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- Qu'est-ce que c'est ? - Appelez une ambulance !
Je regrette, j'ai fait tout ce que j'ai pu.
Monsieur Alain Revant ?
Oui ?
Votre femme vient de mourir.
Qui êtes-vous ?
Inspecteur Leroy de la PJ.
Comme ça s'est passé sur la voie publique, la police intervient.
C'est la règle.
Avant d'en finir avec ce dossier, quelques renseignements d'état-civil.
Né le ?
Le 27 Août 1942.
Pendant la guerre.
- À Zurich. - L'adresse.
Zurich, Baumstrasse 253.
Profession ?
Sans profession.
Oui, je suis rentier.
Il y a encore quelques-uns chez nous en Suisse.
Nous n'avons pas eu la guerre.
Voulez-vous signer en bas de la page s'il vous plaît ?
Non, merci.
"Baumstrasse, 1942."
Pourquoi as-tu fait ça ?
Pardon ?
Non, rien.
Ce sont les derniers mots qu'a dit votre femme avant de mourir.
Bien !
Excusez-moi de vous avoir dérangé.
L'affaire est définitivement classée.
- Au revoir, monsieur Revant ! - Au revoir.
Mademoiselle ?
Vous l'avez vu se jeter par la fenêtre ?
Comme je vous vois et le mari est venu sur le balcon.
Même qu'il faisait une drôle de tête.
Une drôle de tête ?
Il souriait.
Il souriait ?
Il souriait.
Elle était venue vous consulter pour quelle maladie ?
L'insomnie.
Ce n'est pas une maladie. C'est plutôt un symptôme.
Système nerveux surmené.
J'ai prescrit des barbituriques.
On a trouvé aucune trace de barbiturique dans les viscères.
Elle a pu cesser d'en prendre. Elle n'en avait peut-être plus besoin ?
Sa nervosité disparaît et elle se suicide ?
Vous trouvez ça logique ?
La médecine ne sait pas grand-chose sur le fonctionnement du cerveau.
Entre le mariage et le suicide,
six mois.
Et alors ?
On se marie, on croit qu'on va être heureux. On ne l'est pas.
On voit ça tous les jours.
Croyez-moi,
nous avons sur les bras assez de délits caractérisés.
S'il fallait encore ouvrir des enquêtes sur les femmes
qui ne sont pas heureuses en ménage,
et coffrer leurs maris.
Il y aurait plus beaucoup d'hommes dans la rue.
Allons, soyez sérieux.
Bien, chef !
Il est tôt ?
Non, il est tard !
Je ne pourrai pas revenir avant huit jours.
Merci.
Bonsoir !
Allô ?
Qui ?
Mon écharpe ?
Ah ! Oui !
Oui. J'ai dû l'oublier quelque part.
Ah oui, là-bas !
Oh merci !
Comment avez-vous su que c'était mon écharpe ?
J'ai reconnu votre parfum.
Pardonnez-moi de vous avoir appelé si tard.
Bien sûr, ça pouvait attendre.
Mais...
J'avais besoin de parler à quelqu'un.
Je vous pardonne.
Je ne veux pas vous retenir plus longtemps.
Je déposerai votre écharpe chez vous.
Oh non, non ! Pas chez moi.
Vous connaissez
la London Tavern ?
Demain à 6 h, ce n'est pas trop tard pour vous ?
Oh oui, oui, très bien !
À demain !
Au revoir !
Madame désire ?
Euh, un Martini s'il vous plaît ?
- Bien, madame. - Merci !
Mais vos yeux sont... verts ?
Je les croyais bleus.
Long manteau. Il avait l'air d'un toutou !
J'ai une vieille bouteille de William Lawson là.
Je vais l'ouvrir en votre honneur !
- Oh. - Merci !
Il faudrait un manteau phosphorescent.
- Oh là là. - Ah.
Viens.
Écoute-moi bien, tu es pressée de partir.
- Tu as oublié une course très importante. - Moi ?
Dis-moi, c'est la première fois que tu viens ici ?
On se téléphone ! Tu me raconteras.
Merci.
Hmm.
Déjà 11 h.
J'ai une course très importante à faire.
Il faut que je parte.
