All language subtitles for Le.jour.se.leve.1939.720p.WEB-DL.HDCLUB

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

- Tu veux des d�tails ? - Tu vas la taire, ta gueule !

T'es avanc�, maintenant.

Et toi ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Quelqu'un est tomb� ?

Quelqu'un est...

Quelqu'un est tomb� !

Quelqu'un...

Il y a quelqu'un ?

- Qu'y a-t-il ? - Je ne sais pas.

- On a tu� un aveugle. - Il s'est suicid�.

Pauvre type. Je comprends, quand on est aveugle...

Quelqu'un est tomb�.

Quelqu'un est tomb�.

Pourquoi a-t-il tir� ?

Et cet homme-l�, le mort, qui est-ce ?

Je ne l'avais jamais vu avant.

Il �tait dans l'escalier.

Alors, on monte ?

Allons-y.

Police. Ouvrez.

Foutez-moi la paix.

Police. Ouvrez imm�diatement. Si vous n'ouvrez pas...

Non. Je n'ouvrirai pas. Non !

J'ai pas � vous voir.

Laissez-moi.

Je veux �tre tranquille. Je veux voir personne.

Je ne veux plus voir personne, jamais.

Ouvrez. Sinon...

Je n'ouvrirai pas. Barrez-vous.

Vous allez vous barrer ou je tire !

- Qu'est-ce qu'on fait ? - On s'en va.

Mais qu'est-ce qu'il y a, Fran�ois ?

Enfin, quel genre d'homme est-ce, ce Fran�ois ?

Un violent ? Un alcoolique ?

"Un alcoolique ?"

Il n'y a pas meilleur que lui dans la maison.

Je ne dis pas �a pour vous.

Vous pouvez le dire. Fran�ois, c'est un bon gars.

Un bon gars qui tire sur mes agents.

Oui. Allez, assez parl�.

Il n'y a qu'� monter.

Il a une sale t�te, ce Gerbois.

Je te dis que ce n'est pas Gerbois. C'est celui d'� c�t�.

Mais �a n'emp�che pas qu'il ait une sale t�te.

Rentrez chez vous. Personne ne doit rester ici.

O� allez-vous ?

Je ne vais pas rester dans une maison du crime.

Vous ne courez aucun danger, madame.

On dit �a.

Mes petites cuill�res !

Madame, ne restez pas l�.

Mes petites cuill�res !

Foutez-nous la paix !

Allez, venez, madame.

- Mes petites cuill�res ! - Mais oui.

"Police, ouvrez."

"Police."

S'ils pouvaient comprendre quelque chose... Rien.

C'est fait comme �a, et puis c'est tout.

Et puis c'est tout.

Tiens...

Tu parles tout seul, maintenant.

�a va pas mieux.

Tiens, des fleurs. �a, c'est gentil. C'est pour ma f�te ?

Comment ? Vous vous appelez Fran�ois ?

T'as trouv� �a toute seule, toi.

C'est pas difficile. Je m'appelle Fran�oise, moi.

- Sans blague ! C'est notre f�te. - Ben oui.

- C'est pour qui ? - Ce n'est pas pour vous.

Je venais les livrer et je me suis perdue dans l'usine.

� qui tu dois les livrer ?

Chez une cliente. Mme Legardier.

Je comprends que tu te sois tromp�e de pavillon.

C'est la femme du sous-directeur.

Elle ne vient jamais ici, Mme Legardier. Jamais.

Viens. Je vais te montrer o� c'est.

Tu vas aller tout droit.

- Tu vois le grand hangar ? - Oui.

Tu vas tourner � gauche, derri�re.

Tout au bout, il y a un jardin avec une belle maison. C'est l�.

- Ah bon. - Voil�.

Merci.

Encore l� ?

Tu vas prendre racine.

T'es mignonne avec tes fleurs, comme �a, dans le bras.

On dirait un petit arbre.

C'est le m�tier qui t'int�resse ?

Un joli travail, hein ?

Que veux-tu ? Le travail, c'est la libert�.

Et puis c'est la sant�.

Sans blague, ici, c'est tout ce qu'il y a de sain.

On boit du lait toute la journ�e.

En veux-tu un coup ?

Non, merci.

Je n'aime pas beaucoup le lait.

Moi non plus, mais j'en bois quand m�me. Il faut.

Moi aussi, j'en bois, du lait.

Il boit du lait quand les vaches ont mang� du raisin.

� la n�tre.

- Tu travailles par ici ? - Oui.

- O� �a ? - Chez les Briquet.

"Les Briquet" ?

Oui. Les horticulteurs.

Ah.

- C'est tes parents ? - Non.

Je n'ai pas de parents.

Je suis de l'Assistance.

Non.

�a, c'est dr�le. Moi aussi, je suis de l'Assistance.

C'est marrant, hein ?

On s'appelle pareil.

On est de la m�me famille, car on n'en a pas.

Justement, aujourd'hui, c'est notre f�te � tous les deux.

Je te l'avais dit. C'est tout ce qu'il y a de sain, ici.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Tu as la bouche fra�che.

- Tu viens faire un petit tour ? - Pas ce soir.

Pourquoi ?

Entrez. Mais sans bruit, tout le monde dort.

Tu me laisses entrer ?

- Tu t'apprivoises ? - Je ne suis pas sauvage.

