All language subtitles for Fay.Grim.LiMiTED.DVDRip.XviD-BeStDiv.french

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Original subtitles

- Fay ?

�a va ?

Fay Grim: Les secrets du pass�

- J'ai peur.

- Pourquoi ?

II s'est pass� un malheur ?

- Non, mais j'ai peur pour mon fils.

Il a 14 ans.

- C'est une p�riode � laquelle on survit, en g�n�ral.

- J'ai peur qu'il finisse

par devenir...

un peu comme son p�re.

Je sais ce que vous pensez.

''Pardonnez-lui, � cet homme.

Il n'y a personne de parfait.'' Mais je lui pardonne aussi.

C'est ce que j'ai toujours fait.

C'est l� mon probl�me.

Apr�s tout...

c'�tait qui, Henry, en fait ?

Nous avons v�cu sept ans ensemble et on a eu un enfant.

Nous vivions en couple et je ne sais toujours pas

o� il est venu au monde.

- Il doit vraiment vous manquer beaucoup, j'imagine.

- Excusez-moi.

All�, Fay � l'�coute...

- Fay.

Merci d'�tre venue.

- L�, c'est le terminus pour vous, monsieur.

- Maman... - Tiens-toi droit.

- Veuillez me suivre.

On a surpris Ned avec ce gadget pornographique

� l'�cole aujourd'hui. Il �tait en train de le montrer

aux autres enfants. - Qu'est-ce que c'est ?

- Vous n'avez qu'� regarder.

- Faut d'abord l'allumer. L�. - O� �a ?

- Il y a une manivelle sur le c�t�.

- Ah. - C'est cool, hein ?

- O� t'as trouv� �a ? - C'est venu par la poste.

- Quelle poste ? - Notre poste.

- Tu ouvres tous les paquets maintenant ?

- Il m'�tait adress� � moi.

- Qui te l'a envoy� ? - J'en sais rien.

Il n'y avait pas d'adresse de retour

ni d'explication. C'est une orgie.

- Oui, j'ai vu �a, Ned. - Il ne s'agit pas de savoir

o� il l'a trouv�.

L'important l�-dedans, c'est qu'il n'a pas le droit

d'apporter ce genre de choses � l'�cole.

- Tu es priv� de sortie. Pour toujours.

C'est bon, Ned, on s'en va.

- Fay.

J'aurais quelque chose � vous dire en priv�.

Ce n'est un secret pour personne

dans cette �cole - ni dans cette ville -

que le p�re de Ned �tait loin d'�tre un mod�le de vertu.

- �a, vous pouvez le dire; j'ai repris mon nom de jeune fille.

- Oui, votre nom de jeune fille. Mais n'oubliez pas

que tous vos voisins, ainsi que les camarades de Ned,

savent �galement... que son oncle - votre fr�re -

est le notoire et...

controvers�... ahem...

po�te Simon Grim. - Oui.

Nous sommes tr�s fiers de Simon. - Votre fr�re est d�tenu

dans un p�nitencier de l'�tat. - Et alors ?

- Eh bien, �a fait de lui un dr�le de mod�le.

- Ned n'avait pas le choix de sa famille. C'est tout.

- Fay.

Avez-vous d�j� song� � d�m�nager dans une autre ville ?

- All�...

- Bonjour, Fay. - Bonjour.

- M. James vous attendait. Puis-je vous d�barrasser ?

Par ici, s'il vous pla�t.

- Fay. Bonjour. C'est moi, Angus.

Heureux de faire enfin votre connaissance

apr�s toutes ces ann�es.

- Vous n'allez pas cesser de publier tous les po�mes

de mon fr�re, hein ? - Quoi ? Non.

- Les droits d'auteur qu'il re�oit sont notre seul revenu

et nous venons de d�m�nager de nouveau.

- Non, il n'en est pas question, Fay, non.

Simon, pour nous, est une mine d'or.

Il faudrait �tre stupide pour le balancer.

Et ne vous inqui�tez pas de vos ch�ques de redevances.

- Ah. - Et m�me, si j'ose dire,

je consid�re Simon mon ami.

- Ah oui... d'accord.

- Toutefois... et vous serez probablement surprise

de l'entendre, l'avant-gardisme et l'iconoclasme

qui identifiaient le genre que votre fr�re a bien personnifi�,

cette marginalit� vitale en tant que forme d'art

et � titre d'expression...

est malheureusement devenu moins populaire en Am�rique.

- Ah non. Pour vrai ?

- Oui. Mais j'ai une id�e.

Fay. Est-ce que vous savez que j'ai d�j� lu

le livre de votre mari, ses Confessions ?

- Oui. Simon voulait que vous publiiez ce livre.

- En effet, c'est exact.

Et j'avais alors d�cid� que non. En d�pit du fait que Simon

avait menac� de revenir sur notre entente de publier sa po�sie.

- Oui, je me rappelle. - Ce fut une phase difficile.

Et pour parler en toute franchise,

j'avoue que j'avais trouv� ce livre de Henry tr�s mauvais.

- Simon trouvait �a, lui aussi. - Oui, en effet.

N�anmoins...

depuis le proc�s de votre fr�re, il y a cinq ans,

les choses ont chang�.

VILLE DE NEW YORK �TATS-UNIS contre GRIM

- Simon, vous �tes accus� d'avoir volontairement fait entrave � la justice,

d'avoir aid� et encourag� un criminel notoire

et d'avoir falsifi� des documents officiels.

Pourquoi un po�te de r�putation mondiale,

une c�l�brit� litt�raire,

irait-il jusqu'� s'abaisser pour venir en aide

� un homme d'une importance n�gligeable

� un tel co�t pour sa propre r�putation et sa carri�re ?

- C'�tait mon ami.

- Ou �tait-ce parce que ce qu'il transportait alors

avait plus de valeur � vos yeux que la poursuite

de la justice ?!

- Qu'est-ce qu'il avait avec lui, Simon ?

Qu'est-ce que Henry Fool transportait

quand il a pris cet avion

� destination de la Su�de en se faisant passer pour vous ?

- Son livre. Ses Confessions. Sept ou huit calepins.

Et des chemises de rechange.

- En cons�quence de tout cela,

aussi bien les fans de Simon Grim partout dans le monde

que ses d�tracteurs les plus f�roces et les plus convaincus,

ont vu dans cet ami si myst�rieux,

cet �trange Henry Fool et ses c�l�bres Confessions,

une sorte de cl� essentielle et n�cessaire

� la compr�hension du talent incarc�r�

de ce grand po�te �boueur de Queens.

C'est bon pour les ventes, en tout cas.

Mais �a ne durera pas longtemps.

Henry, � l'heure actuelle, est la coqueluche.

Et ses Confessions sont devenues un produit

tr�s en demande depuis peu.

Le temps d'en profiter est l�.

Nous devons mettre la main sur ces calepins et les publier.

- Mais ils sont mauvais, non ?

Ils ne sont pas publiables.

Vous l'avez dit vous-m�me.

- Mais il ne faut pas �tre trop intransigeant par ailleurs, Fay.

Tout ce qu'on est capable de vendre,

disons-le, vaut la peine d'�tre publi�.

Vous n'avez pas...

ou plut�t, Henry n'a pas...

disons...

pris contact avec vous, ces derniers temps ?

- Non. - Je suis navr�.

- Ce n'est rien.

- Il doit certainement...

vous manquer beaucoup ?

- J'esp�re ne plus jamais le revoir. Pour vrai.

Je suis s�rieuse.

Je suis c�libataire.

Dans un sens.

- Je me demandais...

- Oui ?

- Eh bien, je me demandais si on ne pourrait pas...

Je me demandais si vous accepteriez

de d�ner avec moi, un soir cette semaine.

- Vous pensez � quelque chose comme...

un rendez-vous ?

- J'ai bien peur que oui.

- Agent Fulbright, CIA. �a, c'est l'agent Fogg.

Mais vous pouvez l'appeler Carl. - Bonjour.

- Et comment �tes-vous entr�s ?

- Nous sommes professionnels; on nous enseigne

ce genre de trucs � notre acad�mie.

- Fay, il y a des questions

que nous aimerions vous poser sur votre mari.

- Y aura-t-il une fin ?

Quand cesserez-vous de me harceler ?

J'ignore o� il se trouve.

Je suis c�libataire. Dans un sens.

- Oui... nous savons.

Mais... cette affaire n'est toujours pas class�e

et de nouveaux �l�ments ont fait surface.

- Quelle sorte d'�l�ments ? - Fay, o� �tiez-vous

quand Henry a pris l'avion pour se rendre en Su�de ?

- Chez moi. Je ne suis pas all�e � l'a�roport;

seul mon fr�re Simon �tait avec lui.

Nous avons d�j� tout clarifi� cela au proc�s.

- Simon ne l'a pas vu

monter � bord de l'avion.

Votre fr�re a vu Henry franchir la porte d'embarquement,

ayant d�j� � ce moment r�ussi � forger de faux documents

lui permettant de partir des �tats-Unis

sous une fausse identit�.

- Oui, mais apr�s ?

- S'il n'�tait pas mont� � bord de cet avion ?

- Pourquoi n'aurait-il pas pris l'avion ? �a allait mal.

Il �tait en fuite et cherchait � s'�vader, justement.

- Des scrupules de sa conscience ?

- Sa conscience ? Henry ? Voyons !

- Il a pu soudain ressentir l'amour intense

qu'il avait eu pour vous, son fils,

ses amis ou la communaut�. - Tranquille, Carl.

- Henry serait mont� � bord de cet avion.

Et de toute fa�on, si vous voulez mon opinion,

il aurait d� le faire. - Fay, il a tu� un homme.

- C'�tait un accident, il se d�fendait.

Et cet homme qu'il a tu� �tait un goujat.

- Est-ce que vous avez vraiment si peu confiance en la soci�t� ?

Qu'est-ce qui vous dit que Henry n'aurait pas �t� exon�r� ?

- Carl, �a suffit. Fay...

Il semble que Henry soit mont� � bord

en pr�tendant �tre votre fr�re Simon.

Mais ensuite, on ne l'a jamais vu � Stockholm.

Ce qui porte � croire qu'il avait un complice � l'a�roport.

- Un complice autre que Simon ?

- Quelqu'un qui s'appelle Konchalovsky,

�a vous dit quelque chose ? - Non.

- Bebe ? Bebe Konchalovsky ?

Nous savons que Henry tenait un agenda...

ou plut�t un journal... en plusieurs volumes.

