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§§§§§ French subs by Djilik §§§§§
Olimpia...
Délicieuse Olimpia....
Je t'ai appellé toute la journée.
J'ai une excellente nouvelle :
Nous avons trois jours pour nous.
Ma femme est à Madrid.
Trois jours entiers !
Regarde !
C'est la même couleur que le ruban de Pasmosa !
On peut s'envoler pour Alzira. Le temps est magnifique en ce moment.
Souviens-toi du coucher de soleil sur Gibraltar.
Quel est le nom de cet engin ?
C'est une Maserati.
Combien cela coûte ?
C'est pour millionnaires.
Ma chère,
on perd du temps. Rentre vite faire tes bagages.
Elle te plaît, Pasmosa ?
Elle plaît à Pasmosa.
Je t'appelle à quatre heures.
Trois jours entiers !
Impossible.
Ce soir ?
Demain, peut-être.
Très bien, d'accord. Demain.
Pour déjeuner.
Allez, Gamazo. A ton tour.
Olimpia !
Olimpia !
Olimpia !
Olimpia !
Oh, Olimpia, s'il te plaît !
Laisse moi entrer !
Qu'ai-je donc fait, madame ?
Olimpia, s'il te plaît !
Oh, mon ange, je suis fou d'amour pour vous !
Oh, Olimpia !
Olimpia, Olimpia !
Olimpia !
Je suis fou d'amour pour vous !
Olimpia !
Olimpia !
Je pense que c'est une honte pour les voisins.
Si les voisins n'apprécient pas, ils peuvent déménager.
Tu ne peux avoir ce crocodile qui pleure à la porte,
à chaque fois que tu rentres.
Je n'en ai pas l'intention.
Va me chercher un stylo et du papier.
Je voudrais que tu écrives quelque chose pour moi.
Dix secondes plus court cette fois.
Elle n'en peut plus de moi !
Je pensais qu'elle avait déjà tout.
Elle a tout !
Elle m'a jeté de mon propre appartement, entièrement meublé,
que ma grand-mère m'a laissé !
Et ensuite elle change toutes les serrures !
Elle conduit ma voiture de sport toute neuve
et refuse que je l'approche !
Pourquoi ne vas-tu pas voir un avocat ?
Eugenio, un autre.
Je ne peux pas me permettre ce scandale,
je suis issu d'une famille très bien.
Mon frère est dans la police,
mes deux soeurs sont des nonnes.
Sans des gens comme toi, les prêtres et les soeurs n'auraient plus de travail.
Tu ne fais que te plaindre.
Bien sûr, Olimpia est une sorcière.
Mais la sorcière la plus désirable de Barcelone.
Elle est très, très, très... Combien de temps as-tu passé avec elle ?
Deux. Deux mois d'extase.
Moi, elle ne m'accorderait pas deux heures.
Eh bien, Monsieur...
aucune femme ne voudrait d'un homme plus intelligent qu'elle.
La plupart préfère les idiots.
Si vous me permettez.
J'ai passé deux mois d'extase !
Tu me fais penser à quelqu'un qui a apprécié le repas de sa vie
et qui est maintenant en colère car ce qui lui reste,
il ne peut pas le ramener chez lui.
Olimpia veut vous voir.
- Olimpia ? - Ne me demandez pas pourquoi.
Vous avez entendu ça ?
Elle veut que je revienne !
Elle me veut !
J'arrive !
Oh, chérie, chérie...
- Pepe ? - Oui ?
J'aimerais que vous m'accordiez une faveur...
Oh, oui oui oui...
Publiez cela pour moi.
Oui d'accord, mais c'est vraiment...
D'accord, ce n'est pas possible!
Je pourrais... je pourrais aller en prison.
Pepe, publiez-le pour demain.
Pourquoi n'expliquez-vous pas à cet homme "désolée, c'est terminé" ?
Pourquoi s'attirer tant d'ennuis ?
Alors publier quelques mots, c'est s'attirer trop d'ennuis ?
Oh, ce n'est pas tant publier...
Pourquoi ne dites-vous pas à cet homme : "au revoir" ?
Allons, l'ascenseur, Olimpia ?
Voulez-vous que je vous dise "au revoir" ?
Non non non, madame.
Olimpia !
"LES BELLES AMAZONES".
Vous avez des sandwiches au fromage ?
Au Manchego, 15 pesetes.
Quinze pesetes pour du Manchego ?
Dans mon village, vous seriez éventré pour du fromage à 15 pesetes !
Les prix sont fixes ou on peut négocier ?
Fixes.
Je prendrais un café. Bien rempli.
Je cherche le señor Carbonell, impresario du théatre.
Question de profit mutuel.
Il est dans les parages ?
Désolé.
Il vient parfois dans votre établissement ?
Pas très souvent, non.
Avec de tels prix, je le comprends.
Peut-être monsieur, connaissez-vous ce Carbonell ?
J'ai entendu dire que c'est un excellent découvreur de talents.
Alors j'ai décidé de lui donner la chance de me découvrir.
Qu'avez-vous à découvrir ?
Je suis simplement le plus grand matador chantant d'Espagne.
Comment vous apellez-vous ?
Juan Bautista. Ou plutôt, Bautista.
Le grand "mata-troubadour".
Ou "trouba-matador", je n'ai pas encore décidé.
Quand chantez-vous ? Avant ou après avoir affronté le taureau ?
Je chante avant, après et pendant.
Mais pas trop pendant, c'est difficile de chanter quand je cours.
C'est pour cela que je me concentre maintenant plus sur le chant.
Il n'y a pas de place pour les lâches dans l'arène.
Je ne suis pas un lâche, señor.
Mais quand il y a plus de sang qui sort que qui rentre,
on doit prendre une décision.
Dites : y-a-t'il en endroit où réside ce Carbonell ?
Il n'est pas au pays.
Vous êtes sûr de vous, señor ?
Rentrez dans votre village,
où vous ne pouvez vous payer un pauvre sandwich au fromage, hein ?
Je vous remercie de votre conseil,
mais je suis venu à Barcelone pour y faire carrière,
et je ne partirai pas tant que ce ne sera pas le cas.
D'ici là, si cet impresario se montre,
dites-lui s'il vous plaît que Bautista est venu ici.
Excusez moi, señor :
que buvez-vous ?
Du cognac avec un blanc d'oeuf.
On dirait que quelqu'un a craché dedans.
Je vous en prie !
Désolé, mais ça y ressemble vraiment.
Elle me veut à nouveau !
Elle me veut à nouveau !
C'est le plus beau jour de ma vie !
Asseyez-vous et racontez-moi.
J'ai mieux à faire.
Mais avant d'y aller, nous devons célébrer ma victoire !
Eugenio, tournée générale ! Et c'est moi qui paye !
Un sandwich au fromage, s'il vous plaît.
Oh, comment allez-vous ?
Très bien en effet. Merci beaucoup.
Et un café, votre meilleur.
Qu'en dites-vous ?
Qu'en dites-vous ?
Je n'y croyais pas quand je me suis levé ce matin,
que j'avais tant de bonheur en moi.
Ah! Le bonheur prend diverses formes chez beaucoup de gens.
Chez vous, mon ami, ce sont les lèvres d'une femme.
Chez moi, ce sont les oreilles d'un homme.
Nous avons un philosophe avec nous, hein, Carbonell ?
Peu importe.
Vous êtes Pere Carbonell, l'impresario du théatre ?
Bonjour.
Je ne fais pas affaire avec les amateurs.
Très bien, très bien monsieur. Je ne suis pas un amateur.
Je suis semi-professionel.
J'ai déjà six mois de reservé.
- Alors discutons... - Je ne discute de rien.
Revenez l'année prochaine,
je vous ferai peut-être passer une audition.
Señor, la vie est imprévisible :
beaucoup de choses peuvent se passer en un an.
Je pourrai perdre ma voix, vous pourriez perdre votre audition.
Laissez-le chanter, señor...
Non ! Non !
Laissez-le chanter, qu'avez-vous à perdre, señor ?
J'ai le nez pour le talent.
Je peux le sentir !