Comment ? Tu dois déjà partir ?
Bah oui.
Au revoir, chérie !
Merci !
- Au revoir, Alain. - À bientôt.
♪ See the twilight throws ♪
♪ Shadows of our life ♪
♪ Straight through each corner of a room ♪
♪ That is a heart where we share ♪
♪ All our dreams ♪
♪ And we love secretly ♪
♪ It turned us to a never-ending melody ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I love you so ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I need you so ♪
♪ Yes I do ♪
♪ Every second ♪
♪ Every day ♪
♪ Every moment ♪
♪ Of the year ♪
♪ And until my dying day ♪
♪ Stay, stay ♪
♪ Shine ♪
♪ All our love 'cause he fires high ♪
♪ Mend us together, keep us warm ♪
♪ One more night for I die ♪
♪ If tomorrow the sun left the sky ♪
♪ The rain would bring me loneliness Leaving me ♪
♪ Regret ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I love you so ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I need you so ♪
♪ Yes I do ♪
♪ Every second ♪
♪ Every day ♪
♪ Every moment ♪
♪ Of the year ♪
♪ And until my dying day ♪
♪ Stay, stay, stay ♪
♪ See the twilight throws ♪
♪ Shadows of our life ♪
♪ Straight through each corner of a room ♪
♪ That is a heart where we share ♪
♪ All our dreams... ♪
Il est parti en voyage.
Ça se comprend,
après ce qu'il lui est arrivé, il a besoin de changer d'air.
Bonsoir, mademoiselle !
- Au revoir ! - Allez, au revoir ! À demain.
Bonjour, mademoiselle !
J'ai laissé mon chien en haut,
s'il vous plaît, dites à votre femme de lui donner à manger.
- Entendu, d'accord ! - Au revoir !
Ne vous inquiétez pas mademoiselle !
M. Alain Revant est-il là ?
Non mademoiselle, M. Revant est parti très tôt ce matin.
Et vous savez pas...
Quand il doit rentrer ? Non, mademoiselle.
♪ Stay with me ♪
♪ Love me always and please don't go ♪
♪ Stay with me ♪
♪ Stay ♪
♪ Love me although I hurt you so ♪
♪ So ♪
♪ There's a part of you, strong and free ♪
♪ That's the part I must brake, you see ♪
♪ 'Cause I want you to depend upon me... ♪
On verra ça tout à l'heure.
- Bonjour. - Bonjour !
L'autre soir, vous étiez la plus élégante !
Grâce à vous !
Toi ?
À 10 h du matin ?
Oh.
Ne me dis rien, j'ai deviné.
Arlette ? Qu'on ne me dérange pas.
Bien, mademoiselle !
L'amour, il n'y a pas de milieu.
Ou ça fatigue, ou ça réveille !
Toi, ça te réveille.
Alors, raconte !
Vincent m'a téléphoné de Lyon.
Oui, je voulais te prévenir. Je serai lundi dans la soirée à Paris.
Je ne suis pas sûre d'être là.
Jacqueline m'a invitée.
Ah ! Compris !
- Allô ? Florence ? - Oui, mademoiselle ?
Si M. Vincent Bersson téléphone de Lyon, je suis à Chantilly.
Prévenez le Chantilly que je suis sortie en forêt
avec mademoiselle Nathalie Ferreri.
Très bien, mademoiselle !
Merci !
En ce moment, je ne pourrai pas le supporter.
C'est si sérieux que ça ?
Je crois que oui.
Tu as l'air si triste, tu dois être très heureuse !
Je suis contente que tu sois venu.
Il n'y a jamais eu de mensonge entre nous,
je ne veux pas commencer maintenant.
Nous sommes devenus...
une habitude l'un pour l'autre.
Je ne savais même pas... que je m'ennuyais.
Tu vas être
très malheureuse.
C'est peut-être ça le bonheur.
Oh, je suis très contente.
Selon vos instructions, je suis passé par Zurich.
J'ai pu la voir.
Je lui ai dit ce qui se passait dans votre vie.
Elle m'a regardé
fixement, sans un mot.
Je pense que vous devriez lui rendre visite.
Enfin, une fois de temps en temps.
Formidable !