- Qu'il avait coutume d'appeler ses Confessions.

- Oui, et alors ? - Avez-vous d�j� lu ce livre,

ses Confessions ? - Des extraits.

Une fois. Par accident.

- Est-ce que vous pourriez nous parler

de ces extraits ? - J'aime mieux pas.

- Y �tait-il question de... trahison ?

- Est-ce qu'on semblait, selon vous,

y aborder des sujets dangereux

� l'�gard de la s�curit� des �tats-Unis d'Am�rique ?

- Je n'ai lu que les sections porno.

- Les...

sections porno ? T'as not� �a, Carl ?

- Tout de suite. - Qu'est-ce que vous insinuez ?

Que Henry �tait peut-�tre un espion ?

- Ou... pire.

- �coutez, Fay...

- ''�coutez'' quoi ?

- Fay, Henry est mort.

- Maman ?

�a va ?

- Oui.

Tu as mang� ?

- Je vais me faire un repas. - Il est quelle heure ?

Tu �tais o� ?

- Il est 7 h 30.

J'�tais � la biblioth�que. Ils ont appel�, non ?

- Qui ?

- L'�cole.

- J'avais d�branch� le t�l�phone.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est pass� encore ?

- Je me suis fait renvoyer.

Maman ?

Maman, �a va ?

- Va manger, Ned.

- En tout cas, ne fais rien... de dramatique.

- Qu'est-ce que tu crains ? Que je me noie

juste parce qu'on t'a mis � la porte de ton �cole ?

Allez, va-t'en et laisse-moi tranquille...

esp�ce de petit monstre vaniteux.

Et ensuite, apr�s tout �a,

l'�cole de Ned t�l�phone pour me dire qu'on l'a surpris

se faisant faire une pipe par deux filles de 16 ans

� c�t� du bureau de la directrice.

Il s'est fait renvoyer.

- Attends, r�p�te-moi �a un peu.

Ils t'ont dit que Henry �tait mort ?

Quand ? O� ?

- � Berlin. En Allemagne.

Deux jours apr�s qu'il se soit enfui.

- Et tu penses que c'est vrai ?

- C'est la CIA, Simon, le gouvernement

des �tats-Unis d'Am�rique. Seigneur, r�veille !

- Est-ce que tu as le paquet envoy� par Angus ?

- Ils croient qu'il avait un complice � l'a�roport.

- � part moi ? - Oui.

- Il n'y avait aucun complice � l'a�roport.

- Mais tu ne l'as pas vu monter � bord de l'avion, n'est-ce pas ?

- Pas pr�cis�ment, non.

Mais...

Pourquoi il aurait d�cid� de ne pas partir ?

II cherchait � s'enfuir, c'�tait �a, le but.

- Peut-�tre qu'il a eu des h�sitations...

Et puis peut-�tre que tout � coup, les...

les...

- Les quoi ?

- Laisse faire.

Simon, il faut que tu sortes de prison.

Je n'y arriverai pas toute seule. Il faut quelqu'un

qui tienne lieu de p�re � Ned. - Tu me sugg�res de m'�chapper ?

- Tu peux peut-�tre avoir droit � une lib�ration conditionnelle

pour bonne conduite ? Non ?

- Je n'y aurai pas droit avant un an ou deux encore.

- Mais on ne peut pas attendre !

II va se retrouver � l'�cole de r�forme avant longtemps.

Et en prison avant d'�tre en �ge d'obtenir

son permis de conduire.

- S'il te faut quelque chose, t'as qu'� le dire � Angus.

- Elle a un rendez-vous avec lui.

- Quoi ?

- Il va au th��tre et au resto avec elle.

Il est toujours en train de l'appeler.

- Toi, �vapore-toi.

- Au revoir.

- Tu sors avec mon �diteur ?

- Tu as un probl�me avec �a ?

"Simon,

J'ai mis pas mal de temps et d'argent � retrouver ce livre,

Je suis � peu pr�s certain qu'il s'agit du sixi�me volume

des Confessions de Henry Fool,

Si ce document est authentique, gardez-le avec vous,�

il sera plus en s�curit�,

Je commence � croire que vos soup�ons �taient justifi�s,

J'ai d�cid� de ne pas tout raconter � Fay,

Peut-�tre sera-t-elle moins en danger si elle en sait moins ?

Nous en reparlerons, Veuillez agr�er, etc,,, Angus,"

- Je veux que Simon soit rel�ch� de prison.

- C'est pas aussi facile que �a en a l'air, Fay.

- Le gouverneur refusera de n�gocier sa lib�ration.

- Vous comprenez, Carl ?

- Il a droit � une lib�ration conditionnelle.

- Dans plusieurs ann�es. Carl, va faire un tour sous la pluie.

- Au revoir, Carl.

- Laissez-le en paix. - Il est fou de moi.

- C'est son probl�me.

- Je refuse de coop�rer � moins que Simon ne soit rel�ch�.

- D'accord. On verra ce qu'il y a � faire pour votre fr�re.

Mais je vous promets rien tout de suite.

Donc, acceptez-vous ou non ?

- Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, au juste ?

De quoi s'agit-il exactement ?

- C'est pas de cette fa�on qu'on marche.

On vous en dit juste assez pour compl�ter votre mission.

Si tout va bien et qu'on d�cide de continuer, on en dit plus.

- �a s'appelle la possibilit� de d�mentir, maman.

- Il devrait �tre � l'�cole, celui-l�.

- Va dans ta chambre, Ned. - J'ai faim, moi.

- Tiens... va...

va t'acheter une pizza. Allez, ouste !

Les Services secrets fran�ais

ont deux volumes des Confessions de Henry.

- Ah oui ? Et comment ils ont fait ?

- Ils se trouvaient en possession

d'un trafiquant de drogue,

� qui ils auraient �t� donn�s par Bebe Konchalovsky.

- Et c'est qui, �a ?

- Personne ne sait; une terroriste recherch�e

par les Russes, les Isra�liens, les Fran�ais et nous.

- Qu'est-ce que les terroristes ont � voir avec ces calepins ?

- Qu'est-ce que n'importe qui a � voir avec ces calepins ?

- Je sais pas.

- Ils comportent des renseignements

que les Fran�ais utiliseraient

pour faire pression sur les �tats-Unis.

- Comment �a ? - On s'en fout comment.

De toute fa�on, c'est top secret.

- Fulbright, Henry travaillait comme �boueur.

- Oui, durant cinq ans, ici dans le Queens,

il a travaill� comme �boueur. - Alors ?

- Alors, qu'est-ce qu'il faisait en Afghanistan en 1989 ?

- Quoi ?

- Nous avons des preuves, des t�moins oculaires.

Heureusement, nous avons des renseignements assez sensibles

sur les Fran�ais pour qu'ils acceptent un compromis.

- Ah oui ? Que voulez-vous de moi, alors ?

- Les Fran�ais sont en mauvaise posture.

Les Allemands, les Belges, les Isra�liens, les Chinois;

personne ne veut que les Fran�ais

remettent ces calepins aux USA.

Toutefois, il existe un trait� comportant une �chappatoire

interdisant au gouvernement fran�ais de confisquer

ce qui appartient � un citoyen am�ricain,

dans certaines conditions bien d�finies

que nous avons r�ussi � �largir

�tant donn� l'instabilit� due au terrorisme international.

Donc les livres �crits par Henry

- et vous �tes la veuve de Henry - vous appartiennent.

La France sera r�primand�e par L'Union europ�enne.

On s'en fout. Fay, c'est important.

Vous �tes la seule � pouvoir faire ce qu'il faut faire.

- Je veux que Simon soit rel�ch� de prison.

- C'est authentique.

- En �tes-vous s�r ? - Angus,

vous est-il d�j� venu � l'esprit qu'il est possible

que les Confessions de Henry soient r�ellement, honn�tement,

trop affreuses pour �tre vraies ?

- Au sens de mauvaises ? - Ineptes.

- Idiotes. - Exact.

- Oui, c'est l'impression qu'elles m'ont donn�e.

- T�chez de vous rappeler ce que vous avez lu.

T�chez de faire abstraction

des pelures de complaisance masturbatoire,

des d�clamations �gocentriques, de la parano�a obsessionnelle

et de toute pr�occupation sexuelle.

- Il n'y a pas grand-chose d'autre.

- Regardez � ma gauche, derri�re.

Il y a un prisonnier, au fond,

en train de lire un livre.

- Oui, je le vois. - Il s'appelle Herzog.

Il travaillait pour la CIA.

Sa sp�cialit�...

c'�tait les cryptages des messages.

Il inventait des codes.

Allez lui parler.

Interrogez-le � propos de...

l'Op�ration infernale.

Je lui ai parl� de vous.

- J'�tais l'attach� en chef

des agents secrets des �tats-Unis en op�ration.

- Fait chier !

- Dans un certain �tat de l'Am�rique du Sud,

au cours de ses premi�res �lections libres

au scrutin public...

- Arr�te de regarder �a !

Ned, si je fais ce qu'ils attendent de moi � Paris,

ils vont laisser ton oncle Simon sortir de prison.

- Sans blague ? - Sans blague.

Et �a me donnera l'occasion de porter ce beau manteau

qu'Angus m'a offert.

Est-ce qu'il arrivait que ton p�re te raconte...

des histoires � dormir debout, le soir,

lorsque je n'�tais pas l� ? - Bien s�r. Bien des fois.

- De quoi il parlait ?

- Des endroits qu'il avait visit�s...

des ennuis dont il avait r�ussi � se tirer.

�a, c'�taient les meilleures.

- Quelles sortes d'ennuis ?

- Il ne voulait pas que je te le raconte.

- Sans blague. Dis-le-moi, Ned.

- J'ai promis.

- Tu �tais �g� de cinq ans; il n'avait pas le droit

de t'obliger � promettre quoi que ce soit.

- Mais je l'ai fait.

- Est-ce qu'on a une mappemonde ou quelque chose comme �a ?

C'est o�, l'Afghanistan ?

- L�.

- Et ton p�re, est-ce qu'il t'avait parl� de l'Afghanistan ?

- Oui.

- Pour vrai ?

- S�r. �a va des montagnes ici jusqu'au Mont Hindou Kouch.

Ensuite � travers les Himalayas et jusqu'au Tibet.

- Il avait �galement �t� l� ?

- Il avait �t� partout. C'est vrai.

Tu vois, J�rusalem ici, Maka...