Je ne sens rien ici. Sauf les vieilles chaussettes.
Et le fromage Manchego.
Désolé, excusez-moi.
Je ne veux pas remettre en cause votre odorat.
Tout ce que je demande, c'est un peu de votre attention.
Je m'en vais.
S'il vous plaît, señor ! Accordez-moi votre attention.
N'importe quoi. Dites moi ce que vous souhaitez entendre.
Que souhaitez vous ?
J'improviserai.
Je ferai une chanson sur n'importe quel sujet.
N'importe quoi. Donnez le sujet.
Les taureaux...
Les taureaux ?
- Vous avez dit les taureaux ? - Oui. J'ai dit : les taureaux.
J'ai justement une chanson sur les taureaux.
Parfait.
Les gros taureaux noirs.
Oui.
Très bien. Je commence.
Une tonalité particulière dans laquelle je dois chanter ?
Je veux dire, si vous souhaitez une tonalité, je l'utiliserai pour ma chanson.
Celle de votre choix.
Voici une bonne tonalité.
Ce n'est pas compliqué pour moi.
Je commencerai dans un ton traditionel,
puis je continuerai en plus moderne.
C'est indispensable de nos jours, d'être moderne.
La tendance style moderne.
A la fête de Saint-Isidre,
au cruel mois de mai,
six taureaux de Salamanque
furent sacrifiés ce jour-là.
Une jeune fille pleurait à côté de moi
alors qu'on emportait les taureaux.
J'ai dit : "ne pleure pas pour les taureaux qui meurent,"
"mais garde tes larmes pour les hommes,"
"pour le garçon qui combat dans son habit de lumière"
"et qui doit les affronter à nouveau."
"Le taureau ne tombe"
"qu'à l'été de sa vie."
"Mais le garçon resta dans ce monde de souffrance"
"et poussa sa lame d'argent."
Elle pris ma main et soupira,
alors qu'elle se levait :
"Mon seul amour a été tué, señor,"
"il y a un an ce jour,"
"par les taureaux de Salamanque"
"les taureaux de Salamanque"
A la fête de Saint-Isidre,
au cruel mois de mai.
Comme on dit en France :
On dit ça avant de chanter.
Moi je le dis après.
Laissez-moi une semaine. Sans contrepartie.
Non.
Trois jours. Cela ne vous coûtera rien.
Ecoutez, je viens ici pour boire un verre et me détendre.
Eugenio, si tu ne lui demande pas de partir, c'est moi qui partirai.
Non, non.
Je vois bien qu'on ne veut pas de moi.
Vraiment ?
Oh, oui.
Oh, oui.
On m'a dit de quitter de bien meilleurs endroits qu'ici.
Vous savez...
On m'a dit que j'allais rencontrer hostilité et indifférence à Barcelone.
Mais je n'en avait jamais rencontré jusqu'à présent.
Les gens sont gentils et généreux.
Excepté vous, señor Carbonell.
Je vous le dis : vous avez été rustre et grossier.
Appréciez votre cognac et... quoi que ce soit.
C'est très dangereux ce que j'ai fait :
monter une fausse histoire dans le journal, je pourrais aller en prison !
Señor Flores, señor Gamazo.
Ravi de vous rencontrer, señor...
Señor Gamazo est un grand journaliste du "Barcelone Express".
Je vais en venir aux faits, à présent.
Comme vous le savez señor,
l'ambition de tout bon journaliste
est de sortir les scoops avant que le journal rival ne fasse de même.
Bien entendu.
C'est ce que j'ai fait en ce qui vous concerne.
En ce qui me concerne ?
Un homme de votre situation est d'un grand intérêt médiatique.
La une...
Merci, merci.
Qu'essayez-vous de me dire ?
J'ai un article...
qui devrait bientôt être publié dans mon journal...
Les passages sensibles sont surlignés en rouge.
"Un homme arrêté pour faits de moralité..."
"La police a arrêté Silvestre Flores..."
"...plainte d'une jeune fille mineure..."
De quoi s'agit-il ?
Vous savez lire, señor.
Merci pour le compliment.
Je parle de ce qui n'est pas écrit.
Qu'est-ce que cela signifie, Olimpia ?
Je n'en sais rien, Silvestre.
Pepe, un vieil ami de la famille, a retrouvé mon certificat de naissance,
et découvert que je n'ai pas l'âge légal.
Vous êtes bien plus âgée.
Peut-être.
Mais vous savez, nous vivions dans un petit village,
Et mon père était paresseux.
Il n'est allé à la mairie pour déclarer ma naissance que tardivement.
Donc, sur le certificat, je n'ai que 16 ans.
D'accord. Que voulez-vous ?
Pour vous, ne plus jamais me revoir.
Eh bien...
puisque vous et votre ami journaliste du Barcelone Express ici présent
m'avez expliqué ce problème
pour attirer mon attention sur cette contradiction
au sujet de votre âge, force est de reconnaître qu'il n'est pas avisé,
pour un homme ayant l'expérience du monde tel que moi,
d'être vu en public avec un jeune fille de 16 ans...
...et ainsi compromettre sa réputation.
Ainsi, à la vue de ces éléments,
c'est à regret que j'approuve de ne plus nous revoir.
Je vous dis adieu.
Oh, faites-moi un cadeau venu du magasin juste à côté du showroom.
Un grande boîte de friandises.
Avec mon plus grand plaisir.
Et mon meilleur souvenir.
Laissez simplement les bonbons sur le siège avant de la Maserati.
C'est hors de question.
Cette Maserati vaut 800.000 pesetes.
C'est une commande spéciale pour un client particulier.
Pepe, apellez mon avocat.
Vous avez une voiture de sport anglaise, quel est le problème ?
Les témoins de frein ne marchent pas.
- Je vous offrirai une Volkswagen. - Non.
- Une Mini-Cooper S. avec téléphone... - Non !
- Une Chevrolet ? Une Pontiac ? - Une Chevrolet ET une Pontiac ?
- OU la Pontiac ! - Pepe, apellez mon avocat.
Je ne vous donnerai pas la Maserati !
Un point c'est tout !
Donnez-moi la Maserati,
et je vous donnerai la Triumph Spitfire.
Vous ne pouvez pas lui donner la Triumph. C'est la mienne !
Prenez le téléphone.
Elle m'appartient.
- Vous voulez un jeu de clefs neuves ? - Quoi ?
Vous voulez un jeu de clefs neuves ?
Oh merci, merci.
Señor Matabosch attend cette Maserati depuis 9 mois !
Moi j'ai attendu 24 heures, et c'est déjà trop long !
Pepe, apellez mon avocat, ou la police.
Allez !
Très bien...
Et le plein d'essence, je vous prie.
Cet imbécile pompeux !
Vous l'avez vous rougir comme un homard ?
Laissez-moi à présent, Pepe.
Je suis fatiguée.
Bien sûr, bien sûr.
Qui ne serait pas fatigué après cette...
cette terrible épreuve que vous avez affronté.
Je...reviendrais plus tard.
Et les choses redeviendront peut-être comme avant.
Oh, les clefs de l'appartement, trésor.
Merci, merci.
Oh, pardon.
Ce n'est que votre Pepe.
J'ai oublié de...
...de reprendre l'article.
Ce n'est pas prudent de laisser traîner quelque chose...
...qu'on pourrait perdre.
Olimpia !
Ouvrez la porte !
Tout de suite, voulez-vous ?
Vous me laisseriez dehors ?
Laissez-moi entrer, voulez-vous !
Olimpia, s'il vous plaît !
Laissez-moi entrer !
Oh, señor Impresario...
Quelle merveilleuse journée pour...
Vous n'allez pas le croire :
il y a un torero monté sur une échelle, en train de chanter à ma fenêtre !
Bonjour !
J'ai décidé de vous accorder une nouvelle chance.
- Passons un accord. - Laissez-moi !
Je vous fait une dernière offre, et ce sera tout.
Et ?
Engagez-moi au théatre : un jour non payé.
Refusé.
- Très bien. C'est tout. - Parfait.
Nous en reparlerons demain.
Nous n'en reparlerons pas demain !