Il est beau,
il t'épouse,
et ce qui est à peine croyable,
il te respecte !
Trop !
Avant de rentrer à Genève, j'aimerais vous voir demain quelques minutes.
C'est impossible, nous partons.
Ah !
Alors dans ce cas,
voilà en deux mots votre situation financière...
Ça ne m'intéresse pas.
Moi qui me faisais une joie de vous mettre au courant.
- Surtout que... - Excusez-moi !
C'est gentil d'être venu.
J'ai reçu votre invitation.
Excuse-moi !
Toutes mes félicitations !
Merci !
Le coupable, c'est vous.
Nathalie, ma chérie.
Vous permettez ?
Oui, j'ai rencontré ma femme pour la première fois
dans votre antichambre.
Vous avez été le trait d'union.
C'est plutôt rare dans la police.
Mon ami, maître Wassermann,
notaire à Genève. L'inspecteur Leroy.
Enchanté !
Surveillez bien l'inspecteur.
Gardez-le à vue et surtout ne le laissez pas s'évader.
Je n'ai pas l'habitude de ce genre de cérémonie.
Je devrais peut-être saluer la famille ?
Notre ami n'a plus que sa mère.
Où est-elle ?
Elle est restée à Zurich.
Oui, je comprends.
Quand une mère ne vient pas au mariage de son fils,
c'est qu'elle n'approuve peut-être pas tout à fait cette union ?
Elle ne la désapprouve pas non plus.
♪ See ♪
♪ The twilight throws Shadows of our life ♪
♪ Straight through each corner of a room ♪
♪ That is a heart where we share ♪
♪ All our dreams ♪
♪ And we love secretly ♪
♪ It tend us to a never-ending melody ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I love you so ♪
♪ Stay, never go away ♪
♪ Because I need you so ♪
♪ Yes I do ♪
♪ Every second, every day ♪
♪ Every moment of the year ♪
♪ And until my dying day ♪
♪ Stay, stay ♪
♪ Shine all our love ♪
♪ 'Cause he fires high ♪
♪ Mend us together, keep us warm ♪
♪ One more night for I die ♪
♪ If tomorrow the sun left the sky ♪
♪ The rain would bring me Loneliness leaving me ♪
♪ Regret ♪
♪ Stay ♪
♪ Never go away, because I love you so ♪
♪ Stay ♪
♪ Never go away because I need you so ♪
♪ Yes I do ♪
♪ Every second, every day ♪
♪ Every moment of the year ♪
♪ And until my dying day ♪
♪ Stay, stay, stay ♪
Pourquoi tu voulais que ce soit ici ?
Je ne sais pas.
Il y a sûrement une raison.
Embrasse-moi.
Réponds-moi.
Je ne sais pas.
Un caprice.
Tu mens !
Alain !
Tu veux me rendre malade.
Moi ?
Je comprends pas.
Tu fais semblant de ne pas comprendre.
Oh si je t'ai blessé,
c'est sans le vouloir,
je te demande pardon.
Alain !
Tu as tout gâché, c'est ta faute !
Alain !
Depuis Paris, tu...
tu n'as pas dit un mot.
Je t'en prie, n'en parlons pas.
Sois heureuse !
J'aime Venise.
Je voudrais que tu l'aimes aussi.
Mon cher, je vous avais bien demandé de lui acheter
son cadeau d'anniversaire.
Oh ! Alain !
Il y a longtemps que tu n'es pas venu.
Alors ?
- T'irais pas me chercher un... - Non.
Alors !
Quelle joie de te revoir !
J'avais bien recommandé à l'hôtel de me prévenir de ton arrivée.
Ma femme.
Madame.
Enchantée.
Je suis honoré de vous recevoir.
Je vous souhaite la bienvenue à Venise et chez moi.
- Merci ! - Venez je vais vous présenter à ma femme.
- Excuse-moi. - Je t'en prie.
Ah !
Comment va ?
Viens !
Vous avez euh, un très beau palais !
Merci !
Francesca, ma chère,
madame Revant.
Enchantée madame !
Vous permettez ? Madame.
Euh, puis-je vous offrir une coupe de champagne ?
- Un whisky, s'il vous plaît ! - Un whisky.
