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Original subtitles

- Des milliers de kilomètres en avion, en train, en voiture,

pour arriver là.

Et tout jouer sur un coup. Tapis !

- Il n'y a pas 50 solutions. Soit t'es un sphinx,

soit tu le bastonnes jusqu'à ce qu'il pisse le sang.

- On va me traiter d'arrogant. - Et alors ?

- Toujours pareil. Arrogant, méprisant, prétentieux.

- Merveilleux.

- Merveilleux ?

- Pour être le meilleur, tu peux pas rester modeste.

Les gens veulent un patron.

- On fait quoi, demain ?

- Dernier meeting à Rouen.

- Je dors là-bas ?

- C'est joli, Rouen. - Ouais, ouais.

- Hôtel restaurant le Bas-Bréau, 3 étoiles.

A 50 m de la nationale, dans un écrin de verdure.

Restauré en 2004, tenu depuis 1971

par Ginette Ladoucette. - Ginette Ladoucette ?

Tu dis n'importe quoi. - Je dois être près de la vérité.

- Bon. Ben ça m'ira très bien.

Allez, mon grand. - En piste.

Thème de la série

*- Antenne dans 2 minutes.

- Ah, voilà Francis.

- Ah, Francis !

- Bonsoir, comment ça va ?

- C'est vous le Président. Restez-le.

S'il s'avance sur ce terrain, laissez-le venir.

- Il vient d'arriver.

Je peux pas te parler.

Je te rappelle.

Ca va, Cyril ?

- Et toi, ça va ?

- Je vous souhaite bonne chance. - De même.

- Bonsoir, M. Laugier. - Monsieur.

- T'as parlé à Francis ?

Du chiffrage de sa proposition 17. - Ben non.

- Je te demande un truc, tu t'en fous.

- On parle pas chiffres avant un débat.

- On parle de quoi? - De rien. On respire.

Là, c'est de la pure politique. Deux bonshommes,

un vainqueur, un vaincu.

- Darwin, quoi. - On est d'accord.

- Six,

cinq.

Quatre.

Trois, deux...

- Bienvenue pour ce grand débat du second tour.

C'est une institution, c'est aussi le temps fort de cette campagne.

Bonsoir, Romain Esnau. - Bonsoir, Wendy Bouchard.

Bonsoir, messieurs. - Francis Laugier,

J.-M. Auzanet,

bonsoir, messieurs.

Pour commencer,

une question à chacun de vous sur votre état d'esprit. M. Laugier,

à 5 jours du scrutin, comment vous sentez-vous ?

- Serein.

Très heureux de débattre avec M. Auzanet.

De tenter d'éclairer nos concitoyens sur notre programme.

- Qu'y a-t-il ? - Tu sors.

Tu empruntes un téléphone. Prétexte une urgence familiale.

Tu appelles à ce numéro et tu dis que j'arrive.

Il comprendra, dépêche. - Je m'en occupe.

*- Je ne cesse de dénoncer vos suppressions de postes, M. Auzanet.

*- Combien ? *- Pardon ?

*- Combien de suppressions de postes ?

*Vous m'accusez, donnez des chiffres.

*- C'est innombrable,

tout le monde le sait. - Je vous demande combien.

Vous ne connaissez pas les chiffres, M. Laugier.

- Je n'aime pas les chiffres,

M. Auzanet.

On gouverne très mal, uniquement avec les chiffres.

Les Français veulent élire un président, pas un expert comptable.

C'est peut-être parce que vous avez passé 5 ans

le nez dans vos chiffres que vous avez perdu de vue les Français.

- Sans les chiffres, comment prétendre à un destin national?

- 43 000.

43000 suppressions de postes.

On n'avait pas vu ça depuis 1945, M. Auzanet.

Les chiffres.

Musique de suspense

- Je te préviens...

Portable.

- Non, arrête !

Merde !

T'es dingue ! - Je t'écoute.