Très bien. Nous en reparlerons après-demain.
Señor, s'il vous plaît, écoutez moi.
N'importe quel jour : lundi, mardi, mercredi : je suis disponible.
Dites votre jour, je vous écoute.
- Cognac à l'oeuf. - Cognac à l'oeuf.
Pas d'oeuf.
Un jour, non payé.
S'il vous plaît.
Pourquoi ne pas vous en prendre à cet idiot et me laisser en paix, hein ?
Pourquoi me comparer à lui, señor ?
Je ne le connais même pas.
Parce que vous croyez être chanteur, et il se croit amoureux.
Señor, chaque homme est un amoureux en puissance.
Vous avez aussi du talent dans ce domaine, hein ?
Pas du talent, señor.
Un don !
Mais vous savez, ce n'est pas sage de parler de ce genre de choses.
Señor, je vous fait une proposition.
Pas ici !
Non, écoutez s'il vous plaît...
Señor, si vous m'engagez dans votre théatre
pour un jour, une représentation,
je vous garantie personellement d'attendre en uniforme...
Non. Restez là.
- Ici ? - Là.
D'accord.
Je me suis arrêté, señor.
Très bien.
Vous voulez un engagement, vous l'aurez.
Señor, vous ne le regretterez pas.
Nous deviendrons riches et célèbres.
Une semaine pour 2000 pesetes.
C'est plus que généreux.
Un sandwich au fromage, s'il vous plaît.
Oui...
Señor, vous me supplierez de rester 2 semaines, pour dix fois ce montant.
Mais il y a une condition.
Oh, j'accepte sans hésiter. Sans hésiter !
Vous devrez séduire Olimpia en trois jours, au plus.
Vous en êtes sûr ?
Vous permettez ?
Qu'est-ce que...
Sandwich au fromage.
- Oui, oui. Au Manchego ? - Oui.
Quel est ce...cet Olimpia ?
C'est quoi, un Olimpia ?
Une beauté intéressée et maline
qui n'est accessible que pour quelques privilégiés.
Olimpia...?
Olimpia...
C'est un de ces privilégiés ?
Tout le monde peut faire une erreur, señor.
Señor, dites moi donc...
Si c'est votre plan pour vous débarrasser de moi,
préparez-vous à être très déçu.
Trois jours. Pas une minute de plus.
Señor, pourquoi me pousser à avoir une liaison
avec quelqu'un que je ne connais pas ?
Pourquoi retarder mes débuts dans votre théatre ?
Vous avez entendu mon offre.
C'est à prendre ou à laisser.
Non, j'accepte, j'accepte.
Mais j'aimerais d'abord mettre au point les détails de mon contrat.
Très bien. Nous discuterons quoi et quand.
S'il vous plaît, señor.
Par avance : mon nom, d'abord.
Au-dessus de votre théatre, en néons verts qui clignotent...
Bautista ! Bautista ! Bautista !
Je chanterai cinq chansons, et dix autres pour les rappels.
D'accord, d'accord.
Maintenant, partez.
Oui...
Mais, un dernier détail :
Señor, comment saurez-vous que j'ai réussi ?
Je ne peux pas m'attendre à ce que...euh...
cette Olimpia me fournisse une déclaration sous serment.
Il touche un point, señor.
Vous devrez rester dans son appartement suffisament longtemps
avec les lumières éteintes
et le restent une heure, montre en main.
Raisonnable, n'est-ce pas ?
Où est cette Olimpia ?
Dites-moi !
Ramon, vite...
Cette femme, là-dehors : donnez-lui la Maserati et les papiers.
Mais elle est pour señor Matabosch !
Ne discutez pas. Faites ce que je vous dis.
Excusez-moi, señorita.
Oui ? Oh...
Je suis venu prendre livraison de ma Maserati.
Je vais m'occuper des papiers.
Voulez-vous vous en occuper en priorité, s'il vous plaît ?
Bien entendu, señorita.
N'est-elle pas magnifique ?
C'est compliqué ?
Non.
Ce modèle est aussi simple qu'une 2 plus 2.
Il a une boîte 5 vitesses Matabosch.
Excusez moi un moment, señorita.
Señor Flores ?
Matabosch est ici.
Que dois-je faire ?
Je m'en moque. Moi, je sais ce que je vais faire.
- Etes-vous à votre aise ? - Oui, merci.
Vous allez bien sur cette voiture.
- Vous allez bien sur ce sol. - Merci.
C'est un engin remarquable.
Elle a beaucoup d'améliorations.
Par exemple, il y a une option juste ici...
utile dans les embouteillages, lorsqu'il a de la fumée...
Vraiment, à quoi ça sert ?
C'est le plus beau cuir importé d'Angleterre.
Vous connaissez bien les Maserati.
Vous êtes vendeur dans cette concession ?
Non, non. Je suis client.
Et admirateur.
Je suis moi aussi une cliente.
Vous avez un goût exquis, señorita.
On dit qu'on a besoin de deux choses pour avoir une Maserati :
De l'argent et de la patience.
Il y a neuf mois d'attente pour avoir cette voiture.
J'ai attendu moins de 24 heures.
Vous êtes remarquable !
Il faut m'apprendre comment vous vous y prenez.
Je ne donne pas de cours privés.
Vous achetez une autre Maserati ?
- Non, c'est ma première. - C'est aussi ma première.
Je suis là pour en prendre livraison.
Laquelle est la vôtre, señor ?
Celle-ci.
Celle-ci est à moi.
C'est impossible, señorita. C'est ma couleur spéciale !
Mais señor, on n'achète pas une couleur !
J'ai négocié avec señor Flores. Et elle est à moi !
Pardon de vous contredire señorita, mais c'est la mienne.
Et j'ai payé d'avance.
Moi aussi, j'ai payé d'avance !
Je vais parler au señor Flores.
Mais je suis sûr que vous avez été mal informée.
Flores !
Flores, que se passe-t-il avec ma Maserati ?
Ne me demandez pas, señor.
Je vais vous rembourser, intérêts sur 9 mois compris.
- Je peux vous proposer de... - Vous avez vendu ma Maserati...
J'irai vous en chercher une autre.
J'irai moi-même à l'usine Maserati.
Je m'en moque ! Vous pouvez aller au diable !
Nous ne ferons plus jamais affaire,
ni avec mes amis, ni avec mes associés !
Señorita...
Acceptez mes excuses.
Il semblerait que señor Flores
vous ait laissé cette voiture qu'il m'avait attribué.
Cela ne me regarde pas.
Naturellement, je ne peux que reconnaître ce droit.
Mais si vous ou votre señora souhaitez l'emprunter pour un jour...
Je ne suis pas marié.
Je suis Carlos Matabosch.
Et je suis Olimpia Segura.
Cela va prendre un moment pour préparer la voiture.
Puis-je vous offrir une tasse de thé ?
Oui.
Señor Flores !
Señor Flores !
Il ne sont pas fâchés.
Il sont amis, ils vont faire un tour.
Tu te trompes, Ramon.
Il ne fait pas un tour.
Il est allongé sur une table, avec un drap blanc,
et elle va commencer l'opération.
Señor Carbonell,
que dites-vous de ça ?
"La voix d'or pur de Juan Bautista".
"Argent plaqué" serait plus approprié.
Argent plaqué ?
"La voix en argent plaqué de Juan Bautista".
Je préfère "or pur". Mais c'est vous le patron.
Vous êtes le patron, alors va pour "argent plaqué".
Je m'en occupe tout de suite.
Hé : elle a la Maserati, hein ?
Matador ? La voilà...
Qui ?
Olimpia.
- Combien de jours, avez-vous dit ? - Trois jours.
Très bien.
A mon avis, c'est un travail de 4 jours. Mais je ferai de mon mieux.
Oui, oui...
Qu'attendez-vous ?
Je n'attends rien.
Vous avez l'air de quelqu'un qui attend.
J'ai peut-être l'air de quelqu'un qui attend,
mais je vous assure qu'en fait,
j'ai plutôt l'air de quelqu'un qui n'attend pas.
- Allez-y, s'il vous plaît. - Oui, oui... Oui.