L'Iraq. Et Rome avec le Vatican.

Le pape lui a lanc� une chaise par la t�te.

- O.K. C'est bon, �a suffit.

- Tu crois ce qu'ils disent ? - Qui ?

- Fulbright... que papa serait mort.

- All� ?

- Quelqu'un a fait feu sur lui dans la rue

en revenant au bureau. Il va s'en tirer, qu'ils ont dit.

Il a eu beaucoup de chance, mais l�, il divague.

Ils sont sur le point de l'op�rer.

- Angus ! - Fay ! Dieu soit lou� !

Milla, vite, mon pantalon. Allons-nous-en d'ici.

- Angus, tranquille ! On vous a tir� dessus ! Calmez-vous !

- Fay, pensez-y.

Vous, Simon et moi sommes les seules personnes

� avoir lu les Confessions. - On aurait fait feu sur vous

parce que vous avez lu les cahiers de Henry Fool ?

- Oui. N'est-ce pas �vident ?

- Non. En fait, non. - �coutez, Fay...

j'ai trouv� un de ces �tranges calepins

et vous l'avez donn� subrepticement � Simon.

Henry se trouvait bien en Am�rique du Sud

dans les ann�es 70. - C'est impossible.

- Il y a �t� t�moin de plusieurs renversements de gouvernements.

Il mentionne Fulbright par son nom deux fois.

Et il y a plus ! - D�sol�e, mademoiselle,

je dois l'emmener en chirurgie sur-le-champ.

- Fay, je suis d�sol�. Ceux qui savent sont pr�ts � tuer

pour avoir ce livre.

- Quand vous d�barquerez � Paris, rendez-vous directement

aux toilettes des dames. - Avant de franchir la douane.

- Ce sera � votre gauche en entrant � l'a�rogare.

L'agent �tablira le contact.

- Comment ? - Impossible � dire.

- Regardez l'heure en entrant dans les toilettes.

N'attendez pas plus de cinq minutes.

- S'il n'y a pas eu de contact

au bout de cinq minutes, laissez tomber.

- S'ils n'ont pas fait sortir Simon de prison avant 18 h,

t�l�phone-moi � l'h�tel et laisse un message.

- D'accord.

- Tu connais le num�ro, hein ? - Oui.

- O.K.

- Dernier appel pour le vol 1028 en direction de...

- Vous n'aimez pas l'avion ?

J'adore l'avion. Ce sera fini en un rien de temps.

Je m'appelle Andre.

- Fay. - Enchant�.

- C'est quoi, �a ?

- Angus a achet� un nouveau divan.

Viens voir mon nouvel ordinateur.

- Simon ? Vous �tes sorti de prison ?

- Vous �tes sorti de l'h�pital ? - J'y �tais une cible facile.

Simon, on a voulu me tuer, vous ne saviez pas ?

Vous seriez plus en s�curit� en prison.

- O� est Fay ?

- Elle a fait un march� avec les F�d�raux.

Elle s'en va � Paris recouvrer deux des calepins de Henry.

- Mais...

Vous l'avez laiss�e y aller ? ! - Je l'ai su seulement

il y a une heure. Elle a obtenu ainsi ma lib�ration.

- Tiens, jette un coup d'oeil. C'est arriv� par la poste.

- Wow. - C'est une orgie.

- �a oui, c'en est une.

RENDEZ-VOUS

AUX TOILETTES DES DAMES

- Vous voyez, ce n'�tait pas trop mal.

- Merci beaucoup, je me suis vraiment amus�e en vol.

- Je suis � Paris pour la semaine.

On pourrait se revoir... - Bien s�r, d'accord.

ENTRE-TEMPS AU PAYS

CE QUI EST �CRIT AU MUR

- Bienvenue, Simon. - Merci, mon p�re.

D�sol� de vous tirer du lit de bonne heure aujourd'hui.

Voulez-vous nous aider ?

II faut regarder en tournant la manivelle.

Navr�.

Mais nous voudrions savoir ce qui est �crit au mur...

derri�re les trois debout, pr�s du fond, sur le...

- Oui, sur le mur. Vous voyez les deux filles

avec la ch�vre au fond ? - C'est quoi, du latin ?

- C'est vieux,,, ancien,,,

de l'h�breu, peut-�tre.

S�mitique � coup s�r.

Non... slovaque.

C'est difficile � juger avec toute cette d�bauche

qui se passe � l'avant. Pourquoi est-ce important ?

- Nous croyons que �a vient de Henry.

- Ils ont dit � Fay qu'il �tait mort.

- Et n'en ont donn� aucune preuve, juste... des ou�-dire,

une rumeur sur Internet.

- Pourquoi lui mentiraient-ils ? - Leur seule fa�on d'obtenir

ces cahiers des Fran�ais, c'est si Fay est veuve.

- Qu'est-ce que les Fran�ais ont � voir l�-dedans ?

Et de quels cahiers s'agit-il ? Qu'est-ce qui se passe, Simon ?

- Nous croyons qu'elle s'est fait embrigader malgr� elle

dans un r�seau d'espionnage, mon p�re.

- Par qui ? Et pour quoi ?

- J'avoue m'�tre tromp� sur le livre qu'avait �crit Henry

quand je l'ai lu il y a sept ans. Ce n'est pas ce que je croyais.

Gardez ce t�l�phone avec vous.

Franchissez la douane.

Recouvrez votre valise et allez � la rencontre de M. Picard

et des gens du minist�re de la S�curit� qui l'accompagnent

� la sortie de l'aire de retrait des bagages.

Je serai en contact avec vous.

- Mon p�re,

�a, c'est le volume six.

Un d�tenu d�nomm� Herzog l'a vu et pr�tend qu'en 1973,

Henry a utilis� une forme de cryptage dor�navant obsol�te

dont la CIA se servait pour envoyer des messages cod�s

� l'un de ses associ�s, probablement � ce Fulbright.

- D'apr�s vous, c'est un code ? - Dans un sens.

C'est une vieille technique d�su�te

qui consiste � composer une suite de phrases

ayant un rapport assez coh�rent mais obscur

avec un autre document d�j� compos� ant�rieurement.

L� o�, dans le texte original

- c'est ce qu'on appelle la concordance -

l� o� il y a un nom,

dans l'autre communiqu�, il y aura un verbe.

De plus, l'emplacement des adverbes

et celui des adjectifs est invers�.

D'ordinaire, cela donne du charabia.

- Vous avez tous deux lu ce livre;

est-ce de cette fa�on que vous d�cririez

les Confessions de Henry ? - Non.

Illogique, p�dantesque, contradictoire...

mais pas du charabia.

- Avec cette m�thode, seul un individu du type idiot savant

serait capable de construire quelque chose d'intelligible

avec une signification autre, bien qu'insens�e,

pour la dur�e d'une phrase ou deux.

- Henry en a �crit huit volumes.

- Par o� commencer ? - Nous aurons besoin de ceci...

Le Paradis perdu, de Milton.

Je pense que c'est la concordance.

- All� ? - �coutez attentivement.

Au minist�re de la S�curit�,

les Fran�ais vont vous donner deux cahiers.

Dans l'un de ces cahiers, � la dix-septi�me page,

� deux paragraphes du bas de la page,

il y aura un paragraphe r�dig� � l'encre bleue

plut�t que noire. La troisi�me phrase

de ce paragraphe sera entre guillemets.

M'avez-vous comprise ?

- Han-han.

- R�p�tez pour moi.

- Page 17, deuxi�me paragraphe � partir du bas,

de l'encre bleue, troisi�me phrase entre guillemets.

- C'est bien.

Apr�s, en sortant, vous verrez une femme dans l'escalier.

Elle �chappera sa plume et se penchera pour la ramasser.

Si dans l'un des deux cahiers, il y a un paragraphe

r�dig� � l'encre bleue sur la dix-septi�me page

et que la troisi�me phrase est entre guillemets,

tenez le paquet contenant les cahiers dans votre main gauche.

Sinon tenez-les dans la main droite.

Avez-vous compris ?

- Oui.

- Bien.

- Et ensuite quoi ? - Gardez ce t�l�phone avec vous.

Coupez la sonnerie et mettez-le en mode vibratoire.

D�posez les livres dans le coffre-fort de l'h�tel.

Votre t�che sera termin�e.

- Qu'est-ce que tu as, Ned ? - J'ai cr�� un programme,

et quand on tape le texte des Confessions,

avec ce programme, l'ordinateur traduit les noms, verbes, etc.

- Donc il reconna�tra le texte de la concordance.

- Oui, mais nous devrons copier tout le Paradis perdu.

Il nous faudra des jours entiers.

- Je l'ai trouv� en ligne, Angus;

il s'agit de savoir comment le t�l�charger

et l'importer dans cet autre programme.

- C'est facile, �a. Voyons voir.

- Oh. - Mille pardons pour �a,

mais c'est crucial, je crois. - Je parie.

- Qu'est-ce que �a dit ? Vous pouvez le lire ?

- La dame avec la croupe volumineuse est dans le chemin.

Attendez.

Ah, voil�.

Je le vois, mais je n'arrive pas � le lire.

Ce n'est pas de l'h�breu. Peut-�tre du chinois.

- Mais c'est en caract�res romains, rabbi.

- Je n'en suis pas si s�r.

Mon p�re, vous savez, je crois que c'est peut-�tre en arabe.

- Je peux vous dire avec joie

que ce ne sont pas les paroles du Proph�te.

- Mais vous le lisez ? - Oui.

Mais pas parce que c'est de l'arabe.

C'est du turc, en fait. - Non !

- Oui. - Faites voir un peu.

- Je fais erreur ? - Eh bien... non.

Mais peut-�tre.

- �a dit... Comment traduire �a ?

C'est une complainte.

Le contenu de v�rit�...

Non, c'est bien plus que cela.

Celui... qui dit ce qui est

sera �ternellement...

- Quoi ?

- En d�saccord avec le monde. � contre-courant.

- Un honn�te homme a toujours des ennuis.

- Oui. En fait, oui.

Traduction approximative, mais tout � fait ad�quate.

- Simon !

Qu'est-ce qu'il y a ?

- ''Un honn�te homme a toujours des ennuis.''

C'est la premi�re ligne des Confessions de Henry.

- Ce n'est pas juste une orgie, Simon.

C'est un harem.

- Oui, d'accord... Ouais...

Rien � craindre. Ce n'est qu'une pr�caution.

