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Original subtitles

Alors, des r�actions ? Commentaires ?

- Oui. - La musique ne varie jamais.

Le rythme est toujours le m�me.

Comme si seules les paroles �taient importantes.

Moi, je ne suis pas d'accord.

J'ai l'impression que le rythme s'acc�l�re.

On est entra�n�, comme si on ne pouvait pas en sortir.

Vous n'avez pas tort tous les deux.

Dans les tarentelles, le rythme doit aider � extirper le mal d'amour,

la possession, la tristesse donn�s par le venin de l'araign�e.

Par le rythme, le malade est plac� en transe.

Et la voix fait le lien

entre le monde des hommes et celui des forces obscures.

Tout cela peut para�tre intellectuel.

Mais n'oubliez jamais que ces chants sont issus d'une tradition populaire.

On les reprenait sur les places, dans les rues.

D'o� ces interpellations : "Oi, oi, oiki." Ces choses-l�.

Ces cris qu'on entend par moments. Des choses comme �a.

Assurez le reste du semestre. Lagarde les prendra d�s la rentr�e.

En tant que responsable, je ne peux pas les laisser sans prof.

- Elle rentre quand ? - Comment savoir ?

Sa sp�cialit� n'est pas la musique, c'est l'arr�t maladie.

D�s qu'un certificat m�dical arrive � �ch�ance, elle en envoie un autre.

C'est le v�tre.

Ah, pardon !

- On en reparlera plus tard. - Oui.

All� ?

Oui. C'est moi.

Oui.

Comment ?

Ne le lui r�p�tez pas, mais je trouve �a formidable.

On dit toujours que les jeunes se foutent de tout.

Manifester pour le Tibet libre, vous trouvez �a "formidable" ?

Le Tibet, �a vous concerne pas ?

C'est � 10 000 km, alors c'est pas vos oignons.

Jeter des pierres aux CRS au lieu d'�tre au lyc�e, c'est normal ?

Monsieur, je vais vous dire une chose.

Chacun sa vocation.

Un manifestant lance des pav�s.

Un CRS se les prend sur la gueule !

J'ai un beau-fr�re dans les CRS.

Il d�prime quand il ne re�oit rien.

Il a l'impression de ne plus exister, d'�tre transparent, inutile.

Qu'on ne l'aime plus, quoi. C'est dr�le, hein ?

Et � 16 ans, elle va br�ler des voitures � No�l ?

Normal, � Strasbourg.

� 20 ans, braquer les banques pour les pauvres ?

Dynamiter la cath�drale car Dieu ne fait rien ?

Arr�te, papa !

"Arr�te, papa." Pour qui tu te prends ?

Pour qui elle se prend ?

Une justici�re ?

Tu penses faire plier le r�gime de P�kin ?

Elle a peut-�tre une conscience politique, elle.

Tu ferais mieux de te taire. Je sais d'o� viennent ses id�es.

Maintenant, �a suffit. T'as compris ?*

Ou je te fous dehors !*

La m�re Bisheim !

Tu crois que tu me fais peur, avec tes menaces bourgeoises ?

Je r�siste.

Depuis le temps, tu r�sistes bien. Quelle force ! Bravo !

- Tiens. - Non !

Go�te !

Il m'engueule tout le temps.

C'est pas facile, pour lui. Il a des inqui�tudes de p�re.

- C'est normal. - Mais je suis plus une gamine.

Tu m'amuses. T'es pas une grand-m�re non plus.

Eh !

Passe-moi un chiffon.

Pas celui-ci, l'autre. Merci.

S'il avait une copine, �a le calmerait.

Il serait apr�s elle, et on pourrait respirer.

Les rares copines qu'il a eues, �a n'a pas dur�.

- Assez pour qu'on les voie. - L�, il y a urgence.

On peut pas lui en trouver une � sa place.

Tu m'as pas dit. Vous avez bien fait chier les flics ?

Et les pav�s, tu les as lanc�s comme j'avais dit ?

Bonne �l�ve.

"Il y avait en eux quelque chose d'insoutenable,

"et Stres d�tourna le premier le regard.

"'Je m'excuse de devoir te poser cette question', dit-il,

"'mais c'est tr�s important.

"'Comprends-moi, Doruntine.

"'C'est important pour toi, pour ta m�re, pour nous tous.

"'Tu as vu le visage de l'homme qui t'a ramen�e ?'"

Vous n'aimez pas ?

Vous pourriez me lire le Bottin, je serais heureuse.

Vous avez une si belle voix.

Isma�l Kadar�, c'est mieux que le Bottin.

Parlez-moi du dehors. Les villes.

"La ville" ?

Eh bien, t�t le matin,

il y a un parfum de brouillard, de feuilles encore fra�ches,

de campagne.

Vers midi, tout est br�lant.

C'est comme si le soleil envahissait toutes les rues.

Les gens aux terrasses, les enfants dans les parcs.

Il y a plein de sourires.

Vous venez me voir depuis quand ?

Bient�t 1 an.

On en a lu, des pages.

Vous �tes ma plus ancienne auditrice. J'en ai un peu marre, de vous.

Il est temps que vous rentriez � la maison.

Oui.

Vous �tes un artiste, monsieur Luigi.

Un v�ritable artiste.

De petites choses.

C'est tellement bien peint.

La peinture parle � l'humanit� enti�re.

Plus de langues, de fronti�res, de tromperies.

- C'est vrai, ce que vous dites. - �videmment.

Songez aux mensonges que vous transportez.

Ces enveloppes qui apportent la discorde, la haine, la ruine.

- Il y a des lettres d'amour. - Vous rigolez !

Plus personne n'en �crit.

Il n'y a que les e-mails, les SMS, la communication globale.

Pourquoi croyez-vous qu'� c�t� de la pomme j'ai peint un portable ?

Il repr�sente notre monde.

Surveillances infinies, �changes sans visages, perp�tuel bla-bla-bla.

Dans votre sacoche, vous ne trouverez plus d'amour.

Que des factures, des lettres de licenciement,

des publicit�s, une merde qu'il faudrait pulv�riser.

Pulv�riser !

J'avais jamais pens� � �a.

- Encore un peu de caf� ? - Oui.

Remplacer la chaudi�re, qui va l�cher,

par une au gaz ou aux billes de bois,

c'est pas le m�me prix.

C'est plus �colo, les billes de bois.

C'est pas donn�, au d�part.

Et la g�othermie, c'est bien.

Malou, �a co�te la peau des fesses.

Il faudrait retourner le terrain, faire des forages.

Mais il n'y a pas de r�duction d'imp�ts ?

Mais on l'a achet�e ensemble, je ne sais pas comment �a se passe.

- Salut, tout le monde. - Salut.

Je ne sais pas s'il reste � boire.

T'as d�j� fini de travailler ?

Tu sais bien que je n'op�re jamais durant shabbat.

- Tu le sais. - Mais tu bois un coup.

Quel rapport ? Tu connais rien au juda�sme.

Les amis, je vous pr�sente Ejidia .

- Egidja. - Egidja, qui est lituanienne.

Elle est � Strasbourg depuis 2 mois. Ne l'effrayez pas tout de suite.

Jean-Paul,

chirurgien � temps partiel, comme tu l'as compris.