Olé !
Señorita Olimpia ?
Puis-je me présenter, votre serviteur ?
Juan Bautista,
porteur d'un message important.
Quel message ?
Oh, c'est trop important pour être divulgué en public.
Cependant, si nous convenons ensemble de l'heure et du lieu,
je vous donnerai un chèque...
de 250.000 pesetes, comme preuve de bonne foi de mon maître.
Mon maître est son excellence...
Le Compte de Vilalbanal.
Vous êtes un émissaire du Compte de Vilalbanal ?
C'est exact, oui.
Et il offre 250.000 pesetes juste pour me rencontrer ?
C'est exact, oui.
Comment me connaît-il à Barcelone ?
Eh bien vous savez, il vient souvent à Barcelone...
...pour ses affaires.
Il est possible qu'il ait entendu votre nom.
Etes-vous un gitan ?
Non, je ne suis pas un gitan, non.
Très bien.
Venez à mon appartement ici, numéro sept,
A six heures. Cinq minutes, pas plus.
Et vous apporterez le chèque de 250.000 pesetes,
comme preuve de bonne foi de votre maître.
Oui, voilà ce que je vais faire :
Je vais venir à votre appartement, au septième.
A six heures, pas plus de cinq minutes. Je vous apporterai un chèque...
Ne fais jamais confiance à un gitan.
Le Compte de Vilalbanal n'aurait jamais un gitan pour serviteur.
Le Compte de quoi ?
Vilalbanal.
Bien le bonsoir, señorita.
Etes-vous seul ?
Oui, bien entendu. Je suis seul.
D'habitude avec ce costume, il y a un taureau.
Vous avez cinq minutes : parlez.
Oui...
Eh bien, euh... laissez-moi me présenter :
mon nom complet est Juan Bautista Maravillo Milagro Quijote del Castillo y Salas.
Matador à la retraite.
Je sais reconnaître un gitan...
Vous avez parlé d'un chèque ?
Oui : un chèque venant de la banque centrale de 250.000 pesetes.
Quelle est cette signature raffinée ?
La signature est celle
de Martin Arimon Forcioles De Vilalbanal y Guillen y Contreras.
Compte de Vilalbanal.
Elle a l'élégance des grands.
Bien entendu, sachant que le Compte est de sang royal.
Excusez moi.
Il n'est en faveur de personne : en blanc.
Il n'est en faveur de personne.
Il est en blanc.
Oui, euh...
J'allais en effet remarquer qu'il est en blanc.
Si vous acceptez la proposition
que je vais rapidement vous exposer,
vous pourrez simplement écrire votre nom et l'encaisser.
Quelle est cette proposition ?
Le Compte est désireux de vous voir ce soir...
Non pas pour vous considérer,
il est évident que vous avez été décrite à ses yeux dans les termes les plus flatteurs.
C'est plutôt à vous de le considérer.
En tout cas, après la rencontre,
j'ai le droit d'encaisser ce chèque de 250.000 pesetes.
Je n'ai seulement qu'à le rencontrer ?
C'est exact, oui.
Bien sûr, il serait ravi d'un second rendez-vous.
Mais c'est de votre choix.
Et où est-il à présent ?
Ici, à Barcelone. Il attend, patiemment.
Laissez-moi encore examiner ce chèque.
Je vous en prie.
On peut s'acheter beaucoup de belles choses avec une telle somme, señorita.
Qu'en dis-tu, Trinité ?
Je ne l'aime pas.
Désolé, c'est non.
Voyez-vous, je dîne ce soir avec un gentleman d'excellente situation.
Ce pourrait être le début d'une longue relation.
Peut-être même jusqu'au mariage.
Ah, je comprends. Il est sage dans ces conditions, de refuser
car le Compte n'offre rien de plus qu'une soirée de divertissement.
Vous savez comment sont les nobles.
C'est dommage, cependant.
Car si vous n'aviez pas déjà un engagement,
je vous aurais suggéré de rencontrer le Compte par simple curiosité.
Ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion
de rencontrer quelqu'un d'un telle importance.
Et d'être payé pour avoir ce privilège, hein ?
Quoi qu'il en soit, bonne soirée señorita.
Si je pouvais décaler cet engagement,
Où devrais-je rencontrer Son Altesse ?
Son Altesse a suggéré un endroit.
C'est un choix singulier.
Mais c'est un sorte d'aventurier, vous savez.
Faites-le venir ici.
Il refusera de venir ici,
car cela pourrait ressembler à...
à un vulgaire rendez-vous.
Faites-moi confiance, señorita.
Pourquoi devrais-je ? Je ne vous connais pas.
C'est vrai, mais posez-vous la question :
quel avantage puis-je tirer en vous trompant ?
Pour vous voler votre argent, vos bijoux, vos...euh...
C'est grotesque.
Non seulement c'est grotesque, mais c'est impossible.
Combien de temps vais-je devoir attendre ce Compte ?
Combien de temps vais-je devoir attendre ce Compte !?
Le Compte va arriver.
Asseyez-vous, détendez-vous, et profitez.
Vous allez passer une soirée délicieuse.
Regardez, c'est magnifique.
Ecoutez, laissez-moi commander une autre bouteille de vin.
Oh, non. Rien de plus à boire ou à manger si je dois payer.
Le taxi, je paye.
Les cigarettes, je paye.
Le vin, je paye.
Señorita, écoutez :
Quoi qu'il arrive, n'en veuillez pas au Compte.
Vous serez remboursée,
je vous le promets.
Bravo ! Bravo !
J'ai dû perdre l'esprit
pour renoncer à une soirée avec señor Matabosch !
Ramenez-moi chez moi !
Señorita, je vois bien que vous êtes en colère,
et vous avez absolument raison.
Vous êtes une dame de qualité,
et vous avez été traité irrespectueusement.
Je ne laisserai pas au Compte la satisfaction
d'arriver ici et de vous voir l'attendre.
Je vais demander la note immédiatement.
Garçon !
Donnez la note à Madame.
Qui est-ce ?
C'est seulement un gitan.
Je ne suis pas gitan.
Señorita, s'il vous plaît, j'ai un message.
Un message important.
Ce n'est pas un gitan !
N'ouvrez pas, il n'apporte que des ennuis.
Señorita...
J'ai un message très important.
Si cela vient du Compte, je ne suis pas intéressée.
Son Altesse a apellé quatre fois depuis ce matin.
Il se morfond en excuses et regrets.
Je m'en moque.
Il s'envole pour Madrid dans une heure,
mais il reportera seulement si vous acceptez de dîner avec lui ce soir.
J'ai un rendez-vous ce soir,
pour dîner avec señor Matabosch
des Tracteurs Matabosch, à "La Retraite".
- A "La Retraite" ? - Oui.
Oh, quelle amusante coïncidence...
Pourquoi ?
Eh bien, quand j'ai expliqué à Sa Majesté...
...quel joli logement vous avez...
Quand j'ai expliqué à Sa Majesté...
votre mécontentement au sujet du rendez-vous de l'autre soir,
il m'a demandé de vous dire qu'il l'avait choisi uniquement pour...
son côté espiègle et divertissant.
Et qu'il espérait faire amende honorable ce soir
avec un endroit au cadre très différent.
Et vous savez ce qu'il a choisi ?
Cela ne m'intéresse pas, Juan.
C'est "La Retraite" !
Le même endroit où vous dîner ce soir,
avec Matabosch des Tracteurs Matabosch.
Alors vous ne manquerez rien.
Excepté bien entendu les...
250.000 pesetes.
Vous savez, je vais vivre le reste de ma vie avec la moitié de ça.
Et les voici,
à disposition seulement pour les efforts effectués pour aller à ce dîner...
...et boire du champagne.
Amusant, hein ?
Non, j'ai un rendez-vous avec señor Matabosch,
et je ne peux pas l'annuler maintenant.
Oui, oui. Je comprends.
Mais boire du champagne avec Son Altesse pour...
Au revoir, Juan.
Oui ?
Désolé de vous importuner.
Mais euh...
Un petit bout du chèque du Compte était coinçé dans votre porte.