� quoi vous pensez, quand vous m'embrassez ?

Comment, � quoi je pense ? Tu le sais. Pourquoi tu demandes ?

Il n'y a pas assez longtemps qu'on se conna�t.

"Pas assez longtemps" ?

�a fait trois semaines. Trois semaines, �a fait 21 jours.

21 jours, �a fait presque un mois.

Un mois, c'est long.

Surtout que tu me plais bien.

Il faudrait qu'on se marie ?

Qu'on loue un autocar et qu'on invite les copains ?

Se marier ?

Ce que vous pouvez �tre b�te, des fois.

Se marier.

On aurait des gosses.

On aurait des flop�es de gosses.

On les mettrait � l'Assistance.

Mais non. Je disais �a pour rigoler.

Sans blague, tu me plais bien.

Je me marierais bien avec toi.

Oh, mes fers !

Au fond,

c'est dr�le d'�tre ici, tous les deux.

Les autres dorment.

Oui.

On dirait que tout le monde est mort.

Dis donc,

dans le fond, ce serait bien si tout le monde �tait mort

et nous deux on �tait vivants.

Oui. Ce serait bien.

Peut-�tre.

On dit que ceux qui s'aiment sont plus vivants que les autres.

Vous croyez que c'est vrai ?

J'en sais rien.

Vous ne devriez pas fumer. �a vous fait tousser.

Ce n'est pas le tabac. C'est le sable.

C'est fini.

Il est joli, mon petit col. Je vais le mettre sur ma robe.

Attendez-moi deux minutes. Je vous appellerai.

Tu aurais d� me pr�venir. J'aurais mis ma tenue de soir�e.

Tu sais, tu n'as pas beaucoup de savoir-vivre.

On ne laisse pas les invit�s dans la cuisine.

Je n'aime pas rester tout seul.

Si tu me dis pas d'entrer, j'entre quand m�me.

Vous pouvez venir. Je n'ai pas �t� longue.

Tu t'es fait belle pour moi ?

C'est gentil, chez toi.

C'est pas tr�s grand. C'est tout petit.

Le paddock...

Il est �troit.

Il y a bien assez de place pour moi.

Pour toi, oui.

C'est moi, �a.

En plusieurs exemplaires, encore.

C'est gentil de m'avoir accroch� l�.

�a fait plaisir de voir quelqu'un qu'on conna�t.

On se sent moins seul.

Et lui, qui c'est ?

�a, c'est Bolop. Mon ours, quand j'�tais petite.

Je l'ai toujours gard�.

Une oreille en moins. Il a une bonne t�te.

Il vous ressemble.

C'est vrai qu'il me ressemble.

Vous voyez ? Il est comme vous.

Il a un oeil gai et l'autre qui est un peu triste.

C'est vrai. Tu as raison.

J'ai un oeil gai et un autre triste.

Comment tu as vu �a ?

Je vous ai regard�.

C'est marrant.

Tu collectionnes les cartes ?

"Monte-Carlo."

"Villefranche-sur-Mer."

"Nice."

"Nice. La promenade des Anglais."

C'est tout ce qu'il y a de chouette, la promenade des Anglais.

On paie 10 ronds. On s'assoit et on regarde passer les Anglais.

Pourquoi vous riez ? C'est beau, la Riviera.

Tu y es all�e ?

Non. Mais on m'a racont�, alors je connais un peu.

Il y a de grands rochers rouges

et la mer, avec des casinos tout autour.

"Des casinos."

"Des casinos."

Il y a toujours du soleil et des fleurs, m�me en hiver.

Des mimosas.

Tu me fais rigoler, avec tes casinos et tes mimosas.

Tout �a, c'est du r�ve, de la musique.

Peut-�tre.

Il y a des jours o� c'est tellement triste, ici.

Parce que tu vis toute seule.

Si tu vivais avec moi, tu verrais.

Vous �tes gentil.

Bien s�r. Tu as l'air de rigoler.

Quand j'aurai des ronds, je te paierai un v�lo.

Quand il fera beau, � P�ques, on ira cueillir des lilas. Tu veux ?

"Des lilas" ?

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien. Je me suis piqu�e.

Fais voir.

C'est rien.

�a y est.

�coute,

tu ne veux pas que je reste ici, ce soir ?

Je partirai de bonne heure demain et personne ne me verrait.

- Non. Pas ce soir. - Pourquoi ?

- Je ne te plais pas ? - Si.

Mais je dois m'en aller. J'ai rendez-vous.

Tu as rendez-vous � cette heure-ci ?

Tes patrons te laissent sortir ?

Tout le monde dort. Je peux partir. C'est moi qui garde la maison.

Elle est bien gard�e.

Vous n'allez pas �tre jaloux.

Je ne suis pas jaloux. Tu penses !

Tu es libre.

Moi aussi, je suis libre. On est libres.

Bon... Ben...

Bonsoir. Quand tu voudras me revoir, tu n'auras qu'� faire signe.

Je vais l'emporter.

Non. Vous n'allez pas le prendre.

Pourquoi ?

�a m'emb�terait de partir les mains vides.

Le sable est chaud

Mais qu'est-ce que �a peut bien faire ?