- Apr�s avoir �chapp� � la mort pendant le coup d'�tat

contre le gouvernement du Chili, Henry r�appara�t au Nicaragua.

Apr�s un incident fortuit, il devient agent double

pour les Sandinistes et les Contras,

financ�s par les �tats-Unis. Quelque temps plus tard,

il est recherch� mort ou vif - et ce par les deux camps -

poursuivi sans rel�che par l'infernal F.

Je pense qu'on peut d�duire

qu'il parle de l'agent Fulbright.

Il traverse le Honduras, entre au Belize...

et juste avant d'�tre pris au pi�ge,

il r�ussit � traverser jusqu'� Cuba

avec le bateau de quelques communistes hongrois qui,

plus tard, diront avoir obtenu plusieurs pr�cisions

sur le scandale Iran-Contras gr�ce � Henry.

- Chose qui le lie au volume sept,

o� il soutient qu'il ignorait tout de cette vente d'armes � l'Iran

et que les Hongrois n'�taient int�ress�s

qu'� son analyse r�volutionnaire

du livre le Mariage du ciel et de l'enfer de William Blake

et � certaines de ses exp�riences de chimie.

- Cela explique pourquoi ils l'ont envoy� � Bucarest.

Merci, Milla. - Henry �tait chimiste ?

- Plus pr�cis�ment, mon p�re... Quel �ge avait notre chimiste ?

- Il buvait trop et fumait sans arr�t.

Il mangeait mal, dormait peu et sortait souvent.

C'est tr�s difficile � dire, mais...

Henry aurait pu �tre un homme ravag� dans la jeune trentaine

ou un quinquag�naire qui para�t jeune pour son �ge.

- Mais avez-vous son permis de conduire, Simon ?

Ou son passeport ? - Pas que je sache.

Un instant. J'ai leur certificat de mariage.

- Qu'est-ce que �a dit ?

- ''Date de naissance du mari: 1591.''

- C'est impossible.

Ce doit �tre 1951.

C'est plus logique, non ?

- � peine. Je veux voir �a.

10 MINUTES PLUS TARD

AUTRE H�TEL

- Enfin arriv�e !

SON NOUVEAU MANTEAU A

DE FAUSSES POCHES

- Mon amie a une r�servation au nom de...

de Hopper.

Pensez au peintre.

- Ah oui, mademoiselle.

Vos valises sont d�j� dans votre chambre.

Puis-je vous demander votre passeport, je vous prie ?

- Peut-elle mettre une enveloppe dans le coffre-fort ?

- Bien s�r.

- Est-ce que �a va ? - Han-han.

- Je suis d�sol� pour cette histoire.

Vraiment, je suis navr�.

- Alors maintenant, je suis votre otage, c'est bien �a ?

- Voici votre re�u et votre passeport.

Ce porteur va vous accompagner � votre chambre.

Je vous souhaite un bon s�jour, mademoiselle.

- Non, vous n'�tes pas une otage.

Mais vous ne serez pas en s�curit� si l'on apprend

que vous �tes � Paris

avec ces calepins. - Ah...

- J'aurais aim� faire votre connaissance

dans d'autres circonstances. - Moi aussi.

- Vous �tes... extraordinaire.

- Merci.

Ah...

- Madame ?

- Oui ? - O� �tes-vous ?

- J'en sais rien.

Un autre h�tel, une diff�rente partie de la ville.

- O� sont les calepins ? - Dans le coffre de l'h�tel.

J'ai le re�u. Que se passe-t-il ?

- Ne vous en faites pas, je vais vous trouver.

Gardez le t�l�phone allum�, il me permettra de vous trouver.

- Simon, c'est moi. - Fay.

Pourquoi as-tu fait �a ?

- Il fallait que je te sorte de prison, Simon.

�a a tr�s bien fonctionn�.

De cette fa�on, tu peux donner des cours priv�s � Ned

et lui �viter la maison de redressement.

- �coute... Fay...

Euh...

Tu sais, l'agent Fulbright, il ne t'a pas dit la v�rit�.

- Et alors ? L'important est que tu sois sorti de prison, Simon.

- Fay...

Henry est vivant.

Fay ?

- Simon...

- Je suis d�sol�, je sais que...

- Je commen�ais � me faire � l'id�e...

qu'il �tait... disons...

d�c�d�.

- Non.

- Comment as-tu appris �a ? Qui te l'a dit ?

- Le jouet. Tu sais...

la visionneuse que tu as re�ue par la poste.

- On cogne � la porte. Un instant.

Qui est l� ?

- Fay, c'est moi.

Andre ?

- Il faut que je vous parle. - Un instant, Simon.

Il faut que je raccroche. � plus tard.

- Non ! Fay, attends...

- Votre contact est un imposteur.

L'agent Fulbright s'est fait avoir.

- Vous connaissez Fulbright...

- On �tait ensemble en Afghanistan.

En fait, j'�tais agent double

et je vendais des secrets aux Russes.

Mais il ne le sait pas, �a.

- Alors quoi ?

Vous �tes un espion, c'est bien �a ?

- Vous avez l'air d��ue.

- Je croyais que je vous plaisais.

- Mais oui.

Vous avez raison.

C'est bien pour �a que je vous mets en garde.

- � propos de quoi ?

- La femme qui vous a contact�e, elle s'appelle Juliet.

Elle travaille pour les Services secrets isra�liens.

- J'en d�duis que ce n'est pas une bonne chose...

- Votre mari en savait beaucoup

sur les syst�mes de positionnement des satellites.

- Ah oui ? - �a vous surprend ?

Lorsque ses calepins sont plac�s d'une certaine mani�re,

ils donnent les coordonn�es de trois satellites

au cours du mois de mai 1994.

Vers le centre de chaque calepin,

certains mots sont �crits en rouge.

- Oui, c'est vrai... Mais elle avait parl� d'un paragraphe

�crit avec de l'encre bleue, � la page 17.

- Avec la troisi�me phrase entre guillemets.

- Oui. - La preuve que ce n'est pas

le bon calepin. Mais c'est le bon calepin. N'est-ce pas ?

- C'est qu'il n'y avait pas de bleu,

quelle que soit la page.

- Alors elle sait que ce sont les bons.

Elle viendra vous les prendre. Vous �tes en danger.

- Pourquoi les coordonn�es des satellites sont si importantes ?

- Elles donnent l'adresse d'une base

de missiles nucl�aires isra�lienne.

- Et alors ? Est-ce que c'est ill�gal ?

- C'est une violation de trait�.

- Les missiles ? - Et les satellites.

Je veux vous donner ceci.

Les calepins un et deux des Confessions de votre mari.

Les Russes les ont vol�s aux Nord-Cor�ens

afin de pouvoir les d�coder.

Ils croyaient trouver quelques instructions qui les aideraient

� embrouiller les radars d'avion en vol d'observation.

- Pourquoi faites-vous tout �a ?

- Essayez de convaincre Angus James

de me donner le volume en sa possession:

Le sixi�me. Nous savons qu'il l'a.

- Vous avez tir� sur lui...

- Pas moi. Mais je sais qui.

Je suis d�sol�.

Il fallait qu'il nous prenne au s�rieux.

Henry, en 1988, travaillait � Bucarest dans un endroit secret.

Il est disparu au volant d'un camion

contenant deux tonnes d'un poison

dont il est le seul � conna�tre la virulence

et qu'on n'a pas retrouv�... - Vous mentez !

Henry n'est jamais all� dans tous ces pays !

- Il y a eu un scandale, je n'en connais pas les d�tails.

Une fille, sa m�re et la cousi... - Ah ! ! !

- �coutez. Pensez-y.

N'oubliez pas Angus.

Il nous faut ce calepin.

- Vous irez voir le concierge et lui demanderez de reprendre

ce que vous avez plac� dans le coffre-fort.

Une fois que vous aurez r�cup�r� vos biens,

nous traverserons l'entr�e jusqu'aux escaliers.

Je prendrai l'article puis vous irez dans votre chambre.

Et je descendrai au stationnement. C'est clair ?

- Han-han.

- Quelqu'un pointe un revolver sur votre fils � l'instant.

Calmez-vous et gardez votre sang-froid. Allons-y.

�a ne prendra qu'une minute.

- Mademoiselle ?

- Ah ! Ce n'est rien ! D�sol�e.

- Un homme s'est fait �craser devant elle dans la rue.

- Je voudrais reprendre l'enveloppe que j'ai laiss�e

dans le coffre-fort. - Voulez-vous que je prenne �a ?

- Oh... oui, si vous voulez. Merci.

- Bien jou�,

Au revoir. Ce n'est rien de personnel,

ni contre les Am�ricains.

- Je crois que je vais les prendre, merci.

- Abaissez votre arme et donnez-moi les calepins.

- Pourquoi, Milla ? Je vous faisais confiance.

- Vous ne vivrez pas en paix tant que les fronti�res isra�liennes

seront menac�es. - C'est assez ! Emmenez-la !

- All� ? Salut, maman !

Tu ne croiras pas ce qui vient de se passer !

Carl vient d'arr�ter Milla.

Elle a failli me faire exploser la cervelle.

- Fay ! Fay ?

- Mademoiselle ? - Ah...

- �a va ?

- �a va, mademoiselle, nous allons y voir.

- Monsieur. - Et Picard ?

- Il est bless�. �a semble s�rieux.

On l'a mis dans une ambulance. L'Arabe aussi a �t� touch�.

- �a m'est �gal. Avez-vous trouv� Konchalovsky ?

- On l'a perdue. - Merde !

- Ils ont appr�hend� la complice, Milla, � New York.

- Tenez-moi au courant.

- Fulbright ! Ils ont failli tuer mon fils !

- Fay, croyez-moi, je les aurais fait arr�ter avant.

Quoi ?

- Que lui a-t-on fait au visage ? - �a para�t ?

- �a vous va � merveille.

- Je vous interdis de flirter avec moi, Fulbright.

Qu'avez-vous fait en Am�rique du Sud ?

- Quoi ?

- En quoi Henry est-il impliqu� ?

- Qui vous a parl� de tout �a ?

- Il mentionne votre nom, vous savez... deux fois.

- Alors vous les avez lues, les Confessions.

- Non, je vous l'ai dit, j'en ai lu qu'une section par accident.

- Oui, je me rappelle, juste les sections porno.

- Il vous mentionne dans les parties porno.

- Pourquoi toutes ces questions ?

- Parce que j'aimerais comprendre ce qui arrive.