Malou, qui le supporte depuis... Depuis combien ?

- 21 ans. - Elle a pas l'air malheureuse.

Francette, la femme de Dieter.

Alessandro, un coeur � prendre

si tu as une copine.

Nous, on a renonc� � le caser.

- Que pensez-vous de ce vin ? - Dieter, Egidja.

- E...? - Egidja.

Enchant�.

- Ne restez pas les mains vides. - Je ne bois pas.

Tu ne bois pas de vin ?

Jamais ?

"Jamais."

Bon. Qui est-ce qui vient, dimanche aux Essarts ?

Pas ce week-end, le prochain.

On peut emmener Irina.

Je te redirai.

"Tu ne bois vraiment pas de vin ?"

- Elle habite o�, cette No�mie ? - Pr�s de l'Orangerie.

Bon. D'accord.

Vous ne sortez pas. Vous restez chez elle.

- Ne sois pas en retard � l'�cole. - Oui, oui. T'inqui�te.

Qu'est-ce qu'il a �crit, l� ?

"Essuie-tout."

Il ne peut pas dire Sopalin ?

Tu sais tr�s bien qu'il est contre les marques.

Bon. Tu prends 4 rouleaux.

Et du liquide vaisselle, s'il te pla�t.

Et 2 berlingots d'eau de Javel.

Qu'est-ce que tu fais ?

T'as pas mal de culottes � changer. Celles-l� sont bien.

- Pas vulgaires, de la bonne qualit�. - Je vais pas mettre �a.

- Tu pr�f�res le poney ? - Papa, j'ai 15 ans.

15, pas 8. Et c'est pas � toi de m'acheter mes culottes.

- � qui, alors ? - � moi.

J'ach�te pas tes cale�ons.

Ma m�re me les a achet�s jusqu'� mes 30 ans.

Tu me fais honte.

Irina !

Irina !

Non. Alessandro, t'es encore en retard.

Je sais, je suis d�sol�. Excusez-moi, tout le monde.

On fait une pause, �a nous fera du bien.

D�sol�.

- �a va pas, aujourd'hui ? - Si. Un peu fatigu�.

En ce moment, c'est pas facile, avec Irina.

�tre p�re, tout seul, tu vois...

C'est toi qui veux rester seul.

Elle n'a jamais eu de m�re, je veux qu'elle ait un p�re.

Tu pourrais t'occuper de toi, de temps en temps.

C'est pas parce que toi et moi, �a n'a pas march�,

que �a ne marchera pas aujourd'hui avec une autre.

Tu connais pas un bon psy ?

- Ciao, hein ! - Tu ne viens pas ?

Pourquoi ? Tu me dis toujours que je ne te laisse pas libre.

Que tu dises bonjour � sa m�re. �a se fait, non ?

Bon, d'accord. Mais juste bonjour.

- Enfin, les voil�. - Bonjour.

- Entrez ! - Je la d�posais, je suis mal gar�.

La police ne passe jamais dans la rue.

- Non ! - Entrez quelques minutes.

- Vous prendrez bien une coupe ? - Non. Pas � cette heure-l�.

Il n'y a pas d'heure.

Moins fort, les filles. Quelle �nergie � cet �ge, non ?

Quel d�sir de vivre !

Alors c'est vous, le papa d'Irina !

Depuis le temps que No�mie m'en parle.

Irina par-ci, Irina par-l�.

- No�mie m'a dit que vous �tiez veuf. - Oui. C'est vrai.

C'est horrible. C'est arriv� quand ?

5 mois apr�s la naissance d'Irina. Accident de voiture.

C'est loin. Vous avez eu le temps de...

Enfin de...

Fichue voiture.

Je suis d�sol�, je dois vraiment y aller.

- Vous �tes professeur ? - En histoire de la musique baroque.

J'adore le rock. Johnny Hallyday...

Pas le rock, baroque. C'est un peu avant.

Mais m�me �a, j'adore. Je suis une passionn�e.

J'aime sortir, d�ner avec des amis.

- Vous faites du sport ? - Je cours un peu le week-end.

- D�sol�, je dois vraiment y aller. - Route ? Sous-bois ?

- Sous-bois. - Moi aussi.

O dio !

� tr�s bient�t.

Revenez quand vous voulez.

- Non. J'irai pas. - Si, tu iras.

- Non. - Si ! �a te fera du bien.

Irina.

Irina !

Qu'est-ce que j'ai fait ?

On peut aimer quelqu'un qui n'aime pas la m�me musique...

- Pas d'accord. - C'est moi qui parle.

Qui n'aime pas le m�me paysage.

On ne peut pas aimer quelqu'un qui ne boit pas de vin.

Saucisses blanches, 1er service. En Lituanie, la vigne, c'est rare.

C'est pas le probl�me.

Une coll�gue de Reykjavik boit du vin tous les soirs.

Il n'y a pas un seul grain de raisin en Islande.

Je confirme.

Mais ta Lituanienne, vin ou pas, elle �tait bien gaul�e.

�a va ? Qu'est-ce qui te prend ?

C'est Jean-Paul qui me l'a fait remarquer.

- T'as dit �a, toi ? - Quoi ?

- On va � la grange ? - Oui.

Vous les voulez enti�res ?

- J'en veux 2. - Une. On verra apr�s.

Tu vas te taire, Siddhartha ! Tais-toi ! Tais-toi !

T'as bien choisi le nom du chien : calme, serein.

�coute, il est en chaleur. T'as jamais �t� en chaleur, toi.

Maman, papa !

Il y a le toit qui a craqu�. Tout s'est effondr�.

- �a va ? - Oui.

T'as rien ? T'as rien ? T'es s�re ?

Oh, la vache !

Ne t'approche pas !

Non. Reste ici.

Bordel !

Je l'avais dit, qu'il fallait changer cette poutre de merde !

- Gerhard a dit qu'elle �tait bonne. - Gerhard, il est cuisinier !

- Et toi ? - �a va, �a va.

- On se calme. - �a a failli les tuer.

�a va, personne n'est mort. Rien de grave.

Ta gueule, Siddhartha !

Ta gueule !

- Les saucisses vont cramer. - C'est vrai.

"Les saucisses" ?

Putain ! Vous faites chier, les gars !

Vous faites chier !

Monsieur Bertaud ?

Bonjour.

Je suis Alessandro Reggazzoni, de l'association Le Lien des mots.

�a va bien ?

Vous permettez ?

Je suis venu vous faire la lecture, monsieur.

J'ai apport� diff�rents livres.

Et vous me direz ce que vous aimez bien, d'accord ?

Il fait chaud, ici. Vous n'avez pas chaud ?

�a va ? Vous voulez un verre d'eau ?

Si vous voulez, je commence par un auteur de ma r�gion,

le nord de la V�n�tie,

qui s'appelle Mario Rigoni Stern.

Toute son oeuvre parle de la guerre, de la m�moire,

et beaucoup de la montagne, aussi.

Neige de janvier , c'est le titre.

"De son bras droit,

"il s'�tait appuy� au tra�neau.

"Le gauche, il l'avait pass� dans son manteau, par-devant.

"Quand une balle de la rafale l'avait touch�,

"il n'avait per�u qu'un coup sec,

"comme le choc d'un caillou."

