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LA BOITE DE PANDORE
Oui.
Je comprends.
Ça s'est passé quand?
D'accord.
Merci beaucoup.
Nesrin?
Quoi?
II est arrivé quelque chose à Murat?
Non. Ma mère a disparu.
Je viens d'atterrir.
Nesrin?
Je viens d'atterrir.
Quoi?
C'est arrivé quand?
Je suis en route vers le journal.
OK, j'arrive.
Salut.
J'arrive.
- On doit aller au village. - Où ça?
Maman a disparu. Nesrin nous attend en bas.
Eteins-moi ça!
Tu fumes déjà à cette heure-ci!
Comment la police I'a appris?
Par les gens du village.
Où peut-elle bien être?
Aucune idée.
Il est rentré?
D'accord.
Oui, je t'appelle plus tard. Salut.
Allez Nesrin, laisse-le vivre!
II bousille sa vie, et la mienne!
C'est juste pour attirer notre attention!
Arrête de parler comme ça!
Elle connaît très bien ces montagnes.
- Tu parles de qui? - De maman.
T'es dure!
C'est elle qui était dure avec moi.
Mais tu étais têtue!
Je n'étais qu'une enfant!
Si tu I'écoutais de temps en temps.
Je ne suis pas toi.
Elle a beaucoup souffert.
Elle a chassé papa.
- Il a disparu dans les montagnes. - Il a fui la colère de maman.
De quoi elle parle?
Papa I'a emmenée au village puis il I'a abandonnée.
La route est bloquée.
Quelle poisse!
- Alors? - La route est bloquée.
On peut faire quoi?
Ce sera dégagé demain.
Il y a une auberge par là, pour passer la nuit.
C'est quoi ce service? Allez, bouge ton popotin!
J'appelle ça un cul!
Vous commencez à m'emmerder!
Vous êtes lourds quand vous êtes bourrés.
- Tu vas nous punir? - Je vais vous botter le cul, oui!
N'embêtez pas Nezahat!
Quand la route est fermée.
Allez! Venez boire un coup.
D'accord.
- Tu y vas? - Ben oui.
Ils ont laissé leur voiture comme nous. Ils sont nos invités.
Bon appétit!
Merci! Bienvenu.
Désolé pour notre humour de routiers.
Pas de problème.
- Un verre de raki? - Avec plaisir.
...on était si saouls quand on est arrivés...
On ne vous dérange pas, j'espère?
Pas du tout.
Merci.
Ne mange pas ça. Tu vas être malade.
- Tu ne manges rien? - Non, j'ai des biscuits.
Merci.
Bon appétit. Vous voulez du raki?
Non merci.
C'est pour ce genre de femme que papa est parti.
...ne pleure pas mon amour...
ne pleure pas mon coeur...
ne pleure pas maman.
Bravo! Ton prochain verre est pour moi.
- Donne-moi ce téléphone. - Rends-le-moi!
- Je vais avoir un accident! - Donne-moi ça!
Tu devrais quitter ce type!
Ça ne te regarde pas.
- Ce salaud ne pense qu'à te sauter. - Ferme-la, toi!
Je n'ai plus de réseau.
Evidemment!
Putain de réseau!
Arrête la voiture.
Pourquoi?
Je dois lui parler.
Allez Nesrin, gare-toi.
Arrête-toi!
D'accord!
Bon, je vais m'en griller une.
Ça caille!
J'ai mal au dos.
Arrête de fumer.
- T'en veux une? - Non.
Laisse ça.
Nettoie tes yeux. C'est dégoûtant.
Merci.
- Dépêche toi, on gèle. - J'arrive.
Je n'ai pas de réseau.
Il fait trop froid!
Je gèle. Termine vite, je rentre.
Mehmet.
La voiture ne démarre plus.
- Que se passe-t-il? - Je n'en sais rien.
La jauge d'essence est allumée.
- Alors on fait quoi? - On pousse.
Ne dis pas de connerie, il n'y a plus d'essence.
T'as fait le plein?
Je ne sais plus.
Je dois m'occuper de tout: Maman, Murat, I'essence.
J'ai juste oublié.
Le voilà.