- Depuis quand ? - Depuis que vous avez d�cid�

d'impliquer ma famille et moi dans votre enqu�te

pour arr�ter une salope � talons hauts.

- Henry...

travaillait comme agent secret pour la CIA au Chili

lorsque le gouvernement am�ricain a jug� qu'il �tait

n�cessaire de renverser le gouvernement du Chili.

- Pourquoi ? - Pourquoi quoi ?

- Pourquoi fallait-il renverser ce gouvernement ?

- Parce qu'il ne r�pondait pas aux objectifs et aux besoins

de notre �conomie. H�, ne faites pas

la sainte Nitouche ultra sensible.

Le manteau que vous portez

a probablement �t� fait par des enfants � Kuala Lumpur.

- Ah oui ? - Les Malais ne votent pas

communiste.

- J'en sais rien. - C'est exact:

Vous ne savez rien.

La civilisation, Fay...

C'est comme �a.

Henry travaillait comme concierge

� l'Universit� de Santiago.

Sauf qu'il voulait �tre biblioth�caire.

Nous lui avons fait croire que nous pouvions l'aider

pour cette promotion en �change

de certaines informations sur l'�cole et son implication

avec les Russes qui en parcouraient les couloirs.

- Je croyais que les Russes �taient nos amis.

- Nous n'avons pas d'amis, Fay. Rappelez-vous-en.

Nous forgeons toujours de nouvelles alliances.

L'objet de notre fiert� l'an dernier

pourrait soudainement forcer notre pr�sident

� s'excuser devant les cons des Nations-Unies.

De toute fa�on... �a s'est mal pass�.

Notre contact dans l'arm�e a assassin� le g�n�ral

le plus influent du pays. Nous avons donn� notre appui

et provoqu� une guerre civile.

Henry a disparu durant la guerre.

Il semble qu'il ait �t� captur� par les opposants

et qu'on l'ait tortur� et forc� � �crire une confession qui,

selon nos sources, faisait pr�s de 136 pages.

D'apr�s ce que j'en sais, cette confession d�crit en d�tail

le r�seau d'espionnage de tout le sud de l'Am�rique.

- Est-ce qu'on l'a tortur� ?

- Est-ce que vous m'�coutez ?

- Il avait si peur d'avoir mal.

- Vous me dites que vous ne saviez rien

de la double vie de Henry ?

- Il parlait parfois de certaines choses, mais...

vous savez...

Henry racontait toutes sortes d'histoires.

C'�tait dur de distinguer le vrai du faux.

- �coutez, je suis d�sol� de vous avoir utilis�s,

vous et Ned, mais nous avons suivi la trace de Milla

pendant des mois... Votre fils n'a jamais �t� en danger.

- Oui, mais Angus ?

- D'accord, oui, j'admets qu'on a �t� pris au d�pourvu.

Maintenant, ce qu'il faut faire, c'est trouver...

qui est-ce qui contr�le Konchalovsky.

- Les Isra�liens, apparemment. - Impossible.

- Comme vous voulez, c'est vous, le capitaine du navire.

- D'accord.

Supposons que ce soit vrai...

Qui est-ce qui vous a dit �a ?

- Andre m'en a parl�.

- Andre qui ?

- Andre que vous connaissez depuis l'Afghanistan.

Il �tait � c�t� de moi dans l'avion.

- Pourquoi j'�tais pas au courant ?

II faut t�l�phoner � la Maison-Blanche

pour les avertir qu'Andre Soltani �tait � New York hier.

- D'accord. - Merde !

- Calmez-vous. - Allez-vous le revoir ?

- Je pense bien.

- Je vous ai sous-�valu�e.

- �a m'�tonne, tiens. - Que vous a-t-il dit d'autre ?

- Andre ? - Oui.

- Il a d�voil� vos secrets aux Russes

quand vous �tiez en Afghanistan.

- Je lui donnais de fausses informations, de toute fa�on.

Quoi d'autre ? - Patron !

Nous avons re�u ceci de Tel Aviv: Milla est une espionne

qui s'est enfuie des Services secrets isra�liens.

Elle pourrait �tre agent double pour les sionistes d'extr�me droite

qui op�rent autour de Brooklyn.

- Tout �a, c'est du chinois pour moi, vous savez.

Je veux rentrer chez moi.

- Du nouveau sur Andre Soltani ? - On vient de le trouver mort

� trois p�t�s de maison de l�.

Il avait pris une balle et un pare-chocs.

- � quelle heure est son vol ? - 9 h du matin.

- Avertissez les autorit�s pour qu'on l'arr�te � son arriv�e.

- Pour meurtre, patron ? - Non.

Espionnage.

- C'est vous, Bebe Konchalovsky ?

- Oui. Je suis Bebe Konchalovsky.

Et j'ai un immense probl�me.

- Allez, venez, il faut sortir d'ici.

- Il m'a ruin�e.

- Qui �a ? - Henry.

Mais je l'ai m�rit�, je crois.

Fay...

Moi aussi, j'aime Henry, votre mari.

- H�, je ne l'ai jamais aim�, d'accord ?

Ce n'�tait qu'une...

En plus, il est mort. Ils me l'ont dit, l'autre jour.

- Ils ont menti ! Et vous mentez aussi.

Vous ne seriez pas ici si vous pensiez qu'il �tait mort,

ou si vous ne l'aimiez pas.

Il est vivant, il faut le sauver.

Il a �t� compl�tement cruel avec moi.

- C'est bien son style.

Pourquoi ?

- Je les ai vol�es.

- Merci.

- J'ai vol� les Confessions.

Je croyais que c'�tait le livre du tr�s c�l�bre Simon Grim.

QUELQUE PART

AU-DESSUS DE L'ATLANTIQUE

Monsieur, vous pouvez me donner vos valises

pour que je les range

ou vous pouvez les placer dans le porte-bagages.

- Hum...

- Qu'est-ce qu'elles contiennent ?

- Des livres.

Il s'en va en Su�de et n'apporte avec lui

qu'une pile de bouquins.

Quel con. - Bebe... c'est Simon Grim.

- Tu parles du po�te ? - Hum.

C'est lui qui va gagner le Prix Nobel.

- Tout de suite,

c'�tait le coup de foudre,

II m'a tout racont�,

II m'a dit qu'il voulait vivre seul,

Qu'il �tait incompris,

Que pour lui, la c�l�brit�

�tait devenue un terrible fardeau,

Une mal�diction m�me,

II avait besoin de moi

pour l'aider � retrouver un peu de paix,

Nous avons roul� toute la nuit

et sommes arriv�s � Berlin le lendemain,

J'en avais marre

d'�tre h�tesse de l'air,

Je connaissais � Paris un trafiquant de drogue

qui m'ach�terait sans discuter

les cahiers du c�l�bre Simon Grim,

- Ne vous en faites pas pour lui,

il a voulu me doubler.

Il m�riterait pire que �a.

- Ah. Je vous remercie.

Simon Grim se fait arr�ter, l'imposteur s'envole.

Je suis all�e � Hambourg

et me suis trouv� un boulot ordinaire,

Ouf,,, les choses qu'il m'a faites

Vous seriez incapable de l'imaginer.

Je lui ai dit toute la v�rit�; il a pass� l'�ponge.

Je l'aimais alors d�j� d'un amour impossible,

de toute fa�on. C'est insens�, non ?

- Non... Tenez, offrez-vous un autre Napol�on.

- Merci. Je meurs de faim

et j'adore les sucreries;

ce qui, comme vous le savez, est contre-indiqu�

pour la silhouette d'une h�tesse de l'air.

- Et vous n'avez jamais plus entendu parler de lui ?

- Non. Alors ces trafiquants de drogue

se sont mis � raconter � qui mieux mieux que j'espionnais,

ou pire encore. - Ils vous croient terroriste.

- Mais c'est impossible ! Je n'arrive plus

� aller nulle part avec la couleur de mes cheveux.

- Bebe Konchalovsky, c'est votre nom pour vrai ?

- Non.

Je me nomme Olga.

Mais appelez-moi Bebe, c'est plus joli.

Fay, par charit�, ne laissez pas cette Juliet me retrouver.

Si elle r�ussit � m'attraper,

elle va m'envoyer en Tch�tch�nie.

Elle a dit au gouvernement

que je travaillais pour les rebelles,

que je leur fournissais des armes. Je l'ai fait une fois !

Je n'avais aucune id�e. Je ne suis pas une espionne,

je suis une h�tesse de l'air. C'est vrai.

Et parfois une danseuse topless, mais pour vrai,

une h�tesse de l'air.

J'ai fait des �tudes.

- �coutez... cet argent,

prenez-le. Rendez-vous � l'a�roport ce soir.

Louez une chambre � l'h�tel de l'a�rogare

et vous m'attendrez au bureau d'information,

demain, vers les 7 h. D'accord ?

- Oh... Je savais que vous seriez ainsi.

Je le savais.

Vous �tes mon idole.

- All� ?

- Simon... L'univers va mal.

- C'est ta m�re.

- Tout ce que je veux, c'est vivre normalement.

Une vie tout � fait normale, c'est tout.

- C'est impossible, Fay.

- Je sais...

- Fay, ce jouet...

qui est arriv� par la poste,

il est...

- Simon...

nous ne sommes peut-�tre pas... dirions-nous... tout seuls.

Tu vois o� je veux en venir ?

- Carl, elle sait qu'on est l�.

- La... partie a �t� fi�vreuse.

- Han-han...

- Notre ami s'y trouvait.

- Oui, quand ?

- Le jour de l'Action de Gr�ce.

Le nouveau divan est arriv�.

- Ah oui ? De quoi il a l'air ?

- �tranger.

Bonsoir, Fay.

- Non, c'est pas vrai, c'est une blague !

- Fay ! Ayez piti� de moi.

- Vous voyez ? C'est ce qui arrive

quand on est un terroriste ! - Mon bras est cass�.

- La jambe aussi, je pense. Comment leur avez-vous �chapp� ?

- J'ai une mission, je dois la compl�ter.

- Taisez-vous ! Vous ne pouvez m�me pas vous tenir debout.

- Il faut replacer l'os. - Quoi ?

- Il faudrait que vous m'aidiez.

Avec une canne, je pourrais marcher.

- Vous avez besoin d'aide pour remettre votre bras en place ?

- Oui. Piti�. - Pourquoi vous aiderais-je ?

D'accord. �coutez...

Vous savez ce qu'il faut faire ?

- Il faut, par la force, le redresser.