Oui, monsieur Bertaud ?

Vous n'avez rien de plus �rotique ?

Non.

Non. Non, pas l�. Je suis d�sol�.

Elle vient de s'endormir.

- Bonjour, Yasmina. - Bonjour.

Elle a beaucoup souffert, cette nuit.

Tu lui diras que je suis pass�.

- Je reviens jeudi. - Oui.

Tu as une petite mine, non ?

On a sign� hier soir, chez le juge.

Je suis une femme libre, maintenant, ou largu�e.

�a d�pend comment on voit les choses.

�a ne marche pas.

De la poussi�re partout.

" L'Express , 5 juillet 2006."

" Le Point , 13 novembre 2008." Du gratuit.

Du gratuit.

" Marie-Claire , avril 2000."

Irina Reggazzoni.

C'est moi. C'est nous.

Je veux dire c'est elle.

C'est ma fille.

Je vois bien que nous nous �loignons l'un de l'autre.

Quand je veux lui faire comprendre quelque chose,

elle se ferme.

Physiquement, elle a grandi tellement vite.

Mais c'est encore une enfant, j'en suis s�r.

Une enfant dans le corps d'une femme.

- "D'une femme" ? - Oui. Regardez-la.

Qu'est-ce que tu en penses, Irina ?

Bien.

Tu peux nous laisser un instant, s'il te pla�t ?

Voil�.

Je suis pas certaine que votre fille ait besoin de moi.

Mais vous, vous pourriez aller voir un confr�re.

Comment ?

Votre fille entre dans l'adolescence. Parfois, cela perturbe les parents.

Vous vous moquez de moi ?

Vous trouvez qu'Irina �volue physiquement tr�s vite.

Et vous consid�rez que c'est encore un b�b�.

Quoi ?

Elle est tr�s en avance,

intellectuellement et �motionnellement.

C'est vous qui avez des probl�mes.

Pas elle.

N'importe quoi !

N'importe quoi !

J'�couterais les conseils de quelqu'un

dont les analyses sont aussi p�rim�es que ses magasines ?

Salut, la belle.

- Tu fais quoi ? - Je les stocke.

Tu peins toujours la m�me chose.

T'as jamais essay� de les vendre ?

Je ne veux pas vendre. Un type de Zurich veut tout acheter.

- Il a vu mon travail chez Jean-Paul. - Et alors ?

Il envoie des lettres. Je ne les lis pas.

Ton p�re !

Bon week-end.

Pousse, pousse, et je me range

Range, range

Tremble, tremble, tremble

Je te d�range, range range

La vie, ma vieille, c'est un kilo d'oranges

Presse, presse, presse

Et je te mange, mange, mange

Eh ! T'aimes pas ? C'est de ton �ge, pourtant, non ?

Oh, je te parle !

Je suis cens�e dire que t'aimes des chansons d�biles ?

Quoi ?

- Bonjour, ma ch�rie. - Salut.

�a va ? T'es toute belle.

- Bonjour, ma ch�rie. - Salut.

Donne-moi ton sac.

Tu restes d�jeuner ?

Je ne peux pas, j'ai plein de travail. Il faut que je rentre.

- Tu as 2 minutes, tout de m�me. - Oui.

Comment �a va ?

- Irina ou toi ? - Un peu les deux.

Il n'est pas m�chant, tu sais.

Quand il vous voit, il est content. Et en m�me temps, il se rappelle.

Avec le temps, j'aurais cru que...

Le temps, �a ne change rien.

Le temps... Le temps, c'est toujours une excuse qu'on se donne.

Tu la reprends quand, la puce ?

Dimanche. Vers 19 h, �a va ?

Je te ferai une bonne tarte.

Pourquoi tu te fais du mal ?

C'est une cassette que je viens de retrouver.

Tu la retrouves tous les mois, ta cassette.

Sandro, moi aussi, je l'aimais beaucoup, Louise.

Mais tu vas pas rester comme �a.

Comment �a, "comme �a" ?

Tout seul.

T'es bien tout seul, toi.

C'est pas pareil, je suis un combattant.

Un combattant est toujours seul.

Le Che, il ne s'est jamais mari�.

- "Il ne s'est jamais mari�" ? - Jamais.

- T'es s�r ? - Non.

Qu'est-ce que tu veux ?

Qu'on se retrouve comme 2 couillons, quand Irina sera partie ?

J'aimerais aller ailleurs. C'est un petit village.

Il est content. Il retrouve ses copains d'enfance.

J'ai pas de copines, l�-bas.

Les gens parlent pas italien, c'est un patois.

Comme l'alsacien. Je comprends pas grand-chose.

C'est important pour lui.

- Oui, mais bon... - Tu as le m�me geste qu'elle.

De quoi tu parles ?

Ce que tu viens de faire, avec les cheveux.

Louise faisait toujours �a.

Quoi ? �a te d�range, ce que je dis ?

Tu n'aimes pas que je te parle de ta m�re ?

C'est quelqu'un que j'ai pas connu et qui prend une place folle.

Mais qu'est-ce que tu dis ?

Ce que je dis, c'est qu'il faut que je vive.

�a m'�touffe.

- Je le mets o�, l'animal ? - Tu le sais bien.

L�, pr�s de l'�vier.

Reggazzoni, je voulais vous voir.

- Bonjour. - C'est �a !

Pour les partiels des 2es ann�es, essayez d'�tre plus s�v�re.

- J'essaie d'�tre juste. - C'est vous qui le dites.

Votre moyenne est � 2 ou 3 points au-dessus de celles des coll�gues.

Vous faites perdre du temps en commission d'harmonisation.

Je compte sur vous.

Vous ne trahiriez personne, Alessandro.

Ce n'est pas question de trahir, c'est une question de...

C'est une question de place.

Quelque part, Louise est toujours l�.

C'est comme si elle m'attendait.

Et vous aimez qu'elle vous attende ?

Je pense que oui.

Vous savez, Agathe,

je peux bien vous le dire � vous.

Il y a quelques femmes de temps en temps, dans ma vie.

Mais je ne ressens rien, �a n'a pas de sens.

Les morts sont plus forts que nous.

Ils ont la vie enti�re devant eux.

Mais avec les absents, c'est pire.

Ils nous hantent, plus que les morts.

Pourquoi vous dites �a ?

Oh...

En tout cas,

ne plus aimer � votre �ge, c'est immoral.

Je vous l'interdis, Alessandro.

T'as vu comme il te regarde ?

Mais non, c'est toi.

Tu rigoles ! Regarde bien.

Il est moche.

"Moche" ? Vas-y, cours chez l'ophtalmo !

- Il est nouveau ? - Il est l� depuis 2 semaines.

Il est assez pote avec Juju et Bouzou.

Sonia sort avec un type de 30 ans.

- Arr�te. - Je te jure !

Elle l'a p�ch� sur Internet.

Le truc de vieux, quand tu dragues plus en direct.

Elle a notre �ge, c'est d�gueu.

En plus, elle est toute fi�re.

Qu'est-ce que j'avais dit ?

- Arr�te ! - C'est bien toi qu'il regarde.

"Quoi que puisse dire Aristote, il n'est rien d'�gal au tabac.

"Et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre."