Le soleil br�lant Ce n'est pas une affaire

La fatigue, la soif

Apr�s tout Il y a pas de quoi s'en faire

Ils marchent, ils chantent

Sans arr�t dans le d�sert

Bon coeur et mauvais caract�re

Voil�, voil� nos l�gionnaires

Le sac au dos

Marchant dans la poussi�re

Regardez

Ce sont nos l�gionnaires

Ils chantent, ils rient Ils n'ont pas froid aux yeux

Ils chantent, ils rient Ils sont joyeux

Nos l�gionnaires

Et voil�.

- C'est malin. - Je l'ai fait expr�s.

Valse.

Allez. Valse.

Allez. Debout.

Valse. Allez.

Voil�.

Tout ce qu'il y a de fortiche, ce Valentin.

Comme dresseur, on fait pas mieux.

Il est d�j� pass� ici, il y a trois mois.

Clara, sa partenaire, n'est pas mal. Pas le m�me genre.

Allez ! Hop ! Allez !

La vache.

Les femmes sont bien folles, et moi, je suis la reine.

Il faut avoir de l'eau dans le gaz

pour �tre rest� trois ans avec un type pareil.

Quand vous aurez fini de faire le m�nage, vous me le direz.

"Le m�nage" ?

Oui. Vous arrivez l�. Vous ouvrez vos tiroirs.

Je vous ai rien demand�. Vous me racontez votre vie.

Il ne faut pas m'en vouloir.

Si je vous parlais, c'est pour ne pas causer seule.

Ce soir, je suis tellement heureuse.

Vous ne pouvez pas savoir.

La libert�, ce n'est pas rien.

Tout de m�me, vous n'�tes pas tr�s aimable.

Vous devriez m'offrir quelque chose.

- Si vous voulez. Que prenez-vous ? - Je plaisantais.

C'est jour de f�te. C'est ma tourn�e.

Naturellement, vous ne pouvez pas vous rendre compte.

C'est formidable, ce qu'il cause bien.

Il a une fa�on de remuer les mains en parlant.

Ses boniments, on croirait qu'il les sort de ses manches.

Il peut raconter n'importe quoi et on le croit.

La C�te d'Azur, par exemple.

Il n'a qu'� en parler et on y est.

On est dedans jusqu'au cou.

C'est comme �a qu'il m'a eue,

avec des mimosas.

"Des mimosas" ?

Qu'est-ce que vous avez ?

Rien.

Vous devriez me dire quelque chose de gentil,

quelque chose de tendre.

Que veux-tu que je te dise ?

Que tu es belle ? Avec ton maquillage, je ne sais pas.

Le maquillage, je l'enl�ve toujours, avant de me coucher.

Ce n'est pas tous les jours qu'une femme libre

rencontre un homme qui lui pla�t.

Vous avez les yeux bleus ?

C'est calme. C'est reposant.

- Vous parlez pas souvent. - Tu veux que je dise : "Je t'aime" ?

- Non. - Ben alors ?

Ras-le-bol des hommes qui parlent d'amour.

C'est vrai. Ils en parlent tellement qu'ils oublient de le faire.

Moi, je ne suis pas tellement distrait.

Qu'est-ce que vous faites ?

Vous n'allez pas m'abandonner.

�coute.

J'aurais voulu te reconduire, mais j'ai quelqu'un � voir.

�a t'ennuie ?

Je suis assez grande pour rentrer seule.

- Tu es f�ch�e ? - Non. Mais j'ai g�ch� ma soir�e.

Ta soir�e. � ton �ge, �a compte, une soir�e ?

Tu vas rentrer chez toi, sage comme une image,

et j'irai te voir demain matin.

Allez. � demain matin.

�coute, Clara,

les plaisanteries, j'aime bien �a, mais quand c'est moi qui plaisante.

- Me quitter en plein travail ? - "En plein travail ?"

Tu me fais rire.

C'est fini, le travail.

Il n'y a plus de travail. Plus de chiens. Plus de voyages.

C'est fini, le tandem.

- Je reprends mes p�dales. - On s'en va demain.

Doucement. Madame est avec moi.

Momentan�ment.

Non. Pas momentan�ment.

On est ensemble pour la vie. Pas vrai ?

Comment vous appelez-vous ? Moi, c'est Clara.

C'est ridicule, �a.

C'est toi qui es ridicule. Tu es impoli, avec �a.

Moi, les impolis, c'est vite fait.

Un grand coup de pompe dans le cul.

Si vous croyez

que c'est avec des grossi�ret�s qu'on arrange les choses...

"Mouvement des navires.

"Navires attendus � Boulogne.

"Le 6 Veendam, venant de New York.

"Le 13, Noordam, venant de New York.

"Mouvement des navires."

Mouvement des navires.

Tout de m�me, ce que �a peut �tre triste, tout �a.

Quand je pense que tout � l'heure, il m'a dit "bonsoir"

et qu'en passant, il a caress� le chat.

"Le chat."

Maintenant, je me demande ce qu'il fabrique l�-haut, tout seul.

�a ne doit pas �tre tr�s gai.

Non. �a ne doit pas �tre tr�s gai.

Avec �a, il fait un de ces froids.

O� je vais dormir, moi ?

Pas � l'h�tel, j'en ai pas les moyens.

Fran�ois !

Vous n'allez pas tirer !

Ils tirent, Fran�ois !

Bouge pas, Fran�ois.