J'espère qu'il a trouvé de I'essence.
Il a les mains vides.
Va savoir!
- Alors? - Il y a un tracteur,
qui nous amène de I'essence.
Et tu es parti?
Pour ne pas vous laisser seules.
Espérons qu'il ne tarde pas.
Il faudra lui rajouter 10 lira. J'avais pas assez.
Tu I'as déjà payé?
Et alors? II ne va pas s'enfuir avec I'argent.
Bien sûr que oui, imbécile!
- Quoi? - La porte.
Tu penses que tout le monde est comme toi?
Arrête!
Pourquoi? II était censé s'enfuir avec I'argent?
Paye d'abord ton loyer avant de me donner des leçons.
Moi, au moins, je ne lèche pas le cul des gens.
Je lèche le cul de qui?
Des connards que tu combattais.
Ça suffit!
- Arrête! - Arrête de donner des ordres!
A qui?
A tout le monde. A moi, à ton mari, à Murat.
Murat ne peut rien faire sans moi.
Tu as peur qu'il finisse comme moi?
Plutôt mourir que le voir devenir un parasite comme toi.
Gare-toi!
Comment oses-tu me parler ainsi?
Où vas-tu?
Mehmet, reviens!
Où vas-tu?
Et s'il ne revient pas?
Qu'est-ce que j'en sais?
La clé est sur la porte.
Maman?
Maman?
Mehmet?
Où étais-tu, tête de mule?
Mehmet, où étais-tu?
Tante Nusret!
Tante Nusret!
Oh, maman!
J'ai trouvé son chapelet.
J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.
Jamais je n'oublierai cette maison.
Où sont les urgences?
- Juste là. - Merci.
Nous avons fait un bilan médical complet.
Et n'avons rien trouvé d'anormal.
Son EKG et la prise de sang sont OK.
Il n'y a pas de traces de toxines. Ne vous inquiétez pas trop.
C'est sûrement lié à son âge.
Ça doit être d'ordre neurologique.
C'est-à-dire?
Un disfonctionnement neurologique.
Je lui ai prescris des médicaments.
Quand va-t-elle se réveiller?
Dans quelques heures.
Puis elle pourra rentrer chez elle.
Viens, maman.
Je prends les bagages et j'arrive.
Ça va?
Entre, maman.
Entrez et installez la confortablement.
Apporte ses pantoufles.
Assieds-toi, maman.
Tu es bien installée?
Je vais te mettre tes pantoufles.
Maman,
donne-moi ton pied pour que je puisse enfiler la pantoufle.
Non, pas celui-ci, I'autre.
OK, celui-là alors.
Très bien.
L'autre, maman.
Non, I'autre.
Celui-là, maman.
Je le mets où, ce sac?
Dans la petite chambre, s'il te plaît.
On vient d'arriver...
chez Nesrin.
Je ne vais pas au bureau aujourd'hui.
J'essaierai demain.
Je n'ai pas pu t'appeler avant.
Je te rappelle.
Et Murat?
II était chez Ozan, hier soir.
Chez Ozan?
Tu aurais pu me le dire.
- Et quand? - Je ne dors plus depuis des nuits.
J'étais morte d'inquiétude.
A ce soir.
Maman, que fais-tu?
Qu'est-ce qui t'arrive, maman?
Arrêtez de rire, vous deux!
Tu ne dors pas?
Couche-toi, maman.
- Comme ça? - Oui, doucement.
Maman, c'est quoi tout ça?
Donne-moi ce mouchoir.
Bonne nuit.
Tu ne dors pas, non plus?
J'y arrive pas.
Tu as fait du thé?
Oui, sers-toi.
J'ai trop mal à I'épaule.
Maman est devenue bizarre.
Surtout dans la salle de bain.
Elle s'est énervée et m'a criée dessus. Elle refusait que je la touche.
Avec ses mains plaquées sur son sexe.
- Elle n'a plus de poils. - C'est vrai?
C'est ce qui nous attend.
Arrête.
Comment ça va avec Faruk?
Comme d'habitude.
Rien n'a changé.
Vous n'avez toujours pas résolu votre problème?
Non.
Je ne supporte pas qu'il me touche.