Qu'est-ce qui lui prend ?

"Quoi que puisse dire Aristote, il n'est rien d'�gal au tabac."

Sganarelle, acte 1, sc�ne 1.

Dom Juan , de Moli�re. Qu'est-ce que t'en penses, Irina ?

On ne l'a pas encore �tudi�.

Ils ne l'ont pas encore �tudi� !

Et �a ?

Hop ! Tu l'as �tudi�, �a ?

- Il �tait o� ? - Dans tes affaires.

Tu fouilles dans mes affaires ?

Tu crois que je vais laisser ma fille pr�parer son cancer d�s 15 ans ?

C'est pas � moi.

C'est � une copine.

C'est pour que ses parents ne sachent pas.

Je dois avaler �a ?

Pourquoi il ne me croit jamais ?

J'en ai marre.

Quoi ?

Le Commandeur , dernier acte.

Irina ! Mange les gnocchis de ton oncle qui t'aime,

lui.

"Il approcha ses mains de sa poitrine.

"Alors, il sentit Jennifer se courber en arri�re.

"Et ses deux seins, couronn�s par des ar�oles charnues et brunes,

"durs et tendus comme des dards, se gonfl�rent plus encore.

"Tandis qu'elle passait sa langue sur ses l�vres humides,

"elle �carta tr�s lentement ses cuisses.

"Son regard chavira,

"et son front se couvrit d'une fine sueur."

- Monsieur Luigi Reggazzoni ? - Oui.

Je vous ai t�l�phon� hier.

Ah oui ! Oui.

Je vous d�range. Vous �tiez � la salle de bains ?

- Pourquoi vous dites �a ? - Je peux entrer ?

- Oui. Je vous en prie. - Merci.

Vous �tes en France depuis quand ?

- Des ann�es. - "Des ann�es" ?

Vous faites votre demande maintenant ?

Dans la case "nationalit� d'origine", vous avez mis "apatride".

Mais vous venez d'o�, exactement ?

- D'un pays qui n'existe plus. - Mais lequel ?

L'Italie, madame.

Quand j'ai vu votre nom, j'ai cru que vous aviez pris un faux.

- Vous �tes italien ? - J'�tais.

Mais... Mais enfin...

Soyez s�rieux.

Vous ne pouvez pas demander le statut de r�fugi� en �tant italien.

- Pourquoi pas ? - L'Italie est une d�mocratie.

"Une d�mocratie" ? Une d�mocratie ?

�a, une d�mocratie ?

Un �tat avec � sa t�te un �rotomane lift� qui a tous les pouvoirs,

la t�l�vision, la presse...

Une d�mocratie !

Il y a des centaines de personnes dans des situations d�sesp�r�es.

- Je n'ai... - Et ma situation ?

Je vis comme un moine en attendant la chute du tyran.

Depuis son coup d'�tat, je refuse de parler ma langue.

Je ne me nourris que de r�ves.

- C'est le paradis, �a, peut-�tre ? - Au revoir, monsieur.

Estimez-vous heureux que je ne porte pas plainte.

C'est �a, partez. Partez ! Soutenez le dictateur.

Vous faites un joli travail, madame. Un tr�s joli travail.

- Salut. - Salut.

�a ne te d�range pas si je marche avec toi ?

- J'habite pas loin de chez toi. - Ah bon !

Rue Merci�re, au 27. On vient d'emm�nager.

- T'es en seconde ? - Oui. Toi aussi ?

- Tu t'appelles comment ? - Aur�lien.

- C'est quoi, cette photo ? - No�l, il y a 2 ans.

- Il �tait beurr� ou quoi ? - Simplement gai.

Recadre un peu.

Oui. L�, c'est mieux.

Coupe un peu de poitrine, encore.

- Comme �a, �a va ? - Oui.

Et le texte ?

Je pense qu'il faut �crire "professeur".

�a rassure, mais sans sp�cifier.

Et puis "libre",

qu'elles ne pensent pas qu'il est mari�.

On met sportif.

"Sportif", bien s�r.

Et bon danseur, aussi. Les femmes aiment �a.

- Je l'ai jamais vu danser. - Tu ne sais pas tout.

Laisse-moi quelques secondes.

Qu'est-ce que tu dis de �a ?

- "Sevr�" ? C'est pour les b�tes. - T'es s�re ?

Oui.

Et puis la fin, je ne suis pas fan.

Tu ne veux pas que toutes les cochonnes d'Alsace r�pondent.

Voyons, euh...

Parlez-moi de la musique religieuse de Vivaldi.

La musique religieuse...

Vivaldi �tait pr�tre.

C'�tait un homme d'�glise.

Il a compos� beaucoup d'oeuvres, de morceaux pour l'�glise.

Pour les �glises.

Par exemple ?

Vous ne savez pas ?

L'Estro Armonico ?

Pas du tout, non.

Vous n'avez jamais entendu parler du chef-d'oeuvre Juditha Triumphans

Bon. Ce sera tout. C'est fini.

Voil�.

Il n'y a pas de quoi se mettre dans des �tats pareils.

Excusez-moi, mais j'ai tellement boss�.

Vous ne saviez pas grand-chose, on est d'accord.

Mais j'ai juste eu un trou.

Je travaille tard tous les soirs dans un bar pour payer mes �tudes.

Parce que mes parents m'ont mise � la porte.

Si je me plante encore cette ann�e, c'est foutu.

C'�tait pas si catastrophique.

Mais �a ne vaut pas la moyenne ?

Ah non ! La moyenne...

C'est foutu, alors. Il me fallait la moyenne pour avoir l'�l�ment.

Tout est fichu.

Merci quand m�me.

- Au revoir. - Au revoir.

Non !

Non, mais je r�ve.

- C'est quoi, �a ? - Des billets de banque br�l�s.

Va bene.

- C'est toi qui les as br�l�s ? - Oui.

- Je vois pas. - Je t'emp�che de voir ?

C'est encore ce marchand suisse. Il croit m'amadouer.

"Encore" ? Parce que c'est pas la 1re fois ?

Combien d'enveloppes t'as br�l�es ?

Je sais plus. 3, 4.

Peut-�tre plus.

De l'argent suisse, je te signale. Donc, sale.

Moi, je ne fous rien ?

Quand tu mets le cul sur ta chaise, qui a fait la cuisine ?

Et le m�nage, il se fait tout seul ?

Ton linge, il est autonettoyant ?

Je l'emmerde ! Je vous emmerde, m�re Bisheim !

Qu'est-ce qu'il me resterait ? Rien. Ce sera pour Irina.

Je me jette par la fen�tre. Tu auras ma mort sur ta conscience.

"Un jardin sous la neige,

"comme un pas recouvert de sa propre empreinte.

"Le souffle d'un animal chaud et vivant, pr�s du sol qui attend.

"La fleur de cerisier rejoint la lune.

"C'est la jeune fille qui murmure."

Vous vous souvenez ? Au d�but, vous lisiez des pages de gros romans.

Ensuite, de plus petits.

Puis des nouvelles, de longs po�mes.

Et maintenant, des ha�kus.

Bient�t, plus rien.

J'ai peur de vous fatiguer.

Je penserai � vous.

Moi aussi, je penserai � vous.