- Tu vas être placé en garde à vue.

- Putain.

Pourquoi ? - Dunkerque, Office HLM.

On y part à 3h, perquise à 6h, on demande la levée

de ton immunité, on te ramène avec nous.

- Moi seul? - C'est toi qu'ils visent.

Et le trésorier.

- Domfront ? - Un jeune.

- C'est lui.

- D'où ça vient ? - J'en sais rien,

j'ai pas tout le dossier.

- Putain.

Atmosphère sombre

Brouhaha des conversations

Atmosphère sombre

- J'ai sept heures.

Pour faire le ménage à l'OHL.

Faut que je trouve du cash pour combler le trou.

- C'est qui, ce type qui t'a prévenu ?

- Un ami, un flic.

Un gars du Nord, un mec bien.

De gauche.

- Il risque sa carrière pour la gauche ?

Ah, Auzanet. Il m'a fait 20 minutes sur les affaires.

20 minutes, ce salopard.

- Qui pourrait nous aider ?

- Mais on boucle dans le rouge.

- Parmi les patrons ?

- Trop risqué.

Bon alors ?

Qu'est-ce que tu proposes ?

- Je vais me démerder pour trouver du fric.

J'aurais même pas dû t'en parler. Toi, occupe-toi de changer le pays.

- On le changera ensemble. Moi à l’Élysée, toi à Solferino.

- T'oublies tout ça. - Merci.

- Tu oublies !

Laugier sort.

Musique de suspense

*- Le candidat socialiste, plus combatif, a qualifié

*le bilan économique et social d'Auzanet, de "double échec".

- Putain y a rien. - Je t'ai dit,

il y a des retards. - Combien il manque ?

- Je sais pas. Beaucoup. - Combien, putain ?

- 100 ou 120000. - 100 ou 120?

- 120. - Faut trouver du cash.

- A cette heure-ci ?

- C'est ton ordi ? - Non, il est là.

- Il n'y a rien,

chez toi ?

- Non. - Les archives papiers,

pareil. Tu brûles, tu détruis, tu balances tout

avant que les flics débarquent. T'as un PC portable, je l'ai vu.

Défonce-le. Tu rentres chez toi, tu le défonces.

- Je leur dis quoi aux flics ? - Que t'avais des spams.

Tu l'as fait rebooter par un pote, on te l'a volé dans ta bagnole.

Je m'occupe du cash.

Atmosphère sombre

crissement

Atmosphère de suspense

Portable

- Allô ?

*- Véro, faut que je te voie vite. Viens chez moi.

- D'accord, j'arrive.

- Ben alors ?

- Je t'ai laissé 2 messages.

- Arrête de te casser de chez ta mère.

- Et me taper le débat avec son mec de droite ?

Tu connais la dernière de ce connard ?

- C'est pas l'heure, monte te coucher.

Ca sent la clope !

Une voiture approche.

- Qu'y a-t-il ?

- Faut qu'on trouve du cash.

Tu descends pas en dessous de 4000.

- L'adjointe qui revend sa hi-fi ! - Tu préférerais le député-maire ?

- A Paris, ils peuvent pas aider ? - Ca exposerait Francis.

- Quelqu'un a forcément parlé. - On verra ça.

- T'iras pas loin, avec ça. Et pour le reste ?

- Mon frère saura à qui demander. - Ouais, il ira voir son patron.

- Balleroy ou un autre, je m'en branle.

- C'est pas si simple. - Allez, il reste plus que 3h.

- Bonsoir.

Musique de suspense

- Je lui parle d'abord ?

- Non, Bruno. Laisse-moi faire.

- Salut, M. le député-maire.

- Salut, Gérard.

- Combien ? - 120000.

- Dans quelle merde il s'est foutu ?

- Tu peux lui dire. - Tu bois quelque chose ?

Sers-moi un coup.

C'est politique, hein ?

Quelle bande de requins, putain. - Tu peux m'aider ou pas ?

