
- Tu vas me raconter ?
- Non.
"Cette dernière soirée qu'on a passée, Prune,
"m'a beaucoup touché.
"Je me la remémore très souvent. Je revois chaque moment.
"Parce que je veux l'emporter avec moi.
"Je sais que là où je vais,
"c'est une chose avec laquelle je veux vivre.
"Je suis désolé pour ce qu'on va te raconter
"et pour tout ce qui va arriver.
"Et je suis désolé
"qu'on ne puisse pas vivre d'autres soirées comme celle-là."
Musique mélancolique
(En farsi)
Musique mystérieuse
Une porte s'ouvre.
- Cava?
"Human" (Goldfrapp)
Sous-titrage TITRAFILM
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