Vous ne pouvez pas faire �a.

Fran�ois, ce n'est pas un bandit. C'est un homme comme les autres.

Vous n'allez pas le tuer.

Il a d� mettre une armoire.

Il ne manquait plus que �a !

Dites donc, concierge ?

Comment ?

Est-ce qu'il y a une armoire, dans cette chambre ?

Comment ?

Je vous demande s'il y a une armoire, dans sa chambre.

Naturellement, il y a une armoire.

Mais une grande armoire ?

"Une grande armoire ?"

Je ne sais pas, moi.

Une armoire comme les autres.

Une armoire comme toutes...

Une armoire normande, quoi.

Une armoire...

comme toutes les armoires.

Monsieur Gerbois, �a va ?

�a va. Quand �a va pas, on fait aller.

Monsieur Fran�ois, �a va ?

�a va. Quand �a va pas, on fait aller.

Entrez.

Tu es seule ?

Imb�cile.

Naturellement, je suis seule, puisque tu me laisses seule.

Aujourd'hui, c'est dimanche. Le bureau des pleurs est ferm�.

Fais voir ?

T'es belle, comme �a. La V�rit� qui sort du puits.

"La v�rit�" ? Tu ferais mieux de te taire.

Si je te disais tes 4 v�rit�s...

Non. Pas ce matin.

Ce matin, je ne suis pas curieux.

Je suis amoureux.

"Amoureux." Ce qu'il ne faut pas entendre !

Quand je pense que �a fait 2 mois que je moisis ici.

Et pourquoi ?

Pour qui ?

Pour une brute pareille.

"Une brute pareille" ?

- Une brute gentille, non ? - Oui.

- Une brute gentille. - Ben alors ?

Qui vient me voir, comme �a,

quand �a lui fait plaisir, de temps en temps,

en touriste.

Pour un touriste, j'ai peu de bagages.

Justement, c'est ce que je te reproche.

Tu aurais d� apporter tes bagages.

Il n'a jamais �t� question de �a entre nous.

Je sais.

Tu m'as rien promis. Je ne t'ai rien demand�.

- Mais tout de m�me. - "Tout de m�me" quoi ?

Je m'ennuie, la nuit.

- Tu ne dors pas ? - Si.

Alors ?

J'ai des cauchemars.

Je r�ve que tu n'es pas l�.

Alors je me r�veille en sursaut.

Comme tu n'es pas l�, �a n'arrange pas les choses.

Si c'est �a, des nuits d'amour...

"Des nuits d'amour." T'es b�te, toi, avec �a.

C'est bon dans les livres, �a.

Bon pour les gros, les gars qui ne foutent rien.

Et encore. Qu'est-ce qu'on en sait ?

Que veux-tu ? Je gratte toute la journ�e.

Quand on gratte, la nuit, on dort.

Tandis que le jour...

Le jour, �a d�pend.

Le dimanche matin, par exemple...

Tu ne trouves pas qu'il fait trop clair ?

Le soleil d'hiver n'est pas tr�s m�chant.

J'aime mieux un peu d'ombre.

�a alors !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Viens voir.

Voil� le dompteur. Il arrive bien, celui-l�.

Qu'est-ce qu'il vient faire ?

Pas grand-chose de propre.

Il vient s�rement pour te voir.

"Pour me voir" ? Il vient pour la petite.

Je ne veux plus en entendre parler.

Tu vas voir s'il va se g�ner pour t'en parler.

Que fait-il ? Il en met, un temps.

"Qu'est-ce qu'il fait ?"

Eh ben, c'est du joli.

Eh oui.

J'�coute aux portes.

Je n'ai pas de pr�jug�s.

�a vous choque ?

C'est inou�. Ce sont les gens qui ont l'air le plus franc

qui ont pr�cis�ment horreur qu'on �coute aux portes.

C'est donc qu'ils ont quelque chose � cacher.

Ne l'�coute pas. Tu n'auras jamais fini.

Il est licenci� en philosophie.

J'ai toujours �t� tr�s intelligent.

Est-ce ma faute ?

Je ne vous g�ne pas trop, non ?

Parce que...

je vous vois si bien ensemble, tous les deux.

�a me fait rien. Je suis pas envieux.

Moi, je suis un nomade.

Un jour, ici. Le lendemain, ailleurs.

C'est �gal.

�a r�chauffe le coeur de voir...

un bonheur nouveau.

Quand tu auras fini de parler, tu me le diras.

Qu'est-ce que tu viens faire ?

Je ne sais pas.

Je suis venu en passant.

C'est amusant.

C'est vrai.

Je reviens comme un revenant.

- Tu veux voir les chiens ? - Non.

Les femmes oublient vite.

Pauvres petites b�tes.

Pas les femmes.

Les chiens.

�a va, avec les chiens.

Tu vas pas nous faire sauter dans un cerceau.

T'es peut-�tre intelligent, mais pas rapide.

Que veux-tu ?

Tu sais bien. Il veut te parler. Toi aussi, tu veux lui parler.

Fran�ois, tu devrais partir.

Il s'en irait avec toi. Vous seriez plus tranquilles.

Moi aussi. Ce que vous avez � vous dire, �a m'int�resse pas.

Clara, j'ai eu beaucoup de peine, quand tu m'as quitt�.