- Faut voir ce que j'ai.

Tu disais c'est politique ?

Explique. Je Peux pas Comprendre ?

- L'office Habitat Littoral.

Les HLM. 16000 logements dans toute la région.

Le parti a la main dessus depuis 30 ans.

On ferme les yeux sur

les impayés et en échange les gens adhèrent au parti.

Et ils votent pour ce qu'on leur dit de voter.

Laugier, par exemple.

Évidemment, vu la pauvreté des locataires, on creuse le déficit.

Alors on comble. En faisant raquer les patrons.

BTP, ascenseurs, gardiennage. Ceux à qui on file des marchés publics.

Ils règlent une partie en cash,

on prétend que les loyers sont payés en liquide.

- Les patrons qui paient pour les pauvres.

- C'est Robin des Bois.

- Le fric sert aussi à payer les campagnes, les assoces.

Et en ce moment, dans le contexte actuel...

On a pas mal claqué. Et comme on flippe d'un contrôle...

- Faut colmater.

- Voilà, faut colmater.

- Alors même si tu préfères éviter Balleroy,

tu t'es dit quand même...

Niveau colmatage, Gégé, c'est du solide.

On va colmater, alors.

Atmosphère sombre

- Mais je suis dans le rouge. - Ah merde.

- Véro, pourquoi ma carte ? - Je t'expliquerai.

- Non, maintenant! - Désolée.

- Véro.

- On en reparle demain.

- Voilà 70000.

Tu veux pas savoir d'où ça vient ?

Moi je m'intéresse à toi, pourtant.

Demande à ton frère. Je demande toujours de tes nouvelles.

- Dans une semaine,

tout est réglé.

- C'est pas ça que j'ai envie d'entendre.

- Merci, Gérard.

- Ah. Ginette Ladoucette.

- 85200.

- Plus 70000 et les 8000 de Paris.

- 7000. - Recompte.

- Tu rigoles ? - Allez! Ils débarquent dans 2h.

- De toute façon, il manque 34000.

- 5000. - C'est toujours ça.

- Et le petit? - Ca ira, c'est un moine-soldat.

.Sûr?

Tu veux que je reste ? - Rentre, repose-toi.

- Tout ce fric cramé. Je comprends pas, là.

- Tu comprends pas quoi?

Dis-moi, Joël.

- Ouais, je sais.

Les primaires, la présidentielle. - T'as tout compris.

- Ouais.

Tu comprends pas quoi?

Joël, qu'est-ce que tu ne comprends pas ?

Tu crois que je suis un voleur ?

C'est une affaire de morale ? OK, assieds-toi.

Que veux-tu savoir ?

Alors ?

- Je t'accuse de rien. - Je t'ai pris chez moi,

quand tu étais en galère. Tu sais qui je suis.

Tu sais comment je vis, tu connais ma famille. J'aime l'argent, moi ?

- Excuse-moi.

- On n'a rien volé, Joël. On est des militants.

On met les mains dans la merde pour aider les gens.

- On va faire quoi?

- Voilà le sujet.

Une perquise la veille du 2e tour, t'en penses quoi ?

- La droite nous salit pour rattraper son retard.

- C'est politique. Faut pas répondre par de la politique.

Leur perquisition, c'est pour atteindre Laugier et moi.

Faut monter un mur.

Entre moi et l'office. Faut pas que ça remonte jusqu'à moi.

- C'est toi l'administrateur.

- L'administrateur, c'est loin. C'est pas la compta.

Il peut y avoir un coupable isolé.

- Tu veux pas que...

- Tu es le trésorier.

Tu as accès au compte,

au coffre.

- S'ils ont un témoignage ?

- L'important, c'est l'absence de preuves.

Les flics n'auront aucun point d'appui. Tu seras parfait.

Tu vas les rendre dingos. Les dégoûter d'être flics.

Si la gauche perd, on tombe. Tu dois te sacrifier.