Ensuite, il faut le fixer en place et qu'il soit...

repli�. - Bon.

� la hauteur du coude ? Je vois.

J'ai vu cela � la t�l�.

Vous savez que �a va faire mal, n'est-ce pas ?

- Je suis un soldat de Dieu. - Eh bien �a, c'est rassurant.

Mordez l�-dedans.

Et accrochez-vous bien.

- Vous �tes une femme de coeur.

- Merci.

- Un beau jour, quand tout cela sera fini

et que nous aurons d�truit la civilisation occidentale...

C'est elle. Juliet.

Fay, ma vie est sans valeur,

mais ne la laissez pas voir ces calepins. Promettez-moi !

- Chut.

Chut.

Vous �tes bless�e.

- J'ai eu de la chance. C'est une blessure l�g�re.

- Non, c'est plut�t moche.

Je crois qu'on devrait aller l'h�pital.

- J'ai connu pire.

Je le ferai moi-m�me.

Amenez-moi aux toilettes.

- D�sol�e.

- Il y a des sacrifices qu'on doit faire � l'occasion.

- Ah oui ? Pourquoi ?

- Un monde meilleur, peut-�tre.

- Quelle sorte de monde meilleur esp�rez-vous cr�er

en abattant un jeune d'� peine 14 ans ?

- Il y a des enfants qui meurent partout dans le monde.

- Levez le genou.

Ah, merde.

- Ne croyez pas que je sois inhumaine, Fay.

Il y a du sale travail qu'on n'a pas le choix de faire.

La civilisation devrait �tre reconnaissante

envers ceux qui sont pr�ts � le faire.

- Pourquoi, � chaque fois que quelqu'un parle de civilisation,

j'entends le bruit des mitrailleuses ?

- Vous, les Am�ricains, vous �tes des tendres.

Enfin, j'appr�cie votre aide.

- C'est juste que je ne veux pas

que vous mouriez dans la chambre;

je dois dormir ici cette nuit.

Voil�, c'est fait.

Dehors.

- Qu'est-il arriv� au porteur ?

Hein ? L'Arabe � l'h�tel ?

Vous �tes la derni�re � l'avoir vu.

- Il a gliss�, fait une chute et est tomb� du toit.

- Tenez.

Je veux vous laisser ceci.

- Ce sont les vrais ?

- Peut-�tre bien. Qui sait ?

C'est l'Arabe qui a ce que je veux.

Je semble avoir macul� de sang votre divan.

- En fait, c'est un ottoman.

- Vous, les Am�ricains,

vous �tes bien renseign�s ottoman + action de gr�ce = dinde

pour ce qui est du mobilier, partie fi�vreuse = ?

Mais vous n'avez pas la moindre id�e

de ce qui se passe dans le monde.

- Je sais ce que je veux: Que la tuerie cesse.

- Et vous �tes convaincue

que c'est de la grandeur d'esprit, n'est-ce pas ?

- Je croyais que vous aimiez les Am�ricains ?

- C'est vrai...

Il est tellement facile de les utiliser, dit-on.

- Elle est en route.

Je vous verrai � New York.

DIX HEURES PLUS TARD

LA CONFESSION DE FULBRIGHT

Alors, o� est-elle ? - Nous n'en savons rien !

- J'en fais le serment, Fulbright,

si vous l'avez perdue, nous allons vous estropier !

- C'�tait moi.

C'�tait mon id�e...

de cr�er une s�rie de fausses confessions convaincantes

que Henry �tait cens� avoir compos�es

pour les interrogateurs chiliens en poste en 73.

- Sauf que les Russes s'en sont rendu compte

et ont fait de m�me. - Et les Britanniques.

- Puis les Chinois. Et bient�t, les Pakistanais

se sont retrouv�s avec une traduction allemande

et ont suivi les instructions cod�es qui s'y trouvaient

pour faire une bombe atomique presque fonctionnelle.

- Donc, tu vois, Ned, le chef-d��uvre de ton p�re

est une collection de faux documents...

tir�s d'un livre qui n'a pas �t� �crit.

- Un texte en permanence renouvel� d'obscurcissements

et de ou�-dire, de fausses rumeurs, d'insinuations

et de bons vieux mensonges. Un vrai succ�s de librairie !

- Calmez-vous, bande de lunatiques !

C'est du terrorisme psychologique,

une guerre biologique c�r�brale.

Et nous devons mettre la main

sur celui qui l'orchestre, - Henry ?

- Pas n�cessairement. - Qui alors ?

- Hier, un agent � la solde des Russes, � titre ind�pendant,

un Iranien nomm� Andre Soltani, s'est fait abattre

dans une ruelle � Paris. - Vous croyez qu'il y a un lien ?

- Malheureusement oui. Fay avait pass� une partie

de la journ�e avec lui. - Et alors ?

- Il y a quelque chose � boire ici ?

Merci.

Le renversement rat� en Am�rique du Sud m'a occasionn� des ennuis

avec le commandement � Washington.

Et...

pour me punir, on m'a assign� au milieu de nulle part.

- Bright, nous ne comprenons pas le point de vue des Am�ricains.

- Oui, bien... moi non plus.

Je devrai donc aller � notre ambassade au Pakistan

et me renseigner. Je reviens dans un jour ou deux.

- Il se peut qu'il y ait un nouveau gouvernement

� votre retour. - Non !

Je peux vous donner ma propre �valuation de ce la situation ?

- Bien entendu. - Si le gouvernement s'effondre,

il n'y aura pas de nouveau gouvernement, juste le chaos.

� moins que... - Que quoi ?

- Il faut organiser les rebelles et trouver quelqu'un qui,

lorsque �a va sauter, saura se montrer raisonnable.

- Quand vous dites ''raisonnable'', vous voulez dire quelqu'un qui fera

ce que les Am�ricains veulent qu'il fasse ?

- Oui. Enfin... peut-�tre. Pourquoi pas ?

- �coutez, Fulbright, les gens raisonnables existent.

Et m�me des gens d�raisonnables

et qui feront tout ce que les Am�ricains veulent.

Ce genre d'hommes, le peuple ne les �coutera pas.

La population ne les suivra pas.

- Qui est-ce qu'elle suivrait ?

- Jallal Sa�d Khan.

- Et il fait quoi dans la vie ?

- Un �boueur de Kandahar.

Il a �crit ceci.

- Qu'est-ce que c'est ? - Un genre de manifeste

�crit sous la direction d'un �tranger

agissant � titre de conseiller.

- � Kaboul ? - Non, � Herat.

Le gouvernement l'a fait emprisonner pour pornographie,

mais j'ai obtenu sa lib�ration. C'est un puissant document

qui lui a attir� plusieurs disciples.

- Et o� est-il � l'heure qu'il est, ce Jallal Sa�d Khan ?

- Dans le nord. Ses troupes posent des emb�ches aux Russes

alors qu'ils se retirent,

r�ussissant � leur subtiliser des armes.

- Cet �tranger, il est avec lui ? - Difficile � dire.

- On peut savoir qui il est ?

II s'appelle comment ?

- Sans blague !

- Incroyable !

- Il �tait parti de Mazari Sharif

lorsque j'y suis arriv�, au bout de deux jours.

- Avez-vous trouv� Jallal Sa�d Khan ?

- Oui. Mais j'ai pas pu l'approcher;

il �tait devenu le fl�au de l'Occident.

La pression appliqu�e par ses alli�s l'avait forc�

� se s�parer de Henry, qui, selon nos renseignements,

avait travers� en Ouzb�kistan en 89.

Et ce Sa�d Khan �tait devenu

comme une superstar des Moudjahidins,

une sorte de... saint homme cow-boy arm� d'un AK-47 vol�.

- Vous croyez que Henry travaille encore avec Sa�d Khan ?

- Reliez les points, Simon. De Henry � Khan,

de Khan � Andre. Et l�, eh bien... de Andre � Fay.

- Vous ne pensez s�rement pas... - C'est ce que je pense.

- Attendez un peu, Fulbright.

- Soyez r�aliste, Simon,

Fay doit �tre pass�e de l'autre c�t�.

- L'autre c�t� de quoi ?

- De l'autre c�t� du terrain de jeu, petit malin.

L'op�ration de Khan est devenue un attrait

pour tous les pervers antiam�ricains du monde.

- Vos croyez que Fay est une terroriste ?

- �coutez, d'apr�s moi, les gens agissent

pour de dr�les de raisons. L'amour, par exemple.

Je crois que Fay est pr�te � tout pour revoir Henry.

D�sol�, Angus. - C'est votre faute.

C'est vous qui l'avez envoy�e l�.

- Elle n'avait qu'� reprendre l'avion;

elle avait fini sa t�che.

Allez, coop�rez.

Dites-moi tout et aucune accusation

ne sera port�e contre elle. Entre-temps, elle pourrait

nous conduire � Sa�d Khan. Oui, mais Henry ?

- Vous savez o� se trouve Fay, pas vrai ?

- Quelle est la directive de l'Agence en ce qui a trait � Henry ?

- Je peux pas le dire. - Vous allez l'abattre ?

- Ce gars-l� est recherch� pour homicide involontaire

et doit certainement collaborer

avec les terroristes internationaux.

- Chef, Picard est revenu � lui � Paris.

Il a admis avoir fourni � Fay

un faux passeport sous le nom fictif de...

Emily Hopper. - On a une piste ?

- Oui. Une Emily Hopper a pris l'avion � Paris ce matin.

- Pour aller o� ?

- Istanbul.

- Merci, mademoiselle.

- Quand la chambre sera-t-elle pr�te ?

- Dans une heure environ. Pouvons-nous garder vos valises ?

- Oui... seulement celle-ci. - Tr�s bien.

- Bebe, ne vous �loignez pas ainsi.

- Je peux avoir un baklava ? Je meurs de faim.

- Nous n'avons pas pris le petit-d�jeuner, allez, venez.

- Mais c'est bon comme d�jeuner ! C'est sucr�.

Avec une bonne tasse de caf� bien noir, c'est parfait.

- Non. Amenez-vous, on n'a pas le temps pour �a.

- Merci, mademoiselle Nadjinskaia.

Vous avez des valises ? - Oui, celle-ci.

- O. K... Attendez mon t�l�phone.

Restez dans la chambre.

Ne parlez � personne. - D'accord.

- Je peux voir mes courriels quelque part ?

- Fulbright est parti ? - Oui.

- V�rifie tes courriels.

- La voil� !