Désolée.
Ce n'est rien. Je peux arranger ça.
Il ne peut pas en faire un autre ?
Oh si bien sûr, il le peut.
Mais quel intérêt si vous ne voulez pas le rencontrer ?
Appelle Matabosch.
Dois-je lui sortir l'excuse de votre mère qui doit venir ce soir ?
Non.
Non. Dis-lui que mon virus a repris, pour trois jours.
Alors que je pensais m'en être débarrassée.
Et euh...que cela pourrait bien durer quatre jours.
Au moins.
A moins bien sûr, que je ne reste au lit ce soir.
Allô ?
Señor Matabosch?
Ah, je croyais que c'était une de vos secrétaires.
C'est Trinité Martinez.
Merci. Comment allez-vous ?
Je vous appelle au sujet d'Olimpia Segura.
Elle est bouleversée,
mais elle ne peut vous voir ce soir.
Voyez-vous, sa mère va rester ici ce soir,
et elle est atteinte de virus pour les trois prochains jours.
Non, non, non...elle...euh...
Sa mère n'a aucun virus.
Euh, c'est Olimpia... ...qui est atteinte.
Et elle ne peut pas vous voir ce soir.
Sa mère reste parce que...
parce qu'elle n'aime pas dormir seule, voyez-vous.
Oh, c'est très...
..très gentil de votre part,
mais sa mère est déjà en route.
Juan !
Dites au Compte que je le rencontrerai à "La Retraite".
Désolé de cette nouvelle, señora.
Soyez heureuse que cela ne soit pas encore pire.
Vite ! J'ai besoin de téléphoner.
Oui, señora.
Oh, je suis sûr que cela ira.
Merci d'avoir appelé.
Au revoir.
Matabosch, à cet instant, appelle "la Retraite"
pour annuler sa réservation.
Je vais attendre cinq minutes.
Non, je vais attendre sept minutes.
Gamazo a essayé de se suicider la nuit dernière.
Sept minutes, c'est trop long.
Cinq minutes, ce sera suffisant.
Ses parents l'on retrouvé avec la tête dans le four à gaz.
...et j'appellerai "La retraite"
en me faisant passer pour Matabosch,
pour expliquer que le señor a changé d'avis
et qu'il souhaite maintenir sa réservation.
Très bon, Juan.
Un fou se prend pour un poulet rôti,
et l'autre se parle à lui-même.
Très bon en effet, Juan.
Alors maintenant, Eugenio,
j'aimerais que tu me rendes un petit service :
Ce soir, à onze heures précises,
je veux que tu téléphones à "La Retraite", et que tu demandes Matabosch.
Je répondrai.
Qu'est-ce que je dis ?
Tu ne diras rien.
Quoique je dise, tu ne dis rien.
C'est très important. Je parle, tu ne dis rien.
D'accord, d'accord.
Je vais prendre un sandwich au fromage. Et une tasse de ton meilleur café.
Attends une seconde :
Tu me dois déjà trois sandwiches au fromage !
D'accord, tu prends la Diner's Club ?
L'American Express ?
Olimpia ?
C'est le Compte ?
Non, non.
Bienvenue dans la suite Pompadour.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Bonsoir.
Je n'ai jamais vu un endroit si beau.
Oui...
C'est bien pour une visiste, mais je ne vivrai pas ici.
Je suppose que vous êtes le valet de señor Matabosch ?
Euh...
Non, non. Je suis matador à la retraite.
Un émissaire de Son Excellence.
Martin Arimon Forcioles De Vilalbanal et Guillen et Contreras.
Compte de Vilalbanal.
Et moi je suis Louis XIV.
Oh, ravi de vous rencontrer.
Ravi de vous rencontrer.
Voici Señorita Olimpia Segura de Barcelone.
Ah, je comprends.
Je suis ici jusqu'à l'arrivée de notre invité,
et je me retirerai discrètement.
C'est fascinant...
Ce serait indélicat pour une tierce personne
d'être présent dans de telles circonstances.
Oui, bien entendu, ce serait indélicat pour une tierce personne.
C'est votre première venue à "La Retraite", Mademoiselle ?
Oui.
Eh bien, je souhaite que vous en serez satisfaite.
La table a déjà été dressée.
Nous avons pris la liberté de servir notre meilleur champagne.
Le "Brut Cristal" pour étancher la soif.
Puis du poisson mariné dans son encre, comme aphrodisiaque...
Et permettez-moi de vous présenter
quelques-uns de nos nombreux et variés équipements
à votre disposition :
Au plafond. Formidable, hein ?
On pourrait facilement se faire un torticoli dans cette position.
Voilà.
Ceci...
Youpi !
est la position adéquate.
Ou l'une d'entre elles.
Si vous poussez ce bouton, vous aurez une merveilleuse musique.
Quelque chose de plus entraînant ?
Ah, plus entraînant, mademoiselle ?
Mais bien entendu !
Ah, voilà ce que j'apelle de la musique dansante !
C'était très amusant.
Oui, oui : très amusant en effet.
J'ai bien peur que cela soit bien trop entraînant pour Louis XIV.
Je suppose que cela ira
et que vous apprécierez votre séjour dans notre petite "Retraite".
Parlez-en à vos amis,
car entre nous, nous pourrions faire quelques affaires de haut niveau, voyez-vous.
Je crois que je vais prendre un verre de Brut Cristal.
Excellente idée.
Un pour vous, un pour moi.
Je crois que je vais prendre aussi de ce poisson mariné.
J'ai pris la précaution de ne pas emporter d'argent avec moi.
Cela n'a pas d'importance, señorita.
Ces notes sont envoyées discètement par la poste.
Vous êtes sûr que le Compte paye tout cela ?
Qui d'autre peut se le permettre ?
A quelle heure doit-il arriver ?
A neuf heures exactement.
S'il a une minute de retard...
Ne vous inquiétez pas, señorita, il ne sera pas en retard.
Ecoutez, pendant que vous l'attendez,
pourquoi ne pas vous préparer pour son arrivée ?
Qu'entendez-vous par "me préparer" ?
Enlevez toutes ces appréhensions de votre esprit.
Entraînez-vous aux salutations.
"Bonsoir, Votre Excellence". "Ravie de vous rencontrer, Votre Excellence".
Ou bien...euh...je sais !
Je sais ce que vous pourriez dire. Vous pourriez dire :
"Bonjour, Piggy".
"Bonjour, Piggy" ?
Oui, il est courant chez les nobles d'avoir des surnoms.
Alors si vous appellez le Compte "Piggy", vous ferez partie du cercle.
Du cercle...
Allez-y, je vous écoute essayer de dire cela.
Un verre, Pig ?
Ah, euh...Pig.
Pig, c'est peut-être un peu trop intime.
Pourquoi ne pas dire : "Votre Excellence", au début,
et ensuite vous l'appellerez "Piggy" le reste de la soirée.
En fait, ce n'est qu'affaire de délassement et de plaisir.
Voilà la vie d'apparat des riches.
Vous mangez souvent des fleurs ?
Oui.
Voyez-vous, je crois que si quelque chose plaît à l'oeil et au nez,
pourquoi ne serait-ce pas délicieux au goût ?
J'aime jouir de la vie... de tous mes sens.
Je bois à ça.
Ces roses sont délicieuses.
PLUS TARD.
Il est onze heures.
Et je n'attendrais pas plus. Je rentre chez moi.
Selon ma montre, señorita, il est...
onze heures moins le quart.
La mienne est à l'heure.
Ah, eh bien...
...j'ai synchronisé la mienne avec celle du Compte.
Et ce serait dommage de sacrifier un tel chèque pour euh...
une différence de 15 minutes.
Je refuse de me faire avoir
par quelque vieux Compte pourri qui ne se montre jamais.
Eh bien ce n'est pas plus agréable pour moi non plus, señorita.
Tout ceci ne m'a apporté
qu'embarrassement et douleur.
Oui, je vois que cela a eu un effet néfaste sur votre appétit.
Eh bien, je euh...mange plus de fleurs quand je suis gêné.
Vous ne pourriez en manger plus encore si vous faisiez une autre tête !