Si tu prends tout sur toi, c'est un fait divers.

Aucun effet sur l'élection.

- Je veux pas aller en taule. - T'iras pas.

Pas pour 30000 balles, surtout si on gagne.

Pas si on est au pouvoir.

C'est une opération politique. Ils veulent nous salir.

Ils s'en branlent de toi. Réfléchis avec ta tête, pas avec ta trouille.

- Je dis quoi à mes parents ?

- Tu devais faire quoi, demain matin ?

- Avec la grève, je vais au syndicat tôt le matin.

- Tu y vas comme d'hab.

- Et si on m'aide pas ?

- Au pire, un rappel à la loi et une amende.

Mais on remboursera pour toi.

- Pourquoi j'aurais volé ? T'as vu comment je vis ?

- Parce que tu joues.

- Hein ?

- Oui. T'es un joueur compulsif.

- Ca tient pas.

J'ai même pas un jeu sur mon portable.

- Justement, c'est pour t'en empêcher.

Tu joues du fric,

alors tu as honte.

Comme un mec qui picole avant de rentrer chez lui.

Atmosphère sombre

Je sais ce que tu penses.

- Je crois pas, non.

- Tu penses au passé.

T'avais la force, t'avais la foi, le courage.

T'as pas changé.

Allez, fils.

C'est que des flics.

On est des militants.

Hein ?

Faudra être fort, demain.

Allez.

Ca va aller.

Musique de suspense

- Bonjour, M. le maire. - Bonjour.

- Prenez.

- D'accord.

Atmosphère sombre

- OK. Joël Domfront n'est plus chez lui.

Faut le trouver.

Fred, Tom, venez avec moi.

- Excusez-moi.

- Joël.

- Ca va aller ?

- Ca va aller.

- T'es sûr de vouloir aller à Clamex ?

La presse y est peut-être déjà.

- Et alors ?

Joël était mon ami, j'en ai pas honte.

- Il s'est tué avant l'arrivée des flics. Personne le croira innocent.

Tu veux vraiment dire que tu l'as raccompagné à 6h du mat?

Braquer les projos sur toi, l'OHL, Laugier, le parti ?

A 4 jours du 2e tour ? C'est toi qui es visé.

Je vais à Clamex et tu parles à ton flic.

Ca va aller.

- Ca va aller.

Allez.

Portable

-Oui?

- Faut qu'on se parle.

Putain de keuf.

- Non, Stéphane,

j'ai pas encore de nouvelles.

*- Cyril, tu sais quand Rickwaert va parler ?

- Une seconde, Stéphane. Je te rappelle.

- Bureau de Philippe Rickwaert. *- C'est moi.

Comment ça se passe ? *- Les médias veulent te voir.

Je dis que tu vas rappeler, mais... *- Dis que je suis en deuil.

- Mais on me demande où tu es.

- Tu sais pas, c'est le temps du deuil.

- Ils veulent savoir ce que va dire Laugier.

*- A Rouen ? - Pour l'OHL.

*Son staff a dit qu'il en parlerait.

- Quoi ? Il va dire quoi ?

- Ben je te le demande.

Tonalité

Super

- Égalité, non ?

- Pardon. Téléphone

Allô ? *- Francis est là ?

- Oui, Philippe.

- Passe-le-moi.

*- Je te le passe.

- Oui, c'est moi. *- Il faut qu'on se voie.

*je suis en route,

je serai là dans 3h. Trouve-moi un créneau avant ton meeting.

- Tu vas parler de l'OHL ? - Je peux pas rester silencieux.

- Si, c'est une obligation. - Philippe. Sur un autre ton, hein.

- Alors tu me lâches ? - Arrête, allez.

- Tu vas dire quoi? - Mais du banal. La justice doit

pouvoir travailler librement, je ne commente pas une affaire en cours.

- Tu entérines l'idée qu'il y a une affaire.

Tu justifies la perquise et tu nous désignes comme coupables.