- Pera Palas Otel, Istanbul. Chambre 315.

- Elle a une longueur d'avance.

�a fait au moins sept heures qu'elle l'a envoy�.

Ned, va distraire les gars dans la fourgonnette.

D�s que je serai parti,

allez � l'h�pital, d'accord ? - Oui, oui, oui...

- Est-ce que �a vous dit quelque chose, �a ?

- Hum... non, pas du tout, non.

- Ce ne serait pas du turc ou de l'arabe, quelque chose du genre ?

- Non. Pas du tout, non.

- Est-ce que �a va, mademoiselle ?

- H F...

- Excusez-moi ?

- C'�tait pas le bon sens.

Ce sont les lettres H

et F. - Ah oui, c'est juste.

�a explique tout.

- �a explique quoi ?

- Ce que c'est, mademoiselle. - Qu'est-ce que c'est ?

- Des initiales. - Je sais que ce sont

des initiales, mais...

les initiales de qui ? - Un genre de...

comment dit-on... marionnette ?

Suspendue � des fils. C'est traditionnel.

C'est tr�s ancien.

Tenez, vous allez voir.

Il y a une boutique

dans le bazar pr�s du Palace, juste sous l'ancien harem.

Je fais venir un taxi, il vous y conduira.

- Appelez l'h�pital. - Oui.

Maintenant, allez-y.

- Et...

tu crois vraiment que ta m�re me trouve sympa ?

- Oui, c'est certain. - Et ce type,

cet Angus qu'elle voit ? - C'est juste pour son argent

qu'elle le fr�quente. - Un con bourr� d'argent.

- Il est r�gulier.

Elle s'inqui�te pour mon �ducation.

- Ouais, je vois. Y a de quoi s'inqui�ter.

- Vous �tes Am�ricaine.

- Oui, en effet.

- Je sais cela par votre d�marche.

- Vous �tes aveugle ?

- Oui, depuis des ann�es.

- Il y a un personnage qui est toujours l�...

celui avec l'�norme bouche.

- C'est lui.

C'est lui, le Bouffon.

C'est notre sp�cialit�.

C'est un conte folklorique.

Une l�gende... un peu comme Sh�h�razade.

Il �tait une fois,

il y a de cela des si�cles,

un �tranger, un Occidental...

qui avait r�ussi � entrer dans le harem,

au palais du sultan.

Il avait r�ussi � s�duire toutes les concubines du sultan

quand on l'a finalement d�couvert.

Le sultan �tait sur le point de le mettre � mort...

Lorsque l'�tranger lui demande la permission

de confesser ses p�ch�s

avant l'ex�cution, �tant donn� qu'il �tait chr�tien,

� ce qu'il pr�tendait.

Le sultan �tant un tyran � l'esprit ouvert

ordonna qu'on fit venir un pr�tre

appartenant � la communaut� chr�tienne

situ�e hors des murs de la ville.

Cette confession dura bien des ann�es

avant d'�tre compl�t�e parce que l'�tranger

avait commis tellement de p�ch�s

que le sultan n'arrivait pas � le croire

et voulait toujours en entendre plus.

En fin de compte, les gens oubli�rent

qu'il avait �t� un prisonnier en attente d'ex�cution.

Et on en vint � le voir comme �tant le Bouffon.

- Je d�tiens l'un de ces jouets.

- Ils sont tr�s populaires.

- Oui...

- Alors, est-ce que vous �tes d�j� venue ici ?

- Non, jamais je ne suis venue avant ce jour.

Ce jouet...

a �t� envoy� chez moi...

par un ami, je crois.

- Quelle histoire raconte votre jouet ?

- Le jouet...

raconte l'histoire...

de votre Bouffon...

alors qu'il s�duisait...

les concubines...

du sultan.

- Vous �tes vraiment venue de loin.

Et vous avez couru de graves dangers.

- O� est-il ?

O� est Henry ?

- �a, ce n'est pas � moi de le dire.

Verrouillez la porte et tournez l'enseigne dans l'autre sens.

Abaissez le store.

Gesham ?

- On devrait t�l�phoner � l'h�pital tout de suite.

- Ridicule. �a va aller.

Si on appelle � l'h�pital, �a va alerter l'autre commando dehors.

- Carl ? - Oui. Ils vont faire enqu�te

et s'apercevoir que Simon s'est envol�.

Attendons qu'il soit � Istanbul.

- Maintenant, il faut attendre.

- O� sommes-nous ?

- Mieux vaut ne pas le savoir. - Qu'est-ce qui va se passer ?

- Un homme va venir vous interroger.

Vous lui direz tout ce que vous savez.

Et ne lui posez aucune question.

- Est-ce qu'il va me conduire � lui ?

- Ne soyez pas impatiente. Dites-lui ce que vous savez.

S'il le faut, demandez-lui des directives.

On devra peut-�tre attendre un peu.

- Mademoiselle Hopper a laiss� sa valise

et a dit qu'elle allait faire un tour en ville.

- O� est sa valise ? - Dans sa chambre.

- Nous devons examiner cette valise !

- Il est interdit d'entrer dans sa chambre,

c'est contre le r�glement de l'h�tel !

- Il faut faire appel aux autorit�s locales.

Avisez la police. Surveillez toutes les entr�es.

- Pour quelle raison �tes-vous venue ici ?

- Je veux retrouver mon mari.

- Votre mari... qui est-il ?

- Henry.

- Qu'est-il arriv� pour que vous le perdiez ?

- Il s'est enfui.

Il avait des ennuis.

- Je vois.

Et ses ennuis, ils ont pris fin, alors ?

- Non.

- Donc, il est toujours menac� ?

- Oui.

- Et vous esp�rez �tre capable de le sauver ?

- J'essaierai.

- Vous �tes pr�te � partager ses ennuis avec lui ?

- S'il le faut, oui.

- O� avez-vous l'intention de le chercher ?

- J'avais espoir que vous auriez

des suggestions utiles � me faire.

- Je vous laisse aller.

- Il n'y a rien. Que des v�tements.

- D'accord. Venez.

- Eh bien, vous prenez votre temps, votre excellence !

Et o� est ce po�le que tu m'avais promis ? !

H�, tas de merde, donne-moi du bois encore !

Je vais attraper la cr�ve ici, Jallal.

Et tu auras �a sur la conscience avec le reste.

Et alors, cette djihad, vieux salaud ?

Pourquoi tu trouves pas un chauffage au k�ros�ne, bordel ?

Tu seras pas forc�

de br�ler le mobilier pour nous tenir au chaud !

- Il n'y a que toi qui exiges d'avoir plus de chauffage.

- Moi, si j'�tais un c�l�bre terroriste...

- Oui, mais je ne suis pas plus c�l�bre qu'il faut.

- Oui. Et � qui la faute, hein ?

Et puis...

o� sont les livres que j'avais demand�s ?

Ceci est une peine cruelle et inusit�e

que vous m'imposez l�.

Si l'opinion des autres n'est d'aucune cons�quence pour toi,

tu devrais avoir assez d'amour-propre

pour te conduire en gentleman. - Est-ce que tu sous-entends

que toi, tu es un gentleman ?

- H� !

J'ai d�j� �t� courtois au temps de ma jeunesse.

J'ai sans doute perdu un peu de vernis, il est vrai,

� force de rester coinc� dans cette vo�te.

Et � cause de quoi ? Pour ma tendre amiti�

� ton �gard ? - C'est exact.

C'est parce que tu es un ami.

Tu sais o� je suis. Et personne ne doit savoir

o� je suis. Et puis j'avais besoin de toi.

- Tu te comportes comme le ferait un Blanc, Jallal.

Je suppose que tu emprisonnes tous ceux dont tu as besoin,

que tu incarc�res tous tes alli�s ?

- S'il le faut, oui. Il y a tellement d'int�r�ts en jeu.

�coute... le bois, les livres...

toutes les choses mat�rielles utiles

sont compliqu�es � trouver.

On nous a coup� notre approvisionnement.

Nous esp�rons obtenir de l'aide de nos contacts en Iran,

de l'autre c�t� de la fronti�re.

Je pourrais devoir y retourner.

- En Afghanistan ? - Oui.

- Es-tu devenu fou ?

- Il est temps pour nous de nous montrer.

- Vous vous ferez exterminer.

- Oui, il y aura beaucoup de pertes, de recul...

dans l'imm�diat, c'est entendu. Mais � long terme,

ils verront que nous pouvons y arriver. Ils ne seront pas

toujours capables de nous maintenir assujettis.

C'est la meilleure fa�on. Toi-m�me, tu es revenu,

n'est-ce pas, Henry ?

- J'�tais juste de passage ici, Jallal.

J'avais des ennuis majeurs et tu me devais une faveur ou deux,

que tu l'admettes ou non.

Je ne veux aucune m�daille, s'il te pla�t, mon vieux.

Parce que c'est ma fa�on de faire � moi: Je gravite

vers le plus petit commun d�nominateur. Par principe.

- D'accord, vas-y... insulte-moi.

Il fut un temps pourtant o� tu disais que j'avais raison.

- C'est vrai.

Tu �tais extraordinaire.

Je ne pr�tends comprendre ni ta religion

ni tes vues sur la politique,

mais tu me semblais alors un type sens�. Et l�, regarde.

Moi, ton meilleur ami, je suis ton prisonnier.

- Henry... tu es un fugitif criminel

accus� de meurtre. - Ouais, une b�vue.

Je la regrette. Mais ce qui est fait est fait.

- Bien s�r. Quand tu es venu � moi,

bless� et d�sesp�r�, je t'ai accueilli.

Mais � pr�sent, notre amiti� est bien connue

de tous les services de renseignements

du monde entier. - Vas-y, plains-toi si tu veux.

- Et voici que tu n'es plus juste recherch� pour meurtre,

mais aussi soup�onn� d'avoir trahi ta patrie, les �tats-Unis.

- De meilleurs Am�ricains que moi

ont pu �tre d�crits comme cela.

- Et la pire chose possible: Tu es c�l�bre.

Une l�gende, oui.

Le mentor mythique du notoire Simon Grim.

- Pour vrai ? - Exact.

Une nouvelle tendance, une nouvelle sensation;

on l'a vu sur CNN.

- Tu vois, ils doivent imposer l'obscurit� � un homme

avant d'�tre capables de reconna�tre qu'il est g�nial.

- C'est leur plan.

- Comment ? - La CIA s'imagine

que si on te trouve, toi, on me trouvera �galement moi.