Il ne faut pas m'en vouloir je ne vous avais pas reconnue.
D'abord, je suis affreusement myope.
Et les modes et les coiffures de Paris savent si bien changer les femmes
et les rendre chaque année encore plus belles.
Merci !
Alors, quoi de nouveau depuis l'année dernière ?
Vous vous rappelez, avec des amies, nous avions pris le thé chez vous.
Chez moi ?
Au Danielli !
Appartement Lucrezia ! Je m'en souviens très bien.
L'année dernière, vous dites ?
Enfin, votre voyage de noces, c'était bien l'année dernière ?
Tu es déjà venu ici en voyage de noces.
Il paraît,
ça n'a rien d'original,
Venise !
Tu as probablement choisi
le même appartement,
la même chambre, le même lit.
Tu viens ? On va aller boire quelque chose.
Oui.
Qu'est-ce que tu veux ?
- Champagne ? - Oui.
- Champagne. - Voilà, monsieur.
Pas du tout.
- C'est ta femme ? - Oui. Tu veux la connaître ?
Oui.
Viens.
Comme tu es beau !
Non, non.
Bonjour, mon amour.
Bonjour, ma chérie.
Maintenant, je sais.
Maintenant, je suis certain que nous allons être heureux.
Maintenant ?
Oui, tu comprends...
il fallait cette première nuit.
Tu ne te rappelles pas ?
Alain, je veux rentrer à Paris...
Tout de suite.
Quand je pense à la tête que va faire Palmieri
quand il viendra nous chercher ce soir à l'hôtel.
M. et Mme Revant ? Partis !
Rentrés à Paris.
Où veux-tu que nous allions ?
- Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? - Dîner avec toi.
- Mais bien sûr ! - Mais seule avec toi.
Sans personne autour de nous.
Un restaurant où il n'y a personne, ce n'est jamais un bon restaurant.
Aucune importance.
- Alors où ? - Ici !
Très bonne idée.
Bien.
Et achète ce que tu voudras.
À votre service, madame !
Bonsoir, ma chérie.
Je t'embrasse mais je n'en pense pas moins.
Oh pourquoi ?
Tu aurais pu me prévenir que vous étiez rentrés.
J'allais le faire.
Menteuse.
Alors Venise ?
Zéro.
C'est une ville, comment dire ?
Terriblement
aquatique.
Mais dis-moi,
tu n'as pas bonne mine.
Qui t'a dit que nous étions rentrés ?
Alain.
J'ai rencontré Jacqueline en faisant les courses.
Oui, il était chargé de tout ça, il m'a demandé de venir prendre un verre.
Pourquoi ? Ça ne te fait pas plaisir ?
Mais oui bien sûr !
Zut ! J'ai laissé ma voiture décapotée.
Je crois bien que je vais retrouver une baignoire.
- Alain ? - Hmm ?
Soyez gentil.
Personne ne le forçait à t'épouser.
Donc il t'aime.
Il t'aime.
Il y a des moments où...
Où j'ai l'impression de pas le connaître.
Oh.
Tu sais...
On ne connaît pas mieux un homme parce qu'on a fait l'amour avec lui.
Voilà.
Merci, Alain.
- Au revoir, chérie. - Au revoir.
Ne me raccompagnez pas, je connais le chemin.
- Au revoir Jacqueline. - Bonsoir Alain.
Je l'ai rencontré, je pouvais pas...
Oui je sais, bien sûr.
Mais tu savais que je voulais rester seule avec toi.
J'y vais.
Excuse-moi !
Ma voiture est en panne.
Alain connaît peut-être un mécanicien dans le quartier.
À cette heure-ci, tout est fermé.
Je vais vous raccompagner.
Je suis une salope.
Tu as voulu savoir ?
Maintenant tu sais.
Tu reviendras ?
Jamais deux fois.
C'est gentil d'être venue m'attendre.
Donne-moi la clé.
Tu veux partir ?
Tu veux me quitter ?
Mais pour me quitter,
il faut la clé.
Tu veux la clé ?
Tu la veux ?
Je vais te la donner la clé.
Avait-elle un motif pour en arriver là ?
Non, aucun.
La plupart des névroses féminines ont leur source dans la vie conjugale.