"Beaucoup de peine" ?

Toi, tu vieillis.

Tu vieillis.

- Alors, tu viens ? - Une seconde.

Allons-y.

On va se mettre l�.

Qu'est-ce que je vous sers ?

- Donnez-moi un petit blanc. - Fine � l'eau.

On reste pas jusqu'� la fermeture. C'est pour Fran�oise, que t'es l�.

- Je suis ici depuis hier. - Ah oui ?

J'ai appris pas mal de choses.

Par exemple, que vous avez cess� de fr�quenter cette jeune fille.

Qu'est-ce que �a peut te foutre ?

Ce n'est pas en �tat grossier que vous �viterez les explications.

- "Les explications" ? - Parfaitement.

J'ai tol�r� votre liaison avec Clara.

J'aurais pu m'y opposer. J'en avais les moyens.

Mais j'ai laiss� faire.

J'ai les id�es larges.

Maria ?

Peut-�tre, mais tu as la t�te trop petite.

Tes id�es, elles se d�binent.

Tu sais pas ce que tu veux. Tu parles de Fran�oise, de Clara.

Tu m�langes tout.

T'es fatigu�.

Enfin, Clara est libre de faire ce qu'elle veut.

Tandis que Fran�oise...

- Je vais vous dire une chose. - Quoi donc ?

Si je m'int�resse � cette petite,

c'est parce que cette petite,

c'est ma fille.

�a peut vous para�tre �trange,

mais c'est un fait.

Fran�oise est ma fille.

Une fine � l'eau et un bordeaux blanc.

Elle est de l'Assistance.

Vous croyez que les enfants de l'Assistance

n'ont pas de parents ?

Je vais vous parler � coeur ouvert.

Vous avez devant vous un pauvre homme.

Comme tous les hommes, chez des d�fauts.

Des vices, m�me.

Mais je ne suis pas plus mauvais qu'un autre.

J'ai eu des torts. Je le reconnais.

Quant � la m�re...

Inutile d'en parler. Il ne faut pas l'accabler.

Quand on a eu cet enfant, j'�tais jeune.

Je ne me rendais pas compte.

"Une erreur de jeunesse", comme on dit.

Une blague.

Puis on vieillit

et on se rend compte que ce n'�tait pas une blague,

mais une faute.

�a ronge.

�a peut para�tre idiot. C'est ce qu'on appelle "le remords".

On ne pense plus qu'� �a.

Moi, j'ai cherch�.

Vous ne pouvez pas savoir.

J'ai tout v�rifi� deux fois.

Quand je l'ai vue...

C'est le portrait de sa m�re.

Une femme...

Une beaut�, sa m�re, mon cher ami.

Avec des yeux gris-vert,

un peu changeants.

C'est un monde.

Oui.

"Un monde."

Ce n'est pas grand, un monde.

On part chacun de son c�t�

- la Terre tourne -

et on se retrouve.

Il est de mon devoir d'intervenir.

Ton "devoir" ?

Ton "devoir" ?

Qu'est-ce que je demande ? Une chose :

le bonheur de cette petite.

C'est un sentiment tout naturel.

Franchement,

elle ne sera pas heureuse, avec vous.

T'es formidable.

Il n'y a pas d'autre mot.

Le p�re...

Le p�re...

Il est gratin�, le p�re.

Il met sa fille au garde-meuble et 20 ans plus tard,

il revient, en douce, sur la pointe des pieds,

des larmes plein les yeux, pour faire de la morale.

De la morale.

Je te jure. Il y a de quoi se marrer.

�coute,

je vais te dire une chose :

moi aussi, je suis de l'Assistance.

Si mes parents revenaient pour m'apprendre le piano,

je leur dirais deux mots.

Il y a autre chose. Tout �a, que veux-tu que �a me foute ?

Moi, je l'aime, Fran�oise. Tu entends ? Je l'aime.

Que peux-tu y faire ?

Hein ?

- Vous l'aimez ? - Oui.

Et elle ?

�a te regarde ?

Mon cher, r�fl�chissez, tout de m�me.

J'ai le droit de savoir exactement ce qui s'est pass� entre vous.

"Le droit."

"Le droit." Tu me fatigues.

Va-t'en.

�coutez. Qu'est-ce que vous esp�rez faire ?

Dites-moi. R�fl�chissez un peu.

Tout de m�me, vous n'esp�rez pas...

- Fran�oise... - Quoi ?

Fran�oise...

Je suis responsable, moi.

R�fl�chissez. Vous n'avez pas de situation, ni d'avenir.

Vous n'avez pas de sant�.

Il faut l'avouer. Vous faites un m�tier malsain.

Ne gigote plus.

Qu'est-ce que tu dis ?

T'as de la veine d'�tre p�re, toi. �coute-moi.

Tu vas te lever et tu vas partir.

Tu vas partir tranquillement, te d�biner.

T'as compris ?

- C'est curieux. - Quoi donc ?

On se voit tous les jours et vous vivez avec une autre.

Je ne vis pas avec elle. Tu le sais bien.

- �a revient au m�me. - Non.

Vous aimez Clara ?

Hein ?

Non. C'est avec toi, que je veux vivre.

�a te plairait pas, de vivre avec moi ?

On serait heureux.

Seulement, tu vois,

il y a quelque chose qui me g�ne.