- Bien s�r, il s'agit bien

de toi, Jallal ! - Mais Henry, c'est vrai.

- Esp�ce de minable arrogant !

Tu ne savais m�me pas t'exprimer quand je t'ai connu !

Et tu avais peur

de ton ombre !

- Ton pass� est en train de te rattraper, Henry.

- Fulbright ? - Oui.

- Cet enfoir�.

Mais comment ?

- Assieds-toi.

- Quoi ?

- Elle est ici.

- Qui �a ?

- Fay.

- Tu me fais marcher. - Je te jure.

- Merde ! Est-ce que t'as un peigne ?

Non, attends, attends... Comment elle m'a trouv� ?

- Nous l'avons fait venir.

- Pourquoi ?

- Elle semble avoir une grande affection pour toi.

- Non !

Elle a dit �a ? Non, non...

- Henry, je dois y aller.

- Jallal !

- Fulbright se servait d'elle dans le but de me coincer.

- �a a march� ? - Elle a compris son jeu.

Assez vite et a r�ussi � d�jouer ses plans.

Mais il est sur sa piste de nouveau.

- Tu n'as pas le droit de faire �a.

Je t'interdis de mettre Fay au milieu de ce bordel.

- Elle y est d�j�; tu t'en es toi-m�me assur�.

- Je n'ai fait que tomber amoureux d'elle;

je n'ai pas cherch� � l'embrigader

dans une malheureuse djihad !

- Henry, il est difficile d'�tre ton ami.

- Oui... Bien, fais la queue avec les autres, mon vieux.

- Nous avons fait venir Fay pour qu'elle t'emm�ne avec elle,

plut�t que de te mettre en face d'un peloton d'ex�cution.

- Mon ami... - Je ne suis pas

que ton ami. Je n'ai jamais d�cid� sans d�lib�rations.

Je t'ai prot�g�, au cours des trois derni�res ann�es,

de la furie justifi�e quoiqu'un peu r�actionnaire

d'�l�ments r�trogrades de mon administration.

Ces gens t'auraient fait tuer d�s 1989,

si je ne t'avais pas envoy� ailleurs.

Chacune des d�cisions que je prends a des cons�quences

que j'ai beaucoup de difficult�s � endosser.

J'ai perdu mon statut d'homme.

Je suis un instrument.

- Dommage.

- Je pr�f�re qu'il en soit ainsi.

- Vas-y.

Fais de toi un martyr si tu veux.

Meurs comme un saint.

Ouais, bien s�r, je vois clairement o� tu veux en venir.

S'il arrive le moindre malheur � Fay,

Jallal, je torturerai tes femmes, ta famille,

tes enfants et leurs enfants � eux.

Une maladie qu'on nommera de ton nom

s�vira dans tout le monde.

La seule chose que quiconque h�ritera

du d�nomm� Jallal Sa�d Khan sera une longue existence

empreinte d'un intol�rable mal.

D�sol�.

C'est juste que je suis ce genre d'hommes.

- Hum...

Je voudrais laisser un mot � l'intention de mon amie

dans la chambre 315. - Bien s�r.

- Merci.

- Vous savez qui je suis ?

- Non.

- Bien.

Vous savez o� vous �tes ?

- Pas tout � fait.

En Turquie.

- D'accord.

Je suis un ami de Henry.

- Ah, bien.

- Je suis aussi l'ennemi des �tats-Unis.

Je ne tiens pas le compte,

mais j'ai d� tuer au moins des centaines de vos concitoyens.

Et beaucoup, beaucoup de vos soldats

et d'espions de votre pays.

- Ah.

- Pouvons-nous continuer � discuter ?

- D'accord.

- Avez-vous tu� Andre ?

- Non.

Il... - Je vous crois.

Vous a-t-il donn� quelque chose ?

- Deux volumes des Confessions de Henry.

- Bien.

Vous les avez ?

- Oui, � l'h�tel.

- Fay, Henry est un homme recherch�

plus que vous ne le croyez.

- Est-ce que je vais le voir ? Est-ce qu'il est sain et sauf ?

- Sain et sauf.

Pour l'instant.

Vous avez dit que vous �tiez pr�te

� partager ses ennuis et � le prot�ger.

Le moment est venu pour vous de le faire.

C'est � vous de d�cider.

Si vous voulez vivre avec lui, il est � vous de d�cider.

Vous ne pourrez plus rebrousser chemin.

Il est en exil et vous serez �galement en exil.

Et vous ne pourrez plus rentrer � la maison.

- C'est entendu.

- Hassan vous donnera les directions pour vous rendre

� un quai sur le Bosphore. � 6 h 15 ce soir,

un bateau accostera quelques minutes

� ce quai. Soyez-y.

Montez � bord du bateau.

Il vous emm�nera

tous les deux, Henry et vous, sur la mer Noire.

Et demain apr�s-midi, on vous mettra � bord

d'un autre navire; celui-l� en partance

pour Odessa.

� partir de l�, il vous faudra vous d�brouiller seuls.

Fay, je suis au bar de l'h�tel. Simon.

- S'il vous pla�t, Fay, quand nous nous en irons,

restez ici o� vous �tes et comptez jusqu'� 20.

Avez-vous compris les directives que je vous ai donn�es ?

- Oui.

Un...

deux...

trois...

quatre...

cinq...

six...

sept...

huit...

neuf...

dix...

11...

12...

13...

14...

15...

16...

17... 18...

19... 20.

- Excusez-moi. O� sont les toilettes, monsieur ?

- � droite de l'ascenseur.

- Qui �tes-vous ?

- �tes-vous le vrai Simon Grim ?

- O� est Fay ?

- Elle devrait �tre l� � l'heure qu'il est.

Je suis cens�e l'attendre.

- Qui �tes-vous ? Comment vous appelez-vous ?

- Je suis Bebe Konchalovsky, d'accord ?

Mais aussi parfois on m'appelle Olga Nadjinskaia.

Et j'ai tr�s faim, alors est-ce que je peux avoir � manger ?

- All�.

- Simon...

- Ramassez vos affaires.

Je vous retrouve dans le hall dans cinq minutes.

...oui, Grim, Fay ! Passeport am�ricain.

Ou Hopper Emily ? - Non.

Personne de ce nom. D�sol�. - Il se peut qu'elle soit

avec une Russe, peut-�tre Konchalovsky Bebe ?

- Non, pas de Koncha... - Peut-�tre Tchekov Iliana ?

- Non. - Tchaikovsky Bernadette,

avec peut-�tre un passeport danois ou su�dois ?

- Non.

- Essayez Olga. - Juste Olga ?

- Aucun nom de famille, juste Olga.

- Nadjinskaia ? - Elle se nomme Olga ?

Nadjinskaia... Olga. Russe, comme je pensais.

- Chambre 315. Allons-y !

- Je t'ai �cout� lorsque j'�tais dans la mis�re,,,

lorsque j'�tais perdu,

Et ainsi, j'ai pu voir la lumi�re.

Et vaincre.

Mais voil�, je gagnais...

Et j'ai choisi de ne plus �couter tes paroles.

Gesham.

Et maintenant, je le regrette.

- O� est Bebe ?

- O� est Fay ? - Je n'en sais rien.

- Vous pr�f�rez peut-�tre qu'on vous remette entre les mains

de nos coll�gues russes et qu'on vous ram�ne en Tch�tch�nie

sous de fausses accusations ? - Piti� ! Assez !

- Bebe, mon gouvernement est pr�t � vous offrir

un asile diplomatique � vous et Fay si vous nous conduisez

� Henry Fool. - Attendez.

Qu'est-ce que �a signifie, Fulbright ?

- Picard, Fay est une citoyenne am�ricaine; elle est � nous.

- Fay est la seule � avoir ce num�ro.

- R�pondez, allez-y. - Fay ?

- Passez-moi Bebe, d'accord ?

- C'est trop dangereux maintenant.

Je vais vous rappeler.

- Non.

- Elle ne marche pas.

- Je veux Bebe, j'ai dit !

- Fay... ne les laissez pas m'extrader.

- Bebe...

Personne ne va vous faire de mal.

Est-ce que vous avez compris ?

- Mais... - Ils vont vous laisser partir.

C'est une promesse.

Quand ils le feront,

rendez-vous l� o� il y a les sucreries.

Entendu ?

Si vous comprenez, ne dites rien.

Entendu ?

Fulbright maintenant.

- Laissez-moi vous arr�ter. Cette situation se d�t�riore.

- Laissez Bebe s'en aller.

- O� est... Jallal Sa�d Khan ?

- Je n'en sais rien. Tout pr�s, mais il s'en va ailleurs.

- Khan est tout pr�s

et il se d�place. - Laissez-la partir;

elle n'est pas importante. - Non !

O� est Fool ? Il nous faut Fool. Vous ne comprenez pas ?

- Pour arriver � supprimer toutes les forces du terrorisme,

il nous faut mettre la main sur Khan. Il nous faut Khan !

- Vous n'�tes pas en position d'utiliser la m�thode forte;

Bebe a tout avou�.

- �coute, connard, tout cet �difice

est bourr� d'engins explosifs.

- Il y a une bombe ici.

- Elle bluffe, c'est s�r. - Ouais, peut-�tre.

Mais elle a pu se mettre en contact avec Jallal Sa�d Khan.

- Aucun de nous � Londres n'a pu r�ussir.

- Ni m�me nous, avec tous nos contacts � Moscou.

- Elle semble avoir de meilleurs contacts que nous l'imaginions.

- Qu'est-ce que c'est encore ? - Quelqu'un a coup� le courant !

Communications interrompues ! - On ne s'�nerve pas, Fay.

- Laissez Bebe s'en aller tout de suite

et que personne d'autre ne sorte avant 15 minutes,

sinon la baraque va vous sauter en pleine figure.

- D'accord. Mais o� sont les calepins ?

- Que Bebe sorte de la b�tisse.

- Elle a raccroch�. - Donnez-moi �a vite.

- Refaites le num�ro, nous aurons les coordonn�es exactes.

- Angus ?

- Attendez ! Ils tiennent Khan.

- O� �a ? - � Diyarbakir.

Il �tait sur le point de traverser en Iran.

- Ils tiennent Khan ! - Encercl� et bless�.

- Il faut le maintenir en vie ! - Allons-y.

- � l'a�roport ! Demandez du soutien au sol !

- Je savais que vous tiendriez parole.

Sous-titrage: CNST, Montr�al

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