Je pensais jamais qu'un jour, on allait en arriver l�. Vraiment.

Quand il les ram�ne, le dimanche,

il les d�pose en bas de l'immeuble,

il klaxonne, je descends les chercher,

et il n'attend m�me pas que je sois devant la porte.

Il repart aussit�t comme un voleur.

Non mais, franchement, tu te rends compte ?

Bonjour. Salut.

- �a a �t� ? - Oui, oui.

Je voulais te dire...

Si jamais...

Enfin... Quand Agathe va...

Bon. Tu me comprends ?

Tu pourras me pr�venir ?

- Bien s�r. - Merci.

Ciao.

- On a le temps. - Tu crois ?

Oui. Il s'�chauffe.

Il a 3 messages.

"Bonjour, je m'appelle Virginie.

"Je serais contente de vous conna�tre. Cliquez ici."

- Je clique ? - Oui. D�p�che.

Non. Ferme les yeux.

Incroyable !

Il y a vraiment des folles.

Tu crois que je clique sur la 2e ? Ne regarde pas, alors.

Ah ! �a va.

"Monsieur, j'ai lu votre annonce. Si vous �tes non fumeur, sobre..."

- Laisse tomber. - Oui.

Et la derni�re ?

"Nous nous croisons souvent mais nous nous voyons si peu...

"Vous me regardez, je vous regarde. Qui fera le premier pas ?"

- Quelqu'un l'a reconnu ? - Myst�re et balle de golf .

Boule de gomme, je te l'ai d�j� dit.

Oui, si tu veux.

Elle n'est pas indiff�rente.

On r�pond ?

Oui.

Ch�re loveuse ...

Ch�re loveuse ...

Quel capharna�m !

Oh, mes pauvres gens !

Bon. �a confirme ce que je vous disais � l'int�rieur.

Il y a un grand boulot. Il va falloir tout enlever.

Les tuiles, elles sont foutues, vos tuiles.

Les poutres qui ne sont pas encore craqu�es, le lattis...

Allez ! Tout le bazar, quoi.

- Au revoir, monsieur. - Au revoir.

- Vous avez un accent, vous. - Oui.

- Vous n'�tes pas d'ici. - Eh non !

Dites.

Vous ne l'avez pas pay� trop cher ?

Pourquoi vous dites �a ?

Comme �a, comme �a. Juste pour causer.

Allez ! Salut bisame !

Un con, hein ?

Un de plus.

Tiens, ben voil� les autres.

- Alors ? - Salut, �a va ?

�a va.

- Tiens, je te pr�sente �velyne. - Bonjour. Enchant�e.

Salut, toi.

H�, Jean-Paul ! �velyne.

- Bonjour, enchant�e. - Bonjour.

�velyne, une petite douceur ?

Non. J'ai d�j� pris 3 kilos depuis que je vis en Alsace.

Reste pas. Sinon, dans 2 ans, on te roule.

On me quoi ?

On te roule, comme un tonneau.

Tu trouves que je suis grosse.

Mais non. Tu es parfaite.

T'appelles �a des tranches, toi ?

T'as qu'� le faire, toi.

C'est mon T�l�rama .

- Je dois allumer le feu. - Je l'ai pas lu.

- Vous avez achet� la maison quand ? - Il y a 1 an et demi.

T'as devant toi les 4 pigeons qui ont sign�.

C'est sympa, quand m�me. M�me dans cet �tat...

Ah, la m�thode Cou� !

- Je propose un toast. - � quoi ?

- Ce que tu veux. - � la toiture.

- �a va. - � nos week-ends pourris.

� �velyne, la nouvelle copine de Fernando.

Pourquoi "nouvelle" ?

Il y en a eu beaucoup d'autres avant ?

Non, non.

- Tchin, tchin ! - Tchin !

On n'est pas prot�g�s.

On nous mute sans nous demander.

On nous stresse.

Il y en a qui craquent.

J'ai encore un coll�gue qui a essay� de se suicider.

Les syndicats font pas grand-chose.

Les syndicats, c'est comme Dieu. Ils sont morts.

- Ah bon ! - Il faut lutter seul.

Mettre des grains de sable, des cailloux dans le m�canisme.

- Comme les Brigades rouges. - Ils ont tu� des gens.

C'�tait �a, leur erreur : tuer des gens.

On en tue des milliers chaque jour dans le monde,

et personne ne proteste.

Il faut s'en prendre aux biens mat�riels.

Il n'y a que �a qui compte, pour les gens.

Imaginez votre pouvoir � vous,

si vous balancez toutes les lettres que vous transportez chaque jour.

Vous foutez une merde folle dans le syst�me.

Et comme �a, vous existez.

Vous existez.

Vous avez d� faire beaucoup d'�tudes.

J'ai un cerveau, je m'en sers.

"Je n'ose pas...

"vous effleurer.

"Je n'ose pas me pencher

"pr�s de votre oreille,

"et vous dire

"les mots qui br�lent

"mes l�vres." Voil�.

"Moi aussi,

"je respire votre parfum,

"qui flotte

"et m'enivre."

Merde !

Agathe ?

Bonjour, Alessandro.

C'est incroyable, de vous voir l�.

Je voulais vous dire au revoir.

Vous �tes gu�rie ?

J'ai toujours aim� les matins.

Vous vous souvenez de ce po�me que vous m'aviez lu ?

"Tous les soleils � l'aube

"dorment encore un peu..."

"Engourdis, nonchalants,

"ils se moquent bien du feu du jour qui les attend,

"du visage des hommes, de la mort.

"Ils sont comme des enfants qui n'ont que faire du temps."

Il fait si bon.

Je pars en voyage.

"En voyage" ?

Soyez heureux, Alessandro.

"En cons�quence de quoi, il est impossible au TPI

"d'instruire une plainte contre M. Silvio Berlusconi

"pour crimes contre l'humanit�,

"d�tournement d'argent, exercice ill�gal de la m�decine..."

Quoi ?

�a m'a �chapp�.

"...torture psychologique, incitation � la d�bauche.

"Nous attirons votre attention

"sur le fait que la qualification de g�nocide intellectuel

"n'entre pas dans les cat�gories..."

- Je te vois. - Pardon.

"...pour lesquelles le TPI est comp�tent. Nous vous prions..."

- Que vas-tu faire ? - Continuer.

- Je suis d�go�t�. - Mais non !

Mais il ne faut pas. C'est un tr�s beau combat, Luigi.

Oui.

Et entre femmes, on peut se comprendre.

- Tu pourrais frapper avant d'entrer. - Pourquoi ?

- Elle pourrait �tre � poil. - "� poil" !

- Vous faites quoi ? - Dissert de fran�ais.

Pourquoi ma fille serait � poil pour faire une dissert de fran�ais ?

- T'es con ! - C'est le sujet ?

"'La litt�rature n'est pas la vie, elle est bien plus'.

"Analysez et commentez cette phrase de James Joyce."

- Il a dit �a, Joyce ? - Faut croire.

Eh, sympa ! Dans ce cas, je vous laisse.

- Tu comprends l'italien ? - Oui. Viens, Siddhartha.

James Joyce.

Qu'est-ce qui s'est pass�, ensuite ?

Une fois � l'h�pital, ils m'ont dit qu'elle �tait d�c�d�e le matin m�me.