Enfin...

Quelqu'un, plut�t.

"Quelqu'un" ?

Ne fais pas l'�tonn�e. Tu sais ce que je veux dire.

�a continue ?

Toujours jaloux ?

Non. Ce n'est pas de la jalousie.

Je sais qui c'est, maintenant. Mais tu aurais pu me le dire.

- Vous dire quoi ? - Que c'�tait ton p�re.

Mon "p�re" ?

Ce n'est pas mon p�re.

- Qu'est-ce que tu dis ? - Mais non.

�coutez, il a une marotte. Il aime bien raconter des histoires.

Je te jure que c'est un monde.

Et tout ce qu'il m'a dit ?

Il est fou, ce type. Il est sinoque. Qu'est-ce qu'il cherche ?

Pourquoi tu continues � le voir ? Que fais-tu avec lui ?

Je vous l'ai d�j� dit.

Il a toujours �t� tr�s gentil avec moi.

C'est le seul, avant vous, qui n'ait jamais �t� gentil avec moi.

� chaque fois qu'il revient, il m'apporte quelque chose.

Il m'�crit.

Ah oui. Les cartes postales.

Il a beaucoup voyag�. Il conna�t des tas de choses.

Il n'a jamais voyag�. Il ne conna�t rien du tout.

C'est un maniaque, un menteur. Il me d�go�te.

Tout � l'heure, il disait : "Ma petite fille par-ci, par-l�."

Un type comme �a, je t'assure !

Eh ben...

Si vous voulez, je ne le reverrai plus.

- C'est vrai ? - Oui.

Bon.

Je te promets de ne plus voir Clara.

�a ne te d�go�te pas, qu'il mente tout le temps ?

Tout le monde ment.

J'ai d�j� menti, moi aussi.

Si je disais le contraire, ce serait un mensonge.

J'aime pas les gens qui mentent.

Je suis pas menteuse. Vous savez ?

Bien s�r, puisque je t'aime.

On est bien, ici.

Vous vous rappelez ce que vous m'avez dit ?

"� P�ques, on ira chercher des lilas."

Ah oui.

Des lilas ?

Mais il n'y a pas assez de fleurs, ici ?

C'est des fleurs enferm�es.

Ce n'est pas la campagne.

La campagne, c'est quand il fait beau.

Je t'aime, tu sais ?

Tu as un joli corps.

T'es fragile.

On dirait un petit animal.

Quand je t'ai vue avec tes fleurs,

tout de suite, j'ai eu envie d'�tre heureux.

C'est vrai. Je t'aime.

C'est gentil de me dire �a.

Quelquefois, quand je suis toute seule,

moi aussi, je pense � l'amour.

Je suis contente.

J'ai envie de rire.

Et maintenant, je vous �coute et je suis bien.

�a me serre le coeur. J'ai envie de pleurer.

Je ne comprends pas les choses compliqu�es.

Je n'aime pas souffrir.

"Souffrir" ?

Et moi, tu crois que j'aime souffrir ?

On sera heureux, tous les deux.

Avant, je n'ai pas tellement �t� heureux.

J'�tais seul. Je m'en foutais.

J'�tais pas verni. J'ai eu tous les ennuis.

Les gros et les petits.

Un jour, dans le train. j'avais une casquette neuve,

et par la porti�re.

Et puis tout.

Le ch�mage, le boulot.

Ce que j'ai pu faire, comme boulots !

Jamais les m�mes et toujours pareils.

La peinture au pistolet,

le minium.

Ce n'est pas bon, le minium.

C'est comme le sable.

Quand j'avais plus la force de lutter, je me laissais aller.

Quand �a allait mal, je m'installais.

Tu sais, t'attends le tramway et il flotte.

Il arrive. Tu vas monter dedans.

Ding, complet.

Deuxi�me tramway, complet.

Troisi�me, complet.

Tout �a, �a passe et tu restes l�.

Sous la flotte, tu attends comme un cave.

Enfin...

Maintenant, tu es avec moi. Tout va changer.

Vous voulez me garder pour vous tout seul ?

Bien s�r.

Tu m'aimes ?

Tenez.

Je vous la donne.

C'est la chose � laquelle je tiens le plus.

Je l'ai toujours port�e.

Tu m'aimes ?

Oui.

Oui. Je t'aime.

Il n'y a rien � dire, Fran�ois, rien � expliquer.

J'ai compris, quand je t'ai vu arriver.

Tu venais comme pour une mort. Ces messieurs de la famille.

T'as tort de causer comme �a. Je n'ai pas envie de rigoler.

Et moi ?

Ce n'est pas une trag�die.

Heureusement qu'on ne s'aime pas.

Tu vois �a ? Si on s'aime et on se quitte ?

Ce serait affreux.

Tu m'en veux ?

Pourquoi ?

J'ai �t� tr�s heureuse, avec toi. J'aurais bien voulu que �a continue.

Mais moi, j'habitais ici et toi, en face.

On �tait trop loin.

Ne fais pas cette t�te-l�.

Quelle "t�te" ? Je ne fais pas de "t�te".

Mais si.

On dirait que c'est moi qui te laisse tomber.

T'es trop d�licat,

trop sensible.

Vous me faites bien marrer, tous.

Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je vais chercher un engagement.

Je connais du monde, dans le m�tier.