Engin diabolique.
Allô ?
Allô ? Allô ? Allô ?
C'est vous, Juan ?
Juan ?
C'est Eugenio. Juan ?
Bonsoir, votre Majesté.
Vous m'avez mis dans une situation totalement embarrassante.
Le rendez-vous était à neuf heures. Il est bientôt...onze heures.
De quoi parlez-vous ?
La señorita n'est pas habituée à un tel traitement,
et en son nom, j'exige vos excuses.
Oui...oui.
Je vais...je vais lui dire.
Il veut que vous sachiez que...euh...
il était à la Commission Brittanique du Commerce pour sa...
euh...plantation de bananes en Equateur.
Dites-lui qu'il aille au diable avec ses bananes.
Votre Majesté, la señorita est trop indignée pour vous parler.
Et je profite également de l'occasion
pour vous signifier l'arrêt immédiat de ma collaboration.
Inutile de me supplier, Votre Majesté, j'ai pris ma décision.
J'ai pris ma décision.
Je vous remercie de votre bienveillance envers moi,
et de tout ce que vous avez fait pour moi.
Merci, Votre Majesté. Et au revoir.
Je n'ai pas l'habitude de parler si durement à un noble. Mais euh...
Il l'a mérité. Il l'a mérité.
Allons-nous en.
Un autre verre de champagne.
Non, vous avez déjà bu trop de champagne.
Ne suis-je pas belle quand je suis saoûle ?
A mes yeux,
vous avez le parfum
de la cannelle et de la girofle.
Les gens qui ne sentent pas cet odeur, de cannelle et girofle,
ne savent pas vivre.
Ne suis-je pas...désirable ?
Vous l'êtes.
Ne serait-ce pas à votre avantage de me pousser à boire ?
Señorita, quand on est saôul,
on n'est pas en pleine possession de ses moyens.
Et je ne tire aucun plaisir à posséder une femme
qui ne sait pas ce qu'elle fait.
Ramenez-moi chez moi.
Très bien, allons-y.
Non, je ne veux pas rentrer.
Très bien, alors restons.
Chantez une chanson.
Comment savez-vous que je chante ?
Je ne savais pas que vous chantiez.
Alors pourquoi avoir demandé ?
Taisez-vous et chantez.
Très bien.
Très bien, je vais vous chanter une chanson.
Comment s'apelle-t-elle ?
Je n'en sais rien, je vais improviser.
Comment pouvez-vous chanter une chanson que vous ne connaissez pas ?
Sa voix est comme une douce guitare
Qui ?
La fille de Barcelone
Ses yeux éclipsent l'étoile du soir
La fille de Barcelone
Elle semblait si douce et véritable, ce jour
Il est probable qu'elle soit partie
Mais une fois partie, son charme perdure
où que tu sois
La fille de Barcelone
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis Carlos Matabosch.
Je suis Trinité Martinez.
Et ceci est pour Señorita Segura.
Je vais les mettre dans de l'eau.
Mettez-les dans du vin.
Tri...
Oh, Carlos !
Quelle surprise...
Désolée d'avoir dû annuler notre rendez-vous d'hier soir.
Oh, vous m'avez terriblement manqué.
Je ne me sentais pas très bien.
Vous avez les yeux rougis.
Eh bien, je lisais.
Il est probable que j'ai besoin de lunettes.
Peut-être voudriez-vous récupérer à mon ranch, pour quelques jours.
Vous serez très à l'aise.
Et la chaleur du soleil vous fera le plus grand bien.
Je crois que j'apprécierai, Carlos.
Parfait.
Je viendrais à quatre heures.
Et ne vous préoccupez pas de vos bagages.
Venez comme vous êtes.
A quatre heures ?
A quatre heures.
Bonjour, Princesse.
Je suis ici pour vous dire que Sa Majesté est bourré de remords.
Juan, j'en ai fini avec lui.
Terminé !
Je ne veux plus entendre parler de lui.
Terminé !
Oui, oui...
Eh bien, je vous comprends.
Et en fait, j'ai dit à Sa Majesté que...euh...
J'ai dit à Sa Majesté que...euh...
sachant votre disponibilité à deux reprises,
à mon humble avis, vous avez le droit d'encaisser le chèque.
C'est ce que je lui ai dit.
Sa Majesté m'a dit :
"C'est votre humble avis, Juan ?"
Il m'appelle Juan car je le connaît depuis de nombreuses années.
J'ai dit : "Oui, Votre Majesté."
Pour ce que cela vaut, c'est mon humble avis.
Sa Majesté s'est approché de moi,
"Ah..." a-t-il dit.
Ce qui veut dire, pour ceux qui connaissent Sa Majesté,
qu'il se confond en excuses.
Quand il dit "Ah...", nous le savons, Sa Majesté est prête à s'excuser.
Et bien entendu c'est le cas, il se confond en excuses.
Je crois que ses excuses devraient prendre la forme d'un cadeau très cher.
A quel sorte de cadeau très cher pensez-vous ?
Il y a un manteau de vison, chez Castillo.
Cela vaut bien le montant du chèque.
Seulement parce qu'il est tard dans la saison.
250.000 pesetes ?
Pour un manteau ?
Oh, il vaut plus cher, normalement.
Mais on peut jeter un oeil.
Oui, oui. Euh...
Restez ici pendant que je m'habille.
Je sais bien entendu comment... jeter un oeil.
Maintenant, souvenez-vous :
Ces vendeurs sont très malins.
Ne montrez aucun enthousiasme pour quoi que ce soit.
Si j'ai l'air de vouloir cracher dessus, c'est que j'adore.
- Vous avez compris ? - Oui, oui...
- Oui. - Venez.
Plutôt élegant.
Les toilettes de l'hôtel Hilton à Madrid sont du même style.
En quoi puis-je vous être utile ?
Je ne sais pas.
Tout est si ordinaire à cette saison.
Ah, madame comprend parfaitement.
Tout est si ordinaire.
C'est à cause de l'embargo.
Pendant que je vais dans la remise,
peut-être Madame et Monsieur souhaiterai un rafraîchissement ?
Un sandwich au fromage, s'il vous plaît.
Désolé, monsieur.
Du thé, peut-être ?
En souhaitez-vous un, madame ?
Non, merci.
A présent, ma collection.
Et maintenant, madame,
je suis fier de vous présenter les modèles de fourrure.
C'est déprimant, visiter une boutique à Barcelone,
et voilà ce qu'on y trouve.
Madame a bien raison.
C'est déprimant.
Je suis terriblement désolé, Madame.
Voilà un....magnifique... manteau en vison.
C'est americain.
Le meilleur.
Non.
Non.
Il y en a un en vitrine.
C'est celui-là...
C'est une perte de temps. Quelle perte de temps...
Si j'avais du temps à perdre, je viendrais ici.
Chez Castillo.
Le meilleur endroit à Barcelone,
si vous avez du temps à perdre.
Je n'ai jamais rien vu de tel de toute ma vie.
Pourquoi ne pas vous taire et manger un biscuit ?
Laissez moi faire.
Je mange les biscuits. Mais cela reste une perte de temps.
Pardonnez-moi de le porter moi-même, madame.
Mais je ne fais confiance à aucun modèle pour le porter.
Le meilleur : vison tourmaline.
Trois-quart,
Doublure en cuir.
Exclusivité de la maison Castillo.
Eh bien, je le porterai peut-être à la plage...
Je ne suis même pas sûre que ce soit du vison.
On dirait qu'il est teinté.
Madame, s'il vous plaît. C'est de la fourrure authentique.
Combien vaut ce manteau ?
Monsieur aime ce manteau ?
Je n'ai pas dit que je l'aimais.
J'ai seulement dit : combien vaut-il ?
275.000 pesetes.
Je serai dans mon bureau pendant que madame en discute.
Vous avez le chèque ?
Oui, j'ai le chèque.
Mais 275.000...
Donnez-le moi.
J'espère simplement que vous savez ce que vous faites.
250.000.
Le manteau m'a coûté 250.000.
Alors vous en voilà débarrassé.