Nous devrions la faire entrer dans une clinique neurologique à Neuilly.
Un endroit apaisant où elle sera à la fois surveillée...
- Personne ne la soignera mieux que moi. - Comme vous voudrez.
Il faut craindre une anorexie mentale qui est une forme de suicide.
Il faut absolument qu'elle accepte de s'alimenter.
Sans la brusquer, soyez ferme.
Je ferai tout ce que je pourrai.
Tenez-moi au courant régulièrement.
Salut.
Quoi de neuf ?
J'ai 900 bornes dans les bottes !
- Ben, va te reposer. - Merci.
Bonjour chef.
Monsieur l'inspecteur, une personne vous attend.
Asseyez-vous.
Je...
Je suis sûr que ma visite vous surprend.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
J'ai peur.
Peur de quoi ?
Quand ma première femme s'est suicidée, vous m'avez soupçonné, n'est-ce pas ?
Pourquoi me demandez-vous ça, aujourd'hui ?
Je crois que j'attire
et que je suis attiré par... un certain genre de femme.
Nathalie s'est ouvert les veines.
- Elle est morte ? - Non.
J'ai pu la sauver.
Quand est-ce arrivé ?
Il y a deux semaines.
Deux semaines ?
- Oui mais le docteur m'a dit... - Docteur Schwartz ?
Non, un spécialiste, monsieur Richet.
Professeur Richet ?
Oui.
Il m'a dit que certains candidats au suicide récidivent.
Alors, si par malheur
cela arrivait, je ne voudrais pas qu'on s'imagine...
- Qui "on" ? - Vous.
Où est votre femme ?
Chez nous.
Qui est près d'elle ?
Personne.
Retournez vite la rejoindre.
Monsieur Revant.
Au revoir.
- Meunier ? - Oui monsieur ?
Avec toutes les formules respectueuses habituelles,
convoquez-moi le professeur Richet.
Aujourd'hui, il faut que nous fassions un bilan général.
Seul... la numération globulaire peut nous permettre
de faire le top du diagnostic.
Si vous voulez bien venir par ici, madame.
Non, nous en avons pour deux ou trois minutes.
Voilà, mais... ce n'est pas très régulier.
C'est un cas tout à fait exceptionnel.
Cette femme est en danger.
En tout cas, j'ai toutes les raisons de le croire.
Une analyse spéciale nous fixera.
- Merci professeur. - Au revoir inspecteur.
Formule sanguine normale.
Mais présence à l'état de traces
de tartrate de phénylaminopropane dextrogyre.
Et ça signifie quoi ça en français ?
Que la personne prend un médicament euphorisant.
C'est un poison ?
Tous les médicaments ou presque sont des poisons.
Tout dépend de la dose.
Celui-là serait particulièrement dangereux à forte dose pour un névrosé.
Il faudrait arriver à provoquer chez la souris
un état de dépression par la crainte. C'est possible ?
Bien sûr. Grâce aux réflexes conditionnés.
On lui fait peur toutes les dix secondes
et c'est la psychose.
J'ai suivi vos instructions.
Regardez.
Voilà la souris témoin.
Non conditionnée, elle se comporte normalement.
Réflexe logique, rapide, plein de santé.
Et comment se comporte la souris conditionnée ?
Le réflexe est usé par de trop nombreuses alertes.
Il est devenu moins rapide, moins violent.
Maintenant, j'aimerais savoir s'il est possible de créer
chez celle qui est malade une toxicomanie,
en traitant sa dépression.
Bien sûr.
Avec une drogue à la fois calmante et euphorisante.
Ça existe ?
Il n'y a pas très longtemps, on en délivrait sans ordonnance.
Il faudrait que ça créer une habitude invétérée.
Oui, nous les appelons des médicaments à abonnement.
Une fois que le sujet s'habitue, il ne peut plus sans passer.
On pourrait voir l'effet ?
Oh mais parfaitement, c'est très rapide.
Une fois dopée, la souris va retrouver son état euphorique.
Pour combien de temps ?
Oh c'est variable,
mais aussitôt que le médicament sera éliminé
le malaise va la reprendre.
Le besoin du médicament devient impérieux après combien de jours ?