Attaque Auzanet. - Mais avec quoi?

- Une perquise à 4 jours

de l'élection, il doit la justifier.

- Mais ça dépend des preuves. - Il n'y en a pas, j'ai nettoyé.

Avec la mort

du petit, Auzanet est obligé de reculer.

Regarde-moi. Je suis

en garde à vue ? - Il attend qu'on l'accuse

de vouloir truquer l'élection pour balancer les preuves.

Et il nous détruit. T'as vu le sondage BVA ?

L'IFOP est pire. - C'est une question d'heures.

Je vais voir mon flic.

Tant qu'on n'a pas le dossier... - Il va te le donner ?

- Oui. Obligé, il est dedans jusqu'au cou.

- Tu le vois quand ?

- A 20h, le temps qu'il rentre.

- 20h, tu te rends compte ?

Y a-t-il un seul moyen pour qu'on puisse remonter jusqu'à moi?

- Impossible.

- Pas de documents, pas d'enregistrements ?

- Rien.

- Et la perquise ? - J'ai recompté.

- Combien il manque ? - Francis.

- Je suis obligé d'insister.

C'est très dur pour moi. - Il ne manque pas un seul euro.

- Si malgré ton ménage ils ont quelque chose entre l'OHL et toi ?

- Ce sera entre l'OHL et moi.

Je sais ce que je fais. Je prends le risque.

Ca n'arrivera pas.

- OK.

*- Mettons-nous à la place des socialistes,

qui hier soir fêtaient l'avance prise par Francis Laugier

et se réveillent ce matin en plein cauchemar.

De plus, la situation s'aggrave. Interphone

*On apprend que Joël Domfront était proche de M. Rickwaert.

- Je te rappelle.

*Grand artisan de la victoire de Francis Laugier.

Interphone

*Evidemment, la droite pilonne sur l'affaire OHL.

- C'est qui ?

- C'est une erreur.

- Putain !

*- Bien sûr, ce communiqué du syndicat de police Alliance,

syndicat classé à droite, accentue la pression sur Francis Laugier

*en confirmant que c'était bien Philippe Rickwaert

*qui était visé par les enquêteurs.

*Le candidat socialiste n'a toujours pas réagi.

*Il a prévu de le faire ce soir,

*à Rouen.

- Pourquoi il dit rien, Francis ?

Il annule son point presse ?

Il est fou ou quoi? On doit se taire,

et crever "dans le respect de la procédure en cours"?

- C'est un syndicat de fachos. - Armand !

Le Nord ? Rickwaert ? Un office HLM ?

Ca sent la pompe à fric! Amélie, tu m'expliques ?

Il va parler ? - C'est à lui de décider.

- Faut lui dire les choses ! - Cesse de t'agiter.

- J'avais dit de se méfier de Philippe. Mais personne ne l'ouvre.

Tu déconnes à bloc, Amélie. "Le temps du deuil"? Mais merde !

Cet enculé nous balade,

et on reste à se faire défoncer ? - Qui c'est l'enculé ?

Que je saisisse bien le sens de la conversation, là.

- Faut que tu parles, Francis. - Je parle demain soir.

- D'ici là on sera morts.

- Faites-moi confiance. Dimanche, vous serez des héros.

- Ce sera trop tard.

- Un truc m'échappe. T'es candidat à l'élection présidentielle, toi ?

Atmosphère de suspense

Portable

Texto

- Bon, je t'écoute. - Je viens t'éviter la taule.

- Vous n'avez rien.

- On a un dossier gros comme ma bite.

Mais t'as le cul bordé de nouilles. Car on s'en branle de toi.

On veut le chef.

- Dis à Auzanet que ça n'arrivera jamais.

- "M. le Président de la République".

Et ça va durer 5 autres années. Pourquoi t'entêter avec ton chéri ?

Deux échecs d'affilée, il finira conférencier à 100000 de l'heure.