J'ai travaill� avec un dresseur de phoques.

- C'est gentil, les phoques. - Oui.

Le dresseur aussi �tait gentil,

avec moi.

Avec les phoques, c'�tait une vraie brute.

Je l'ai quitt� pour Valentin.

Il travaillait en douceur, lui.

Il dressait un chien en trois jours.

Tu ne sais pas comment ?

Non.

Il lui rasait le poil � la jointure de la patte

et avec un fer rouge, il lui br�lait la peau.

Pour le faire travailler, il touche la plaie avec un fouet.

Tais-toi. �a me d�go�te.

C'est un d�gueulasse. Il est fou.

Non. Il n'est pas fou.

Il est piqu� comme un fruit g�t�.

Il le sait.

Alors il ab�me les autres. �a le console.

Moi aussi, il m'a ab�m�e.

Enfin, il ne faut pas se plaindre.

Avec toi, j'ai respir� un peu.

Une petite cure.

�coute, Clara, je n'ai pas voulu te faire de peine.

Je voudrais que tu gardes un bon souvenir de moi.

Moi, je t'oublierai pas.

Moi, si je pouvais t'oublier, je t'oublierais tout de suite.

"Un souvenir." Des souvenirs.

J'ai une gueule � faire l'amour avec des souvenirs ?

Je vais t'en donner, moi, un souvenir.

Un cadeau, pour que tu penses � moi.

Tiens.

- O� tu l'as eu ? - Valentin me l'a donn�.

�a te choque ?

Il en avait un stock.

Je lui ai pris son stock, pour qu'il en ach�te d'autres.

Tu veux les voir ? Ce n'est pas difficile.

C'est un lot. C'est une affaire.

C'est joli.

�a vient d'Italie.

Tiens. Regarde.

C'est beau comme tout.

C'est pour chaque femme qui couche avec lui.

Elle en a une aussi, la petite. Hein ?

Qu'est-ce que vous regardez ?

Qu'est-ce que vous guettez, tous ?

Qu'est-ce qu'il a ? Il est fou.

Il va sauter.

- Que se passe-t-il ? - Il est � sa fen�tre.

Que se passe-t-il ?

Je suis pas une b�te curieuse.

Qu'est-ce que vous attendez ?

Vous attendez que je saute.

Un assassin. C'est int�ressant, un assassin.

Je suis un assassin.

Oui. Je suis un assassin.

Les assassins, �a court les rues ! Il y en a partout.

Partout. Tout le monde tue.

Tout le monde tue.

Seulement, on tue en douceur, alors �a ne se voit pas.

C'est comme le sable. C'est l�-dedans.

L�-dedans.

Foutez le camp.

Allez-vous-en.

Vous lirez �a dans le journal.

Ce sera imprim�. Tout sera imprim�.

Vous le lirez. Vous le croirez.

Dans les journaux, on raconte tout.

Ils sont bien renseign�s.

Foutez le camp. Vous allez attraper froid.

D�binez-vous.

Laissez-moi seul.

Tout seul. Vous entendez ?

Je ne demande rien. Je veux qu'on me foute la paix !

La paix !

Oh, il crie. Il crie.

Regardez-moi celle-l�.

Fran�ois ?

Je suis fatigu�.

Fran�ois !

Je n'ai plus confiance. C'est fini. Vous entendez ?

Ne t'obstine pas. �a ne sert � rien.

Il y a des gens qui ont tu�. Ils n'en sont pas morts.

Descends. On verra.

Les gars, il y a une place � prendre,

une bonne petite place, un bon boulot,

avec des heures suppl�mentaires.

Qu'est-ce que vous attendez ?

Un bonheur. Tout un petit bonheur.

Fran�ois, tu devrais sortir. �a s'arrangerait.

Quel Fran�ois ?

Il n'y en a plus. Je ne connais pas.

Il n'y en a plus nulle part. Laissez-moi.

Foutez-moi la paix. Allez-vous-en.

Fran�ois, on te conna�t.

T'es un bon gars.

Ne t'obstine pas.

On parlera pour toi.

Descends. �a ne sert � rien.

Qu'est-ce qu'on fait ?

On attend. Il y a des ordres.

Allez. D�blayez.

Que se passe-t-il ?

Elle est tomb�e. C'est la t�te qui a port�.

Ne la laissez pas l�.

Il faut la coucher. On la monte dans ma chambre.

O� allez-vous ?

- Elle est bless�e. - Ce n'est pas une clinique.

Que viens-tu faire ici ?

Il fallait que je vous parle d'homme � homme. Je suis mont�.

- Fous le camp. - Non.

Fous le camp.

Je ne partirai pas avant que vous m'ayez entendu.

Je t'ai assez entendu. Tu peux foutre le camp.

Fran�oise ne veut plus me voir.

- Et alors ? - Je ne peux pas admettre �a.

- Vous le lui avez d�fendu. - Alors pourquoi tu me le demandes ?

Je ne suis pas un homme comme les autres. Je sais tout.

On ne peut rien me cacher.

- Tu as de la chance. - Quoi ?

De la chance.

Ah bon. C'est �a.

Le cornard. Le risible.

L'heureux veinard.

Vous avez d� bien rigoler, avec Clara.

Moi, je m'en fous.

Vous entendez ? Je n'ai pas d'amour propre.