Je ne peux pas fixer de date, disons chez les souris,
une semaine.
Bon, d'accord.
- Je vous rappelle lundi prochain. - D'accord. Au revoir.
Si la toxicomanie ne fait plus aucun doute, alors arrêter l'expérience.
Je passerai demain.
Regardez.
Elle est morte.
Pourtant...
Pourtant vous ne l'avez pas empoissonnée.
Au contraire, je l'ai sevrée de sa drogue.
Mais son corps en avait besoin pour vivre.
Cruauté provoquant une dépression à l'état pathologique.
Puis traitement euphorisant menant à une toxicomanie.
Vous croyez ?
J'en suis sûr.
À ce moment, et c'est là qu'est le crime,
un arrêt brutal de la drogue.
Vous avez des preuves ?
Le laboratoire est formel.
Un sevrage total peut mener au suicide.
- Ce type est un assassin. - Allons donc.
L'arme du crime, c'est la privation de cette drogue.
Cette femme en a besoin pour vivre.
Ce n'est pas sérieux.
Vous nous voyez d'ici en cours d'assises, on nous demande une pièce à conviction
et tout ce que nous trouvons à dire c'est le sevrage.
Qui espérez-vous convaincre ?
Mon chef direct.
Moi ?
Moi, je n'existe pas. Je ne suis qu'un relai
dans la machine judiciaire qui doit faire appliquer les lois.
Il y a une loi qui vous permet de me donner le feu vert.
Celle qui veut qu'on porte assistance aux personnes en danger.
Ah.
Il faut d'abord prouver que cette personne court un danger.
Et qu'elle nous appelle.
Elle le fera.
Je m'arrangerai pour qu'elle le fasse.
Ne vous arrangez pas, comme vous dites.
N'outrepassez pas vos droits. Pas de provocation, pas de zèle !
C'est faire du zèle que de vouloir empêcher un crime ?
Notre métier ne consiste pas à empêcher
les crimes mais à découvrir les criminels. C'est la loi.
- La loi est idiote. - Possible.
Vous réalisez la stupidité de ce que vous dites ?
Et vous, vous savez à qui vous parlez ?
D'après votre raisonnement, il faudrait attendre
que cette femme soit assassinée pour lui porter secours.
Mais c'est épouvantable.
C'est comme ça. Si ça vous plaît pas, vous pouvez démissionner.
Ah non !
Ah non, j'attendrai qu'on me foute à la porte.
Et je vous jure que là ça fera du bruit.
Je saurai la réveiller, moi, la conscience des gens.
Je vous interdis de poursuivre
cette enquête basée sur des soi-disant intentions.
Je la poursuivrai jusqu'au bout.
En cas de coup dur, je ne vous soutiendrai pas.
Je me passerai de vous.
C'est dangereux.
Tant pis.
Têtu avec ça.
Mais j'y pense, si cette femme n'était pas aussi jolie,
peut-être que vous seriez pas aussi acharné à la protéger.
- Vous plaisantez j'espère ? - Bien sûr, je plaisante.
Si madame Revant porte plainte,
vous et moi, on serait couverts.
Prévenez-moi dès que vous aurez réussi.
Je préfère vous prévenir tout de suite.
Je vais faire ce que je crois avoir à faire.
Et même si je me trompe,
et même si je dois y laisser ma situation.
Je m'en fous.
Vous permettez ?
Je ne vous dérange pas ?
Pas du tout.
Entrez.
Mon mari vient de sortir.
Peut-être vous l'avez croisé ?
Non. Non, j'ai pas eu cette chance.
Asseyez-vous.
Qu'est-ce que vous voulez boire ?
Du bourbon, n'est-ce pas ?
Comment savez-vous que j'aime le bourbon ?
Nous en avons bu ensemble le jour de mon mariage.
Ah, c'est vrai.
Quelle mémoire.
C'est là que votre mari m'a dit que c'était grâce à moi
que vous aviez fait connaissance.
C'est pourquoi je me permets de prendre de vos nouvelles.
Merci.
Il était inquiet, votre mari.
Et c'est à moi qu'il est venu se confier.
Tout à fait amicalement.
Je ne savais pas.