Et je n'ai droit à rien ?
A prendre ou à laisser.
Désolé, madame. Je ne peux accepter.
Au revoir.
J'accepte !
Avez-vous un stylo ?
Ecoutez, vous n'avez pas l'intention de faire cet achat maintenant, n'est-ce pas ?
Eh bien, pourquoi pas ?
Eh bien, comment peut-il être sûr que ce chèque peut être encaissé ?
Il est évident qu'on ne peut l'encaisser maintenant :
les banques sont fermées.
L'accepterez-vous ?
Est-ce que je lis bien ?
- Martin Arimon, Compte de Vilalbanal ? - Oui.
Je ne vois aucune difficulté, monsieur.
Je vais l'emballer sur-le-champ.
Pas besoin d'emballage. Je vais le porter dès ce soir.
Vous l'aurez demain ! Un point c'est tout.
Mais ce n'est pas nécessaire, monsieur.
C'est ridicule !
Même si les banques étaient ouvertes,
personne ne délivre du liquide au moment où il est présenté.
On a présenté à cet homme un gros chèque.
Je sais qu'il est valable, vous savez qu'il est valable.
Mais qu'en sait-il ?
Mais il vous a dit qu'il l'accepterai.
Pourquoi ne pouvez-vous pas attendre jusqu'à demain matin ?
Je serai à la campagne, demain.
Très bien, alors cela peut attendre votre retour.
Ne vous comportez pas comme un enfant auquel on a promis un nouveau jouet !
Pendant ce temps, une fois les banques ouvertes,
ce bon monsieur peut encaisser le chèque,
et la transaction sera complètement close.
Si tel est votre désir, je veux seulement...
Excusez-nous un moment. Ecoutez :
Je vous ai déjà dit comment cela allait se passer.
Je ne veux plus en entendre parler.
Maintenant, s'il vous plaît :
Señor ?
Gardez le chèque et le manteau jusqu'à demain matin.
- Comme vous voudrez, monsieur. - C'est ce que je veux.
Pendant ce temps, mes tailleurs vont préparer la marque.
C'est "O.S".
Pour "Olimpia Segura".
Place de Sedona, numéro 12.
Merci.
Maintenant je dois tout reporter à cause de vos idées ridicules !
Ce n'est pas ridicule.
Sa Majesté fait des courses automobiles :
et s'il lui arrivait un accident entre maintenant et demain ?
Sa famille n'honorerai pas le chèque.
Vous -et vous seule-
avec le manteau en votre possession,
devrait vous acquitter de la somme.
Mais une fois le chèque déposé, vous n'êtes plus responsable.
Je n'avais jamais songé à cela.
A présent, une suggestion que vous pourriez négliger :
L'avion du Compte décolle de l'aéroport à 10h ce soir.
En chemin,
il y a une chance qu'il se présente à votre appartement,
juste le temps de dire bonjour.
Pour un manteau de vison, ce n'est pas trop demandé !
Alors je vous suggère d'être disponible et de mettre au frais
une ou deux bouteilles de champagne.
Et quelque chose à manger,
avec plein de fromage.
Le Compte adore le fromage.
Serez-vous là avec le Compte ?
Malheureusement, non.
Je dois me concentrer sur ma carrière.
C'est comme ça.
Désolée de vous quitter, Juan.
J'ai beaucoup apprécié votre compagnie.
Merci, señorita.
Juan, cette chanson que vous m'avez chanté ?
L'avez-vous chanté à d'autres ?
Non.
Je ne l'ai jamis chanté avant.
Et je ne la chanterai plus jamais.
C'est votre chanson.
Je n'oublierai jamais cet instant, señorita.
Jamais.
Ne reste pas plantée là comme une âme en peine.
Dépêche-toi d'aller chez Eugenio,
et prend deux bouteilles de champagne. Le meilleur !
Quand tu rentres, nettoie le sol,
fais la poussière,
nettoie les vitres,
et lave le chien.
Car le Compte arrive...
Car le Compte arrive.
Et qu'il m'a acheté le plus beau manteau en Europe.
Où est-il ?
Castillo marque mes initiales dessus.
Il sera prêt dans la matinée.
Je n'y croirais pas tant que je ne l'aurai pas vu.
Oh, tu ne crois jamais rien avant de l'avoir vu.
Être cynique et suspicieux, c'est le signe de l'ignorance.
Tout ce que je sais de la suspicion, je l'ai appris de vous, señorita.
Eh bien, apprend qu'il y a des gens nobles et honnêtes dans ce monde.
Et tu as été sévère et offensante
envers un homme qui n'a fait qu'accomplir une mission
qui lui a été personnellement très désagéable.
Bien sûr, bien sûr...
Vous savez, señorita,
vous avez toujours été tendre envers les malheureux.
Pour le chien affamé que vous avez trouvé dans la ruelle.
Pour les orphelins, auxquels vous avez offert une bourse.
Et à présent, ce soi-disant matador.
Cela vous ferai plaisir de le laver
et de lui mettre un ruban rose
pour qu'il trotte derrière vous.
Sauf que celui-ci
vous tiendra en laisse avant que vous ne le teniez.
Va chercher le champagne.
Votre Altesse.
Comment était-ce ?
C'était très bien.
Vous n'êtes pas nerveuse, Olimpia?
Non, c'est juste de la curiosité. Je n'ai jamais rencontré un noble.
Le champagne !
Oh...J'y vais.
Je vais chercher le champagne.
Bonsoir.
Vous ne devinerez jamais...
Un cable est arrivé du Président de la Compagnie pétrolière,
au sujet d'une fuite de pétrole
juste sous le ranch du Compte au Mexique.
Et voyez-vous, bien entendu, cela a obligé Sa Majesté
à prendre un avion plus tôt.
Je l'ai imploré de vous téléphoner pour vous présenter ses excuses,
sachant que vous aviez avancé dans vos préparatifs.
Mais, vous savez comment sont certaines personnes :
elles n'ont pas le courage pour les tâches désagéables.
Venez ici, Juan.
En tout cas, au moins, vous avez le manteau de fourrure.
L'argent que vous avez dépensé au "Flamenco"
vous sera bien entendu intégralement remboursé.
Plus près...
Carbonell...
Les lumières se sont éteintes.
Oui...
Bautista ! Bautista ! Bautista !
Tais-toi, tu veux ?
Que voulez-vous ?
C'est bien la résidence de Señorita Segura ?
Oui.
Je dois lui parler de toute urgence.
Elle dort encore.
Qui êtes-vous ?
Je suis Castillo, le fourreur.
C'est au sujet de son manteau de vison tourmaline, en trois-quart,
et doublé de cuir pour la Señorita Segura.
Si je la réveille maintenant, elle sera très fâchée.
Elle le sera encore plus, sinon.
Entrez.
Oui ?
Oh, bonjour.
Désolée. J'ai veillé tard hier soir.
Veuillez m'excuser, madame.
Il y a un problème avec la signature.
Quel problème ?
Hier, le comportement de votre...compagnon...
m'a quelque peu intrigué.
Alors tôt ce matin, j'ai demandé à ma banque
de contacter la banque d'où venait le chèque.
On m'a expliqué que le Compte n'a aucun compte dans celle-ci.
Une enquête plus approfondie a démontré
que le Compte ne réside même plus en Espagne.
Il a une propriété à Rio de Janeiro,
et ne vient ici visiter ses terres qu'en de rares occasions.
Je suis désolé, madame.
Toutefois, si vous souhaitez toujours le manteau,
je serai ravi d'accepter votre signature sans problème...
à un prix réduit de 250.000.
Si je décide de le prendre, je vous contacterai.
Partez à présent, s'il vous plaît.
Ou bien 200.000...?
S'il vous plaît.
J'imagine que ce n'est pas le bon moment d'en parler.
Mais je vous l'avais dit :
ne faites jamais confiance à un gitan.
Tu crois qu'il a des complices ?
Olimpia, ne soit pas idiote :
tu sais bien qu'il n'a pas de complices.
C'était son idée.
Oh, ne le tue pas, Olimpia !
Ce manteau de vison n'en vaut pas la peine.