Vous avez vu un thérapeute?
Oui.
Et alors?
II dit que le secret est d'apprendre à se toucher I'un I'autre.
Comme je n'arrive pas à le toucher, je n'arrive pas à faire I'amour!
A notre âge, on devient comme frère et soeur.
Pourquoi tu dis ça?
- Que dire? - Essaye.
Bonjour.
Ne m'appelle pas. Je t'appelle ce solr.
Qui est-ce?
- Qui ça, maman? - Murat.
Ton petit-fils.
Alors pourquoi n'est-il pas...
Venu te présenter ses respects?
II va le faire. Je vais le chercher.
Je pose ça, là.
Viens, assieds-toi.
Vas-y, assieds-toi.
Je vais le chercher à la fac.
Reste assise comme ça. Tu ne bouges pas d'ici, d'accord?
D'accord.
Le téléphone est là. Je te laisse mon numéro.
Pour m'appeler, si besoin.
Allez, va-t'en.
OK. J'y vais.
Tu arrives à lire?
Oui, oui, va-t'en!
J'allume la télévision.
C'est un rassemblement d'une ampleur jamals vue.
Même les bateaux ont hlssé le drapeau turc.
Vlve la démocratle.!
Nous sauverons la Républlque, Inch Allah.!
- Tu le vends? - Oui.
Combien?
Je I'ai acheté 200 lires.
Tu en veux combien?
Donne-moi 100 lires.
Ça ne les vaut pas.
Combien?
50-60 lires maximum.
OK, donne-moi 60.
C'est cassé. Je t'en donne 50.
Tu as dit 60.
Non, j'ai dit entre 50 et 60. - C'est cassé.
OK, c'est bon.
- Je peux voir le walkman? - Bien sûr.
Le rouge.
- Je récupère ma carte SIM. - Allez.
- II y a un code? - Non, il n'y en a pas.
La batterie marche?
Bien sûr,
tu peux vérifier.
C'est combien?
30 lires.
Tu veux crever, mec?
Pourquoi tu m'as suivi si t'as la trouille?
Me fais pas chier quand j'ai mal aux pieds.
File-moi tes chaussures, petit merdeux!
- Bonjour, Ozan! - Bonjour, Mme Nesrin.
Je cherche Murat.
Je ne I'ai pas vu récemment.
Tu es sûr?
- II n'était pas chez toi, hier soir? - Si, mais il est parti ce matin.
Allez, Ozan, dis-moi.
J'en sais rien. Je dois partir, j'ai un cours.
Je sais très bien ce que vous fabriquez.
Je te jure que je vais appeler la police.
Je ne sais vraiment rien. Je dois y aller.
Tu étais où ces derniers temps?
On a ramené ta grand-mère.
Alors c'est vrai!
Tu ne savais pas?
Merde. Je pensais que ma mère essayait de me piéger.
Non.
Qu'est-ce qu'elle a eu?
Elle avait disparu.
Comment ça?
- Simplement disparue. - Mais où?
Elle avait quitté la maison et disparu.
Pourquoi?
Je sais pas. On I'a trouvée et on I'a ramenée.
Où est-elle?
Chez vous.
Que fait-elle là-bas?
Elle pisse sur la moquette.
Cool.
Moi aussi, je vais pisser sur cette moquette.
Et moi, je vais chier dessus.
Tu t'en es bien sorti.
Bordel, pourquoi lui ai-je couru après?
Ça ne valait pas le coup.
Il m'a attrapé,
il m'a attiré dans une petite allée.
Il m'a mis un couteau sous la gorge.
Il n'y avait personne autour.
Il aurait pu me découper en morceaux.
Je ne pouvais plus respirer.
Il m'a dit des conneries. Regarde ça.
- C'est quoi? - II a pris mes chaussures.
Ça m'a liquéfié.
Tu aurais dû voir ses yeux sombres.
Aussi noirs que le fond d'un puits.
Pour la première fois de ma vie j'ai senti mes pieds, mes mains...
le sang dans mes veines.
Je n'avais jamais rien ressenti de pareil.
Tu t'en fais un sale trip, hein?
Oui.