Je voudrais savoir ce qui se passe avec Fran�oise.

Tu ne vas pas recommencer !

Tu m'as d�j� jou�e, la pi�ce. Le P�re indigne.

Le guignol, �a me fatigue.

Quand t'es rentr�, j'allais me coucher.

Je gratte toute la journ�e. Demain, pareil.

C'est facile. Je remonte le r�veil. Je me couche.

Demain, il sonne et je repars.

Alors fous-moi le camp.

Fous-moi le camp.

- Je souffre. - Que veux-tu que �a me foute ?

Des �tres humains, �a s'explique.

- Vous n'�tes pas humain. - Moi ?

Non. Vous n'�tes pas humain.

�videmment, l'autre soir, j'ai racont� des histoires.

Moi, je ne suis pas le p�re.

�a vous choque, �a.

Tu me d�go�tes.

Je suis un imaginatif, un r�veur.

Je fais ce qui me pla�t et ce que je veux.

Je ne pouvais pas supporter...

Remue pas comme �a !

On dirait un rat. T'entends ? Alors ne bouge plus.

Ne Bouge plus, Bon Dieu.

Je ne bouge plus.

C'est curieux.

Je croyais que ceux qui exer�aient un m�tier manuel

n'�taient pas nerveux.

Tu vas te taire.

Vous �tes nerveux.

Vous �tes nerveux, parce que vous �tes inquiet.

Vous �tes inquiet, car des choses vous �chappent.

C'est compliqu�, les femmes.

C'est myst�rieux, les jeunes.

Tu veux pas te taire ? Je vais te faire faire.

Vous ne m'impressionnez pas. Je rigole.

Rigole.

Rigole.

Rigole !

Si je te balan�ais, tu rigolerais.

Mais t'es fou.

Arr�te. T'es fou.

L�che-moi !

Bien s�r que je vais te l�cher, mais c'est dommage, je te jure.

C'est idiot. J'ai le vertige.

"Le vertige" ?

J'ai toujours le vertige.

Clara a raison. Je vieillis.

Je ne ma�trise pas mes nerfs.

Ce n'est pas commode, de tuer un homme.

J'en sais quelque chose.

J'�tais venu pour �a.

Tiens donc.

Tiens.

Tu vois ?

Je voulais te tuer.

Une id�e, comme �a.

J'ai souvent des id�es merveilleuses.

Mais je ne vais jamais jusqu'au bout.

Je suis d�risoire.

Minable.

Oui. T'es minable.

Pour un rien, j'�claterais en sanglots.

Pourtant, quel homme j'�tais !

Si tu m'avais connu quand j'�tais jeune,

tu aurais eu de la sympathie pour moi. Je plaisais � tous.

Quand t'�tais jeune, tu devais �tre pareil,

aussi d�gueulasse.

"D�gueulasse" ? Moi ?

D�gueulasse.

Pourquoi pas ?

�a a des avantages.

Tu n'es pas d�gueulasse.

T'es honn�te. T'es simple. T'es confiant.

N'est-ce pas ?

C'est joli, la confiance.

�a aussi, c'est joli.

Un joli bijou.

Joli cadeau � faire � une enfant.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Qu'est-ce que tu veux savoir ?

Tais-toi.

Rien. Tais-toi.

Tu vois �a ?

C'est dr�le comme les gens simples

se font des id�es �tonnantes sur les femmes.

L'amour.

La romance.

Oui. On t'aime.

Si.

C'est beau, d'�tre aim�.

Moi, on ne m'aime pas.

Mais je plais.

Plaire, tout est l�.

Alors, comme je lui plaisais,

la petite et moi...

J'aurais eu tort de me g�ner.

�a t'int�resse, �a.

- Tu veux des d�tails ? - Ta gueule.

Tu vas te taire.

Tu vas la taire, ta gueule !

T'es bien avanc�, maintenant.

Et toi ?

Les gaz.

Les gaz.

Fran�ois.

O� est-il ?

O� est-ce qu'ils l'ont mis ?

Fran�ois.

Je t'aime, tu sais.

Ne bouge pas comme �a. Essaie de dormir.

J'ai peut-�tre eu tort de lui dire que je l'aimais.

Il a chang�.

Il n'�tait plus pareil.

Toujours expliquer...

Tu comprends, Fran�ois ?

On s'aime.

Moi, j'ai confiance.

Vous frappez trop fort. Elle a la fi�vre.

- Qu'y a-t-il ? - Les gaz.

"Les gaz" ?

Ce n'est pas possible. Ils ne vont pas l'asphyxier !

- Non. C'est des gaz lacrymog�nes. - "Lacrymog�nes" ?

�a le fera pleurer et il toussera.

Un sale moment � passer.

Avec le sable, il est habitu�.

Qu'est-ce que �a peut faire, Clara ?

Il n'aime pas, Clara.

Il n'y a rien � dire.

Ce n'est pas sa faute, s'il ne l'aime pas.

C'est moi que tu aimes, Fran�ois.

Ne t'agite pas comme �a.

Essaie de dormir.

Je ne peux pas me lever.

Je ne peux pas me lever.

Vous vous rappelez ce que vous m'avez dit ?

"� P�ques, on ira chercher des lilas."

Des lilas.

Adaptation : Aude Salmon pour Eclair Group

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.