Ils ont voulu m'avertir, mais j'avais oubli� le t�l�phone chez moi.

J'ai pas r�v�.

Je te jure, B�atrice, j'ai pas r�v�.

Un fant�me de plus dans ta vie.

Et toi, t'en as pas ?

Pas trop. Je m'int�resse plus aux vivants.

Ah oui !

Les vivants.

On y retourne, les enfants. On a du pain sur la planche.

Tu es la gloire et l'espoir,

et nous sommes poussi�re.

Nous glissons dans Ta main et revenons � la terre.

Accueille en ce jour, dans Ton royaume de paix et de lumi�re,

Agathe, notre soeur qui nous a quitt�s pour Te rejoindre.

Nous nous souvenons d'elle, et Te prions, Seigneur.

Amen.

Condol�ances.

S'il vous pla�t, s'il vous pla�t.

Pardonnez-moi.

Je peux savoir qui vous �tes.

Alessandro Reggazzoni.

Je faisais la lecture � Agathe, � l'h�pital.

"La lecture" ?

Florence.

Je suis sa fille.

On s'est disput�es une fois de trop ou de plus.

J'ai claqu� la porte.

Et puis apr�s, une carte ou deux dans l'ann�e, des phrases banales.

Parfois, c'est difficile.

On n'a jamais su se parler, toutes les deux.

Elle a beaucoup souffert ?

Elle �tait tr�s courageuse.

Elle pr�f�rait sourire.

Oui. Son sourire.

J'aimais beaucoup votre maman.

Moi aussi.

Mais mal, sans doute.

Parfois, on finit par dire le contraire de ce qu'on pense.

Apr�s, la vie, �a devient comme une faille.

Chacun d'un c�t�.

Depuis que je suis enfant, je n'ai jamais su lui dire comme je l'aimais.

Pardon.

Vous faites �a depuis longtemps, lire ?

Pas mal, oui.

Mais vous ne faites pas que lire, vous parlez.

Vous parliez, avec maman ? Elle a parl� de moi ?

- Un peu, oui. - "Un peu."

Elle �tait pudique.

Oui.

Sa pudeur.

J'ai jamais vraiment su si c'�tait...

une qualit� ou un d�faut.

Oh, mon Dieu ! J'ai compl�tement oubli�.

J'ai rendez-vous chez le notaire, � Strasbourg.

Non, non. Laissez.

Alors, au revoir.

Et vraiment, merci, pour tout ce que vous avez fait.

- Elle a l'air de le conna�tre. - Dans son groupe de chant ?

� l'h�pital, ici dans le quartier, mais qui le voit souvent.

Qu'est-ce qu'elle dit ?

Maintenant, �a devient trop intime.

T'�cris quoi ?

Je m'adapte, j'invente.

Tu peux pas �crire pendant 50 ans.

- Faudrait qu'ils se rencontrent. - Qui ?

Obama et Poutine.

Vous deux, c'est toujours la politique.

Il y a quelqu'un ?

On est l�.

- Salut. - Salut.

- Salut. - Qu'est-ce que vous fabriquez ?

Toujours l�-dessus ? Vous ne grandirez jamais.

Avoue que c'est pas mal, non ?

Oui. Pas mal. Comment vous allez l'imprimer ?

Jean-Paul a un copain au journal.

�a n'a rien � voir, mais l'abruti a envoy� son devis pour le toit.

- Il se fout de notre gueule. - Enfoir� !

On doit avoir des t�tes � se faire baiser, non ?

Oui ?

Ah, bonjour !

Oui.

Non, pas du tout. Bien s�r.

Je connais la rue, oui. Au 27.

15 h, pas de probl�me.

Vous aussi. � mardi, alors.

� plus tard.

Il n'y avait plus de place dans le secteur enfant.

- On y va ? - Oui.

Bonjour.

Comment �a va, ma puce ?

�a va.

- Nina, je te pr�sente Alessandro. - Bonjour, Nina.

- Bonjour. - Je vous laisse tous les 2.

� plus.

Fais attention. Il est italien, donc tr�s dragueur.

Arr�te !

Alors, tu n'as pas trop mal ?

C'est mon coeur, il ne bat jamais � la m�me vitesse.

Des fois, il va trop vite, d'autres, on dirait qu'il s'arr�te.

Je suis... je suis un peu emb�t�,

parce qu'ici, il n'y a que des gens adultes, normalement.

Les livres que j'ai sont un peu compliqu�s.

Mais est-ce que tu aimes la po�sie ?

J'aime bien, mais surtout les contes. Ceux de l'Antiquit�.

- La mythologie ? - Oui.

J'en apporterai la prochaine fois.

�coute, en ce moment, je r�p�te une chanson avec des copains,

�crite par un po�te sicilien qui s'appelle Alfio Antico.

Je te lis la traduction ?

Silenzio d'Amuri . Silence d'amour, �a s'appelle.

"Je t'ai aim�e d�s le berceau.

"Je t'ai donn� de la douceur, miette apr�s miette.

"Silence d'amour qui coule dans les veines.

"Il n'est pas possible de te quitter." T'aimes bien ?

C'est beau.

"Ne pleurez pas, les oliviers.

"L'amour et la tendresse viennent de loin.

"Ma joie bien-aim�e, souffle de mon �me,

"donne-moi ton coeur, je te donne ma vie."

Excusez-moi, je suis en retard. La ville a chang�.

- Bonjour. - Je me suis un peu perdue.

- Vous �tes en Vespa ? - Non, non. En Solex.

- Merci d'avoir accept�. - De rien.

"Ma petite Flo, ma petite fleur.

"Si tu lis cette lettre, c'est que je suis partie.

"Si tu es ici, c'est que je ne suis plus nulle part.

"Nous nous sommes fait trop de mal, toi et moi.

"Mais je ne voulais pas t'obliger � revenir parce que j'�tais malade.

"Je t'ai tellement aim�e.

"M�me dans ta longue absence.

"M�me si cela ne sert plus � rien.

"Je m'en veux, de ne pas avoir su te garder pr�s de moi.

"Pardonne-moi.

"S'il te pla�t,

"pense � moi, de temps en temps.

"Garde-moi une petite place dans ton coeur et ta m�moire.

"Je ne ferai pas de bruit.

"Je serai l�, c'est tout.

"Je t'embrasse, ma petite fille."

Nous venions toujours ici,

donner � manger aux cygnes.

Je lan�ais le pain d'une main, je voulais pas l�cher maman.

Je me souviens encore de la chaleur de sa main.

Vous avez remarqu�, les cygnes ?

Ils ne changent jamais.

On a l'impression que ce sont toujours les m�mes.

Ils ne vieillissent pas.

Vous le s�questrez.

Mais pas du tout, mais non. C'est lui qui ne veut plus sortir.

- Et voil�. - Merci.

Au moins, dans l'appartement, il ne fait pas de catastrophe.

Il est avec vous depuis quand ?

Depuis la 1re �lection de Berlusconi. Il n'a pas support�.

�a donne envie de le conna�tre.

Vous prenez des risques, je vous le dis.

Et dans le Sud,

vous vous plaisez ?

J'ai suivi un homme.

Il faut bien vivre quelque part, mais...