Phantom: Va au 58, rue Tarlabasl.
Nesrin?
Oui?
Que fais-tu?
J'essaye de savoir avec qui il traîne.
T'en es réduite à ça?
Comment ça?
On se ruine pour ses études, et il ne va même pas aux examens.
Attends une minute, maman.
Viens-là, maman.
Don't move from this spot, mom.
Ne bouge pas d'ici, maman. Je reviens tout de suite, OK?
Maman!
Maman, je t'ai amené...
Des boulettes, avec une sauce au yaourt.
Entre.
Tu vas bien?
Oui. Je rédige mon mémoire
quand j'ai le temps.
Et ta mère?
Elle vient de sortir de I'hôpital.
Et Murat? II va bien?
Bien. Il dort pour I'instant.
Sortez-moi d'ici!
Maman!
Viens ici!
Où vas-tu comme ça?
Bleu, faucon, tulipe.
Bleu, faucon, tulipe.
Très bien. Mémorisez ces mots. Je vous les redemanderai plus tard.
Pouvez-vous compter à rebours, sept par sept, depuis cent?
Pouvez-vous compter en arrière, sept par sept, depuis cent?
Quels étaient les mots de tout à I'heure?
- Bleu. - Quoi d'autre?
Quelle catastrophe nous attend encore?
Quand vont-ils finir?
Je ne sais plus si je dois m'occuper de Murat ou de maman.
Très bien. Maintenant essayez de siffler.
Sentez-vous la même chose,
de ce côté-ci et de ce côté-là?
Vous sentez la même
Vous sentez la même chose des deux côtés?
Très bien.
Maintenant, essayez de tirer votre bras vers vous.
Je dois toujours m'occuper d'elle?
Cette fois, tu la prends chez toi! Moi, je vais chercher mon fils.
Tu sais bien que je n'ai pas une vie régulière.
Donc, parce que j'ai une vie régulière, je dois subir ça?
Votre mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer.
La maladie est à un stade avancé.
Il faut vous préparer à pas mal de difficultés.
Par exemple, votre mère ne pourra plus gérer ses tâches quotidiennes comme autrefois.
Bientôt, elle ne pourra plus se laver seule.
Se rendre aux toilettes.
Ou même s'habiller elle-même.
Vous devrez lui réapprendre les gestes quotidiens en les
lui répétant.
Elle ne peut plus rester seule. Elle vit avec qui?
Avec moi.
Elle aura parfois des crises de nerf et deviendra très désagréable.
Vous devrez la calmer et vous maîtriser
dans ces moments là.
Ce sera de la faute de la maladie. Il ne faudra pas lui en vouloir.
Avez-vous des questions?
Vous pouvez m'appeler au besoin.
Merci.
Maman, calme-toi,
s'il te plaît! Arrête, tu vas tomber!
Maman, calme-toi!
S'il te plaît, maman, arrête.
Laisse-moi faire, s'il te plait.
C'est pas trop chaud?
Ça brûle!
Regarde,
ça, c'est les toilettes.
Si tu as besoin de faire pipi ou caca, c'est ici.
Regarde, tu t'assoies comme ça. Et ne fais pas sur la moquette, d'accord?
- Maman, écoute, pipi, caca... - Ça ne marchera pas.
Comment lui expliquer autrement?
Maman, dans les toilettes. Pas sur la moquette. Regarde...
Nesrin, n'insiste pas. Mettons-là à I'hôpital.
Les gens diront qu'on a abandonné notre mère!
- Bon sang, qui dira ça? - Quoi?
Et comment le dire à maman?
Tu exagères.
Ça suffit!
- Je rentre chez moi! - C'est hors de question.
Je rentre chez moi.
Ce soir?
Après le travail?
Laisse-moi réfléchir.
D'accord.
Rendez-vous devant le journal.
D'accord. Bisous.
Au Galata, s'il vous plaît.
Par là, maman.
Tu restes ici. Je viendrai te chercher demain.
Maman, je t'en prie!
On va se laver les mains à I'intérieur.
Murat! Qu'est-ce que tu fais là?
Ça ne te regarde pas.
Ta mère te cherche partout. Pourquoi ne I'as-tu pas appelée?