Vous étiez
déprimée ?
Encore un peu ?
Les dépressions nerveuses sont moins l'affaire des médecins
que celle de l'entourage.
Des amis...
N'est-ce pas ?
Mon mari m'a...
m'a très bien soignée.
J'en suis sûr.
Il existe des médicaments
très efficaces je crois.
Peut-être.
Mais... comme vous dites, ce ne sont pas les médicaments qui guérissent.
Mais la façon de les donner.
Et maintenant ça va tout à fait bien ?
Tout à fait.
Si... si je n'ai pas très bonne mine c'est parce que,
je ne suis ni maquillée ni coiffée.
Je suis laide à faire peur.
Bien des femmes aimeraient être laides à votre manière.
J'ai été très touché
quand votre mari est venu me dire ses inquiétudes.
C'est une preuve de confiance.
J'espère que vous aussi vous avez un peu de sympathie pour moi.
Même si ce n'est pas tout à fait vrai,
j'aimerais le croire.
Laissez-moi vous aider.
Merci.
Je n'ai pas besoin qu'on m'aide.
Je suis très heureuse.
Mon mari et moi, nous... nous sommes très unis.
Oui,
très unis.
Très heureux.
Eh bien, tant mieux.
Je souhaite que ça dure toute la vie.
Alain !
Chut.
Il est arrivé cette nuit.
Pour combien de temps ?
Le temps qu'il voudra.
Il est ici chez lui.
Alain,
tout ce que tu voudras pour un café.
Contre un café.
Madame, suis-je bien chez monsieur Alain Revant ?
Oui.
- Madame Revant peut-être ? - Oui.
Nous sommes les extras pour la réception de ce soir, madame.
Pour la... réception de ce soir ?
Ah ! Ah oui !
Oui, oui, bien sûr !
Entrez.
Entrez.
C'est par là.
- Madame Revant ? - Oui.
Bonjour madame, maison Lenôtre.
Voilà la marchandise que vous nous avez commandée.
Entrez.
- Tiens, va porter ça, s'il te plaît. - D'accord.
Bonsoir monsieur.
Bonsoir, ma chérie.
Nous recevons ?
Mais bien sûr, c'est l'anniversaire de Dino.
Nous avons invité des amis, des gens charmants.
Mais qui ne t'intéressent pas du tout.
Tu es très pâle.
Il vaut mieux que tu te couches.
Tu as besoin de repos.
Bon anniversaire.
Vous dansez ?
♪ See ♪
♪ The twilight throws Shadows of our life ♪
♪ Straight through each corner Of the room ♪
♪ That is a heart where we share ♪
♪ All our dreams ♪
♪ And we love secretly ♪
♪ It tend us to a never-ending melody ♪
♪ Stay. Never go away ♪
Ça suffit.
Alors, vous pensez l'avoir rendu jaloux ?
Moi, je sais ce qu'il aime.
Ça peut paraître bizarre.
Mais je suis sûr qu'il serait très heureux.
Si vous et moi...
Il aime faire souffrir.
Mais il aime souffrir aussi.
C'est pour ça qu'il nous a laissés seuls.
Puisque tu l'aimes...
Et que moi je l'aime aussi.
Faisons-lui plaisir.
Vous me dégoûtez.
Foutez-moi le camp.
Démodée.
Eh non !
Non.
Non.
Où est Dino ?
Parti.
Tu veux dire qu'il est sorti ?
Non.
Je l'ai jeté dehors.
Tu as fait ça ?
Oui.
Et avec plaisir.
Je veux divorcer.
Divorcer ?
D'accord.
D'accord.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que tu cherches ?
Rien.
Alors va dormir.
Tu auras besoin de toutes tes forces pour le palais de justice.
Où est... mon médicament ?
Quel médicament ?
Celui que tu m'as donné. La bouteille bleue.
Je ne sais pas de quoi tu parles.
Mon mari accepte le divorce.
- Vous êtes d'accord ? - Je n'ai jamais dit ça.
Mais alors je mens ?
- Je vous en prie, calmez-vous. - Monsieur le président.
Si j'avais, comme elle le prétend, accepté le divorce,
je ne serai pas ici pour tenter une réconciliation.