Vous savez ce qui me manque le plus ? Le froid, la neige.

- Vous devez d�tester. - Non, pas du tout.

Moi, je suis du nord de l'Italie.

Il y a la montagne, l'hiver, la neige.

- Vous y retournez ? - Chaque ann�e.

J'ai plus vraiment de famille, mais j'ai des copains, des cousins.

C'est bizarre, mais maintenant...

Maintenant, mon pays, c'est ici. C'est le pays que j'aime.

Votre fille parle italien ?

Quand on s'engueule, elle le parle tr�s bien.

Et...

Et il fait quoi, votre compagnon ?

Il construit des ponts.

Il d�truit d'autres choses.

En fait, nos rapports sont de plus en plus compliqu�s.

Le pire, c'est de me rendre compte que ma m�re avait raison.

Votre fille doit vous adorer.

Ces derniers temps, elle le cache bien.

- Vous n'avez pas d'enfants ? - Il n'en voulait pas.

Il voulait se sentir libre.

�a vous manque ?

Pendant tr�s longtemps, j'ai cru que non.

Je m'estimais heureuse de ne pas en avoir.

Et puis, je me suis rendu compte que je me mentais.

�a manque �norm�ment.

Je sens la vie qui passe, et moi, je passe � c�t�.

Si vous voulez, je vous donne mon fr�re et ma fille.

Vous repartez avec.

Il fait sa r�volution tout seul.

Et parfois, il est insupportable.

Mais s'il n'avait pas �t� l�, � certains moments,

je ne sais pas ce que je serais devenu.

Comme quoi, les fous servent � quelque chose.

Voil�, je suis arriv�e.

Merci, pour la soir�e.

Pour...

Merci � vous.

J'�tais tr�s heureux de...

Vous reviendrez ?

J'y pense.

L'h�pital m'avait donn� votre num�ro.

Je ne vous ai pas laiss� le mien.

Voil�.

Merci.

Au revoir, Alessandro.

Je voulais vous dire...

Agathe,

chaque fois qu'elle parlait de vous,

elle avait une grande lumi�re dans les yeux.

Une tr�s belle lumi�re.

H�, h� !

Excusez-moi.

Bonjour, monsieur Luigi.

- Vous prenez un caf� ? - Je suis � la bourre.

La prochaine fois.

Monsieur Luigi, �a y est, j'ai pris ma d�cision.

Je frappe un grand coup.

Bravo.

Si jamais �a tourne mal, rappelez-vous qu'il faut nier.

Bonne chance.

Bonjour, madame Bisheim. �a va bien ? Je peux vous aider ?

Quel connard !

Il a pas desserr� les dents.

Il a juste dit aux coll�gues... Je cherche les cl�s.

...qu'il ne coop�rerait pas avec des forces de l'ordre

� la botte des pouvoirs imp�rialistes.

Apr�s, plus rien.

Voil�.

On l'a identifi� gr�ce � l'une de vos voisines

qui venait d�poser plainte pour un vol de v�lo.

Il a �t� chahut� par un automobiliste

dont il a ab�m� la voiture, mais rien de m�chant.

Venez, il est l�.

- C'est bien lui ? - Oui. C'est lui.

- Bonjour. - �a va ?

�a va. Et toi ? Bonjour, tout le monde.

- Salut. - Comment vas-tu ?

- � la bourre. - Comme d'hab.

Salut.

- �a va ? - Bien. Et toi ?

- Salut. - Salut.

- �a va ? - Bien. Et toi ?

T'as l'air en forme.

Tu trouves ?

T'as enfin rencontr� quelqu'un ?

Pourquoi tu dis �a ? Non.

Ce "non" veut dire oui.

- Non. Je t'assure que non. - Tu veux pas m'en parler ?

"Il sentait derri�re lui la pr�sence d'Eurydice.

"Il ne devait pas se retourner s'il voulait la d�livrer des Enfers.

"Mais le d�sir �tait tellement fort de la revoir.

"Orph�e marchait de plus en plus vite.

"Par moments, il l'aurait jur�,

"il sentait sur sa nuque le souffle chaud de sa bien-aim�e."

Il va se retourner.

Tu connais l'histoire ?

Non. Mais je suis s�re.

Pourquoi ?

Les morts ne peuvent jamais rejoindre les vivants.

Tu trouves �a juste ?

C'est comme �a.

Oui. "C'est comme �a."

Il est dans ta classe, ce gar�on ?

Non. Dans une autre seconde.

Tu es un peu amoureuse, alors ?

Je ne sais pas.

J'en reviens encore � ta m�re, mais je me souviens de la 1re fois

o� elle m'a parl� d'Alessandro.

- Elle l'a rencontr� � la fac ? - Elle terminait ses �tudes.

Et lui �tait... Comment on dit, d�j� ? Assistant.

Il �tait arriv� depuis 1 an.

- Un coup de foudre ? - Tu peux le dire.

J'en ai entendu parler, de Sandro.

Et ton grand-p�re qui ne comprend rien la trouvait chang�e.

Il se demandait ce qui se passait.

Quand on parle du loup !

Parlons d'autre chose. Les hommes ne comprennent rien � �a.

Tu m'avais dit chez Koenig. Bonjour.

Non. Je t'ai dit au Florian.

Tu deviens g�teux.

- T'aurais pas une agrafeuse ? - "Une agrafeuse" ? Non.

Je n'agrafe jamais, c'est un geste trop violent.

- Qui c'est ? - T'as vu la date ?

Tu ne sais pas ce qu'il faisait, ce jour-l� ?

Il ne me raconte pas sa vie, ton p�re.

Celle des annonces ?

Non. Pas possible. Elle ferait des allusions dans ses messages.

- Et qu'est-ce qu'elle raconte ? - Rien.

C'est pas int�ressant.

C'est devenu... tr�s intellectuel.

- On fait quoi ? - Rien.

On attend. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

Tu as vu ? J'ai chang�.

Chang� quoi ?

Le t�l�phone, je le mets � gauche. C'est plus fort.

Vachement plus fort.

Ah oui ! "Vachement plus fort."

Entrez !

Bonjour.

- Vous vouliez me voir ? - Oui.

Fermez la porte.

"Je voudrais mourir sur ta gorge nue.

"Il faudrait oser le communisme de l'amour."

Vous �crivez bien, Alessandro.

Moi, j'�cris ? J'�cris quoi ?

Mais les mots, les mots ne me suffisent plus.

- Qu'est-ce que vous faites ? - Alessandro !

- Arr�tez ! - Alessandro !

Mais arr�tez ! Mais vous �tes folle ! Arr�tez !

Alessandro !

Vous �tes folle !

Tu ne peux pas faire attention, non ?

� 15 ans, c'est normal d'embrasser les gar�ons, peut-�tre ?

� quel �ge t'as embrass� ta 1re fille ?

Mais c'est pas pareil. C'est pas pareil.

Ben voyons ! Vous �tes bien tous les m�mes.

- Qu'est-ce qu'on mange ? - Salade compos�e.

- Encore ! - Oh, c'est comme �a !

�coute. Irina, c'est pas une �cervel�e.

Elle a la t�te sur les �paules.

Je me rappelle les 1res fois o� tu venais au magasin.