Oups. Tarif d'ex-président. Mais bon, vous êtes de gauche.

L'argent n'a pas d'importance. Quelqu'un t'a balancé.

Quelqu'un qui te connaît très bien. Le juge a confiance en lui.

T'es dans nos mains.

- C'est qui ?

- Tu le sauras quand on se sera mis d'accord.

- Vous proposez quoi? - l'Asie du Sud-Est.

Thaïlande, Laos, Cambodge...

Tu reviens

dans 2 ans. D'ici là, la procédure sera à l'agonie.

Relaxe ou non-lieu. Avec ton statut d'ancien parlementaire,

tu passes le barreau.

Tu montes ton cabinet.

Tu pourras même revenir en politique.

Tu seras pas le premier à faire ce genre de détour.

- Je vous donne quoi? - Demain, tu décolles du Bourget

avec une très jolie journaliste de Paris Match.

Tu lui racontes tout. Tu dis que Laugier t'a trahi

après t'avoir demandé de racketter des patrons.

- Demain ?

- 9h.

Tu l'auras à ton départ.

Écoute, Philippe.

Aucun de nous ne mérite de finir en prison.

Tu crois pas ?

Atmosphère sombre

*- Oui, papa ? - T'es où, ma chérie ?

*- Chez toi. Maman me stresse trop.

*Un journaliste est venu me parler à la sortie du lycée.

*Il savait que Francis était mon parrain.

*j'ai rien dit, t'inquiète pas. - Je m'inquiète pas.

*- Papa ? - Oui, ma chérie ?

*- T'en as parlé à maman ? - De quoi ?

*- Bah... que je vienne vivre chez toi.

- Tu sais en ce moment...

*- Ouais, je sais.

- Bon, écoute... Je vais te laisser.

T'as de quoi manger ? *- C'est bon, t'inquiète.

*Donc tu rentres pas ? - Je sais pas quand exactement.

D'accord ?

*- Je t'embrasse très, très fort.

- J'ai eu un ami journaliste au téléphone.

Il dit qu'il manque 30000 euros dans les caisses de l'OHL.

Rickwaert a tenté de boucher les trous mais c'est insuffisant.

Surtout, il m'a pas prévenu. Et ça, j'aime pas.

- Comment il a su pour la perqu - J'en sais rien.

Un flic, sans doute.

- Bon, le budget de l'OHL est de 310 millions.

- On s'en fout. 30000 euros, 300000 euros...

Ils vont nous tirer dessus au bazooka.

- Faut dégainer avant. Votre amitié avec Philippe,

c'est votre faiblesse. Faites-en votre force.

Dites que si Rickwaert est coupable, il paiera. Il n'y a pas d'amitié,

quand on a la responsabilité de la nation. C'est impossible.

C'est dur, inhumain, mais ça va vous grandir.

- La foudre ?

- Oui. Jupiter. Vous faites parler la foudre.

Pas de sentiments.

Vous faites preuve de toute votre autorité.

- T'as quoi dans le crâne, pauvre débile ?

T'as des scrupules, maintenant?

Si je tombe, tu coules.

- C'est Joël.

- Quoi, Joël ? - C'est lui qui t'a balancé.

- Impossible.

- Il a raconté ce qu'il savait à mon chef.

- C'est-à-dire ?

- J'en sais rien. Y a pas de PV, aucune trace.

Il nous a mis sur la piste pour qu'on se mette

en chasse. - Avec rien ?

- On misait sur la perquise.

Et sur Joël. En se retournant contre lui.

Une fois en garde à vue, il aurait bien été obligé de tout rebalancer.

- La balance s'est tuée et vous n'avez plus rien ?

- Voilà.

- Débiles, va.

Musique de suspense

Brouhaha des conversations

- Francis, j'ai du nouveau.

- Laissez-nous 2 mn, merci.

- J'ai vu mon flic, il n'y a rien dans le dossier.

- Tu m'avais dit qu'il ne manquait pas un euro.