C'est qui?
Ta grand-mère.
Maman, regarde. C'est ton petit-fils, Murat.
- Elle va rester ici ce soir. - Pourquoi ça?
J'ai beaucoup de travail au journal.
Laisse-la rester ce soir. Je la récupérerai demain.
- Où est Mehmet? - II devrait pas tarder.
- Quand rentre-t-il? - Va savoir?
Maman, Mehmet sera bientôt là. Je viens te chercher demain. D'accord?
- Comment je vais faire? - Voilà ses affaires.
Je vais te donner de I'argent.
150, ça lira?
Ses médicaments.
Tu lui en donnes un le matin et un le soir.
Et celui-ci, toutes les 3 heures. N'oublie pas.
- Qu'est-ce qu'elle a? - Alzheimer.
- C'est quoi? - Elle oublie tout.
Sauf le passé lointain.
Surveille-la bien.
Je reviens demain et tu rentres chez toi, d'accord?
- C'est à toi que je parle! - Oui, vas-y.
Allez maman, au revoir.
Mamie!
Viens à I'intérieur.
Où est ma montagne?
Je n'al pas pu te jolndre chez tol. Où êtes-vous?
Ne t'inquiète pas. On est en route.
Comment ça? Vous étlez où?
J'ai du passer par le bureau. Ne t'inquiète pas, on rentre.
Pourquol I'as-tu emmenée?
Ne t'inquiète pas, Nesrin. Elle va bien.
Appelle-mol quand vous arrlvez.
D'accord, je t'appellerai.
- Ça va, mon chéri? - Bien, et toi?
- J'ai abandonné ma mère. - Qu'est-ce qu'elle fait ici?
Comme si tu t'en souciais?
Qu'est-ce que tu racontes? Allez, rentrons.
Je n'ai pas envie. Allons boire un verre.
J'ai peu de temps, chérie.
Tu ne restes pas? On pourrait se réveiller ensemble pour une fois?
Güzin, J'ai beaucoup de boulot.
- Arrête! - Pourquoi tu t'énerves?
Moi aussi, je travaille mais je t'accorde du temps.
Je t'en accorde aussi!
J'en veux plus de ton temps! Arrête-toi là!
Quel monde Insenslble...
Mamle ne va pas se fâcher
pour le joint?
Non, elle est cool.
Elle sait ce que c'est?
Elle consomme de la campanule depuis longtemps.
- C'est quoi? - Tu ne connais pas?
Non, c'est quoi?
Les femmes vont cueillir la campanule dans la montagne.
Elles la font bouillir et la boivent.
Pour planer?
Pour se défoncer. Ou pour soigner I'asthme soi-disant.
Roule le joint, tu verras.
L'odeur va I'exciter.
- Je I'allume, alors. - Je t'en prie.
T'as vu comme ça lui plaît?
Comment tu t'appelles?
Murat, mamie.
Mamie?
Tu es mon petit-fils?
Oui, maman.
C'est toi qui lui a donné son prénom. Celui de papa.
Murat.
Je ferais mieux d'y aller. La route va être bloquée.
Où vas-tu, maman?
Tu vas où, mamie?
II va neiger. Les routes vont être bloquées.
Mais non, ce n'est pas encore la saison.
Calme-toi, mamie. Je t'emmènerai demain.
D'accord?
Reste, mamie.
C'est vrai, maman. Détends-toi.
Elle doit penser à la mort de mon père.
Comment il est mort papi?
Dans la montagne.
Non, pas dans la montagne.
Il vous a abandonné.
Il a toujours fait ce qu'il voulait.
Comme toi.
Je n'ai jamais abandonné personne.
Peu importe qui tu abandonnes, que ce soit toi ou les autres.
C'est du pareil au même.
Allez!
Attends une seconde, mamie!
Non, pas celle-ci, I'autre.
Attends.
Comment tu t'appelles?
Murat, mamie.
Qu'est-ce que tu fais?
Je dois faire pipi.
D'accord, mais pas ici.
Viens par là.
Non, mamie, viens.
Tu n'as pas de famille?
Non.
Qui m'a amenée ici?
Tes enfants.
Qui?