Trinité...
Rempli la baignoire d'eau très chaude,
et verse deux bouteilles de teinture bleue dedans.
Fais-le très épais.
- De la teinture bleue ? - Ne discute pas.
Fais ce que je te dis.
Pourquoi m'avez vous fait ça ?
Je suis venu à Barcelone,
dans l'espoir de trouver du travail, en tant que chanteur.
Je ne suis pas très bon dans l'arène.
Je ne peux garder mes pieds en appui.
Alors j'avais un petit boulot,
dans les plus petites corridas.
Je suis allé voir Pere Carbonell.
Je lui ai demandé de m'engager. Il n'était pas intéressé.
Je l'ai supplié.
Alors il a finalement accepté...
de m'engager...
mais à une condition.
Vous connaissez à présent cette condition.
Carbonell ?
C'est...la stricte vérité.
Carbonell !
Croyez-moi, Olimpia : je ne voulais pas faire ça.
Toute cette histoire a été pour moi...
une expérience déchirante.
Oui,
j'ai bien vu votre souffrance !
Que vous a-t-il promis ?
Il m'a promis...
une semaine de travail dans son théatre.
Sept jours sur scène.
Mon nom en grand...
en lumières vertes et clignotantes.
Bautista... Bautista...
Combien vous paye-t-il ?
2000 pesetes.
2000 pesetes par jour ?
2000 pesetes la semaine.
Moi ?
Pour 2000 pesetes ?
J'étais désespéré !
Sortez du lit !
Pourquoi ? Qu'allez-vous faire ?
Vous allez bientôt le savoir.
S'il vous plaît, non...
Laissez-moi simplement prendre mes affaires,
et je partirai d'ici.
Vous ferez ce que je vous dit.
Oui, oui...
Allez dans la salle de bains.
Je suis déjà allé à la salle de bain.
Ne discutez pas.
Faites ce que je vous dit.
D'accord.
Maintenant, rentrez dans la baignoire.
J'ai pris un bain la semaine dernière.
Rentrez dans la baignoire !
Pourquoi l'eau est-elle bleue ?
Rentrez dans la baignoire !
Trinité ?
Remue l'eau.
Faites attention avec cette brosse, femme !
Plongez votre tête !
Non, non, non...s'il vous plaît !
S'il vous plaît !
S'il vous plaît, pas la tête !
Non, Olimpia.
Il ne verra plus rien !
Assez !
Maintenant, prenez vos affaires. Et partez !
Je connais les peines encourues pour vol ou coups.
Mais pour la teinture ?
S'il va voir la police,
ils auront l'article de Gamazo
qui indique que je n'ai pas l'âge légal.
Oh, oui.
C'est bien pour vous.
Mais pour moi ?
Il ne m'a même pas séduite !
Vous aimez le bleu, Juan ?
Eh bien, le vert est ma couleur préferée.
Mais j'imagine qu'après quelques jours au soleil, je l'aurais.
Bon à présent, je...
je vais récupérer mes affaires.
Et je vais partir.
Vous auriez une sortie de bain que je puisse vous emprunter ?
La teinture pourrait déteindre sur mon costume de scène.
Il y en a une rose, dans la salle de bains.
Dommage qu'il ne puisse rester :
il va parfaitement bien avec les rideaux !
On ferai mieux de nettoyer les draps, si je puis dire...
Vous allez bien ensemble...
Attention quand vous marcherez, à la nuit tombée.
Oui.
Je mettrai des lumières devant et derrière.
J'espère que vous vous souviendrez de ceci.
Oui, je m'en souviendrai.
Je m'en souviendrai comme une leçon :
dans la vie, on a ce qu'on mérite.
Cela aurait pu être pire.
Oui...
Mais ce n'aurai certainement pas pu être mieux.
Puis-je vous serrer la main ?
Au revoir, Monsieur le Compte.
Au revoir, mon ange.
C'est une question un peu bête, mais euh...
parmi tous vos produits,
j'imagine que vous n'avez pas en stock un euh...
détachant de bleu matador ?
Cela enlève la teinture des matadors bleus...
Super couleur. Il y en a partout ?
Oui, partout. Partout...
Hé, que vous est-il arrivé ?
Il ne m'est rien arrivé. Cela fait partie de mon nouveau look.
Juan Bautista : "Le matador bleu chantant".
Qu'en dites-vous, hein ?
Aucun doute, vous êtes vraiment un phénomène !
Comme je vous l'ai déjà dit,
une fois qu'ils m'auront entendu, et maintenant qu'ils me verront ainsi,
vous me supplierez de rester dans votre théatre
pour deux semaines, à dix fois le montant !
Dites-moi :
que s'est-il passé là-haut, la nuit dernière, hein ?
Comment est-elle ?
Je veux connaître tous les détails.
Señor Carbonell...
les détails n'ont jamais fait partie de notre accord, n'est-ce pas ?
Je veux dire : vous m'avez dit devant Eugenio ici présent, vous avez dit :
si je reste dans l'appartement d'Olimpia
la nuit, avec les lumières éteintes pendant une heure,
montre en main,
vous m'engagerez une semaine
dans votre théatre, pour 2000 pesetes.
Vous n'avez jamais parlé des détails.
J'en parle maintenant !
J'en parle maintenant,
je les veux car il y en a beaucoup.
Oui, il y a de nombreux détails délectables.
L'histoire du nigaud chantant qui s'est joué de la belle Olimpia.
Et quand Matabosch va en entendre parler,
il ne voudra même plus la regarder,
cette vicieuse petite garce !
Señor...
Pourquoi la détestez-vous autant ? Que vous a-t-elle fait ?
Peu importe ce qu'elle m'a fait.
Disons qu'elle s'est fait beaucoup d'ennemis.
A présent :
je suis tellement ravi, je vais revoir mon offre :
vous aurez trois semaines, à 10.000 pesetes !
Juan Bautista :
"le mata-troubadour bleu chantant"
Ou "trouba-matador".
Je sais que vous n'avez pas encore décidé.
Celui qui s'est joué de la grande Olimpia.
Hé, attendez un instant :
je pourrais mettre ça en façade de mon théatre !
Oui, bien sûr...
"Juan Bautista :
"Le matador bleu chantant
qui s'est joué de la belle Olimpia" Hein ?
Ça clignote ! Ça clignote !
Et maintenant, je veux tous les détails
de la nuit dernière.
Chaque détail intime.
Allez, allez !
Allez-y !
Vous voulez les détails ?
Oui.
Les voici :
Olimpia était dans mes bras,
prête et décidée à aller dans la chambre à coucher,
quand je lui ai proposé un verre de champagne,
sans avoir rien mangé de la journée,
et un verre en entraînant un autre,
et la bouteille fut vite terminée.
Et bien entendu, je suis vite devenu saoûl...
Et à ce moment-là,
j'ai fait part à Olimpia de mon plan pour la duper.
Bien sûr, s'ensuivit une terribe dispute,
au cours de laquelle elle m'a jeté de la teinture bleue.
Et vous n'avez rien fait ? Rien ?
Non, je n'ai...euh...
Je n'ai rien fait, non.
Vous étiez proche d'Olimpia,
et vous n'avez rien fait ?
Euh...non.
Hors de ma vue !
Fichez le camp !
Eugenio :
je fais de vous mon agent artistique.
Combien ?
Je ne sais pas : je vous laisse décider.
Ce n'est que pure transaction.
Je vous la laisse à vos soins :
gardez ma guitare de gitan,
jusqu'à ce que les circonstances me permettent de la récupérer.
Ma carrière est momentanément arrêtée.
Oh, vous les récuperez.
Très bientôt.
D'ici là, permettez-moi de saisir cette occasion
pour vous remercier de votre gentillesse.
Ainsi que pour les délicieux sandwiches au fromage.
Tenez : je ne sais pas jouer de la guitare.
Moi non plus...
"Juan Bautista : le matador bleu chantant"
"Juan Bautista : le matador bleu chantant"
Cela doit être intéressant...
Voudriez-vous le voir ?
Non...
Quand on a vu un matador bleu chantant, on les a tous vus.
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