- Je comprends pas. - Il y a un trou de 30000.

- T'as trahi ma confiance.

- Sur un budget de 310 millions,

30000 euros c'est un retard de trésorerie.

Mais j'ai mieux. - J'ai hâte de savoir.

- Le prends pas comme ça. - Bon, vas-y !

- Les flics voulaient secouer le trésorier mais il s'est tué.

- C'est rare de se tuer avant l'arrivée de la police,

si on est innocent. - Il a pris 30000 euros.

Il aidait les ouvriers à nourrir leurs gosses pendant la grève.

Un tragique fait divers. Exploité sans honte par la droite.

- Et qui va raconter ça ?

- Les ouvriers. Les syndicalistes.

Les amis de Joël. Ceux que j'ai aidés.

Ils vont m'aider moi, maintenant. - A mentir à la presse,

aux flics, aux magistrats ? Philippe !

- Accompagne-moi

à l'enterrement. Tu annonces un plan de sauvetage

de l'usine et tu dénonces la manœuvre d'Auzanet.

Il y aura 3000 ouvriers. Que des gueules cassées.

Des vies dures. C'est cette France-là qui te fera gagner.

- "Good Bye Lénine" ?

Et on chantera

L'Internationale. Y aura des merguez ?

- Ca te dégoûte toi, hein, les ouvriers ?

- Ton truc de prolo, ça marche pas. Je suis bourgeoise,

de gauche, et je t'emmerde. - Ca suffit.

- Ils n'ont rien.

Ils n'avaient que Joël. - Désolé.

- Tu vas faire quoi, maintenant?

Jupiter ?

Musique de suspense

Conversations

- Mes amis.

La mort de Joël est un coup de poing.

Un choc, un cri. J'aurais tant aimé l'entendre

avant qu'il ne soit trop tard. Mais la vérité,

c'est que j'étais ailleurs. Il m'avait parlé

de son combat. De cette grève dure.

Du désespoir des camarades. Votre désespoir.

Et moi, je lui répondais alternance et relance européenne.

Écoutez-moi, les amis.

Tout ce qu'a fait Joël, il l'a fait en conscience.

Parce que la vérité, c'est qu'il fallait tenir 23 semaines

de chômage partiel.

Au nom des 6 millions d'ouvriers de ce pays.

Et il tenait, Joël. Offrant son honneur à la cause.

Quand nous, moi...

Je l'ai laissé seul avec son courage.

Par sa mort,

*joël m'a ouvert les yeux.

*Et maintenant, je suis là. Mais où sont les autres ?

*Mes amis socialistes ?

*Mes compagnons parisiens ? Mes collègues de l'Assemblée ?

*Et surtout...

*où est notre candidat?

*Pourquoi ce silence ?

*je sais qu'il m'entend.

*Qu'il nous regarde.

*Mais à travers nous,

*entendra-t-il aussi l'appel de Joël ?

Atmosphère sombre

*- 2h après les révélations

*de Philippe Rickwaert, à l'image du centre de tri d'Echirolles,

*où les salariés ont débrayé pendant 1h,

*plusieurs usines se sont mises en grève

*un peu partout dans le pays. Rennes, Besançon, Juvisy :

*le suicide du jeune syndicaliste Joël Domfront a profondément ému

*le monde ouvrier. "Nous sommes tous Joël",

*a-t-on pu entendre lors de ces rassemblements spontanés.

Atmosphère dramatique

- Ca va ? - Bien.

- Maintenant tu vas faire quoi?

- Passer le plus de temps possible ici. Ca me manque.

- C'était pas ma question.

- Avec Laugier, tu vas gérer comment?

- Même s'il perd dimanche,

il restera à la tête du parti.

- Avec la fédé du Nord contre lui, bon courage.

- Faudrait qu'on ait un candidat. - Camarades. Quoi qu'il arrive

dimanche, les législatives vont venir vite. Santé.

Allez !