Elle �tait haute comme 3 pommes. Tout le temps coll�e � toi.

On aurait dit que vous vous accrochiez l'un � l'autre.

Laisse-la tranquille.

Fais-lui confiance.

Vous �tes comme chien et chat, tous les 2.

Elle en parle � Camille. Et Camille, elle me dit tout.

- Ah bon ! - Oui.

Fous-lui la paix !

Sois gentil avec elle.

- T'as sans doute raison. - Bien s�r que j'ai raison.

Sinon, tu vas la braquer encore plus contre toi.

Elle est amoureuse.

C'est joli, d'�tre amoureuse.

Tu ne crois pas ?

Je vais lui en parler calmement.

- Tu crois que �a me fait plaisir ? - Tu comprends rien.

Mais comprendre quoi, hein ?

Que tu passes ton temps � rouler des pelles ?

Tu sais plus ce que c'est qu'embrasser.

- Comment ? - On est plus au Moyen �ge.

�coute. �coute, Irina. Tu le connais � peine, ce gar�on.

�a fait des semaines qu'on sort ensemble.

C'est une vieille histoire ?

Je dois attendre encore 15 ans pour l'embrasser ?

Le faire poireauter, qu'il se lasse ?

- L�... - Tais-toi !

J'en ai marre de me faire engueuler. �coute-moi !

T'es pas un mod�le pour �a.

Tu voudrais peut-�tre que je rentre au couvent, pour te faire plaisir ?

J'ai jamais dit �a.

On en reparle demain.

Mais regarde-toi. Regarde ta vie.

Quoi, ma vie ?

Avec tes tarentelles, tu enseignes de la musique qui est cens�e gu�rir.

Mais toi, t'es gu�ri de rien.

Moi, je veux respirer, aimer. J'ai pas envie de finir comme toi,

tout seul, tout vieux,

avec un coeur dess�ch�, � force de ne plus servir.

Tu te rends compte de ce que tu me dis ?

Au lieu de m'�touffer comme si j'�tais un b�b�,

occupe-toi de toi,

et laisse-moi tranquille.

Bonne nuit.

Tu peux pas nous faire �a. C'est dans 15 jours.

J�r�me sera bien � ma place. On a la m�me voix.

C'est ridicule, tu es pr�t. C'est de l'ordre du caprice ?

Non. Pas du tout. Je ne me sens pas bien depuis quelques jours.

Je suis pas dans mon assiette.

- Des probl�mes personnels ? - Non.

Je dois couver quelque chose.

Je me sens bizarre, j'ai plus d'app�tit.

Je devrais faire des analyses.

Je ne t'oblige pas � chanter, mais tu nous mets dans la merde.

- Je vais pas te remercier. - Je suis d�sol�.

Tu peux !

- Non, non. � toi. - Ah, non ! Non, non.

- Tu vas le faire, c'est mieux. - Non !

Une voix de fille, �a va la rassurer. Allez !

- All� ? - D�sol�e de vous d�ranger.

Je ne vous connais pas, mais... Vous ne me connaissez pas non plus.

Mais vous connaissez mon p�re, Alessandro.

Oui, effectivement.

Je suis sa fille, Irina. Je sais pas s'il a parl� de moi.

Bien s�r.

Je suis avec mon oncle et on voulait...

Enfin �a va peut-�tre vous para�tre bizarre, mais...

On voulait vous proposer quelque chose.

C'est des aubergines, �a ?

Chez Camille, pour un devoir de maths.

L�che-la un peu, tu veux ?

Oui ?

Je savais pas que vous habitiez l�.

- Bonjour. - Bonjour.

Je viens pas pour votre fr�re

ni pour votre fille.

On fait une enqu�te. Vous la connaissez ?

Oui. Oui, oui. C'est la factrice. Il lui est arriv� quelque chose ?

Elle aurait mis le feu au centre de tri.

La moiti� est partie en fum�e, le courrier avec.

Le jour o� partaient les avis de tiers provisionnel.

Quel foutoir !

Vous n'avez pas constat� des choses bizarres ?

Des remarques ?

Non.

On se demande ce qui l'a motiv�e. Elle nie.

Elle parle surtout � mon fr�re.

Je ne suis pas souvent l�, quand elle passe.

Inutile que je lui demande quoi que ce soit ?

Il est un peu timide.

On n'a aucune preuve contre elle, �a ferait de la paperasse pour rien.

Merci.

Dites, votre fr�re est toujours habill� de la m�me fa�on ?

Non, non.

C'est pas toujours le m�me pyjama. Au revoir.

Qu'est-ce que t'as foutu, encore ?

Regarde comme elle est craquante.

Grand-m�re te l'a pr�t� ou donn� ?

Donn�. Elle a dit que je devais l'avoir.

Celle-ci, la t�te !

�a devait �tre pour carnaval.

Elle �tait belle.

Toi aussi, tu sais.

- Quel �ge elle avait, l� ? - Je dirais 15 ans.

Comme moi.

Comme toi.

Au fait, il y a un message de B�atrice sur le r�pondeur.

Qu'est-ce que c'est que cette histoire que t'irais pas chanter ?

Peut-�tre.

Mais �a fait des mois que tu r�p�tes.

Je bouderai jusqu'� la fin des temps.

"Jusqu'� la fin des temps" ? �a fait un peu long.

Ch�re madame Brass, l'op�ration a parfaitement r�ussi.

Vos seins sont superbes, les cicatrices sont invisibles.

Mais sous le sein gauche, il me semble tout de m�me...

Simple r�action allergique tr�s localis�e.

Dans quelques jours, elle aura disparu.

Quelque chose bouge � l'int�rieur.

Voil�.

� ce soir.

Le grand soir.

C'est qu'un concert, pas la r�volution.

- Il s'appelle comment ? - Aur�lien.

Ah ! C'est joli.

�a change des Brandon, K�vin, Davy.

Pourquoi tu ne l'inviterais pas � la maison ?

S'il n'est pas trop con, hein !

- Allez, ciao. - Ciao.

Messagerie de Florence, laissez un message.

Euh, bonjour.

Bonjour, Florence. C'est Alessandro.

Euh, Alessandro Reggazzoni.

Bonjour.

J'esp�re que vous allez bien et que...

Que... Comment dire ? Que...

Que...

Qu'il fait beau chez vous, voil�.

Qu'il n'y a pas trop de pluie, ni de vent. Voil�.

C'�tait Alessandro Reggazzoni.

�... � bient�t...

"J'esp�re qu'il fait beau chez vous."

Alessandro Reggazzoni.

- D�p�che, je vais �tre en retard. - �a y est.

L�.

Suspends-le dans la voiture.

Je ne sortirai d'ici que quand qui tu sais ne sera plus au pouvoir.

Ciao.

Merde.

Merda.

Ils sont l�.

J'ai 2 caisses de whisky.

Salut.

Oh, Germain ! Vous allez bien ?

�a fait plaisir de vous revoir.

H�l�ne, mon amie irlandaise. Germain.

Venez un petit peu par l�, s'il vous pla�t.

2, 3 choses � vous dire avant le concert.

Tout le monde est accord� et chaud ?

Les partitions sont dans l'ordre ? On peut y aller.

Adaptation : Elisabeth Teixeira pour Eclair Group

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