Ma mère, ma tante et mon oncle.
Je ne me souviens de rien.
OK, ne te souviens pas.
C'est mieux ainsi.
Emmène-moi dans mon village.
Güzin?
Güzin? Qu'est-ce qui se passe?
Dis-moi quelque-chose! Tu vas bien?
Allez, lève-toi! Dis-moi ce qui se passe.
Güzin? Qu'est-ce que tu as?
II est arrivé quelque-chose à maman? Où est-elle?
Mais réponds-moi!
Je I'ai laissée avec Murat.
Avec Murat?
Tu I'as vu où?
Chez Mehmet.
Quoi? Pourquoi tu ne m'as pas prévenue?
Enough! Stop irritating everybody.
J'embête qui?
- Tout le monde! - C'est pas vrai!
Laisse-moi!
- Je m'inquiète juste pour mon fils! - Fous-moi la paix!
Allez, mamie.
Plus que quelques marches.
Qu'est-ce que tu fais mon vieux?
Et vous, où étiez-vous?
Sommes partis ce matin.
C'est quoi ça?
Je privatise mon électricité.
Pourquoi?
Parce qu'on me I'a coupée aujourd'hui.
Et c'est quoi ce truc?
Ça te plaît?
Regarde.
- On ne va pas mourir? - T'inquiète pas.
Tiens ça, Murat.
- T'es con. OK, t'es prêt?
Allume!
Putain, c'est incroyable!
Qu'est-ce que tu fais ici?
Qu'est-ce que tu fabriques?
- Qu'est-ce que vous faites là? - Comment ça?
Tu aimes me faire souffrir?
- Pourquoi vous êtes là? - Pourquoi tu me fais ça?
- Qu'est-ce qui te prend? - Comment ça?
Tu veux finir comme ton oncle?
Comment as-tu osé emmener maman ici?
Une minute.
Maman est très bien ici, je vous signale.
C'est un bon gars.
- Ne lui crie pas dessus. - Maman, reste en dehors de ça.
- On rentre à la maison. - Quelle maison?
Vous ne me demandez même pas mon avis.
Vous ne I'avez jamais demandé.
Tu veux dire quoi? C'est ta maison!
- Pas comme ce trou à rats! - Ta gueule!
Je ne veux pas finir comme toi.
Tu n'as jamais su apprécier ce que tu avais.
Je me suis toujours demandé...
...si tu m'as jamais réellement aimée.
Regarde-toi.
Tu es si transparente.
Comme la fenêtre derrière toi.
Le pire c'est que je suis juste comme toi.
Maintenant, nous sommes pareilles.
Pourquoi tu m'appelles?
Tu n'as pas besoin de t'excuser.
Maman?
Ne m'appelle plus.
Je ne veux plus te voir.
Maman?
Güzin.
Te mettre au monde a été si dur. Tu étais collée à moi.
Et maintenant, tu veux que tout le monde soit collé à toi.
Je pourrais aussi bien partir.
Mais qui va jouer avec mes jouets?
Et qui va me tenir la main,
comme maman le fait tout le temps?
Ne sois pas comme moi.
Ouvre-toi au monde.
Comment ont-ils pu I'enfermer là-bas?
Mais comment?
C'est la vie, mon gars.
Tu t'en rendras compte, tôt ou tard.
Toi aussi, tu vas me quitter?
Ne t'inquiète pas.
Même si je le voulais, je ne pourrais pas.
Je ne pourrais pas vivre sans toi.
C'est encore pire.
Laisse Murat partir.
Mamie, je n'arrive pas à allumer le feu.
Mamie!
How can I light the wood? Le bois est humide.
Tu peux venir m'aider?
Comment on fait?
Je dois faire quoi?
Juste rester ici?
Et maintenant, je fais quoi?
Laisse tomber, mamie.
Viens te recoucher.
Mamie...
Qu'est-ce
que tu fais là?
Ils m'ont dit de marcher.
Qui?
Qui t'a dit ça, mamie?
Laisse tomber, viens. Maintenant, ils te disent de t'asseoir.
Laisse-moi aller dans ma montagne.
Sinon, elle aussi, je vais I'oublier.
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