- Une merguez, M. le député ?

- Allez.

Elles sont halal ? - Garanties 100 %.

Certifiées par... - Par là-haut!

- Exactement !

- Allez santé, les gars. - Santé !

Musique de suspense

- Messieurs-dames, bonjour.

- Ca va, Francis ? - Ca va.

Bonjour.

Bonjour, messieurs-dames.

- On voit que c'est les élections. - Bientôt.

- Même les journalistes sont là. - En 23 semaines de grève,

on vous a jamais vus ici. - Compris ? Venez plus souvent,

même sans moi.

- Vous allez bien ? - Véro.

Bonjour, monsieur. - Bonjour.

- Bien sûr, un selfie.

- Merci. - Voilà.

Je vais te faire visiter. Gilles ? - Allez.

- Merci, messieurs.

Le voyage, ça a été ? - Ca va.

- Pas trop de monde sur la route ? - Non.

Messieurs, bonjour. Ne vous dérangez pas.

- Pascal, contrôleur. Yves, électricien. 37 ans de boîte.

- 39.

- Jeannot, délégué syndical avec moi.

Le gamin, c'est Philippe. Il est mécano.

Ici, c'est notre atelier et c'est là où on prend notre pause.

- Ah ouais, c'est des pauses particulières.

- Viens par ici. Merci, les gars.

- Ce coup-ci, les socialistes, vous allez nous aider ?

- Pourquoi je serais là, sinon ? J'ai entendu votre appel, me voilà.

- Si vous êtes avec nous, prenez un badge ?

- Le badge, non.

Mais pour l'usine, je vais prendre un engagement.

- OUAIS !

- Et un Picon bière,

avec plaisir.

- A Clamex !

- A CLAMEX !

- BRAVO !

- Tu seras peut-être président, mais moi je serai jamais ton chien.

Atmosphère sombre

*- Oui ou non, M. Domfront vous a-t-il donné de l'argent?

*- Oui, Joël nous a aidés.

*Ses enveloppes nous ont permis de tenir.

*De payer nos factures, des trucs comme ça.

*De toute façon, il était des nôtres.

*- Merci. Vous l'avez compris, ce qui se dit ici,

*chez les salariés de Clamex,

*c'est que la caisse noire de l'0HLM aurait servi

*à financer leur grève. La thèse du financement occulte du parti

*est aujourd'hui écartée. Le procureur a confirmé

qu'il n'y aurait pas de nouvel acte judiciaire.

*- On vient de le voir,

*cette visite au cœur du Nord ouvrier est une bonne opération

*pour Francis Laugier, qui a débloqué dans l'urgence

*le délicat dossier Clamex.

*De quoi rassurer

*le monde ouvrier tout en poursuivant

*le dialogue avec le patronat.

Atmosphère sombre

- Madame. - Merci.

-1112.

- M. Rickwaert Philippe.

- A voté.

- La participation à 15 h : plus 2,3 %.

- Ah, c'est bien.

- Savez-vous comment j'ai rencontré Rickwaert ?

Au congrès d'Orléans, il y a 18 ans.

Il était vaguement adjoint à Dunkerque.

On sentait le mec qui en voulait, qui avait les crocs.

Il voyait tout le monde, il avait un avis sur tout.

Le 2e soir, je reçois un appel.

"Rentrez d'urgence à Paris."

J'arrive sur le parking, ma bagnole a 2 pneus crevés.

L'horreur. Il fallait attendre le lendemain.

Et voilà mon Philippe qui passait par là.

Tranquille, sa voiture garée à côté de la mienne.

Il me propose de me ramener à Paris, on a discuté 2h.

La route, quoi. Orléans-Paris.

Il a mis 14 ans à m'avouer qu'il avait crevé les pneus.

Musique de suspense

C'est dingue, hein ?

Il est dingue, je l'ai toujours su.

C'est un fou dangereux.

Sous-titrage LIZARD C.S.E.

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