Oui, cela me paraît juste.
Je tiens beaucoup à ma femme.
Il tient à moi pour m'humilier.
Par exemple ?
Il m'a trompé.
Il a voulu que je le trompe.
Mais ça n'a pas de sens.
Parce que vous ne comprenez pas.
D'ailleurs, il n'a jamais été vraiment mon mari.
C'est une de ses idées fixes.
Elle dit toujours qu'elle obtiendra le divorce
en invoquant la non-consommation du mariage.
C'est ce que vous invoquez ?
- Oui. - Quelle preuve ?
Mais moi,
je peux prouver que le mariage a été consommé.
Ma femme attend un enfant.
Un enfant ?
Mais c'est faux.
C'est faux !
Un examen médical nous fixera.
Mais c'est faux !
Il ment.
Il dit n'importe quoi.
Il veut faire croire que je suis folle.
Il dit n'importe quoi.
Vous êtes enceinte de huit semaines.
Vous êtes sûr docteur ?
Il n'y a aucun doute, madame.
Allô ?
Je voudrais parler à l'inspecteur Leroy.
L'inspecteur a une réunion, on ne peut pas le déranger.
Mais c'est urgent !
Ça fait déjà trois fois que j'appelle.
Puisque je vous dis que je ne peux pas le déranger.
Dès qu'il aura terminé,
qu'il me téléphone.
Qui le demande ?
Alain Revant.
Alma 11-55.
Bien, monsieur.
Merci.
Allô ?
- Ici l'inspecteur Leroy. - Oh bonsoir inspecteur !
- Pourquoi vous appelez ? - Ma femme a disparu.
Je suis très inquiet.
Il faut la retrouver tout de suite.
Je vais alerter tous les commissariats de l'arrondissement.
Oui... Entendu...
- Je vous en prie. - Je vous rappelle.
Merci, merci.
Il vous cherche.
Je ne dois rien vous cacher.
Votre mari est né à Zurich.
Je sais.
Sa mère s'était enfuie d'Allemagne en 1942.
Après avoir été violentée.
Sa mère s'était enfuie d'Allemagne en 1942.
Après avoir été violentée.
Elle s'est réfugiée en Suisse où elle possédait quelques biens.
On a dû la faire interner dans un hôpital psychiatrique.
On a dû la faire interner dans un hôpital psychiatrique.
Elle s'y trouve toujours d'ailleurs.
Et c'est là que votre mari est né.
Elle s'y trouve toujours d'ailleurs.
Et c'est là que votre mari est né.
Votre mari est un homme dangereux.
Il faut absolument que vous vous mettiez sous la protection de la police.
Votre vie est en danger.
Votre mari est un homme dangereux.
Il faut absolument que vous vous mettiez sous la protection de la police.
Votre vie est en danger.
Mon mari a besoin de moi.
Allô ?
Allô.
Enfin, c'est toi. Où es-tu ?
Quelle importance ?
Il faut que je te voie tout de suite.
Tu m'as pas fait assez de mal.
Si je t'ai fait du mal, il faut me pardonner.
Il y a quelque chose en moi qui me pousse...
J'ai beau résister mais...
Nathalie !
Oui ?
Nathalie, je sais que tu m'aimes.
Tu dois m'aider.
Écoute.
Je viens te chercher.
Donne-moi l'adresse.
Hôtel...
J'arrive tout de suite, attends-moi.
Madame Revant.
Madame Revant ?
Ah ! Elle a réglé sa note et elle a quitté l'hôtel.
Elle a pas laissé de message ?
Non.
[réceptionniste] Qui êtes-vous ?
Allô ?
Monsieur Alain Revant ? Inspecteur Leroy.
Oui bonsoir inspecteur.
Venez tout de suite quai des Orfèvres.
Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
Vous saviez qu'elle était enceinte !
Non.
C'est pourtant ce que vous avez déclaré.
C'est parce que je ne voulais pas la perdre.
Oh, vous êtes...
Vous me détestez.
La justice ne peut rien contre vous.
Mais moi...
Moi, je vous empêcherai de détruire votre femme.
Allô ?
J'arrive.
Ne poussez pas.
On vous a attendu, on a touché à rien.
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